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Note d'auteur : Merci une fois de plus à Erienna pour son aide.
so-apple33 : Merci pour ta review. Je suis contente que ce chapitre t'ait plu et j'espère que celui-ci te satisfera. Bonne lecture !
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A dix-huit heures pile, Gloss ouvre la porte de sa maison. C'est la première fois depuis bien longtemps que le jeune homme n'est pas en retard à un rendez-vous. Crystal est de dos. Ses longs cheveux lui descendent en une cascade de boucles brunes jusqu'à sa taille. Elle tourne son regard vers lui en l'entendant fermer la porte. Gloss ne peut empêcher ses yeux de la détailler. Elle porte une magnifique robe à volant bleu foncé. Il se rappelle de cette robe car c'est exactement celle qu'elle portait lors du bal de leur école quatre mois plus tôt. Déjà à l'époque, Gloss n'avait pu détacher son regard d'elle alors qu'elle dansait avec son amie Oria.
— Je n'avais rien d'autre à me mettre, dit-elle en voyant qu'il la fixe.
— Elle… C'est très bien, répond-t-il.
Les deux jeunes gens s'observent quelques secondes sans rien dire. Gloss porte une chemise à manches longues pourpre et un pantalon noir basique. Il est attirant, c'est indéniable. Crystal détourne le regard mal à l'aise. Elle n'a jamais été à l'aise avec ce sentiment qui la gagne presque à chaque fois qu'elle le voit. Gloss est séduisant et même elle ne peut dire le contraire.
— Nous devrions y aller. J'ai réservé une table au Petit Rubis, déclare-t-il finalement.
Crystal hoche lentement la tête. Le Petit Rubis est un restaurant familial. Gloss avait dans un premier temps pensé aller dans un des restaurants chics du centre du district mais s'était rapidement fait la réflexion que cela ne plairait sans doute pas à la jeune femme. Le silence s'installe entre eux.
— Tu es très jolie ce soir, lâche-t-il finalement.
Il jette un coup d'œil à Crystal et croise son regard.
— Enfin pas que tu sois moche d'habitude mais… Enfin ce que je veux dire c'est que tu es tout particulièrement jolie ce soir, se reprend-t-il.
— Merci, répond Crystal d'une voix neutre.
De nouveau le silence. Gloss n'y a jamais été habitué. Sa mère est une pipelette et sa sœur parle aussi bien trop pour son propre bien. Toutes les filles qu'il a fréquentées par le passé n'ont jamais hésité une seconde pour se mettre en avant.
— Les cours se passent bien ? demande-t-il finalement.
— Parfaitement.
— Je peux pas dire qu'ils me manquent, avoue-t-il. Toi ça toujours été ton truc les cours.
Il se passe la main dans les cheveux et jette un regard nerveux dans sa direction. Crystal lui fait perdre tous ses moyens. Lui qui a toujours su charmer les femmes jeunes ou moins jeunes ne sait que dire ou faire pour briser la glace. Lorsqu'ils pénètrent dans le restaurant une dizaine de minutes plus tard, Gloss sent tous les regards se tourner vers eux. Crystal baisse la tête mal à l'aise. Le jeune homme ne peut s'empêcher de se demander si elle a honte d'être vue à ses côtés. Il ne comprend pas. Il est un vainqueur. Chacun devrait être fier de pouvoir le fréquenter.
Le patron du restaurant les invite à s'installer à une table un peu en retrait des autres. Gloss se place derrière la chaise de Crystal et l'invite à s'y asseoir.
— Merci, souffle-t-elle avant de le faire.
Gloss prend place en face d'elle tandis que le patron revient avec les menus.
— Nous sommes honorés de vous avoir à notre table, Monsieur Montgomery, dit-il en les leur donnant.
Gloss hoche la tête en souriant. Le restaurateur lance un regard curieux dans la direction de Crystal avant de s'éloigner. La jeune femme n'aime pas se faire remarquer. Elle n'a pas envie que les gens pensent qu'elle couche avec le dernier vainqueur des Jeux. Elle sait qu'elle n'est pas très jolie. Elle n'a pas les cheveux blonds des plus beaux spécimens de son district, sa peau est bien trop pâle. Petite de taille, Crystal n'a en rien le physique d'une athlète. Ses hanches sont larges et son ventre loin d'être aussi tonique que celui des désignées. Par-dessus son menu, elle jette un coup d'œil dans la direction de Gloss. Ce dernier a un physique parfait. Ses cheveux blonds caramel sont assez longs pour former des boucles sur le sommet de son crâne et ses yeux d'un bleu profond sont surmontés de longs cils tandis que sa peau halée permet de mettre en avant les muscles solides de ses bras. Bien entendu, elle ne peut pas les admirer ce soir mais Crystal l'a assez fréquenté pour le savoir.
