Hello les grenouilles ! =3

Voici le troisième chapitre (si je ne me trompe pas x)), en retard certes, il est sur mon ordi depuis la fin des grandes vacances mais j'avais pas eu le temps de le poster, désolé D= Bref, chapitre qui part un peu en n'importe quoi mais j'en avais besoin pour présenter des personnages qui auront plus d'importance pour la suite. Bonne lecture et n'hésitez pas à laisser des reviews, ça me fait toujours super plaisir. Enormes remerciements à Bidule, Alena, Miwa, Elliot the best et Yumi pour leurs reviews, c'est super gentil 3

Chapitre trois -

J'ai déposé mon sac, rempli à craquer, sur mon lit. On était dimanche soir, et je venais de rentrer à Lutwidge. Apparement, Acacia n'était pas dans la chambre. Elle devait certainement être en train de trainner dans les couloirs du pensionnat. Ou bien avec les autres filles, dans une de leurs chambres. On approchait les dix heures rien d'étonnant à ce que les élèves ne dorment pas encore. Bien que, pour ma part, je me sois trouvée dans un état de fatigue sans précedent. Pourtant, j'avais passé la journée à me morfondre dans le Manoir White. C'était étrange. Je me suis brossée les dents- j'avais grignoté des biscuits pendant le voyage en cariole du Manoir à Lutwidge. Puis je me suis déshabillée avant de me glisser sous l'eau brûlante de la douche. J'y suis restée pendant presque un quart d'heure, puis je me suis mise en chemise de nuit et je me suis enfouie sous ma couette. J'ai mis du temps à m'endormir. Beaucoup de temps, même, si bien que quand Acacia est rentrée, alors qu'il était près de minuit, j'étais encore éveillée. Mais j'ai fait comme si je dormais, pour ne pas avoir à parler. J'étais très bien comme ça, d'autant plus que me croyant endormie, ma camarade de chambre se débrouillait pour ne pas me réveiller, en restant dans le noir, ce qui m'allait très bien. J'ai finalement trouvé le sommeil un peu plus tard, sûrement aux alentours d'une heure du matin. La dernière fois que j'avais regardé l'horloge de la chambre, elle affichait en tout cas minuit quarente trois. Le lendemain, Acacia m'a reveillée vers six heures. Nous nous sommes préparées en vingt cinq minutes- un record. Une fois descendues au self, j'ai été étonée de ne trouver ni Carla, ni Ada. Quand j'ai interrogé Acacia à ce sujet, elle s'est frappé le front de sa paume, avant de s'exclamer :

« Bien sûr, je suis bête !

Les filles-Acacia, Nathalie et deux autres dont je n'arrivais décidement pas à me souvenir des prénoms- se sont lancé un regard embêté.

-Qu'est-ce qu'il y a ?

-Une semaine sur deux, votre classe débute les cours à neuf heures le lundi, j'avais oublié.

-Oh, c'est vrai. Ça m'était sorti de la tête. Mais je croyais que le self fermait à sept heures trente ?

-Oui, sauf qu'il y a un deuxième service pour ceux qui commencent plus tard. C'est sûrement là que mangeront Ada et Carla, je suppose.

pis. J'irais faire un tour.. à la bibliothèque.

C'était le premier endroit qui m'étais venu à l'esprit. De toute façon, Elliot et Léo ne risquaient pas d'y être aussi tôt. Eh oui. Tous les gens ne sont pas c*ns au point d'oublier qu'ils commencent à neuf heures. N'est-ce pas, Melody ? Hahum.

Une fois le déjeuner terminé, je me suis rendue à la bibliothèque, comme prévu. Je suis juste passée par ma chambre pour récupérer mon sac. J'ai hésité, pensant que j'aurais aussi bien pu passer l'heure restante ici, mais je me suis finalement décidée à ne pas rester. Autant profiter de la bibliothèque- elle devait sûrement être vide à cette heure-ci, pour une fois.

