Coucou à tous!
J'espère que vous allez bien!
J'ai pris un peu de retard cette semaine donc je n'ai pas eu le temps de répondre aux reviews du chapitre 3, désolée, en tout cas merci à tous de vos gentilles reviews!
Je suis ravie que la version de Photograph vous ai plut, je l'adore aussi :p
Le chapitre qui suit est le plus long de la fic (qui comporte d"jà de longs chapitres lol) et comporte plusieurs chansons j'espère que ça vous plaira ;)
(je l'ai moins relu que les autres donc j'espère qu'il n'y a pas trop de fautes...)
Dans sa loge, Bellamy attendait patiemment la fin de l'émission.
Enfin, patiemment était un bien grand mot.
En fait il était étrangement nerveux. Et comme à chaque fois qu'il se sentait angoissé, il saisit sa guitare pour pousser la chansonnette. C'était la seule chose qui pouvait l'apaiser.
Quand les 1ers accords mélodieux sortirent de l'instrument, il se sentit transporté dans un autre univers, comme à son habitude.
Et encore une fois, le visage de la jeune chanteuse traversa son esprit. Non contente d'hanter ses nuits, elle hantait désormais ses jours aussi.
Il soupira. Il était attiré vers elle comme la terre autour du soleil.
C'était assez dérangeant, essentiellement parce qu'il n'avait pas l'habitude de graviter autour des filles. C'était plutôt l'inverse en fait.
Et le pire dans l'histoire, c'est qu'il n'essayait même pas de se convaincre que c'était juste une attirance. C'était bien plus que ça et il le savait.
Perdu dans son monde, il ne se rendit pas compte que la porte s'était ouverte, pas plus qu'il ne l'entendit s'approcher de lui.
Clarke se posa un moment après avoir refermé la porte, savourant l'instant un doux sourire accroché aux lèvres.
Il avait l'air tellement détendu quand il jouait. Il était vraiment dans son élement.
Comme pendant leur duo.
Elle rougit instinctivement en songeant à l'intimité qu'ils avaient partagé sur scène. A cette connection qu'elle ne pouvait nier, même si elle ne la comprenait pas toujours.
Elle s'approcha doucement de lui et posa la main sur son épaule.
L'émission était terminée, et elle n'avait qu'une hâte, rentrer chez elle et s'écrouler sur son lit. Elle était éreintée.
Son contact sembla le ramener vers la réalité, et il la dévisagea d'un air grave.
Il posa la guitare contre le mur et se releva pour lui faire face, sans qu'il n'arrive à articuler le moindre mot.
ça aurait pu sembler bizarre à quiconque aurait pu les observer, pourtant, ils restèrent plusieurs minutes concentrés l'un sur l'autre, leurs regards scellés, sans qu'ils n'en éprouvent aucune gêne, comme une routine, une habitude…
Lui aussi avait l'air exténué. Il avait les yeux rouges et les traits tirés.
Clarke le sentit se tendre alors que sa respiration se faisait plus pressante.
Il secoua la tête, rompant le contact de leurs yeux, puis s'approcha doucement d'elle, comme résigné.
Et résigné il l'était, c'était une évidence, il ne pouvait l'empêcher.
Il lui prit la main et la porta à ses lèvres, lui laissant l'occasion de le repousser.
Mais Clarke resta sans réaction, ses yeux ayant à nouveau trouvé les siens.
Elle retint sa respiration quand elle sentit ses lèvres se poser sur les siennes, et se détendit tout en passant ses bras autour de son cou.
Il avait le goût familier des bonbons à la menthe...le goût du risque, de la liberté et de la musique, et quelque part, sans qu'elle n'ose réellement se l'avouer, un profond goût de chez soi. Et en un éclair, il la fit se sentir libre.
Ils sursautèrent lorsque la porte se rouvrit brusquement, laissant place à Marcus, visiblement gêné.
"Hum...un journaliste voudrait t'interviewer Clarke. Je...peux lui dire de voir ça demain si tu préfères."
Elle se mordilla la lèvre et jeta un oeil à Bellamy, aussi gêné qu'elle.
