Helli Hello, voici le nouveau chap!!
Comme d'hab merci à toutes les revieweuses, et un coucou tout particulier aux anon, à qui je ne peux pas repondre personnellement...Dommage!
3. A day in the life
"Draco"
Pour une fois, aujourd'hui, j'ai rencontré Julia dans des circonstances à peu près normales. Il fait jour, c'est le premier week-end de l'année scolaire, le ciel est couvert mais il n'y a aucun orage, et elle est assise sur un des bancs du parc, un bouquin à la main. J'ai hésité avant de m'approcher d'elle. Julia a beau être incroyablement belle et intelligente, elle a surtout l'air d'être une folle dangereuse. Je tiens quand même à rappeler qu'il y a quelques jours, elle a sauté d'une tour simplement pour me prouver que je saurai la remonter...
Ca peut paraître bizarre, c'est vrai, mais d'un côté, j'ai apprécié son geste. Sur le moment, je l'ai juste prise pour une tarée dont je devais rester le plus loin possible et qui risquait de me faire des problèmes à force de jouer les casse-cou. Mais avec un peu de recul, et surtout les heures de repos qui m'a fallut après cette montée d'adrénaline, j'ai réalisé qu'elle avait réellement confiance en moi, pour oser faire ce genre de folie. Et que donc, pour elle, je suis une image masculine rassurante. Ho, ça ne doit pas être la seule à penser ça dans Poudlard, mais elle a eu le culot de le prouver.
Salut...
Elle lève le nez de son livre. Je jette un rapide coup d'oeil à la couverture, sachant que dans une seconde, je serai complètement hypnotisé par ses yeux bleus. C'est une sorte de roman sorcier à l'eau de rose, tout droit sorti de l'imagination d'une quincagénaires aux pouvoirs défaillants, vieille fille entourée de dix chats. Je n'aime pas les romans pour filles. En fait, je ne suis pas un grand lecteur, je n'ai pas de temps à perdre avec ça.
Tu oses encore me parler?
Mon regard glisse de son livre à son chemisier, puis à son adorable visage. Sa peau de pèche, d'un blanc si pur, fait magnifiquement ressortir le rose poudré de ses pomettes hautes, et le rose bonbon de sa bouche en bouton de rose. Ses grands yeux bleus, entourés d'épais cils bruns, m'observent avec amusement. Ce léger sourire qui trône sur ses lèvres, les boucles aériennes de ses cheveux d'or, la façon dont sa veste tombe si bien sur ses épaules frêles...Tout me fascine, et pourtant, il faut que je reste impassible.
Il en faut plus pour m'impressioner, fillette...Elle éclate de rire.
Ne m'appelle pas "fillette", et fais attention, je pourrais te prendre au mot...
La prochaine fois que tu fais ça, tu es bonne pour une semaine de colle...
Vous ne m'y reprendrez plus, Monsieur le Préfet.
Je souris à mon tour, un peu jaune tout de même. Qui sait ce qu'elle serait capable de faire si je l'en mettait au défi? Se noyer dans le lac? Monter un centaure? Passer la nuit dans la forêt interdite? Cette Julia est si audacieuse et surprenante que rien ne pourrait plus m'étonner de sa part. A part peut-être un comportement normal, comme elle en a un tout de suite.
Encore une fois, tu es toute seule...Elle fronce les sourcils.
Je te renvois ton commentaire dépourvu de tact. Je ricane.
Pansy m'attend dans ma salle commune.
De même que mes amis. Me renvoi-t-elle d'un ton cinglant.
Qu'on le sache. Je suis Draco Malefoy. Descendant d'une lignée de sang pur et noble. Ma famille, et donc moi par héritage, a été habituée à être respectée dans le monde sorcier. Cela implique le respect entre nous, mais aussi le respect des autres familles envers la notre. Autant dire que je n'ai pas l'habitude qu'on me réponde sur son ton, et que je ne compte pas en prendre l'habitude. Même de la part d'une fille aussi belle, et aussi intelligente.
Les gens ne me parlent pas comme ça, en général. Au lieu de la faire s'excuser, ou plus probablement s'énerver, Julia rit doucement.
Encore quelque chose qu'il te manque. J'hausse un sourcil. L'humilité.
