Toujours un chapitre qu'on pourrait qualifier d'introductif. :,) Les choses vont commencer à bouger, ne vous inquiétez pas. Merci aux reviews auxquelles je vais m'empresser de répondre et à ceux qui me suivent. Ça fait plaisir !

Réponse aux Reviews :

Loupiote54 : Bien reçu ton message ) D'accord, merci. Mais maintenant que tu le dis, c'est vrai que les PDV en fin de chapitre passent peut-être un peu mieux. D'ailleurs, je l'ai appliqué dans ce chapitre… Des tournures étranges dis-tu ? Pas pour moi… Enfin, peut-être que si mais pour le coup je m'inspire pas mal de ce que je lis dans le théâtre classique ou dans la poésie mais il est probable que j'utilise parfois ces tournures à mauvais escient. A voir. En tout cas merci encore d'avoir commenté et à la prochaine.

Matsu : Je parle surtout pour la « cohérence des temps ». Utiliser le système du passé implique quelques maladresses notamment au subjonctif et pourtant, il s'agit bien de l'imparfait du subjonctif qu'il faut employer… Je ne pense pas que cela ait un quelconque rapport avec la valeur du langage. Regarde, dans Twilight, elle utilise tout le temps l'imparfait du subjonctif pourtant l'œuvre en elle-même… (Je vais me faire lyncher si tu es une fan de cette saga XD et puis je peux toujours parler, niveau rhétorique, je suis pas brillante :,))

Iria : Déjà, merci c'est très gentil et rassure-toi, j'ai l'intention de poursuivre. Comme je l'ai dit, à part la seconde partie, le reste est déjà écrit, pré-corrigé (il faut encore la relecture de ma bêta) et prêt à être posté ^^. Ce type de schéma me rappelle vaguement une autre fic crossover XD « Par-delà la porte » qui pourtant est une fic incroyable (qu'il faut que je finisse de lire d'ailleurs). Revenons à nos moutons. Vois-tu, contrairement à pas mal de monde, je trouve qu'Edward est vraiment un personnage complet, avec une vraie psychologie et qui interagit parfaitement avec l'univers dans lequel il évolue. Normal, me diras-tu. Mais ce n'est pas le cas pour la plupart des héros d'animes tels que Otonashi dans Angel Beats, Riki dans Little Busters, qui sont des personnages véritablement plats. En revanche, façonner un bon personnage est difficile. Ainsi, écrire une histoire avec pour protagoniste un bon personnage, c'est difficile car il faut respecter son caractère, ce qui le définit en tant que tel pour éviter les OOC. D'où le choix de me cantonner à un dessein plus « Edwardien » (un nouveau mot pour mon dictionnaire :,)). J'ai parlé pour rien désolée XD Enfin bref, merci beaucoup et j'espère te retrouver dans les autres chapitres.

Chapitre 3 : A bord du Poudlard express

« Voldemort ».

Après de rudes efforts, à force de lectures et de questions posées aux résidents du Chaudron Baveur, Edward avait enfin réussi à mettre la main sur le nom de ce mécréant. Pour amoindrir l'engourdissement de ses membres, il s'étira comme un chat et quitta sa chaise pour s'avancer jusqu'à la fenêtre de sa chambre. D'ici, il pouvait apercevoir le Chemin de Traverse qui déversait son flots d'étrangetés tout au long de l'immense avenue. Paysage devenu presque familier puisque cela faisait près d'une semaine qu'Ed séjournait au Chaudron Baveur. Cependant, l'heure du départ avait sonné et il devrait se rendre à la gare pour prendre le train qui l'emmènerait à Poudlard.

Dans un soupir las il referma l'énorme livre dans lequel il était plongé depuis plus de deux heures. Il avait passé pas mal de temps à chercher le nom du mage noir dont lui avait parlé Hagrid, sans grand succès. Au final, il avait trouvé l'information dans un vieux bouquin qui, d'après le jeune homme, ne se contentait pas de décrire uniquement la pratique conventionnelle de la magie en s'aventurant dans des sujets plus obscurs et faisant à plusieurs reprises référence à ce sorcier maléfique. Voldemort… Il est vrai que ce nom était plutôt impressionnant et ne le laissait pas indifférent. Cependant, Ed préférait ne pas s'y fier. Après tout, Mustang portait bien le nom du Flame Alchemist même si tout ce qu'il savait faire, c'était allumer des bougies tant qu'il ne pleuvait pas.