"Non c'est bon, j'y vais" lâcha-t-elle un peu perdue. Peut être qu'un peu de temps loin de lui l'aiderait à y voir plus clair...
Bellamy rangea sa guitare sans se presser, sous le regard inquisiteur de Marcus.
Il soupira bruyamment et se tourna vers lui.
"Dis ce que tu as à dire" lui dit-il fermement en croisant les bras.
"Cela ne me regarde pas Bellamy. Mais je suis suffisamment proche d'elle pour voir à quel point elle est fragile en ce moment. Son équilibre est...précaire, et même si j'ai conscience du bien que tu peux lui apporter, j'aimerais juste que tu fasses attention. Elle a déjà beaucoup souffert"
"Je sais parfaitement bien à quel point elle est fragile. Crois moi" bougonna-t-il légèrement énervé.
Mais énervé contre Marcus ou contre lui même, il n'en était pas sur.
"Je ne ferais rien qui risque de la blesser, ne t'inquiète pas pour ça"
"Je t'ai déjà vu à l'oeuvre avec les filles Bell." lui répondit-il avec un sourire narquois.
Clarke n'est pas comme toutes les filles, eut-il envie de rétorquer, mais il se reprit bien vite.
"Je sais ce que je fais et je sais que ma carrière est en jeu. Je ne ferais rien de stupide"
Marcus hocha la tête lentement, tandis que Bellamy rangeait le reste de ses affaires.
Peut être était-ce une erreur. Peut être n'aurait-il pas du l'embrasser.
Pourtant, il ne pouvait s'empêcher d'esquisser un sourire au souvenir de la douceur de ses lèvres, et de ses bras autour de son cou, qui le serraient comme s'il n'y avait aucun doute…
"Votre duo a été fantastique. Tout le monde a adoré" reprit Marcus, rompant le fil de ses pensées. "Tu es doué Bell. Vraiment. Elle aussi ça va sans dire. Elle avait vraiment besoin de ce second souffle" conclut-il pensif.
Bellamy ne prit pas la peine d'attendre le retour de Clarke pour rentrer chez lui. Dans l'immédiat, il n'était pas sur que la revoir pouvait lui remettre les idées en place. Non.
Cette nuit là, au lieu de dormir, il fut prit d'une frénésie créative et réussit à écrire l'intégralité d'une chanson. Texte et accord. Mais pas pour Clarke. Pour lui. Sait-on jamais...se dit-il en rêvant.
Il passa plusieurs jours en pseudo autarcie, bossant jour et nuit, pas par necessité, mais par envie, par besoin. Sa passion, c'était ce qui le faisait vivre, et en ce moment, sa passion le dévorait et il adorait ça.
ça faisait plus de 5 jours qu'il n'avait pas eu de ses nouvelles, et malgré toute l'effervescence engendrée par sa période créative, il devait bien se l'avouer, elle lui manquait.
Il saisit son portable et lui envoya un texto, attendant nerveusement sa réponse.
B: Toujours en vie? Je répète avec le groupe ce soir chez moi, tu veux qu'on teste la nouvelle chanson?
C: Je passe mes journées au studio, j'en ai un peu marre. J'essaie de finir tôt ce soir pour pouvoir passer. Encore faudrait-il que je sois au courant pour la nouvelle chanson… :)
Il la sentit un peu tendue, espérant que ça n'ait rien à voir avec leur baiser échangé…
B: Je t'envoie la chanson par mail. J'ai une autre idée que j'aimerais te soumettre…
C: ?
B: On en parle ce soir. Je t'embrasse.
Bellamy effaça le je t'embrasse. Que devait-il mettre à la place? Bisous? Bises?
Merde. Il se passa la main dans les cheveux avec anxiété. Il avait l'impression d'avancer en terrain miné… Il opta pour un simple Bonne journée, à ce soir, se sentant comme un stupide adolescent enamouré.
"La terre appelle Bellamy Blake"
Il cligna des yeux avant de se recentrer sur sa petite soeur. Il était 20h et il l'attendait, se demandant, avec une légère déception, si elle allait finalement arriver.
