Disclaimer : voir début de la fic.

Je remercie très chaleureusement toutes les personnes qui lisent cette fic et/ou laissent des reviews, en particulier : Isabellelp, septentrion, SyCca, cyssi, adenoide, DrDanaScully, LaLaLa, Gally et amandine, encore merci à vous pour les encouragements et gros bisous !

Ce chapitre contient la mention d'un personnage qui par la suite va devenir récurrent : il s'agit d'Elanor McLeod, Poufsouffle de son état et bien d'autres choses encore ! Merci à Isabellelp de m'avoir inspirée ce personnage ! La suite sera un peu plus longue à venir puisqu'elle n'est pas encore écrite ! En espérant que ce chapitre vous plaira, je vous souhaite à tous une bonne lecture !

Chapitre 4 : Réunion au sommet.

Dans la salle des professeurs, les enseignants étaient réunis pour la traditionnelle réunion de pré-rentrée. La plupart parlait de leurs vacances, enfin pour ceux qui avaient pu en prendre…

Severus, la mine plus renfrognée qu'à l'ordinaire, ne participait pas à ce bavardage grotesque et futile. Il était au-dessus de tout cela. Cependant, il ne put s'empêcher de refaire l'historique de ses vacances. HORRIBLES… Il n'y avait pas d'autres qualificatifs. Entre être obligé de rester à Poudlard et son « coup de blues » de la dernière fois, s'en était pathétique ! Sans oublier bien sûr, et pour couronner le tout, sa soirée de beuverie au Xérès avec Trelawney ! D'ailleurs, quand il s'était réveillé quelques heures plus tard, le maître des potions s'était directement rendu à la tour d'Astronomie afin de s'assurer qu'elle ne gardait aucun souvenir de ce qu'il avait pu dire. Il avait été soulagé de constater par Legilimancie que cet épisode peu glorieux de sa vie (à lui en tout cas) était profondément enfoui dans son subconscient. Cependant, ne voulant courir absolument aucun risque, il s'était concentré sur ce souvenir avant de jeter un Oubliettes à une Sibylle visiblement encore éméchée…

Il soupira et reporta son attention sur ses collègues. Tous les enseignants attendaient que le directeur prenne la parole pour leur débiter ses habituelles et ennuyeuses annonces de rentrée. Tous ? Non. A côté du professeur de potions une chaise demeurait inoccupée.

– Bien. Je vois que le professeur Monk a, pour une fois, fait preuve de bon sens en décidant de ne pas retenter sa chance cette année, fit Rogue narquois.

– Non, en effet… répondit Dumbledore. Ses phobies, troubles obsessionnels compulsifs et autres manies ont à nouveau pris le dessus et il a décidé, après une rencontre avec son Magicopsychothérapeute, de poursuivre sa convalescence dans le monde moldu.

– Comme c'est triste. Le monde magique aura du mal à se remettre de cette perte tragique.

Le ton du maître des potions était on ne peut plus ironique et sarcastique, ce qui lui valut un oeil désapprobateur de la part de Minerva McGonagall. Il lui renvoya un de ses regards les plus froids et meurtriers. La directrice-adjointe finit par détourner la tête pour reporter toute son attention sur le cher Albus Dumbledore. Rogue, lui, émit un reniflement hautain.

C'est ça Minou, coucouche panier !!!

Le directeur toussota avant de déclarer, de son habituelle voix bienveillante :

– Tout d'abord, je tiens à vous souhaiter à tous une bonne rentrée, j'espère que vous avez tous bien profité de vos vacances et que vous vous êtes bien reposés… Et Rolanda, avant que vous ne me le demandiez, étant donné le contexte politico-socio-économique dans lequel se trouve le monde magique, le Ministère m'a fait savoir que votre stock de balais ne pourra être renouvelé… Désolé. D'autre part, comme je vous le disais précédemment, le professeur Monk ayant décidé de nous quitter, il m'a fallu songer à lui trouver un remplaçant. Cela n'a pas été facile. Ce fut même un choix cornélien car il fallait quelqu'un de particulièrement doué en la matière…

Severus tourna la tête vers le vieil homme, intéressé. Se pouvait-il que finalement tous ses sacrifices aient payés ? Qu'aujourd'hui soit son jour de chance ?

– …Mais aussi quelqu'un qui était déjà familiarisé avec les lieux et l'équipe enseignante… C'est une personne pour qui j'ai une grande estime et qui a toute ma confiance.

Voyons…« particulièrement doué… déjà familiarisé avec les lieux et l'équipe enseignante… » Moi ? Ca ne peut être que moi ! Depuis le temps, il se décide enfin à…

– C'est donc avec un immense plaisir que je vous annonce à tous, très chers collègues, que cette année le professeur de Défense contre les forces du Mal n'est autre que… Remus Lupin !

