Alors je tiens à m'excuser de ne pas avoir pu publier ce chapitre plus tôt mais j'étais partie pour quelques semaines de vacances donc pas d'ordi. Mais voilà ça y est le quatrième chapitre est en ligne, j'espère que vous passerez un bon moment ! Bonne lecture ! :)


4

Ewan Perks

Louis Alzar fêtait ce jour-ci ses vingt-six ans et il était fier de le fêter dans son petit appartement avec des amis de Poudlard et bien évidemment Harvey. Il était prêt de minuit quand une jeune femme furieuse vint frapper à la porte pour leur dire de faire moins de bruit. Ils baissèrent donc le son de la musique pour ne la laisser qu'en bruit de fond. La musique mettait toujours de l'ambiance même à faible intensité.

Louis s'était enfermé dans la salle de bain pour observer un peu sa tête quelques instants. Il se sentait un peu vaseux, très cool, et franchement trop détendu pour ne pas réaliser qu'il avait trop bu. Louis se jura d'arrêter l'alcool pour la soirée car il avait encore du boulot.

En sortant de la salle de bain, il se rendit dans la cuisine pour en ressortir les pizzas du four. Il prit au passage une bouteille de Whisky Pur Feu qui était restée là. *Autant qu'elle serve !* Se disait-il.

Dans le petit salon de leur petit appartement, Harvey était allongé dans un fauteuil complètement épuisé et les idées vagues. Pourtant, quand Louis déposa les pizzas et la bouteille, Harvey se servit instantanément en Whisky Pur Feu et servit également un verre à Sacha qui secouait la tête au rythme de la musique.

Sacha et Harvey étaient tous les deux installés côte à côte sur le même fauteuil et parlaient entre eux depuis le début de la soirée. Ils jouaient ensemble, se cherchaient un peu, se taquinaient manifestement.

Louis observa autour de lui afin de repérer les invités qui éventuellement s'ennuyaient. Il y avait un mec que Louis avait connu à Poudlard. Celui-ci était seul avec son verre et tapait du pied au rythme de la musique pour faire comme s'il ne s'ennuyait pas. Louis avait un peu le devoir d'aller vers lui pour s'assurer qu'il passait une bonne soirée mais Louis avait également remarqué Camille qui fumait seule accoudée au bord de la fenêtre. *Bon ok… Camille n'a pas l'air de s'ennuyer mais… elle est toute seule, quoi… Aller, je me lance !* Se décida-t-il.

Louis prit donc son courage à deux mains et attrapa un paquet de cigarettes laissé au coin de la table pour en tirer une. Il s'approcha de la blonde accoudée à la fenêtre et lui lança un piètre : « Hey ! » qui se perdit au fond de sa gorge. *On va dire que c'est l'alcool qui fait ça.* Louis se racla donc la gorge et lança un deuxième « Hey ! » à Camille qui se retourna cette fois.

« Hey ! Lui répondit-elle avec un large sourire. Viens ! Je regardais toutes les décorations pour Halloween qu'ils ont installé. »

Louis se rapprocha de Camille trop heureux qu'elle l'invite elle-même. En effet, le Chemin de Traverse était décoré afin de fêter prochainement Halloween. Louis s'accouda au rebord de la fenêtre à côté de Camille qui lui souffla sa fumée sur le visage. Ils rirent tous les deux comme deux enfants, comme quand ils étaient tous les deux à Poudlard et rien que tous les deux sans un certain Cameron.

Louis savait depuis longtemps que Camille n'était pas vraiment intéressé. Il savait qu'elle préférait le grand Cameron Prewett mais Louis gardait toujours espoir que sa Camille ouvre un jour les yeux. Seulement, cela faisait déjà un an que Camille courait après Cameron et aucune révélation n'était venue lui éclairer son esprit…

« Tu sais j'ai peur… Lui confia Camille soudainement après leurs éclats de rire.

_Pourquoi ?

_A cause de tout ça ! Il décore pour la fête d'Halloween mais qui a envie de fêter Halloween ? Tu sais que certains sorciers disparaissent après leur audience ?

_Camille… ne t'inquiète pas, tu ne vas pas disparaître. Ils ne peuvent pas, je me lancerai à ta recherche sinon.

_C'est vrai ? Tu ferais ça ?

_Bien sûr, même contre une armée de Mangemorts je le ferai ! Je me battrai même contre Tu-Sais-Qui s'il le fallait.

_Oh… t'es trop gentil ! » S'exclama Camille.

*Ouais… je suis « gentil » comme tu dis ! Seulement gentil malheureusement…*

« De toute façon, je suis sûr que ça va bien se passer, assura Louis. C'est vrai, tu ne dois pas t'inquiéter en tout cas pas ce soir ! C'est mon anniversaire, s'il te plaît ne m'y fais pas penser.

_Sacha est convoquée cette semaine… Marmonna Camille avec énormément de tension dans les épaules.

_Ça va bien se passer. Hein ? Ne t'inquiète pas, ça va aller. »

Louis hésita un moment puis jugea qu'il voulait simplement consoler son amie et non profiter de ce moment pour la prendre dans ses bras. Elle sentait bon, Camille. Elle sentait la fleur d'oranger. Sa peau était douce au toucher et pâle. Elle avait de beaux cheveux blonds qui sentaient bon le shampoing.

