Bonsoir ! Alors voici le chapitre quatre ! J'espère que vous aimerez !

Comme d'habitude, les personnages appartiennent à la merveilleuse J.K Rowling, sauf le couple Bentley !

Bonne Lecture !

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4.

Je me suis tu...

Albus Dumbeldore fixait le visage ravagé de l'enfant face à lui. Tout lui semblait plus clair...et en même temps si sombre ! Lui qui aimait Harry comme son petit-fils, savoir que celui-ci était dévoué à ce point à leur communauté, le rendait à la fois malheureux et fier. Fier de compter ce garçon si brave et généreux dans son entourage mais atrocement malheureux d'une telle injustice.

Harry était un garçon parfait. Doux, gentil, il ne pensait qu'au bien de son prochain sans se soucier de lui-même. Son cœur était si beau et si emplit de pureté ! Comment pouvait-on faire du mal à un être aussi superbe ? Pourquoi le destin s'acharnait-il sur cet adolescent incroyable ?

Refoulant sa peine, Albus s'avança vers Harry et s'assit lentement auprès de lui, attentif au moindre signe de rejet. Mais le garçon ne bougea pas. Il se raidit de tout son petit corps et ne quitta pas les yeux bleus de son directeur du regard. Celui-ci leva, très précautionneusement, une main longue et ridée. Il fut heureux de voir que le gryffondor restait toujours aussi immobile et passa ses longs doigts fripés dans la chevelure désordonnée du jeune homme en un geste si empli de tendresse qu'Harry sentit ses paupières se faire lourdes.

Dumbeldore continua longtemps ses caresses, jusqu'à ce qu' Harry n'est plus de larmes à verser. Dans un geste purement enfantin, le garçon avait saisit d'une main la robe colorée de son professeur et fermait les yeux sous les attentions particulièrement affectueuses du vieil homme. Celui-ci le laissa faire, comprenant parfaitement qu'Harry n'avait jamais eut d'enfance et qu'il avait besoin de se sentir choyé, aimé et protégé.

Il se permit donc ce geste doux, privilégié et rare parce qu'il aimait profondément ce garçon et qu'il était après tout humain. Sa décision devint irrévocable. Que lui importait que des gens qu'il ne connaissait ni d' Ève ni d'Adam meurent, tant que son cher Harry était en vie. Tant pis s'il devait affronter la colère de tout un monde tant que son précieux élève soit heureux pendant quelques mois. Il était prêt à tout pour revoir ce sourire radieux sur les lèvres du fils Potter.

_ Ecoute-moi bien Harry, dit-il sans toutefois abandonner ses caresses. Tu as vécu des choses dont personne ne devrait sortir vivant. Tu t'es sacrifié assez de fois pour que je puisses dire que tu es l'être le plus merveilleux que j'ai pu rencontré dans ma longue vie. Et, en ce sens, je ne peux t'inclure dans cette guerre. Pas tout de suite du moins. Je veux que tu connaisses tout ce que tu n'as pas connu. L'amour, le respect, l'affection. Tu en as besoin, même si je ne peux pas affirmer que cela guérira tes blessures. C'est pourquoi je veux te placer dans une famille sorcière qui saura te donner tout cela. Tu m'as bien compris, Harry ?

Le jeune homme, touché et bouleversé, acquiesça avec hésitation. La main du directeur dans ses cheveux dévia jusqu'à son visage pour venir s'égarer sur sa joue et Harry enfouit sa figure autant qu'il le put dans cette paume aimante. Jamais personne n'avait eut de tels gestes envers lui. Même pas Sirius, Hermione ou Mrs Weasley.

_ Bien, continua Albus en souriant tendrement au garçon. Je voudrais te présenter quelqu'un dans ce cas.

A contre cœur, le vieux sorcier s'écarta d'Harry et posa sa main cajoleuse sur celle, minuscule, du malade. Il fit un geste pour permettre à Georgina et Eammon de s'avancer afin qu'ils soient bien en vue du garçon.

_ Harry, je te présente Eammon et Georgina Bentley. Ce sont de vieux amis en qui j'ai toute confiance. Ils ont accepté de prendre soin de toi pendant quelques temps. Si tu le souhaites, bien entendu.

Le vieil homme laissa le temps au temps. Il ne fallait rien brusquer. Harry n'était pas prêt pour redonner sa confiance à un adulte, il en avait pleinement conscience. Des jours difficiles s'annonçaient mais Albus était convaincu que les Bentley étaient la solution. Leur grand amour des enfants n'était plus à prouver et seul cela pouvait sauver Harry.

Les deux jeunes gens restèrent immobiles près du lit, se complaisant sans un mot face au regard troublant et scrutateur de l'enfant alité. Celui-ci, craintif, se raidit. Ses prunelles vertes émeraude naviguèrent sur chacun de leur trait avec une suspicion presque offensante. Son visage couvert de contusions sembla se détendre quelque peu face au sourire sincère qu'affichait le couple. L'homme dégageait quelque chose de rassurant. Pourtant, il aurait dû être terrifié face à la haute et forte stature d'Eammon. Mais ses yeux plein de chaleur le convainquit de la bonté de l'étranger. Son épouse mit Harry tout de suite en confiance. Elle lui rappelait sa défunte mère avec ses longs cheveux roux et ses yeux verts, plus clairs cependant que les siens.

Après un instant d'hésitation, le gryffondor eut un pâle sourire. Les paroles de Vernon lui revinrent subitement en mémoire. Ne pas s'attacher. Il leur fera du mal. Il causera leur perte. Personne ne devait l'aimer.

