Merci à tous pour vos reviews !

Je dédicace ce chapitre à Firesey, qui m'a laissé une admirable review ! La plus longue que j'ai jamais eue. (Applaudissements). Alors, comme la suite est postée, tu vas vite me rendre McGee. J'espère que tu ne l'as pas abîmé !

Voici le dernier chapitre ! Bonne lecture.


POV TONY

Elle tremblait comme une feuille, elle était faible. J'ai ôté les morceaux de glace de ses cheveux. J'ai croisé ses yeux foncés, qui me regardaient comme pour la première fois depuis longtemps, et je m'autorisai un sourire. Elle était sauve. Elle serra faiblement ma main. Je ne décrochai pas de son regard, calme, indéchiffrable, qui m'étudiait intensément, sans aucune trace d'animosité. Sa chevelure noire contrastait avec la neige. Elle s'agrippa à la manche de ma veste, voulant m'attirer à elle. Je serrai fort sa tête contre mon épaule. Seules nos respirations saccadées se faisaient entendre. Elle sourit presque imperceptiblement, sa lèvre inférieure tremblait.

Puis elle ferma les yeux.

Et sa main retomba mollement dans la neige.

En la voyant défaillir à nouveau, je paniquai. Je la secouai faiblement, puis elle ouvrit à nouveau les yeux. Elle s'était juste assoupie. Oui. Elle avait juste eu du mal à garder les yeux ouverts. Soulagé, je soutenais son corps de façon à ce qu'elle ne rentre plus en contact avec le froid du sol. Et je continuai à la fixer, en m'assurant qu'elle garde les yeux ouverts, et que son cœur continue de battre. J'entendais à peine les pas derrière moi, qui se rapprochaient.

POV MCGEE

Gibbs et moi sommes arrivés près de l'étang, en suivant les traces de pas de Tony qui divergeaient du sentier. J'ai été si soulagé de revoir Ziva, que j'ai baissé mon arme, et couru vers eux. Nous nous sommes cependant arrêtés à quelques mètres, ayant l'impression d'être de trop, de briser quelque chose. Et c'est quand j'ai vu la façon dont ils se regardaient, que j'ai compris que ce n'était pas une simple impression.

La façon dont Tony tenait Ziva était vraiment... particulière. C'était dur à décrire. On aurait dit qu'il se raccrochait à elle, et que Ziva faisait de même. J'ai été troublé un instant, de les voir aussi immobile, et de se regarder ainsi, presque avec obsession. Tous deux trempés. Tony à genoux, la soutenant à bout de bras, et Ziva qui s'efforçait de garder les yeux grand ouverts. J'ai tourné la tête vers Gibbs, avec un regard éloquent. Il avait un sourire en coin.

Tony se retourna. Et dès qu'il nous vit, je m'approchai de lui, et sortis les épaisses couvertures du sac à dos que je portais. Tony en enveloppa plusieurs autour de Ziva, puis, il la souleva et la porta dans ses bras jusqu'au retour, ne prononçant pas un seul mot. Il avait l'air d'aller mieux. La disparition de Ziva l'avait angoissé au plus au point. Quant à cette dernière, elle était assoupie, et sa tête dodelinait doucement contre le torse de Tony.

Nous sommes arrivés à la voiture. Tony a installé Ziva sur la banquette arrière, puis est monté à ses côtés.

- DiNozzo ?

- Oui, patron ?

Assis sur le siège passager, je vis que Gibbs observait la jeune israélienne dans le rétroviseur. Puis il croisa le regard de son plus ancien agent. Avec une lueur d'avertissement, il lui dit d'un ton incontestable :

- Tu ramènes Ziva chez elle. Et tu t'assures qu'elle aille bien. Et cette fois-ci, tu ne la quittes pas des yeux.

Tony ne dit pas un mot. Gibbs appuya sur l'accélérateur, et la voiture s'engagea sur la route. Je montai le chauffage de la voiture au maximum. Et j'ai regardé à mon tour dans le rétroviseur.

Tony avait les yeux fermés, sa tête bougeant doucement sous les vibrations du moteur, un léger sourire aux lèvres, et la main serrée autour de l'épaule de Ziva, dans un geste possessif.


POV TONY

Gibbs nous déposa en bas de mon immeuble. Ziva tenait à peine sur ses jambes, et elle s'appuyait sur moi pour rester debout. On gravit les quatre étages lentement, avançant pas à pas.

Je mis le chauffage au maximum, dans l'appartement. Ziva ôta ses chaussures et tituba vers l'interrupteur du couloir, ses chaussettes mouillées chuintant sur le parquet. Elle perdit l'équilibre. Je me rapprochai à temps, et la rattrapai de justesse. Sa voix faible me fit frémir.

- Fr... froid.

Je l'amenai dans la salle de bains, et elle s'assit sur le rebord de la baignoire. La pièce était glacée. Elle claquait des dents. Je fis couler l'eau, lui donnai un de mes vieux ensemble de survêtement ainsi qu'une serviette moelleuse, puis je la laissai seule, et me dirigeai vers ma chambre, pour me changer. Etourdi et épuisé de tout ce qui s'était passé aujourd'hui.