Louis essayait malgré lui de ne pas profiter de ce moment mais il ne pouvait s'empêcher d'admettre que cette étreinte le réjouissait. Quand elle le relâcha, Louis se sentit redescendre de son paradis pour arriver ici au beau milieu des flammes.

Tous les deux allèrent s'asseoir sur le sol près de la table basse pour se servir un verre. Louis oublia sa promesse de ne plus boire quand Camille lui tendit son verre. *Tant pis ! C'est mon annive, je suis là pour m'amuser !*

Face à eux, Sacha et Harvey se chatouillaient et s'amusaient ensemble. Camille et Louis échangèrent un regard car tous deux commençaient à comprendre que leurs meilleurs amis étaient en train de se rapprocher (enfin !).

« On se fait un petit concours ? Demanda Sacha en se dégagent d'Harvey. Louis va chercher le sel et du citron ! »

Louis se releva un peu trop vite pour son état et dû chercher son équilibre avant de se rendre dans la cuisine. Il prit tous les ingrédients que son amie venait de lui commander et alla rejoindre sa bande près des fauteuils. Harvey avait déjà servi les verres d'un fond de Whisky Pur Feu et attendait la suite.

Ils se servirent tous les quatre d'un peu de sel dans leur main et se coupèrent un quart de citron. Tout était en place, il n'y avait plus qu'à commencer !

« Le moins rapide a un gage ! Annonça Sacha en riant. Prêt ? Go ! »

Ils plongèrent aussitôt sur le sel dans leur main et l'avalèrent d'une traite, puis ils firent de même avec le Whisky Pur Feu dans le verre. Enfin, ils plantèrent leurs dents dans le quart de citron sans l'ombre d'une hésitation. Ils le dévorèrent en oubliant l'acide qui coulait dans leur gorge. Puis ils reposèrent instantanément le tout sur la table et levèrent les mains.

« Camille, t'as perdu ! Trancha Sacha. T'es la dernière, t'as un gage.

_Oh non… Pourquoi c'est toujours moi ? Geignit-elle.

_Bon… alors comme gage tu auras… »

Les yeux de Sacha allèrent de Camille à Louis. Un sourire se dessina sur ses lèvres. Louis avait énormément peur de ce que Sacha allait décider puisqu'il savait très bien que son amie n'était pas dupe. Sacha avait tout compris depuis le début. Mais si Sacha connaissait les vrais sentiments de Louis envers Camille, ce dernier savait aussi les sentiments entre Sacha et Harvey.

« Tu vas nous faire un show sur une chaise ! Décida-t-elle finalement.

_Et ce qu'elle ne te dit pas c'est que tu vas le faire toute nue, plaisanta Harvey.

_Non, un show sur la chaise ce sera très bien ! Aller Camille ! L'encouragea Sacha tandis que la blonde se levait pour aller chercher une chaise.

_Musique ! » Exigea cette dernière.

Le son de la musique fut augmenté même s'ils risquaient de s'attirer à nouveau les foudres des voisins. Camille commença son show sur sa chaise en déboutonnant son chemisier. Sacha adressa un clin d'œil à Louis et s'approcha pour lui souffler à l'oreille :

« Profites-en ! C'est ton cadeau d'anniversaire. »

Il leva les yeux au ciel tandis qu'elle lui tirait la langue. Sacha alla se rasseoir près d'Harvey qui finissait un nouveau verre. Il lui passa un bras autour des épaules et l'embrassa sur la joue comme à chaque fois qu'elle venait s'asseoir à côté de lui. Tandis que tout le monde observait le show de Camille sur sa chaise, Sacha embrassa Harvey pour la première fois.


Miss. Jenny arrivait avec Daniel devant le manoir de sa famille. Tandis qu'elle s'avançait vers le porche, Daniel regardait bouche bée l'immense jardin qui aurait sûrement pu contenir un petit village. Miss. Jenny poussa la porte d'entrée et retira ses chaussures pour ne pas s'attirer des ennuis avec ses parents.

« Jen ! L'appela sa mère depuis le salon. Devine qui est là ! »

*Je dirais grand-mère sans hésiter puisqu'elle passe son temps chez nous depuis le décès de son mari il y a trois ans déjà.* En effet, c'était bel et bien sa chère grand-mère qui se trouvait dans le salon avec son abominable chat sans poils. La grand-mère détestait les poils de chat et avait donc pris la décision de le raser entièrement. *Il est toujours aussi affreux ce chat.* Remarqua miss. Jenny en allant dire bonjour à sa grand-mère. Au passage elle remarqua que sa grand-mère s'était épilée les sourcils complètement. Il n'y avait plus aucune trace d'un poil de sourcil hormis un trait au crayon mal tracé. *Grand-mère est toujours aussi laide, ça ne change pas.*

Ce fut à ce moment que Daniel entra dans le salon un peu intimidé. La mère et la grand-mère restèrent toutes les deux sans voix devant ce beau jeune homme à l'entrée du salon.

« Jennifer ! Tu as ramené un homme ! S'extasia la grand-mère.

_C'est Jenny… Rectifia la jeune femme en levant les yeux au ciel.

