Chers Lecteurs,

Comment exprimer ma gratitude pour les merveilleux commentaires reçus? Et bien en les listant ci-dessous:

Litany: ma lectrice la plus fidèle depuis des années! Désolée pour les cliffhangers, mais tu sais combien j'aime ça ^_^; je t'ai préparé une provision de kleenex!
VirtualJBgirl: je n'aurais pas pu rêver de commentaires aussi élogieux; you make my day! Merci milles fois.
Alienre777: si tu les lis deux par deux, les fins de chapîtres risquent de peser doublement, à toi de voir.
Yuna29: merci mille fois de me suivre dans cette aventure :-)
Guest: qui que vous soyez, merci de me rendre visite.

Et maintenant, place à nos héros!

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Chapitre 3

Le trajet de retour fut moins enchanteur qu'à l'aller. De toute évidence, le fait que Castle avait rassuré Kate sur son humeur n'était qu'un écran de fumée. Quoi qu'il en soit, elle avait décidé de prendre sur elle. Castle avait parfois ces petits moments, ces passages à vide, notamment quand il était en panne d'inspiration, juste à quelques jours de la remise de son manuscrit à son éditeur. Si ce n'est que cette fois, il ne s'agissait pas d'un manuscrit. L'écrivain semblait être en proie au malaise même qui frappait d'ordinaire les victimes de ses romans.

Lorsqu'ils pénétrèrent dans le loft, Castle appela d'une voix claire :

- Mère ? Alexis ?

Personne ne lui répondit. Kate le regarda d'un air étonné.

- Elles ne sont pas rentrées.

Castle fonça dans la chambre de sa fille et revint avec un sourire crispé.

- Si, elles ont dû rentrer dans la journée.

- Mais tu m'as dit que c'était prévu pour demain, non ?

- C'est ce que je pensais. Elles ont dû changer d'avis. La valise d'Alexis est dans sa chambre, dit-il en montant l'escalier à toute vitesse. Les bagages de ma mère sont là aussi, ajouta-t-il en redescendant, un peu essoufflé.

Il sortit son portable de la poche de sa veste et composa le numéro de Martha. Il tomba sur son répondeur et laissa un message. Le portable d'Alexis n'était pas joignable non plus.

Kate s'approcha de lui et lui prit le téléphone des mains.

- Bon, à présent, tu peux te détendre, on sait qu'elles sont rentrées, elles ont déposé leurs valises et sont ressorties se balader quelque part dans New York. Quant à nous, il reste la fin de la journée avant de reprendre le collier demain.

Castle se laissa convaincre qu'il avait le droit et le devoir de décompresser. Après les heures qu'ils venaient de vivre, et la mauvaise humeur dont il avait fait preuve envers Kate, il estima lui devoir une soirée de tendresse.

O*o*o*o*o*o*o*O

Vers vingt-et-une heure, Martha et Alexis n'étaient toujours pas rentrées. Castle recommença à tourner en rond. Il appela les deux portables à plusieurs reprises. Cette fois, les messageries ne se déclenchaient même plus.

- Il a dû arriver quelque chose. Ce n'est pas le style de ma mère, ni d'Alexis d'ailleurs, de ne donner aucune nouvelle… et de rentrer si tard, surtout après leur virée épuisante à DC.

Castle se tourna vivement vers Kate.

- Il faut lancer un avis de recherche !

- Castle, il faut attendre 48 heures, tu le sais tout comme moi.

- Que dois-je faire, d'après toi ? Attendre ? Devenir dingue ? Imaginer le pire ?

- Castle, murmura Kate, tandis qu'elle prenait ses mains dans les siennes. Il doit y avoir une explication logique.

- Mais tu ne comprends pas, ça recommence !

Kate ne put réprimer un frisson.

- Non Castle ! Ne dis pas ça. Nous ne savons pas...

- Justement ! l'interrompit Castle. Nous ne savons rien ! Elles sont rentrées plus tôt que prévu, elles sont passées au loft, elles ne sont pas joignables depuis des heures, mais à part ça, tout va bien !

Il était énervé. Toutefois, Kate se dit qu'il ne réagissait pas comme lors de l'enlèvement d'Alexis. Cette fois, Kate décela dans son regard un mélange d'anxiété et de peur, mais à un degré bien supérieur. Elle songea au cauchemar qu'il lui avait raconté. Et si Castle avait véritablement eu un pressentiment ? Non, rien de tout cela ne tenait debout. Ils allaient découvrir le fin mot de tout ceci. Peut-être les deux femmes étaient-elles tout simplement dans une zone qui n'était pas couverte par une antenne relai. Peut-être étaient-elles dans un métro. Peut-être…

Kate ne put s'empêcher d'imaginer leur tableau blanc, avec les photos de Martha et d'Alexis, et une ligne de temps.

Elle était persuadée qu'ils ne pouvaient lancer un avis de recherche avant deux jours. Les deux personnes manquantes étaient adultes. Impossible de trouver un moyen d'accélérer la procédure. Elle eut du mal à se l'avouer, mais sans meurtre, il n'y avait même aucun moyen de lancer l'enquête au sein de la Criminelle.

Castle serrait son portable dans la main gauche et appuyait frénétiquement sur les touches, essayant en vain de joindre sa mère ou sa fille.

- Et si quelqu'un était venu les chercher ici ? dit-il.

- Castle, attends avant d'imaginer quoi que ce soit.

