LETTRES ANONYMES
Et ENCORE une fiction sur SysyTheHotdog et DidiChandouidoui, sorry not sorry. [Sydi]
Nota Beignet (haha lolilol quel humour) :
Les deux personnes réelles qui inspirent cette histoire ne m'appartiennent évidemment pas, j'ai inventé une partie de leurs personnalités pour les besoins de cette fiction. Voilà, ça tombe sous le sens mais je le précise pour la forme.
Les gars, si vous tombez là-dessus… Patapé, please ^^
Bonne lecture, les gens ! :)
Arcs-en-ciel, pandas et licornes x3
Chapitre 4 : Réflexions
Deux jours. Je n'ai toujours pas eu la moindre réponse de la part de Dylan, pas même un simple message qui m'assurerait qu'il est toujours en un morceau. J'essaie de ne pas me formaliser, de ne pas trop insister, mais ce serait me voiler la face que de réfuter l'idée qu'il ne veut plus me parler, ou qu'il n'ose plus, je ne sais pas.
Sauf qu'au bout d'un moment, c'est beaucoup trop désagréable de ne plus avoir de ses nouvelles, surtout en sachant qu'il n'est probablement pas dans le meilleur état qui soit. Certes, il a toujours cette énergie, cette force de positiver, de voir la vie sous ses meilleurs aspects. Quelque chose que je ne peux d'ailleurs pas vraiment m'empêcher d'admirer chez lui. Mais, avec ce qui s'est passé, je doute qu'il se sente si bien que ça.
Agacé et tout de même un peu inquiet, je finis par me décider à prendre de ses nouvelles, indirectement, sans qu'il le sache, puisqu'il ne veut pas m'en donner volontairement.
« - Yes ?
- Salut, Nini. Je te dérange pas.
- Non, non, t'inquiète ! Tu vas bien ?
- Euh… Ouais. Et toi ?
- Ma foi, ça se passe. Quel bon vent ? »
C'est un peu bizarre de l'appeler pour ça, mais je préfère être sûr que tout va bien.
« - Eh ben… J'ai plus de nouvelles de Didi, tu sais comment il va ?
- Bah, ça a l'air d'aller… Mais comment ça t'as plus de nouvelles ?
- Il répond ni à mes appels, ni à mes messages.
- Hein ? Mais comment ça se fait ? Il était pas chez toi, d'ailleurs ?
- Si… Mais il est parti.
- Euh… Je comprends plus rien…
- C'est normal. Il s'est passé pas mal de trucs, j'ai été… Disons maladroit. Et il est parti. Comme ça, en fouine, alors que j'avais le dos tourné.
- Mais… T'as fait quoi pour qu'il se barre comme ça sans prévenir ?
- Eh ben… »
J'hésite quelques secondes à lui expliquer. C'est tellement tordu, toute cette histoire ! Mais en même temps, si je ne lui donne pas les raisons, ça va être plus compliqué de la convaincre de l'appeler alors que je pourrais le faire. Et de toute façon, je sais déjà que si je ne lui dis pas, elle va essayer de me tirer les vers du nez…
« - Bon, je vais commencer par le début. Depuis quelques temps, je reçois des lettres anonymes. De la même personne, je le sais parce que la signature est la même.
- OK… ?
- Mais c'est pas des lettres juste comme ça, à chaque fois c'est… C'est carrément des déclarations, en fait…
- Oh ! Une admiratrice secrète ?
- Eh ben… Presque.
- Ah ? C'est-à-dire ?
- Au fur et à mesure que j'en recevais, y a eu des petits détails qui ont commencé à me mettre la puce à l'oreille. Et… Au bout de quatre lettres, sur les cinq que j'ai reçues jusque là… Bah j'ai fini par comprendre.
- Comprendre quoi ?
- Que c'était pas vraiment une admiratrice anonyme. »
Je ne sais pas si elle a compris… Non, je ne pense pas, c'est tellement improbable. Quoique, quel serait le rapport avec Dylan, sinon ? Peut-être a-t-elle fait le rapprochement…
« - D'accord… Et donc ? »
Bon, elle n'a pas fait le lien. Après quelques secondes d'hésitation, je soupire et me lance.
« - Anaïs… Ces lettres, c'est… C'est Dylan qui me les a écrites. »
Encore un silence, encore plus long cette fois. A un point tel que je n'aurais pas été surpris qu'elle raccroche.