Je m'disais aussi… QUOI ???

La porte s'ouvrit alors et le professeur Lupin pénétra dans la pièce en faisant un timide sourire à l'assemblée. Son visage semblait marqué par la fatigue et la lassitude, pourtant la pleine-lune n'était pas prévue avant plusieurs semaines. Le maître des potions jeta un regard des plus polaires au loup-garou alors que ce dernier prenait place à ses côtés. Sa grimace de dédain se changea en un sourire carnassier lorsque son nez, à l'odorat particulièrement développé, sentit un effluve inhabituel émaner du lycanthrope. Bientôt cette fragrance embaumait littéralement la salle des professeurs. Une senteur qui rappelait la Provence… De la lavande !

– Eh bien, Lupin, te serais-tu perdu dans un champ de Lavandula angustifolia lors de la précédente pleine-lune ? A moins que tu ne te soies subitement découvert une passion pour cette fleur ne possédant aucune propriété magique... Bien que je reconnaisse cependant que cet arbrisseau dicotylédone appartenant, selon la classification linnéenne, à la famille des Lamiacées, soit très couramment utilisée pour ses propriétés odorantes dans la parfumerie moldue, de même que dans les parfums sorciers de qualité médiocre et standard. Si c'est tout ce que tu es capable d'offrir à la dame de tes pensées, Lupin, je ne crois pas que tu la conserveras très longtemps. Mais, d'après ce que je peux sentir, tu me sembles particulièrement « expert » en la matière.

– Ce n'est pas moi qui me suis découvert une "passion subite" pour la lavande, comme tu dis, fit le loup-garou en baissant la tête, penaud ; mais plutôt le jeune Ron Weasley…

Cette phrase lui attira immédiatement les regards perplexes et étonnés des autres professeurs, et en particulier celui du professeur de métamorphose. Rogue quant à lui fixait toujours le nouveau venu intensément, un sourire sardonique fendant son visage, ses vacances n'étaient peut-être pas si mauvaises que cela après tout et il pouvait toujours s'amuser aux dépens du pathétique homme-loup. Ce dernier soupira avant de continuer d'une voix lasse :

– D'ailleurs il me tardait de pouvoir enfin prendre possession de mes quartiers pour ne plus avoir à supporter toute cette lavande !!! Et oui, Severus, désolé, mais tu devras patienter encore un peu ! Le Terrier est devenu pire que l'Enfer...

– Remus, n'exagérons rien, dit Dumbledore dans un sourire.

– Non, je n'exagère pas... Croyez-moi j'aimerai que cela soit le cas… Heureusement pour Ronald Weasley que cette plante n'est pas mortelle à TRES FORTE dose !

Le maître des potions eut un reniflement hautain avant de continuer sarcastiquement :

– Voyons cela, Mr Weasley aurait-il enfin découvert le mode "on" de son cerveau ?

Remus préféra ne pas porter attention à la remarque, il regardait Dumbledore et McGonagall avec des yeux presque larmoyants.

– Je n'en peux plus…

– Remus voyons, calmez-vous... tenta doucement le directeur.

– Non, vous ne comprenez pas ! J'en ai par-dessus la tête de la lavande ! En fait tout le Terrier est au bord de l'overdose ! Il cultive la lavande, la distille… Tu serais vraiment fier de lui Severus, si tu voyais ce qu'il arrive à faire avec son alambic, qu'il a construit tout seul qui plus est ! Et il en fait toutes sortes de choses : des sachets pour mettre dans le linge, du shampooing, du gel douche, du dentifrice et sa dernière trouvaille : des bonbons à la lavande ! Même vous, Albus, qui adorez les confiseries, vous finiriez par craquer… Molly n'en peut plus, Arthur fuit le domicile conjugal… Miss Weasley veut s'enfuir au plus vite, Miss Granger s'est recluse dans sa chambre pour se consacrer à ses lectures et ne parlons pas de Harry qui a un comportement pour le moins étrange ! C'est la Berezina !

Dumbledore caressa lentement sa barbe, et reprit sur un ton plus soucieux :

– Expliquez… Harry a un comportement étrange ?

Le professeur Lupin se pinça l'arrête du nez, il soupira longuement et regarda alternativement le directeur et son adjointe dont les mains serraient, avec une anxiété nette, un mouchoir écossais.

– Mes Gryffondor… ! se lamenta-t-elle.

Remus continua son laïus :

– Il est le seul ne semblant pas touché par la folie lavandesque qui règne au Terrier ! C'est très simple mon cher Albus, il lit ! Il lit tout le temps ! C'est à se demander s'il n'est pas devenu le double masculin de Hermione Granger !

