NdA :

Tout d'abord, un immense merci pour vos reviews sur le chapitre précédent, toutes plus géniales les unes que les autres !

Voilà la suite, en espérant que cela vous plaise toujours.

Bonne lecture !


J'avais dix-neuf ans quand j'ai essayé d'en finir avec tout ça...

Le temps a passé.

Rapidement pour certains, comme Scott et Allison, tellement heureux et niais que c'en était écoeurant. Et plus lentement pour d'autres qui, comme moi, s'appliquaient tant bien que mal à afficher un bien-être de façade, néanmoins prêt à se fissurer à tout instant.

Serrer les dents, et s'efforcer de sourire comme un crétin. Je suis doué pour ça.

Après tout, je m'étais fourré tout seul dans cette galère, je n'avais pas le droit d'exhiber au monde entier mes problèmes relationnels avec un loup-garou égoïste et handicapé du dialogue.

Cela ne regardait personne d'autre que moi...

Bref, nous avons quitté le lycée pour la fac. Un chapitre s'est achevé, un autre a commencé.

Personnellement, cela ne m'a fait ni chaud ni froid. Je ne voyais pas bien ce que ça aurait pu changer à ma situation.

Mais en fait, les changements sont arrivés assez vite. Discrets, progressifs, mais inévitables.

Les réunions de meute avaient toujours lieu régulièrement au loft de Derek, mais on sentait bien que l'esprit n'était plus le même. Scott et Allison ne pensaient plus qu'à leurs projets d'avenir, emménager ensemble, ce genre de conneries. Jackson s'était jeté à corps perdu dans sa carrière de sportif, et Lydia était encore plus obsédée que d'habitude par sa réussite scolaire.

Il n'y avait que moi qui n'évoluait pas, qui restait le même, embourbé dans ma ridicule obsession d'adolescent pour un mec qui jouait avec mes sentiments comme avec un yo-yo.

Oui, juste moi.

Parce que même Derek Hale, le froid et inaccessible Derek Hale, avait fini lui aussi par se caser.

Aucun de nous ne pouvait en croire ses yeux, lorsqu'un soir, on a débarqué pour notre réunion hebdomadaire, et qu'on est tombés sur cette nana aux courbes avantageuses en grande conversation avec lui.

Oui, j'ai bien dit : en grande conversation. Et même qu'ils se marraient ces cons.

Il a fait les présentations. La fille s'appelait Braeden, plutôt jolie malgré une horrible balafre au niveau du cou qu'elle exhibait sans aucune pudeur.

Les autres ont fait preuve d'une politesse gênée. Visiblement, le petit air supérieur de cette nana qui se conduisait en territoire conquis, mettait tout le monde mal à l'aise. Sans compter qu'elle était plutôt du genre tactile, et que la voir effleurer tantôt le bras, tantôt la hanche de Derek à tout bout de champ, sans que ce dernier en paraisse importuné, était tout simplement surréaliste.

Moi, j'avais carrément envie de vomir, et une seule idée en tête. Me casser le plus vite possible.

Derek m'avait tout pris.

Ma virginité, mon cœur, mon âme, et un bout de ma raison au passage. Sans rien m'offrir en retour, et apparemment sans le moindre scrupule.

Et maintenant, il fallait en plus qu'il nous brandisse sous le nez cette fille sortie de nulle part.

C'était sans doute débile, mais je l'ai pris comme un message personnel. Il m'aurait crié au visage que si j'avais eu le malheur de croire un seul instant qu'il ait pu avoir des sentiments pour moi, je m'étais fourré le doigt dans l'oeil, que cela n'aurait pas été plus explicite.

Ces quelques heures passées au loft, ce soir-là, ont été une véritable torture.

Mon regard revenait sans cesse vers le lit où il m'avait pris, quelques mois auparavant.

La seule et unique fois, c'était on ne peut plus clair à présent.

Et j'avais mal, putain, je n'avais jamais eu aussi mal. Même quand il avait commencé à m'ignorer, même quand il m'avait fait dégager de chez lui après m'avoir baisé sauvagement.

J'en ai pleuré tout le reste de la nuit.

...

Après ça, j'ai arrêté de venir aux réunions.

J'ai sorti toute une batterie d'excuses plus stupides les unes que les autres, allant du gros rhume aux devoirs en retard.

La vérité, c'est que je n'aurais pas pu supporter la vue de l'homme que j'aimais à en perdre la tête en train de flirter avec la première grognasse venue.

Il n'a jamais cherché à prendre de mes nouvelles, ce qui n'a fait que confirmer ce que je savais déjà.

Derek Hale n'en avait strictement rien à foutre de moi.

Du coup, je ne le voyais presque plus. Et curieusement, je dois dire que ça m'a fait du bien. Par «du bien », j'entends que même si rien au monde n'avait le pouvoir de réparer les ravages que ce mec avait causés en moi, j'ai tout de même fini par trouver le courage de me bouger le cul pour me remettre à peu près sérieusement à mes études, et aussi pour poser les yeux sur les autres garçons autour de moi.

En gros, j'ai enfermé du mieux que j'ai pu mes états d'âme dans un coin de mon cerveau, et j'ai enclenché le mode pilotage automatique.

J'ai commencé à fréquenter d'autres mecs.

Je ne voulais pas de vraie relation, j'en aurais été bien incapable. Je voulais juste m'envoyer en l'air avec un maximum de personnes, histoire de noyer pour quelques heures cette putain de souffrance qui s'accrochait à moi plus solidement qu'une sangsue.

C'est probablement l'idée la plus débile que j'ai jamais eue.

Parce que tous ces types que j'ai laissés me baiser, je les choisissais uniquement parce qu'ils lui ressemblaient.

Ils étaient tous du même genre : bruns, athlétiques, de préférence légèrement asociaux. Si en plus ils portaient une veste en cuir ou une barbe de trois jours, aucune chance que je les laisse me passer sous le nez.

Je me rendais bien compte que ce n'était pas comme ça que je parviendrais à lâcher prise, mais c'était plus fort que moi. J'avais passé le point de non-retour depuis bien trop longtemps.

Chaque partie de jambes en l'air n'était qu'une pathétique contrefaçon de ma première fois, et souvent, je me mettais à pleurer en atteignant l'orgasme, parce qu'alors la vérité me revenait en pleine face, cruelle et amère.

Aucun de ces substituts ne pourrait remplacer cet enfoiré qui m'avait bousillé le coeur.

Jamais.


Ben ouais, on est un petit peu sadiques sur les bords, que voulez-vous...

Mais rassurez-vous, l'histoire n'est pas finie, il y a toujours de l'espoir ! ^^

A bientôt pour le chapitre suivant !