Hello !
J'ai mon bac avec mention bien ! Yatta ! à cette occasion, je vais publier une nouvelle histoire : Début de la fin - Partie I, dons je vous avait parlé. Je vous met ici le résumé : Lors d'une soirée, pour s'amuser, la génération des miracles poste des requêtes sur des forums plus loufoques les uns que les autres. Si pour tous, c'est un jeu, pour Akashi, cela prend une tournure plus sérieuse. Et si cette soirée avait marqué le début de la fin des jours heureux pour lui et Kuroko ?
loulia : Waouh ! J'espère que tu as eu une super note alors ^^ Moi j'ai eu 11 à l'oral mais 16 à l'écrit ! Merci ^^ Voici justement la suite, l'un des plus long chapitre de cette histoire. Hum... Je trouve justement que je fait des efforts pour publier régulièrement XD mais oui, j'adore le suspense en fin de chapitre ^^ J'ai corrigé ma faute de frappe, merci.
Mayshea : Merci ^^ Ahah, et bien, j'attend ces fameuse théories après le chapitre suivant ^^ Et encore, la liste de suspects va s'alourdir avec le temps, tu vas pouvoir t'amuser encore plus avec tes théories ^^ Ah, c'est donc ça...
Sugarbrown : Moui, je sais bien. Héhé, tu verra bien ^^ Merci pour cette review. PS : J'aime bien ton speudo ^^
Harii is moody : Ah, c'est une chose assez récurrente décidément chez ceux qui me lisent. Merci ^^
Bonne lecture à vous !
PS : Je publie aussi je chapitre 2 du Serpent noir.
Chapitre 4
C'était la première fois qu'il faisait ça. Kise allait faire l'école buissonnière. Il avait vu Aomine le faire très souvent, Murasakibara aussi, il les avait envié d'avoir ce courage. Mais lui préférai rester dans les règles.
Il se leva très tôt ce matin-là, enfila une tenue bien chaude car il était censé neiger à Kyoto aujourd'hui. Le blond enfila un pull, un jean, des chaussettes épaisses et ses converses. Il prit des gants et son gros blousons.
Il glissa ses clés de maison, son portable dans ses poches et prit son sac à dos. Avant de quitter la maison comme un voleur, il hésita à mettre un mot sur le frigo pour dire qu'il allait résoudre une affaire très importante, avant de se raviser. Il voulait faire un truc un peu dingue pour une fois. Il voulait vivre.
C'était excitant d'aller contre le sens commun. Surtout qu'il n'allait pas non plus cambrioler une banque, il allait seulement rendre visite à quelqu'un. Bon, il est vrai que cette personne habitait un peu loin, mais bon... Son cas était bien moins extrême que Murasakibara qui devait prendre un train à trois heure du matin pour être à Tokyo à une heure convenable. Le train pour Kyoto était à onze heure.
Il enfila son bonnet puis quitta la maison en faisant le moins de bruits possible. Sur la terrasse, le chien de la famille - un labrador nommé Tartuffe - dormait paisiblement. Kise ne prit pas le risque de le réveiller puis sortit par le petit portillon. Il courut dans la ville, presque ivre de liberté, il se sentait comme un justicier, c'était euphorisant !
Il arriva trop tôt à la gare à son goût. Il acheta une viennoiserie pour le voyage et attendit dans le froid de février l'heure de son train pour Tokyo. Il écouta de la musique, se balada dans la grande gare de Yokohama. Le temps était grisâtre sur tout le pays, comme si le monde se coordonnait pour que la journée soit mauvaise.
Sur son portable, Kise regarda tout et rien et remarqua que l'anniversaire de Kuroko était passé... Avec tout ce qui s'était passé, il n'avait même pas pensé à lui souhaiter, et il ne lui semblait pas qu'un autre membre de la génération des miracles y ait pensé aussi. Il se sentit coupable. Une chose aussi importante aurait remonté le moral de Kuroko. Même si fêter son anniversaire quelques jours après le suicide de son ami n'est pas chose facile.
Dans le train, Kise s'endormit. Sa nuit avait été mouvementée, le sommeil l'avait fuit. Il parvint à se réveiller juste avant l'arrêt à Tokyo.
