Désolée du retard, j'espère que ce chapitre vous plaira! N'hésitez pas à me faire remarquer des incohérences ou invraisemblances, j'espère tout de même ne pas avoir été trop extravagante! Bonne lecture!

4-Happy trip friends

« Premièrement » indiquait patiemment Soleil à Soleil « il ne faut surtout pas faire de liste, quelqu'un pourrait la trouver, mais en gros il faut préparer des habits, de la nourriture, des chaussures, de l'eau, des choses de camping et le tout qui tiendrait dans un gros sac à dos en toile » « Heu, tu es sûre ? Je préférerais faire une liste…» « Mets tes chaussures et allons dans un magasin de camping, tu n'auras qu'à dire que bientôt on te transférera et que tu seras libre de pouvoir enfin visiter la Terre, ce qui est ton plus grand rêve en tant que géographe, pardon historienne, et que tu aimerais le faire en campant, voilà ça tient debout et c'est pas très éloigné de la vérité » « Je pensais que tu ne mentais jamais… » « Il faut savoir faire face aux situations de crise, et en plus c'est toi qui va dire ça, pas moi, allez ! Dehors ! ».

Malgré la mauvaise volonté de Soleil dans cette histoire, elles passèrent les trois jours suivant à se fournir en matériel de camping, provisions, cartes du monde, livres utiles sur le sujet, en répandant partout le récit échafaudé par Soleil, que même la chercheuse trouva convaincant. Poussée par des discours enflammés, des suppliques, des plaintes et des menaces de la part de son hôte Soleil accepta le quatrième jour de faire un inventaire qui fut noté comme suit sur une feuille de papier, elles avaient finalement décidé que faire des listes de matériel ne posait plus de problème et de toute façon ces listes seraient brûlées avant le départ :

- Une tente

- Un réchaud

- Des cartes d'Amérique, d'Europe, d'Asie

- Un pull

- Un parapluie

- Une trousse de maquillage

- Une trousse de toilette

· Trois paires de chaussures

· Une dizaine de t-shirt un peu larges

· Quatre pantalons de taille universelle

· Deux litres d'eau

· Nourriture pour deux mois

· Un gros sac de toile confortable à porter

· Un chapeau

· Des lunettes de soleil

· De la crème solaire

· Des sous vêtements

· Une carte des états **** et **** d'Amérique

· Un imperméable

· Une gamelle et des couverts de camping

· Un bon couteau

· Une fine couverture et une couverture de survie

· Une lampe de poche

· Des allumettes

La première partie de la liste représentait les choses présentes mais qui ne seraient pas emportées, elles étaient là pour le décorum, les tenanciers avaient donc pu refiler tout ce qu'ils jugeaient indispensable à la découverte de la Terre pour une mission historique, ils n'avaient pas été froissés et personne n'aurait de soupçons.

Soleil-sur-les-Lilas demanda s'il était bien nécessaire d'emmener autant de vêtements et de nourriture, à quoi elle se vit répondre que des humains sans « parasite » n'avaient pas la possibilité de faire du shopping et qu'ils seraient donc bien contents d'avoir tout ça. Le lendemain Soleil-sur-les-Lilas se vit donner la dure tâche de préparer le sac en gardant les cartes sorties, au bout d'une heure, quand Soleil daigna enfin jeter un coup d'œil elle décida derechef qu'il fallait tout défaire et que ce serait elle qui ferait le sac. Le sac avait deux poches sur les côtés où les bouteilles d'eau trouvèrent leur place, une petite poche devant où on entassa les allumettes, le couteau, les lunettes et la crème de soleil sans oublier une brosse à cheveux, une brosse à dent et un dentifrice. Au fond du sac furent disposés tous les habits puis les boîtes et paquets de nourritures qui avaient été choisi en fonction de leur poids, de leur contenance et de la capacité nutritive du contenu (travail effectué par Soleil qui aimait les équations compliquées). Sur un côté fut glissé la lampe de poche et un paquet de brosses à dent neuves fut mis de l'autre côté. Ensuite Soleil ferma le sac et constata qu'il restait encore des choses volumineuses à placer, sans se décourager Soleil lui ordonna plus que demanda de rouler la couverture et de la placer entre le haut et le chapeau du sac, de la manière que tout le monde connait et qui est utilisée pas tous les campeurs du monde.

