Bonsoir tout le monde,

Voici la suite des aventures de nos héros qui explique plus ou moins les raisons pour lesquelles Clint a décidé de ne pas tuer Natalia. Je répète que ce n'est que mon point de vue et qu'évidemment, il se peut que je sois à l'opposé de la vérité. Mais quoiqu'il en soit, j'aime à l'imaginer ainsi.

Inconnue : Merci beaucoup pour ta review ;)

Je vous souhaite une bonne lecture,


Base secrète du SHIELD – 8h52

Le directeur Fury marcha jusqu'à son bureau d'un pas rapide avant de pénétrer dedans avec fracas. Il avait consacré sa vie entière à assurer la survie et la clandestinité du SHIELD et voilà que son meilleur agent de terrain mettait tout son travail en péril sur un simple coup de tête.

Une telle stupidité de sa part était inadmissible… Inadmissible et incompréhensible.

Il n'y avait d'abord pas cru quand son agent lui avait envoyé un code pour lui signifier qu'il ramenait le colis à la base pour des soins immédiats. Mais désormais, le doute n'était plus permis et il était furieux.

Son agent avait intérêt à avoir de sérieux arguments s'il voulait rester actif… et ne pas se retrouver enfermé à jamais dans une prison secrète et perdue au fin fond du monde pour haute trahison. Car actuellement, c'était tout ce qu'il envisageait de faire.

« Bon sang Barton, qu'est-ce qui vous a pris de la ramener ici ? » Claqua-t-il la porte derrière lui dans un excès de rage.

L'attendant déjà assis dans un fauteuil, l'archer se leva calmement et se retourna pour faire face à la fureur de son interlocuteur. Il connaissait suffisamment son supérieur pour savoir à quoi s'attendre et ne fut donc pas impressionné par son allure meurtrière tandis qu'il s'avançait dans sa direction.

« Je me suis dis qu'elle pourrait nous être utile, » expliqua-t-il prudemment.

Il avait parfaitement conscience d'avoir désobéi aux ordres et de faire prendre d'énormes risques à l'agence. Toutefois, pour une raison qu'il ignorait, il était certain d'avoir pris la bonne décision concernant la capture de sa cible plutôt que son élimination.

« Vous avez lu son dossier. Vous savez de quoi elle est capable, » rugit Fury en s'installant debout derrière son bureau, les paumes de mains plaquées dessus. « La garder en vie dans nos locaux est un risque dont je me serai bien passé, figurez-vous. »

Clint hocha de la tête.

« Je le sais, oui, » vint-il se placer devant lui. « Mais imaginez toutes les informations qu'elle détient et qu'elle pourrait nous fournir. Sans parler de ses compétences d'espionnage. Cette femme serait un atout considérable pour l'agence si elle venait à travailler pour nous. »

Le directeur siffla.

« Vous venez de résumer tout le danger qu'elle représente d'un seul mot, » lui fit-il durement remarquer. « C'est une espionne. Une très bonne espionne. La liste de ses crimes est impressionnante et pourtant nous n'avons pas encore tout répertorié. Nous ne pourrons jamais nous fier à ses actes ou à ses paroles. La garder en vie est une perte de temps et une insubordination inacceptable. »

Clint secoua la tête. N'étant définitivement pas d'accord avec lui.

« Sauf votre respect Monsieur, certaines informations peuvent être précieuses, » ne se démonta-t-il pas.

« Pas aussi précieuses que de garder cette agence intacte, » souligna-t-il d'un ton glacial.

« Mais suffisamment pour être exploitées, » rétorqua-t-il.

Fury souffla doucement comme pour essayer de se contenir et de ne pas le tuer dans un nouvel excès de rage qu'il sentait doucement monter.

Il connaissait son agent par cœur. Il avait visiblement une idée en tête et malgré ses états de services irréprochables, cela n'augurait rien de bon pour la suite. Il en était persuadé.