"Tu as les cheveux hirsutes, et quelque chose me dit que tu n'as rien avalé depuis des lustres. Alors mange. C'est un ordre!"
Il roula des yeux mais se contenta d'obéir sagement tandis que Miller Lincoln et Monty le dévisageait d'un air étrange.
Ils se connaissaient depuis toujours, et c'était tout naturellement que leur passion commune les avaient réunis pour former leur groupe à l'adolescence.
ça leur avait permit de se serrer les coudes, ne ne pas sombrer, et d'affronter leur vie pas toujours facile.
Monty à la batterie, Lincoln à la basse, Miller à la guitare, et lui qui oscillait entre le chant et la guitare lui aussi. Ils faisaient salle comble tous les mercredis au bar d'Octavia, et il avait vraiment envie de les inclure dans ses nouveaux projets.
Il sursauta lorsque les coups résonnèrent à la porte et se précipita pour ouvrir, sous le regard amusé d'Octavia.
"Entre" lui dit-il alors qu'ils partageaient tous les 2 un sourire radieux.
S'il était stressé avant qu'elle n'arrive, toute gêne disparue quand elle se trouva en sa présence, comme si tout coulait de source naturellement.
Ils passèrent le début de soirée à discuter et manger comme si elle connaissait ses amis depuis toujours.
"On s'y met?" demanda Monty avec un enthousiasme qui n'était pas feint.
Il avait déjà briffé le groupe, et répété la chanson une bonne partie de l'après midi, donc Clarke put la chanter sans effort, ravie de partager leur boeuf improvisé.
La chanson lui plaisait, encore plus que les autres. Parce que c'était une chanson porteuse d'un espoir nouveau. Une chanson qui criait son envie de se battre. Et pour une fois, elle ne jouait pas. Ne faisait pas semblant. Elle voulait se battre, aujourd'hui plus que jamais.
[Madilyne Bailey Titanium]
You shout it loud
Vous criez à haute voix
But I can't hear a word you say
Mais je n'entends pas un seul mot de ce que vous dites
I'm talking loud not saying much
Je parle fort pour ne pas dire grand chose
I'm criticized but all your bull is ricochet
On me critique mais toutes vos balles ne peuvent m'atteindre
You shoot me down, but I get up
Vous tentez de m'abattre mais je me relève
I'm bulletproof nothing to lose
Je suis à l'epreuve des balles, je n'ai rien à perdre
Fire away, fire away
Les tirs sont loin, très loin
Ricochet, take your rain
ça ricoche, tu prends ton pied
Fire away, fire away
Les tirs sont loin, très loin
You shoot me down but I won't fall
Vous tentez de m'abattre, mais je ne succomberai pas
I am titanium
Je suis en titane
You shoot me down but I won't fall
Vous tentez de m'abattre, mais je ne succomberai pas
I am titanium
I am titanium…
Je suis en titane
Je suis en titane
Les amis de Bellamy partirent au fur à mesure, et malgré l'heure tardive, elle n'avait pas envie de rentrer, dans son grand appartement vide et triste, de peur de se retrouver comme lui. Vide et triste...
Clarke s'assit sur le piano, frôlant doucement les touches bicolores de l'instrument, ses souvenirs s'évadant vers cette période où elle aussi ne vivait que pour la musique. Cette période où son père la poussait vers sa passion, cette période où Wells et elle écrivaient des chansons.
Elle soupira très lentement, fixant Bellamy qui raccompagnait sa soeur à la porte, déposant un tendre baiser sur sa joue.
Elle n'avait pas eu le temps de repenser à leur baiser ces derniers jours, perdue qu'elle était dans l'océan de travail que représentait un album. Elle n'avait pas eu le temps ET n'avait pas cherché à le prendre.
Elle n'était pas prête pour une relation. Peu importe la force de ce qu'il y avait entre eux. Ce n'était pas le bon moment…
Elle ouvrit le cahier de partition qui se trouvait sur le piano, mais ne put lire que le titre "Flares", avant que Bellamy ne le referme brusquement sur ses doigts.
