Titre : tout entier, bandeau ou pas
Auteur : ylg
Fandom : FullMetal Alchemist, anime
Couple : Riza Hawkeye/Roy Mustang
Rating : R / M
(à vous de voir si vous tenez à lire ça)
Disclaimer : Arakawa, Squeenix, Bones

Thèmes : 30 interdits #19, "bandeau" et #26, "amour".
Timeline/Spoil éventuel : fin de série, derniers épisodes.
Avertissement : dit pudiquement, sexe oral. Pas franchement descriptif parce que je ne sais pas franchement écrire ce genre de scènes, mais il y est. Pour ceux que cette idée choque, vous pouvez faire demi-tour maintenant.
880 mots (...tiens c'est curieux, quand les choses se réchauffent la longueur du texte double oO)

oOo

« Je vous aime, Roy. » annonce Riza tout à trac.
Roy cligne de son œil unique, essayant d'assimiler cette nouvelle qui semble tellement déplacée dans sa chambre de grand blessé.
Il l'a toujours su, quelque part, ou au moins espéré, mais, dans le calme stérile qui règne depuis qu'il est alité, de tels sentiments lui semblent impossibles. La main qu'il a osé passer dans les beaux cheveux blonds de la jeune femme vient effleurer le bandeau qui couvre désormais ce qui reste de son œil gauche.
Ces mots, il n'aurait jamais cru les entendre de nouveau un jour, surtout de la part de cette femme.

Mais Riza vient poser sa main sur la sienne, mêle leurs doigts, caresse à son tour le cuir du cache-œil. Doucement, elle embrasse sa paupière intacte, puis sa bouche.
« Je vous aime, répète-t-elle.
-Riza… »
Elle lui caresse les lèvres, espérant faire taire ses protestations. Il embrasse ses doigts et insiste tout de même :
« Je ne suis plus qu'un malheureux général déchu, borgne et cassé de partout. Vous méritez mieux.
-Je ne veux que vous. Depuis toujours. Que m'importent les grades, je vous ai connu quand vous n'étiez que commandant. Et je vous ai aidé à mener cette rébellion, de mon propre choix ; je reste votre complice, quel que soit le chemin que vous empruntiez. »

Elle se tait un instant, réprimant une vague d'émotion, un soupir peut-être. Ou un sanglot nerveux.
« Et ce n'est pas d'un œil que je suis amoureuse depuis toujours. Ce n'est pas à un œil que je veux faire l'amour, c'est à Roy Mustang tout entier. Bandeau ou pas. »
Elle bat des cils, cherchant à effacer les larmes qui menacent. Elle se sent ridicule dans une telle démonstration de ses sentiments, une telle émotivité. Roy a déjà dû entendre des mots équivalents des dizaines, des centaines de fois.

Il lui sourit, tristement. Et de nouveau, lui passe la main dans les cheveux.
« Je ne suis même pas en état, pour ça… »
Et ses joues se colorent de rouge ; qu'il parle de ne plus pouvoir aimer, comme elle voudrait le croire parce qu'alors, elle pourrait lui prouver le contraire, ou qu'il parle d'être physiquement diminué, comme elle craint de le comprendre en fait, elle sait qu'elle est allée trop loin.

« Je n'ai pas le droit de vous demander de m'attendre jusqu'à ce que je sois remis, » s'excuse-t-il.
Comme elle peut, elle rassemble tout son aplomb :
« Pas la peine de me le demander, je compte bien veiller sur vous, de gré ou de force jusqu'à votre complet rétablissement. Roy, vous n'avez jamais été capable de prendre soin de vous-même, il faut bien que quelqu'un le fasse pour vous. »

A sa grande surprise, il l'en remercie sincèrement. Il doit vraiment être encore plus brisé qu'elle ne le pensait.
« Puis-je espérer… que vous ne me repoussiez pas ?
-Je voudrais pouvoir accepter vos sentiments, Riza, mais je ne m'en estime pas digne.
-Cela, c'est à moi seule d'en juger, réaffirme-t-elle. Et mon choix est fait depuis longtemps. »

Roy tente encore d'ajouter quelque chose, mais ne trouve plus rien à dire. Alors, bien maladroitement pour un homme ayant une solide réputation de séducteur, il l'embrasse. Le grand tombeur se trouve désarmé face à l'amour, semble-t-il.

Riza a les yeux brillants et son sourire s'est un peu crispé. C'est Roy qui traduit sa pensée, d'une voix rendue rauque :
« J'ai envie de vous. »
Même si physiquement, il craint de ne pas être à la hauteur.

Riza coupe court à toute tentative d'explication ou de d'excuse ou de désistement peut-être, en l'embrassant encore. Elle s'attaque à son pyjama. Elle peut prendre les choses en main elle-même, sans imposer d'effort à son grand blessé convalescent.
Elle fait du mieux qu'elle peut pour réveiller sa vigueur engourdie ; l'hommage qu'elle reçoit de Roy est plutôt chiche cette fois, mais elle n'en prendra pas ombrage.

Elle n'a encore jamais fait ça, autrement qu'en pensée, mais elle y met toute son imagination, et écoute attentivement chaque réaction du corps de Roy, se guidant à sa respiration, ses mouvements involontaires ou parfois un murmure indicateur gêné. Jusqu'à, enfin, lui tirer des soupirs et des halètements de plaisir.

Elle n'est pas experte dans le maniement de ce genre de « pistolet », et Roy est loin d'être au mieux de sa forme, aussi cela prendre de longues minutes. Mais enfin, il jouit, ses doigts emmêlés dans les longs cheveux blonds.
Sans dégoût, elle efface de ses lèvres chaque goutte laissée entre eux, puis le lave, aussi délicatement que si elle faisait la toilette d'un agonisant ou d'un bébé. Une petite revanche intérieure sur l'infirmière qu'elle jalousait en secret.

Quand il lui sourit, reconnaissant, elle refuse quand même qu'il l'embrasse de nouveau sur la bouche, elle se dérobe pour ne lui offrir que sa joue.
Et elle rougit encore une fois quand c'est au tour de Roy de prononcer, d'une voix étranglée par l'émotion que lui tire cet aveu :
« Riza… je vous aime. »