_Tu vois, elle est bien attirée par les hommes ta fille ! Lança la grand-mère à la mère.

_C'est un collègue et nous sommes ici pour travailler, les coupa miss. Jenny.

_Ah… bon et bien ta fille est peut-être attirée par les femmes… Marmonna la grand-mère très déçue.

_Daniel, on monte. » Commanda miss. Jenny qui ne supportait déjà plus sa grand-mère.

Le jeune homme obéit aussitôt et monta derrière sa patronne sans rien dire. Miss. Jenny avait une pièce à elle pour le travail dans ce grand manoir. Daniel avait d'ailleurs du mal à se repérer dans ce labyrinthe et il décida donc qu'il ne s'éloignerait pas de miss. Jenny.

La pièce dans laquelle travaillait la jeune femme était classique. Elle ressemblait à toutes les pièces de travail. Au milieu, un elfe triait les documents en plusieurs piles sur le sol. Miss. Jenny fit signe à Daniel de poser ses affaires dans un coin et s'approcha de son elfe pour lui demander :

« Alors, tu as réussi ?

_J'ai tout récupéré des derniers articles sortis dans les journaux. Le Chicaneur est le seul à vraiment parler de ce qui se passe en ce moment.

_Le Chicaneur ? Répéta miss. Jenny. Rita n'avait pas écrit un article pour eux il y a quelques années ? Demanda-t-elle à Daniel qui regardait surpris l'elfe sûrement étonné de voir qu'il participait à ce travail.

_Euh… oui… C'était quand Ombrage était directrice de Poudlard, se souvint-il. Rita avait interrogé Harry Potter ! Tu te rends compte ?

_Ouais, magnifique. Giggy, tu pourrais me trouver le rédacteur en chef du Chicaneur s'il te plaît ?

_C'est fait ! Il s'appelle Xenophilius Lovegood, répondit l'elfe. Il habite… euh… dans un trou paumé.

_Tant que ma chouette peut y aller, ça me va.

_Tu ne comptes pas t'y rendre toi-même ? S'étonna Daniel.

_Tu crois que je vais me pointer chez lui pour lui donner un article sur des persécutions ? Quelqu'un pourrait me voir. Je ne suis pas suicidaire, je préfère l'envoyer de façon anonyme c'est plus sûr.

_Ah oui… en effet, vu comme ça… Acquiesça Daniel. Et donc dans cet article tu comptes mettre quoi ?

_Des interviews de sorciers nés de parents moldus et je compte bien interviewer tous ceux qui sortiront de leur procès. Je veux savoir ce qui se passe là-dedans ! Exigea miss. Jenny.

_D'accord… comment tu comptes t'y prendre ? Continua de demander Daniel un peu perplexe.

_Je ne sais pas encore mais je vais trouver et crois-moi je vais sortir cet article ! Il sera anonyme, n'importe qui aura pu l'écrire et je te jure que ça va remuer les esprits de tous ces sorciers. Les articles de journaux sont bien faits pour ça, je vais faire passer l'idée ! Je veux qu'on réagisse contre tout ce qui se passe !

_Mais Jen, pourquoi tu ne prendrais pas une pancarte pour aller manifester au Ministère ? Ce serait plus rapide et…

_Et complètement suicidaire ! Le coupa miss. Jenny. Non, il faut faire ça subtilement. Tout le monde lit les journaux, et tout le monde a peur de protester. Mais quand ils verront que des journalistes osent écrire ce que je vais écrire, ça fera bouger les choses. Je te le dis !

_Oui, oui, je te crois ! C'est bien pour ça que je suis ici, non ?

_Exact ! Et donc, on peut commencer l'interview, conclut miss. Jenny en prenant un bloc-notes.

_Quoi ? T-Tu ne m'avais pas dit que… non ! Je refuse ! Je ne vais dévoiler là comme ça…

_Daniel, il faut bien que quelqu'un commence. Tu es le seul sorcier né de parents moldus que je connais vraiment, le supplia-t-elle. Il faut que tu lances le mouvement.

_Le mouvement ? Répéta-t-il. Jen… je n'ai pas envie de mourir ! C'est du suicide ! Qui voudra parler ?

_Toi pour commencer !

_Et tu veux que je te raconte quoi ? Oui, mes parents ne m'ont pas empoisonné quand j'étais petit, ils ne m'ont pas séquestré parce que j'étais un sorcier… ils m'ont quand même aimé. C'est ça que tu veux ?

_Bah… oui. Mais je pense que tu devrais aussi ajouter par exemple ce que tu ressens au quotidien quand des sorciers te regardent de haut parce qu'ils ont soi-disant un sang pur. Ce serait pas mal pour l'article, non ? Tu dirais ce que ça te fait, si tu as peur parfois, des trucs comme ça.

_Des trucs comme ça… Marmonna Daniel de plus en plus abasourdi. Alors d'accord. Je me sens comme un extraterrestre, j'ai l'impression de venir d'une autre planète pour certains sorciers. A Poudlard j'avais parfois l'impression de ne pas être à ma place, et…

_Giggy ! »

C'était la voix de la grand-mère. Miss. Jenny grogna contre elle et regarda l'elfe qui se dépêchait d'aller voir ce qu'on lui demandait à l'étage inférieur. Avant qu'il ne parte, miss. Jenny le rappela pour lui dire avec un sourire en coin :

« Elle va te demander du thé donc si tu pouvais glisser un peu de pistache dedans pour réveiller son allergie… ce serait le rêve ! Elle serait cloîtrée au lit la pauvre…

_Comptez sur moi mon capitaine ! » Acquiesça Giggy.