« Faites-moi confiance une dernière fois, d'accord ? Si jamais mon plan ne vous plait pas, j'irai la tuer, » insista-t-il en plantant son regard vert dans le sien.

Ses méthodes n'étaient pas toujours approuvées, ni conventionnelles mais il n'avait encore jamais échoué dans une mission. Il espérait que ce détail ferait pencher la balance en sa faveur et lui apporterait le soutien qu'il méritait.

« Et comment vous comptez lui extorquer ses informations ? » Interrogea finalement Fury d'un ton curieux. « Elle a été formée à la torture. Rien de ce que nous lui ferons, ne la fera flancher. »

Soulagé de ce revirement, Barton garda sa concentration. Le plus dur restait à venir. Il avait passé le trajet du retour à y réfléchir et il devait maintenant être convainquant pour laisser une chance à son projet de voir le jour.

« Elle est jeune. Si nous arrivons à lui faire prendre conscience qu'elle se bat pour le mauvais camp, nous pourrons obtenir sa coopération, j'en suis certain. »

« Elle est jeune mais elle n'est pas manipulable pour autant. Vous la sous-estimez Barton. »

Peut-être bien qu'il la sous-estimait. Cependant, son propre camp avait essayé de la tuer. Cela augmentait considérablement ses chances. D'autant plus que la manipulation ne faisait pas partie de ses projets.

« Qui vous parle de manipulation Monsieur ? » Interrogea-t-il gravement.

Le directeur Fury fronça les sourcils. Par moment, il n'arrivait pas à suivre la logique de son agent.

« Très bien, » lui intima-t-il l'autorisation d'exprimer son plan librement. « Qu'est-ce que vous avez derrière la tête Barton ? »

Clint inspira. Sachant déjà que c'était de la pure folie.

« Assigner là comme ma partenaire officielle, » lâcha-t-il brutalement d'un ton calme.

Il sut au regard étonné de son supérieur qu'il avait fait mouche. Et il avait raison. De tout ce que son agent pouvait lui annoncer, c'était sûrement la dernière tactique à laquelle Fury s'attendait.

« Les risques sont trop grands, » refusa-t-il catégoriquement. « Et quand bien même je l'autoriserai, elle n'acceptera jamais. Les espions de la red room sont considérés comme les plus ingénieux et les plus prudents. Elle préférera sûrement se tuer. Ce serait de la folie d'espérer qu'elle se rallie à notre cause. Et beaucoup trop dangereux, » ajouta-t-il avec une pointe de colère.

Le jeune agent haussa simplement des épaules. Il avait envisagé cette répartie durant tout le vol du retour.

« Le danger nous permet d'avancer, non ? »

« Ou dans ce cas précis, de couler, » dit-il avec reproche. « Une attaque de l'intérieur nous anéantirait. Je ne peux pas le permettre. »

« Et si j'arrivais à lui prouver que nos valeurs sont plus morales que celles du KGB, est-ce que vous seriez prêt à vous engager ? »

« Tout dépend de comment vous envisager de faire ça, » répondit-il en sachant très bien que si son agent posait la question, c'était qu'il y avait déjà réfléchi.

Barton inspira de nouveau avant de répondre. La suite de sa folie continuait.

« Confiez lui des missions sous ma responsabilité. Ce sera le meilleur moyen de la convaincre. Elle verra d'elle-même les causes pour lesquelles nous nous battons. »

Fury resta interdit. Il n'y avait peut-être pas assez réfléchi finalement.

« Vous n'êtes pas sérieux ? »

Le jeune homme ne cligna pas des yeux, le visage parfaitement impassible.

« Je suis parfaitement sérieux, Monsieur. »

« Et si elle nous double ? »

« Alors j'en assumerai les conséquences, » annonça-t-il doucement.

Et il était en effet prêt à prendre ce risque. Il ne la connaissait pourtant que de son dossier, néanmoins, elle était aussi effrayante qu'intrigante. Il ne pouvait pas l'expliquer mais il se reconnaissait à travers elle. Son adolescence avait été mouvementée et sans l'aide de Fury et du SHIELD, il aurait peut-être fini comme elle. Travaillant pour les mauvaises personnes et sûrement même déjà mort. Elle méritait qu'on lui donne une chance de s'en sortir également.