J'ai poussé les lours battants en bois massif avant de pousser un soupir de satisfaction. Il n'y avait personne. Pas un chat. Je me suis installée à une table, et je suis allée reposer à sa place le premier tome du Chevalier Sacré, que j'avais fini dans le week-end. J'en ai profité pour emprunter le deuxième tome et le troisième (je la jouais prévoyante, où est le mal ?), que j'ai ajoutés à mon nom sur le registre. J'ai au passage constaté que Mr (ou bien peut être était-ce une fille ?) McEvans avait emprunté un nouveau livre (un bouquin de méquanique, la personne en question devait plutôt être un garçon, en fin de compte.), que Fanny Swann n'était pas repassée depuis la dernière fois, et qu'au contraire, Elliot et Léo avait déjà rempli les trois quarts de la page de leurs noms. J'ai griffoné mon nom et celui du livre dans les cases appropriées, avant d'aller m'asseoir sur la table où j'avais préalablement déposé mes affaires. J'en était au troisième chapitre de mon livre quand ils sont rentrés dans la salle. J'ai du me retenir pour ne pas lever les yeux de mon livre et feindre une indiférence totale, mais je savais que c'était bien eux parce que je les avait entendus parler, et que j'avais reconnu leurs voix. De toute façon, qui d'autre se serait rendu à la bibliothèque de Lutwidge à cette heure-ci ? Eux deux. Et moi, peut être. En effet, tous les gens n'étaient pas c*ns au point d'oublier l'heure à laquelle ils commencaient les cours. Mais certains étaient masochistes au point de se lever en avance pour aller lire. Comme quoi, le monde était bien fait. Pendant que je les entendais tirer leurs chaises pour s'asseoir à une table un peu éloignée de la mienne-mais pas non plus à son opposé-, Léo m'a lancé sur un ton neutre, mais qui m'a sur le coup semblé amical :

-Salut, Melody.

J'ai sorti la tête de derrière mon livre, trente secondes. Je ne pouvais pas ne pas répondre. Ç'aurait paru louche.

-Salut, Léo. Salut, Elliot.

Ce dernier m'a lancé un regard étoné, bien que teinté de suspiction. Oui, je disais bonjour, non, je ne souffrais d'aucun problème psychologique, merci. Et non, je n'avais pas abusé sur la boisson, ni sur l'herbe dans les dix heures passées. Mais c'était gentil à toi de t'en inquiéter. Tss.

J'ai repris mon livre. Au bout d'un moment, alors qu'Elliot s'était installé en face de moi, je l'entendis me lancer :

-C'est bien ?

J'ai vivement relevé la tête, surprise. Je n'étais même pas sûre d'avoir bien entendu, là.

-Mhh ?

-Le chevalier Saint.

-Ah. Euh, oui, c'est super, pourquoi ?

-C'est son livre préféré, intervint Léo, qui se trouvait assis par terre, adossé contre une des multiples étagères de la bibliothèque.

J'ai decelé une lueur d'interêt dans les yeux d'Elliot.

-Tu en es à quel tome ?

-Le deuxième, là.

-Seulement le deuxième ?

-Eh, calme, j'ai commencé la série ce week-end à peine !

Bon, ce n'était qu'un demi mensonge, si on considérait que vendredi soir à vingt heures, c'était le week-end. Il a levé les yeux et s'est replongé dans son livre, juste après avoir lâché de façon peu convainquante un petit « Si tu le dis. ». A huit heure trente, j'a quitté la bibliothèque de façon à éviter d'arriver en cours en même temps que les deux Nightray. Quand j'ai commencé à rassembler mes affaires en silence, Léo a levé les yeux de son bouquin, avant de me faire remarquer :

-Tu risques d'arriver avec beaucoup d'avance si tu pars déjà.

Je me suis retournée, toute rouge. Non mais oh. Il s'occupait de ses onions, l'autre brun stupide ?

-Je dois passer récupérer un truc dans ma chambre.