Les chaussures qui ne tenaient plus dans le sac furent misent dans un sac en plastique et accrochées sur un des côté, de l'autre fut attachée la gamelle qui contenait les couverts. L'imperméable fut placé dans une espèce de poche qui se trouvait sous le sac. Quand tout fut mis le sac était blindé mais de la bonne manière, pas tout déformé et prêt à craquer comme c'est le cas lorsque certains amateurs se risquent à faire un sac. Soleil l'essaya, marcha dans toute la maison, le reposa et déclara qu'elle ne le porterait jamais plus de dix minutes car les chaussures et la gamelle se relayaient pour venir lui marteler les côtes et les bras, faisant de plus un boucan infernal. Soleil lui demanda de se mettre en quête d'un ruban plat, une fois qu'il fut trouvé elle lui demanda de le faire passer autour du sac de manière à coincer tout ce qui bringuebalait, pour qu'il tienne Soleil dut faire quelques points de couture à l'endroit où serait son dos puisque le nœud serait sur le « devant » du sac.

Le lendemain Soleil examina les cartes, fit tracer de nombreux chemins étranges dessus et avisa qu'il leur manquait une boussole, une fois ce manque remédié elle s'assura que la liste était bien brûlée, que les affaires qui restaient étaient proprement mises en tas au milieu de l'entrée comme si elles allaient revenir les chercher en voiture d'un instant à l'autre, que la maison était propre et bien rangée, que rien ne manquait dans le sac. Puis elle envoya Soleil-sur-les-Lilas se coucher au milieu de l'après-midi pour pouvoir la réveiller à huit heure dans la soirée, lui faire mettre un pantacourt en toile légère, un t-shirt un peu large, une veste sombre, attacher ses cheveux, empoigner le sac, fermer minutieusement toute la maison et partir discrètement dans l'ombre de la nuit.

Ce qui ne figurait pas sur la liste c'est que Soleil avait demandée à Soleil-sur-les-Lilas de prendre dans le sac qu'elle portait le jour de sa capture deux petits cahiers noircis d'une écriture serrée, il n'y avait dans ce sac rien d'autre car toute la nourriture avait été enlevée. Les deux cahiers avaient été glissés dans le dos du nouveau sac, celui d'origine fut laissé à sa place pour ne pas éveiller les soupçons.

Dès que ce fut possible Soleil-sur-les-Lilas quitta les plus grosses routes puis la ville et marcha dans les herbes hautes sur le bord de la route pendant un bon moment, au bout de quelques heures elles atteignirent une petite ville et prirent une voiture, Soleil s'étonna de ce qu'elle n'était pas fermée mais « l'Autre » lui explique qu'elle prenait quelque chose dont elle avait besoin et que personne ne s'en formaliserait, le propriétaire de la voiture en prendrait tout simplement une autre quand il en aurait besoin, c'était possible car tout le monde n'est jamais en voiture au même moment. Sous la direction de Soleil, elles se dirigèrent vers l'état de **** qui est connu pour ses concrétions rocheuses et surtout pour son aridité. Quand la matinée fut bien avancée, elles firent halte dans une maison abandonnée, cachant sommairement la voiture derrière la maison, elles entrèrent par une vitre cassée et Soleil-sur-les-Lilas s'effondra sur le premier canapé qu'elle trouva. Elle ne se réveilla que dans la soirée, mangea et but un peu et se remit en route. Pendant deux jours elles voyagèrent ainsi, de manière assez confortable, puis le troisième jour, où nuit selon la vision, elles garèrent la voiture sur un parking, bien proprement au milieu de la centaine d'autres voitures. La petite jeune fille brune sortit de l'habitacle, attrapa le sac, partit remplir les bouteilles à une fontaine publique et jeter les déchets des derniers jours qu'elle avait gardé pour ne pas laisser de traces. Puis malgré ses grognements elle obéit à son hôte et se mit en quête d'un vélo, elle en trouva un, dans le fond d'une cour, l'enfourcha et partit directement. Pendant deux jours encore elles prirent de petites routes à vélo puis une nuit elles s'arrêtèrent à proximité d'un village et dormirent dehors, comptant sur la douceur nocturne. Dans la matinée elles se remirent en route, Soleil chaussa ses lunettes de soleil et mit sa casquette avant de pénétrer dans le village, elle le traversa le plus naturellement du monde, souriant et saluant les gens. La jeune fille s'arrêta dans un petit magasin et reprit des provisions avant de se remettre en route. Elle dormit dans l'après-midi et pédala tranquillement dans la nuit jusqu'à un nouveau village où elle laissa le vélo, elle s'attendait à repartir en voiture mais contre toute attente Soleil la fit marcher. Elles dormirent dans un arbre, très proche de la ville.