Le petit blond rangea l'ouvrage dans son sac de voyage, empoigna sa valise et quitta sa chambre pour prendre la direction de « King Cross ». Cette gare se situait dans un quartier assez proche du Chaudron Baveur ainsi le temps du trajet se limita à quelque dizaine de minutes pour y arriver. Le seul souci qui persistait, était de trouver la bonne voie. En effet, King cross n'avait rien à voir avec la gare de Centrale, déjà importante et était au moins trois fois plus vaste.

Ed plongea sa main dans la poche de son manteau et en ressortit une enveloppe jaunie et froissée, cornée sur les bords. Hagrid lui avait transmis toutes les indications nécessaires dont un billet allée simple sur lequel figuraient l'heure et le quai à rejoindre. Le train partirait à onze heures précises, à la voie 9.3/4. Temps d'arrêt, consultation du billet… Voie 9.3/4 ! Edward rapprocha son nez si près du billet qu'il le toucha presque. Aucun doute, il était bien écrit 9.3/4... Néanmoins, Edward était persuadé que la voie 9.3/4 n'existait pas. Le système de ce monde était peut-être différent de celui d'Amestris ou il s'agissait simplement d'un problème d'impression. Dans l'ombre du doute, il alla demander à un contrôleur qui passait près de lui. Lorsqu'Ed énonça le numéro de la voie, il éclata d'un grand rire qui ne manqua pas d'énerver le garçon.

Mais qu'avez-vous tous avec cette voie 9.3/4 ! On me fait le coup chaque année, dit-il avec un froncement de sourcils. Désolé petit mais ça doit être une erreur.

Sur ce il s'éloigna tandis qu'Edward fulminait de rage l'entente du mot « petit ». Il songea un instant à poursuivre le contrôleur en le couvrant de coups et d'injures mais par respect pour son frère, il se contint. Al… Pourvu que cette foutue école lui permette de tenir sa promesse.

Il se passa près de dix minutes durant lesquelles Edward s'efforçait de trouver cette mystérieuse voie qui, de toute évidence, ne semblait pas exister. Mais bon sang! Il n'était pas à ce point stupide! Il devait y avoir une explication... Fatigué par cette vaine tentative, Edward s'accouda à la barrière qui séparait les voies neuf et dix. Soudain, une drôle de sensation lui parcourut le corps et il fut comme aspiré, son bras se fondant dans le mur écarlate à sa grande stupéfaction. Dans un bond magistral il s'écarta de la barrière. Le mur était toujours là, aussi rouge, aussi compact, du moins en apparence. Un peu méfiant, Ed s'approcha et effleura la barrière du bout des doigts. Une fois de plus, sa main fut comme happer par le mur. Une lueur de compréhension traversa les yeux dorés du jeune alchimiste qui venait de réaliser. C'était tellement simple, pourquoi n'y avait-il pas pensé avant ? Edward empoigna sa valise et regarda autour de lui, avant de s'élancer vers le mur. Il ferma les yeux en attendant le choc mais rien ne se produisit, confirmant ainsi son hypothèse. De nouveaux sons et de nouvelles sensations lui firent ouvrir les yeux qui s'écarquillèrent de stupeur et d'émerveillement devant l'immense locomotive écarlate.

Entre tous les trains qu'il avait vus au cours de ses voyages, aucun ne lui avait paru aussi splendide. Sa carcasse métallique flamboyante brillait sous les rayons du soleil rajoutant un effet presqu'irréel au décor. Un panache de fumée immaculée s'élevait jusqu'au plafond et inondait le quai.

Détachant ses yeux de ce magnifique spectacle, Edward jeta un regard circulaire autour de lui. La plupart des étudiants se trouvaient déjà à bord du train et décida qu'il était temps pour lui de se dépêcher. Il hissa sa valise sur la première marche et se rendit compte à quel point elle était lourde. Quelle idée aussi d'avoir pris une dizaine de bouquins en plus de ceux demandés par le collège ! Alors qu'il vociférait en essayant vainement de monter, un garçon de son âge s'approcha et lui sourit. Il était petit et mince, ses yeux étaient d'un vert étincelant et ses cheveux de jais partaient de tout côté en mèches indomptables. Il y avait dans son sourire et dans ses yeux une aura douce et mystérieuse qui ne manqua pas d'intriguer le petit blond. Le nouvel arrivant saisit avec lui la poignée de la valise qu'ils tirèrent ensembles. Quelques secondes plus tard, le bagage et son propriétaire étaient enfin à bord, au grand soulagement des deux garçons.