A ces mots, le professeur Rogue déclara sur son ton le plus doucereux et ironique :

– Lui aussi a ENFIN découvert la fonction de son cortex cérébral... Il était temps... Enfin tout dépend le genre de livres qu'il lit et, vu son âge, j'ai bien une idée sur ce que sont ses prétendues « lectures »...

Lupin leva les yeux au ciel exaspéré.

– Oui, alors on a un manuel de défense contre les forces du Mal niveau 7, un autre niveau Auror, divers manuels de sortilèges et de métamorphose niveau 7 et supérieurs. Sans oublier, les livres de potions qu'il lit en abondance dont Potions et décoctions oubliées de Pierre Fiole, le plus grand alchimiste français de la période médiévale.

– Je vois que Potter a toujours un énorme problème d'ego puisqu'il entreprend même des choses qui dépassent de TRES loin son niveau de compétence.

– Severus, pense ce que tu veux… N'empêche qu'il a réussi toutes les potions qu'il a expérimenté depuis son arrivée au Terrier… Avec Miss Granger, ils forment véritablement un tandem de choc ! Si seulement Ronald Weasley pouvait être un peu plus raisonnable !

– Allons, allons ! reprit le directeur, rassuré que cela ne soit pas plus grave. Je vous accorde que le jeune Weasley pourrait faire quelques efforts de concentration, mais que voulez-vous ? Il faut bien que jeunesse se passe ! Et puis, nous savons tous ce que c'est d'être amoureux et de faire des choses quelque peu étranges, de se sentir pousser des ailes !

Mais tel Icare, on finit toujours par les brûler et par y laisser son âme… songea sombrement le maître des potions.

Dumbledore prit à nouveau la parole après un sourire bienveillant en direction de Remus et un clin d'œil à Minerva qui piqua un fard. Puis la discussion sur les nominations des nouveaux Préfets de maison et des Préfets en chef commença… Lorsqu'ils eurent fini, le directeur aborda alors le sujet qui lui tenait réellement à cœur.

– Bien. Maintenant que ceci est réglé, il est temps de passer à la partie la plus intéressante et la plus importante de cette réunion… Comme vous le savez sûrement tous, au début des vacances un nouveau décret concernant l'enseignement a été adopté par le Ministère de la Magie et le Magenmagot, et ce à l'initiative de ce cher Cornelius Fudge. Comme le prévoit la Constitution Magique, article 26395, section EM4553, paragraphe 333, sous-paragraphe BZ3X, alinéa 57 : « Tout décret concernant l'instruction magique, domaine de très grand intérêt pour le Ministère ; lu, voté et approuvé conjointement par le Ministère et l'honorable chambre du Magenmagot pourra, nonobstant les contraintes dues à une éventuelle situation de crise au sein du monde magique ; être mis en application, en accord avec les autorités compétentes, dans la rentrée qui suivra la promulgation dudit décret. » Donc, comme vous l'avez certainement tous compris, le décret voté au début des vacances entrera en application au 1er septembre.

Il fixa l'assemblée, les yeux brillants de malice comme un enfant préparant une bonne blague puis continua :

– Maintenant, il est temps que je vous explique ce qu'il contient exactement. Ce texte de loi concerne plus précisément les septièmes années, il prévoit que les élèves se destinant à l'enseignement ou possédant des aptitudes particulières, peuvent se spécialiser dans une matière, ceci après examen des dossiers de candidature puisqu'il n'y a qu'un apprenti par matière. Les élèves ayant choisi de se spécialiser auront une épreuve supplémentaire aux ASPIC qui portera sur leur spécialité. Cette disposition comprend aussi une initiation au métier d'enseignant, chaque élève choisi sera sous la tutelle du professeur de sa matière de spécialité, avec lequel il préparera les cours, les devoirs mais effectuera aussi, conjointement avec l'enseignant, les corrections de ces derniers. Avez-vous des questions ?

Le professeur Chourave regarda autour d'elle avant de se lancer :

– Mais Albus, comment allons-nous organiser cela en aussi peu de temps ? Mettre les élèves de septième année au courant, organiser des entretiens pour ceux qui seront intéressés et modifier les emplois du temps pour ceux qui auront été retenus ? Ce n'est tout simplement pas possible !