- Mais elles ont peut-être été suivies jusqu'au loft. Ils sont entrés de force au moment où elles ont ouvert la porte et…

- Castle, regarde autour de toi. Tu vois bien qu'il n'y a aucune trace de lutte, tout est en ordre. De plus, tu m'as dit avoir vu leurs valises, elles ont donc eu le temps de les déposer tranquillement en rentrant de Washington. Aucune trace d'effraction sur la porte ou la serrure. Rien n'est cassé ni renversé. Admets-le, pour l'instant, nous n'avons aucun élément nous permettant d'émettre une quelconque hypothèse.

- Je sais, Kate. Mais ça me rend dingue. Dis-moi que ça ne va pas recommencer, supplia-t-il, au bord des larmes.

Kate n'eut pas besoin de lui demander ce qu'il voulait dire.

Depuis qu'Alexis avait été enlevée et séquestrée loin de lui, son instinct de papa poule avait pris des proportions hors normes. Il avait même encouragé sa fille à emménager au loft à nouveau, ce qui, bien sûr n'était pas au goût d'Alexis. Elle savourait depuis peu sa nouvelle indépendance, et malgré tout l'amour et la tendresse qu'elle vouait à son père, elle avait hésité à accepter sa proposition. Castle s'en voulait à présent de ne pas avoir insisté. Mais elle était majeure, il n'avait plus aucun droit de lui imposer quoi que ce soit. Leur complicité demeurait intacte, mais Alexis avait besoin d'une plus grande liberté de mouvements. Pas question d'un fossé entre eux. Simplement, la jeune fille avançait inexorablement vers son statut de femme adulte.

Kate pouvait ressentir, en observant le visage de Castle, ce qu'il éprouvait en cet instant précis : il avait peur de perdre sa fille, sa mère, et peut-être la raison dans la foulée. Son arme, son badge, sa longue expérience d'inspecteur de la criminelle ne lui étaient d'aucune utilité dans l'immédiat. Il n'y avait pas eu mort d'homme – de femme –Dieu merci !

Elle eut une idée qui pouvait éventuellement permettre d'avancer sur ces disparitions. Mais elle se garda bien d'en parler à Castle. Si cela échouait, il serait terriblement déçu et lui en voudrait sans doute davantage.

Castle tournait en rond dans l'appartement.

- Quand je pense que j'ai failli installer un système d'alarme après l'affaire des bijoux.

- Crois-tu que ça aurait changé quoi que ce soit ? Castle, réfléchis un instant, nous pouvons être pratiquement certains que si – je dis bien « si »- elles ont été enlevées, ça n'a pas eu lieu ici.

- Dis-moi ce que je dois faire ? Cette fois, je suis perdu, Kate.

Elle s'approcha de lui et lui prit les mains en le regardant dans les yeux, comme elle le faisait souvent quand ils traversaient des moments difficiles.

- Demain, nous lancerons un avis de recherche, même si ça ne fait pas 48 heures, je m'en fiche, je forcerai la procédure. Et puis…

Elle faillit ajouter quelque chose, mais se retint juste à temps. Heureusement, Castle était loin, perdu dans des pensées trop noires.

- J'ai le sentiment de devoir payer une terrible dette, murmura Castle pour lui-même.

- Que veux-tu dire ? demanda Kate.

Castle dégagea ses mains de celles de la jeune femme et s'approcha de la fenêtre. Il fixa sans le voir un bâtiment au loin.

- Chaque fois qu'une difficulté s'est présentée à moi, le destin s'est toujours arrangé pour qu'elle se résolve dans les meilleures conditions. Mes deux divorces se sont plutôt bien déroulés, j'ai une fille formidable, une mère courageuse, un père qui – même absent – a toujours eu un œil sur ma famille, une compagne hors du commun et j'ai le sentiment que tout cela a un prix. C'est pour ça que j'ai peur, Kate. J'ai peur de perdre tout ça. Peur de ne pas avoir la force d'affronter ce qui va arriver.

- Mais il ne va…

- Kate, je sais que quelque chose de mauvais est sur le point de se déverser dans ma vie ! Je le sens. Je t'ai dit que j'avais un pressentiment quand nous étions aux Hamptons. J'avais raison, tu vois. C'est arrivé.

- Rien n'est arrivé, Castle, nous ne…

- Je t'en prie, Kate ! Regarde-moi !

Castle avait haussé la voix, ce qu'il faisait rarement en compagnie de Kate, ni de qui que ce soit d'ailleurs.

- Je n'ai aucun moyen de savoir ce qui s'est réellement passé. Mais je sens au fond de moi un drame sur le point de déferler.

- Ne dis pas ça ! Sache que dès demain, nous allons tout mettre en œuvre pour les retrouver.

Kate aussi venait de hausser le ton, ne serait-ce que pour contrer la dépression dans laquelle elle sentait glisser Castle.

- Mais tu ne peux rien faire, ce n'est pas du ressort de la criminelle.

- Je m'en fiche ! Je tirerai toutes les ficelles nécessaires et crois-moi, nous les retrouverons. Je te le promets.

Castle fixa Kate dans les yeux. Il était à cran. Kate reconnut la même émotion que celle dont il avait fait preuve lors de la disparition d'Alexis. Elle s'approcha de lui et très lentement se blottit dans ses bras, moins pour y chercher de la douceur que pour lui prodiguer sa chaleur, le rassurer, lui faire comprendre qu'elle était à ses côtés, dans tout ce qu'il entreprendrait.

(À suivre…)