Midorima et Kuroko l'attendaient sur le quais. Ils lui dirent bonjour sans plus d'enthousiasme que cela, c'était une ambiance particulière, pesante, qui traînait sur le petit groupe. Aomine les rejoignit, il était emmitouflé dans une grosse veste et reniflait toute les trentes secondes.
-Tu es malade ?
-Un peu, j'étais tellement frustré hier soir que je suis allé faire un footing en pleine nuit.
Kuroko baissa légèrement les yeux. Lui avait passé sa soiré sur la terrasse, une tasse de café à la main, Nigou à côté de lui, à regarder le ciel. Il faisait très souvent ça. L'air de la maison était trop pesant après ce qu'ils avaient décidés. Ce n'était pas rien d'aller enquêter sur un possible meurtre.
Murasakibara les rejoignit quelques minutes avant que le train pour Kyoto ne parte, son train à lui avait eu dix minutes de retard. Ils s'installèrent dans un carré de six places avec une table au centre. Ils auraient du être six, c'est ce qu'ils se dirent tous en s'asseyant.
Ils ne parlèrent pas beaucoup pendant le trajet, chacun avait ses occupations. Midorima lisait, Aomine et Kuroko écoutaient de la musique, Kise jouait sur sa console et Murasakibara mangeait pour évacuer son stress.
Ils reçurent presque tous en même temps un message de leurs parents leur demandant où ils étaient et ils éteignirent tous leurs portables. Aujourd'hui, ils avaient autre choses à faire que de se préoccuper de l'école. Akashi était au dessus de la famille parfois. Après tout, il était leur capitaine.
Ils arrivèrent en début d'après-midi à Kyoto. Il faisait vraiment très froid. Kuroko se félicita d'avoir pensé à prendre des mitaines et une écharpe. Il neigeait un peu. De très légers flocons qui disparaissait sur les vitres du taxi.
Il passa devant le cimetière et toute la génération des miracles sentit son cœur se serrer, exactement au même instant. Ils eurent tous cette sensation de vide laissé par un être cher.
Puis, ils détournèrent le regard et fixèrent la route avec un regard vide. Le taxi les déposa devant la grande maison des Akashi. Devant le portail, de nombreuses fleurs, des lettres mouillés par la neige, des peluches, dont un petit panda roux. Murasakibara prit la peluche et la garda. Elle tenait dans sa poche. Personne dit rien en le voyant faire ça, comme personne ne dit rien quand Kise ralluma l'une des bougies qui s'était éteinte.
Midorima sonna à l'interphone. Personne ne répondit pendant de longues minutes. Puis, une voix douce et féminine les saluât.
-Maison des Akashi, que puis-je faire pour vous ?
-Nous voudrions parler à Masaomi Akashi. Est-il là ?
-Oui, je vais demander s'il peut vous recevoir. Qui dois-je annoncer ?
Ils dirent qu'ils étaient des amis de Seijuro. Il y eut un long silence durant lequel ils prièrent tous pour que Masaomi accepte de les voir. Finalement, la voix féminine revint.
-Je vais ouvrir le portail.
Puis elle raccrocha et le grand portail en ferraille s'ouvrit en grinçant. Ils entrèrent dans ce jardin, dans ce territoire dans lequel Seijuro avait évolué. C'était affreusement intimidant de ce dire qu'il ne mettra plus jamais les pieds ici. Que sa chambre, son repère, se trouve ici.
La domestique qui avait dû leur parler à l'interphone attendait devant la porte avec un grand sourire. Elle était jeune, une petite vingtaine d'année.
-Bonjour, leur dit-elle en souriant, Masaomi-san est dans le petit salon.
Sur ce, elle leur fit signe d'entrer et les guidèrent dans l'impressionnante demeure. Il y avait pleins de couleurs, d'escaliers, de portes, qui menaient un peu partout. C'était un labyrinthe. La décoration était un peu vieille, avec beaucoup de gros meubles en bois massif, lustrés et couverts d'objets de collection.
Le petit salon était une pièce éclairée par de grandes fenêtres. Il y avait une petite cheminé, trois canapés qui encadraient une table basse. Dans une grande étagère, des trophées, des photos. Sur la table basse, de vieilles cassettes, des bouteilles d'alcool.
Masaomi était assis sur le canapé, il sirotait un verre d'un alcool brun. Il ne portait qu'un pantalon de costard, une chemise noire et des chaussures à peine lacées. Il avait une barbe de trois jours et des cernes. Son visage semblait bien plus vieux qu'il y a un mois.