— Tu veux prendre quoi ? demande-t-il.
— Une pizza je pense.
— Je pensais prendre pareil, réplique Gloss en hochant légèrement la tête. Tu veux boire quelque chose ? Un cocktail ? Un jus d'orange ?
— Un jus d'orange, répond-t-elle en souriant.
Elle préfère ne pas boire d'alcool en sa présence. Elle veut pouvoir garder tous ses moyens. Le patron du restaurant revient à peine quelques minutes plus tard pour prendre leur commande.
— Je suis content que tu aies accepté de venir. Je dois t'avouer que j'étais pas sûr que… J'ai pensé que tu ne viendrais peut-être pas, déclare Gloss en souriant.
— Je dois t'avouer que j'ai hésité jusqu'au dernier moment, rétorque-t-elle.
Un sourire gêné étire ses lèvres.
— Tu suis toujours les cours de chimie avancée ?
— En effet. Je pensais faire mon stage de fin d'année dans une parfumerie.
— Tu as postulé à beaucoup d'endroits ?
— Assez oui.
— Mais ta préférence va ?
— J'aimerais bien être prise chez les sœurs Rosier, répond-t-elle. Ça reste une petite entreprise mais avec un matériel conséquent.
— Les sœurs Rosier ?
— Tu te rappelles pas on avait visité leur parfumerie et notamment le laboratoire lorsque nous étions au cours élémentaire.
— Ah oui ! Je vois ! Je pensais que tu viserais plus gros. Ça a l'air un peu petit comme entreprise.
— C'est petit en effet mais vu que j'ai envie de toucher à tous les postes ça m'arrange, explique-t-elle. Et toi ? Tu comptes faire quoi à part vivre ta vie de vainqueur ?
— Pratiquer mon talent.
— Et puis-je savoir en quoi il consiste ?
— C'est un secret. Mais… Si tu promets de ne le répéter à personne, je pourrais faire une exception et te le dire, dit-il.
Son sourire s'élargit charmeur comme souvent.
— A qui voudrais-tu que je le dise ?
— Oria par exemple.
— Elle est partie s'installer à l'autre bout du district avec son mari. On ne se voit presque plus, répond-t-elle.
— Mais j'imagine que vous vous téléphonez.
— Parfois, avoue-t-elle.
Crystal et Gloss se regardent dans les yeux plusieurs secondes avant que la jeune femme ne baisse les siens en rougissant. Elle se sent stupide de réagir ainsi. Certes, Gloss est séduisant mais elle sait au fond d'elle qu'il ne s'agit là que d'une attirance physique sans sentiment réel derrière.
— Allez ! Je vais te le dire, lâche-t-il.
Gloss pose sa main sur la sienne et se rapproche doucement d'elle. Crystal sent son rythme cardiaque s'accélérer et prend sur elle pour ne pas reculer violemment.
— La photographie, murmure-t-il à son oreille.
Crystal se tend en le sentant si près d'elle. Son souffle contre sa peau la fait frissonner. Gloss se recule prestement alors que le patron revient avec leurs boissons. Crystal dégage sa main de la sienne. Ses oreilles sont chaudes et elle devine qu'elle doit donner un spectacle ridicule à rougir aussi facilement. L'homme pose leur verre devant eux. Gloss le remercie en souriant largement tandis que Crystal marmonne son merci avant de boire une gorgée de son jus.
— Qu'est-ce que tu en penses alors ? questionne Gloss.
— Quoi donc ?
— Le jus d'orange.
Crystal hausse les épaules.
— C'est du jus d'orange, répond-t-elle simplement.
— Tu ne me demandes pas si mon cocktail est bon ? demande-t-il.
— Est-ce que ton cocktail est bon, Gloss ?
— Délicieux, réplique-t-il en souriant.
Le reste du repas se passe ainsi. Gloss tente plusieurs fois de flirter avec Crystal qui rougit sans pour autant entrer dans son jeu. Après avoir payé le restaurateur, Gloss décide raccompagner Crystal au coin de sa rue. Durant le trajet, la jeune femme reste à une distance raisonnable de lui et malgré son désir grandissant, Gloss décide ne rien tenter.