Le lendemain Soleil regarda pour la première fois sur les cartes et montra l'endroit où elles étaient : juste avant la zone désertique. Elle informa son amie qu'il n'y avait pas de meilleur solution que marcher dans le désert, le jour serait brûlant et la nuit glaciale, la matinée et la soirée pouvaient être de bons moments pour marcher mais cela signifiait dormir très incommodément. De plus Soleil-sur-les-Lilas était percluse de courbatures car elle n'avait pas l'habitude de l'effort physique et en voulait à son corps d'être si faible, son hôte ne cessait de répéter que cela viendrait mais elle avait des doutes. La traversée du désert s'avérait longue et difficile. Quand la jeune fille arriva à la zone sableuse elle traina derrière elle le grossier balais de feuille, rapidement confectionné peut avant, qui servait à effacer les traces et marcha tant qu'elle put, quand la chaleur fut trop forte et s'arrêta dans l'ombre maigre d'une petite dune, elle tacha de s'étendre sur des habits, d'autres lui recouvrant le corps afin d'éviter les brûlures, et tenta de dormir. Elle se remit en route vers le milieu de l'après-midi après un bien mauvais repos, elle s'enduisit de crème solaire tout en marchant et conserva sa casquette vissée sur sa tête et les lunettes de soleil glissant de ses yeux toutes les trente secondes à cause de la sueur et de la crême. Soleil voulait la pousser à marcher toute la nuit plus la matinée mais elle se rendit vite compte que cela relevait plus de la fantaisie que de la réalité. Soleil-sur-les-Lilas se réveilla aux premières lueurs de l'aube, transit de froid, elle mangea rapidement et se remit en route, au petit trot pour faire plus de route avant la chaleur, elles arrivèrent dans une zone pierreuse du désert et cachèrent le balais de feuilles qui était tout rabougris sous une pierre avant de chercher de l'ombre. Juste avant de tenter de dormir Soleil examina la boussole et se montra assez satisfaite, elle empêcha tout de même Soleil de finir la première bouteille d'eau avant même la fin de la deuxième journée de voyage. Elles cheminèrent dans cette zone pierreuse pendant encore trois jours, au bout desquels l'eau fut épuisée, de hautes formes montagneuses apparurent au loin tardaient à se rapprocher. Soleil-sur-les-Lilas était à bout, ses lèvres étaient craquelées et douloureuses, ses mains sèches et raides, elle était crasseuse, ses épaules la torturait et elle ne cessait de protester que bientôt elles seraient à vif et que le sac finirait par lui rentrer dedans de plus elle venait de finir l'eau et ne décelait qu'une légère inquiétude de la part de Soleil, c'est cela qui l'énervait le plus, l'indifférence de son hôte, toujours penchée sur la boussole. Après une lente journée sans eau elle déclara ne plus vouloir faire un pas, sa gorge brulait et les montagnes refusaient de se rapprocher. « Si tu restes ici il est certain que tu mourras, si tu bouge c'est moins certain et si tu vas là où je te dis c'est bien moins certain, alors demain tu te lèveras et avant midi tu auras de l'eau, allez, maintenant dodo ! ».Épuisée par cette dureté Soleil-sur-les-Lilas s'endormit douloureusement, le lendemain elle dut utiliser toute ses forces pour se lever et faire bouger ses jambes, elle était abrutie de chaleur et la voix dans sa tête devait souvent la rappeler à l'ordre pour qu'elle reste dans la bonne direction. Un peu après midi elle vit un point sombre qui se rapprochait assez vite elle se hâta vers lui mais ralentit lorsqu'elle reconnut un arbre. En quête d'ombre elle maintint tout de même son cap et s'effondra avant que Soleil put l'en dissuader. Elle se réveilla difficilement de son état comateux sous les cris intempestifs de son hôte. Elle voulut se rendormir lorsqu'elle distingua un mot parmi les autres : EAU. Elle ouvrit alors de grands yeux hagards « Baisse les yeux, au pied de l'arbre il y a du sable, tu creuses » Malgré sa fatigue et sa répugnance Soleil-sur-les-Lilas creusa, elle creusa pendant un