Surprise, elle le dévisagea intensément, se demandant si elle devait prendre un air coupable, mais décida que non.
"Qu'est ce que tu écris là dedans qu'il ne faut pas que je lise?" lui demanda-t-elle, amusée.
Son regard la traversa, puis passa au dessus d'elle pendant qu'il lui répondit. "Ce n'est pas une chanson que j'écris pour toi."
"Pour qui alors? Toi?" demanda-t-elle en essayant de rouvrir le cahier, qu'il lui reprit des mains en levant les yeux au ciel d'un air faussement exaspéré.
"Arrête de faire l'enfant" lui sourit-elle. "Si tu veux sortir ton album, il va bien falloir rendre les paroles public" conclut-elle, un brin sarcastique.
"Je suis loin de faire un album" se renfrogna-t-il.
"J'en ai parlé à Marcus, et ça peut vite s'arranger!"
"Je n'ai pas besoin de ta charité Clarke" s'emporta-t-il légèrement.
Elle le considéra un instant avant de répondre. Ce que sa fierté était mal placée, se dit-elle en soupirant.
"Ce n'est pas de la charité, c'est un échange de bon procédé" lui dit-elle fièrement.
"Et ça ne me dérange pas que tu écrives sur moi, personne ne peut réellement le comprendre" lacha-t-elle soudainement, les yeux perçants.
"C'est bon, je m'avoue vaincu, lis et finissons-en, ok?"
"Non. Mieux. Chante la moi!" glapit-elle en frappant des mains.
"Et à part ça c'est moi l'enfant…" maugréa-t-il en s'installant au piano.
[The script - Flares]
Did you lose what won't return?
As-tu perdu ce qui ne reviendra pas?
Did you love but never learn?
As-tu aimé mais jamais appris?
The fire's out but still it burns
Le feu est éteint mais il brûle encore
And no one cares, there's no one there
Et personne ne s'inquiète, il n'y a personne ici
Did you find it hard to breathe?
As-tu trouvé qu'il est dur de respirer?
Did you cry so much that you could barely see?
As-tu tellement pleuré que tu pouvais à peine voir?
You're in the darkness all alone
Tu es dans l'obscurité tout seul
And no one cares, there's no one there
Et personne ne s'inquiète, il n'y a personne ici
But did you see the flares in the sky?
Mais as-tu vu les fusées dans le ciel?
Were you blinded by the light?
As-tu été aveuglé par la lumière?
Did you feel the smoke in your eyes?
As-tu senti la fumée dans tes yeux?
Did you? Did you?
As-tu? As-tu?
Did you see the sparks filled with hope? You are not alone
As-tu vu les étincelles remplies d'espoir? Tu n'es pas seul
Cause someone's out there, sending out flares
Parce que quelqu'un est là, envoyant des fusées
Did you break but never mend?
As-tu brisé mais jamais réparé?
Did it hurt so much you thought it was the end?
As-tu eu si mal que tu pensais que c'était la fin?
Lose your heart but don't know when
Perdu ton cœur mais sans savoir quand
And no one cares, there's no one there
Et personne ne s'inquiète, il n'y a personne ici
But did you see the flares in the sky?
Mais as-tu vu les fusées dans le ciel?
Were you blinded by the light?
As-tu été aveuglé par la lumière?
Did you feel the smoke in your eyes?
As-tu senti la fumée dans tes yeux?
Did you? Did you?
As-tu, As-tu?
Did you see the sparks filled with hope? You are not alone
As-tu vu les étincelles remplies d'espoir? Tu n'es pas seul
Cause someone's out there, sending out flares
Parce que quelqu'un est là, envoyant des fusées
Someone's out there, sending out flares
Quelqu'un est là, envoyant des fusées
Bellamy s'arrêta brutalement, démuni par les larmes silencieuse qui ruisselaient sur les joues de la jolie blonde.
Il se releva, l'air gauche, et la tira dans ses bras, lui aussi rendu silencieux par l'émotion qui flottait dans la pièce.