Il repartit dans le couloir en marchant comme un militaire. Miss. Jenny laissa échapper un rire sous le regard de plus en plus éberlué de Daniel.

« Mais… tu… vous vous entendez bien, remarqua-t-il finalement.

_Giggy est mon père, ma mère, et mon frère à la fois, expliqua miss. Jenny naturellement. Ni lui ni moi n'aimons ma grand-mère qui squatte tous les jours ici ! Alors si on peut lui réveiller son allergie aux pistaches… c'est tout bonus ! »

Daniel hocha lentement la tête. Il n'était pas sûr de comprendre le petit stratagème mais il avait plus important à faire pour le moment. Miss. Jenny lui lançait un regard encourageant afin qu'il continue à parler pour l'article. A peine Daniel commençait à raconter ses années à Poudlard que la plume grattait sur le bloc-notes avide d'informations.


Cécilia et Lizzie entrèrent au Ministère par la voie des visiteurs. Elles étaient toutes les deux comme absorbées par la vue du monument « La Magie est Puissance ». Les deux sœurs ne décrochaient pas leurs yeux des statues représentants des moldus qui portaient ce monument. Ils étaient tous des innocents dans ce bagne, des anges dans cet enfer.

La porte de l'ascenseur s'ouvrit. Deux sorciers traînaient derrière eux un autre sorcier qui hurlait comme un cochon qu'on allait égorger. Cécilia et Lizzie observèrent la scène en silence mais avec la peur aux trippes. Le sorcier hurlait qu'il était innocent, qu'il fallait le laisser partir. Il tenta même d'échapper à leur emprise mais les deux vigiles ne semblaient pas vouloir le laisser filer.

« Qu'est-ce qu'il a fait, tu crois ? Souffla Cécilia à sa sœur qui reprenait peu à peu ses esprits pour paraître naturel.

_Oh, je suis sûr qu'ils ont arrêté un criminel. » Affirma-t-elle avec un air soulagé.

Mais Cécilia savait très bien lire dans les yeux de sa sœur. Non, ce n'était pas un criminel qui venait d'être arrêté.

« C'est vrai, c'est un criminel ! Affirma Yaxley qui sortait de nulle part.

_Eh ben, vous êtes partout vous… Remarqua Cécilia qui commençait à en avoir marre de le croiser tout le temps.

_Je suis directeur du département de la justice magique, dit-il comme si c'était une explication. Je fais régner l'ordre.

_Oui, merci vous faites un excellent travail, répondit Lizzie avec un sourire de jeune femme émerveillée. Henri ne cesse de m'en parler !

_Merci, au fait ma femme et moi serons bien présents à votre mariage !

_Ah !? C'est super, fit Cécilia très peu ravie.

_Je n'allais pas manquer un tel évènement ! Et je me suis permis d'inviter des amis de mon département. »

*Eh ben ! Il ne se mouche pas, lui !* Songeait Cécilia. *Vas-y, invite toute ta bande de Mangemorts aussi ! On ne dira rien.* Elle observait en même temps sa sœur qui ne cessait de répéter combien la présence de Yaxley à son mariage lui ferait plaisir. Lizzie était comme toutes ses femmes à la conscience tranquille, du moins elle leur ressemblait. En vérité, Lizzie hurlait intérieurement. *Il ne nous lâchera jamais celui-là ! Pourquoi Henri l'a invité ? C'est une bonne question ! Maintenant je vais compter plus de Mangemorts à ma table que d'amis… je sens que je vais passer un mariage de « rêve ».* Pensait Lizzie.

Les deux sœurs commencèrent à prendre congé pour monter dans l'ascenseur. Elles pensaient enfin se soulager du directeur de la justice magique mais celui-ci les suivit encore une fois. Lizzie et Cécilia échangèrent discrètement un regard. Elles commençaient vraiment à le trouver lourd.

« Mais au fait, vous vous rendez où comme ça ? Demanda Yaxley quand les portes de l'ascenseur se refermèrent sur eux.

_Eh bien, vous savez la liste des salariés exige des papiers de naissance et nos papiers ne sont plus à jour, répondit Lizzie.

_Il y a beaucoup de monde en ce moment au bureau de la paperasse, nota Yaxley. Ne vous en faite pas, je vais venir avec vous et nous allons régler cette histoire.

_Vraiment ? Oh merci ! Qu'est-ce qu'on ferait sans vous !? S'exclama Lizzie.

_Oui c'est dingue… Vous êtes vraiment trop gentil, grinça Cécilia qui tentait de faire bonne figure à côté de sa sœur qui jouait son rôle à merveille.

