CHAPITRE QUATRE : REVANCHE AU MAGENMAGOT
Harry avait quitté sa chambre au moment où il avait appris que Dumbledore et le Premier Ministre l'attendaient pour s'entretenir avec lui dans le grand salon. Quand il entra dans la pièce, il fut aussitôt frappé par l'atmosphère pesante qui y régnait. Sans parler du fait que ça lui faisait bizarre de voir les deux hommes dans la même pièce, assis dans des fauteuils face à face, en train de converser tranquillement. Harry ne savait rien du nouveau Ministère, mais de ce qu'il avait lu, Scrimgeour était bien différent de Fudge. Il avait tout de même du mal à imaginer que les deux hommes puissent s'entendre. Et pourtant…
-Ah Mr Potter. Vous êtes là !
C'était donc le Premier Ministre qui lui avait parlé en premier. Dumbledore restait en retrait, un peu renfrogné, l'air déçu. Harry s'avança vers les deux hommes, ne sachant pas vraiment à quoi s'attendre.
-Et bien et bien. Vous nous avez bien compliqué la vie ce soir Mr Potter.
-Ce n'était pas mon intention.
-Peut-être, mais le résultat est le même au final.
-Je n'avais pas vraiment le choix.
-On a toujours le choix Harry !
C'était Dumbledore qui venait de prendre la parole. Le Directeur se leva de son siège, et s'avança vers Harry, en plongeant son regard dans le sien. Est ce qu'il voulait lire dans son esprit pour voir ce qui s'était passé ? Maintenant qu'il avait bu sa potion, il n'y arriverait pas.
-Tu savais que tu devais rester à Privet Drive, poursuivit Dumbledore. Tu m'avais promis que tu ferais des efforts. Tu savais à quel point c'était important et tu as délibérément enfreint les règles.
-J'ai dit que je n'avais pas le choix, répéta Harry en durcissant le ton. Ils ont été odieux, ils ont été insultants, Pétunia a…
Mais Harry ne termina pas sa phrase. La déception qu'il voyait dans les yeux des deux sorciers lui donnait la désagréable impression que véritablement, à leurs yeux, rien ne pouvait justifier ce qui s'était passé ce soir, pas même le comportement le plus abjecte de son oncle et de sa tante. Dumbledore soupira, en secouant la tête.
-Je pense…que nous sommes tous fatigués et un peu perdus face aux événements de ce soir, lança Scrimgeour en relativisant. Visiblement sa colère était passée. Mais Mr Potter, il faut bien que vous compreniez que ce qui s'est passé chez votre oncle et votre tante n'était pas anodin. Protéger notre monde est ce qu'il y a de plus important, cacher notre existence aux moldus est primordial. En tant que sorcier, désormais âgé de 16 ans ou presque, vous devez avoir conscience que vos pouvoirs peuvent avoir un impact néfaste sur des gens dépourvus de ces capacités magiques.
-J'en suis bien conscient, qu'est ce que vous croyez. Mais les Dursley m'ont poussé à bout.
-C'est à vous d'être conscient de vos capacités, et d'agir en conséquence. Vous n'êtes pas le premier sorcier à vivre dans un environnement moldu qui ne lui correspond pas. Pourtant, nous n'avons jamais eu autant de problème auparavant.
-Alors ça, ça m'étonnerait.
-Tu devrais avoir plus de respect pour ce que le Ministre dit Harry, s'exclama Dumbledore.
-Plus de respect pour le Ministre ? C'est vous qui me dites ça Professeur ?
-Tu te trompes d'ennemi. Rufus n'est pas Cornelius. Nous devons faire la part des choses entre l'ancienne politique du Ministère, et la nouvelle. Pour le bien de tous.
-Ecoutez, c'est vrai ce que je vous dis. Je suis bien conscient que me faire sortir de Privet Drive et me garder en sécurité contre Voldemort – Scrimgeour tressaillit mais Harry n'y fit pas attention – qui cherche à tout prix à me tuer va nécessiter un investissement et que la vie de plusieurs sorciers et sorcières sera mise en jeu. Et ce n'est pas ce que je voulais. Mais je n'avais pas le choix.
-Ce sera au Magenmagot d'en décider, trancha Scrimgeour. Tu n'as pas l'air vraiment disposé à vouloir raconter ce qui s'est passé ce soir.
-C'est vous qui n'avez pas l'air d'être disposé à écouter ce que j'ai à vous dire, lança Harry avec amertume.
-Quoi qu'il en soit, poursuivit Scrimgeour, c'est à ton Directeur et à tes Professeurs qu'il incombe de t'enseigner comment canaliser ton énergie et comment correctement utiliser tes pouvoirs. Ce qui s'est passé au 4 Privet Drive ce soir est un fâcheux incident qui aurait pu très mal se terminer. Tes Professeurs seront entendus pour savoir si tu avais déjà montré des signes de fragilité émotionnellement au point de perdre tout contrôle auparavant, et dans quelle mesure.
-Comme vous voulez, souffla Harry, impuissant face à la situation.
-Bien, je pense qu'il est finalement inutile d'en rajouter pour ce soir. Nous nous reparlerons pour préparer l'Audition devant le Magenmagot. Albus, vous avez quelque chose à ajouter ?
