Rating: NC-17 / M / 18+

Disclaimer: les personnages appartenaient à Patrick O'Brian,; malheureusement, comme ce grand écrivain nous a quitté en 2000, je ne suis pas fichue de dire aujourd'hui à qui ils appartiennent. Désolée :)

Notes de moi: enfin la suite du voyage de nos deux personnages préférés avec au programme, les Indes. A ce propos, je vous promets une histoire au final bien longue car les idées ne cessent d'affluer en ce moment (évidemment, maintenant que j'ai le temps d'y travailler.)

J'ai cru comprendre que le lemon avait été apprécié. Tant mieux ! C'est fait pour ça ! A par le fait que Cybélia semble péter un boulon en les lisant, mes lemons ont l'air de ne pas avoir trop de mauvais effets. A ce propos, le prochain chapitre en contiendra encore un; mais il n'est pas fini donc... patience !

Merci à vous tous pour vos commentaires, et merci à toi Gabby. Tes compliments font partie des plus beaux qui m'aient jamais été faits. Je n'ose me comparer moi-même à O'Brian dont je suis une admiratrice limite fanatique (vous me verriez dans une libraire maritime !), et lorsque tu écris que le le respecte tout en prenant des libertés qui soient agréables pour vous... My God, comme disent les anglais... J'en frissonne encore. Merci, merci !

Bonne lecture !


Que ne puis-je, porté sur le char de l'aurore,
Vague objet de mes voeux, m'élancer jusqu'à toi !
Sur la terre d'exil pourquoi resté-je encore ?
Il n'est rien de commun entre la terre et moi.

Alphonse de Lamartine (1790-1869)

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« Monsieur Williamson, qu'avez-vous fait de votre lunette ?
- Un mauvais coup de vent monsieur. Elle est tombée à la mer.
- Je vous ai déjà dit de ne pas l'utiliser dans la hune (1) si vous n'êtes pas capable de vous y tenir sans flancher.
- Oui monsieur. Excusez-moi. »
Peu chaud pour recevoir un sermon, le gamin fila.
« Parfois j'ai vraiment tout d'une nounou ! » pensa Jack en se dirigeant vers le gaillard d'avant.
« Soyez indulgent avec lui, je doute qu'il jubile de la perte de son instrument, l'interpella Maturin.
Assis sous les focs (2), les pieds reposant sur une caronade (3), le scientifique relisait quelques notes au soleil, un cigare aux lèvres.
- La hune n'est pas fait pour lui, pour l'instant. L'équilibre n'est pas un de ses dons.
Le médecin jeta un coup d'oeil à l'horizon.
- Quand arriverons-nous aux Indes ?
- Après-demain je pense, si le vent se maintient ainsi.
- Et combien de temps resterons-nous ?
- C'est une question-piège ?
Stephen eut un sourire.
- Non, du tout. Je voulais juste savoir si ce serait une escale ou une simple étape.
- Nous relâcherons (4) pendant plusieurs jours, le temps de ravitailler la Surprise et surtout, le temps d'aller voir l'Amiral. Je veux savoir à quelle sauce le cher homme compte manger mon navire et mon équipage.
- Vous craignez de nouveaux ordres de mission ?
- Je ne vois pas comment il pourrait nous empêcher de rentrer à Portsmouth, mais je préfère me méfier. Tenez-vous à vous échapper pendant ces quelques jours ?
- Il y a quelque chose que je tiens à faire, un chapitre de ma vie qui doit définitivement se clore.