Qu'on le sache, Julia Benett est divine. Un physique parfait, digne de la sorcière la plus pure et la plus respectable, digne d'une femme Malfoy. Elle a une instruction mise à profit, et c'est sûrement pourquoi le choixpeau l'a envoyée à Serdaigle plutôt qu'à Gryffondor. Son intelligence est vive, elle est pleine de franchise et de dignité, de classe et d'attention. Mais elle reste une gamine de quatorze ans un peu trop hautaine, et moi un Malfoy. Je ne tient pas à en venir aux mots blessants, et avant d'y être, je préfère m'en aller. Je me lève sans plus la regarder, car ça risquerait de me faire flancher, et je repars vers le chateau.
Draco!
Elle ne cri pas vraiment, elle m'appelle simplement. Par mon prénom. La seule personne autorisée à le faire, en dehors de ma famille, est Blaise. Tout simplement parce que, même si je ne le lui dirai sûrement jamais, Blaise est devenu un frère pour moi, tout au long de ces années. Je me retourne pourtant. Elle est toujours assise sur le banc, ses jambes recouvertes de ses bas de coton blanc croisées, son livre ouvert serré contre sa poitrine, le buste penché en avant, et la mine plus suppliante que la voix, masquée de quelques mèches blondes.
Je ne vais pas vers elle. Je ne peux pas faire marche arrière, ça serait trop humiliant. En revanche, je m'arrête. La veste ouverte sur ma chemise blanche, volant au rythme du vent, les mains enfoncées dans les poches. J'imagine que mon visage est fermé, bien concentré sur la vue qui m'est offerte. On s'observe en chiens de faïence pendant quelques secondes. Ses traits sont insondables, mais un déclic a lieu, puisqu'elle se lève. Elle range calmement son livre dans son sac, le prend au bout du bras, et marche vers moi de sa démarche souple et gracieuse.
Je suis capable de faire des sacrifices. Me murmure-t-elle une fois arrivée près de moi. Je sais que par là, elle veut dire sacrifier sa fierté en marchant jusqu'à moi.
Tant mieux pour nous, parce que je n'en ferai pas...
Normalement, ce genre de réplique tend à une nouvelle dispute, ou au moins à une réflexion froide. Mais comme toujours, Julia a une réaction totalement différente de celle qu'aurait eu n'importe quelle fille. Elle s'exclame qu'elle n'en doute pas, et rit comme si je venais de lui raconter une bonne blague. Je ne fais rien d'autre que froncer les sourcils devant son incompréhensible comportement. Elle me prend par le bras. Même à travers le tissus épais de ma veste olive, je sens la chaleur de sa minuscule main qui attrape le creux de mon coude. Je tressaille sous cette sensation à laquelle je ne suis pas vraiment habitué, mais elle n'a pas l'air de le remarquer. Je ne sais pas pourquoi mon corps a des réactions si étranges en présence de Julia. Elle est loin d'être la première fille à poser la main sur moi, et pourtant, je ressens des choses que je n'avais jamais ressenti auparavant.
Est-ce que tu penses que l'amitié inter-maisons est possible? Je fais la moue.
Je me vois mal devenir ami avec le petit pote Potter, si c'est ce que tu veux dire...Elle grogne doucement.
Je parlais plutôt de nous, en fait.
Je me tourne vers elle, surpris. Sans que je m'en sois aperçu, elle m'avait entrainé sur les rives du lac. Son visage est serain, détendu, attendant sagement une réponse de ma part. En général, je n'adresse pas la parole aux élèves d'autres maisons, si ce n'est pas pour leur donner des retenues ou me moquer d'eux. Je sais que Julia est une Serdaigle, bien sur, mais je crois que jusqu'à maintenant, je ne la voyais même pas comme une élève de Poudlard. Quand je suis avec elle, j'ai simplement l'impression d'être en compagnie d'une fille dangereuse et fascinante. Comme si j'oubliais qu'elle était en fait une rivale, une Serdaigle.
Je n'ai pas besoin d'amis, j'en ai tout une bande de ma maison, déjà...Elle baisse les yeux mais sourit.