-Non, répondit simplement le sorcier.
La porte du Grand Salon s'ouvrit toute seule mais avant qu'Harry ne sorte, il se tourna vers Dumbledore. La phrase qu'il prononça ensuite n'était destiné qu'à lui.
-Je regrette de ne pas être comme vous souhaiteriez que je sois.
Et sans attendre de commentaire, devant le regard empli de tristesse de son Directeur, il disparut pour retourner dans sa chambre.
oOo
Elizabeth venait de terminer le visionnage de la dernière fiche de présentation de l'Ordre quand le carnet se mit à scintiller.
-Une nouvelle fiche ? Timing parfait !
Elle agita sa baguette, nullement surprise de voir apparaître le silhouette de Severus devant elle. Elle le détaille longuement du regard, chaque détail de son visage, de sa tenue…avant d'activer la présentation faire par Albus.
Elle écouta à moitié le début, le regard plongé dans les yeux sombres du Maître des Potions. Mais elle retenait tout, son enfance difficile, sa scolarité à Serpentard, son penchant pour la Magie Noire, ses capacités hors du commun dans de nombreux domaines, son passif comme Mangemort et…
-Quoi !?
Elle agita sa baguette à nouveau, la main légèrement tremblante, et la voix d'Albus s'estompa. Mangemort ? Elle avait bien entendu ? Elle agita de nouveau sa baguette, et la présentation d'Albus recommença en revenant un peu en arrière. Oui, elle avait bien entendu. En entendant le passage, son regard se posa directement sur l'avant bras de Severus mais bien sûr elle ne pouvait rien voir avec le costume qu'il portait. Cela avait dû être difficile pour lui de donner son accord pour qu'Albus parle de cela, mais peut-être que c'était tout simplement un test ? Parler des côtés les plus sombres de certains membres, pour tester la motivation des nouvelles recrues à s'intégrer dans le groupe, et à accepter tout de leurs coéquipiers. C'était légèrement déroutant, même si Albus précisait que Severus n'était resté au service du Mage Noir que peu de temps, avant de changer d'avis, et de consacrer le reste de sa vie à tout faire pour lutter contre son ancien Maître, en jouant les agents doubles. Elizabeth n'était pas vraiment effrayée parce qu'elle venait d'apprendre, mais ce qui l'inquiétait surtout c'était la réaction qu'elle aurait la prochaine fois qu'elle verrait Severus. Elle n'avait pas mal réagi devant Remus, pourtant sa condition de loup-garou elle l'avait apprise juste avant de le rencontrer, mais ce n'était pas pareil. On devenait loup-garou en étant attaqué, en étant victime d'un autre loup-garou. Severus, peu importe les motivations et les excuses qu'il avait à l'époque, avait choisi de rejoindre le camp de Voldemort et de se faire apposer la Marque des Ténèbres sur son bras, de son plein gré.
Elle se rendit finalement compte, qu'elle n'avait pas du tout peur de lui, malgré ce qu'elle avait appris. Au contraire, elle était curieuse. Curieuse d'en apprendre plus sur les Mangemorts, ses ennemis désormais, sur leur façon de vivre, de fonctionner. Curieuse de savoir comment il avait fait pour déjouer leur surveillance jusque là, curieuse de savoir ce qui avait poussé Severus à changer de camp, et à rejoindre l'Ordre. Lui et Dumbledore avaient l'air tellement proches, le Directeur avait une confiance aveugle en lui. Et si c'était lui que Severus dupait depuis toutes ces années, et qu'il était véritablement au service de Vol… ? Elizabeth secoua la tête pour s'enlever cette idée de la tête. Ce n'était pas concevable, pas pour elle. Elle espérait vraiment qu'elle aurait un jour l'occasion d'en parler avec Severus. Le plus difficile étant surtout d'aborder le sujet sans le froisser, et ça ce n'était pas gagné.
oOo
Quand Harry se présenta au Ministère de la Magie deux jours plus tard, c'est à peine s'il reconnu les lieux. Tout était sombre, tout était froid, tous les employés des lieux avaient le teint livide ou bien le visage sérieux. Une quantité astronomique de notes en papiers virevoltaient dans les airs pour se disperser dans les différents étages, bien plus que l'année précédente, comme si chaque employé du Ministère voulait absolument indiquer le caractère urgent d'une requête, ou d'une réponse.
-Par ici Mr Potter, lança le sorcier qui l'escortait.
Oui il se souvenait bien du chemin qu'il fallait prendre pour se rendre au Tribunal. Il ne s'en souvenait que trop bien. Dans le hall, personne ne sembla faire attention à lui, c'était déjà ça de gagné. Il sentit un peu de stress et un peu d'incompréhension en arrivant devant la porte d'entrée. Son escorte le laissa seul là un instant, en attendant qu'il soit appelé à entrer, ce qui arriva quelques minutes plus tard.