« - T'es là ?
- Oui, oui, je suis toujours là. Mais… Euh…
- Ouais, je sais. Ça m'a fait un choc aussi.
- Mais… T'en es sûr ? Comment t'as pu deviner ?
- Bah… Déjà, au bout d'un moment, il a un peu gaffé, sans faire exprès je pense, il a parlé d'un dessin que j'ai jamais publié – enfin je crois – et que j'ai montré seulement à lui, et quelques autres de mes proches… Et puis aussi l'écriture, en fait. D'ailleurs, ça m'étonne qu'il ait pas pensé à ce détail, vu qu'on se connaît quand même depuis des années.
- Ouais, j'avoue c'est bizarre… Enfin, comme on dit, plus c'est gros, plus ça passe. »
Ah, là je dois avouer que je ne l'avais pas vu comme ça. Mais c'est une bonne explication.
« - Pas faux, peut-être qu'il s'est pas attardé là-dessus parce que, bah finalement, c'était tellement improbable…
- Pas tant que ça, visiblement. Mais t'as su seulement grâce à ça ? Et t'en es sûr ?
- Surtout avec ça, oui. Bon, après, y avait d'autres détails. Notamment son comportement quand je lui en parlais.
- Ah parce que tu lui en parlais ?
- Bah… Ouais, au début je savais pas, donc je lui en parlais comme ça.
- Eh ben, il a dû bien cacher son jeu.
- T'as pas idée. J'ai mis un temps fou à me rendre compte qu'il était toujours un peu gêné quand je lui parlais de ça. Franchement, il est balèze, il a tenu longtemps…
- Ouais… Mais à quel prix ?
- Justement, c'est pour ça que je voulais que tu prennes des nouvelles de lui.
- Je vois… Mais il est parti parce qu'il arrivait plus à le cacher, c'est ça ? »
Si ce n'était que ça… Je pense qu'il est surtout parti à cause de moi, parce que je lui ai forcé à me dire ce que je savais déjà, même si, au moins, ça a mis les choses à plat.
« - Je crois qu'il est parti à cause de plein de choses.
- Comme quoi ?
- Eh ben… Je lui ai fait comprendre que j'avais fini par deviner. Ça faisait un moment que j'étais au courant, et que lui faisait mine de rien quand en parlais… Du coup, j'ai tout balancé.
- Oula, t'as pas dû faire dans la dentelle s'il s'est barré pour ça.
- Bah… Je lui ai dit que je savais et pourquoi. Mais… J'avoue, j'ai un peu joué la provoc'…
- C'est malin…
- Je sais, mais sur le moment j'ai pas réussi à trouver un autre moyen.
- Mmh, ça se vaut… Et donc, là-dessus, il s'est barré comme ça ?
- Ouais, j'ai eu le malheur de quitter la pièce trente secondes, il est parti entre temps… Je savais qu'il était pas à l'aise du tout, et ça se comprend, mais de là à carrément partir !
- Bah c'était la seule option pour lui, à ce moment-là.
- Mais il aurait pu me parler, je sais pas…
- Tu crois qu'il avait envie de remuer le couteau ? Tu viens de le dire, il était mal dans ses pompes à cause de ça.
- C'est vrai… »
Je soupire longuement en m'affalant de dépit sur mon lit. Je ne peux pas m'empêcher de culpabiliser. Peut-être qu'il va bien, et je l'espère sincèrement. Mais s'il va mal, c'est à cause de moi, à cause de ce que je lui ai dit. Bien sûr, ça a mis les choses au clair, et au moins j'ai été honnête. D'ailleurs, si j'avais été vache, j'aurais même pu lui reprocher de ne pas l'avoir été, puisqu'il ne m'a jamais parlé en face de ses réels sentiments envers moi. Sauf que je ne l'ai peut-être pas dit de la meilleure façon, et dans tous les cas c'était gênant pour lui. Et je ne pouvais décemment pas faire comme si de rien n'était.
« - Je suis désolé, vraiment j'aime pas du tout utiliser mes potes comme médiateurs… Mais là, je préfère pas prendre de risque, surtout que c'est de ma faute s'il est pas bien.
- T'inquiète, c'est normal. Et puis tu m'utilises pas comme médiatrice, juste pour te donner des nouvelles de lui à défaut de les avoir directement.