Le regard du vieux sorcier croisa celui du professeur de métamorphose avant de se reposer avec son éternelle bienveillance sur le professeur de botanique :

– Je m'attendais à ce que l'un d'entre vous me fasse cette remarque, ma chère Pomona. C'est pourquoi je me dois de vous dire que des dispositions ont été prises dès la promulgation du décret. Minerva et moi-même avons envoyé, dès la deuxième semaine de Juillet, des dossiers de candidature aux élèves qui entreraient en septième année toutes maisons confondues. Nous avons ensuite fait le tri parmi ceux qui avaient répondu non seulement en fonction de leurs résultats scolaires, en prenant en compte les BUSE, mais aussi l'intérêt manifeste pour la matière souhaitée. Pour ce faire nous leur avions demandé de rédiger un essai sur la matière choisie et les motivations de ce choix. Je dois dire que certains nous ont même grandement surpris… Malheureusement, je dois aussi vous dire que certaines matières n'ont pas été choisies…

A cette phrase, le professeur Rogue retint un soupir de soulagement. Aucun n'élève n'avait été assez idiot pour se spécialiser dans sa matière. Cela tombait bien car il n'avait pas besoin d'un de ces inaptes qui n'avait jamais rien compris au noble art qu'il s'échinait à leur enseigner. Néanmoins, il était quand même un peu déçu que pas un seul Serpentard n'y ait songé.

Le directeur fit un rapide tour d'horizon de la salle. La nouvelle semblait avoir été prise avec beaucoup de calme.

– Maintenant, je ne vais pas vous faire attendre plus longtemps. Minerva, veuillez me donner la liste s'il vous plait.

La directrice-adjointe lui tendit un bout de parchemin.

– Merci.

Il ajusta ses lunettes sur son nez aquilin puis regarda à nouveau l'assemblée, un sourire malicieux aux coins des lèvres.

– En ce qui concerne l'Arithmancie, professeur Vector, notre choix s'est arrêté sur un élève qui a montré un vif intérêt pour votre matière, il s'agit de Mr Blaise Zabini. Pour l'Astronomie, professeur Sinistra, vous aurez sous votre responsabilité quelqu'un connu pour être assez tête en l'air bien qu'étant à Serdaigle, il s'agit de Miss Mandy Brocklehurst. Professeur Chourave, je suis sûr que votre apprenti vous donnera entière satisfaction puisqu'il possède des compétences indéniables dans cette matière qu'il souhaite d'ailleurs enseigner une fois qu'il aura achevé son cycle d'études. Cet élève n'est autre que Mr Neville Londubat.

Cette annonce fut immédiatement suivi par un reniflement sarcastique. Dumbledore porta un instant ses yeux d'un bleu électrique sur le maître des potions, une lueur étrange les illuminait alors qu'un sourire espiègle se dessinait sur ses lèvres. Puis il continua, regardant alors le professeur de Soins aux créatures magiques.

– Hagrid, nous avons examiné plusieurs dossiers de candidature afin de choisir votre apprenti et notre choix s'est finalement porté sur Mr Justin Finch-Fletchley, félicitations. En ce qui concerne la Défense contre les forces du Mal, mon cher professeur Lupin, le choix nous a semblé évident étant donnée la tâche qui lui incombe. Vous serez donc le superviseur de Mr Harry Potter.

– C'est bien ce que je pensais, fit Rogue sèchement. Fudge n'a rien à voir dans cette histoire, il n'est tout simplement pas assez intelligent pour en avoir eu l'idée. Je ne serai pas étonné si en fait ce « décret » était dû plutôt à votre initiative, Albus.

– Allons, Severus. Ce n'est tout de même pas ma faute si l'on m'a nommé au Magenmagot. Mais je constate aussi que votre « mission » a aiguisé vos sens déjà très affûtés et que votre logique ainsi que votre esprit de déduction sont toujours aussi implacables.

Calé sur le dossier de sa chaise, les bras croisés, l'homme en noir bougonna quelque chose d'incompréhensible.

– Bien, reprenons. Où en étais-je ?

– Vous en étiez à votre très cher Potter à l'ego surdimensionné. Trait caractéristique des mâles de cette famille d'ailleurs, répondit celui que tous les élèves surnommaient le « Vampire des cachots. »

– Hum, hum, toussota McGonagall visiblement agacée par le comportement de son collègue, puis elle tourna les yeux vers son supérieur hiérarchique.

– Oui, Minerva, je vais reprendre.

Puis il ajouta avec un clin d'œil en direction du directeur de Serpentard :

– Ne vous en faites pas Severus, votre tour viendra aussi.

Qu'est-ce qu'il veut dire par là ? Un de ces morveux ignares aurait-il eu assez de prétention pour choisir mon illustre cours ? Mais ce sont tous des cloportes incapables !!! Enfin, presque tous… Non ! Ca ne peut pas être ça, il a dit que certaines matières n'avaient pas d'apprenti… Et étant donné mes recherches, mon rôle d'espion pour l'Ordre et mes obligations en tant que directeur de Serpentard, il ne m'aura pas foutu un autre fardeau supplémentaire sur les bras… Je sais que c'est un vieux fou mais quand même…

– Donc, après la Défense contre les forces du Mal vient, tout naturellement, la Divination, car oui, Sibylle, vous et Firenze avez la charge d'un élève… Ou plutôt devrais-je dire une élève, puisqu'il s'agit de Miss Lavande Brown.