C'était une homme ravagé qui se tenait devant eux.
Aomine, au fond de lui, ne pouvait faire disparaître l'idée que c'était la culpabilité qui avait transformé cet homme, et non la tristesse.
Kuroko s'avança vers cet homme qu'il n'avait rencontré que deux ou trois fois. Il s'assit lentement sur le canapé en face de Masaomi. Les autres l'imitèrent.
-Que venez vous faire chez moi ? demanda de façon peu aimable Masaomi.
-Nous venons vous parler.
-Alors parler entre vous, moi, je n'ai rien à dire.
-Et moi je crois que si ! Rouspéta Aomine.
Mais l'adulte ne cilla pas. Il resta incessible, le regard vide en sirotant son verre.
-On sait que vous aviez besoin d'argent ! On sait que vous avez des dettes ! Or Akashi avait un compte qui vous aurait permis de sortir la tête de l'eau. N'est ce pas ? Mais comme il était majeure, vous ne pouviez plus utiliser son compte. Alors vous l'avez tué.
Midorima faisait signe à Aomine d'y aller plus doucement, mais il l'ignora.
-Vous avez préféré votre société à votre fils ! Après tout, ce n'était pas trop un problème d'héritage, vous avez six neveux !
-C'est pour me dire ça que vous êtes venus ? Vous perdez votre temps.
-Vous n'êtes qu'un...
-Aomine ! Calmes-toi, repris Midorima.
Il se rassit dans le canapé et souffla un grand coup.
-Allez-vous en, dit calmement l'adulte.
-Non ! On a besoin de savoir.
-Il n'y a rien à savoir.
-Est-ce que c'est vous qui avez fait ça ?
Masaomi perdit soudainement son clame, il se leva, le visage sombre et colérique.
-Vous m'accusez d'avoir assassiné mon propre fils ? D'avoir caché cela en suicide ? De l'avoir empoisonné avec de la drogue pendant trois mois ? Pour le tuer ? Vous pensez sérieusement que j'aurai pu faire du mal à la seule personne qui me restait ? Au dernier souvenir vivant qu'il me restait de ma femme ?! Je n'ai pas tué mon fils.
-Mais alors...
-Akacorp peut couler mille fois ! Mais je n'aurai jamais assassiné Seijuro pour de l'argent ! L'argent de son compte est encore sur le mien à l'heure qu'il est, pas sur celui de l'entreprise, il a servis à payer ses funérailles. Jamais je n'aurai fait du mal à mon fils ! Il était... TOUT, ce qu'il me restait ! J'aurai préféré mourir !
Masaomi vacilla avant de se rasseoir, il pris sa tête dans ses mains. La domestique de tout à l'heure passa sa tête par l'entrebâillement de la porte et fit signe au petit groupe de sortir. Quand ils quittèrent la pièce, ils entendirent Masaomi pleurer.
Kuroko se sentait coupable. Ce n'était pas lui qui avait parlé, qui lui avait dit ces choses horribles, mais il se sentait coupable d'avoir pensé que cet homme ait pu faire ça. Bien que la vie lui avait montré qu'on pouvait être un bon comédien dans les moments de crises.
-Il est... Comme ça depuis combien de temps ? Demanda Kise.
La jeune domestique baissa les yeux. Quelques mèches brunes tombaient devant son visage.
-Il a commencé après la mort de Seijuro-kun. Il ne sort plus du petit salon, à part pour aller dans la cuisine manger un ou deux truc.
-Qu'est-ce qu'il fait ici ?
-Il boit. Il regarde les photos, les cassettes de Seijuro-kun et celle de son mariage. Il y en a une qu'on entent souvent... Il semble qu'il l'aime beaucoup...
Elle avait un petit sourire triste en disant cela.
-Vous voulez quelques chose ? Demandât-elle finalement d'un ton professionnel.
-Oh... Non, on va plutôt y aller, affirma Kise sans avoir consulté les autres.
Mais ils étaient tous d'accord pour partir. L'ambiance de cette maison rappelait qu'il y avait le fantôme d'un jeune homme qui n'était pas encore parti.