Jack n'avait pas besoin de davantage. Il comprit immédiatement.
- Diana ?
- Exact. »
Le capitaine soupira.
Diana était la cousine de Sophie, son épouse. Les deux hommes avaient fait sa connaissance il y avait de cela environ huit ans, et pendant plusieurs années, Stephen avait été fou amoureux de cette tigresse passionnée, femme libre et libertine qui n'en avait jamais fait qu'à sa tête. Croqueuse d'hommes, ses petits jeux de séduction avaient failli briser l'amitié qui le liait à Jack, juste avant qu'elle ne s'enfuie aux Indes avec une conquête. Maturin ne l'avait plus revue depuis une mémorable dispute qui avait failli lui coûter Jack.
« Stephen ?
Une tigresse qui vivait sous un ciel indien rubicond. Les choses étaient bien faites parfois. Malgré tous ses défauts, Diana Villiers avait apporté quelque chose au jeune Stephen d'alors: le jeu auquel elle prétendait attraper tout homme lui avait finalement révélé que c'était un homme qu'il aimait.
- Stephen, que voulez-vous donc faire là-bas ?
- Je l'ignore encore, en fait. C'est une sorte de retour au point de départ.
Le capitaine haussa un sourcil, incompréhensif.
- A jouer avec nous, Villiers a failli nous briser, et je l'ai détestée pour cela. Mais c'est aussi son jeu qui m'a ouvert les yeux il y a de cela six ans. Alors je veux la regarder en face, dénuée de toute aura, dépouillée de tout pouvoir sur moi. Vous savez, c'est en quelque sorte grâce à Diana que je suis si sûr de moi. Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort.
- Vous reviendrez ?
- Je reviendrai. Je suis toujours revenu, Jack. »
Et c'était vrai. Il était toujours revenu de chez toutes les femmes. Le coeur brisé parfois, l'âme emplie de chagrin ou de haine, il était toujours revenu. Et Jack l'avait toujours accueilli « à la maison » comme il lui disait sans cesse. Et cette expression, Stephen la chérissait au plus profond de son coeur depuis bien longtemps, comme la preuve indélébile que quelqu'un sur Terre continuait toujours de l'aimer. En dix ans, Stephen était toujours rentré. Malgré les missions, malgré les combats, malgré les femmes et les oiseaux, jamais il n'avait laissé Aubrey repartir seul.
Soudain troublé par le son pourtant familier de la cloche, le docteur se leva pour repartir vers l'avant du bateau.
« J'ai promis une leçon de lecture à Bonden après la fin de son quart. Je dois vous laisser, Jack. Vous verrai-je au dîner ?
- C'est où déjà ce soir ? Au carré ? Oui, certainement. Oh, attention à votre... !
Stephen se retourna, mais trop tard. Son crâne cogna contre une poulie laissée pendante sans raisons.
- Ca va ?
- Je m'en remettrai. J'ai plus que l'habitude de ce genre d'incident. Simplement, ne vous étonnez pas si mon front est bleu ce soir. »
Il s'éloigna sous le regard amusé du capitaine. Pour un homme ayant passé près de dix ans en mer, Maturin restait d'une incroyable gaucherie dès qu'il était à bord d'un navire, et avait plus souvent manqué de se tuer en y vivant que pendant nombre de combats. Ce bleu qui ornerait son front ne serait que le énième d'une très longue série...