Merci beaucoup! s'exclama Ed en essuyant la sueur qui coulait de son front. J'ai cru ne jamais y arriver...

Il n'y a pas de quoi, mais tu as mis quoi pour que ce soit aussi lourd? Questionna le brun avec étonnement en soupesant la malle pleine à craquer.

Ed lui répondit qu'il avait pris davantage de fournitures que celles qui étaient mentionnées dans la liste, ce qui fit sourire l'autre garçon. Lorsque quelqu'un l'apostropha de l'autre bout de la voiture, il prit congé en lui disant qu'il serait ravi de discuter un peu plus avec lui la prochaine fois puis il s'éloigna.

Edward prit la direction opposée, en quête d'un compartiment vide. De toute évidence, ils étaient tous déjà pleins. Il dût bientôt se résigner en pensant qu'il allait être obligé de le partager avec plusieurs autres personnes.

Après avoir remonté et descendu le train, Ed se trouva satisfait. Dans le dernier wagon, il trouva un compartiment, l'air un peu moins confortable que les autres, certes, mais libre et il s'y précipita, ravi. Il s'installa après avoir troqué son précieux manteau rouge contre sa robe de sorcier et sortit des gants neufs, comptant Il s'allongea presque de tout son long sur la banquette, croisa les bras derrière la tête et commença à somnoler, tandis que le train s'éloignait de la gare dans un roulement doux et paisible.

Il pleuvait des cordes au dehors et le son des gouttes de pluie qui s'écrasaient contre le verre froid était incroyablement apaisant. Les pensées d'Edward s'égarèrent du côté de Resembool. La saison des pluies étaient assez virulente là-bas et dans le passé il arrivait souvent que son frère, Winry et lui rentraient trempés jusqu'aux os chez la mère des deux garçons qui les attendaient toujours avec du chocolat chaud ou du thé brulant pour réchauffer leur corps transits par le froid. Ed s'imagina deux secondes dans la peau de l'enfant qu'il était à cette époque. Une époque révolue. Le petit blond rouvrit les yeux, une expression amère sur le visage. Il ne devait pas penser à tout ça, du moins pas temps qu'il serait ici. Être loin de chez lui était déjà suffisamment éprouvant alors pas besoin de ressasser le passé…

Tandis qu'il rêvassait tranquillement, bercé par le chant de l'averse, quelqu'un fit irruption dans son compartiment. Le garçon ouvrit un œil, l'air grognon et vit une jeune fille aux cheveux broussailleux dans l'encadrement de la porte coulissante. Du côté droit de sa poitrine brillait un insigne qu'il n'avait vu sur aucun autre élève et Edward en déduit qu'elle était en charge de la discipline au sein du collège. Il l'avait entre-aperçue qui vantait son rôle de préfète auprès de jeunes élèves qui faisaient voler des frisbees à dents de serpents que vendaient les frères Weasley. Préfète ? Il se redressa dans un sursaut. Mais il n'avait encore rien fait ! Néanmoins, la jeune fille ne le regardait pas avec réprobation et dit même d'une voix un peu timide:

Bonjour. Excuse-moi mais tous les compartiments sont pleins, on peut se mettre avec toi?

Ed hésita puis opina en priant pour qu'ils ne soient pas plus de trois à la rejoindre. Derrière elle, se tenaient un grand dadais aux cheveux roux avec des taches de rousseurs qui ressemblait énormément aux jumeaux Weasley et le garçon aux yeux verts qui l'avait aidé tout à l'heure. Edward s'écarta pour leur laisser de la place, à contrecœur quand même. Lui qui n'avait qu'une envie, s'assoupir et roupiller jusqu'à leur arrivée. Il finit par se convaincre que le voyage passerait plus vite avec de la compagnie.