Il m'a regardée avec suspiction. Non, ce n'était pas de la suspiction, c'était… De l'amusement ? On aurait bien dit, en effet. De toute façon, j'avais du mal à voir, à cause de ses lunettes.

-Alors à tout de suite, Melody.

-Ouais, c'est ça, ai-je lâché. J'avais plus que hâte de quitter la pièce.

Le reste de la journée s'est déroulé dans la normalité la plus parfaite, si bien que j'ai passé les trois quarts du temps à repenser à mon week-end. Je ne faisais que me repasser en mémoire les moments passés à Réveil avec Cassie.

-Techniquement, c'est pas possible, lâcha Ada, à côté de moi.

J'ai relevé la tête. J'étais en train de faire tournoyer un stylo bille entre mon pouce et mon index. L'héritière Bezarius continua :

-Et puis je doute que le principe marche, de toute façon. Faudrait que tu trouves plein d'élèves, dans toutes les classes, qui soient interrêssés et motivés. Tu te voie le faire ?

Carla eut un sourrire malicieux, et je la vis se tourner vers moi. J'étais à moitié endormie- l'autre moitié de mon cerveau tentait desespérement de suivre le cours et d'essayer d'écouter, en plus d'entendre, ce que disait le professeur.

-Moi, non, mais Melody s'en chargera pour moi. Hein ma Dydy ?

J'avais l'esprit très brumeux.

-Mhhhm. Qu'est-ce qu'il y a ?

Ada et Carla ont ri de concert.

-Faut pas dormir en cours, Meli-Melo, tu sais ?

-Tss. Tu disais quoi, avant de partir dans tes délires mégalomaniques ?

-Avec Ada, on parlait de mon futur groupe de musique.

-Aha. Un groupe de musique. Et ta prochaine idée géniale, c'est quoi ? Faire sauter l'école avec une bombe à base de soda ?

Ouais, ok, là, mon inspiration était partie loin. Très loin.

-Aha, pour reprendre tes mots. Garde tes sarcasmes pour toi, Dydy, je suis tout à fait sérieuse. Je comptais d'ailleur te demander si tu voudrais nous rejoindre, tu sais, genre… Attends, c'était quoi déjà ? Ah oui, faire du piano. Avec Elliot. Vous seriez si mignons, tous les deux…

Va te faire foutre, Clara Ford. Ha, hum. Vous n'avez rien entendu. Ok ? Merci mes loulous. Oui, je me moque de vous, là. Bravo pour votre perspicacité.

BREF. Je commençait vraiment à fatiguer, moi.

-Merci bien, mais ce sera sans moi. La musique, c'est pas mon truc, comme tu l'auras remarqué.

-Dommage. Bon, en attendant, aidez moi à trouver un nom, au lieu de dormir. Non, je ne vise personne. Et Melody, enlève ce compas de là, tu vas finir par faire mal à quelqu'un. Et Ada, réveille toi aussi et viens nous aider. Et vous deux, arrêtez de me regarder comme ça. Et…

-Clara ?

Ada et moi avons échangé un regard complice.

-Oui ?

-ET FERMEUUUH LA, ai-je commencé.

-S'il te plait, a ajouté Ada avec un sourire innocent pour faire bonne mesure.

-D'accord, d'accord, si vous insistez. Mais maintenant, vous m'aidez à trouver mon nom de groupe.

-C'est bon, a soupiré Ada. Mais tu veux faire dans quel genre musiqual ?

-De tout, mais plutôt du rock, a lancé Carla. De la musique qui bouge, quoi.

-Rock and roll save the queeeen, ai-je murmuré pour moi-même.

-Dydy se sent d'humeur mélomane, commenta Carla.

-Et Carlita d'humeur mégalomane. A part ça, tout va bien.

Le professeur poursuivait son monologue, tandis qu'à présent, le petit quart de la classe qui ne dormait pas s'était reconverti dans le bavardage. Il était déjà quatorze heures vingt. On finissait les cours à dix sept heures, le lundi.

-The Stupids ? lâcha Ada avec exaspération.

-Laisse tomber, Ada, j'ai compris. Mely ?

