Le chapitre 4… Vous l'avez attendu, j'me trompe ? Je n'ai...aucune excuse, enfin si j'en ai une mais c'est une excuse un peu nulle. En gros, moi et les relations humaines, ça fait deux. Je n'y capte rien et je fais du mimétisme pour la plupart des choses. Donc, écrire une relation amoureuse...c'était peut-être, pour ne pas dire sans doute, une mauvaise idée de ma part. Mais, je vais y arriver et poster ce foutu chapitre. Donc...si possible, maintenant. Bon j'écris ça mais j'ai encore rien écrit d'autre.

IMPORTANT : j'ai réécrit les trois premiers chapitres juste avant Noël 2016, donc, si vous ne les avez pas lu après le 24, pensez à retourner le faire avant de lire ce chapitre.

.

.

.

.

PDV Narrateur

Nagisa dormait, paisible. La pièce était délicieusement chaude et rien au monde n'aurait pu le faire bouger. Pourtant, il avait eu beaucoup de peine à s'endormir. Ses pensées n'avaient cessé de revenir à sa journée en compagnie de Karma, à ce jeu qui n'en n'était plus vraiment un. Il s'était longuement retourné dans son lit, son esprit dérivant beaucoup trop pour lui permettre de se reposer. Et son coeur, son pauvre petit cœur n'avait pas trouvé la moindre régularité. Il avait battu bien trop fort, de manière désordonnée, suivant le fil de ses pensées et de sa respiration un peu trop lourde. Ce n'était pas de sa faute s'il s'était égaré à ce point.

Un bruit le tira de son sommeil, et il entrouvrit les yeux. Dehors, il y avait du bruit, un bruit qui n'était pas censé être là. Pestant contre l'imbécile qui faisait un raffut pareil à une heure si matinale, il se retourna en priant pour le retour du calme. Quelque chose frappa contre sa vitre, ce qui le fit se réveiller pour de bon. L'adolescent se redressa et tendit l'oreille. Une voix répétitive provenait de l'extérieur. D'ailleurs, le mot qu'elle disait inlassablement ressemblait à s'y méprendre avec son prénom. Le doute le prit, et il se leva pour aller voir. Dehors, Karma s'agitait en l'appelant. L'impatience se lisait dans ses mimiques exaspérées.

Étouffant un petit rire, il ouvrit la fenêtre et lui fit signe d'approcher.

- Qu'est-ce que tu veux à cette heure ?

- Tu dois te préparer.

- Je sais, mais toi tu ne peu pas être là dès l'aube. Mes grands-parents finiront par trouver ça bizarre.

- Je sais, je sais. Mais j'avais envie de te voir.

Un soupir franchit les lèvres du bleuté qui se pencha par la fenêtre. Elle n'était qu'à un mètre cinquante du sol, ce qui lui permit de poser les mains sur les épaules de son petit ami. Ses doigts s'égarèrent sur sa joue froide et dans ses cheveux bien plus doux qu'il n'y paraissait. Un petit sourire taquin naquit à l'instant ou une idée germa dans son esprit.

- Tu m'as vu. Alors c'est bon ? Je peux retourner dormir ?

Un grommellement énervé fut sa seule réponse. Il poussa un petit cri surpris en se sentant tiré vers l'avant. S'écrasant on ne peut moins glorieusement sur Karma, il s'accrocha de son mieux à ce qui lui tombait sous la main. Et c'est ainsi qu'il termina sa course coincé entre le mur et son « agresseur ».

- Ne me cherche pas.

Leurs bouches se rejoignirent, sans tendresse. De la simple possessivité à l'état brut. À moi, pas à un autre, juste à moi. C'est ce que leurs corps semblaient vouloir dire tandis qu'ils se pressaient l'un contre l'autre. Ils s'écartèrent un peu, et se dévisagèrent avec insistance.

Nagisa, rouge, presque essoufflé, ne tenait debout que par la grâce du Seigneur et balbutiait, un peu énervé de s'être laissé avoir aussi facilement. Son amour de tortionnaire souriait, clairement satisfait de lui. C'était qu'il aimait l'embêter ainsi. Le bleuté le repoussa doucement, l'air faussement furieux.

- Et comment je fais pour remonter moi ?

Un petit rire lui échappa quand il songea à la stupidité de sa question. Il était un assassin, non ? Remonter, même sans aide, ne serait pas un problème. Karma devait en être arrivé à la même conclusion, puisqu'il recula d'un pas et s'inclina doucement.

- C'est mon rôle de chevalier de vous aider, princesse. Mais j'ai des tarifs, avez-vous de quoi me payer ?

Ses yeux parlant pour lui, il ne fallut pas longtemps à Nagisa pour comprendre le sous-entendu qui le fit rougir et bégayer. La fatigue et tout le reste se liguaient contre lui et lui faisaient perdre ses moyens. Il frappa doucement son épaule et se retourna afin de réintégrer sa chambre. Un bond lui suffit et il toisa faussement son petit ami, étant plus grand que lui dans sa situation actuelle.