_De rien, enfin ! Je ne voudrais pas que vous aillez des ennuis pour un si petit problème. Je sais très bien que vous n'êtes pas comme tous ces abrutis qui espèrent pouvoir passer entre les mailles du filet ! Ils veulent tous falsifier leurs papiers ! »

Il explosa littéralement de rire. Les deux sœurs émirent de légers rires quant à elles. Les portes de l'ascenseur s'ouvraient enfin alors que Cécilia et Lizzie commençaient à manquer d'air. Elles marchèrent toutes les deux côte-à-côte derrière Yaxley qui avançait fièrement dans les couloirs en ignorant ceux qui devaient être ignorés et en saluant ceux qui devaient être salués. Il les entraîna vers les bureaux de la paperasse.

Sacha Burbles observa Yaxley qui entrait fièrement suivit des deux sœurs. Elle ne fut pas étonnée qu'il lui passa devant sans un regard.

« Nous avons l'habitude de voir Ewan Perks comme… Commença Cécilia.

_Je vais vous emmener voir un ami de longue date ! » Leur confia Yaxley sans même les écouter.

Cécilia et Lizzie échangèrent à nouveau un regard. Non, elles n'avaient pas envie de voir son « ami de longue date ». Elles commençaient toutes les deux à paniquer et puis finalement Lizzie prit la parole :

« Yaxley, je vous remercie pour ce que vous avez fait pour nous, c'est très gentil à vous de vouloir nous aider mais… Ewan Perks est un de nos amis alors n'y voyez rien de personnel si nous préférons aller le voir lui plutôt que votre ami.

_Ah… Oui, bien sûr si vous le connaissez, je n'y vois aucun inconvénient ! Bien sûr, excusez-moi si je l'avais su plus tôt je…

_Merci encore à vous ! Le coupa Cécilia. Merci de nous avoir conduits jusqu'ici.

_Attendez, je vais vous aider à passer devant tout ce monde sinon vous allez y passer la journée. »

Cécilia retint un soupir d'exaspération. Ce Yaxley commençait à lui taper sur les nerfs. Pourquoi était-il si gentil avec elles ? Cela ne lui plaisait guère. Cécilia n'aimait qu'on se mêle de ses affaires, elle n'aimait pas quand on lui tournait autour comme il le faisait, et par-dessus tout elle n'aimait pas quand on la suivait partout où qu'elle aille.

Lizzie accepta la proposition de Yaxley et le laissa passer hautainement devant tous ces sorciers qui attendaient. Il frappa sauvagement à la porte d'Ewan Perks et entra sans qu'on ne l'ait autorisé.

« Yaxley, quelle surprise ! Entonna Ewan qui avait une cliente dans son bureau. Hum… comme tu peux le voir je suis occupé alors…

_J'ai deux clientes pour toi, Ewan, annonça Yaxley de but en blanc.

_D'accord, oui très bien dis-leur qu'elles attendent leur tour, lui répondit Ewan avec un sourire hypocrite.

_Tu n'as pas compris : j'ai deux clientes qui attendent. »

Ewan soupira la tête dans ses mains puis jeta un regard à Yaxley avant de lui répondre :

« Je termine avec cette cliente et je les prends. »

Yaxley hocha la tête et sortit du bureau. Il afficha un sourire vainqueur face aux autres sorciers qui attendaient depuis longtemps. Lizzie et Cécilia le remercièrent encore une fois en espérant cette fois qu'il allait les lâcher. Enfin, quelqu'un vint le chercher pour une urgence dans la salle d'audience. Cécilia et Lizzie soupirèrent enfin de soulagement.

Quand elles entrèrent dans le bureau d'Ewan celui-ci resta bouche bée. Il balbutia quelque chose avant de s'étonner :

« Alors c'est vous les clientes de Yaxley !

_Euh… oui, on aurait attendu en temps normal mais là… Commença Lizzie.

_Il se faisait insistant, termina Cécilia encore exaspérée.

_C'est Yaxley, il ne faut pas chercher bien loin. Bon, écoutez. C'est pour mettre à jour vos papiers n'est-ce pas ? Leur demanda-t-il.

_Oui, exactement et si tu pouvais nous les avoir le plus rapidement possible…

_Je ne peux pas, commença-t-il en baissant d'un ton.

_Quoi ? Comme ça tu ne peux pas !? S'écria Cécilia.

_Chut ! Je suis surveillé. Certain de mes collègues ont été arrêté pour falsification de papiers alors maintenant ils nous surveillent tous.

_Ewan, comment on va faire nous ? S'inquiéta Lizzie.

_Pas de panique ! Il faudrait juste qu'on trouve un moment pour le faire mais pas ici, leur expliqua-t-il.

_Demain soir c'est bon Lizzie viendra chez moi, décida Cécilia.

_Non ! Pas demain soir ! Et pas chez vous, ce serait suicidaire. Il faudrait que vous vous rendiez au Chaudron Baveur, je vous enverrai quelqu'un de confiance. Je lui ferai passer tout ce qui vous faudra pour mettre vos papiers à jour.

_Vous êtes sûr ? Lui demanda Cécilia méfiante.

_Oui, j'ai confiance en cette personne. Ne vous inquiétez pas et surtout ne vous faites pas remarquer ! Je doute que vous soyez des habituées du Chaudron Baveur… Jugea-t-il.

_Oui, c'est là où il y a tout le monde pratiquement… Marmonna Cécilia avec sarcasme.