Tout le monde se tut quand il entra dans la pièce, le lieu était toujours aussi impressionnant et intimidant. Harry fit quelques pas, voyant un cercle lumineux au sol qu'il n'avait pas remarqué la première fois qu'il était venu. Il s'arrêta au centre, juste à côté de la seule chaise qu'il y avait dans l'endroit. Tout autour de lui, sur plusieurs niveaux, il y avait des dizaines de sorciers et sorcières tournés vers lui. Cette fois là, tout le Magenmagot n'avait pas été convoqué mais il y en avait une bonne partie, sans parler de ses professeurs et de ses proches. D'un coup d'œil rapide il reconnu le chapeau pointu de McGonagall, l'air sinistre de Rogue, le regard désapprobateur de Remus et Mr Weasley, la mine inquiète de Mrs Weasley et…la barbe argentée de Dumbledore. C'était les seules personnes qu'il avait reconnues, mais Harry ne les avait pas regardés, son regard était resté focalisé sur le Président de la séance. Elphias Doge. C'était donc lui le nouveau Président du Magenmagot, qui remplaçait Dumbledore suite à sa démission. Il ne savait pas grand chose de Doge, à part que c'était un membre de l'Ordre et un vieil ami de Dumbledore.
-Mr Potter, commença Doge. J'aimerais pouvoir dire que c'est un plaisir de vous revoir mais au vu des circonstances, vous comprendrez que je m'abstienne de faire un tel commentaire.
Harry ne répondit rien, il était bien trop concentré pour faire en sorte de garder son calme. Il ne savait pas trop ce qu'il risquait, sûrement pas un renvoi de Poudlard comme l'avait dit Peterson mais il n'était pas dans les bonnes grâces du Ministère. Et vu comment s'était passée son entrevue avec Scrimgeour et Dumbledore, il ne fallait pas qu'il fasse de zèle. Devant le silence de Harry, le Président du Magenmagot poursuivit.
-Bien, je ne vais pas y aller par quatre chemin. Vous savez de toute façon pourquoi vous êtes là Mr Potter. Encore. Vous avez fait un usage incontrôlé de magie devant plusieurs moldus, dont un mineur. Vous risquez une forte amende, et avertissement de catégorie 2, et des indemnités à verser aux témoins concernés, votre oncle et votre tante. J'ai devant moi, il tapota un dossier contenant plusieurs feuilles de parchemin devant lui, votre dossier scolaire et également plusieurs témoignages de vos enseignants et de sorciers émérites et expérimentés qui vous entourent depuis plusieurs années.
Harry jeta un rapide coup d'œil au dossier. Bien sûr de là où il était il ne pouvait rien lire, tout ce qu'il voyait, c'était que son dossier scolaire était bien fourni, et que le Ministère n'avait pas chômé pendant deux jours pour interroger McGonagall, Rogue et les autres.
-Maintenant que j'ai récupéré tous ces témoignages et toutes ces précieuses informations sur votre parcours scolaire, j'aimerais avoir votre version des faits Mr Potter. J'aimerais que vous m'expliquiez pourquoi la situation a dégénéré chez votre oncle et votre tante il y a deux jours.
-Je ne peux pas vous expliquer ça, lança calmement Harry.
Il entendit des chuchotements d'indignation dans l'assemblée tout autour de lui, chez les membres du Magenmagot, mais il n'y prêta pas attention.
-Je vous demande pardon ? dit Doge tout aussi calmement.
-Vous me demandez de vous expliquer pourquoi il y a eu autant de dégâts chez eux alors que je n'ai pas utilisé ma baguette, et je ne peux pas vous expliquer pourquoi. Vous vous attendez à ce que je vous donne une raison valable pour ce qui s'est passé, et en même temps j'ai l'impression qu'aucune raison que je pourrais donner ne pourrait justifier ce qui s'est passé à vos yeux.
-Mais nous sommes là pour vous écouter Mr Potter. Laissez-nous ensuite décider si cette raison que vous donnerez est recevable ou non.
-Vous ne savez pas que c'est, souffla Harry.
-Je ne sais pas ce que c'est Mr Potter ?
-Non, vous ne savez pas ce que c'est. Vous ne savez pas ce que c'est que de vivre dans une une telle famille...
-Mr Potter…, commença Doge en baissant la tête.
Harry savait très bien ce qu'il allait lui dire, qu'il n'était pas le seul à avoir des problèmes avec sa famille. Mais le passif qu'il avait avec les Dursley allait au delà de simples petites disputes. Leur haine envers Harry était profonde, et sa rancœur l'était tout autant.
-Vous ne savez pas ce que c'est, poursuivit Harry, de vivre dans un placard miteux et de dormir dans un lit trop petit, le corps tordu à cause du manque de place. Vous ne savez pas ce que c'est, de se réveiller la peur au ventre, effrayé à l'idée de se lever avant l'heure et de faire du bruit trop tôt dans la maison ou bien de se lever trop tard, d'avoir loupé l'heure du repas et de devoir attendre le repas suivant pour manger alors que ça fait plusieurs jours que vous n'avez rien avalé. Vous ne savez pas ce que c'est, poursuivit Harry en faisant un pas vers Doge les yeux toujours levés vers le piédestal où il était assis, de ne voir que de la haine et du dégout dans les yeux des seules personnes que vous avez côtoyé au quotidien pendant 10 ans. Vous ne savez pas ce que c'est, d'être martyrisé par un membre de votre famille et de ne même plus avoir la force de lutter, ni de vous battre, mais de simplement accepter votre sort en espérant que ça finira vite. Non vous ne savez pas souffla Harry en baissant la tête, et en retournant se poster à côté de la chaise, au centre de la pièce.
