Chapitre 4 :
L'homme n'en revient pas. Comment ce type à eu le culot de squatter son loft et de faire comme s'il était chez lui sans aucune gêne. Il va lui faire passer l'envie de s'introduire chez les gens à celui là ! Et le comble de tout c'est qu'il se permet d'être surpris en le voyant. Qu'est ce qu'il croit, que grâce à sa carrure il peut faire ce qu'il veut ! L'homme à bien l'intention de savoir ce qu'il en est et de le faire déguerpire de chez lui et au plus vite …
H : J'attends… qu'est-ce que vous faites chez moi ?
K : Chez moi vous voulez dire
H : C'est MON loft !
K : Pardon ?
H : C'est mon salon, c'est ma cuisine, c'est mon canapé, ma télé …
K : Vous êtes sûr … parce que j'habite ici …
H : Ah oui, depuis quand ?
K : Depuis que j'ai loué ce loft !
H : C'est pas possible vu que c'est moi qui loue ce loft …
K : Si ça ce trouve on s'est fait arnaquer et on est plusieurs à avoir loué le même appart' !
H : c'est du grand n'importe quoi !
K : …
H : Alors… comment vous êtes entrez ?
K : Tout simplement avec mes clés …
H : Impossible, à part moi, personne n'a les clés !
K : …
H : Vous avez crochetez la serrure c'est ça ?
K : Quoi !
L'homme commence à se diriger vers l'entrée, toujours aussi furieux de cette intrusion … « j'vous jure que si vous avez pété ma porte … »
Kévin reste quelques secondes abasourdis par la scène qui viens de ce jouer entre lui et cet homme qu'il n'avait encore jamais vu auparavant. Puis n'entendant plus aucun bruit, il se dirige à son tour vers l'entrée et, surpris de ne pas l'y voir, fait le tour de l'appartement mais ne trouve personne.
Tout un tas de questions se bousculent dans sa tête. Il essaie de faire le tri dans tous ça mais à beaucoup de mal. Il ne comprend absolument pas ce qui vient de se passer. A-t-il rêvé ? Un homme l'a-t-il bel et bien incendié et accusé d'être un squatteur avant de disparaître aussi rapidement qu'il était apparu ? Ou alors, il a trop forcé sur la bouteille ?
Sa gorge est sèche tout à coup, il sent la soif le tenir. Il va pour boire une gorgée, puis stop immédiatement son geste, regarde son verre ainsi que le liquide qui s'y trouve encore puis repense aux dernières minutes écoulées. Et là, machinalement, il écarquille les yeux et se précipite jusqu'à l'évier pour vider le reste du contenu. Il dépose son verre, désormais vide, sur le côté et va prendre une bouteille d'eau dans le frigo. « C'est préférable » ce dit-il.
Cela fait un moment qu'il y pense et qu'il ne comprend toujours pas ce qu'il s'est passé l'autre soir. Il se lève comme tous les matins pour se rendre au commissariat. Arrivé à l'étage de la PJ, il croise son amie Laura qui l'invite à prendre un café avant de commencer leur journée qui s'annonce toujours aussi difficile et harassante que les dernières. Elle voit bien que quelques choses tracassent Kévin mais ne saurait dire quoi. Il faut dire qu'il peut être parfois si mystérieux quand il veut. Même quand il vivait chez elle, alors qu'elle le voyait quasiment 24 heures sur 24, il lui était parfois impossible de déchiffrer ses pensées. Ils parlaient souvent ensemble et Kévin prenait un malin plaisir à la faire enrager en lui racontant ses soirées avec certains mecs. Mais pour plonger plus profondément en lui, dans son esprit, dans ses songes, c'est autre chose. Lui seul en donne l'accès. Elle sait pertinemment que s'il ne lui à parlé de rien avant, ce n'est pas maintenant qu'il le fera. Alors elle laisse courir et se dirige vers son bureau pour prendre son service.
Kévin prend à son tour le chemin de son bureau, après avoir bu un énième café, et croise Louis, au détour du couloir, qui s'apprête à partir sur le terrain pour interroger les voisins d'une victime d'agression conjugale. Ils parlent quelques instants mais voyant que Louis est pressé, Kévin lui demande s'il est libre à déjeuner le midi même. Louis accepte avec joie mais devine dans la minute que cette invitation soudaine, bien qu'ils s'entendent plutôt bien, ne concerne pas le boulot. Et cette mine songeuse, mais perturbée, qu'il connaît bien, et qu'affiche Kévin, le conforte dans son idée.