Le genre d'amis pour lesquels tu dois parader comme un coq et être quelqu'un que tu n'es pas...En effet, pourquoi désirer une autre amitié quand on a déjà celle-là? Je soupire mais préfère ne pas relever son attaque.
Et toi, tu n'as pas l'air d'être en mal d'amis...
Non, c'est vrai. J'ai Lizzy, Rita et Bob, bien sûr...
Bob Johnson? Elle acquiesce sans me regarder.
Ce Bob est un Serdaigle de son année. Un grand brun aux yeux verts, le genre qui met les filles plus vieilles à ses pieds. En réalité, ça fait des années qu'il passe son temps à consoler les filles auxquelles j'ai brisé le coeur. Pauvre type. Je me demande si Julia est déjà sortie avec lui, mais je ne crois pas. Elle ne l'a mentionné que pour observer ma réaction. Je m'en fiche. Du moins c'est ce que je lui montre.
Mais tu sais, Reprend-elle, ce n'est pas parce qu'on a déjà des amis qu'on ne peut pas en rencontrer d'autres...
Je ne lui réponds pas. Je n'ai pas envie de la repousser, mais je ne veux pas non plus qu'elle s'imagine être mon amie. Curieusement, j'ai autant envie de me tenir loin d'elle que de l'avoir à mes côtés. Cette fille est belle, intéressante, intelligente...Et à moitié folle. Encore qu'aujourd'hui, elle m'a l'air plutôt raisonnable. Elle m'invite à m'allonger près d'elle. Nous sommes au bord de l'eau. Il n'y a qu'un léger remous à la surface, à cause du vent glacé. Je me sers de mon sac comme d'un oreiller, et elle m'imite. Elle repli ses genoux, et sa jupe plissée tombe sur ses hanches, laissant apparaitre la limite de ses bas blancs. Je ferme les yeux, tendu. D'habitude, je ne me serais pas gêné pour si peu, mais Julia est différente, et j'ai l'impression de lui manquer de respect en l'observant un peu trop.
Il va pleuvoir...Je ris doucement. Quand j'ouvre mes yeux pour lui répondre, elle a l'air de dormir. Je sais qu'elle ne dort pas, mais elle cette tranquilité morbide qui me fait la comparer aux statues de marbre qui borde l'allée de la roseraie, au manoir.
Tu es devin? Elle rit à son tour.
L'air est humide et froid. Ses paupières papillonent. Les nuages sont épais...
Dans ce cas on ferait mieux de rentrer...Elle bat ma phrase d'un geste souple de la main.
Pas tout de suite...
Je préfère ne pas protester. Si telle est la volonté de ma dame...D'habitude, lorsque je suis seul et que je ferme les yeux, que ce soit dans mon dortoir ou au manoir, c'est pour imaginer des situations plus glorifiantes les unes que les autres, où j'écrase Potter dans un duel réel, et occasionnellement, où je prends le pouvoir face au Seigneur des Tenèbres. Mais là, tout de suite, je ne peux penser à rien. Je n'arrive pas à faire le vide dans ma tête, à imaginer ces scènes, à m'évader de ce parc. Je sens Julia à côté de moi, je sens la chaleur qui émane de son corps, je sens le champ magnétique qui l'entoure et qui m'attire irresistiblement vers elle. Si je m'écoutais, je ne resterais pas sagement allongé là, à écouter le vent siffler dans l'herbe verte...
Quelques minutes plus tard, dans un silence toujours aussi parfait, une goutte d'eau tombe du ciel. Une perle glacée, allourdie par le voyage qui sépare la terre des nuages, s'écrase mollement sur ma joue gauche. Je sursaute, mais n'ouvre pas les yeux immédiatement. J'ai finalement réussi à reposer mon esprit, à tel point que je m'en suis presque endormi. Je sens l'eau froide glisser contre ma peau, couler jusqu'au creux de mon oreille, laissant son empreinte moite sur mon visage. Je suis obligé de me mettre assis et de secouer la tête comme un cabot pour soulager mon oreille endolorie. A côté de moi, Julia n'a pas bougé.