moment puis réalisa que le sable était plus frais, plus foncé, plus lourd, elle creusa plus vite et au bout d'un instant une petite tache d'eau se fit au fond du trou elle creusa alors comme une forcenée jusqu'à ce qu'elle puisse boire l'eau sableuse et tiède qui s'accumulait au fond du trou, quand elle eut but tout son soul elle se reposa une demie heure puis but de nouveau et tenta de remplir une bouteille, désespérée comme elle était elle ne trouva qu'une solution pour avoir plus d'eau que de sable : elle prenait une gorgée qu'elle relâchait dans la bouteille. Quand la bouteille fut à moitié pleine le trou n'avait presque plus d'eau, elle voulut creuser encore mais Soleil l'en dissuada et elle dut reboucher le trou, prendre du sable bien clair et masquer le remue-ménage qu'elle avait fait. Elle reprit sa route avec plus d'enthousiasme et de rapidité qu'auparavant, tant et si bien que le lendemain soir elle était presque au pied d'une forme montagneuse étrange, sur les indications de son hôte elle chercha un semblant de trou dans lequel elle pourrait se cacher. Quand elle se réveilla dans la matinée elle osa demander : « Est-ce que nous y sommes presque ? » « Oui, ils sont dans cette montagne je pense, il faut juste qu'on trouve l'entrée… » « Tu ne sais pas où elle est ? Mais on peut tourner des siècles avant de la trouver ici ! » « Je sais mais on peut gager qu'ils nous trouveront avant et nous emmèneront au bon endroit ! » « Oui, bien sûr ! Et dit moi ce qui va se passer quand ils nous trouveront, qu'est-ce qu'ils verront à ton avis ? » « Heu… » « Et bien je vais te le dire, ils ne se diront surement pas : Oh, machin tu es revenue ! Qui est ce parasite qui est dans ta tête ? Non, ils ne verront que moi, partiront du principe je que vais les vendre et me tuerons avant qu'on ait pu dire ouf, si je leur dit que tu es à l'intérieur ils ne me croiront pas où essayeront de me faire sortir ce qui nous tuera toutes les deux, voilà ! » « Et si tu savais tout ça, pourquoi tu as accepté de venir ? » « Hein ? Oh, non, je viens juste d'y penser en fait. » « Alors je suppose qu'il faut que nous trouvions l'entrée pour réussi à voir oncle Jeb avant de se faire descendre. » « C'est qui lui, je pensais que tu ne connaissais personne » « Il fait parti de la famille donc je l'ai déjà vu une ou deux fois, il nous avait aidé à construire des inventions ! Et puis cela fait plus de deux mois que j'ai quitté mes frères, ils doivent bien être arrivé, on va parier sur le fait que le petit ne voudra pas qu'on me tue. » « Tu veux parier nos vie sur un vieil excentrique et un jeune garçon ? » « Oui, je gagne généralement mes paris, espérons que cette fois aussi. ». Atterrée par tant de révélations Soleil-sur-les-Lilas s'endormi lourdement malgré son récent réveil, argumentant qu'il valait mieux attendre la nuit. Mais n'étant pas un loir elle se réveilla dans l'après-midi et se résolut à espionner la montagne pour repérer du mouvement. Une paire de camions déboucha soudainement d'une route insoupçonnée et se dirigea vers un mince ruban gris qui devait être une route principale. Quand la nuit fut venue elle ramassa ses affaires se retint de terminer l'eau, et chercha la petite route, quand elle l'eut trouvée elle la suivit sur le côté, tentant de se fondre dans les rochers, avant l'aube elle avait de nouveau trouvé un creux entre des rochers et s'y était glissé. La journée passa lentement, elle finit l'eau et crut déceler un mouvement mais comme il cessa aussitôt elle pensa que ce pouvait aussi bien être un oiseau de proie. Dans l'obscurité elle continua de suivre la route, redoublant de précaution, en réalité elle laissait presque le contrôle à Soleil qui semblait être craintive de nature et avait donc développée tous les réflexes nécessaires pour se dissimuler, elle agissait de nouveau comme une bête sauvage, ses yeux écarquillés, tous ses sens aux aguets. A un moment elle bondit derrière un rocher et resta tapi, des voix masculines résonnaient :