C'était étrange, mais Kuroko avait tendance à se demander si Akashi était en paix, ou bien si son fantôme les regardait et attendait qu'on trouve qui l'avait tué pour qu'il puisse partir vers sa mère. D'un certains point de vue, il aimerait bien que ce soit ça, savoir qu'il ne les avait pas encore quitté, qu'il avait conscience qu'on ne l'oubliait pas et que la résolution de son meurtre était leur priorité. Kuroko ne croyait pas vraiment aux fantômes, mais il avait vraiment envie de croire qu'Akashi les regardait encore.
En sortant de l'imposante maison, la génération des miracles croisa un homme. Il sortait d'une grosse voiture bleue, presque noire. Il portait un costard cravate, le genre d'habit d'homme d'affaire. Il avait un sourire très chaleureux et salua le petit groupe.
-Salut les jeunes !
-Bonjour monsieur, répliqua Kuroko.
-Vous êtes venu voir Masaomi ? Demanda l'adulte.
-En effet.
-Il va bien ?
L'air de l'inconnu était véritablement soucieux en posant cette question.
-Pas vraiment non, répondit Aomine. Il boit beaucoup.
Kuroko le frappa dans les côtes pour le faire taire. Personne n'avait besoin de savoir ce que devenait un père en détresse. Son malheur et la façon dont il le gérait ne regardait que lui.
-Je vois... soupira l'homme. Je vais voir ce que je peux faire...
-Vous êtes médecin ? Demanda Midorima.
-Non ! Bien sûr que non, je suis un ami de longue date de Masa. Je ne me suis même pas présenté, désolé. Je suis Sôseki Oba. Je viens voir assez souvent Masa ces derniers temps, il ne faudrait pas qu'il fasse trop de bêtises...
-Surveillez-le bien, conseillât Kuroko.
-Je comptais le faire.
Il s'avança vers la maison, avant de se retourner vers le groupe.
-Dîtes-moi, vous ne l'avez pas mis de mauvaise humeur ?
Sôseki semblait redouter la colère du directeur d'Akacorp. Même si c'était son ami.
-Un peu, avoua Midorima.
-Génial... De quoi vous lui avez parlé ?
-De son fils.
-Aïe, sujet délicat.
-On sait. Mais on avait besoin de savoir une ou deux choses, précisa Kuroko.
-Vous êtes partisans de ceux qui pensent qu'Akashi ne s'est pas suicidé ?
-Oui. Vous aussi ?
-Je ne connais pas beaucoup Akashi. Mais du peu que je sais de lui, ce n'était pas ce genre de garçon, tout comme de n'était le genre à prendre de la drogue ou ce genre de truc, pas comme son cousin.
-Son cousin ? S'étaient exclamés les cinq en même temps.
L'homme ria devant cette synchronisation. Puis il repris un air plus sérieux.
-Le plus grand des cousins d'Akashi est un gosse de riche insupportable qui fume et prend ce genre de substances dans des soirées. On entend assez souvent parler de ses débordements à Kyoto. Mais sa mère fait tout pour cacher cela à la presse.
-Comment s'appelle-t-il ? Demanda expressément Kuroko.
-Nagasuke Akashi.
Le bleuté le remercia. Son cerveau marchait déjà à cent à l'heure. Ils avaient une nouvelle piste. Ce cousin, étant le plus grand, avait sûrement de grandes chances d'être le deuxième sur la liste de succession. Il aurait pu être jaloux de son cousin et l'avoir tué pour être l'héritier. Et puis, il aurait pu attirer Akashi vers la drogue.
-Merci beaucoup Monsieur Oba, nous allons vous laisser.
-D'accord. Au plaisir !
Sur ce, il tourna les talons et entra dans la grande maison.
La génération des miracles quitta la propriété. Une fois dans la rue, les langues se délièrent.
-Tetsu, tu veux qu'on aille voir ce cousin bizarre ?
-Oui.
-Mais il est déjà tard, il fait super froid ! J'ai pas envie d'y aller aujourd'hui !
-Qui as dit qu'on irait aujourd'hui ?
-Parce que tu veux qu'on rate une journée de cours en plus ? Râla Midorima.
Kuroko soupira. Il savait bien qu'il en avait déjà beaucoup demandé à ses amis. Mais ils étaient tous venus pour la même chose. Pour Akashi.
-Je ne veux pas vous forcer. Mais j'aimerai qu'on découvre ce qui s'est passé ensemble.