Doge sa racla la gorge, les chuchotements dans le Magenmagot avait cessé.
-J'ai bien conscience, tout le monde a bien conscience ici que vous avez eu une enfance difficile. Je peux cependant vous dire que vous n'êtes pas le seul à avoir été rejeté, à vous être senti incompris par votre famille…
-Ca n'a rien à voir avec ça, lança Harry.
Doge fronça les sourcils.
-Je m'en fiche de tout ça, poursuivit Harry. Tout ça, c'est tout ce que j'ai vécu chez eux, toujours, et j'ai appris à vivre avec. J'ai appris à vivre avec la peur au ventre, j'ai appris à passer plusieurs jours sans manger, à porter des vêtements usés et trop grands pour moi qui me renvoyaient une image désastreuse de ma condition, depuis tout petit. J'ai appris à vivre sans marque d'affection, sans geste tendre, sans encouragement, sans compliment mais au contraire en entendant des paroles critiques et en étant rabaissé, à chaque minute de la journée, et sans aucune raison apparente. J'ai tout enduré dans cette maison, depuis toujours et j'étais prêt à tout endurer, encore une fois. Simplement parce que c'était le meilleur choix, le plus logique, le plus raisonnable.
-C'était surtout le choix le plus sûr pour vous. Et je ne vais pas vous mentir, le choix le plus économique pour nous. Assurer votre sécurité, même une fois que vous serez au sein de l'Ordre, va coûter énormément de ressources, humaines et financières au Ministère dont vous ne semblez pas mesurer l'importance. Alors que vous aviez un lieu sûr, le plus sûr de tous à disposition. Il vous suffisait d'être un peu plus indulgent et un peu plus patient.
-J'estime avoir été suffisamment indulgent et patient ! commença à s'emporter Harry en haussant le ton et en frappant du poing sur la chaise à côté de lui.
Doge n'avait pas cligné des yeux, mais il avait l'air moins à l'aise qu'au début de leur conversation. Les chuchotements avaient repris au sein du Magenmagot. Harry ne s'était toujours pas tourné vers Dumbledore et les membres de l'Ordre, il ne voulait pas affronter leurs regards désapprobateurs. Il allait à nouveau passer pour un enfant colérique qui ne sait pas se maîtriser, mais il commençait vraiment à perdre patience.
-Mr Potter, gardez votre calme.
-Je suis parfaitement calme ! Les Dursley m'ont toujours traité comme un moins que rien, et je n'ai jamais bronché. Jamais vous n'avez entendu parlé d'incidents critiques chez eux, ils n'ont jamais été attaqués ni blessés.
-Jusqu'à il y a deux jours.
-Je ne les ai pas attaqués, poursuivit Harry.
-C'est ce que nous allons voir justement.
-Ce que vous allez voir ? demanda Harry, perplexe.
-En effet. Vous l'avez peut-être remarqué, mais il y a un cercle lumineux dans cette pièce Mr Potter. C'est un procédé magique qui va nous servir à voir ce qui s'est passé cette nuit là. Un partage de souvenir que vous allez faire avec toutes les personnes présentes dans cette pièce. Contrairement à la Légilimencie ou à l'usage d'une Pensine, cela permet à plusieurs personnes d'avoir accès au souvenir de quelqu'un, en même temps.
Ils allaient entrer dans sa tête et lui extraire un souvenir pour que tout le monde puisse le voir ? Harry n'aimait pas vraiment ça, il y avait dans sa tête beaucoup de choses que le Ministère ne devait pas voir. Comment Dumbledore avait pu accepter ça ?
-Et si je refuse ? lança Harry perplexe.
-Je vous conseille de ne pas vous lancer dans cette voie Mr Potter, et de coopérer. Surtout que presque tout joue en votre faveur jusque là.
-Joue en ma faveur ?
-Oui, surtout le témoignage de notre Chef des Aurors, Mr Peterson.
Douglas Peterson s'avança justement, Harry lui lança un rapide coup d'œil.
-Il a témoigné en disant qu'il vous avait retrouvé blessé ce soir là chez votre oncle et votre tante. Nous ne savons pas encore comment vous avez été blessé, si vous avez chuté, si vous avez été touché par votre magie incontrôlée mais c'est ce que nous allons découvrir.
Doge avait agité sa baguette en disant cela, faisant apparaître une photo d'Harry, son arcade sourcilière ouverte, du sang coulant sur sa tempe. C'était donc cela le petit flash qu'il avait cru voir ce soir là avant que le sorcier ne referme sa plaie. Harry hésita un instant, mais Dumbledore lui fit un léger signe d'encouragement pour l'inciter à faire ce que le Magenmagot disait. Doge fit ensuite apparaître un document, visiblement signé de sa main et de celle de Scrimgeour.