– Oh non ! Par pitié, arrêtez avec la lavande… geignit Lupin. Je m'excuse, je n'ai rien contre Miss Brown en particulier, mais c'est simplement qu'il va me falloir un certain temps avant de me remettre de mon « intoxication » lavandesque. Mais cela me m'empêchera pas d'assurer mes cours, Albus soyez-en assuré, ajouta-t-il en voyant un rictus féroce se dessiner sur les lèvres de son sombre voisin.

– Oui, Remus… bien sûr, sourit le vieil homme avant de reporter son attention sur le parchemin qu'il tenait dans les mains. Pour l'Etude des Moldus, professeur Didasco, je vous annonce que votre élève n'est autre que Miss Susan Bones. Concernant l'Etude des Runes, je suis navré professeur Archéos, mais vous n'aurez malheureusement pas d'apprenti cette année. Mais poursuivons… En Enchantements, mon cher professeur Flitwick, je suis sûr que vous serez particulièrement ravi de prendre sous votre aile Mr Terry Boot. Toutes mes félicitations, Filius ! Pour l'Histoire de la Magie, professeur Binns, je suis au regret de vous dire que vous non plus n'aurez pas d'élève à charge…

– Ce n'est pas grave, répondit le fantôme de son habituelle voix monocorde. C'est tellement… tuant comme profession que je ne suis pas étonné.

C'est plutôt son cours qui est tuant, songea Severus, des souvenirs de sa scolarité lui revenant en mémoire.

– Ceci étant réglé, continuons avec la Métamorphose… Ma chère Minerva, comme vous le savez déjà votre apprenti cette année n'est autre que Mr Dean Thomas.

Le professeur McGonagall esquissa un vague sourire en hochant légèrement la tête. Elle semblait contente mais pas plus que cela.

– En Quidditch/Vol, professeur Bibine, je dois vous dire que votre matière a reçu un certain nombre de propositions, dont une qui nous a particulièrement surpris mais qui a retenu toute notre attention. Il s'agit d'un Serpentard et je dois dire qu'on ne l'attendait pas dans ce domaine, tant il est peu probable que sa famille soit ravie de ce choix puisqu'il s'agit de Mr Drago Malefoy.

Le professeur de potions affichait une expression froide et impassible donnant à penser que cette nouvelle glissait sur lui comme de l'eau sur les ailes d'un canard, seulement il n'en était rien, cette annonce l'avait vivement piqué dans sa fierté.

QUOI ??? Drago Malefoy apprenti en Quidditch/Vol ? Il n'a même pas songé à prendre Potions, ce scolopendre à l'intelligence à peine plus développée qu'un Véracrasse ou une paramécie ?!!! Mais, si son intention était d'écourter au plus vite sa pitoyable existence, son vœu risque fort d'être exaucé car je doute fort que ce cher Lucius fête cette « révélation » en offrant au Premier Cercle une tournée générale de Vodka LanceFlamme, enfin… le jour où il sortira d'Azkaban…

– Enfin, concernant les Potions, mon cher Severus, vous serez sans doute ravi d'apprendre que votre matière a suscité l'intérêt d'une jeune personne. A vrai dire son choix nous a, Minerva et moi-même, sidéré sans vouloir vous offenser bien sûr.

L'homme en noir observa alternativement son supérieur dont les yeux brillaient d'une étincelle espiègle et sa collègue. La directrice-adjointe, à cette annonce, avait pincé ses lèvres avant de fixer le maître des potions. Dans ses yeux, Severus pouvait y voir très nettement de la rancœur mais aussi une certaine appréhension. Il se demanda aussitôt ce que tout cela pouvait bien signifier. Mais avant qu'il ne puisse poursuivre plus loin ses réflexions, Albus Dumbledore enchaîna :

– Ce n'est pas que nous doutions que quelqu'un souhaiterait se spécialiser dans votre art, Severus, mais le fait est que nous pensions aussi que cela intéresserait plutôt Miss Elanor McLeod puisque son ambition est de devenir Médicomage, mais apparemment cela ne lui a même pas traversé l'esprit.

– En parlant de Miss McLeod, intervint vivement le professeur Chourave. Albus, auriez-vous des nouvelles de ma chère Poufsouffle ?

Ce dernier s'éclaircit la voix avant de répondre au professeur de botanique.

– Oui, ma chère Pomona. Ne vous inquiétez pas, le départ de Miss McLeod avant la fin de l'année scolaire n'était pas aussi alarmant qu'il n'y paraissait… En fait, cela avait un lien avec une tradition propre à son clan situé au fin fond des Highlands. Et puis, vous connaissez les Ecossais !