Un silence pesant s'installa avant que le directeur ne se décide finalement à parler.

« Elle sera trop instable. Ça ne marchera pas, » décréta-t-il.

« C'est ce que vous aviez dit pour moi et regardez ce que je suis devenu aujourd'hui. N'importe qui peut changer si vous lui en donner les moyens, » lui rappela-t-il la phrase qu'il lui avait dit lors de leur première rencontre.

Contournant son bureau, Fury se plaça devant son agent.

« La faire travailler pour nous est inenvisageable, Barton, » répéta-t-il malgré son insistance. « Elle pourrait très bien tous nous tuer si l'envie et l'occasion se présentaient, vous en avez aussi conscience de ça, j'espère ? »

« Tout comme elle pourrait ne rien faire, » répliqua-t-il platement, peu impressionné de sa prestance menaçante. « Il faut tenter le co... »

Un bip retentit, le coupant dans sa phrase et le directeur Fury regarda son portable avant de souffler d'agacement.

« En parlant du loup, votre colis va bientôt se réveiller. Nos médecins sont obligés d'interrompre la procédure pour le moment. »

L'étonnement se dessina sur son visage.

« Elle n'était pas sous sédation pour le restant de la matinée ? »

Son supérieur se pinça les lèvres, visiblement tourmenté par ses futurs choix.

« Si. »

Ok. Là, il devait admettre qu'il était impressionné. Pour avoir déjà testé les produits anesthésiants du SHIELD, il savait que c'était impossible de résister.

« Je vais la voir, » se dirigea aussitôt Clint vers la porte avant d'être arrêter par la voix grave de son directeur.

« Non, vous, vous restez ici » lui désigna-t-il la chaise d'un signe de main autoritaire pour lui signaler qu'il n'avait pas le choix. « Vous en avez assez fait pour le moment. Je vais y aller et essayer de comprendre ce qui vous est passé par la tête après trois minutes de discussion avec elle. Vous serez informé de ma décision dans la matinée. En attendant, restez ici jusqu'à mon retour, me suis-je bien fait comprendre ? »

Barton hocha lentement de la tête avant de s'asseoir et de le regarder sortir.

Finalement, l'entretien s'était mieux passé qu'il ne l'avait prévu au départ.

o0o0o0o0o

Natalia reprit difficilement conscience.

Sa tête tambourinait férocement et tout son corps protestait à l'idée de bouger un simple orteil. Elle se sentait étrangement légère avec les paupières lourdes. Cela ne lui était pas arrivé depuis plusieurs années. Pourtant, elle reconnut sans difficulté la sensation bien distincte d'avoir été droguée.

L'odeur de l'antiseptique lui piqua le nez, la conformant dans l'idée qu'elle ne se trouvait pas en terrain connu et elle hésita à ouvrir les yeux. Depuis qu'elle travaillait pour le KGB, elle n'avait jamais été dans un hôpital, ni même dans un endroit y ressemblant. A ses retours de missions, elle était toujours grossièrement soignée et sans aucun confort. Le fait d'être allongée dans un lit signifiait obligatoirement que l'ennemi l'avait capturé. Et elle n'aimait pas ça. Pas ça du tout.

Gardant les yeux scellés, elle écouta les bruits réguliers de son moniteur cardiaque tout en essayant de bouger discrètement. Une douleur vive se répandit aussitôt dans sa jambe droite et elle s'obligea à garder son visage impassible ainsi qu'une respiration stable. La red room l'avait formé à rester insensible en toute circonstance et elle comptait bien se servir de ses compétences. Indiquer son réveil était la dernière chose qu'elle souhaitait faire. Pas avant d'avoir analysée son environnement et s'être préparée mentalement aux confrontations qui l'attendaient.