Peut être n'aurait-il pas du écrire cette chanson, en tout cas surtout pas la lui chanter. Il ne voulait pas la voir comme ça. Même s'il savait à quel point Clarke pouvait être brisée, à l'intérieur...
"Je suis désolé" articula-t-il difficilement alors qu'elle se blottissait un peu plus contre sa poitrine.
Ils restèrent une éternité dans les bras l'un de l'autre, et il ne l'autorisa à s'éloigner que lorsqu'il fut convaincu que ses larmes avaient séchées.
"C'est moi qui suis désolée" lui dit-elle finalement, en évitant soigneusement de croiser ses yeux. "Ta chanson est magnifique Bell"
Bell? Depuis quand était-il devenu Bell? se demanda-t-elle, un peu choquée par sa familiarité. Mais s'il en fut surpris, il n'en montra rien.
"Laisse moi la produire. Laisse moi produire ton album" l'implora-t-elle sincèrement.
"Clarke…"
"S'il te plait! Si tu préfères, on va dire que c'est la rémunération de ton travail ok? Tu écris et compose mon album, et moi je te permet d'enregistrer le tien!"
Elle lui envoya un sourire resplendissant de joie, où toute tristesse avait disparut comme par enchantement. Et il n'eut pas le coeur de lui refuser sa demande.
"D'accord."
"D'accord? Super! Alors on a un accord" conclut-elle en lui tendant la main.
Il saisit sa main et leur doigts s'entrelacèrent malgré eux, sans qu'ils ne puissent nier les petits crépitements qui prenaient naissance au fond de leur poitrine.
Clarke rougit sous l'intensité de son regard et relâcha instinctivement sa main. C'était comme une procédure de défense. Je ne suis pas prête...se répéta-t-elle mentalement.
"Je...vais rentrer, je suis crevée" lui dit-elle en se dirigeant vers l'entrée, alors qu'il la suivait sans un mot.
Elle s'arrêta brusquement avant de franchir la porte et à son propre étonnement, elle se mit sur la pointe des pieds et déposa un doux baiser contre sa joue.
"Merci pour cette soirée Bell" chuchota-t-elle d'une voix grave avant de disparaître dans la nuit.
Il pourrait s'habituer à ça, il le savait. A elle, à eux, à leur relation.
Bell...son diminutif flottait dans l'air et résonnait agréablement à ses oreilles.
Oui, il pourrait clairement s'habituer à ça...
Il se réveilla en sursaut à 6h du matin en se frappant le front du plat de la main.
Il n'avait même pas pensé à lui parler de son projet, quel idiot.
C'est dire à quel point elle était capable de le déstabiliser...
Dans l'incapacité de se rendormir, il se doucha, enfila un jean et un t-shirt, puis se décida à prendre la route pour le studio. Il était sur de l'y trouver, sans doute avec Marcus, ce qui était tout aussi bien.
"Attends que je résume la situation. Tu veux créer une sorte de buzz publicitaire sur youtube avant même la sortie du 1er single?" demanda Marcus un peu incrédule.
Bellamy se frotta les mains, un peu mal à l'aise. Peut être que ce n'était pas une si bonne idée que ça?
"Combien? Combien il te faut de chanteur pour ça?" demanda Clarke concentrée.
"A vu d'oeil, 6 ou 7? Peut être 8"
"J'aime bien l'idée" lui dit-elle en souriant. "J'ai quelques contacts, ça peut être sympa non? Marcus?"
"C'est un peu se disperser mais en même un buzz est toujours bon à prendre… Tu peux préparer ça pour quand?"
"La chanson est déjà prête" leur avoua-t-il avec un petit sourire en coin.
"ça t'arrive de dormir Bell?" demanda Clarke avec un petit rire cristallin qu'il sentit vibrer au fin fond de sa poitrine.
"Ne t'en fais pas pour ça Princesse" lui répondit-il avec un petit sourire narquois.
"Je suis partante à une seule condition."
"Laquelle?" se méfia-t-il en fronçant les sourcils.
"Je veux que tu fasses parti des chanteurs" lui dit-elle en lui tirant la langue d'un air espiègle.