En entrant dans le compartiment occupé, Harry reconnut le garçon blond de la dernière fois et il lui sourit aimablement. Il pouvait maintenant le détailler et remarqua à quel point il était petit. Il devait être en quatrième année, pour ne pas dire plus jeune. Ses longs cheveux blonds étaient rattaches en une tresse lâche, ses yeux étaient d'une étonnante couleur or peu commune et malgré sa petite taille il émanait de lui une aura féroce. Il n'était pas laid à regarder, bien au contraire, mais juste intriguant.

Lorsqu'Hermione eut la permission de s'installer, il s'assit en face du blond tandis que son amie faisait les présentations. Quand vint le tour d'Harry, ils crurent que la réaction du garçon serait immédiate. Seulement ce-dernier ne cilla pas. Il ne jeta même pas un regard sur sa cicatrice et ses yeux dorés demeuraient ancrés dans ceux du jeune Elu.

Enchanté. Moi c'est Edward Elric, mais appelles moi Ed, salua-t-il à son tour.

Ils se serrèrent la main et Harry la trouva bien dure sous la sienne. Il remarqua qu'il portait des gants alors que, malgré la pluie qui tombait à drue, il régnait dans le compartiment une chaleur étouffante. Avant qu'il ne put se poser d'autres questions, Hermione poussa un petit cri.

Elric ? Ce nom me dit quelque chose ! Je l'ai lu quelque part !

Edward sembla mal à l'aise.

Ah bon ? Ahah c'est normal, c'est un nom assez commun, résonna-t-il avec un petit rire nerveux.

Oui tu as raison… Mais j'aimerais quand même me souvenir où j'ai entendu ce nom.

Laisse tomber, Hermione, soupira Ron, las.

Sinon tu es en quelle année?

Sixième je présume...Comme vous non?

Harry le sonda avec hébétude, il aurait juré qu'il avait à peine quatorze ans.

Mais...euh...Tu n'es pas un peu trop jeune? Se risqua-t-il.

Edward réagit au quart de tour et se mit à gesticuler dans tous les sens en braillant :

QUI EST TELLEMENT PETIT QU'IL POURRAIT ÊTRE CONFONDU AVEC UN ENFANT DE CINQ ANS ! J'ai seize ans figure toi!

Oui! Pardon, Pardon! S'excusa précipitamment Harry, mal à l'aise.

Une chose qu'il se promit de ne pas proscrire de sa mémoire : le jeune homme était très susceptible.

Ce dernier grogna, une veine palpitant sous sa tempe avant de se rassoir en soufflant comme un rhinocéros. Hermione lui demanda dans quelle maison il était, puisqu'elle ne l'avait encore jamais vu et il allait répondre quand une fille entra, les joues rouges. Quand elle aperçut Harry, elle s'embrasa et elle balbutia :

Ha...Harry Potter ? Un mot du professeur Slughorn.

Elle lui tendit une enveloppe rose ornée d'un petit ruban violet et s'enfuit en courant, le teint cramoisi.

Intrigué, le brun ouvrit la mystérieuse missive et sortit de l'enveloppe une carte aux tons criards. Ron se pencha sur le côté pour lire ce qui était écrit.

Le club de Slug ? Qu'est-ce que c'est que ça ? demanda-t-il.

On dirait un nom de limace, remarqua Ed avec un petit sourire.

C'est une invitation de Slughorn, il veut que je le rejoigne dans le wagon des professeurs, expliqua Harry d'un ton ennuyé. Ça ne me tente pas vraiment donc quelqu'un voudrait bien venir avec moi ?

Ses deux amis de toujours échangèrent un regard navré.

Pardon Harry mais on ne doit pas s'éloigner, on est préfets tu comprends, objecta Hermione avec désolation.

L'idée d'affronter Slughorn seul rendait Harry malade. Finalement, il jeta son dévolu sur Edward qui, sous le regard suppliant du survivant, fut contraint d'accepter.

Tandis qu'ils remontaient le train dans la direction du wagon des professeurs, Harry ne pouvait s'empêcher de s'interroger sur le comportement du blondinet. Non pas qu'il se désolait de son manque de réaction quand il lui avait révélé son nom, au contraire il était content de ne pas voir d'autres yeux se poser sur sa cicatrices, il s'interrogeait sur l'indifférence qu'Edward avait manifesté. Indifférence ou pudeur ? Fatigué de réfléchir, il préféra lui poser la question directement. Harry s'arrêta brusquement et Ed, qui contemplait le chariot chargé de friandises, le heurta de plein fouet.