Cette phrase lui valut un regard désapprobateur de la directrice de Gryffondor. Néanmoins, Dumbledore continua :

– Elle m'a tenu au courant par hibou de l'évolution de la situation. Une histoire d'initiation, je crois et, actuellement, elle s'occupe de sa grand-mère qui se trouve dans une situation plutôt délicate…

– Par Merlin ! La pauvre enfant ! J'espère qu'il n'y a rien de grave… l'inquiétude de la responsable de Poufsouffle était parfaitement perceptible.

– Non, Pomona, rassurez-vous. Miss McLeod aide simplement sa grand-mère à se remettre d'une crise de foie due à une ingestion massive de haggis et de Odgen's Old Whisky. Apparemment ces deux éléments ne font pas bon mélange. N'est-ce pas Minerva ?

En réponse cette dernière toussota de manière réprobatrice. Raide sur sa chaise, Severus Rogue commençait sérieusement à trouver tout ce bavardage sur les traditions écossaises extrêmement grotesque et agaçant. On s'éloignait franchement du sujet ce qui, en ce moment précis, était en train de l'exaspérer au plus haut point. Qui pouvait donc bien être assez inconscient pour l'avoir choisi comme superviseur ? Non, mais vraiment, il n'avait pas besoin de cela ! Comment pourrait-il sérieusement continuer son espionnage auprès du Mage Noir, s'il avait sans arrêt un imbécile empoté dans pattes !

Manquerait plus que ça soit un Gryffondor !

– Si cela ne vous dérange pas, peut-être serait-il temps de reprendre le cœur du sujet qui a motivé votre « conversion » véritablement hors de propos ? lança-t-il de son ton le plus doucereux.

– Bien entendu, mon cher Severus, bien entendu, lui répondit le vieillard, cette satanée lueur malicieuse toujours dans le regard. Je disais donc que nous avions été ébahis, Minerva et moi-même, lors du dépouillement des dossiers de candidature en découvrant l'identité de la personne qui souhaitait effectuer son apprentissage avec vous. Je dois dire que Minerva a même été un peu jalouse de vous…

– Hum, hum.

– Minerva, si vous avez attrapé froid peut-être devriez-vous aller voir Pompom. Nous ne saurions nous passer de vous pour les cours de métamorphose et les diverses tâches administratives auxquelles incombent la fonction de directrice-adjointe. Mais je m'égare là, revenons au vif du sujet. Severus, il est bien entendu qu'à un professeur exceptionnel, il faut un élève tout aussi exceptionnel. Si la demande avait émané de Fred et George Weasley nous aurions immédiatement considéré cela comme une plaisanterie. Seulement, la personne en question est connue pour être tout à fait sérieuse. Elle a très solidement bâti l'argumentation de son essai qui a été très intéressant à lire. A ce propos, si vous le souhaitez je vous en remettrais une copie à l'issue de cette réunion.

Rogue acquiesça subrepticement et Dumbledore reprit :

– Je disais donc qu'à un professeur exceptionnel, l'apprenti se doit, lui aussi, d'être exceptionnel. A cela vous n'avez aucune inquiétude à avoir. Il s'agit, en effet, d'une personne particulièrement brillante et studieuse ce que nous n'avions pas vu depuis l'époque où vous étiez vous-même élève. Je suis sûr d'ailleurs que vous vous trouverez rapidement quelques atomes crochus… Ainsi donc, l'élève que vous aurez l'insigne honneur de superviser n'est autre que… Miss Hermione Granger !

Le maître des potions pâlit encore plus qu'il était possible, son visage gardait une expression neutre mais la jointure de ses poings serrés blanchissait à vue d'œil. Il lui fallut toutes ses capacités d'Occlumens pour parvenir à se maîtriser et à ne rien laisser paraître de la colère noire qui l'envahissait progressivement. Ce n'était pas possible ! Pas l'insupportable Miss je-sais-tout !

– Avant que vous ne partiez tous vaquer à vos occupations, poursuivit le directeur, je tenais à apporter quelques dernières précisions. Les élèves dont je viens de vous donner les noms auront tous un sauf-conduit qui les dispensera du couvre-feu ainsi qu'une dérogation pour consulter et emprunter les ouvrages se situant dans la Réserve. En outre, les apprentis en question dispenseront aussi des cours aux différentes années sous la surveillance de leur superviseur respectif. Enfin, et après je vous laisse y aller, à la fin de l'année, outre leur épreuve supplémentaire aux ASPIC, ils devront également remettre, à Minerva et à moi-même, un rapport sur leur stage et vous aurez aussi à me remettre un rapport comportant une évaluation de votre apprenti. Sur ce, la réunion est terminée. Bonne journée tout le monde !