_Vous préférez peut-être allez dans une ruelle sombre là où patrouille tous les Mangemorts ? A votre guise, ça peut s'arranger selon vos préférences, rétorqua-t-il. Faites-moi confiance ! Votre père avait confiance en moi, et je pense que je vous ai suffisamment aidé jusqu'ici pour avoir votre confiance à vous aussi.

_On a confiance en vous, assura Cécilia. C'est juste qu'avec tout ce qui se passe en ce moment, essayez de comprendre qu'on peut être méfiante avec votre nouvelle façon de faire.

_Je m'adapte comme je peux, assura-t-il. Alors on marche comme ça ? »

Lizzie et Cécilia se consultèrent du regard. Avaient-elles le choix ? Elles acceptèrent toutes les deux en hochant la tête puis sortirent du bureau.

Quand Lizzie revint chez elle, Henri avait déjà mis la table et préparé le repas. Elle l'embrassa pour le remercier et se mit à table avec lui.

« Tout s'est bien passé ? Lui demanda-t-il.

_Oui, je vais avoir prochainement mes nouveaux papiers, affirma-t-elle. Et j'ai croisé Yaxley aussi !

_Oui, je sais il me l'a dit.

_Il te l'a dit ?

_Il est passé il n'y a même pas dix minutes, tu l'as manqué, dit-il. Il revenait d'une sacrée affaire avec un sorcier dans la salle d'audience qui est devenu complètement fou. Tu sais qu'il a failli tuer Ombrage ?

_Eh ben ! J'espère qu'elle n'est pas trop secouée…

_Non, je ne pense pas. Elle est solide Ombrage, tu sais ! Affirma Henri fortement appuyée par Lizzie.

_Ça c'est sûr ! Et donc, je ne sais pas s'il te l'a dit mais Yaxley sera là au mariage et… il a invité des amis… Termina-t-elle en faisant la moue.

_Oui, il me l'a dit. Oh, s'il te plaît ne fait pas cette tête ! Je les connais ses amis, on travaille ensemble.

_Oui, tu les connais, très bien… Tu ne veux pas qu'on invite aussi notre livreur de journaux ? Moi aussi je le connais ! Il me dit tous les matins que notre jardin est magnifique.

_Lizzie, arrête !

_Non ! Je n'arrêterai pas parce que je ne veux pas que mon mariage soit ouvert à tous ! Ce n'est une visite guidée que je compte faire, je compte me marier !

_Merlin, oui je l'espère ! J'espère que tu me diras oui, quand même !

_Ecoute-moi, je n'ai pas envie de te dire oui devant des milliers de personnes dont je ne connais pas la moitié !

_Dans ce cas il fallait faire un mariage intime, répondit Henri en haussant les épaules. Je ne vois pas pourquoi tu t'énerves pour quelques personnes !

_Bon et bien notre livreur de journaux sera lui aussi invité ! Et ma coiffeuse aussi ! Oh, et puis pourquoi ne pas inviter aussi mon esthéticienne ? »

Henri lâcha ses couverts sur la table en soupirant. Lizzie lui adressa un sourire sarcastique puis planta sa fourchette dans sa viande.

« Bon… Marmonna Henri. Ce n'était pas pour ça que je t'avais préparé ce repas.

_Oh ! Ne me dis pas que tu comptais inviter ton stagiaire à dîner avec nous !

_Non, je voulais qu'on parle de choses sérieuses mais tu n'as pas l'air de bonne humeur alors laisse tomber. On en parlera une autre fois. »

Lizzie mâcha son bout de viande tout en observant Henri qui se resservait en légumes. Finalement, après avoir avalé la nourriture, Lizzie craqua par curiosité :

« De quoi tu voulais qu'on parle ?

_Oh de rien…

_Aller c'est bon, t'en as déjà trop dit donc dis-moi, le pressa Lizzie. Dis-moi et ce soir je te fais l'amour comme jamais je ne te l'ai fait !

_Tss… Garde ça pour notre nuit de noce, ricana-t-il. Bon d'accord, je voulais qu'on parle tous les deux de… de nous.

_De nous ?

_Oui, de notre avenir, de ce qu'on va faire après le mariage…

_Moi je sais ce qu'on va faire… ! Murmura-t-elle en lui lançant un regard de braise.

_Non, je ne parle pas de ça ! Je parle de notre vie après notre mariage. Tu sais on va être tous les deux mariés, on va avoir vie bien rangée… enfin, tu ne penses pas qu'il serait temps de fonder une famille ?

_Fonder une famille ? Répéta Lizzie en ricanant. On l'a déjà notre famille et on va l'unir en mai !

_Tu esquives la question, la coupa Henri avec un regard appuyé qui attendait visiblement une réponse.

_Non ! Voilà ce que je te réponds ! Pas d'enfants ! Tu me l'avais juré, tu m'avais promis qu'on n'en aurait pas ! Ça faisait partie du contrat entre nous, c'était notre pacte ! Lorsque tu m'as demandé en mariage tu m'as promis que tu acceptais de ne pas avoir d'enfants !

_Oui enfin… ce genre de promesse ça se rediscute c'est comme les contrats on renégocie.

_Non, on ne négocie pas avec mon utérus ! Pas d'enfants, je te l'avais dit. Tu savais à quoi tu t'engageais avec moi et tu me l'as promis. On n'aura pas d'enfants !