Ouille ! Qu'est-ce qui te prend ! gémit-il en se frottant le nez.

Tu connais le monde des sorciers n'est-ce pas ?

Le blond sembla surpris.

Je viens juste de découvrir que j'avais la capacité de faire des étincelles avec un bâton donc si c'est ça que tu appelles « connaître ».

Comment ça se fait ?

Edward promit de lui expliquer plus tard. Il n'avait pas encore trouvé d'excuse valable quant à sa présence à Poudlard et qui plus est en sixième année alors qu'il ne savait rien de la magie.

Sinon pourquoi tu me poses cette question ? Esquiva-t-il.

Si tu connais un tant soit peu ce monde, tu devrais savoir ce qu'il en est, souffla Harry un peu mal à l'aise.

Tu veux parler de toi et Voldemort n'est-ce pas ? Devina le jeune homme.

Harry resta un instant pantois. Outre le fait qu'il était bel et bien au courant de ce qui se tramait dans le monde des sorciers, il avait aussi prononcé le nom du mage sans la moindre hésitation.

Ne t'en fais pas, le rassura Ed voyant qu'il ne répondait pas, je ne te poserai pas de questions. Pas par respect mais juste parce que je m'en moque éperdument.

D'habitude, les gens me voient différemment lorsqu'ils connaissent mon histoire... Mais toi c'est différent, souffla Harry.

Je ne te considère simplement pas comme une bête de foire. Tu as été confronté à des évènements qui te dépassent et qui te font souffrir, mais qui ont fait de toi quelqu'un d'important. C'est comme ça et tu n'y pourras rien changer. Enfin- les joues d'Ed rosirent légèrement- si t'as besoin de parler, je suis là... Je pense être suffisamment loin de cette histoire pour savoir quoi faire après tout.

Le brun sentit un élan de gratitude s'emparer de lui et il remercia le petit blond pour ses mots, lequel répondit que ce n'était rien avant de s'en aller, sous prétexte que le chariot de friandises s'éloignait de plus en plus. Il partit comme une flèche en dépit de sa pe... du peu de stabilité que lui offrait le train en mouvement.

Comme Harry s'y attendait, la petite fête organisée par Slughorn fut terrible. Bien qu'il y eût Ginny et Neuville-à son grand étonnement- il se sentait étrangement seul. Particulièrement pendant l'interrogatoire que le professeur infligeait à tous les invités où il dût parler de ses exploits durant ses cinq dernières années à Poudlard. Quand ce fut finit et que le nouveau professeur leur ait demandé de prendre congé, Harry put enfin respirer.

Il allait regagner son compartiment mais se ravisa quand il aperçut Zabini Blaise rejoindre un groupe de Serpentard qui lui était familier. En effet Malfoy et ses deux gorilles en guise de gardes du corps, Crabbe et Goyle, ainsi que Pansy Parkinson, discutaient à voix basse comme par peur d'être surpris dans leur conversation. Le blond arborait un air sérieux qu'Harry n'avait pas l'habitude de voir afficher sur son visage. Il trouvait étrange que Malfoy n'usât pas de son pouvoir pour malmener les plus jeunes en se servant de son rôle de préfet ou bien pour se livrer à toutes sortes de blagues puériles. Saisi par l'envie incoercible d'en savoir plus sur l'étrange comportement de son ennemi juré, Harry, après s'être dissimulé sous sa cape d'invisibilité, se faufila dans le compartiment, au moment où Blaise ouvrait la porte. Il se hissa avec rapidité sur le porte bagage avec la désagréable impression que les yeux de Malfoy s'étaient attardés sur sa basket droite, que la cape n'avait pas suffi à cacher entièrement.

Que voulait Slughorn? demanda Malfoy, posant sa tête sur les genoux de Pansy qui caressait du bout des doigts ses mèches blondes.

Pas grand-chose. Il souhaitait juste parler de nos relations avec les personnes célèbres. Il y avait plusieurs autres élèves, dont Potter.

