Souvenirs du passé : deuxième partie

Quand Arya ouvrit, les yeux, elle mit du temps à se rendre compte où elle se trouvait. Sa vision était encore floue et une étrange voix flottait dans sa tête, murmure d'un souvenir passé et oublié. Et c'est là qu'elle entendit son nom : Arya ! Son nom résonna dans son esprit encore quelques secondes puis s'estompa. Il lui semblait reconnaitre cette voix, même si elle évoquait un grand chagrin ainsi qu'autre chose, une chose qu'elle ne parvenait pas à définir. Le son de cette voix faisait remonté d'anciens sentiments enfouit en elle, bien qu'elle n'en fut pas sûr. Une image se formait dans son esprit, bien que sombre au début, elle s'illumina et tout prit place. Une petite chambre avec des portraits sur les murs, et un grand bureau sur le côté, dans un coin de la pièce se tenait un lit sur lequel était allongé un elfe. Mais plus l'image se révélait, moins il lui semblait que la personne fut un elfe. La personne qu'elle vit à ce moment-là était allongée sur un grand lit blanc, en train de regarder vers elle lui semblait-il. Au premier regard elle l'avait reconnu. Eragon. Bien que vingt années soient passées, il semblait toujours le même, si ne sait un petit quelque chose qui le rendait plus sage et plus fort qu'auparavant. Mais l'image disparue en une fraction de seconde, et tout devint nette devant ses yeux.

Elle était dans sa chambre à Tialdari Hall, Lord Däthedr ainsi que deux autres membres du conseil était à son chevet, et la tête de Firnen était juchée devant la fenêtre.

-Comment allez-vous Arya Dröttning ? demanda avec la plus grande courtoisie l'un des membres.

-Bien, autant que je puisse en juger. Mais que s'est-il passé, pourquoi suis-je étendue sur mon lit alors que nous étions en pleine réunion du conseil ? Questionna ardemment Arya.

-Vous ne vous rappelez de rien ? répondit Däthedr. Et à la tête que faisait sa suzeraine, ainsi qu'à l'expression désemparée qu'elle avait, il enchaîna. Nous étions en pleine réunion du conseil, comme vous le faisiez remarqué, quand tout à coups, vous vous êtes effondrée de votre trône. Nous avons accouru vers vous pour savoir ce qu'il se passait, mais aucunes douleurs ou mal s'était emparé de vous. Nous avons demandé à Firnen s'il arrivait à communiquer avec vous, mais sa réponse fut négative.

Elle jeta un coup d'œil au dragon qui posa sur lui un regard émut et emplit de compassion.

« Tu sais quelque chose ? Tu as vu ce que j'ai vu ? Je te remercie de ne rien avoir communiqué au conseil. »

« Je n'ai rien vu dans ton esprit, et la seule chose que je sais c'est que cela à rapport à toi et à toi seule, même si je n'en connais pas la cause. C'est pour ça que je n'ai rien transmit à Däthedr. Mais pendant que tu étais évanouit, ton esprit m'était bloqué, et ce jusqu'à ce que tu ne te réveil maintenant. »

« Pourquoi n'as-tu pas essayé d'intervenir alors ? Rétorqua en pensé Arya. »

« Je n'ai pas réagi car il n'y avait aucun danger, pour répondre à ta question, mais. J'ai senti quelque chose, que je n'arrive toujours pas à expliquer, une présence en toi, qui n'avait aucune intentions belliqueuses vis-à-vis de toi. Et plus j'y pense, plus elle me semble familière, et encore plus à ton sujet. Et tu sais de quoi ou de qui il s'agit il me semble, même si tu gardes cette information caché profondément en toi. »

« Pas ici, pas maintenant Firnen, je te rejoins à l'A-pic dès que j'aurais rassuré le conseil. Vas ! »

Le dragon vert s'envola aussitôt, tandis que les elfes gardaient leurs yeux interrogateurs sur Arya. Ils exigeraient une explication d'elle. Mais pas maintenant, ses pensées était encore trop confuses et dispersés pour leur fournir une explication valable, et d'ailleurs, elle ne souhaitait pas les mettre au courant du phénomène qui venait de se produire. Elle prétexta qu'elle avait besoin de repos et qu'elle leur répondrait une fois à tête reposée.

Une fois les membres du conseil parti, elle se releva et fit les cent pas tout en repensant à ce qui venait de se passer. Elle se revoyait siégeant au conseil, puis plus rien, le néant dans son esprit jusqu'à la vision d'Eragon. Elle avait entendu sa voix prononcer son nom, puis l'avait vu apparaitre dans ses pensées. Il y avait une voix qui résonnait encore au fond de son esprit, avec une certaine litanie, elle connaissait les mots qui en sortaient, qui la définissaient. C'était elle, son véritable nom, mais comment, pourquoi, à cause de quoi ? Puis elle se remémora l'image qu'elle avait eue du garçon. Il paraissait changé, à la fois plus puissant et plus sage, plus beau aussi, même si elle ne se l'avouait pas. Et elle revit son regard la transpercer, c'était le même regard qu'il avait posé sur elle de nombreuses fois par le passé, un regard emplit d'admiration, d'attention et de tendresse. En cela il n'avait pas changé. Mais comment interprété tout ce qu'il s'était passé, cette vision de lui et ce que cela réveillé en elle. Il fallait qu'elle en parle au plus vite avec le seul être capable de la comprendre mieux que quiconque, Firnen.