- Ouais, c'est pas faux…
- Bon, je vais essayer de le joindre. Je te tiens au courant.
- J'espère qu'il va te répondre.
- Bah, je suis pas censée savoir tout ça, donc y a pas de raison.
- Moui…
- Eh ! Et si t'as des news entre temps, ou si tu veux juste en reparler, hésite pas, OK ?
- T'es adorable.
- J'essaie, j'essaie ! Allez…
- A plus. Et merci encore.
- Pas de souci. A plus ! »
[Quelques jours plus tard]
Une semaine. Ça fait une semaine que je n'ai de nouvelles de Dylan que par l'intermédiaire d'Anaïs. Visiblement, il ne lui a pas parlé de ce qui s'est passé. Ou alors il l'a fait, mais elle se garde de me le dire. Ce qui se comprend tout à fait, elle n'a pas à faire le pigeon voyageur entre nous. En tout cas, s'il lui en a parlé, elle n'a jamais rien laissé paraître à chaque fois que je l'ai eue au bout du fil, et c'est plutôt remarquable.
Même si elle me dit comment il va, je sais très bien que je lui ai fait du mal. Oui, il m'envoyait ces lettres au lieu de s'ouvrir directement à moi. Oui, il me cachait des choses. Oui, il a fallu que je le cherche un peu trop pour avoir la confirmation que toutes ces déclarations venaient de lui. Mais, de mon côté, je l'ai un peu poussé à bout en voulant lui dire simplement que j'avais deviné. En plus de l'avoir laissé mariner quelques temps, je lui ai salement tiré les vers du nez. J'ai au moins autant de torts que lui… Si ce n'est plus.
Et, au-delà de ça, le jour où je me suis décidé, plus ou moins consciemment, ça tombait sur sa dernière lettre, la plus audacieuse. Qui m'avait clairement fait quelque chose… Sur le moment, je n'avais pas voulu y repenser, et encore moins lui en parler. Mais j'aurais peut-être dû. Si j'avais été honnête avec moi-même et avec lui, je lui aurais dit tout de suite que le fait que ces lettres viennent de lui me touchait encore plus et était loin de me déplaire. Ça lui aurait sûrement évité un grand moment de solitude et, surtout, tout ce temps à se renfermer sur lui-même et à ne plus oser me parler.
Je crois bien que j'ai merdé… Une semaine. Ça commence à faire long… J'en ai marre de ne pas pouvoir lui parler directement. Enfin, je pourrais, mais il ne répond jamais à mes appels, alors autant ne pas insister. Mais j'aimerais bien avoir de ses nouvelles de façon directe, ne serait-ce que pour entendre à nouveau sa voix.
Je continue de penser qu'on aurait pu éviter tout ça. Si j'étais resté à côté de lui, si j'avais davantage pris le temps de le rassurer et de lui dire ce que je pensais vraiment de tout ça, peut-être qu'il ne serait pas parti, ou au moins qu'on en aurait parlé un peu. C'est peut-être nécessaire qu'on se retrouve chacun de notre côté pour prendre du recul, mais ça aurait pu se faire de façon moins brutale.
Certes, il n'était pas censé savoir que j'avais deviné, et lui aussi me mentait à sa façon. Mais rien ne m'obligeait à faire l'innocent pendant tout ce temps. Parce que, finalement, je le blessais déjà sans le savoir avant et, après, je le blessais encore alors que j'aurais pu éviter. Je me sens coupable d'avoir continué à lui faire du mal, même si je ne m'en rendais pas compte sur le moment. Et je me sens triste de savoir qu'il se forçait constamment à ne rien laisser paraître, alors que je lui parlais de ça.
D'un côté, ça n'aurait pas changé grand-chose, à première vue, si je lui avais expliqué dès le début que j'avais compris son manège. A priori, je n'aurais pas eu de raison de me sentir coupable de faire mine de rien, puisque ça n'aurait rien changé qu'il le sache.