-Qu'est ce que c'est ?
-Le document qui nous autorisera à avoir accès à votre souvenir, et à le partager.
-Il n'y a que les personnes dans cette pièce qui le verront ? demanda Harry.
-Absolument. Et il ne pourra être visionné qu'une seule fois, à cet instant précis.
-Et vous n'allez voir aucun autre de mes souvenirs ?
-C'est bien ce que le document prévoit, dit Doge calmement.
Harry n'avait pas le choix, Dumbledore était d'accord avec cela et Doge était un ami à lui, il fallait qu'il lui fasse confiance. Sans rien ajouter d'autre, il signa le document et s'assit sur la chaise en fermant les yeux. Il sentit des sangles s'attacher à ses chevilles et à ses poignets mais Doge essaya de le rassurer.
-Gardez les yeux fermés Mr Potter, et n'essayez pas de lutter. Les sangles sont seulement là pour vous protéger, pour vous empêcher de bouger. Le processus ne sera pas long, et il ne sera pas douloureux. Juste…un peu désagréable.
Et avant qu'il puisse dire quoi que ce soit, il fut à nouveau projeté cette nuit là, au 4 Privet Drive.
-Quoi ? Je dois passer la soirée et la nuit dans la cabane à outils au fond du jardin ?
-Exactement.
-Mais tu as vu le temps qu'il fait ! s'exclama Harry alors qu'un violent orage venait d'éclater à une heure du début de la fête, et qu'il pleuvait des trombes d'eau.
C'était bizarre pour Harry de revoir son souvenir de façon aussi précise, aussi détaillée. C'était donc cela que ça faisait comme effet de revoir un de ses souvenirs, vu de l'extérieur. Il avait déjà oublié le fait que toutes les autres personnes présentes dans la pièce voyaient tout comme lui.
-Vernon l'a retapé avant la fin de l'année scolaire. Il y a même un petit lit d'appoint.
-Le bois est détruit à plusieurs endroit, le toit n'est pas étanche, les murs sont bouffés par les mites.
-Et on peut savoir depuis quand tu es aussi difficile ?
Maintenant qu'il y repensait, qu'il le revoyait, il trouvait cela incompréhensible que sa tante et son oncle aient envisagé de le faire dormir dans la vieille remise du jardin, avec les outils sales et rouillés entassés là depuis des années.
-Fais attention tante Pétunia, ne me pousse pas à bout, dit Harry calmement.
Revoir la scène de l'extérieur lui montrait également ce à quoi il n'avait pas fait attention au moment où il avait vécu l'épisode. Il voyait maintenant à quel point les objets dans la maison avaient tremblé puis explosé avec violence. A la place de sa tante, il aurait été effrayé. Effrayé par la magie incontrôlée dans la pièce, par le regard noir qu'Harry lançait, par le petit sourire mauvais dessiné sur son visage. Est ce que c'était vraiment lui ? Il ne se reconnaissait pas du tout.
-Ma place ? s'écria Harry. Elle n'a clairement jamais été dans cette famille !
-Et ça t'étonne peut-être ? Je pense qu'on en a suffisamment fait pour un monstre comme toi. Ton espèce est ce qu'il y a de pire dans ce monde…
-Le ferme ! s'écria Harry, les objets tout autour d'eux tremblant à nouveau.
Sa tante avait tellement de rage et de haine en elle. Au final il la plaignait, il plaignait les Dursley oui. Et il avait pitié d'eux, de leur petite vie tranquille mais minable, de leur vie sans passion, sans plaisir, sans bonheur, sans rien. Ils étaient condamnés à vivre une comédie perpétuelle, en jouant à la petite famille modèle et en y réfléchissant bien, Harry se rendit compte qu'il n'avait jamais rien vu d'aussi triste.
-Et toi tu es le pire de ton espèce ! Tu aurais mieux fait de mourir ce soir là, ça nous aurait évité bien des désagréments durant ces longues années. Tu ne valais pas mieux que ta mère, ce monstre misérable. Tu aurais dû finir comme elle !
Harry n'entendit pas l'élan d'indignation dans le Magenmagot après les propos de sa tante. Il était toujours assis, les yeux fermés, il ne pouvait faire attention à rien d'autre autour de lui, à part se focaliser sur son souvenir. Et si les propos de Pétunia indigna l'assemblée, ce n'était rien en comparaison de ce que la violence du geste de Vernon provoqua. Le souvenir s'estompa dans un nuage gris au moment où Harry s'était relevé dans le salon, toujours dans l'attente de recevoir un autre coup de poing de son oncle qui ne vint jamais. Il n'y avait plus rien d'autre à voir, Doge avait pris la décision de stopper le visionnage.
Harry ouvrit les yeux difficilement, aveuglés par les lumières dans la pièce. Il sentit les sangles se détendent puis totalement disparaître autour de ses poignets et de ses chevilles, et il se releva. Doge avait le teint livide, c'était le cas de la plupart des gens dans la pièce. McGonagall et Dumbledore étaient tous les deux en train de parler entre eux, Rogue le regardait avec une expression étrange et incompréhensible qu'il n'avait encore jamais vu et chez Remus en revanche, Harry savait parfaitement ce qu'il voyait : de la tristesse, énormément de tristesse, et du regret.