-Moi, j'aimais bien the Stupids, pour ta gouverne. Mais sinon… J'en sais rien, moi.

J'ai fait mine de réfléchir pendant une minute alors que je n'avais rien à faire du nom du futur groupe de rock de Carla. Enfin, au final, je n'avais rien à faire, alors j'y ai quand même réfléchi. Et j'ai très vite abandoné, d'ailleurs. J'entendais Carla se faire à elle-même des propositions de noms :

-Black Sky, non, hu… Un truc avec Sky ou Black, c'est pas mal… Black dream ?

-Mouais, lâcha Ada. Daydream alors, c'est plus joli.

-Bloody Dream, tant que t'y es. Carla, tu veux faire du rock ou de l'Heavy Metal ?

-Du rock, Dydy, du rock. Mais bloody dream, c'est pas mal, n'empêche.

-A ce rythme là, je préferais même l'idée d'Ada.

-Daydream ? lanca Clara. Ouais, ça me plait bien. On part sur Daydream alors. Rêverie, c'est pas mal. Mais faudrait pas qu'on vire en orchestre symphonique, non plus. J'ai bien dit rock, hein.

-Tss. (Ada leva les yeux au ciel, avant de poursuivre :) De toute façon, ça fait presque deux ans que je te connais, Clara. Tu m'a servi ce genre de choses au moins une quinzaine de fois, et jamais tu n'a été au bout.

-Oui, mais là, on a Melody avec nous !

Ada a soupiré, avant de se remettre à sourire. Rassurant. C'était vrai, quoi, voir Ada tirer une tête de trois mètres de longs pendant presque une heure, c'était flippant quand on la connaissait un tant soit peu. Je n'ai pas osé dire à Clara que si elle comptait sur moi, c'était mort. De toute façon, elle était déjà en train de tracer à la règle un tableau pour les inscriptions. Elle a fait glisser la feuille vers Ada et moi. C'était un tableau qui s'étendait sur toute la longueur et la largeur de la feuille, et qui comprenait trois colones : nom prénom/numéro d'identification (je ne vous l'avait pas dit ? A Lutwidge, les élèves avaient un numéro d'indentification. Si, si.), rôle souhaité, et disponibilités. Ada a rempli les trois premières lignes en levant les yeux au ciel, un sourire lassé aux lèvres– Ada Bezarius/0283729474F7d, chant, tout le temps. Elle m'a glissé la feuille, avec son stylo plume blanc, qu'elle m'a coincé dans les doigts. J'ai à mon tour complété le tableau- Melody White (non, je ne me trompais plus sur le White/Baskerville, merci bien.)/2340397830F7d, ? (faire plaisir à Clara, aurais-je noté si je ne craignais pas qu'en guise de représailles, celle-ci barre et remplace par « Piano avec EN » ou je ne sais quel truc du genre.), tout le temps à peu près. Clara a ensuite récupéré son bien, et s'occtroyant la première ligne (qu'Ada lui avait gentiement laissé, aha.), elle a aussi rempli : Clara Ford, 0602783208F7d, chef du groupe+batterie (pourquoi est-ce que ça ne m'étonait pas que Clara fasse de la batterie, avec un tempérament explosif comme le sien ?)+flûte traversiaire (là, par contre, j'étais surprise, je reconnais.), tout le temps.

-Et voilà, lanca joyeusement Clara. On a plus qu'à faire passer dans la classe.

Ada a explosé de rire, j'ai levé les yeux au ciel. Seulement, Clara était tout à fait sérieuse. Nous avons regardé en silence la feuille faire le tour de la salle, sous les yeux étonnés des élèves qui lisaient silencieusement, ou bien même qui remplissaient la feuille. Enfin, c'était plus rare, quand même, avouons le. A la fin de l'heure, Clara est allée récuperer la feuille à l'autre bout de la salle. Nous avions une heure d'art plastique. En salle de dessin, nous avons enfin jetté un œil à la liste des noms. Il y avait deux nouveaux noms-sur une classe de trente élèves, ce n'était pas particulièrement prometteur, mais c'était déjà ça-, ceux de Lisa Miller et d'Anne Blacke. Lisa (numéro d'identification 1398353290F7d, s'il vous plait) s'était proposée pour le poste de compositrice Anne, elle faisait du saxophone. Je me suis tournée vers Clara, qui affichait un petit sourire en coin.