Une expression de profond dégout passa sur le visage de Malfoy et il lui demanda de faire le listing de toutes les personnes présentes à ce dîner improvisé.

Un type de Poufsouffle, un de Serdaigle, la fille Weasley et Neuville Londubat.

Malfoy se redressa brusquement, écartant sans ménagement la main de Pansy.

Il a invité Londubat ? S'écria-t-il avec stupéfaction. Et la fille Weasley ?

Tu sais, intervint Pansy, elle est très appréciée, même toi Blaise tu as avoué que tu la trouvais jolie, et tout le monde sait à quel point il est difficile de te plaire.

Je ne sortirai jamais avec une traitresse à son sang, même si elle est jolie! S'exclama celui-ci, indigné.

Harry gonfla ses joues pour ne pas lâcher un grognement de fureur. Que l'on parle ainsi de la famille Weasley l'insupportait au plus haut point. Encore plus lorsqu'il s'agissait de Ginny.

Malfoy se rallongea sur les genoux de la jeune fille qui continua de le câliner tendrement.

Je suis étonné que Slughorn s'intéresse à ce genre de racaille, il doit être un peu gâteux. Dommage... A ce qu'il parait, c'était quelqu'un de très bien dans le temps. Mon père était l'un de ses élèves préférés. Il ne doit pas savoir que je suis dans le train, sinon il m'aurait invité. Quoi qu'il en soit, cette année je compte bien en profiter pour m'amuser, révéla-t-il, une once d'espièglerie dans ses prunelles grises.

Comment ça? Tu sais très bien qu'on a les ASPIC à préparer! C'est primordial, lui rappela Pansy.

Peu importe, de toute manière je ne pense pas revenir l'an prochain, soupira Malfoy. La jeune fille interrompit brutalement ses caresses.

Pardon?

Oui, avec les temps qui courent, il n'est plus nécessaire d'avoir un nombre d'ASPIC particulier. Crois-tu vraiment qu'il se préoccupe du nombre de BUSE qu'on a obtenu ou si même on ferait un bon Auror ?

La respiration d'Harry s'accéléra se demandant ce que Malfoy avait en tête pour parler de la sorte. Et qui il désignait par un « Il » appuyé mais énigmatique.

Mais Poudlard est la meilleure couverture dont tu puisses avoir besoin, répliqua Pansy.

Oui, certes, mais avec la mission que mon maitre m'a confié, tu peux être sûre que l'année prochaine, Poudlard nous appartiendra. Et puis, nous bénéficions de bons alliés à présent, peut être encore plus puissant que lui, susurra Malfoy avec un petit rire.

Le sang d'Harry se glaça. Son maitre? De nouveaux alliés? Qui donc? Qui pourrait bien rivaliser avec Voldemort mis à part Dumbledore? Car de toute évidence, son fameux maître ne pouvait être que Voldemort.

Nous n'allons pas tarder à arriver, préparons-nous, remarqua-t-il en se redressant sous le regard déçu de Pansy.

Il était parvenu à détourner la conversation avant de trop en révéler et l'Elu eut un très mauvais pressentiment.

Crabbe prit sa valise à la gauche de Harry et le coin de celle-ci lui heurta violement la tempe. Il lâcha malencontreusement un hoquet de douleur dont il se maudit aussitôt et il pria pour que personne ne l'ai entendu bien que Malfoy paraissait s'être figé quelques secondes, comme à l'affut d'un bruit suspect.

Ils se vêtirent de leurs robes de sorciers, puis cinq minutes plus tard le train ralentit avant de s'arrêter tout à fait. Harry se mordit la lèvre. Il n'aurait certainement pas le temps de retourner à son compartiment pour s'y changer. Goyle fit coulisser la porte du compartiment et sortit, Blaise et Crabbe sur ses talons. Pansy tendit sa main à Malfoy mais celui-ci l'ignora.

Pars devant je dois vérifier quelque chose, souffla-t-il, en plissant ses petit yeux délavés.

Une fois qu'elle eut définitivement quitté le train, il ferma les rideaux du compartiment, qu'il verrouilla. L'angoisse déjà présente depuis quelques minutes ne fit qu'accroître dans la poitrine d'Harry qui retint son souffle dans un dernier espoir de ne pas être découvert.