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« Maturin ? Mon Dieu ! Par quel miracle ? »
Son ton heureux était méchamment sincère. Chère Diana. Elle n'avait pas changée, toujours persuadée d'être éternellement pardonnée pour tout.
L'endroit était cossu, colonial. Son amant – Villiers n'était pas de ces femmes qu'on pouvait marier - faisait fortune dans le commerce maritime depuis de nombreuses années. La maîtresse des lieux descendit accueillir son visiteur avec une grâce – l'œil perçant de Stephen le remarqua - légèrement fanée par les années.
S'il n'avait tenu qu'à lui, Stephen aurait juste contemplé cette silhouette enrobée de soie bleu ciel avant de s'en retourner vers la mer. Mais il restait un homme trop bien élevé pour se permettre une telle goujaterie.
« Comment donc êtes-vous venu jusqu'ici ? Ah si, j'oubliais: ce doit être le capitaine Aubrey, mon cousin Jack. Vous voyagez toujours ensemble, n'est-ce pas ?
- Toujours, Villiers, et aujourd'hui plus que jamais.
- Je suis si heureuse de vous voir Stephen. Je me demandais si souvent ce que vous pouviez être devenu. Allez-vous bien ?
- Très bien, Diana, très bien.
Elle le regarda soudain d'un air suspicieux, l'esprit empli de souvenirs d'une passion qu'elle avait mal récompensé.
- Est-ce vrai ?
- Ca ne l'a jamais autant été. »
La jeune femme mena Stephen dans le salon et le fit asseoir. Le médecin soupira. Voilà, il s'y trouvait en ce lieu tant redouté. Qu'attendait-il de cette rencontre maintenant ? Pas grand-chose. Son coeur n'était plus émietté désormais. Il écouta le joyeux babil de son hôtesse avec patience et contentement. Au bout d'un moment Diana lui demanda soudain:
« Quand repartez-vous ?
- Dès que Jack et son navire seront prêts; quelques jours, tout au plus. Il est temps pour nous de terminer notre tour du monde, bien que personnellement je n'en sois pas vraiment pressé.
- Mon cousin Jack viendra-t-il me voir ?
- Je l'ignore Diana. Il a fort à faire, vous ne pouvez l'ignorer.
- Oh bien sûr ! Mais depuis tout ce temps.
Depuis tout ce temps, elle était persuadée que toutes les anciennes blessures s'étaient refermées. Bien sûr, pour Aubrey c'était sans doute le cas. Il était d'une nature si peu rancunière ! Mais Stephen désirait plus que tout le garder près de lui, loin du monde.
- C'est un capitaine de frégate, il a des devoirs.
- Et vous Stephen. J'espère au moins que vous me ferez l'honneur de venir dîner avec nous un soir.
Auparavant cette idée l'aurait fait trembler. Aujourd'hui, elle ne lui inspirait plus rien d'autre qu'une intense envie de solitude. Néanmoins il ne la repoussa pas et répondit qu'il le ferait, si son emploi du temps le lui permettait.
- Cette invitation tient aussi pour le capitaine Aubrey. Jack, fit-elle avec affection. Il y a si longtemps que je n'ai eu aucune nouvelle d'Angleterre. »
Stephen lui promit de transmettre le message. Une idée venait de germer dans son esprit...