_Pourquoi tu ne veux pas d'enfants ? Je n'ai jamais compris pourquoi tu n'avais pas envie d'être mère !

_Être mère ne me fait absolument pas rêver ! Je n'ai pas envie d'essuyer de la bave de bébé, je ne veux pas me lever la nuit pour aller lui changer sa couche, je ne compte pas me plier en quatre pour le faire rire. Pas d'enfants !

_Mais… Noé, tu l'aimes Noé ! La dernière fois, tu avais l'air super contente de voir qu'il aimait tes muffins. Ça te plairait pas de faire la cuisine pour notre bébé ?

_Noé est différent, je ne m'en occupe pas tous les jours. Je suis sa tante et je suis heureuse d'être sa tante, oui. Mais c'est différent d'être mère ! »

Henri soupira et puis marmonna qu'il ne lâcherait pas l'affaire mais que pour ce soir il en avait assez entendu. Lizzie termina son repas toute seule dans la salle à manger. Elle se sentait un peu coupable de cette solitude mais elle avait ses raisons de ne pas vouloir d'enfants. Elle avait passé sa vie à essayer de cacher qu'elle était née d'une famille non recommandable alors elle ne voulait pas que quelqu'un d'autre porte ce secret par la suite. Elle ne voulait pas mettre en danger un enfant qu'elle aurait bien aimé avoir tout de même…


Keina et Eléa arrivaient sur le Chemin de Traverse trempées par la pluie. Autour d'elles il y avait un bon nombre d'hommes plutôt suspects qui semblaient guetter chaque passant. Eléa jeta un regard à sa grande sœur qui continuait sa route en regardant bien devant elle. Keina préférait éviter de croiser le regard de ces hommes. Ils ne lui inspiraient pas confiance et elle aurait juré qu'ils étaient au service du Seigneur des Ténèbres.

Cela faisait presque deux mois que l'on pouvait voir des Mangemorts sillonner les rues et notamment le Chemin de Traverse. Personne n'osait poser de questions et personne n'osait en parler. On avançait simplement.

Keina comptait bien faire son habituel repas du dimanche chez Ewan. Elle tenait à sa petite routine qui lui convenait parfaitement. Elle aimait sa vie telle qu'elle était et ce n'était pas parce qu'il y avait des Mangemorts autour d'elle que Keina allait s'empêcher d'aller manger chez son « père ».

Eléa pensait justement le contraire. Elle aurait bien aimé se barricader chez elle et manger un plat de pâtes trop cuit toute seule dans sa chambre. Elle aurait même allumé sa musique pour se détendre un peu. Mais quand Keina avait décidé de manger chez Ewan, Eléa suivait bien malgré elle.

Une vitre explosa un peu plus loin après la boutique Fleury & Bott. Eléa sursauta et s'empressa d'agripper le bras de sa sœur. Keina l'obligea à s'arrêter sur le côté. Il se passait visiblement quelque chose et elle n'avait pas envie d'aller voir de quoi il s'agissait en mettant Eléa en danger.

Plusieurs hommes masqués et en noir sortirent de la boutique en traînant deux sorciers qui se débattaient vivement. Derrière eux vint un vieillard qui hurlait pour qu'on l'aide. Tous les passants s'étaient arrêtés. Personne ne bougeait et tout le monde observait. Les hommes masqués firent quelques pas dans la direction de ces passants qui reculèrent tous. Keina entraîna Eléa dans un coin derrière les étagères de chaudrons soldés.

Eléa serra fort la main de sa sœur et se blottit contre elle. Keina l'enveloppa autour de son bras et resta derrière cette étagère en espérant qu'aucun de ces hommes n'allaient les attaquer.

Finalement, ils transplanèrent tous en apportant les deux sorciers et le vieillard qui hurlait toujours en implorant cette fois qu'on le délivre. Lorsqu'ils eurent tous transplané, les passants s'observèrent entre eux. Ce n'était pas la première fois qu'on enlevait des sorciers sur le Chemin de Traverse. D'abord Ollivander maintenant ceci…

« Keina… trois hommes se sont fait enlevés et… nous on s'est cachés, réalisa Eléa. J'ai peur si tu savais… Qu'est-ce qu'ils nous feront quand ils sauront ?

_Ils ne le sauront pas, affirma Keina en reprenant sa route. Viens, on est bientôt arrivées.

_C'est sérieux, tu te rends compte ? Ils ont enlevé ces trois sorciers et il y avait cet homme qui hurlait… on aurait dû l'aider !

_Tu étais terrifiée et tu n'aurais jamais pu l'aider, lui rappela Keina. Quand bien même tu l'aurais aidé, ils t'auraient enlevé toi aussi ou peut-être pire.

_Mais Keina tu te rends compte que personne ne réagit jamais ! On regarde tous et on se cache… Oui je ne suis pas très courageuse et oui j'étais morte de peur mais on aurait dû les aider.

_Tu permets qu'on change de sujet ? Nous allons chez papa et j'aimerais qu'on ne soit pas fâchées en arrivant.

_Alors on ne va rien faire ? Il faudrait qu'on se rende au bureau des Aurors ! Tu préfères ne rien dire et aller manger du pudding pendant que d'autres se font enlevés ?