Ta mère ne t'as jamais dit que c'était mal d'écouter les conversations des autres, Potter.

L'intéressé déglutit avec difficulté, le cœur battant à tout rompre.

Petrificus totalus! s'exclama Malfoy en pointant sa baguette à l'endroit exact où il se trouvait.

Les muscles d'Harry se raidirent, soudainement atrophiés, et il tomba, telle une masse sur le sol.

Ah oui j'avais oublié… Elle est morte, murmura Malfoy en se mettant à sa hauteur. Dommage mais nous écouter ne t'as absolument rien rapporté, et puis j'étais certain d'avoir vu un éclair blanc au moment où Zabini est rentré. Ca c'était pour ma mère.

Il se releva et amorça un geste pour lui décrocher un coup de pied dans la figure.

Et ça c'est pour…

Harry ne saura probablement jamais à qui était destiné ce pied vengeur car quelque chose entrava la jambe du Serpentard qui s'étala de tout son long sur le sol.

Pour personne! Clama une voix rieuse.

Harry dirigea son regard, seule chose encore mobile pour l'instant, vers le nouvel arrivant. Il reconnut Edward, les mains sur les hanches qui le contempler, là, allongé et soumis en s'efforçant de ne pas éclater de rire.

C'est sacrément lâche d'attaquer quelqu'un qui ne peut pas se défendre, continua-t-il d'un ton boudeur.

Malfoy se releva.

Comment es-tu entré? J'avais fermé à clé! s'écria-t-il, furieux.

Bah, par la fenêtre, éluda Edward sur un ton d'évidence.

Sale mioche tu vas voir, siffla Malfoy.

Comme Harry s'y attendait, la réaction ne tarda pas. Le poing d'Edward partit comme une flèche à la rencontre du nez de Malfoy qui émit un craquement inquiétant. Le sang gicla et il retomba brutalement, dans un bruit mat.

Attends voir que je remette mon petit poing dans ta grande face, prévint Ed, la mine effrayante.

Il posa un pied sur la nuque du Serpentard dans une position dominante, l'empêchant par la même occasion de se relever.

Espèce de petit traitre à son sang je vais...

Ed le prit par ses mèches blondes, furibond.

Vas-y, j'attends la suite, tu vas voir qui de nous deux sera le plus petit quand tu te retrouveras à manger les fraises par les racines.

Dans un mouvement désespéré, Malfoy parvint à se dégager et prit ses jambes à son cou, le sang coulant abondamment sur sa robe de sorcier impeccable.

C'est ça, fuis espèce de lâche ! Il joue les coqs, mais au fond c'est qu'un avorton crétin, constata Ed en le regardant s'éloigner par la fenêtre, Mon pauvre Harry je t'avais presqu'oublié. C'est quoi le sort pour annuler déjà? Ah oui euh... Finite incantatem!

Harry sentit ses membres se dégourdir, échapper de leur atonie et il se releva avec l'aide d'Edward.

Merci, souffla-t-il, gêné d'avoir été pris dans une position qui lui était autant défavorable que ridicule.

De rien, bon on risque d'être en retard et je n'ai pas vraiment envie de louper la répartition, grouille toi! Ordonna Ed en faisant volte-face.

Il le prit par le poignet et l'entraina à sa suite.

Attends, je ne me suis pas chan... commença Harry.

Il fut interrompu par une cape noire qui lui arriva en plein milieu du visage.

Ils arrivèrent à rejoindre une diligence devant laquelle Ron et Hermione attendaient, l'air préoccupé.

Je l'ai! C'est bon, annonça Ed, tandis qu'Hermione regardait son ami mi- soulagée, mi- exaspérée.

Ils montèrent à bord de la petite voiture qui prit la direction du château.

Ed, tu n'étais pas censé prendre une barque pour te rendre à la répartition ? Demanda Harry.

Peut-être je n'en sais rien. Mais puisque je suis en retard je dois me contenter de ça. C'est quoi ces créatures qui tire la diligence ? Questionna le blond en pointant les sombrals du doigt.

Il remarqua alors le mal-être dans lequel il avait plongé les trois amis.

Des sombrals, lui indiqua la jeune fille avec amertume.

Edward se rembrunit à l'entente du nom de la bête mi cheval mi chauve-souris.