Il roula des yeux. "J'en aurais mis ma main à couper. C'est ok, je m'y étais préparé…"
10 jours plus tard, Clarke avait réuni les artistes volontaires dans une ambiance de colonie de vacances plus qu'agréable. Ils avaient même songé à une petite mise en scène sympa, et les accords étaient bien plus optimistes que les chansons précédentes.
Niveau stress, ça ne pouvait être plus différent de sa dernière prestation à la télé.
Bellamy s'installa au piano pendant que tout le monde prenait place sur scène.
[Boyce avenue & Friends - One Life] (1)
You lie awake while the world's asleep
You made mistakes and you're in too deep
But now is the time
Tu es allongé éveillé pendant que le monde dort
Tu as fait des erreurs et tu t'es trop enfoncé
Mais maintenant c'est le moment
Alarm goes off but you feel too weak
Your soul's too heavy for your fear
But now is the time
L'alarme se déclenche mais tu te sens trop faible
Ton âme est trop lourde pour tes pieds
Mais maintenant il est temps
Open your eyes
And know you're free to come alive
You've got to live it while you can
We only get one life
Ouvre tes yeux
Et sache que tu es libre de vivre
Tu dois vivre cela tant que tu le peux
Nous n'avons qu'une seule vie
Look to the sky
Don't ever let it pass you by
You've got to live it while you can
We only get one life
Regarde le ciel
Ne le laisse jamais t'ignorer
Tu dois vivre cela tant que tu le peux
Nous n'avons qu'une seule vie
You lost your faith and a life that's cursed
You've cried so hard inside it hurts
But now's the time
Tu as perdu ta foi et ta vie est maudite
Tu as pleuré si fort, à l'intérieur ça fait mal
Mais maintenant c'est le moment
Outside the sun is coming up
Inside you think you've given up
But now's the time
A l'extérieur le soleil se lève
A l'intérieur tu penses que tu as abandonné
Mais maintenant c'est le moment
Open your eyes
And know you're free to come alive
You've got to live it while you can
We only get one life
Ouvre tes yeux
Et sache que tu es libre de vivre
Tu dois vivre cela tant que tu le peux
Nous n'avons qu'une seule vie
Look to the sky
Don't ever let it pass you by
You've got to live it while you can
We only get one life
One life
Regarde le ciel
Ne le laisse jamais t'ignorer
Tu dois vivre cela tant que tu le peux
Nous n'avons qu'une seule vie
It's time to stay up and fight
It's time for making it right
We only get one life
One life
One life
Il est temps de rester debout et de se battre
Il est temps de faire ça bien
Nous n'avons qu'une seule vie
Une vie
Une vie
And when it feels like a lie
I'll be your reason to try
We only get one life
Et quand ça ressemble à un mensonge
Je serai ta raison d'essayer
Nous n'avons qu'une seule vie
Ils avaient bouclé la chanson sur la journée, et tout le monde semblait très satisfait du résultat.
Bellamy ne put réprimer une bouffée de fierté envahir peu à peu sa poitrine.
Sans s'en rendre vraiment compte, il venait de poser un pied dans le show bizz, sans savoir si c'était une bonne, ou une mauvaise chose.
Le buzz entrainé par la chanson prit peu à peu de l'ampleur, tant que ce n'était plus inhabituel qu'on l'accoste dans la rue.
Les semaines se suivirent et voir Clarke au studio, ou même chez lui devenait une routine dont il avait du mal à se passer. Il avait apprit à la connaître, et à l'apprécier pour ce qu'elle était réellement: une fille un peu perdue, avec un grand coeur.
Il avait écrit la totalité des chansons de l'album, et devait tenter la dernière ce soir à son appartement avec elle.
Le jeune homme savait que lorsqu'elle bossait au studio, la jeune fille n'avalait quasiment rien, alors il lui avait concocté un repas dont il n'était pas peu fier: des pâtes au saumon et à l'aneth.
Il lui ouvrit avec un grand sourire, mais fut désappointé par le sien.