Le déjeuner arrive bien plus vite qu'il n'y paraît et comme convenus, Louis rejoint Kévin à l'intérieur de la brasserie en face du commissariat où beaucoup de leurs collègues, tout comme eux, ont l'habitude de se rendre. Chacun d'eux commande son futur repas accompagné d'un verre, sans alcool pour Kévin. Louis, lui se laisse tenter par un petit verre de vin rouge. « C'est pas ça qui me feras grand mal » dit-il à l'attention de Kévin, ce qui les fait sourire tous les deux. Le repas se passe sans encombre et les deux collègues parle de la pluie et du beau temps, mais surtout des enquêtes en cours sur lesquels chacun bosse de son côté. Louis ne dit rien mais est persuadé que ce n'est pas la raison principale de leur présence ici, à l'écart du commissariat où tous les murs on des oreilles. Le dessert ainsi que le café arrive enfin et Louis ne tient plus et se décide à prendre la parole …
L : Bon Kévin, tu me dis ce qu'il ce passe
K : Je … rien j'me suis dis que ça serais sympa de manger un truc ensemble
L : …
K : Ca fait longtemps que je suis pas sorti en dehors du commissariat ou de chez moi alors voilà
L : Kévin, tu sais que tu peux parler…
K : … Je vois quelqu'un … Enfin, j'ai vu quelqu'un … une fois …
L : Bah c'est plutôt bien ça, non ? Je suis pas un expert en relation gay mais j'imagine que c'est bien que tu te sois décidé à remonter en scelle
K : En faite … je … je vois quelqu'un … qui n'ai pas vraiment là …
L : Une hallucination tu veux dire !
K : Moins fort ! J'ai pas envie que tout le monde soit au courant, j'me sens déjà assez stupide comme ça !
L : Attends … t'es sûr de ce que t'as vu, c'est peut-être juste un rêve …
K : Si c'était le cas, je dirais plutôt un cauchemar ! Mais c'était pas un rêve et je ne dormais pas …
L : …
K : J'te jure ce mec est arrivé de nulle part ! Un grand brun, genre ténébreux, avec un caractère de merde !
L : Ok … donc tu vois un mec, grand, brun, ténébreux … alors, voyons voir …
K : Attends … tu me psychanalyse là ? Je savais pas que t'étais psy en plus d'être flic ! Tu pratique pendant ton temps libre ?
L : J'essai juste de comprendre Kévin …
K : Ouai bah pour le moment ça m'aide pas à comprendre moi-même
L : T'avais bu le soir ou c'est … arrivé ?
K : Oui peut-être un peu
L : Un peu, t'es sûr ?
K : bon ok, il est possible que je me sois un peu plus lâché ce soir là ! Mais c'est pas une raison pour qu'un abruti vienne me faire chier dans mon propre appartement
L : …
K : T'as raison, j'arrête de boire c'est ca vaut mieux … d'ailleurs j'ai déjà commencé depuis ce soir là
L : J'irais pas jusque là … un verre ça fait pas de mal de temps en temps. Au pire, sort le prendre avec des potes plutôt que de te saoulé tout seul chez toi …
Kévin est plus serein depuis deux jours. Deux jours pendant lesquels il n'a pas revus cette apparition, ce qui le rassure légèrement, surtout pour sa santé mentale à vrai dire. Après sa journée de boulot, il rentre chez lui et mange rapidement des restes de repas qu'il trouve dans le frigo. Ca le caleras bien jusqu'à demain matin sans que son estomac ne se rappel à lui. Il a décidé qu'après une bonne douche, il irait se coucher. Il est encore tôt mais entre le commissariat où ça n'arrête jamais et son sommeil plutôt agité ces derniers temps, au vu des derniers évènements, ça ne pourras que lui faire le plus grand bien.
Une fois totalement sec, il sort de la salle de bain, enfile un boxer et se glisse sous la couette moelleuse avant d'enfoncer sa tête dans l'oreiller emplis de plume qui lui fait l'effet de dormir sur un nuage cotonneux. Finalement, peut-être que cette nuit, son sommeil l'entraineras vers de jolis rêves…