- Et bien, cher chevalier. Veuillez repasser après le lever du soleil. Les convenances mon cher, les convenances.

Jouant le jeu, Karma s'inclina et s'éloigna. La fenêtre se referma dans son dos, et il ne put entendre les quelques paroles murmurée par le bleuté.

- Je t'aime… Tu ne sais pas à quel point.

PDV Nagisa

- Je t'aime…

Ces mots m'échappent, comme par réflexe. Le voir partir me fait un peu mal, même si je sais qu'il ne va pas tarder à revenir. Moi qui espérait pouvoir dormir encore un peu… Ce n'est pas vraiment grave, j'aurai plus de temps pour me préparer.

Je prends le sac de maquillage et des vêtements avant de me diriger vers la salle de bain. Il n'est que sept heures, mais je sais de source sure que les personnages âgées dorment moins. Par chance, je ne croise personne et je peux commencer sans soucis. Je peine un peu avec le maquillage, mais je me débrouille assez pour avoir l'air correct. Mon reflet me perturbe pourtant. J'y vois une fille, et c'est tout le problème. Les gens ne voient qu'une fille et ce n'est pas ce que je suis. Je suis un garçon, entier et fonctionnel. Me travestir ainsi, ce n'est pas ma tasse de thé.

Et, surtout, j'ai peur. Je ne me reconnais pas dans cette image que le miroir m'envoie. Et Karma m'aime depuis que je suis ainsi… Que se passera-t-il lundi, quand l'illusion disparaîtra jusqu'à leur prochaine visite ? Ne va-t-il pas disparaître lui aussi quand la réalité à mon sujet se fera plus importante, plus visible ? Il sait ce que je suis, mieux que la plupart des gens de la classe… Mais je ne sais pas ce qu'il aime chez moi… je ne sais pas. Je ne veux PAS le savoir. Je ne veux pas...j'ai peur de le savoir. J'ai juste envie de fermer les yeux, d'arrêter d'espérer et d'attendre.

Mais dans ma poitrine, il y a ce cœur qui me fait mal à m'en donner envie de vomir. Et lui veut savoir, il veut se préparer, comprendre s'il doit cesser de prier, si tout est déjà joué, ou s'il peut continuer de battre avec joie. Il bat désespérément tandis que mes côtes tressautent dans des sanglots silencieux. Je sens la panique gonfler mes veines, partant de mon cœur pour consumer tout mon corps.

- Ma chérie ? Est-ce que tu as bientôt terminé ?

La voix de mon grand-père me tire de mes sombres pensées. Je fais de mon mieux pour me reprendre, séchant mes larmes en répondant par l'affirmative. Je n'ai que ça à faire, je dois encore mentir. Mentir, mentir, toujours leur mentir, à eux comme au reste du monde. Je me mens à moi-même, je fais comme si tout en moi était normal, comme si tout allait bien. Pourtant, rien ne va plus. À la peur et la tristesse s'ajoute la colère, si venimeuse. J'en veux à ma mère pour ce qu'elle a fait de moi, j'en veux à mon père de s'être enfui ainsi, me laissant aux mains de celle qui veut ce que je ne suis pas, j'en veux au monde entier. Mes mains se crispent sur mes cuisses, et je sens ma peau se déchirer sous mes ongles.

Et Olen, toujours derrière la porte. Il doit se douter de mon malaise. J'ai l'impression de puer la peur et le doute. Je peux le voir s'impatienter, se questionner malgré la porte qui nous sépare encore. Jetant un dernier regard à cette fille qui me ressemble pour contrôler que tout est en ordre, je sors de la salle de bain. Il ne lui faut pas une seconde pour me percer à jour. Mais sa réaction n'est pas celle que j'attendais. Je n'avais pas pensé à une telle chose. Il me sourit, l'air complice, faisant comme si de rien n'était.

- Fais attention, j'ai l'oreille fine. Il doit vraiment tenir à toi pour venir si tôt juste pour te voir.

La gêne fait s'évaporer ma rage de manière instantanée et je le laisse me dépasser, trop étonné pour réagir. Alors que la porte se referme dans mon dos, je l'entends continuer.

- L'amour est dur, mais ne doute pas. Je survis bien avec ta grand-mère.

PDV Narrateur

Nagisa resta là, dos à la porte, les yeux écarquillés. Il n'avait rien vu venir. Mais cet étrange conseil, aussi déplacé soit-il,lui avait remonté le moral et lui faisait voir les choses sous un autre angle. À l'amour comme à la guerre, ce n'était pas vraiment faux. L'amour était une guerre, et ce par définition. Le visage plus détendu, la fausse jeune fille retourna à sa chambre avec ses affaires et s'assit confortablement sur son lit. Fouillant dans son sac, il trouva son portable et envoya un message à Karma.

Je t'aime.

