Chapitre 3 : Plan B
C'est la pagaille générale à Arkham !
La fuite du Joker est sur toutes les bouches.
"Désolée, la psy ! ton patient s'est fait la malle tout à l'heure !"
Le regard adressé par le gardien tout à l'heure... le gardien, c'était lui !
Au rez-de-chaussée se joue un drame : le Joker tient la cantinière en otage et avise la sortie.
Il réclame un véhicule.
"Laissez-nous le temps de nous en occuper..."
"Votre parking est plein... à craquer de véhicules ! filez-moi... la clé d'un d'entre eux !" annonce, menaçant et lucide, le Joker.
Les employés se regardent.
Arrive le directeur.
"File-moi ta caisse, le dirlo !" en le menaçant directement de son arme.
"Je n'ai pas les clefs sur moi. Je remonte dans le bureau vous les chercher, si vous le..."
"Reste bien sagement ici, toi. Trouvez-moi les clés d'un véhicule !"
"Je... voilà." répond un employé.
"Vas me chercher ta caisse et rendez-vous devant l'entrée. QU'EST-CE QUE VOUS FOUTEZ, ARKHAM ?"
Aïe ! il l'a vu !
L'alarme générale se déclenche.
Le Joker relâche brusquement l'otage et tire à bout portant sur le directeur qui s'effondre.
Le Joker est en cellule d'isolement. Entièrement pris dans une camisole.
Pris par l'arrivée des flics sur place.
Bon. Voyons le positif... il a passé un moment plaisant !...
Le voilà reparti pour quelques semaines de bonne conduite histoire d'endormir la vigilance...
Il s'interroge déjà quant à la relève de feu Mr Arkham.
La camisole lui colle à la peau. Ils veulent faire un exemple.
On l'installe sur la chaise puis on attache ses jambes.
REC.
"Parlons un peu de votre tentative d'évasion." entame la psy.
"Oh, je peux... vous la résumer en un... mot, si vous voulez."
"Je vous écoute."
"Palpitante."
"Dr Alan Moore. Je remplace le Dr Arkham que vous avez abattu la semaine dernière. Et je préconise... quelques séances d'électrochocs pour vous remettre le cerveau à l'endroit."
"Vous en avez... parlé à ma psy avant, Dr Moore ?"
"C'est moi votre psy maintenant."
Ouh ! un dur à cuire !... voilà qui devient intéressant ! mais tellement chagrinant pour ce qui concerne la psy... il aimait s'amuser avec elle. Elle lui apportait pour ainsi dire un divertissement.
Le Joker hurle lorsque le courant lui traverse le cerveau mais termine toujours par un rire strident, corps tendu d'un seul et même tenant.
"Ca suffira pour aujourd'hui. Son rire m'exaspère." soupire le Dr Moore.
On le mène, groggy, à sa cellule, toujours pris dans une camisole.
Son rire décline à la nuit tombée.
Sûr que si Alan Moore lui passe entre les mains, ce n'est pas une balle qui terminera le travail.
C'est une Harleen Quinzel folle de rage qui débarque ce matin à Arkham après avoir reçu une lettre la dépossédant de son poste auprès du Joker.
Elle est reçue par le nouveau directeur. Ce dernier demeure inflexible quant à sa décision.
Après cette entrevue, Moore se retrouve devant la cellule du Joker : "Hmm... une véritable petite furie... je comprends pourquoi elle vous plaisait tant."
"Tu peux me tutoyer, Moore... à présent que nous sommes... devenus intimes." ironise la voix aiguë du Joker en rapport avec les petites séances illégales d'électrochocs imposées par le nouveau décisionnaire.
"J'ai quelque chose à vous montrer."
Le directeur lui présente la tenue complète que le Joker portait lorsqu'il était libre d'errer à Gotham : pardessus violet, sous-veste bleue, gilet vert, chemise à motif hexagonal, cravate, pantalon. Le tout sur un cintre.
"Oh, ça m'évoque... vaguement... quelque chose."
"Profitez-en. Bientôt tout cela ne sera plus qu'un souvenir." en faisant asperger la tenue d'essence.
"Je vous ai... déjà dit qu'on pouvait se tutoyer, doc."
"Je n'ai que faire de votre familiarité absurde." en actionnant un briquet "... je vous demande de porter votre attention à ceci." en allumant les vêtements.
Le Joker regarde sa tenue partir en fumée...
Le geste est une provocation sans pareille.
"Le feu de joie... est terminé ?" grince-t-il sans pourtant ne laisser paraître qu'une légère contrariété.
"Préparez-vous pour une nouvelle séance d'électrochocs."
"Oh, ça a failli... me manquer !..." en souriant de toutes ses dents.
"Dr Quinzel ? je pensais avoir été pourtant clair la dernière fois."
Elle lui tend une lettre.
"Vous n'avez pas le droit de priver le Joker de séances de thérapie."
"Mrs Quinzel, vous savez comme moi que le Joker n'est pas rachetable, n'est-ce pas ?"
"Rachetable ou non, le Joker est un patient comme les autres. Vous devez laisser un psy s'occuper de ses séances !"
Le directeur soupire.
"Il vous plaît donc tant que ça ?"
"Pardon ?"
"Je vous demande s'il vous plaît. A la façon dont vous le défendez bec et ongles, ça ne fait aucun doute possible. Bien. Je vais en référer. Les relations psy/patient sont strictement interdites. Je crains fort de porter atteinte à votre carrière. Quel dommage..."
"Vous n'avez aucune preuve !"
"Je trouverai bien. Les preuves... il suffit de les fabriquer. Et avec un dingue comme le Joker, c'est chose aisée."
"Dr Moore, tout ceci est déloyal !"
"Et que voulez-vous faire ? m'attaquer en justice ? c'est votre parole contre la mienne."
Une fois de retour dans son appartement, elle envoie valser le vase parterre.
Respirant violemment, elle serre les poings jusqu'à s'en couper le sang.
"Quel petit cafard !" s'adressant au Dr Moore.
Légalement, le Dr Quinzel tente de tout faire pour que le Joker bénéficie de ses droits en tant que patient.
Son agitation attire l'attention du milliardaire Bruce Wayne.
Le prince de Gotham reçoit la psy dans son bureau.
"J'ai eu vent de vos actions concernant le Joker."
"Oh merci ! j'ai été entendue !..."
"Je doute fort qu'on puisse remettre un homme tel que le Joker sur la voie. Mais je pense qu'il a des droits comme tout le monde. Aussi, je vais faire pression sur la direction d'Arkham pour qu'on vous laisse poursuivre vos séances."
Ouiiii ! pour peu, elle sauterait au cou du milliardaire !... il s'en est fallu de peu ^^
C'est avec le total désaccord du Dr Moore que les séances reprennent.
Le Joker est le premier à s'en étonner.
"Comment avez-vous... fait ?"
"Oh, je suis allée voir qui de droit..."
"Vous êtes allée voir... ? non... non... pas lui !... pas Bruce Wayne !" avant de partir dans un rire de force décuplée. "Oh, si je n'avais pas cette... foutue camisole... je me tiendrai les... côtes !" en repartant de plus belle.
La psy lève un sourcil à son tour.
