Ouah…à peine commencée cette fic suscite déjà vos réactions ! Je suis hyper contente !
Un immense merci à Sauterelle, lilisurnatural, liliju, et elida17 ! Et je n'oublie pas mes revieuweurs et « weuses » d'hypnoweb à savoir : Elisab et GLEMJYC (Marie c'est toi ?).
Je suis ravie de vous retrouver, comme je vous l'ai déjà dit, mais autre chose…je tenais à m'excuser car je ne pourrai pas publier aussi souvent que je le faisais avant. Je suis rentrée dans une école et mes horaires sont assez affreux ! ^^
Mais ne vous inquiétez pas, je devrais pouvoir vous donner un peu de lecture le mercredi et le week-end assurément.
Les aléas de la vie d'un chasseur fauché
Portland, Oregon - 1994
Les murs se mirent à trembler...Six minutes après la précédente secousse. Une fine nappe de poussière s'échappa des poutres jouxtant le plafond et vint se déposer sur le sol déjà bien sale, de cette chambre de motel miteuse qu'ils occupaient depuis cinq jours déjà.
L'enfant balaya avec un agacement certains la poussière qui s'était déposé sur son livre et reprit sa lecture comme si de rien n'était. Un silence à la fois calme et reposant s'était répandu dans la pièce, ce qui était surprenant étant donné le jeune âge de ses occupants.
L'un était assis à la table de la petite cuisine, et semblait être le plus âgé des deux. Les cheveux châtains coupés assez courts, le visage aux angles bien définis, les yeux verts, le jeune homme était le type même de l'ado qui accumule les conquêtes amoureuses rien qu'en esquissant un léger sourire.
L'autre, plus jeune, devait aller sur ses dix ou onze ans, et malgré un air de famille certain, il était à la fois différent. A commencer par ses cheveux, plus foncés que l'adolescent, qui semblaient avoir déclaré la guerre à leur propriétaire. Quelques mèches retombaient devant ses yeux, eux aussi verts, qu'il avait plissé afin d'affiner sa lecture. Le visage plus doux que son frère, le gamin était la définition même de ce que les gens appelaient être une "gueule d'ange".
Une fois de plus, les murs de la chambre se mirent à trembler, répondant doucement au train qui passait non loin de là sur la voie ferrée, qui longeait le motel. L'enfant nettoya sa page avec lassitude, sans pour autant détacher son regard de son livre. Son grand frère quant à lui, posa nerveusement une main sur une arme déposée sur la table.
- Comment tu fais pour être aussi calme Sammy ? Lui demanda finalement l'adolescent.
L'enfant ne daigna même pas lui accorder un regard et tourna une nouvelle page en haussant d'une épaule.
- Qui te dit que je le suis ?
Le plus âgé arqua les sourcils d'un air surpris avant de faire un geste de la main vers lui, comme si la réponse était évidente.
- Ben tu es là...Et tu lis...Comme si de rien n'était.
Cette fois, Sam se décida à lever la tête vers son frère.
- Qu'est-ce que tu voudrais que je fasse Dean ? Papa nous a demandé de rester ici...
- Je sais...Soupira ce dernier. C'est juste que...j'aime pas attendre ici sans pouvoir...
Tout à coup, quelqu'un tambourina à la porte de leur chambre, les faisant tous les deux sursauter. Par réflexe, Dean s'était levé en s'emparant immédiatement de son arme qu'il braqua vers l'entrée. Sam quant à lui, avait refermé son livre et lançait un regard inquiet à son grand frère.
- Dean...
- Mr Cooper ? Appela une voix derrière la porte. Mr Cooper vous êtes là ? C'est Mr Jacobs, le propriétaire...Ouvrez !
L'enfant jeta un coup d'oeil à son ainé qui glissa le revolver dans sa ceinture.
- T'en fais pas je m'en occupe. Murmura t-il à l'adresse de Sam.
Sur ce, l'adolescent se rapprocha de la porte, vérifiant que la chaine était correctement mise en place, et l'ouvrit prudemment.
L'expression du propriétaire changea légèrement quand il s'aperçut que ce n'était pas Mr Copper qui lui ouvrait, mais son fils de 15 ans.
- Bonsoir...Mr Jacobs, propriétaire...Votre père est là ?
- Non il travaille. Répondit Dean d'un air méfiant. Qu'est-ce que vous voulez ?
La surprise qui se dessinait sur les traits de Jacobs laissa alors la place à la colère tandis qu'il se mit à aboyer.