Petit à petit la salle se vida laissant les professeurs Dumbledore et McGonagall en train de ramasser divers parchemins ainsi que le professeur Rogue qui attendait visiblement que ses collègues soient tous sortis afin de pouvoir tranquillement faire entendre raison à son supérieur hiérarchique.

– Professeur Dumbledore, je souhaiterai m'entretenir avec vous séance tenante.

Cela ressemblait plus à un ordre qu'à une requête. Le directeur leva ses yeux pétillants vers le sombre maître des potions.

– Oui, Severus. Un instant je vous prie. Minerva, nous reparlerons de tout cela tout à l'heure.

Celle-ci comprenant le message finit de ramasser ses affaires, ajusta ses lunettes carrées sur son nez et sortit de la pièce. Le vieil homme regarda la porte se fermer et se retourna pour faire face au directeur de Serpentard.

– Alors, Severus, de quoi souhaitiez-vous me parler ?

Ce semblant de question haussa d'un cran la sourde irritation de Rogue. Comment ce vieux sénile pouvait-il se moquer de lui de cette façon ?

– Ne jouez pas au plus fin avec moi, Albus ! trancha-t-il, l'onyx de ses pupilles semblant lancer des éclairs en direction de Dumbledore. Vous savez pertinemment ce dont je veux vous parler et je tiens à vous dire qu'il n'en est absolument pas question ! Vous entendez ? C'EST HORS DE QUESTION !!!

– Vous le ferez pourtant Severus, rétorqua fermement le directeur. C'est la loi, il faut donc l'appliquer que cela vous plaise ou non.

– Cela vous va bien de dire cela, vous qui ne prenez dans les lois que ce qui sert vos intérêts ! C'est étonnamment Serpentard comme réaction, chose pour le moins étrange venant d'un des plus illustres membres de la maison Gryffondor ! Je vous rappellerai donc simplement que j'ai d'autres obligations que de jouer les « gouvernantes » avec Miss Granger… Je n'ai pas besoin de ce poids supplémentaire !

– Severus, je crois que Miss Granger est assez grande pour se garder toute seule. Elle n'est pas et ne sera pas non plus un poids pour vous ! Notre choix a été mûrement réfléchi et nous a semblé le plus logique…

– Mais comment voulez-vous que je remplisse correctement mon rôle d'agent double si j'ai sans arrêt l'Encyclopédie Vivante de Poudlard dans les jambes ?! s'emporta le professeur Rogue. Pour sa sécurité comme pour la mienne, je refuse qu'elle soit ma stagiaire…

Dumbledore fit une moue désolée avant de prendre la parole. Il devait pousser l'homme qui se tenait devant lui dans ses derniers retranchements s'il voulait le faire céder. Il détestait avoir à faire cela mais n'avait pas d'autres choix.

– Severus, si vous persistez dans votre refus, je me verrai contraint de vous trouver un remplaçant…

Le maître des potions le regarda interdit, mais le vieux sorcier continua imperturbable :

– Bien entendu, vous expliquerez à Voldemort pourquoi vous n'êtes plus en mesure de lui transmettre d'informations vitales sur ses adversaires…

Severus blêmit davantage, s'efforçant de ne rien laisser paraître. Jamais Dumbledore ne ferait une chose pareille ! Quoique…

Sans même laisser le temps à l'homme en noir de répondre, il poursuivit gravement :

– Comme je le disais, la décision a été mûrement réfléchie en raison des diverses implications vous concernant, en particulier pour vous éviter d'avoir comme apprenti un futur Mangemort chargé d'épier le moindre de vos faits et gestes, ce qui aurait rendu votre tâche encore plus ardue qu'elle ne l'est déjà. Le choix de Miss Granger s'est montré comme une évidence d'une part parce quelle était la seule postulante et, d'autre part, car elle connaît votre rôle au sein de l'Ordre du Phénix. Son attrait – que dis-je son engouement – pour les potions ainsi que pour l'enseignement est indéniable, comme en témoigne son essai d'une longueur totale de 15 rouleaux de parchemin. C'est sans conteste l'élève la plus brillante de l'école et la plus apte à vous remplacer lors de vos « absences » sans risquer de dévoiler votre statut. Alors, Severus, votre refus est-il toujours aussi catégorique ?

Le ténébreux directeur de Serpentard haussa les épaules avant de répondre froidement :

– Je suppose que je n'ai pas le choix…

Le vieil homme le gratifia alors de son plus beau sourire, la victoire étincelait dans ses yeux.

– Non en effet. Vous savez, j'aurai vraiment été peiné d'avoir à me séparer de vous. D'autant plus que les réponses ont déjà été retournées aux élèves concernés.

– Je vois que les avis de vos collègues sont toujours aussi importants pour vous, maugréa Rogue. Maintenant, si vous voulez bien m'excuser, je dois retourner dans les cachots terminer diverses potions curatrices et régénératrices que m'a commandé Poppy.

