Le lendemain matin, Severus est réveillé par une odeur alléchante de bacon et de café bien serré. L'homme se lève donc et se change pour rejoindre la jeune femme dans la salle à manger. Mais quand il sort de la chambre, elle est confortablement assise dans un fauteuil moelleux du salon, près de la cheminée, avec un cabaret posé sur la table basse. Il est surpris d'y voir un cezve sur le plateau avec encore l'équivalent de trois tasses à café. La jeune fille a aussi une assiette avec un bagel de sésame avec ce qui semble du saumon fumé, des échalotes française, des câpres et du fromage de chèvre ou dépasse des tranches de bacon. Elle est complètement absorbée par son livre en grignotant quelques petites fruits qui garnissent son assiette. Il se racle la gorge et elle tourne doucement la tête vers lui.

- Bonjour prof… Severus. Il y a du café plus… standard, dans la cuisine, si vous n'aimez pas celui là.

- J'aime bien le café turc, Ariel. Combien de cubes de sucre il a-t-il?

- Je n'en ai pas mis pendant la préparation, dit la Serdaigle. Mais j'en met un par tasse, quand c'est pour moi. Je ne savais pas si vous allez en prendre alors je n'ai rien ajouté.

- Vous l'avez fait vous-même?

- Oui, je ne bois que ça depuis que tant Andromeda me l'a fait découvrir. Alors quand j'ai préparé mes affaires pour ici, j'ai embarqué le cezve, les 2 tasses et tout le reste. Habituellement, il n'y a que Luna qui partage mon goût pour ce café. Mais je me suis dit que peut-être vous en voudriez aussi. Servez-vous, Severus.

Severus lui fait alors un hochement de tête sec et se rend à la cuisine pour se commander un déjeuner. Mais à sa surprise, il trouve un panier bien garni de pâtisseries comme il les aime, croissants aux amandes, pains au chocolat, mini baguette, des craquelins salés à la datte et aux amandes avec quelques charcuterie qu'il affectionne particulièrement, du Capicollo fort, des tranches de jambon rôti au romarin, de la mousse de canard et porto et pour finir, son préféré, du Prosciutto. Il y avait aussi une grappe de raisins rouges, lavés et croquants. Parfait quoi. Il regarde le parchemin sur lequel on doit demander aux elfes ce qu'on veut comme repas et voit que c'est Ariel qui a tout commandé. Il pourrait lui en vouloir d'avoir commander à sa place, mais il sait aussi très bien qu'il n'aurait pas eu un aussi bon petit déjeuner. Il emporte donc son plateau repas dans le salon pour rejoindre la jeune femme. Penser à elle comme une jeune fille le met mal à l'aise, au vue de ce qu'ils devront faire le 22 septembre.

- Que lisez-vous, Ariel? Demande l'homme en noir en se servant une tasse de café Turc en mettant un cube de sucre dedans.

- J'essaye de faire le travail de vacance insipide que le professeur Ombrage nous a donné pour ces… vacances intolérables, comme elle le dit.

- Et ça porte sur quoi?

- Lire et faire un résumé du chapitre 3 de notre livre plus qu'inutile de Défense. On n'apprend rien là dedans! Soupire Ariel en fermant les yeux et s'étirant comme un chat sur son fauteuil.

Rogue la regarde d'un œil nouveau quand il l'a voit s'étirer de cette façon. Il ne peut que constater la beauté de Ariel Black. Ses longs cheveux bruns, presque noirs, qui lui arrive au niveau des hanches, son corps menu, les hanches et la poitrine déjà bien développés pour son âge. Ses longues et fines jambes qu'elle ramène contre sa poitrine généreuse et entourent de ses bras fins en posant son menton sur ses genoux. Ses yeux gris tempête, qui lui donnent l'impression de le sonder jusque dans son âme, ses lèvres charnues en forme de cœur qui semble toujours vouloir sourire. Severus fronce des sourcils en réalisant qu'il n'a jamais vue les oreilles de la jeune femme. Il décide donc de relever ce défit avant leur rapport sexuel imposé.

- Non mais vous avez déjà lu autant de connerie dans un manuel scolaire, s'emporte la jeune femme en posant le livre sur l'accoudoir de son fauteuil pour se masser les tempes. Au chapitre 34, intitulé "Absence de représailles et négociation" il est clairement écrit de ne rien faire et d'attendre que ça passe, s'insurge Ariel. C'est complètement idiot! Je me demande comment Ombrage prendrait le fait de se faire protéger par des Aurores qui pratiqueraient cette façon de la défendre. Les Serpentard ne sont pas intelligents, d'habitude? Demande la jeune femme.

- Quel est le rapport avec Serpentard? Demande le directeur de cette maison, piqué au vif.

- Ombrage a été répartie à Serpentard quand elle a étudié à Poudlard. Elle crie sur tout les toits qu'elle est Sang-Pur et est de descendance des Selwyn, mais sa mère était une Moldue et son frère n'avait aucun pouvoir magique. Elle l'a renié dès qu'elle a pu.

- Et comment vous savez tout ça? Demande l'enseignant.

- Dolores Ombrage est très bavarde avec un verre dans le nez, Severus, dit malicieusement la jeune femme. Je suis, certes, à Serdaigle, mais j'ai été élevé une partie de ma vie par la famille Malefoy, avant d'atterrir chez tante Meda. Dès qu'Ombrage a sue, par Drago, que j'avais été élevée par ses parents, elle a oublié que mon père est un criminel en fuite pour avoir mes faveurs, ou plutôt pour avoir celles d'oncle Lucius. Ce qui était assez divertissant, je dois avouer.