— J'ai passé une bonne soirée, dit-il lorsqu'ils arrivent à destination. On devrait se revoir.
— Écoute Gloss ! Je mentirais si je disais que je ne suis pas attirée par toi…
Le sourire du jeune homme s'élargit en l'entendant avouer l'inévitable.
— Mais ça se limite à ça. Et une relation ne peut pas se construire sur une stupide attirance. Je suis sûre que tu es d'accord avec moi, non ?
— Je…
— Tu n'as pas envie d'être avec moi, Gloss. Tu savais pertinemment que je dirais non à ta demande en mariage. Tu as plein d'autres filles qui te tournent autour. Je sais que c'était simplement un jeu pour toi, une blague que Jasper, Onyx et toi avez orchestrée.
En entendant les paroles de la jeune femme, Gloss ne peut que se demander où elle est allée chercher ce genre d'idées tandis qu'elle poursuit :
— Enfin, regarde-moi ! Qui croirait que tu pourrais t'intéresser à une fille dans mon genre ! Enfin, on arrête là. Je vous ai grillés.
Gloss ne s'attendait tellement pas à ce qu'elle vient de dire qu'il ne sait pas quoi répondre. Il la fixe plusieurs secondes sans rien dire.
— Bon, je vais… Il faut que je rentre…
— Crystal. Attends ! lance-t-il en l'attrapant par le poignet.
Il le lâche presque immédiatement lorsqu'il la sent se tendre sous ses doigts.
— Tu te trompes. Je… Ça n'a jamais été un jeu ou encore une blague.
— Tu n'as pas fait ça pour te moquer de moi ? Alors pourquoi ?
Gloss n'a jamais été doué pour parler de sentiments. Il essaye de se redonner contenance, se redresse et passe ses bras dans son dos.
— Parce que tu me plais, vraiment. Je veux dire… T'es belle, t'es intelligente, tu te laisses pas faire. T'as cette étincelle qui…
Il ne finit pas sa phrase. Lui, le vainqueur des soixante-troisièmes Jeux de la Faim, l'homme que toutes les femmes de Panem adulent depuis des mois se sent ridicule et vulnérable.
— Tu veux vraiment m'épouser ? questionne Crystal.
— Bien entendu. Et dans ce but, je souhaiterais…
— Je ne te crois pas.
Gloss soupire agacé par l'obstination de Crystal. Il ne comprend pourquoi elle ne veut pas le croire.
— Je t'ai vu avec Topaze Hamilton après ta victoire. Tout ça n'est qu'un jeu pour toi.
— Crystal, souffle-t-il en faisant un mouvement brusque dans sa direction.
La jeune femme se recule d'un pas. De nouveau, Gloss peut lire la peur dans son regard. Il est le vainqueur des Jeux. Elle ne devrait pas être effrayée par lui.
— Il faut que…
— On pourrait devenir amis, propose-t-il alors qu'elle s'apprête à se diriger vers sa maison.
Crystal s'arrête dans son mouvement et semble réfléchir plusieurs secondes avant de secouer la tête.
— Ce ne serait pas une bonne idée, Gloss. Je… Je suis navrée. Bonne nuit !
Gloss la regarde s'éloigner et serre les poings contre ses cuisses. La rage le submerge petit à petit. La porte de la maison se ferme derrière Crystal et Gloss n'arrive plus à retenir sa colère. Le jeune homme frappe violemment contre le mur en pierre. La douleur est forte mais rien qu'il ne puisse pas supporter. Son corps a subi bien pire lors de certains entraînements et pendant les Jeux. Sa main est en sang mais Gloss n'y prête pas la moindre attention. Il ne comprend pas. Tout s'est bien passé, ils se sont amusés, ont même ri. Il ne la comprend pas. Ils ont passé une bonne soirée pourtant. Pourquoi ne veut-elle pas au moins essayer ?
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Alors qu'avez-vous pensé de ce chapitre ? Le dîner ? Le talent de Gloss ?
Une précision car je ne sais pas si j'ai été claire dans ce chapitre, les désignés sont les jeunes du district qui s'entraînent pour aller dans les Jeux tandis que les communs (je ne suis pas sûre que cela soit utilisé dans ce chapitre mais ça le sera dans les prochains) sont les jeunes qui n'ont pas fréquenté le centre d'entraînement. J'espère que mon explication vous éclaire un peu.