Les gouttes se font de plus en plus lourdes, de plus en plus fréquentes. Les bas de ma compagne, son chemisier, ses cheveux, et même le rectangle de peau blanche et lisse que sa jupe laisse entrevoir se mouillent rapidement. Je crois bien qu'elle dort. Ma première idée est de me lever et de la laisser sous la pluie. C'est en fait ce que j'aurais fait à n'importe qui d'autre. Mais évidemment, je n'ai pas la force d'abandonner ce petit corps à la pluie, au monstre du lac, et à tous les vilains rhumes qu'elle pourrait attraper. J'en deviens pathétique.
Julia?
Je passe ma main dans ses cheveux. Je ne peux pas résister à la tentation. Il faut que je l'appelle une seconde fois pour que ses paupières daignent enfin s'ouvrir. Immédiatement, je retire ma main de la toison d'or trempée. Elle me toise un instant. Je n'avais pas réalisé que mon visage était si près du mien. D'ici, je peux non seulement me délecter de ses traits magnifiques, mais aussi détailler chaque pore de sa peau, chaque muscle de son visage...Il ne m'est donc pas difficile de voir sa machoire se contracter. Pourtant, je n'ai pas envie de bouger. Je suis bien, à quelques centimètres seulement de ses lèvres pleines et roses, de son nez droit et fin, de ses yeux d'un bleu hypnotisant, de ses cheveux somptueux...Je suis si bien que je n'ai même pas envie de l'embrasser. Avec toutes mes imperfections humaines, je ne ferais que gâcher un tableau parfait.
Je crois qu'on devrait rentrer, maintenant...
Je suis réellement hypnotisé. Cette fille n'a rien d'une vélane, elle ne met pas tous les garçons à ses pieds, n'est pas prétentieuse...Mais alors pourquoi son charme agit sur moi de cette manière? Ses lèvres ourlées s'ouvrent et se ferment au rythme de sa voix douce et mélodieuse. Je ne peux rien faire d'autre que les observer, et humer son haleine pour la première fois. Elle est si douce que ça m'en fait fermer les paupières, un peu trop pour que ce soit un simple clignement. Elle a un parfum particulier, doux et étrangement fruité. Elle semble remarquer mon étrange réaction car elle sourit une nouvelle fois, une moue désolée sur son visage d'ange.
Je suis diabétique. Je m'éloigne très légèrement, la laissant se mettre assise. Les diabétiques ont l'haleine sucrée, et surtout fruitée, c'est très connu. Donne moi ta main...
En quel honneur?
Je t'en pris...J'ai l'impression qu'elle ne me prit pas de lui donner ma main, mais plutôt d'arrêter de râler. Je lui tend la gauche, et elle la retourne, paume vers le ciel.
Le visage concentré, sans sourire, les sourcils légèrement froncés et le front plissé sous la réflexion, elle observe ma peau. De son index, elle trace des demi-cercles imaginaires, partant de mon poignet jusqu'au bout de mes doigts, ou bien contournant les différents reliefs de ma paume. C'est incroyable le nombre de sensations qu'un si petit index peut me procurer. Partout où son doigt est passé, je sens la peau me brûler, mon pouls s'accelerer, au creux de mon poignet, et des centaines de petites fourmis qui parcourent mes chairs, mes veines, mon esprit...
Et bien dis donc, tu en as une belle et longue vie. Un long fleuve tranquille...Je souris, et elle lève les yeux, pour les planter dans les miens.
Tu lis les lignes de la main? Elle hausse les épaules nonchalamment.
Disons que j'aime le cours de Divination. En me regardant, elle retrace une ligne précise. Durée de vie assez longue, sans grave problème de santé. De son majeur, elle prend le départ de la ligne voisine, sans quitter la première. Pas mal de chance, dès le début de la vie. Les doigts se joignent pour caresser une troisième ligne. Amoures Tumultueuses. Elle touche une sorte de bosse, sur le haut de la main. Un intelligence certaine, un peu obtue peut-être...Elle sourit et effleure un autre relief, dessinant de petits cercles dessus, avec son majeur. Une sexualité libertine, et durement satisfaite. Je me mets à rire.
Merci pour les infos, fillette, mais tu es un peu jeune pour connaitre le reste, non? Elle rit à son tour.
Qui sait?