- Ce que je veux ? Le loyer nom d'un chien ! Votre père a trois jours de retard !
Un noeud se forma dans la gorge de Dean qui sentit le regard de son petit frère sur lui. Le malaise qu'il ressentait ne fit que grandir un peu plus...L'argent...ou plutôt le manque d'argent était l'un des problèmes majeurs de leur vie de nomades. Il n'était pas rare que les Winchester soient obligés de dormir dans leur fidèle Impala ou que John s'absente quelques heures dans un bar, le temps d'arnaquer quelques pigeons afin d'offrir un repas digne de ce nom à ses deux fils. Dean avait appris à vivre avec ça, mais il sentait bien que ce n'était pas le cas de Sam...Son petit frère n'avait que 10 ans, et se soucier de trouver un endroit où dormir le soir, ou de quoi manger ne devait pas être l'une des principales préoccupations d'un enfant de son âge.
Dean se détourna légèrement de lui avant de baisser un peu la voix.
- Ecoutez...mon père va rentrer tard, je lui dirai que vous êtes passé et il viendra vous réglez dès demain.
- Pour que vous filiez en douce cette nuit ? Pas question ! Je veux mon argent tout de suite ou j'appelle les flics !
L'exaspération ainsi que la colère menacèrent de submerger le jeune homme qui ne put s'emppecher de tourner la tête vers son petit frère, imaginant que trop bien la situation si les flics s'en mêlaient.
-Okay okay...pas la peine d'en arriver là...Céda finalement Dean qui s'éloigna de la porte pour aller prendre dans leur courte réserve, dissimulée dans une vieille boîte à cigares de John.
L'adolescent vit son petit frère écarquiller les yeux quand il sortit les trois billets de cinquante dollars qui leur restaient.
- ça va ?
L'autre lui arracha des mains avant de compter d'un air avare.
- 'Manque trente deux dollars.
- C'est tout ce que j'ai..Avoua Dean à voix basse.
- 'Manque trente deux dollars. Répéta l'autre inlassablement.
Le jeune homme poussa un soupir contrit, avant de glisser une main dans sa poche à la recherche des quelques billets qu'il gardait toujours au cas où...Il les déposa avec mauvaise humeur dans la main de Jacobs.
- Voilà ! Quarante dollars...
- Vous voulez la monnaie ? Demanda l'autre avec un sourire méprisant.
- S'il vous plait.
Huit dollars...voilà tout ce qui leur restait après le passage du propriétaire et l'assurance que la police ne viendrait pas ici...Huit dollars...Huit dollars ça pouvait toujours être suffisant pour un repas pour eux deux...
Se sentant étrangement honteux, Dean glissa les quelques billets dans sa poche avant de se tourner vers Sam, qui le dévisageait d'une expression indéchiffrable.
- Sammy je...je suis désolé.
L'enfant haussa des épaules avant de replonger dans sa lecture, sans doute déterminé à ne pas reparler de ça. Mais Dean voyait bien qu'il était en colère, ou triste..ou même les deux. Et il le comprenait parfaitement, mais pour le moment il avait un autre problème...ils étaient à sec...ils devraient donc quitter le motel dès que John rentrerait de sa chasse.
Comme il s'y était attendu, le repas du soir fut succinct. Dean était parvenu à trouver un fast-food pas trop cher et leur avait ramené de quoi manger..Deux sandwichs en fait. Mais c'était toujours ça ! Le jeune homme tendit fièrement sa trouvaille à son petit frère qui l'accueillit avec un sourire triste, mais dès la première bouchée, Sam posa un regard malheureux et inquiet sur le sandwich avant de demander.
- Et papa ?
- T'en fait pas pour lui..Mange !
- Mais...
- Pas de "mais" Sammy ou je te le fais manger par intraveineuse !
Alors l'enfant mangea puisque de toute façon, il n'avait pas le choix. Dean ne dit rien, mais son estomac lui aurait apprécié un repas un peu plus consistant. Pourtant, il n'en vint tout de même pas à regretter le temps où leur père leur faisant manger des rations de l'armée dans le but de les endurcir un peu.
- Allez...Au lit !
- Dean...
- Au lit ! Ordonna l'adolescent en réprimant un sourire face à la moue boudeuse qu'arborait son petit frère.
Dean prit une minute, le temps de bien vérifier que les lignes de sel étaient correctement répandues et que tout était prêt pour un éventuel départ précipité. Si Sam rechigna un peu à aller dormir alors que son ainé montait la garde, il ne le contredit pas longtemps, car son grand frère avait cette autorité que presque personne n'avait sur lui...Pas presque d'ailleurs..personne.