-Je te dis que j'ai vu quelque chose bouger !

-C'est surement un rat, moi j'ai rien vu rien entendu.

-Hier aussi il y avait du mouvement !

-Et alors tu veux qu'on fasse quoi ? Qu'on sorte les lampes de poche et qu'on sillonne toute la montagne ? Pour trouver un rat, risquant de signaler notre position à tous les parasites ? Aller, viens on s'en va.

L'autre ne répondit rien et des bruits de pas s'éloignèrent distinctement. Soleil-sur-les-Lilas Voulut bouger mais l'autre l'en empêcha : « Ils n'attendent que ça, ils cherchent à nous coincer ! On va attendre encore un peu, ils sont incertains et se lasseront donc avant nous ». Elle avait raison, un quart d'heure plus tard un juron résonna et des pas s'éloignèrent plus naturellement. Pendant la fin de la nuit elles suivirent la route encore plus prudemment et avant l'aube décelèrent une cavité qui pouvaient bien être l'entrée. Elles se cachèrent de nouveau et tentèrent de dormir mais Soleil-sur-les-Lilas avait la gorge sèche et les lèvres gercée, mal partout et ne cessait de se retourner ce qui perturbait Soleil qui dormait toujours immobile pour ne pas donner l'alerte ou quoi que ce soit.

Un peu après midi elles mangèrent un morceau, ce qui fut dur sans eau, et examinèrent la cavité. Elle était habilement masquée par des rochers et des broussailles, il semblait y avoir plusieurs guetteurs, soudain quelques hommes armés sortirent, ils portaient des tenues se confondant avec le paysage, ils se dirigèrent à l'endroit des bruits de la nuit dernière, le « chef » semblait en avoir fait plus de cas que les deux patrouilleurs. Quand ils furent passés et masqués par le relief pentu, Soleil-sur-les-Lilas rajusta le sac sur ses épaules et laissa Soleil prendre le contrôle, elle bondit de derrière sa cachette et en se cachant de rocher en rocher elle atteignit l'entrée, se cacha contre la paroi, prit une grande inspiration et pénétra dans la cavité. Il lui fallut quelques secondes pour s'habituer à l'obscurité, tous étaient partis, elle se trouvait seule dans un hangar où une camionnette de brousse demeurait seule, quelques outils et bidons trainaient vaguement contre les murs, soudain un homme assez grand entra, il ne pouvait pas ne pas voir la jeune fille qui lui faisait face. Mais la lumière était dans son dos, il ne voyait pas le liseré argenté de ses yeux, Soleil avait compté dessus, ce fut elle plus que Soleil, qui déclara :

-Heu…Bonjour…Je suis venue voir oncle Jeb, puis elle déballa très rapidement, je sais on est très en retard mais on a eu quelques contretemps et il faut absolument que je, enfin qu'on puisse voir oncle Jeb.