-Vous ne nous aviez pas dit que votre oncle vous avez frappé Mr Potter.
-Et alors ? Qu'est ce que ça change ?
Les murmures et les chuchotements cessèrent.
-Ca change beaucoup de choses. Cela peut faire l'objet de poursuites.
-Des poursuites ? Initiées par qui ? Vous ?
-Non…non par vous Mr Potter. Et ça peut expliquer beaucoup de choses.
-Ca n'explique pas ce qui s'est passé ce soir là, dit Harry. Vous ne semblez pas avoir regardé mon souvenir avec beaucoup d'attention.
Il regarda toute l'assemblée, personne ne dit rien.
-Ce que vous me reprochez aujourd'hui, c'est les verres brisés et les chaises fracassées. Ce que vous me reprochez c'est une magie que je n'ai pas contrôlée.
-Il ne s'agit pas de reproches Mr Potter, nous voulons simplement…
-Peu importe que vous appeliez ça reproches ou pas, le coupa Harry. Vous n'avez pas regardé avec assez d'attention. Je n'ai pas fait usage de magie de façon incontrôlée quand mon oncle m'a frappé. Ca s'est passé avant. Les propos que ma tante a tenu sur ma mère, ont été à mes yeux bien plus violents et bien plus durs que n'importe quel coup de poing que mon oncle aurait pu me donner. C'est ça la vérité. Je vous l'ai dit, j'ai tout accepté de la part des Dursley. J'ai accepté tous les sévices, tous les châtiments, sans jamais broncher ou à peine.
Harry commençait à avoir les larmes aux yeux, cette séance devant le Magenmagot devait cesser, au plus vite.
-Alors vous voulez savoir ce qui m'a suffisamment énervé pour provoquer tout ça ? Et bien je vous le dis, ce sont les propos qui ont été dis sur ma mère.
-Mais enfin Mr Potter…Je conçois l'affection et l'amour que vous pouvez avoir pour vos parents, pour votre mère…mais enfin en comparaison à des sévices corporels…
-Regardez moi Mr Doge, regardez dans quel état je suis…la torture physique n'a plus d'impact sur moi. Vous avez tout mon dossier scolaire sous les yeux, ajouta Harry en faisant un petit signe de tête vers les parchemins devant le Président. J'ai affronté tellement d'épreuves, j'ai fais un nombre incalculable de séjour à l'infirmerie. On a dû me faire repousser tous les os d'un bras après une fracture, j'ai presque eu un autre bras arraché par un Basilic, j'ai failli mourir de son venin après la morsure, j'ai failli me noyer dans le Lac de Poudlard, j'ai manqué de me faire dévorer par des araignées géantes…Et vous croyez qu'un simple coup de poing aurait pu me faire perdre la raison ? Non Mr Doge, acheva Harry en s'avança vers lui.
Il prit une profonde inspiration, le visage de sa mère apparaissant devant lui quand il ferma les yeux une fraction de seconde.
-Vous m'avez obligé à vivre dans la seule maison où la personne que j'aime le plus est la plus détestée. Et vous vous demandez pourquoi je n'arrive pas à me contrôler ?
Harry eut un petit rire amer.
-Vous êtes peut-être tous experts dans vos domaines respectifs, mais je pense qu'il y a encore beaucoup de choses que vous devez apprendre sur les relations entre les sorciers et les moldus. Surtout au sein d'une même famille. Je ne vais pas engager de poursuite contre mon oncle, j'ai vraiment d'autres choses à penser. Alors rendez vos verdicts, dites-moi combien je dois payer pour vous avoir dérangé dans vos petites vies déjà bien remplies, donnez-moi tous les avertissements que vous voulez, et qu'on en finisse.
Il avait lancé un regard noir en disant cela. Il n'était plus d'humeur à mettre les formes, ni à faire quoi que ce soit comme effort.
-Très bien Mr Potter. Je pense que nous avons tous les éléments dont nous avions besoin. Je vous laisse attendre dans l'annexe, le temps que nous débattions de tout cela avant de vous donner notre verdict.
Harry sortit de la pièce, sans un regard pour qui que ce soit, pas même pour Dumbledore et l'Ordre. Dumbledore l'avait critiqué et il avait bien vu les reproches dans les yeux des autres. Ils l'avaient tous critiqué ouvertement ou non sans savoir ce qui s'était passé cette nuit-là. Alors Harry n'était vraiment pas d'humeur à leur sourire ni à leur parler.
Quinze minutes après il se représentait devant le Magenmagot, les membres de l'Ordre du Phénix n'étaient plus là, obligés de sortir eux aussi de la pièce pendant les délibérations. Harry s'en sortait bien, pas d'indemnités à verser aux Dursley, une légère amende de quelques gallions qu'il pouvait largement payer et un avertissement. Mr et Mrs Weasley, Remus et les autres l'attendaient dans le hall mais Harry ne se présenta pas à eux. A la place, c'est l'employé du ministère qui l'avait accompagné jusqu'au Magenmagot qui vint à leur rencontre.