- Tu penses que papa va bientôt revenir ? Demanda Sam après s'être allongé avec bouderie.
Le jeune homme, assis près de lui passa une main dans ses cheveux, comme l'aurait fait un parent pour rassurer son enfant.
- Dès qu'il le pourra il reviendra...Comme toujours.
- Et si un jour il ne revenait pas ? Si un jour on se retrouvait tout seuls ?
- Pense pas à ce genre de chose Sammy...Papa est de loin le meilleur. Il reviendra toujours.
L'enfant approuva vaguement, légèrement rassuré par le ton employé par son frère. Grand frère qui lui accorda un sourire bienveillant avant de se lever.
- Allez...dors un peu, je veille au grain.
Dean n'avait aucune idée de l'heure qu'il pouvait bien être, mais il était tard...très tard même. Les trains passaient un peu moins souvent et la rumeur des conversations des autres chambres s'était peu à peu évanouie jusqu'à s'éteindre complètement. Machinalement, le jeune homme jeta un coup d'oeil vers son frère, bien enfoui sous la couverture, toujours plus sensible que lui au froid qui régnait ici...Pour sa part, Dean devait bien avouer que lui aussi gelait sur place. Quelle idée d'aller chasser un wendigo dans l'Oregon en plein milieu du mois de novembre !
Depuis la chambre, il entendit Sam étouffer une légère quinte de toux dans son oreiller et serra la mâchoire, maudissant ce Jacobs et tous les autres Jacobs de la terre qui ne vivaient que pour leur argent. Comme le calme semblait régner à l'extérieur, Dean se permit de quitter son poste un moment pour venir s'approcher de son cadet. Constatant qu'il dormait profondément, le jeune homme posa doucement une main sur sa joue pour vérifier qu'il n'avait pas de fièvre.
Ses criantes furent malheureusement fondées.
- Oh non...Sammy...Soupira le jeune homme en posant cette fois sa main sur son front.
L'enfant, bien que profondément endormis se remit légèrement à tousser, laissant son ainé désemparé. Dean se passa une main sur le visage, cherchant instinctivement autour de lui quelque chose pour guérir son frère...Car c'est bien connu, les remèdes miracles apparaissent comme ça spontanément dans les chambres de motels poisseuses.
Soudain, des bruits de pas dans le couloir attirèrent son attention, et le jeune chasseur se précipita hors de la chambre, son arme braquée vers la porte d'entrée.
Celle-ci s'ouvrit dans un fracas sur une silhouette à la fois imposante et sombre. Mais il en fallait plus pour impressionner Dean qui mit en Joux l'intrus.
- Mains en l'air ! Ordonna t-il avec un professionnalisme qui faisait froid dans le dos.
L'autre s'exécuta avant de refermer la porte d'un coup de pied, toujours dos au jeune homme.
- Tournez vous lentement en gardant bien les mains en l'air que je les vois !
Une fois de plus, l'autre obéit. La faible lumière qui éclairait la pièce se refléta soudain sur son visage, et Dean abaissa aussitôt son arme.
- Papa ?
Un sourire se dessina sur le visage de John, ce même sourire qu'il arborait tout le temps...à la fois tendre et rempli de tristesse.
- Salut Dean.
Ce dernier déposa le revolver sur la table avant de s'approcher de son père, l'air inquiet.
- ça va papa ? Tu n'es pas blessé ?
- Tout va bien...Le Wendigo est mort...mais il y en avait un autre, c'est pour ça que j'ai mis plus de temps que prévu. Tout s'est bien passé ici ?
Dean jeta un bref coup d'oeil vers la chambre où Sam semblait toujours profondément endormi et soupira honteusement.
- Mr Jacobs est passé...
- Oh...
- Il a menacé d'appeler les flics papa...Je...j'ai été obligé de le payer...On a plus rien...plus un rond...et Sammy est malade.
John releva soudain le visage vers lui, l'air encore plus inquiet.
- Quoi ?
- Oui il...il était pas bien toute la journée...il a pas bougé de son lit... il commence à tousser...Et je crois qu'il a de la fièvre.
Le père se passa une main sur le visage, en réponse au geste de son fils ainé avant de laisser échapper un long soupir.
- ça complique les choses...
- On doit partir...Si Jacobs te voit demain, il va vouloir qu'on lui règle une autre journée...
John approuva aussitôt, paraissant soudain encore plus vieux qu'il y a cinq minutes.
- T'as raison...va réveiller ton frère, je m'occupe du reste