Dubitatif l'homme se rapprocha, Soleil écarquilla encore plus ses yeux dans un léger mouvement de frayeur :

-Tu es …

-La nièce de oncle Jeb, oui. Il faut absolument que je le vois.

-Bon, sa nièce hein ? Tu n'aurais pas pu trouver l'entrée si ce n'était pas le cas, fit-il en lui tournant autour, allez, suis moi.

Il se mit en route et elle le suivit, quand ils débouchèrent dans la lumière la jeune fille se força à baisser les yeux pour suivre son guide de façon à ce que personne ne remarque ses yeux, elle se dit que ça pourrait être mis sur le compte de la timidité.

-Jeb ! Où est Jeb ? J'ai besoin de le voir !

-Je suis là Walt. Fit une voix profonde.

Un homme grisonnant s'avança vers eux. Il regarda la jeune fille qui ne leva toujours pas les yeux, consciente d'autres regards braqués sur elle.

-Jeb, c'est…

-Je sais qui c'est, merci Walt.

Il se plaça face à la jeune fille et lui posa une main sur l'épaule, un petit attroupement s'était formé autour d'eux.

-Alors comme ça tu es ma nièce, hein ?

Alors elle leva la tête et le regarda dans les yeux, faisant une sorte de sourire/grimace destiné à dire qu'elle était désolée et attendait d'être pardonnée. Tous sauf Jeb eurent un mouvement de recule, ils restèrent figés : l'ennemi les avait trouvé. Jeb eut un mouvement d'assentiment de la tête, sa main était toujours ferme sur l'épaule de la jeune fille. Il la détailla un instant et nota les marques de sa traversée dans le désert, puis il demanda de sa voix profonde :

-Tu t'appelles comment ?

Un murmure de réprobation enfla mais il fit un geste de la main et le silence revint, il s'expliqua :

-Cette fille a trouvée où nous étions, elle est seule, elle m'a demandé en m'appelant « oncle Jeb » Je crois que nous avons le droit à des explications. Alors, ton nom ?

-Soleil-sur-les-Lilas.

Il eut un mouvement de surprise qu'elle ne comprit pas, elle le montra en ouvrant de grands yeux interrogateurs, et la surprise de l'homme redoubla.

-Il est évidemment impossible que nous l'appelions comme ça, intervint d'une voix sèche une femme aux cheveux gris, elle sera Lilas, un point c'est tout, en fait il serait mieux qu'elle ne soit rien, il vaudrait mieux la tuer, un point c'est tout. Termina-t-elle pour couper court aux protestations de la jeune fille qui ne comprenait rien.

-Il est important que maintenant tu nous dises ce que tu sais de nous, reprit Jeb en ignorant la femme.

Soleil eut un petit rire et répondit sous des yeux outrés :

-Rien en fait.

Jeb fit un signe de la tête à deux garçons d'une vingtaine d'années et partit vers une ouverture, les deux garçons prirent chacun la jeune sous un bras et la tirèrent à suite de Jeb, elle devait à moitié courir pour les suivre et éviter de se faire trainer. Ils suivirent un couloir de roche et elle réalisa qu'elle n'avait même pas vu où elle était avant. Ils arrivèrent dans une salle de taille moyenne, faiblement éclairée par une ampoule, Jeb s'assit sur un tabouret et leur fit signe de faire de même, les deux garçons se mirent en travers de la porte. Jeb débuta alors un interrogatoire :

-Quand ma nièce as-t-elle été capturée ?