-Mr Potter ne pourra pas vous rejoindre, il a dit qu'il était fatigué et qu'il voulait rentrer. Le Ministre a de toute façon annoncé qu'il serait bientôt transféré au sein de l'Ordre.
Personne n'était dupe, même si Harry était fatigué, il n'avait pas voulu les saluer, et ils s'en voulaient tous. Harry était déjà en route pour retrouver sa chambre un peu miteuse, escorté par de nombreux Aurors et un mot que Dumbledore avait pu lui envoyer juste à sa sortir du Ministère dans sa poche.
Harry,
Je suis désolé. Il faut qu'on parle, rien que toi et moi.
Albus Dumbledore
De retour dans sa chambre miteuse, il s'allongea sur son lit, les yeux fixés sur le plafond dont la peinture commençait à s'effriter dangereusement. Il ferma les yeux, sombrant dans un sommeil agité. Il gigota dans son lit, trempé de sueur, sa cicatrice brulante comme jamais. Sans savoir qu'à des kilomètres de là, un vieil ennemi vivait un moment tout aussi douloureux. Drago Malefoy était lui aussi dans son lit, à l'agonie, hurlant toute sa douleur, la chair de son avant bras à vif, une Marque des Ténèbres nouvellement apposée. Sa mère s'approcha de lui, en lui posant une serviette humide sur le front, pour faire tomber sa fièvre. Narcissa avait un visage impassible, mais pourtant elle était très inquiète. Elle avait connu Lucius au moment où sa Marque lui avait été apposée, et elle savait que ce moment avait été douloureux pour lui. Mais ils n'en avaient jamais vraiment parlé, et elle ne l'avait jamais vu dans les moments les plus durs. N'ayant pas la Marque elle même, elle ne pouvait faire qu'imaginer ce que Drago ressentait. Après avoir réussi à calmer Drago, elle prit la décision de contacter la seule personne en qui elle avait confiance pour aider son fils. La seule personne qui pourrait l'aider et le guider dans sa nouvelle vie, Severus.
oOo
Severus justement était encore loin des préoccupations de Narcissa. Il traversa une bonne partie du QG pour rejoindre Albus dans ses appartements. Quand il entra dans la pièce, il ne fut nullement étonné de voir que l'endroit ressemblait à son bureau à Poudlard. A l'instant où il entra dans la pièce, il eut l'impression d'être beaucoup plus serein, plus calme, plus détendu. Et il aimait cette sensation que les lieux lui procuraient.
-Ah Severus ! Vous êtes là.
-Vous vouliez me voir Albus ? demanda Severus calmement.
-Oui absolument ! Je suis désolée, je sais que vous êtres très occupé en ce moment, je ne vous donne pas une seule seconde de répits, ajouta le sorcier en souriant tout en invitant son Maître des Potions à s'asseoir en face de lui.
-Ne dites pas ça Albus, lança Severus en s'asseyant. Vous savez bien que vous pouvez compter sur moi, en toute circonstance. Je ferai n'importe quoi pour vous aider.
-Oui je sais Severus. Et c'est bien cela qui m'attriste, même si je suis heureux de vous avoir à mes côtés, et conscient que l'Ordre ne serait pas une aussi grande réussite sans vous.
-Cela vous attriste ? répéta Severus en fronçant les sourcils.
Dumbledore soupira.
-Oui. Je trouve que cela fait bien trop longtemps que vous vous donnez corps et âme dans votre travail et pour l'Ordre. Je sais bien que je vous en demande trop.
-Mais non Albus, absolument pas ! Vous…
Severus souffla en fermant les yeux quelques secondes.
-C'est grâce à vous si je suis encore en vie Albus. Vous m'avez tendu la main, vous m'avez offert un travail, une raison de vivre au moment où j'étais le plus perdu, où je ne savais pas quoi faire, ni où aller. Vous avez été là pour moi, vous le grand Albus Dumbledore, au moment où je pensais que tout le monde me tournerait le dos, en m'évitant une condition de pariât. Je…je ne suis pas totalement intégré dans la société bien sûr, beaucoup de gens ont encore peur de moi mais jamais je n'aurais pu réussir à m'en sortir sans votre soutien.
-Même si j'ai fais tout ça pour vous Severus, ça ne me donne pas le droit de vous en demander tant, sans prendre en considération vos choix, vos envies. Votre vie ne m'appartient pas, je n'ai pas le droit de vous infliger cela.
-Je ne vis que pour vous aider Albus, et c'est ça mon choix.
-Et bien je pense qu'il serait temps que cela cesse, et que vous vous ayez d'autres choses, d'autres perspectives dans la vie.
-Comme quoi ? demanda Severus en fronçant à nouveau les sourcils.
Dumbledore eut un petit rire amusé, et ses yeux pétillaient.
-Ca c'est à vous de le découvrir bien sûr.
-Je pense que vous me cachez quelque chose Albus.
-Mais non bien sûr que non !
-En tout cas vous ne m'avez pas fait venir ici simplement pour me dire que je dois davantage profiter de la vie n'est ce pas ?
-En effet. Je vous ai fais venir pour vous annoncer un changement majeur dans votre vie justement, à partir de la rentrée prochaine.