C'était incroyable comme elle savait donner le change. Faire semblant comme elle disait. Mais il n'était pas dupe. Pas après des jours, des semaines, des mois à la côtoyer.
Il était convaincu que quelque chose clochait.
Elle dévora son repas en le complimentant, donc ça n'était pas si grave que ça. Pourtant elle était...distante. Bien trop à son goût.
Il laissa les choses se dérouler sans la questionner de la soirée. Ils répétèrent plusieurs heures d'affilée où il profita juste de sa présence…
"Tu as du mal à garder les yeux ouverts Princesse. Tu devrais rentrer dormir" lui dit-il un peu à regret.
"Mmmhh…" lui répondit-elle sans chercher à se lever.
"Qu'est ce qui te préoccupe Clarke?" finit-il par lui demander, à bout de patience.
Elle cligna des yeux et le fixa un moment, se demandant clairement quoi lui répondre.
"Mon agent veut que je parte en tournée" lui avoua-t-elle en chuchotant.
A court de mot, il la dévisagea à son tour en silence.
"Je ne comprends pas. L'album est loin d'être sorti" lui répondit-il d'une voix plus aiguë qu'à son habitude.
"Disons que c'est une sorte d'étude de terrain" grimaça-t-elle. "Je finirais d'enregistrer pendant les pauses de la tournée et l'album sortira au beau milieu de cette tournée."
"Mais...tu peux refuser, non?" demanda-t-il avec appréhension.
"Bien sur que je peux refuser" lui dit-elle en liant leurs regards. "Mais je ne le ferais pas Bellamy." murmura-t-elle en mordillant la lèvre.
"Pourquoi?"
"Parce que c'est mieux comme ça"
"Clarke…" l'implora-t-il en faisant un pas vers elle.
"Non!" le stoppa-t-elle en faisant un pas en arrière. "Laisse moi finir ce que j'ai à te dire. S'il te plait."
Cette fois c'était à son tour de l'implorer. C'était une conversation tellement difficile pour elle. Parce qu'elle n'avait qu'une envie. Le laisser s'approcher d'elle. Se laisser aller, s'abandonner. Mais ce qu'elle savait par dessus tout, c'est que ce n'était pas judicieux. Ni pour elle, ni pour lui.
"Ma vie est un bordel sans nom. Je vais mieux c'est vrai, mais je sais que pour avancer, je dois me concentrer sur moi. Je dois remettre de l'ordre dans ma vie, et il faut que ça vienne de moi Bell. Il faut que je fasse ça seule."
"Et pour ça il faut que tu fuis à l'autre bout du pays?" lui demanda-t-il, blessé.
Elle secoua la tête. "Je ne suis pas prête" lâcha-t-elle tout bas. "Je ne sais pas où j'en serais dans un an, mais tant que ma vie ne sera pas à nouveau sur les bons rails, je ne serais pas prête pour nous." lui avoua-t-elle en caressant sa joue. "Pardonne moi…"
"Je n'ai rien à te pardonner Clarke. C'est ta vie" lui déclara-t-il froidement. "Quand?" ajouta-t-il sans la regarder.
"Dans 5 jours"
Il lui en voulait. Elle savait que ce serait le cas. Ce qu'elle avait moins intuité, c'était la douleur que ça lui ferait ressentir…
Elle rentra chez elle ce soir là, avec un immense poids sur le coeur, qui ne s'estompa pas les jours suivants, quand elle n'eut aucune nouvelle de Bellamy.
Elle partait dans 2 jours, et elle mourrait d'envie de le revoir. Pourtant, elle ne pouvait aller contre sa volonté…
Bellamy savait qu'elle partait. 2 jours. Si court et si long à la fois. Il rentrait chez lui après 10 kms de marche à pied. 10 kms sensés lui alléger l'esprit. Sensé la sortir de son esprit… en vain…
Il prit sa douche avant de regarder l'heure. 18h. Elle partait dans 2 jours.
Et il le regretterait toute sa vie s'il la laissait partir sans la revoir.
Il sauta dans ses vêtements et prit sa voiture pour se diriger d'un pas décidé vers son appartement.