-C'est un bon début, lanca-t-elle. Par contre, le petit copain de Melody ne s'est pas inscrit, c'est dommage.

Dommage pour le niveau de son groupe peut être, mais pas étonant. Je lui ai décroché un coup de coude dans les côtes, mais ça n'a fait qu'augmenter son hilarité.

-Très drole, Clara, a gromelé Ada. Bref, Anne se débrouille très bien au saxo, vous allez avoir du niveau.

-On va voir ça.

Le soir même, Ada et moi sommes allées voir le paneau d'affichage du lycée, où Clara avait collé sa feuille d'inscriptions à l'aide d'une punaise verte. Trois nouvelles lignes avaient été remplies, dont deux garçons – Mark Coates (0336728391M7a), flûte, tous les soirs en semaine, et James Clarks, 03462828398c, batterie, tout le temps.-, ainsi qu'une fille, Mary Sword, piano (à queu, s'il vous plait.), week end. Quand nous avons croisé Carla dans les couloirs du lycée, flanquée de deux amies- Mary Sword, justement, et Olivia Simon-, elle nous a apris qu'elle jugeait suffisant le nombre de membres et qu'elle organisait le premier entrainement le lendemain à dix sept heures. Ada et moi avons échangé un regard blasé.

-Ben voyons…

Le lendemain, je me suis quand même rendue à la réunion improvisée de Carla. Elle nous avait donné rendez vous juste après les cours, en salle de musique. Elle avait réussi à convaincre le professeur de musique de lui la céder, lequel avait été enchanté qu'un groupe soit formé dans son lycée- il avait d'ailleurs proposé son aide, mais Clara avait poliement décliné l'offre, on se demandait pourquoi. Quand je suis entrée dans la salle, il n'y avait qu'une fille et un garçon, lesquels discutaient tout bas. Quand ils m'ont vue entrer, ils m'ont lancé un sourire chaleureux.

-Salut, s'est exclamé le garçon. Tu viens pour Daydream ?

-Ouais, c'est ça, ai-je répondu avec une joie feinte.

-Moi, c'est Mary, sourit la fille.

-Et moi, enchaina le garçon, Mark Coates. On est tous les deux en septième A.

-Enchantée. (j'ai coincé une mèche de cheveux derrière mon orreille.) Melody, je suis en cours avec Clara.

-Ah oui ! (Mary s'est frappé dans les mains) On s'est déjà vues, hier soir. Tu te souviens ?

-Ah, oui, c'est vrai, ça.

Heureusement, alors que j'allais finir écoeurée par tous ces échanges d'amabilités toutes plus hypocrites les unes que les autres, une fille brune, aux yeux verts et pétillants est entrée avec une démarche énergique dans la pièce. Elle portait un chignon et une besace, d'où on voyait dépasser des partitions de musique et un instrument. La fille au saxophone, ai-je pensé.

-On est seulement quatre ?

Je me suis tournée vers elle.

-Non, les autres ne sont pas encore là.

-Oh. Et moi qui croyais être en retard. Vous êtes ?

-Mary Sword, s'exclama joyeusement la blonde aux grands yeux gris.

-Et Mark Coates, compléta son partenaire, un brun de grande taille au regard vert perçant.

-Ah oui, le piano à queu et la flûte, murmura Anne, un petit sourire en coin. Et toi, c'est Melody, non ?

-Mh, oui. On est bien dans la même classe ?

-Exactement. Ada m'a demandé de te dire qu'elle ne pouvait pas venir, au passage. Elle avait des exercices de maths en retard.

-Tss. Tu parles d'une excuse. Bon, merci alors.