« Jack, que faites-vous demain soir ?
Le capitaine tourna vers son ami un visage animé d'un intérêt poli.
- Pourquoi cette question ?
- Je suis allé voir Diana aujourd'hui. Elle m'a demandé de vos nouvelles et nous invite à dîner avec elle et Cummings quand nous le pourrons. Je n'ai pas rejeté cette idée.
- Je ne vois guère ce qu'une telle rencontre aurait d'avantageux.
- Peut-être est-il temps de faire la paix, ne croyez-vous pas ? Cela fait six ans maintenant.
- Oh quant à cela... Je ne déteste plus Villiers depuis bien longtemps. Je ne garde plus qu'un tout petit peu de rancune pour ce qu'elle vous a fait. Mais pourquoi diable tient-elle à nous revoir ?
- L'Angleterre lui manque semble-t-il. Elle n'a aucune nouvelle d'Europe. Et puis Diana a toujours été insolemment sincère. Sa joie à l'idée de vous revoir me paraît franche.
Il hésita un instant.
- Bien sûr, il est fort possible qu'elle cherche à retrouver un état de grâce à nos yeux masculins. Diana ne vit souvent que par et pour les jeux amoureux.
- Jeux amoureux, jeux dangereux, fit Aubrey sans y penser.
- Aussi pensé-je que nous n'avons plus à craindre les charmes de cette femme aujourd'hui. Qu'en dites-vous ?
Jack regarda son compagnon avec affection.
- Vous désirez tuer le dragon une bonne fois pour toute, n'est-ce pas ?
- Vous faites preuve d'une redoutable clairvoyance, admit Stephen. Je reconnais que vous contempler, vous, mon ami, au milieu de la société, me rendrait fier et me rappellerait à quel point j'ai fait le bon choix.
L'ami en question faillit rougir sous le compliment.
- Soit. Dites à ma cousine que j'accepte son invitation. Enterrons la hache de guerre. J'éprouverai aussi quelque joie à revoir Cummings, qui soit dit en passant est un homme d'agréable compagnie.
- Quel euphémisme ! Vous adoriez cet homme.
- C'est vrai que c'est un excellent marin et un personnage d'une franche intelligence.
Le médecin regarda sa montre et se leva.
- Je vais écrire une missive à Diana pour l'avertir que nous acceptons son invitation.
Il s'approcha de Jack qui était occupé avec le journal de bord et l'inventaire des réserves, et se pencha par-dessus sont épaule. Il observa sans un mot ses mains, éclairées par la seule lumière des bougies, manier la plume avec patience. Jack demanda avec malice:
- Avez-vous l'intention d'inspecter tout ce que j'écris ?
- Non point. Je désirais juste profiter du spectacle.
- Quel spectacle ?
Stephen passa ses bras autour des épaules de son ami et posa ses mains sur les siennes en se penchant. Sa tête se cala sur son épaule gauche.
- Vous, Jack. Vous, et uniquement vous.
Ils restèrent ainsi, immobiles. Aubrey contemplait les mains longues et fines de son compagnon qui recouvraient les siennes. Il avait toujours aimé ces mains, leur douceur et leur précision. Croisant les doigts de Stephen avec les siens, il goûta un instant à leur fraîcheur. Dehors la cloche sonna, suivie d'un martèlement. Jack leva la tête vers le pont supérieur.
- Le début de la soirée, fit-il simplement.
A terre, en pays britannique, les marins étaient autorisés à sortir le soir, avec une heure de rappel précise. Stephen proposa soudain.
- Sortons nous aussi, qu'en dites-vous ? Goûtons à la chaleur des nuits indiennes avant de repartir.
- Et où pourrions-nous aller ?
- Vous souvenez-vous de cette maison où nous séjournions dans le passé ? L'on nous y accueillerait encore avec joie.
- Je ne peux pas Stephen, j'ai encore beaucoup de travail, répondit-il en contemplant l'étalage de papiers qui l'entourait.
Stephen eut envie de le convaincre. Sans bouger, il posa ses lèvres dans son cou pour une série de baisers qui l'amena près de son oreille, au lobe massacré lors d'un combat (4), bien des années auparavant.
- Au diable le travail, juste cette fois.
Jack frissonna. Il ne pouvait pas ne pas réagir à la caresse de ces lèvres. Son ami avait trouvé là un extraordinaire moyen de pression sur lui, et réussissait à lui faire oublier qui il était et quels étaient son pouvoir et ses devoirs.
- Stephen, je ne peux décemment pas.
Le jeune homme releva la tête et coupa court au débat en l'embrassant, passionnément. Le capitaine perdit le fil de ses pensées pendant quelques secondes avant de se rappeler que la porte là-bas pouvait s'ouvrir à tout moment.
Il prit le visage de son ami entre ses mains et stoppa le baiser.
- Soit, soit, fit-il, légèrement essoufflé. Je vous accorde cette soirée mon ami.
- Vous êtes trop bon, répondit ironiquement Maturin. A quoi dois-je ce soudain revirement ?
Jack se leva, enfila sa veste d'uniforme et prit son épée avant de gagner la porte. Au passage il s'arrêta devant Stephen et répondit:
- Un bateau n'est pas un endroit où je puis vous aimer en toute liberté. »
Haussant d'abord un sourcil, le médecin reconnut la pertinence de la remarque, et le suivit jusqu'à l'extérieur.