- Vous avez grandit chez Lucius? Je ne vous y ai jamais vue. Pourtant, Drago est mon filleul, fronce des sourcils le Maître des Potions.

- Dobby m'emmenait chez Meda quand quelqu'un venait, explique Ariel. Tante Cissa a toujours voulu une fille et Meda en avait déjà une. Elles n'ont jamais vraiment arrêté de se parler. Alors j'ai été élevée comme le 2e enfant des Malefoy, mais personne ne devait savoir. Même pas une personne aussi proche d'eux que vous. Donc! Pour en revenir à ce que je disais, Ombrage a peut-être atterrie à Serpentard, mais elle n'a rien des bons côtés de cette maison. Elle a l'ambition, mais pour le reste… elle n'a aucune discrétion, aucune ruse, aucune subtilité. Elle est fourbe, c'est tout ce qu'elle a. Sa seule véritable ambition, c'est d'épouser l'un des ses supérieurs pour assurer sa place.

- Vraiment? Et sur qui cette chose à jeté son dévolu? Demande Severus.

Il est pas friand de ragots habituellement, mais connaître ses ennemis était très important et il semblerait que Ariel l'avait déjà compris, malgré son jeune âge.

- Vous n'avez vraiment aucune idée? Demande malicieusement la jeune femme. Au nom de qui elle fait tout ce qu'elle fait, ici? De qui a-t-elle vendu les mérites pendant son discours de « bienvenue », qui elle représente dans l'enceinte de ce château.

- Fudge? Demande Severus en levant un sourcil. Cette bonne femme veut épouser le Ministre de la Magie?

- Et comme c'est un homme de 47 ans qui vit encore chez sa mère, elle aurait probablement toutes ses chances si elle n'était pas aussi détestée de l'opinion publique, de ses collègues et surtout, de Mme Fudge elle-même. La mère du Ministre, qui invite souvent tante Cissa pour le thé, et moi avec, nous a souvent dit à quel point elle détestait cette « bonne femme qui tournait autour de son Cornelius chéri ». Elle me fait un peu penser à Lady Longdubas, dit Ariel, songeuse.

Severus est plus qu'impressionné du nombre de contacts que cette jeune fille a. Par les Malefoy, elle connait tout les membres influents dit sombres et par Andromeda Tonks, elle connait tout ceux de la lumière, ou neutre, qui ne sont pas sous l'influence de Dumbledore. Si cette jeune femme décidait de faire de la politique plus tard, elle aurait le monde magique à ses pieds et elle ne semble même pas s'en rendre compte.

Le sujet dévie sur la vrai Défense contre les forces du Mal et Ariel voit toute la passion que dégage son enseignant plus que compétant dans cette matière.

- Je suis heureuse que vous n'enseigniez pas cette matière, dit Ariel, essoufflée par un duel avec Severus.

- Et pourquoi ça?

- Et bien, avec la malédiction qu'il y a sur ce poste, jamais je n'aurais eu ce cours particulier plus qu'intéressant. Et je me demandais, vous connaissez sûrement la rumeur qui dit que vous souhaitez enseigner cette matière depuis que vous enseignez à Poudlard. Est-ce qu'elle est vrai? Vous avez l'air bien trop intelligent pour vouloir risquer votre vie de cette façon.

Surpris, Severus décide donc de lui répondre franchement. Il n'a jamais voulu enseigner les potions. À la base, il voulait les inventer, les améliorer. Mais quand il est devenu espion, Dumbledore voulait l'avoir à l'œil et ça arrangeait le Seigneur des Ténèbres. Ce dernier voulait qu'il enseigne la Défense pour initier les jeunes sorciers à la Magie Noire et continuer le recrutement. Ça l'arrangeait que Dumbledore lui donne le poste de professeur de Potions.

- Et pendant que le Seigneur des Ténèbres n'était que l'ombre de lui-même, vous n'avez jamais eu envie de partir d'ici?

- Qui aurait voulu engager un Mangemort repentie?

- Je l'aurais fait, moi. Alors pourquoi personne d'autre ne l'aurait fait? Vous êtes le plus jeune et le plus compétent du peu de Maîtres de Potions sur cette terre, soutient Ariel. Vous êtes le plus publié par les magazines spécialisés, celui qui a le plus de brevet à son nom et ce, malgré votre travail à temps plein d'enseignant. C'est une aberration que vous perdiez votre temps à Poudlard, s'enflamme la Serdaigle.

- Et comment ce fait-il que vous en connaissiez autant sur moi? Demande Severus en levant un sourcil.

Ariel ne dit rien, mais se lève du fauteuil pour s'engouffrer dans leur chambre et revenir quelques secondes plus tard en tendant un magazine à son enseignant.

- Vous lisez filtres, potions et science?

- J'y suis abonnée depuis que j'ai 8 ans, Severus. C'est oncle Lucius qui m'a offert cet abonnement pour mon anniversaire. Je chipais toujours cette revue quand je la trouvais. Sans savoir que c'est vous qui la laissiez dans son bureau.

- Alors c'est à cause de vous que je ne le retrouvais jamais quand j'y retournais, dit l'homme en noir avec compréhension.

- Coupable, Maître Rogue, dit la jeune femme en se rassoyant.

Sur ce, elle lui dit qu'elle a besoin d'une douche après ce duel qui l'a mise sur les fesses plus d'une fois et retourne à la chambre en laissant un Maître des Potions songeur.