Se concentrant sur ses autres sens, elle pouvait dire que sa jambe avait été soignée. La sensation d'une bande serrée autour de sa cuisse étant bien distincte. Un cathéter se trouvait inséré sur le dessus de sa main droite et un métal dur retenait ses poignets et ses chevilles. Des électrodes étaient collées sur sa poitrine. L'absence de bruits extérieurs l'informait que la pièce ne comportait aucune fenêtre. C'était regrettable mais pas alarmant. Elle trouverait obligatoirement un autre moyen de sort…

« Je sais que vous êtes réveillée, » retentit une voix grave.

Pendant un bref instant, elle hésita à rester immobile et prétendre être encore endormie avant de se raviser. Qui que soit ses ravisseurs, ils avaient réussi à la kidnapper ce qui laissait suggérer qu'ils étaient loin d'être stupides et aussi incompétents que toutes les agences gouvernementales qui essayaient de la traquer depuis des années. Les ignorer ne ferait que compliquer ses futurs rapports avec eux. Et ce n'était pas quelque chose qu'elle souhaitait si elle voulait réussir à s'échapper.

Tant pis, jura-t-elle intérieurement. L'affrontement allait se faire plus tôt que prévu.

Prudemment, elle ouvrit les paupières. Les faisant cligner plusieurs fois pour s'habituer à la lumière.

D'abord floue, sa vision se cala peu à peu sur une imposante silhouette située à sa droite au bord du lit. Silhouette qu'elle aurait préféré voir allongée sur une table d'autopsie, un trou entre les deux yeux.

« Je suppose que les présentations sont inutiles ? » Déclara ce dernier placidement.

Grand, charismatique, un bandeau recouvrant son œil gauche, elle n'avait aucun doute à avoir sur son identité. Il s'agissait de sa dernière cible. Le dénommé Nick Fury.

« En effet, » confirma-t-elle ses dires d'une voix pâteuse en le fixant d'un regard noir intense avant de relever la tête pour observer sa tenue avec colère. « La blouse était essentielle ? »

« Nos médecins ont dû vous opérer pour pouvoir retirer la flèche, » justifia-t-il la raison de sa nouvelle tenue.

Cette brève observation était surtout destinée à mieux analyser sa situation et lui permettre de confirmer ses pensées. Imaginer était une chose, voir en était une autre.

Comme elle l'avait prédit, la chambre était petite et ne comportait pas d'autres issues que la porte d'entrée. Sa seule légère inquiétude était que la porte était magnétisée et réglée pour s'ouvrir au passage d'un badge. Il faudrait donc qu'elle en dérobe un, soit discrètement si cela était possible, soit de manière plus violente.

La pièce comportait également quatre caméras. Sans aide extérieure, elle ne pourrait pas les déconnecter avant de s'être échappée de ce lit. Il faudrait donc qu'elle fasse vite pour sortir de la chambre pour avoir une chambre de neutraliser ses adversaires et trouver une sortie.

N'ayant aperçu aucun meuble, elle ne savait pas où sa véritable combinaison se trouvait. Se battre en blouse médicale l'irritait grandement mais elle n'aurait sans doute pas le choix. L'important était de s'approprier de nouveaux vêtements une fois dehors pour ne pas se faire remarquer.

Au final, les lourdes contentions en métal, qui emprisonnaient ses bras et ses jambes, étaient le dernier de ses soucis. Elle pourrait aisément s'en défaire avec un peu de volonté malgré qu'elle fût certaine qu'il lui faudrait se désarticuler le pouce pour y arriver. Rien de difficile.

« Vous n'aviez pas le droit, » jeta-t-elle alors froidement, se focalisant sur l'homme à ses côtés.

Le directeur Fury arqua un sourcil devant sa remarque.

« De vous soigner ? »

« De me toucher. »

Sa tête tourna légèrement dû à son immobilité forcée et elle la reposa sur l'oreiller.