"Julia"
Comme je l'ai souvent fait depuis notre rencontre, j'évite soigneusement de répondre à sa question. Je suis plutôt satisfaite de ma lecture de la main, Trelawney aurait été fière de moi, j'imagine. Mais malheureusement, ça ne m'a pas appris grand chose sur Draco. Tout ce que j'ai lu, je le savais déjà, que ce soit parce que je l'avais deviné ou à cause des innombrables rumeurs qui courent sur lui à travers Poudlard.
Draco est un garçon bizarre. Parfois, il a l'air tellement supérieur que je m'en sens toute petite, à côté de lui et de son ô combien précieux sang pur. Et d'autre fois, il me fait l'impression d'être un pauvre chaton sans défense plutôt que l'heritier dragon du célèbre clan Malfoy. Tout de suite, par exemple. Je tiens toujous ma main dans la sienne. Je ne peux pas m'empêcher de le fixer dans les yeux: ces deux perles d'un gris froid et calculateur sont les seules fenêtres que j'ai trouvé qui donne vue sur son âme. Il fixe aussi les miens, mais pas de cette façon. Il les observe, comme s'il essayait de déterminer leur forme, leur couleur...
Tout à l'heure, lorsqu'il m'a réveillée, il s'est aussi comporté de manière étrange. Il se tenait si près de mon visage que je n'osais plus respirer, et qu'il m'empêchait de me relever. Pourtant, ça ne l'avait pas gêné, puisqu'il était resté dans cette position encore quelques secondes après que d'un regard, je lui ai fait comprendre à quel point c'était inconfortable pour moi. En fait, j'ai l'impression qu'il a des absences. Des moments où il pense tellement qu'il n'est plus mentalement avec moi.
Julia?!
La voix qui m'appelle est puissante, masculine. Pourtant, dans le ton, elle parait douce et paternelle, comme si mon prénom avait été prononcé avec une attention infini, qu'il ne mérite pas. Sans lacher la main de Draco, qui essaie pourtant de s'en retirer, je tourne la tête. A une dizaine de mètre de nous, un garçon trop grand pour son âge m'observe, les sourcils froncés. Je lui souris, il s'approche.
Robert Johnson a toujours été trop grand pour son âge. Déjà, quand je l'avais rencontré dans le train, avant notre première année, j'avais pensé qu'il était beaucoup plus vieux que moi. Heureusement, le Quidditch lui a batti une carrure d'athlète, qui a supprimé cet air dégingandé qu'il avait à nos premiers mois d'école. Ses cheveux châtains sont légèrement ondulés et caressent à peine son front, ses lobes d'oreilles et sa nuque. Son teint est hâlé, trop ensoleillé pour un anglais de pur souche, et ses yeux verts brillent de mille feux, animés par cette touche de jeunesse que je ne trouve pas dans ceux de Malfoy.
Salut...
Arrivé près de nous, il tend la main à Malfoy pour la serrer. Bien sur, puisqu'il ne fallait pas attendre mieux de la part de Draco, il se contente de le reluquer d'un air hautain. Agacée, j'attrape la main de mon ami, et m'en sers pour me relever de terre. Il me vrille de ses émeraudes incandescentes, me demandant d'un regard si j'ai perdu la tête. C'est bien possible, en effet, mais pas de la manière qu'il insinu.
Bonne soirée, Draco.
A plus, Benett. Je me retourne vers lui une fois que nous avons parcouru quelques mètres, toujours main dans la main. Il m'a appelé par mon nom de famille, ce qu'il ne fait jamais, et a manqué de respect à mon meilleur ami. Sans parler, j'esquisse le mot "Goujat". Il lève simplement les yeux au ciel, avec ce sourire narquois qui le rend si désirable et détestable à la fois. En entrant dans le chateau, je lache la main de Bob.
Pourquoi tu me cherchais? Il sourit.
J'avais envie qu'on passe un peu de temps ensemble, mais je n'avais pas prévu de me faire devancer par un sang pur. Je ris doucement.
Tu es un sang pur, Bob...Il prend une posture solennelle, main droite du côté gauche de son torse musclé, regard planté loin devant.