Ah oui! J'en ai entendu parler dans un livre, souffla-t-il perdant toute trace de son sourire.

Il avait l'air tellement plus grave et ce changement soudain surpris Harry. Le regard du blond était dur et glacial comme le marbre, fixant la route devant lui avec tristesse.

Hermione, voyant la mine sombre de ses deux amis, engagea un sujet sur le mauvais traitement des Elfes de maison et la façon dont elle pourrait y remédier. Elle expliqua à Edward, qui ne l'écoutait absolument pas, les principes de son association, la S.A.L.E et quels étaient déjà les membres. La liste était courte car il n'y avait qu'eux trois, les autres élèves apparemment trop insensibles aux mauvais traitements des elfes. Harry n'entendait pas Hermione déblatérer ses inepties, son cœur battant de plus en plus vite à mesure qu'ils approchaient du château. Enfin il était de retour chez lui, sa maison, le seul endroit qu'il pouvait considérer comme son foyer. Poudlard. Il se retourna vers Edward qui regardait toujours droit devant lui, la mâchoire serrée, le visage fermé.

Bientôt, ils purent apercevoir le château se dessiner à la faible lueur de la lune, ses quatre tours imposantes se dressant dans le ciel étoilé et dont l'image se reflétait dans l'immense lac aux eaux noires et stagnantes. Un courant impressionnant d'énergie semblait alimenter cette forteresse, un flux continuel de magie qu'Edward sentait jusqu'au bout des doigts comme s'il s'en imprégnait. Une énergie différente de tout ce qu'il avait connu jusqu'ici et qu'il n'avait expérimentée qu'une fois : lorsqu'il avait choisi sa baguette. Sauf que maintenant, la sensation était décuplée, beaucoup plus intense.

En passant le grand portail de fer, Edward entendit les portes se refermer sur lui dans un grincement lent et sinistre. Il ne pouvait plus reculer, il le savait et cette école pourrait bien être la dernière étape avant la réussite et l'obtention de ce qu'il cherchait tant. Alors pourquoi avait-il l'impression qu'un piège venait de se refermer sur lui, le condamnant à rester dans ce cercle vicieux de l'espoir suivi de près par l'échec. Indécis mais pas découragé pour un sous, le Fullmetal scruta sa nouvelle prison.

Tout ce qu'il espérait, c'était que la nourriture y fût bonne…

- Al ! Tu peux venir m'aider ! s'écria Winry depuis le hangar.

Alphonse interrompit les caresses sur le ventre de Den et alla aider son amie d'enfance qui portait une dizaine de bûches à elle toute seule.

- Fais attention ! la prévint-il en rattrapant l'une d'elle de justesse.

Ils transportèrent le bois à l'intérieur de la maison, sous l'œil attentif de Pinako qui regardait le jeune Elric se mouvoir dans son imposante armure.

- Dis-moi Alphonse, tu as des nouvelles d'Ed ? Demanda la vielle femme en retirant sa pipe de sa bouche.

Il secoua la tête de gauche à droite.

- Malheureusement non. Avant de partir il m'a fait savoir que la poste des sorciers était un peu… spéciale et que dès qu'il pourrait, il m'enverrait une lettre.

S'affalant dans le vieux sofa aux plaides déchirés, Winry poussa un profond soupir.

- C'est tout lui ça… Tout le temps à chercher des excuses. Quoi qu'il en soit tu dois être content, dans peu de temps tu auras ton corps.

A cette pensée, Al sourit intérieurement. Oui, il allait sans doute pouvoir récupérer son corps et il jubilait d'impatience. Tout ce qu'il espérait, c'était que cette histoire d'école de magie ne prenne pas trop d'ampleur dans leur vie, particulièrement dans celle d'Edward que l'armée exploitait déjà suffisamment.

- Fais vite frangin, je t'attends, souffla l'armure en regardant le ciel écarlate et zébré de nuages orangés.

Quelle heure était-il là-bas ? Y avait-il du soleil ? Est-ce qu'il lui manquait ?

Jamais Al n'avait eu autant l'impression d'être séparé de son frère.

On sent le manque d'inspiration pour cette fin, non ? En tout cas merci d'avoir lu, place aux reviews (ou pas). A la semaine prochaine !