_Je préfère agir comme ça, oui. Je ne laisserai pas un vieillard hurlant foutre en l'air tout ce qu'Ewan a fait pour nous, tout ce que j'ai fait pour toi. Je ferai ce qu'il faut pour que personne, jamais personne ne découvre notre situation. Tu m'as comprise ? Entre leur vie et la nôtre, j'ai vite choisi. »

Eléa dût bien accepter cette réalité. Si elles espéraient s'en sortir il fallait agir comme toute la société. Quand Eléa regardait autour d'elle, la jeune fille voyait bien que les sorciers ne semblaient pas plus perturbés que cela. Ils cachaient bien leur jeu. Eléa comprit qu'il était temps qu'elle fasse comme eux. Il était temps pour elle d'accepter qu'elle devait vivre avec ce qui l'entourait et paraître le plus naturel possible.

« Tu peux me lâcher le bras, s'il te plaît ? » Lui demanda Eléa en désignant l'emprise que sa sœur avait sur elle.

Keina relâcha sa sœur puis continua son chemin en s'assurant qu'Eléa suivait bien. Elles arrivèrent toutes les deux chez Ewan quelques minutes plus tard. Tandis qu'il servait le pudding, Eléa observait tous les dossiers qui croulaient dans le salon de son père et dût bien reconnaître que depuis leur départ Ewan était redevenu bordélique.

« C'est pour quoi tous ces dossiers ? Demanda-t-elle avec un rictus. Tu ne vas pas nous faire croire que tu as trop de travail ?

_Ça t'étonnera peut-être mais si ! Lui répondit-il. Depuis qu'ils ont modifié les papiers de naissance tout le monde doit les mettre à jour. A ce propos… j'ai besoin de toi, Keina.

_De moi ? Pourquoi ?

_Je suis surveillé depuis qu'un de mes collègues s'est fait arrêté et j'ai un dossier urgent à rendre.

_Quel genre de dossier ?

_Le même que le vôtre, lui avoua-t-il. J'ai deux clientes qui ont besoin de faux papiers, je les aide depuis toujours. J'ai aidé leurs parents et maintenant ce n'est pas le moment de les lâcher. J'ai besoin de toi pour aller leur rendre ces papiers. »

Keina laissa ses couverts tomber dans son assiette. Eléa baissa la tête et commença à glisser sous sa chaise. Keina dévisagea Ewan du regard.

« Non, il est hors de question que je fasse ça.

_S'il te plaît, elles ont impérativement besoin de moi ! C'est urgent, tu sais comment ils sont. Le moindre doute et…

_Je ne peux pas faire ça, je mettrai Eléa en danger. Après tout ce qu'on a fait, je ne peux pas faire ça. J'aimerais les aider mais si cela veut dire que je dois mettre en danger Eléa, il en est hors de question.

_Et tu veux que je demande à qui !? Je ne peux pas leur livrer moi-même, je ne peux le demander qu'à toi !

_Euh… moi, je peux le faire, se proposa alors Eléa.

_Non ! Rétorqua Keina. Tu es trop jeune et trop naïve, tu te ferais prendre immédiatement.

_J'ai dix-huit ans et j'ai déjà triché à mes examens de fin d'année sans me faire prendre ! Répliqua Eléa.

_Tu as triché à tes examens de fin d'année !? S'écria Ewan.

_En deuxième année, oui…

_On s'en fou ! Rétorqua Keina. Ça ne veut absolument rien dire ! Ce n'est pas du tout la même chose. Là, c'est une fraude, une vraie ! Tu ne peux pas le faire toi-même, tu ne sais pas comment ça marche et…

_Il faut bien que quelqu'un le fasse, expliqua Eléa en haussant les épaules. D'autres personnes risquent de se faire arrêter par les Mangemorts et si tu ne veux pas le faire, moi je le ferai. Je les aiderai ces gens pour éviter d'assister à la même scène que tout à l'heure !

_Quelle scène ? Demanda Ewan.

_Eléa, ça ne te concerne pas tout ça, trancha Keina.

_Si ça me concerne ! Je les aiderai ces gens puisque tu ne veux pas ! J'aiderai tous ceux qui le veulent pour éviter un massacre ! Ce n'est que comme ça qu'on gagnera !

_Qu'on gagnera le droit de mourir dans d'atroces souffrances, termina Keina.

_Oh, de toute façon on est déjà en fraude tous les trois ! Alors qu'est-ce que ça fait si c'est moi qui y va ?

_Très bien, j'irai ! Décida Keina. Si c'est ce que tu veux, sauver d'autres personnes, j'irai les sauver moi-même. Mais toi, tu resteras à la maison ! Lui ordonna-t-elle finalement.

_D'accord, si tu le fais vraiment alors je te promets de rester à la maison. »

Keina hocha la tête bien décidée à tout faire pour empêcher sa petite sœur de se mêler de tout ceci. Eléa hocha elle aussi la tête heureuse d'avoir pu persuader sa sœur même s'il avait fallu la manipuler. A côté des deux sœurs, Ewan hochait aussi la tête satisfait d'avoir finalement ce qu'il voulait.

« Bien, quelqu'un veut reprendre du pudding ? » Proposa-t-il pour clore la conversation.