Sauf qu'il y a un détail qui change tout : mon ressenti. Ses lettres ont incontestablement éveillé quelque chose en moi. A chaque fois, j'étais flatté, ému, admiratif devant les tournures parfois poétiques, touché par cette sincérité audacieuse. Bien sûr, c'était un peu gênant, un peu bizarre de lire les aveux si enflammés d'un anonyme. Mais ça avait le mérite d'être spontané, honnête et respectueux. Pas de jalousie, pas de colère, pas de vulgarité, pas de violation de l'intimité – même dans la dernière lettre qui pourtant était sur le fil. Juste une personne qui ouvre son cœur, à distance, avec toute la beauté et l'intégrité imaginable d'une déclaration, et de façon plutôt originale, car il faut le dire, les lettres manuscrites, ça se perd…
Mais, alors que ça aurait dû tout faire retomber, le fait de comprendre que c'est Dylan qui m'écrivait ces lettres n'a pas fait changer tout ça. C'était même clairement plutôt l'inverse. Je n'en ai été qu'encore plus bouleversé, et pas forcément de façon négative. Certes, ça m'a fait un choc, c'était tellement impensable de sa part, ça n'avait rien à faire là et ça remettait quand même pas mal de choses en question. Pourtant, j'ai ressenti des choses assez révélatrices.
Réaliser que c'est lui qui m'avait écrit tous ces mots aussi beaux que troublants, qu'il éprouvait tout ça pour moi, qu'il n'osait pas me le dire en face et avait donc eu recours à ce moyen… Ça m'a chamboulé, les lettres en elles-mêmes m'ont fait comprendre à quel point il tient à moi, à quel point il m'estime, à quel point il m'aime… Et force m'est d'admettre que je n'y suis pas étranger. Non seulement ça m'émeut jusqu'à m'en remuer les tripes à chaque fois que j'y pense, mais ça me fait en plus me rendre compte que, finalement, j'ai envie de lui rendre tous ces mots d'amour, de passion, de tendresse. C'est tout bête. C'est tout aussi improbable que ça l'était de sa part. C'est très bizarre de me l'avouer. Mais c'est bien le cas.
Décidément, j'ai vraiment merdé, sur ce coup-là… Il faut que je répare ça. Ce n'est plus possible. Je ne veux pas qu'il reste terré dans son silence pendant des semaines. Je ne veux pas qu'il ait peur de me parler. Je ne veux pas qu'il pense que je le blâme de quoi que ce soit. Je ne veux pas qu'il soit malheureux. Je veux pouvoir lui parler, lui expliquer, lui avouer. Car j'ai des choses à avouer. Je ne peux plus me permettre de faire semblant, de jouer la provocation, de faire comme si ses aveux m'indifféraient, de prétendre que je ne peux que recevoir tous ces sentiments. Je dois en discuter avec lui, de façon posée, ouverte et sincère.
[…]
C'est la première fois que je viens chez lui à l'improviste sans être sûr qu'il ne va pas me rejeter. Et, très honnêtement, j'appréhende… En plus, vu qu'il ne me donne plus signe de vie, c'est que lui aussi craint sûrement le moment où on va se retrouver face à face – car il faudra bien que ça arrive un jour. Je sens qu'on va avoir l'air vraiment glorieux, c'est pathétique…
Mes élucubrations sont interrompues par le bruit de la porte qui s'ouvre et, à peine a-t-il croisé mon regard, sa mine se déconfit aussitôt. Je tente de garder le plus de contenance possible et esquisse un sourire timide et pas franchement convaincu, malgré tout.
« - Salut. »
Il reste muet de stupeur et de gêne pendant quelques secondes, qui semblent durer bien plus que ce qu'elles sont.
« - Salut…
- Est-ce que… Je peux entrer ? »
Après un autre moment de flottement, il reprend de l'aplomb et hoche machinalement la tête, s'écartant pour ouvrir complètement et me laisser passer.
« - Euh oui, oui, vas-y… Fais comme chez toi, comme d'hab'.
- Merci… »
J'entre donc et il me suit après avec refermé la porte. Je n'ai aucune idée de comment lui parler, après tout ce temps de silence. Il a accepté que je rentre par politesse, et parce que j'ai fait la route, mais son air aussi enthousiaste que celui d'un cochon qui va à l'abattoir en dit long. Il appréhende vraiment de me parler, et même simplement de m'avoir en face de lui. Je ne sais pas comment agir… Ce qui est pourtant quelque chose de bien rare avec lui.
Patapé, s'il vous plize ! Je sais, je suis cruelle avec mes cliffhangers ^^
Bref, qu'en dites-vous ? What comes next (oui je change de langue pour pas trop me répéter XD) ?