Dumbledore acquiesça silencieusement avant de l'interpeller à nouveau.

– Severus, vous oubliez quelque chose.

Il lui mit alors une quinzaine de rouleaux de parchemin dans les bras et crut bon de préciser innocemment :

– L'essai de Miss Granger. Bonne lecture ! Vous verrez c'est très instructif !

Le maître des potions jeta un regard meurtrier en direction du vieil homme et sortit dans un tourbillon d'étoffes noires.

En entrant dans ses appartements, le professeur Rogue claqua furieusement la porte. Encore sous le coup de la nouvelle, il jeta rageusement l'essai d'Hermione sur son bureau.

Non ! Cela ne peut pas être vrai ! Il ne peut pas me faire ça ce vieux fou ! Et évidemment c'est sur moi qu'il fallait que ça tombe ! Qu'est-ce que j'ai fait à Merlin pour mériter cela ? Miss je-sais-tout… et puis quoi encore ?

Il se dirigea vers son laboratoire pour y finir la commande de Mme Pomfresh comprenant entre autre de la Pimentine et du Poussoss. Lorsqu'il eut fini, sa colère avait nettement diminué. Severus regarda sa montre : 21h. Il porterait les potions à l'infirmière demain. Pour l'heure, comme il n'avait pas encore de copies désastreuses à corriger, il décida de se pencher sur l'essai de la personne qui l'exaspérait au plus haut point depuis qu'elle était entrée à Poudlard.

– Miss je-sais-tout, ne put-il s'empêcher de soupirer à haute voix en regagnant son bureau.

Alors qu'il commençait à lire l'essai de l'élève en question, il repensa à la sixième année qui s'était achevée quelques mois plus tôt. Hermione avait beaucoup changé. Il avait remarqué ses courbes féminines plutôt avantageuses, sa démarche gracieuse, ainsi que son élégant port de tête. Il n'était qu'un homme après tout. Mais elle était incontestablement plus féminine et mature que la grande majorité des filles de son année. C'est d'ailleurs cela qui faisait qu'elle était aussi dangereuse, elle était innocente et n'avait pas conscience des ravages qu'elle devait provoquer au sein de la gente masculine, surtout depuis le bal de Noël. En y réfléchissant bien, Severus devait reconnaître que son apparition dans la Grande Salle ce fameux soir l'avait enchanté. Oui, « enchanté », c'était ça le mot… et c'était surtout aussi ça le problème ! Cependant, le directeur de Serpentard était incapable de mettre un mot sur ce qu'il ressentait à l'égard de la Gryffondor. En tout cas une chose était sûre : elle était une S. I. P., c'est-à-dire, dans le langage roguien, une Source Incommensurable de Problèmes. Ressentait… non ! Il ne ressentait RIEN pour cette insupportable jeune femme ! S'il y avait bien une personne pour laquelle il ne devait rien ressentir c'était bien elle ! Une Gryffondor qui plus est ! Comme le disait un vieux dicton moldu : « chat échaudé craint l'eau froide ». Les sentiments c'étaient pour les autres, pour les faibles qui se laissaient guider sans mesurer le caractère dangereux et destructeur de ces sensations, un peu comme quelqu'un qui essayait de cueillir une rose aux épines acérées. Mais lui ne pouvait pas se permettre cette faiblesse.

Lily…

Oui, elle avait été sa faiblesse, sa seule et unique faiblesse mais elle l'avait trahi. En y réfléchissant, qui avait trahi qui ? Pouvait-elle l'avoir trahi alors qu'il n'avait jamais osé lui avouer ce qu'il ressentait pour elle ? Il n'y avait rien eu entre eux. Il n'avait d'ailleurs jamais su comment l'aborder surtout après l'incident où il l'avait traitée de Sang-de-Bourbe car, sous cette apparence froide et distante, fuyant la présence humaine, se cachait une sensibilité à fleur de peau mais aussi et surtout une timidité quasiment maladive à l'égard de la gente féminine. D'autant plus que son contexte familial de l'époque n'arrangeait rien à la situation…

Là, le maître des potions s'aperçut que ses pensées étaient en train de divaguer vers un sujet qu'il considérait comme tabou : sa famille… Aussi préféra-t-il reprendre le fil de ses pensées avant qu'elles ne se mettent à dérailler : trahison… En étudiant bien la question, c'était lui qui l'avait trahie… en révélant une partie de la Prophétie de Trelawney à Voldemort ! Oui, il l'avait trahie et elle en était morte… Cela, il ne pouvait se le pardonner. Et croiser le regard émeraude du Survivant ne faisait que renforcer ce sentiment… Oui, les émotions négatives c'étaient tout ce qu'il pouvait se permettre…

A suivre…