La réponse ne tarda pas.

Moi aussi je t'aime.

N'en doute pas.

Est-ce que tout le monde parvenait à lire dans ses pensées ? Ou était-ce un simple hasard ? Un petit rire se bloqua dans sa gorge, puis se libéra en lui rendant son sourire.

.

.

Cinq heures plus tard

On sonna à la porte. Immédiatement, un déluge de cris un d'excuses s'abattit dans l'appartement. Tous étaient occupés et cherchaient une bonne raison pour envoyer quelqu'un ouvrir à leur place. Nul n'avait de doute sur l'identité de leur invité. De ce fait, Nagisa était celui qu'on tentait d'envoyer. Il finit par débouler à l'entrée et ouvrit la porte, provoquant un éclat de rire. Il y avait de quoi. Vêtu d'une jupe et d'une chemise, il portait tout de même un tablier rose et blanc et ses cheveux étaient noués en couettes enfantines.

- Ma mère veut que je cuisine…

Cette remarque soufflée d'une voix épuisée ne passa pas inaperçue, puisque la mère en question se mit à jacasser sur les convenances. Sa propre mère y ajouta son grain de sel et il y eut bientôt un véritable duel entre les deux femmes. Quant aux trois garçons de la pièce, ils ne savaient que faire et tentèrent un repli stratégique qui fonctionna plus ou moins bien. Plus car ils échappèrent la la majorité des cris, moins car il durent tous se mettre à cuisiner pour éviter de laisser les plats brûler.

Le repas fut un véritable soulagement pour tout le monde. Du calme, un presque silence qui aurait été gênant en temps normal. Hiromi se remit bien vite à parler de tout et de rien, mais le volume était nettement plus bas. Le petit-déjeuner était, comme toujours, délicieux. Les autres attendirent d'avoir terminé de le manger pour se joindre à la conversation avec un peu de bonne volonté, et le sujet tomba bien vite : les albums photos. Pour ces deux grands-parents qui n'avaient pas pu voir leur « petite-fille » grandir, c'était un véritable plaisir. Et pour Karma, c'était une aubaine à ne pas manquer. Il devait admettre qu'il n'avait jamais vu Nagisa en fille autrement qu'à leur âge. Et l'idée de le voir en enfant, c'était très attirant. Le principal concerné n'était pas de l'avis général, mais il n'avait pas son mot à dire sur la question. Il avait l'impression que cette histoire lui échappait complètement et n'était pas loin du désespoir. Que pouvait-il faire face à eux ? Il n'avait aucune chance.

Les photos éveillèrent de nombreux sentiments en lui, au point qu'il en oublia complètement la présence des autres. Là où une petite fille en robe bleue riait, il ne voyait que les menaces proférées par sa mère à cette époque. Tous les prétextes avaient été bons pour le forcer à se travestir. Cette constatation lui donna envie de se débarrasser des vêtements qui le confinaient dans son rôle. Il sentait les mauvaises pensées le reprendre, l'envahir sans lui laisser la moindre chance leur échapper. Une main se pressa sur la sienne, tiède. Il sursauta et tournant la tête. Les deux yeux couleur d'aube qui le dévisageaient étaient comme deux projecteurs braqués sur lui ils ne le laisseraient pas fuir de si tôt. Karma l'attira vers lui et l'appuya contre son torse, tout en douceur. Les adultes ne se préoccupaient plus d'eux, même s'il pouvait jurer avoir vu Olen leur sourire avant de se replonger dans les photos.

PDV Karma

J'avais oublié à quel point il pouvait être sensible. Mais je ne ferai plus cette erreur. La tristesse sur son visage, quand il regardait les photos. Cette situation ne lui plaît pas plus qu'à moi. Enfin, moi je m'amuse encore. Mais lui, il en souffre. Ça se voit bien plus qu'il ne l'imagine. Et je ne peux rien faire, pas ici, pas maintenant. Si nous étions ailleurs, j'aurais pu lui prouver à quel point je l'aime. J'aurais pu lui montrer que je l'aime comme il est et que cette mascarade n'était qu'une excuse de ma part pour l'approcher.

- Je t'aime mon ange, je t'aime.

Ces mots s'écoulent de moi, des murmures presque inaudibles que je ne peux refréner. Il est à moi, et cela implique que je dois veiller sur lui. Il est parfois si fragile que j'ai l'impression qu'un simple choc pourrait le briser. D'autres fois, il me semble plus solide que la pierre.

Je ne sais pas… Je ne sais...rien.

Je l'aime.

.

.

.

.

Pas mécontente d'être au bout. L'histoire se termine là… Merci à toutes les personnes qui liront ce dernier chapitre, moi j'attends vos avis. Il n'est pas exclu qu'il soit réécris à l'avenir, mais...mais je ne sais pas.

Merci à toutes les personnes ayant posté une review. Vous m'avez franchement faite culpabiliser, alors je me suis motivée à écrire la suite.