Dieu qu'elle n'aimait pas ne pas être en pleine possession de ses moyens. Elle savait que son métabolisme éliminerait rapidement les drogues, à condition toutefois que la poche de perfusion qui s'écoulait dans son système ne soit pas destinée à la maintenir dans un état comateux. Auquel cas, elle devrait s'en défaire avant de tenter quoique ce soit.

« La situation nous obligeait à agir sans votre consentement, » expliqua son interlocuteur.

Elle le fixa avant d'exprimer un léger rictus moqueur.

Ça, elle s'en doutait déjà. Inconsciente, elle était comme tout le monde : vulnérable. Et c'était ce qui l'énervait le plus. Si elle était restée consciente, son adversaire n'aurait jamais réussi à l'amener dans ce complexe médical. Mais c'était désormais trop tard pour revenir en arrière. Elle devait maintenant se préoccuper de la situation actuelle.

« Qu'est-ce que vous voulez ? » Interrogea-t-elle calmement d'un ton glacial.

« Parler. »

Cette fois-ci, elle ricana franchement.

« Ne me prenez pas pour une imbécile, » lança-t-elle avec dédain. « Vous n'avez pas déployé autant de moyens pour me traquer et me soigner juste pour me parler, non ? »

Il resta stoïque, se contentant de soutenir le regard noir de la jeune femme.

« En effet. J'aimerai vous faire une proposition d'embauche, » dit-il sans plus d'explications.

Son souffle se coupa à cette réponse.

Bien que stupéfaite, elle nota que l'homme en face d'elle ne tournait pas autour du pot. Il était franc et direct. Sa voix ne tremblait pas. Il maîtrisait ses émotions à la perfection. C'était assez rare pour qu'elle le souligne à l'encre rouge dans son cerveau.

« Une proposition d'embauche ? » Répéta-t-elle prudemment. « Votre abruti d'agent me tire une flèche dans la cuisse avec son arc moyenâgeux et vous espérez tout de même que je travaille pour vous ? »

Il sourit légèrement.

« L'agent Barton excelle dans son domaine. S'il avait voulu vous tuer comme c'était prévu ou vous handicaper, il l'aurait réellement fait. Considérez son acte comme une seconde chance. »

Elle avait déjà classé cet homme dans la catégorie 'dangereux' quand elle l'avait aperçu à Budapest. Son attitude implacable et détaché ne fit que lui confirmer qu'elle avait raison.

« La réception était un piège ? » Comprit-elle le double sens de ses paroles.

« Destiné à vous mettre hors d'état de nuire, » affirma-t-il en hochant la tête.

« J'étais votre cible ? »

Il acquiesça de nouveau silencieusement, lui laissa le soin de digérer la nouvelle.

Son instinct lui avait conseillé d'abandonner la mission. Lui avait fait comprendre que quelque chose n'allait pas. Malgré ça, elle n'avait pas voulu écouter et avait continué. Elle avait été vigilante mais vraisemblablement pas assez. Sa première erreur… Et sa dernière.

« Vous saviez qu'il y avait un contrat sur votre tête dès votre arrivée à Budapest, n'est-ce pas ? » Demanda-t-elle après plusieurs secondes.

« Nous devions mettre fin à vos agissements. J'ai servi d'appât. »

« Et l'agent Barton devait me tuer. »

« En effet, » affirma-t-il gravement.

Elle tiqua.

Si ses ordres avaient réellement été de la tuer, pourquoi Barton avait tout fait pour la protéger quand le KGB était arrivé pour les tuer tous les deux ? Et pourquoi avait-il préféré l'assommer et l'amener ici plutôt que de la jeter du haut du toit ?

Il avait agi à l'inverse de ses directives et elle n'en connaissait absolument pas les raisons.

« Dans ce cas, pourquoi je suis toujours en vie ? »

« Tout simplement parce que l'agent Barton a défié mon autorité en décidant de vous épargner. »

« Et lui, il est toujours en vie ? »

Il opina.