Pas dans le coeur, Miss Benett. Nous éclatons de rire ensemble. Les Johnson sont une très vieille famille de sang pur, dont plusieurs branches sont devenues moins pures, comme celle de la Gryffondor Angelina Johnson, cousine de Bob à je ne sais quel degré. Lui et ses parents ont pris le parti des impurs, refusant tous le traitements de faveur auxquels ils avaient droit de par leur sang.
Nous arrivons devant notre salle commune, et Bob a la gentillesse de résoudre l'énigme à ma place. Docilement, le portrait nous laisse entrer dans cette pièce que l'on connait si bien. Les large poufs de velours bleu nuit, les rideaux bronzes qui ornent nos immenses fenêtres, la cheminées rassurante, décorée de tous les prix reçus par des Serdaigles, ce dernier siècle. Comme toutes les salles communes du chateau, la notre suinte la prétention, et la guerre contre les autres maisons. Comme si ça avait une importance, à l'époque où on vit.
La salle commune n'est pas vide. Un groupe de première année, assis en rond devant la cheminée, s'interrogent mutuellement sur les principes fondamentaux des sorts et malefices autorisés à la pratique en première année. Encore qui veulent chambouler le système pour apprendre plus, toujours plus. Paisiblement, je vais prendre place sur le divan, à côté de deux têtes brunes que je connais bien.
Salut! Me lancent à l'unisson Lizzy et Rita. Celle-ci bat des cils à l'attention de Bob, qui ne semble pas le remarquer.
Devinez qui était avec Mlle Julia ici présente quand je l'ai trouvée? Lizzy pose un doigt sur son menton, faisant mine de réflechir.
Mmmm...Draco Malfoy? Les beaux yeux verts de Bob s'arrondissent légèrement, surpris qu'elle connaisse la réponse.
Tu veux dire que j'étais le seul à pas savoir que tu flirtais avec cet abruti? Il me lance un regard accusateur, et ça me fait juste sourire.
Je ne flirte pas avec Draco, on discute. Et il n'est pas aussi bête qu'il en a l'air, c'est vrai. Les filles rient sous cape, et Bob lève les yeux au ciel.
Elle flirte avec lui...Soupire-t-il.
Elle flirte avec lui. Affirme Lizzy à son tour.
Tu flirte avec lui. Rita essaie de me convaincre.
Pas du tout. Draco sort avec Pansy Parkinson, et moi, je ne cherche vraiment pas à avoir un petit ami...Lizzy se tourne vers Rita, un air entendu sur son visage clair.
Tu a vu comme elle a craché le nom de Parkinson? Rita hoche la tête, concernée.
Elle flirte avec lui.
C'est qu'il va me rendre jaloux, le blondinet...Je met une tape à l'épaule de Bob, prenant bien soin de ne pas trop le toucher en présence de Rita.
De tout temps, tout le monde a toujours pensé qu'il y avait plus que de l'amitié entre Bob et moi. Et ils ont toujours eu raison, parce qu'"amitié" est un mot bien trop faible pour décrire ce que Bob et moi ressentons l'un pour l'autre. Il est mon frère, et je suis sa soeur. Quand il parait jaloux d'un garçon, ce n'est pas parce qu'il voudrait être à sa place, mais parce qu'il veut me protéger. Et quand je lui interdis de me raconter ses histoires de filles, ce n'est pas parce que ça me rend triste, mais parce que ça me dégoute d'imaginer Bob avec une fille. Il a beau être beau, il n'y a jamais eu aucune attirance physique entre nous, puisqu'on ne prend même pas nos physique en compte. On ressemblerait à Casimodo et Cruella, notre relation serait exactement la même.
Ils rient tous les trois, et je leur jette une poignée de bonbons (trouvés sur la table basse) à la figure. Au lieu de les calmer, je ne fais qu'hatiser leur fou rire idiot. Je ne comprends pas pourquoi ils ne font pas d'efforts. Pourtant, je dis la vérité. Bien sur, ma relation avec Draco n'a rien à voir avec celle entre Bob et moi, même à nos débuts, mais on ne flirte pas! C'est vrai que je me sens attirée par lui, mais jamais il ne me viendrait à l'idée de convoiter le petit prince des serpentards, comme lui ne toucherait pas une impropre serdaigle. C'est juste une amorce d'amitié. Ils le verront bien.