-Moi je reste, s'exclama Kise avec un grand sourire.
-Moi aussi, je veux écraser celui qui a fait du mal à Aka-chin.
Aomine soupira avant de finalement avouer qu'il avait envie de savoir, Midorima céda lui aussi.
-Et on dors où ce soir ?
Kuroko resta muet. Il n'y avait pas vraiment pensé... Mais il y avait toujours une solution, il y avait de petits hôtels pas chers et ce genre de choses à Kyoto.
-On pourrait demander au père d'Aka-chin ?
-Il ne voudra jamais !
-Mais, on pourrait demander à Mayuzumi ? Proposa Kise.
Ils étaient tous sceptiques. Mayuzumi n'avait sûrement pas envie d'être dérangé, et puis, la génération n'était pas vraiment très proche de lui, sauf Kuroko qui avait fait l'effort de le connaître. Mais ce n'était pas vraiment le meilleur moment pour aller le voir, pour lui dire qu'ils pensaient que Seijuro ne s'était pas suicidé. Que c'était peut-être son propre cousin qui l'aurait fait.
-Je ne sais pas si c'est une bonne idée.
-Essayons et on verra bien.
Kuroko sortit son portable et composa le numéro de Mayuzumi. Il décrocha à la troisième sonnerie.
-Oui ?
-C'est Kuroko.
-Ah... Qu'est-ce qu'il y a ?
-Nous sommes à Kyoto. On a pas vraiment d'endroit où dormir alors...
- « On » ?
-Moi et les anciens de Teiko.
-Ah... Je vois. Ça fait beaucoup. Mais bon, venez, ça me fera un peu de compagnie.
Il raccrocha et envoya son adresse à Kuroko quelques minutes après. Ils prirent le tramway, le bus et arrivèrent devant un grand immeuble résidentiel. Mayuzumi habitait au cinquième étage. La génération de miracles monta en silence et frappa à la porte 79. Mayuzumi mit un certains temps à ouvrir.
-Salut, le salua Aomine.
-Entrez.
L'appartement était grand. Du moins, grand pour une seule personne. La cuisine américaine était ouverte sur le salon. Il y avait des cartons un peu partout, encore vides, mais Midorima supposait qu'ils allaient vite être remplis. Sur le mur de droite, deux portes qui menaient sûrement à la chambre et à la salle de bains.
Le petit groupe se dispersa dans l'appartement. Midorima et Kise restèrent avec Mayuzumi dans la cuisine. Dehors, il faisait déjà nuit noire, la neige tombait devant les fenêtres.
-C'est grand. Pour une seule personne je veux dire. Comment tu fais pour te payer ça avec un revenu d'étudiant ?
-C'est parce que je ne le payais pas tout seul.
Kuroko écarquilla les yeux en comprenant.
-Tu ne le payais pas tout seul ? C'est à dire ? Demanda Midorima.
-Seijuro payait avec moi. Il y a nos deux noms sur le bail. Je ne suis pas sûr que son père soit au courant alors...
Il fixa les cartons.
-Je pensais à déménager dans un studio. Je ne peux plus me payer l'appartement.
Il avait des yeux effroyablement tristes en pensant à la perspective de partir d'ici.
-Seijuro voulait qu'on habite ensemble quand il... quand il aurait fait ses études. Cela faisait un an qu'on habitait ici. Il venait me voir quand il le pouvait, parfois des semaines entières, il venait dormir ici.
-Tu peux toujours en parler au père d'Akashi-kun, je pense qu'il comprendra.
Mayuzumi fronça le nez. Cette perspective ne lui plaisait apparemment pas.
-Pour lui... Je crois que je suis une partie de la vie de son fils qu'il préfère négliger. On n'était rien dans le fond. Juste ensemble et... Il ne va pas payer l'appart du mec de son fils. Ce serait ridicule.
Kuroko ne trouva plus rien à dire pour le réconforter. Mayuzumi s'éclaircit la voix et changea de sujet.
-Je n'ai pas encore fait à manger, vous voulez quoi ?