« Il se trouve actuellement dans mon bureau. Vous assurez qu'il en ressortira vivant est une autre affaire en revanche. »

Elle ne put s'empêcher de réprimer un petit sourire devant sa menace muette. Il avait beau être l'ennemi, sa mentalité n'était pas si éloigné de la sienne. S'il avait été dans son camp, elle l'aurait probablement abattu douloureusement pour lui faire comprendre sa faute.

Un coup fut donné, les faisant détourner la tête et la porte s'ouvrit doucement après un léger bip sonore.

Cachée par la silhouette imposante devant elle, Natalia ne pouvait pas voir la personne qui venait de pénétrer dans la chambre. Mais elle savait qu'elle ne l'aimerait pas.

« Monsieur ? » Les interrompit une voix d'homme, s'adressant directement au directeur. « Excusez-moi de vous déranger mais nous devons finir la procédure. »

S'étant retourner pour lui faire face, il hocha gravement la tête.

« Elle est à vous, » s'écarta-t-il du lit pour laisser sa place à un médecin aux cheveux grisonnants.

Le corps de Natalia se tendit aussitôt. Tous ses sens en alerte.

Si elle devait agir, c'était maintenant, pendant qu'elle pouvait encore maîtriser la situation. Mais pour ça, il lui fallait gagner du temps.

« La procédure ? Quelle procédure ? » Interrogea-t-elle froidement.

Aussi discrètement que possible, elle testa la résistance et le diamètre de ses contentions en métal. Elle savait ce qu'il lui restait à faire mais c'était un petit sacrifice comparé à ce qui l'attendait si elle ne faisait rien.

« Vous n'auriez pas dû vous réveiller aussi tôt. La dose anesthésiante était supposée vous laisser inactive pendant encore quatre heures, » lui apprit Fury. « Mais nous finirons cette conversation à votre prochain réveil et je vous expliquerai tout ce qui m'est possible de vous révéler, vous avez ma parole. »

« Quelle procédure ? » Réitéra-t-elle mauvaisement alors qu'elle sentait l'articulation de son pouce glisser hors de sa cavité.

Elle serra les dents mais ne montra rien extérieurement. L'habitude.

« Nous devons prendre certaines précautions, » expliqua-t-il simplement.

« Elles ne serviront à rien, » le menaça-t-elle implicitement tandis qu'elle s'agitait pour détourner l'attention du glissement de sa main hors des contraintes.

« C'est ce que nous verrons, » s'approcha-t-il pour la contenir afin que le médecin puisse s'approcher.

Il n'eut pas le temps de la toucher qu'elle libéra totalement sa main et lui asséna un violent coup de poing sur la pommette gauche, le faisant reculer de plusieurs pas.

Il haleta de surprise avant de réagir presque tout aussi rapidement et se jeta sur elle, lui emprisonnant fermement les deux poignets pour l'empêcher tenter une autre attaque. Elle tenta un coup de tête, facilement esquivé par son destinataire alors qu'il plantait son regard froid dans le sien.

« Lâchez-moi, » souffla-t-elle les dents serrés.

Ne répondant pas, il la fixa attentivement plusieurs longues secondes comme pour l'évaluer avant d'enserrer plus fermement ses poignets dans ses mains.

« Sédatez-la, » donna-t-il simplement son accord au médecin qui attendait.

Ses yeux lancèrent aussitôt des éclairs tandis qu'elle regardait avec méfiance le médecin s'approcher et injecter le contenu d'une seringue dans l'IV qui était reliée à son bras.

Grinçant des dents, elle lutta contre les effets presque immédiats du sédatif avant de sentir son corps l'abandonner.

« Je vous tuerai, » marmonna-t-elle dangereusement à l'attention du directeur Fury avant que tout ne devienne de nouveau noir.


Pas très réjouissant pour notre Black widow mais heureusement, on sait tous comment cela finit... Même si pour le moment, elle est loin -encore très loin même-, d'être Nastasha. La suite des explications dans le prochain chapitre qui est presque fini et qui devrait donc arriver durant le week end prochain si tout va bien.

Je vous dis, à la prochaine,

Tanutwo