Au vu de sa réaction, elle ne s'attendait clairement pas à le voir débarquer chez elle.
Les cheveux remontés en une queue de cheval haute, un pantalon de survet' et un t-shirt ajusté et suffisamment court pour laisser apparaître autour de sa taille sa peau laiteuse, lui firent monter d'un cran la chaleur de cette fin de printemps.
Ils se toisèrent un moment sans qu'aucun des 2 n'ose ouvrir la bouche, avant qu'il ne prenne le courage de rompre le silence.
"Je comprends pourquoi tu pars" lui dit-il d'une voix rauque.
Elle le fixa un moment d'un air impénétrable avant de s'avancer vers lui sans une once d'hésitation, sans le lâcher des yeux, puis posa ses lèvres contre les siennes.
C'était sa seule façon de lui montrer à quel point elle tenait à lui. Elle n'était pas sure qu'il comprenne ses motivations. Pas sur qu'il sache qu'elle ne fuyait pas…Mais ça, il comprendrait...
Il passa ses mains autour de la taille de la jeune fille et la souleva de terre en un mouvement, avant de la plaquer contre le mur, les faisant gémir à l'unisson.
Ils ne pouvaient ôter leurs mains l'un de l'autre, c'était passionnel, viscéral, c'était un au revoir, ou un adieu, aucun des 2 ne le savait réellement.
Quant elle se réveilla au petit matin dans son grand lit vide, elle avait froid. Froid à l'intérieur. Elle se leva, enfila un large t-shirt et se dirigea vers le salon.
Le jeune homme était posté contre la fenêtre, torse nu, les yeux dans le vague.
Elle aimait le regarder, l'admirer, et pas seulement quand il jouait ou chantait.
Il se tourna vers elle un sourire aux lèvres et lui tendit les bras, où elle se réfugia sans opposer de résistance.
Ils restèrent ainsi une éternité, perdu dans l'aube d'un jour nouveau, une nouvelle vie pour tous les 2.
Elle partait demain. Elle avait encore du mal à le croire. Pour 1 an, une éternité.
Ils prirent le petit déjeuner en silence, un peu pesant cette fois, avant qu'il ne se décide à quitter l'appartement.
Bellamy se passa la main dans les cheveux.
"Qu'est ce qu'on est sensé dire dans ces cas là?" lui demanda-t-il avant de sortir, avec un petit rire nerveux.
"Je n'en sais strictement rien" lui répondit-elle nerveusement.
Il soupira et la prit une dernière fois dans ses bras, déposant de petits baisers sur ses boucles blondes.
"Tu vas me manquer" lui avoua-t-il en la serrant un peu plus fort.
"Toi aussi…" soupira-t-elle "Je suis désolée...pour tout...pour le mauvais timing...pour le fait de partir…"
"Je ne pense pas que le timing était mauvais. Si on ne s'était pas rencontré à ce moment là…". Il stoppa net et se renfrogna, plongé dans les souvenirs douloureux de sa tentative de suicide.
"Oui tu as raison" lui dit-elle en cherchant à nouveau ses yeux. "Bell. Je ne peux pas te demander de m'attendre. Parce que je ne sais absolument pas ce que l'avenir va faire de moi mais...j'espère qu'on se reverra un jour…(2)" conclut-elle en scellant cette pseudo promesse en un baiser.
"J'espère qu'on se reverra un jour" chuchota-t-il lorsque la porte se referma, caressant doucement les lèvres qu'elle venait de frôler...
Voilà pour le dernier chapitre de cette fiction. J'espère qu'elle vous a plut!
J'attends vos avis, et dites moi aussi si je dois écrire l'epilogue ;)
(1): à la base cette chanson n'était pas prévu, mais je suis tombée dessus par hasard, et j'ai trouvé l'idée de Boyce avenue de réunir les chanteurs de youtube sur sa chanson super sympa :p
(2): je trouve le "puissions nous nous revoir un jour" difficile à placer dans une fic moderne, du coup je l'ai un peu transformé ;)
Bisous à tous!