Après une longue concertation, le petit groupe opta pour du riz avec une sorte de ratatouille. C'était bon et facile à préparer. Aomine mit la table sur l'îlot au milieu de la cuisine, Kuroko épluchait les légumes, Mayuzumi s'occupait du riz et de la sauce pour la ratatouille. Midorima proposa son aide mais tous les postes étaient occupés. Alors il resta adossé au bar et écouta les conversations. Aomine, une fois la table mise, alla avec Murasakibara, s'affaler sur le canapé. Kise s'occupa de sortir les duvets pour la nuit. Il y avait possibilité de dormir à deux sur le canapé (avec un peu de collaboration et d'organisation) et il y avait un matelas gonflable qui pouvait au maximum accueillir trois personnes si elles se seraient.
-J'ai douze appels manqués de ma mère... Elle doit être super inquiète, se plaignit Kise.
-Vos parents ne savent pas que vous êtes ici ? Demanda Mayuzumi en prenant une assiette pour mettre le riz et la ratatouille.
-Non. Ils ne savent même pas où on est ni ce qu'on fait. C'est une histoire qui ne regarde que nous.
-Je vois.
-C'est aussi qu'on a organisé ça au dernier moment, remarqua Midorima.
-Ce n'est pas grave, répliqua Kuroko. Moi j'ai trouvé ça bien qu'on se regroupe comme ça. On a un objectif en commun maintenant.
-Ouais... Il n'empêche que si Aka-chin s'est vraiment suicidé, toute notre petite escapade et nos questions n'auront servies à rien.
À ce moment, L'assiette que tenait Mayuzumi s'écrasa sur le sol.
-Qu'est-ce que vous avez dit ?! S'exclamât-il.
Sa voix se brisa. Kuroko faisait signe à Murasakibara ne de pas en rajouter car il ne voyait déjà ouvrir la bouche pour parler. Il en avait assez dit.
-Mayuzumi-san...
-Il s'est suicidé. OK ? Il n'a pas été tué, c'est lui qui a choisi.
-Mais...
-C'est comme ça. La police a enquêté, elle n'a rien trouvé, c'est qu'il n'y avait rien. Akashi s'est suicidé, c'est tout. Ne cherchez pas plus loin.
-Tu ne trouves pas étrange qu'il se droguait ? Qu'il en ait fait une overdose alors qu'il allait très bien avant ? Et tu n'aurai rien remarqué ? Il ne t'aurai rien dit ?
-Je m'en fou ! Il est mort ! Il est mort et c'est tout ! Je me fiche de savoir comment, pourquoi, à quoi ça sert ? Rien ne le ramènera !
Il quitta la pièce en jetant rageusement son tablier. Il partit vers la chambre, vers cette chambre, ce lit, qu'il avait partagé avec Akashi tant de fois.
Il était mort. Il avait lui-même choisi de mourir.
Rien ne changera ce fait. C'était comme ça. Évidement, ça ne lui plaisait pas, il aimerait savoir plus que tout ce qui a pu pousser son petit ami à se suicider. Était-ce sa faute ? Il n'avait pas vu qu'il souffrait ? Non, quand il était mal, la première personne à qui il en parlait était justement Mayuzumi. Alors pourquoi n'avait-il rien dit cette fois-ci ? Parce que c'était de sa faute ? Parce que le problème, c'était lui ?
C'était le genre de questions qui tournaient nuits et jours dans la tête du jeune homme. Il ne pouvait pas, ne voulait pas croire que quelqu'un d'autre ai pu choisir à la place de Seijuro le moment de sa mort. Cette idée lui était insupportable. Penser que quelqu'un ait pu le regarder mourir, prendre du plaisir à le voir mourir, penser que Seijuro avait peut-être peur, penser à ce qu'il avait pu vivre alors que trois heures avant sa mort, il était encore dans les bras de Mayuzumi.
Et si, ce soir-là, il l'avait retenu contre lui rien que cinq minutes de plus ? Cela lui aurait-il permis de vivre ? S'il s'était suicidé, alors la question ne se posait pas et Mayuzumi ressentait un peu moins de culpabilité. Mais si c'était un meurtre... Il suffisait que Seijuro soit au mauvais endroit, au mauvais moment.
Mais comment le tueur aurait pu penser à le mettre sur la tombe de sa mère ? Comment expliquer les empruntes digitales de Seijuro sur la seringue qui contenait la dose mortelle de drogue ?
Sur le lit, Arpège, le chaton que Seijuro avait recueillit se roulait en boule. Il formait un petit cœur gris, tellement petit qu'il tenait dans la main.