Elle sorti, alla expliqué au conseil qu'elle se sentait mieux et qu'elle ne savait pas vraiment ce qui s'était passé, et qu'elle les informé quand elle en saurait plus sur toute cette histoire. Elle s'excusa et prit la direction de l'A-Pic de Tel' naeir pour y rejoindre son compagnon.

Sur le chemin, elle repensa au jeune garçon qu'elle avait connu. Il lui avait sauvé la vie, elle l'avait vu évoluer, grandir et murir. Il l'avait souvent mise dans l'embarras et dans de grands dangers. Elle savait qu'il l'aimait elle, et elle avait refusé ses avances au début, mais elle aussi avait évolué et changeait à son contact, bien qu'elle ne se l'admette que plus tard. Ses sentiments pour lui avaient évolué au cours du temps passé ensemble et elle se remémora à quel point il avait coloré son nom, son véritable nom.

Quand elle émergea de ses pensées, elle se trouvait assise sur le banc devant l'ancienne maison d'Oromis, Firnen allongé devant elle la fixant avec attention.

« C'est Eragon c'est ça ? Bien que le dragon pose une question, c'était en réalité une affirmation.

« Oui comment le sais-tu, je n'ai pas senti ton esprit contacté le miens, puis je viens de me rendre compte que je le gardais fermer depuis mon évanouissement ? »

« Je te connais Arya, je ne t'ai pas vu la mine aussi sombre et désemparé depuis son départ. »

Bien qu'après plus de vingt ans à son coté, Arya fut surprise de voir encore à quel point il était facile pour le dragon de voir en elle. Elle qui avait passé sa vie à dissimuler ses pensées et ressentis. Il la comprenait, et savait tout sur elle. Elle eut un petit sourire qui s'effaça rapidement.

« Arya, il y a encore des parties de toi que je ne connais pas et ne comprends pas. »

« Vraiment ? » Se doutant qu'il avait senti ses pensées précédentes.

« Oui et la principale chose que je n'ai jamais réussi à clarifier en toi, ce sont tes sentiments vis-à-vis d'Eragon. »

L'elfe parut s'offusquer de cette déclaration, et à la fois soulagé que lui-même n'en sache rien.

« J'ai observé nombre de deux pattes pour essayer de trouver une réponse, qu'ils aient des oreilles pointues ou rondes, et même ces demi-hommes barbus. Vous les elfes êtes beaucoup plus compliqués à cerner que les mortels, mais pas indiscernable non plus. Et nous autres dragons, sommes très différent de vous terrestres dans ces rapports-là. » Arya sentit une pointe d'amusement dans l'esprit de Firnen. Mais sa voix s'emplit de compassion et de tendresse. « Je pensais qu'un jour tu m'en parlerais, une fois que nous serions plus proche, mais voilà vingt ans qu'il est parti et tu gardes encore tout pour toi. Je ne veux pas te revoir comme quand nous les avons laissés sur le bateau. Je préfère aller affronter une armée d'Ombres seul que de te revoir souffrir en silence pendant la journée, et dépérir la nuit venue. Laisse-moi t'aider Arya. »

Ces derniers mots exprimaient par le dragon avec une voix tellement triste, laissa un goût amer à Arya qui ferma les yeux.

Elle revécut la scène de leurs adieux sur le pont du bateau, son départ précipiter sur le dos de Firnen avant qu'elle ne craque devant lui. La larme qui avait coulé le long de sa joue le temps d'aller récupérer Roran sur la rive. Comment elle avait utilisé toute sa volonté durant le vol de retour à Ellesmera pour ne pas sombrer dans le chagrin devant son cousin qui lutter contre son chagrin lui aussi. Elle se rappela le silence pesant qui avait durée sur les deux jours du retour. Comment à son arrivée elle s'était immédiatement dirigé vers l'A-pic de Tel'naeir pour que personne ne voit son désespoir. Elle avait pleuré toutes les larmes de son corps ce soir-là, enfouit dans son lit, le long grondement sourd de Firnen à l'extérieur, et elle se pelotonnant à son oreiller, se recroquevillant et cachant son visage. Elle revivait ses errements dans la cité des elfes à vaquer à ses taches en s'efforçant de masquer ses souffrances, et ses pleurs la solitude de la nuit venue. Le vide qu'il avait laissé dans son cœur.