-Il y a environ un mois et une semaine, répondit Soleil qui n'en menait pas large.

-Que sais-tu d'elle ?

Soleil-sur-les-Lilas réfléchis un instant et répondit :

-Elle a grandit dans un endroit isolé, avec ses parents, ses deux frères et sa sœur jumelle, elle n'a presque jamais eu de contact avec d'autres humains. Sa mère est morte quand elle était jeune, sa sœur un peu après leur fuite, son père s'est apparemment sacrifié pour sauver ses autres enfants, elle s'est séparée de ses frères et deux mois plus tard elle a été prise.

-Et pendant ces deux mois ?

-Oh, je crois qu'elle a rencontré quelqu'un mais je n'en suis pas sûre.

-Le nom des membres de sa famille ?

-Heu… grand frère, petit frère, ma sœur, papa… et…oncle Jeb.

-Tu te fiches de moi ?

-J'aimerais mieux, mais c'est elle qui est très têtue !

-Ah oui ? Et elle, comment elle s'appelle ?

-Heu….commença-t-elle très gênée, enfaitjelesaispas…

-Pardon ?

- Je…je ne le sais pas.

-Et pourquoi tu t'appelles comme ça, Soleil-sur-les-Lilas ?

-C'est la première image que j'ai eu de la Terre.

-C'est une bonne image. Pourquoi tu es là ?

-Ils voulaient me transférer dans un autre corps pour avoir plus d'informations sur vous, et moi je ne voulais pas, alors il ne me restait qu'une solution, venir ici.

-Mm, et comment tu connaissais le chemin ?

-Et bien disons que si je ne réponds pas à une question vous avez le droit de ne pas répondre à une de mes questions.

Il la regarda avec surprise et amusement et déclara :

-Et bien ça me semble juste, Je crois que nous allons te mettre dans une espèce de cellule en attendant de décider ce qu'on va bien pouvoir faire de toi.

-Ah, d'accord, mais s'il vous plait, est-ce que je pourrais avoir de l'eau ?

-Oui, quand tu seras arrivée, une dernière question, qu'est-ce que tu as dans ce sac ?

-Ah, oui, justement ! Il y a des choses pour vous, et elle se mit à fouiller pour voir ce qui restait, des boîtes de nourriture, des habits, des chaussures, des brosses à dents, je crois que c'est à peu près tout.

-Pourquoi ?

-Oh, vous n'en voulez pas ? Je pensais que ça vous serais utile, répondit-elle surprise.

-Et le reste ?

-Oh, quelques affaires à moi comme de la crème solaire, une lampe de poche…

Elle était toujours penchée au-dessus du sac et fouillait dedans, discrètement elle sortit les deux cahiers de son hôte et les glissa sous son t-shirt.

-Bon, tu n'auras pas besoin de ce sac, ni des affaires dedans, laisse le ici.

A contre cœur elle le posa et Jeb pu voir que la manière de faire le sac était particulière à sa propre famille, il fronça les sourcils et appela les garçons qui mirent un bandeau à la jeune fille et la conduisirent en la trainant un peu à se cellule, lui désignant à côté une petite rivière où elle pourrait assouvir ses besoins. Quand elle se fut glissée dans le trou désigné et qu'elle eut recouvrée la vue elle demanda a la lueur de la lanterne d'oncle Jeb :

-Jeb, s'il vous plait, c'est quoi le nom de votre nièce ?

-Tu te souviens que j'ai le droit de ne pas répondre à une de tes questions ?

Et il parti en faisant claquer ses pieds, en emportant la lumière et après avoir précisé qu'il était inutile de tenter une évasion car l'endroit était un vrai dédale. Quelqu'un lui glissa une gourde et après avoir bu elle tâtonna dans sa cellule, uniquement pour découvrir qu'elle ne pouvait se mettre debout et à peine s'allonger. Elle s'étendit sur le sol et, habituée par les derniers jours, s'endormit assez rapidement car c'était le bon moment.