Akashi avait trouvé ce chaton dans un parc, il était tout seul et personne dans les environs ne semblait être son propriétaire. Alors il le ramena. Mayuzumi ne dit pas non en le voyant. Il était adorable. Et, avec sa taille minuscule, il n'y avait pas de problème de place. Concernant les dépenses en litière et croquettes, Akashi proposait de payer.
Mais maintenant...
Cependant, Mayuzumi voulait bien faire une croix sur cet appartement, mais pas sur le chaton. Arpège était tout ce qu'il lui restait du rouge.
Il y a encore un mois, Mayuzumi se voyait vivre sa vie avec Seijuro, passer encore d'autres soirées sur le canapé à boire des tisanes en regardant le ciel se coucher. Seijuro adorait être au repos, sur le canapé, collé contre Mayuzumi, une tasse bien chaude dans les mains, alors que dehors il faisait froid. C'était des moments cosy qu'il adorait. Et puis, la plupart du temps, les petites caresses devenaient plus osées et finalement, ils se retrouvaient à faire l'amour.
Arpège se leva et s'étira. Elle approcha de son deuxième papa humain et se frotta à sa main.
-Tu restera avec moi, toi au moins ?
Le chat ronronna.
Mayuzumi se leva en soupirant, prit le chaton dans sa main et retourna dans le salon. La génération des miracles était à table, ils l'attendaient. Mayuzumi s'assit et laissa le chaton sur le sol, Kise s'extasiait sur la petite boule de poils.
-Il est trop mignon !
-C'est Seijuro qui me l'a ramené.
Le visage de Kise changea aussitôt.
-Bon, commença Mayuzumi, dîtes-moi tout.
-Tu es sûr ?
-Oui. Si une personne sur cette terre a tué Seijuro, je veux le voir, et le mettre en prison moi-même. Alors je vous écoute.
-D'accord. Alors, hier, Murasakibara-kun a trouvé un document stipulant qu'Akacorp avec des dettes importantes.
-Je sens que je vais regretter, remarqua Mayuzumi en mangeant un morceau de légume. Vous avez soupçonné son père, c'est ça ?
-Oui. Mais finalement, vu la crise qu'il a fait quand on lui en a parlé, je ne pense pas qu'il ait pu faire ça.
-C'est un bon comédien.
-Peut-être. Quoiqu'il en soit, on a alors entendu parler d'un des cousins d'Akashi-kun qui prendrait de la drogue. Alors on va aller l'interroger demain.
-Hum... Je crois que j'aurai préféré ne rien savoir. L'imaginer tué par quelqu'un, c'était déjà beaucoup. Alors si en plus cette personne est de sa famille...
-Cependant, à pars une personne de sa famille, personne n'aurait pu lui vouloir du mal. Il n'a jamais rien fait.
-Sauf s'il avait des problèmes avec le possible dealer qui lui fournissait l'hypothétique drogue. Mais si je suis votre raisonnement, ce fameux dealer ne serait autre que son cousin. C'est cela ?
-Oui.
-OK, alors je viendrai avec vous demain. Je sais que c'est votre petite affaire personnelle, mais Seijuro était...
Il fit une pause, ses mains tremblaient en repensant au rouge. Les souvenirs étaient trop récents, trop vifs encore. Il avait besoin de temps.
-Je crois que j'ai besoin de savoir.
Sur ce, il se leva, leurs indiqua qu'Arpège allait sûrement les réveiller cette nuit car elle faisait ses griffes partout et était très pénible quand elle était énervée. Puis il leur indiqua où était les toilettes et tout ce dons ils pourraient avoir besoin durant la soirée.
Mayuzumi alla dans la chambre, il enfila un pyjama dons le haut appartenait à Seijuro, il avait encore son odeur de shampoing à la menthe et de parfum. Il comptait tout faire pour préserver cette odeur de plus longtemps possible.
Il devait préserver chaque parcelle de souvenir, chaque chose qui pouvait lui rappeler l'homme qu'il avait aimé pendant plus de deux ans.
Seijuro avait cette odeur la première fois, lors de leurs première étreinte, il l'avait aussi à la dernière.
Arpège sautât sur le lit, elle se roula en boule près du visage de Mayuzumi. Son ronronnement accompagna ses rêves.