-Comment cela ?
-Je vous offre le poste que vous me suppliez d'avoir depuis des années. Vous vous chargerez de l'enseignement de la Défense Contre les Forces du Mal à partir du 1er septembre.
Severus manqua de s'étrangler.
-Quoi ?!
-Vous n'êtes pas content ? demanda Albus amusé.
-Si bien sûr mais…mais pourquoi ? Pourquoi maintenant ?
-Et bien je suis las de devoir chercher un professeur chaque année, je commence à me faire vieux. Il eut un petit rire. Je n'ai trouvé aucun candidat cette fois. Et puis, pour le programme que j'aimerai mettre en place cette année vous êtes tout indiqué. Vous allez donc avoir de nombreux cours à préparer.
-Je ne comprends pas. Vous avez pris des moins que rien à ce poste jusque là, malgré mes supplications pour me donner cet enseignement. Pourquoi changer d'avis aujourd'hui ?
Le sourire de Dumbledore disparut, et cette fois il prit un ton plus grave.
-Les temps ont changé Severus, vous en êtes bien conscient. Juste là je pouvais me permettre d'avoir des personnes moyennes voire médiocres je vous l'accorde à ce poste. Ce n'est plus le cas désormais. Nous allons devoir former nos élèves, surtout les sixième et les septièmes années à ce qui va les attendre dehors. Certains vont être très demandeurs, vont vouloir apprendre à mieux se défendre ou bien à combattre. Et vous êtes la personne la plus indiquée pour leur enseigner tout cela.
-Je suis flatté Albus.
-Je tiens quand même à vous dire qu'il y a une chose qui m'a fait hésité à prendre cette décision. Vous êtes un excellent sorcier Severus, même le meilleur de votre génération sans aucun doute. Et votre connaissance de la Magie Noire, vous donne un avantage certain pour savoir comment la combattre. Mais ce qui m'inquiétait c'était surtout votre habitude légendaire à favoriser les élèves de votre maison.
-A…Albus je….
-En tant que Professeur de Défense Contre les Forcés du Mal, poursuivit Dumbledore en le coupant gentiment, vu l'importance de cette matière par les temps qui courent, vous ne pourrez plus vous permettre un tel favoritisme pour les élèves de Serpentard.
-J'en suis bien conscient, souffla Severus. Qu'est ce qui a motivé votre choix à me confier ce poste alors malgré tout ?
-J'ai vu les merveilles que vous aviez fait en tant qu'instructeur à la formation des nouveaux membres de l'Ordre. Vous avez été un pédagogue hors paire, et vous avait été totalement impartial vis à vis des nouvelles recrues récemment diplômées de Poudlard. Minerva m'a même rapporté que beaucoup d'anciens élèves de Gryffondor avaient été agréablement surpris en voyant que vous aviez pris le temps de les former.
-Le contexte est totalement différent.
-Oui je sais. C'est pour ça que j'insiste sur le fait qu'une fois à Poudlard, vous ne pourrez plus mettre en avant vos élèves. Nous ne pouvons plus nous le permettre. Dans ces conditions, est ce que vous acceptez ?
-Oui, bien entendu ! Puis-je savoir qui me remplacera à l'enseignement des Potions ? Si vous avez déjà trouvé cette personne.
Dumbledore eut un petit rire.
-Oh je l'ai trouvé. Vous la connaissez d'ailleurs. Elle a enseigné les Potions dans sa propre école, je pense qu'elle est toute indiquée pour le poste.
-Je ne connais personne ayant enseigné les Potions dans une autre école. Je ne connais d'ailleurs personne n'ayant pas étudié à Poudl….
Il s'arrêta net, en repensant à son passage chez les parents d'Elizabeth. Dumbledore, lui, sourit de plus belle en voyant qu'il avait compris.
-Oui Elizabeth a enseigné les Potions à Beauxbâtons avant de devenir Medicomage.
-Elle…elle a accepté l'offre ?
-Cela a été difficile de la convaincre, mais oui. Elle est consciente de ne pas avoir votre niveau, mais je lui ais dit qu'elle ferait parfaitement l'affaire. Elle avait décidé de devenir membre de l'Ordre car elle avait l'impression d'être beaucoup trop passive à St Mangouste, et d'essayer de réparer le mal une fois qu'il était fait. Elle voulait combattre en amont, c'est pour cela que je pense qu'elle a apprécié l'idée d'enseigner à nouveau, pour aider les plus jeunes à se former correctement et à préparer leur sortie de Poudlard.
-Je vois.
-Bien entendu, elle n'acceptera l'offre que si vous êtes entièrement sûr de vouloir reprendre l'enseignement de la Défense Contre les Forces du Mal.
-J'en suis sûr.
-Parfait ! s'exclama Dumbledore. Du coup je vous libère, et je vais lui annoncer la bonne nouvelle.
Severus se leva mais avant de sortir des appartements du vieil homme, il se tourna une dernière fois vers lui.
-Merci Albus.
Ce dernier lui sourit, comprenant parfaitement tout ce pour quoi il le remerciait.
-Mais je vous en prie Severus.