-De rien.

Carla est alors entrée dans la salle, flanquée de ceux qui devaient être James et de Lisa. James était blond, de petite taille, et les yeux verts, tandis que Lisa était une très jolie brune aux cheveux longs et aux magnifiques yeux violets, de taille moyenne.

-Ada n'est pas encore là ? s'étonna-t-elle.

-Non, elle ne viendra pas, me devanca Anne.

-Roh la lâcheuse, gromela Clara. Bon, tant pis, on fera sans. Et puis même, j'ai réussi à faire venir Melody, c'est déjà un très bon début !

-Tss.

-Donc, poursuivit-elle. Pour faire bref, on a Mary, pianiste, Mark, à la flûte, Anne au saxo, James à la batterie, mais il fait aussi de la guitare, Lisa qui fait les compos… Melly, tu vas remplacer Ada au chant, et moi, je vais faire baterie ou flûte traversiaire. Et je dirige. Objections ?

-J'ai pas ma guitare, lâcha James.

-Je t'en trouverait une, promit Clara.

-J'ai jamais chanté, ai-je grimacé.

Clara m'a lancé un sourire innocement coupable. Espèce de sadique, ai-je pensé.

-Eh bien tu vas apprendre, Dydy.

Au bout d'une heure entière de discussions, nous en étions arrivés à s'entendre sur la plupart des points- même Clara avait reconnu que jouer du rock avec les instrument que nous avions en possession était une mauvaise idée, alors le groupe s'était reconverti sur les musqiques de tous les genres. Lisa, la compositrice, avait à la demande de Clara sorti une pochette pleine de partitions de son sac. Tous les membres on sorti leurs instruments-moi exceptée, s'entend. Clara a commencé à farfouiller, sous l'œil attentif de Lisa, puis elle a sorti une liasse de feuilles du tas de papiers. Elle en a donné une à chaque membre du groupe, excepté Lisa qui devait partager avec moi- nous avions la feuille avec les paroles. J'ai examiné le tout en silence. C'était un air assez connu, ce qui allait me faciliter la tâche pour le rythme. Clara a claqué des doigts.

-Une, deux, trois, partez !

J'ai lancé un regard un peu paniqué à Lisa, mais elle affichait un air tranquille, alors j'ai pensé que j'allais pouvoir me calquer sur elle. James à commencé à jouer l'introduction à la baterie suivant sa partition, puis se sont successivement rajoutés Mary, puis Anne, Mark et Clara, et pour terminer, Lisa et moi, au chant. J'avais un peu de mal à suivre, au début, mais j'ai fini par m'habituer. Sauf que je chantais mal, mais bon. Je n'avais pas une voix particulièrement magnifique, mais c'était compréhensible. A la fin du morceau, nous nous sommes tous regardés avec appréhension. Soudain, une voix s'est faite entendre de l'autre côté de la porte. C'était Ada, un air préocupé au visage.

-Hum, désolé de vous déranger, je voulais voir Melody, un instant…

Oh, quelle bonne idée. Ada, je t'aime. (même si je suis hétéro, on va dire que tu ressemblais à un mec. Pauvre Ada.).

-Ah, dommage, ai-je lancé sur un ton faussement déçu. Bon, a plus, tout le monde.

Clara a levé les yeux au ciel, les autres se sont contentés de me saluer sans faire de commentaire. Seul Mark s'est permi un petit sourire railleur, assorti d'une remarque qui aurait pu passer pour cinglante si elle n'avait pas été dite sur un ton aussi amical et rieur.

-Oh, tu nous quitte déjà, Melody ?

-Tss, ai-je répondu en souriant.

Puis j'ai quitté la pièce, Ada sur mes talons. Elle m'a rattrapée alors que j'arrivais à la hauteur de l'escalier qui descendait vers les étages inférieurs.

-C'est Elliot, me glissa-t-elle. Il voulait te parler.

-Oh, ai-je lâché, réellement surprise. Tu sais pourquoi ?