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« Ces nuits indiennes sont extraordinaires. »
Assis par terre, au sommet d'un escarpement dominant le port, Stephen contemplait le ciel. N'obtenant de réponse à son interpellation, il tourna la tête pour observer Aubrey. Ce dernier avait laissé tomber uniforme et épée pour s'asseoir derrière lui et le soutenir. A présent, il avait fermé les yeux, la tête appuyée sur les rochers.
Le jeune homme se détacha de son compagnon et se leva, examinant un instant la scène nocturne qui s'étendait à ses pieds. Sa rêverie interrompue, Jack rouvrit les yeux.
« Que faites-vous donc ?
Sans un mot, Stephen lui montra ce qu'il tenait à la main. Le capitaine sourit en voyant le fin cigare coincé entre ses doigts.
- N'arrêterez-vous donc jamais ?
- J'ai déjà essayé – souvenez-vous de Malte. Mais que voulez-vous... C'est la seule drogue que je m'autorise encore.
Il alluma le cigare et regarda son extrémité rougir dans l'obscurité, avant d'en tirer quelques bouffées et volutes de fumée.
- Puis-je ?
- Je vous en prie.
Stephen lui tendit le rouleau de tabac oblong.
- Il est rare que je vous vois fumer, mon ami.
- La quantité, voilà ce qui nous distingue, fit Jack en le menaçant d'un doigt moralisateur.
- Très bien mon cher. Continuez de me fustiger tant que vous voulez. En attendant, c'est entre vos doigts que l'objet du délit se consume, et non dans les miens.
Aubrey se leva et s'appuya sur le rebord d'un rocher. Depuis le temps il savait distinguer les moments où Stephen était vraiment vexé et ceux où il faisait semblant de l'être.
- Quelle broutille !
Le médecin le regarda un instant et fut désarmé par son bon sens.
- Oui, quelle broutille, en effet.
Il prit le cigare que son ami lui tendait, le contempla et l'éjecta au loin d'un élégant claquement de doigts.
- Voilà qui règle cette affaire, fit-il d'un ton badin.
- Stephen mon cher, si je ne vous connaissais pas, je dirais que vous êtes de mauvaise humeur.
- Quelle idée. » Fit le jeune homme en haussant les épaules. Mais il se sentit aussitôt fautif de répondre ainsi à son compagnon.
Peu rancunier, Jack se redressa et le rejoignit. Les mains croisées derrière le dos, il scruta l'activité portuaire qui se déroulait en contrebas d'un œil d'expert. Les feux éclairant les pontons mettaient en avant l'extraordinaire activité déployée par les marchands de la Compagnie. Chaque navire était soigné comme un trésor avant son départ, et bien que les équipages soient souvent composés de marins d'eau douce, il n'en régnait pas moins un ordre qui n'avait rien à envier à un navire de guerre de Sa Majesté. « Je suis nerveux, Jack.
- Pourquoi donc ?
- A propos du dîner de Diana.
- Il faut bien garder le contact avec la société.
En réalité, Aubrey faisait tout pour garder leur petit monde éloigné de cette société. C'était pour cela qu'il avait pris le chemin des Indes et du Cap pour rentrer, plutôt que de passer par celui de l'Atlantique, plus difficile et malgré tout plus court de plusieurs mois. - La redoutez-vous encore ?
- La redouter ? Non, du tout. Il hésita et porta sur son ami un regard empli de craintes.
- En réalité je suis mort de peur.
- Je sais.
Sans un mot de plus, Jack saisit son compagnon dans ses bras, geste que sa force naturelle rendait très protecteur. Perdant un instant la raison, le jeune homme s'accrocha à lui comme il s'accrochait aux bouées qu'on lui avait si souvent lancé pour le sauver de la noyade.
- Un mot de vous, et nous repartons demain à l'aube.
A ces mots, Stephen resserra encore son étreinte autour des épaules du capitaine.
- Je voudrais tant que ce soit possible. C'était une folie de la revoir, une folie comme moi seul sais en faire.
- Avez-vous des doutes ?
- Non ! » Stephen s'était redressé, criant presque. Il posa ses lèvres sur celles de Jack pour un baiser fiévreux. « Non, jamais. Pardonnez-moi, mon ami. Je n'ai jamais eu de cesse d'avoir l'esprit torturé par des contingences tristement humaines.
- Stephen, regardez-moi. Aucun homme ni aucun dieu ne vous oblige à aller là où vous ne voulez pas aller.
Son regard bleuté plongea dans les yeux de Maturin.
- Je n'ai pas encore envoyé notre réponse, fit celui-ci d'une voix où vibrait une petite note d'espoir.
- Et vous ne le ferez pas. Nous reprendrons la mer demain. Je ne vous laisserai pas souffrir et dépérir ici près de cette femme.
- Vous me protégerez d'elle ? Fit Stephen en esquissant un sourire.
- Je vous la ferai oublier. »


Gnark !!!! J'ai un compte à régler avec cette Diana. Ce personnage, qui a torturé Maturin pendant des années, m'a plus d'une fois porté sur les nerfs (avant que je ne me calme et que je me dise que ce n'est qu'un livre). Bon, ça c'est fait.Au programme de la suite... heu... une seconde... Oh et puis zut, vous verrez bien. :)

Bybye !

(1) - Hune: plate-forme du mât de hune (premier mât en partant de la proue).
(2) - Focs: voiles triangulaires placées à l'avant du navire. Un navire de guerre, et certains voiliers, en possèdent trois: le clin-foc (voile la plus élevée), le grand foc (2ème voile) et le petit foc appelé aussi trinquette (3ème voile).
(3) - Caronade: ensemble formé par un canon et son affût. La spécificité de la caronade par rapport à un ensemble canon-affût classique est que son affût à elle ne possède aucune roue et est immobilisé. On ne l'utilise que sur le pont supérieur.
(4) - Relâcher: faire escale, en parlant d'un navire.
(5) - Véridique, et tiré du bouquin. On peut d'ailleurs observer ce détail, respecté par Peter Weir, dans le film. Un de ces quatre, regardez bien l'oreille gauche de Jack Aubrey...