POV ZIVA

Après être restée environ une heure sous l'eau brûlante, je suis sortie. De légers frissons secouaient encore mon corps, mais j'allais mieux, bien que fatiguée, je n'avais plus froid. J'arrivais dans le salon et Tony m'attendait, avec deux tasses de thé fumantes à la main. Avec un sourire, j'en ai pris une, et me suis enfoncée dans le canapé en cuir. Tony a placé une couverture en laine sur mes épaules et il est allé s'asseoir, pratiquement à l'autre bout de la pièce, sur un fauteuil de bureau pivotant, et peu confortable. J'avalais une gorgée de thé qui me brûla la langue.

- Tu sais Tony, je ne mords pas.

- J'aurais juré que si, tout à l'heure...

Il m'adressa le regard d'un enfant pris en faute, appréhendant ma réaction. La colère que j'avais éprouvée il y a quelques heures de cela avait entièrement disparue. Et j'étais vraiment trop lasse pour m'énerver. Et pour m'offusquer du fait que je « pourrais mordre ». Je changeai de sujet.

- Pourquoi est-ce qu'on est chez toi ?

Il grimaça. Hésita un moment avant de me répondre. Et déclara d'un ton grave :

- Ton appartement a explosé. Tout est réduit en cendres.

J'ai mis un bon moment à assimiler l'information. A la comprendre. Horrifiée, je pensais à tout ce que j'avais perdu, et qui était irremplaçable. Comme la photo de Tali, Ari et moi, quand nous étions jeunes, à laquelle je tenais plus que tout. Une boule se forma dans ma gorge. L'image furtive des hommes cagoulés, du nombre de cinq, débarquant dans mon appartement, m'enlevant, et le son mat d'un objet dur frappant ma tête, me revinrent à l'esprit. Je secouai la tête.

Je décidai de ne pas penser à ça, ce soir. Je n'en avais pas la force. Demain, le fait d'avoir tout perdu, ou presque, sera un poids lourd qu'il faudra supporter. Mais pas maintenant J'en avais eu assez pour la journée, alors je repoussais toutes les horreurs qui me venaient à l'esprit dans un recoin de ma tête.

Le temps passait, et on ne disait rien. Il se contentait de me regarder, et moi je fixais la trotteuse de l'horloge. J'avais les paupières lourdes. Le fait qu'il ne détourne pas les yeux me donna chaud aux oreilles. La tasse de thé brûlante entre mes mains, semblait absorber tout le reste de froid présent dans mon corps. Tony se leva du fauteuil, et vint s'asseoir à mes côtés. Je tournai la tête vers lui, et il fit de même. Lorsque je vis son visage, je me rappelais le lien spécial qui nous unissait. Une complicité hors du commun.

Je ne lui en voulait plus pour ce qu'il m'avait avoué sans le vouloir vraiment. J'essayais en vain de trouver une partie de moi qui lui en voulait encore, mais non. Il n'y en avait pas. C'était du passé, à présent. Ça n'en valait plus la peine. Mais... quelque chose avait changé depuis qu'il m'avait sortie de là. L'espace de quelques centimètres entre nous, sur ce canapé, me paraissait trop restreint pour pouvoir, pour vouloir lui échapper. Peut être du au fait qu'il m'aie vu à l'agonie, sur le point de capituler, quand il m'avait sortie de l'eau, ce moment, qui me donnait un violent sentiment de sécurité lorsque je le voyais en face de moi. Il m'avait sauvé. Une deuxième fois. Dans ma mémoire, un peu comme on voit à travers le brouillard, ou quand on est à moitié inconscient, je revoyais son visage alarmé au dessus de moi. La neige légère qui brouillait ma vue. Le froid qui gelait mon sang. Je sentais encore ses mains appuyer sur ma poitrine, essayant de me faire réagir. Sa voix, tendue, désespérée, effrayée, qui murmurait mon nom. Et ses lèvres douces posées sur les miennes, son souffle envoyé dans mes poumons, son corps qui tremble alors que le mien semble de glace. Ces souvenirs me revenaient par vague, par fragments, comme lorsque l'on se rappelle d'un ancien rêve. Je frissonnai. Encore.

Il baissa la tête, et attrapa une de mes mèches encore mouillés de la douche récente que je venais de prendre, et la fit tourbillonner entre ses doigts. Lorsqu'il releva les yeux vers moi, je ne me souviens plus lequel des deux est tombé dans les bras de l'autre en premier. Il me serrait contre lui. Puis je l'ai embrassé, et il m'a renversé sous lui.

Nous n'avions pas besoin de paroles ou de mots en trop. Nous avions un point commun; nous parlions peu tous les deux. Et, c'est tellement plus simple quand seuls des gestes suffisent, pas de paroles en trop, juste des gestes, et c'est fou, mais je me rends compte que je n'ai besoin que de lui. Peut importe ceux qui voulait ma mort. Tony était là. Je savais que, même si j'avais pu en douter, il sera toujours présent.

FIN.


Merci à tous ceux qui ont lu et reviewé ma fiction.

Une petite review pour la fin ?