-Aucune idée.

-Ah.

Je ne savais absolument pas pourquoi il voulait me parler, mais j'appréhendais le pire. Ada a légerement entrouvert la porte de sa chambre. J'ai de nouveau songé qu'elle était plus grande que la mienne, comme je le faisais à chaque fois que je venais ici- les priviléges accordés aux membres des familles Ducales, ai-je pensé. Léo et Elliot étaient assis dans les fauteils. J'ai remarqué qu'Ada avait dit qu'Elliot voulait me parler, et pas que les deux garçons voulaient me parler. Mais Léo semblait plongé dans un livre-comme à son habitude-, tandis qu'Elliot semblait attendre notre arrivé. Sans quitter des yeux son bouquin, Léo m'a salué (« Bonjour, Melody »), tandis qu'Elliot s'est levé et s'est tourné vers Ada.

-Merci. Tu pourrais nous laisser parler seul-à-seul ?

J'ai noté qu'il avait bien pris soin de ne pas l'appeler par son prénom, ni par son nom. Son ton était loin d'être désagréable, assez neutre, en fait. Ada n'a pas semblé déçue-elle devait s'attendre à être exclue de la conversation. Mais j'aurais préféré qu'elle reste.

-D'accord, vous me dites quand vous avez terminé.

Pas besoin, ai-je pensé, il y a plus de quatre vingt dix neuf pourcents de chance pour qu'une porte soit claquée à la fin de la conversation. Par Elliot, s'entend. Ce dernier aquiescça. Ada sortit à pas de loup sans un regard pour . L'héritier Nightray se tourna vers moi.

-J'ai un service à te demander.

Pas de blablatage inutile, pas de préavis, pas d'entrée en matière déstinée à m'amadouer. Au moins, Elliot était franc. Rien que pour ça, je l'appréciais. Mais j'étais bien décidée à ne pas le montrer.

-Ah, ai-je dit avec distraction. En quel honneur ?

J'étais occupée à regarder les photos sur le bureau d'Ada. Photos dont je me fichais pas mal, d'ailleurs, mais je ne voulais pas qu'Elliot voie mon expression. Au cas où. Oui, j'étais paranoïaque, en effet.

-Disons que je pense que tu me dois bien ça, pour l'autre fois à la bibliothèque. N'est-ce pas, Melody Baskerville ?

-Crève.

Le juron était sorti tout seul, sur un ton neutre, bien que chargé d'une certaine animosité. Je ne le pensais pas, en plus, mais sur le coup, il m'avait vraiment fait flipper. J'ai pivoté silencieusement sur mes pieds, de façon à pouvoir tout juste voir sa tête, sans que lui m'apperçoie. Voir sans être vu- un truc de lâches, certes, mais qui m'était toujours pratique. Il s'était tourné vers son valet. Zut. Mais quand il est revenu vers moi, j'ai pu entrevoir son expression. Il semblait énervé.

-Tu préfères que je dise ce que tu marques sur les registres de la bibliothèque à tes amies ?

J'ai senti les batements de mon cœur s'accélerer. « Melody Baskerville ». Le premier jour, à la bibliothèque. Si il disait ça devant le reste du lycée… Non, il ne pouvait pas. Oh, et puis ferme là, je t'en prie, ne dis rien… J'ai éclaté de rire bien haut, pour faire bonne mesure,puisque même si Ada était sortie, peut être qu'elle était cachée derrière la porte à écouter. Il a lancé un regard entendu vers la porte, puis m'a rendu un sourire. Non. Elliot, sourire ? Aha. Si seulement les appareils photos existaient déjà, j'aurais bien imortalisé l'instant. (et pas pour coller sa photo sur les murs de ma chambre, bande de pervers.)

-Alors ?

Sa voix, qui m'était à présent assez familière, m'a tirée de mes rêveries. Je me suis tournée vers lui.

-C'est d'accord. Seulement pour la bibliothèque.

Son sourire a disparu. Et m*rde.

-Super. Alors voilà...»