Indécis, Harry se prit la tête entre les mains alors que de nouveaux sanglots franchissaient ses lèvres. Les poings serrés, il se demanda ce qu'il devait faire. Si ces personnes venaient à s'attacher, il leur ferait du mal un jour où l'autre. Peut-être même mourront-elles ? Comme Cédric, comme Sirius, comme ses parents...Tant de gens étaient déjà en danger par sa faute ! Une pensée égoïste naquit dans sa tête : si quelqu'un d'autre qui lui était proche venait à mourir...il ne s'en remettrait pas. C'était trop dur, trop éprouvant, trop...Trop, tout simplement. Ce couple avait l'air si gentil ! Si prêt à l'aimer ! Alors que lui était si repoussant, si sale et si mauvais !

_ Harry, mon enfant..., murmura Albus. Que t'arrive-t-il ?

_ Je..., croassa l'adolescent. Je ne peux pas...

_ Qu'est-ce que tu ne peux pas ? Parles sans crainte, mon petit, insista le directeur en repassant une main dans les cheveux indisciplinés de son élève.

_ Je ne peux pas aller avec ces gens...

_ Pourquoi donc ? Je t'assure que tu n'as pas à avoir peur ils te traiteront comme si tu était leur enfant.

_ Ce n'est pas ça, sanglota Harry. Ils...ils vont mourir...

_ Harry ! Mais enfin pourquoi dis-tu cela ? Ils ne mourront pas enfin...

_ Si ! Si ,ils mourront ! Comme Maman et Papa ! Comme Cédric et comme Sirius ! Tous ceux qui m'approchent meurent !, se mit alors à hurler l'enfant de toute la force de ses poumons.

_ Harry...

_ Partez ! Allez vous-en ! Il ne faut pas...il ne faut pas que vous soyez près de moi...

_ Harry...

_ NON ! Laissez-moi !

Complètement secoué, Harry se mit à crier comme un dément, en proie à ses plus sombres démons. Malgré ses nombreuses attelles, il se mit à se débattre comme un beau diable et ne semblait pas ressentir la douleur de ses membres brisés.

Déboussolé, Albus tenta avec l'aide des Bentley de maîtriser l'enfant mais celui-ci, bien trop agité, donnait des coups sans s'en apercevoir. Ne sachant plus quoi faire, les trois personnes présentes regardèrent le garçon avec chagrin, complètement démunis.

C'est sur cette scène que tombèrent Severus et Lucius lorsqu'ils entrèrent dans l'Infirmerie. Ils restèrent tout d'abord les bras ballant, un peu pris au dépourvu par l'attitude du jeune Potter, avant de se précipiter vers Dumbeldore.

_ Albus , l'interpella Severus. Qu'est-ce qu'il s'est passé ?

_ Il ne veut pas aller avec les Bentley, chuchota tristement le sorcier à la longue barbe blanche. Il pense que toutes les personnes qu'il approche vont mourir un jour ou l'autre par sa faute. Comme ses parents, le jeune Black et Mr Diggory, a-t-il dit.

Snape ferma les yeux. A cet instant, rien n'aurait pu le retenir de débarquer à Privet Drive et de torturer les Dursley jusqu'à la fin. Rien, excepté Harry. Pourquoi n'avait-il jamais remarqué à quel point tous deux se ressemblaient ? Car Severus comprenait parfaitement la réaction de l'enfant. Il avait eut la même de nombreuses fois, craignant l'aide secourable des autres afin de leur éviter tout danger, chose dont l'avait menacé Tobias plusieurs fois et en lui faisant mémoriser ce serment cruel à coup de canne.

_ Pourriez-vous me laisser seul avec Mr Potter ?, demanda-t-il.

_ Severus, je ne crois pas..., commença à s'opposer Dumbeldore, vite coupé par le regard noir du jeune professeur.

_ Albus, vous avez la mémoire courte, gronda celui-ci. Je suis celui qui comprend le mieux Mr Potter dans cette pièce et être entouré de tout ce monde ne l'aidera aucunement. Alors partez.

Snape attendit que tous soient sortis. Lorsque la porte se referma, il était seul avec un enfant hurlant et pleurant dans son lit d'hôpital, enfermé dans ses souvenirs. L'homme soupira. La pédagogie n'avait jamais été son fort, et encore moins le contact avec les autres. Comment était-il sensé procéder ? De plus, Potter et lui s'étaient toujours détestés. Cela compliquait atrocement les choses.

Mais tu étais le seul à le haïr, souffla une voix dans son esprit qu'il préféré taire au plus vite. Sa culpabilité était déjà assez grande.

Mal-à-l'aise, Severus s'avança vers le lit et attendit que le garçon se calme de lui-même. Et cela ne tarda pas. Épuisé, le corps douloureux, et la gorge irritée, on n'entendit bientôt plus que de léger pleurs et la respiration haletante d'Harry . Malgré tout, il restait enfermé dans ses cauchemars et murmurait des choses sans queue ni tête que Severus ne chercha pas à comprendre. Le plus délicatement possible et avec son ton le plus doux, il appela l'adolescent afin de lui faire reprendre conscience.

_ Mr Potter...Mr Potter, c'est le professeur Snape...Vous n'êtes plus chez votre famille, Potter...Vous êtes à Poudlard, dans l'infirmerie. Tout va bien, gamin. Vous n'avez plus rien à craindre.

Severus parla ainsi pendant plusieurs minutes, essayant de rassurer Harry et le ramener à la réalité. Quand il parut suffisamment calme, le professeur se permit de poser ses longs doigts fins sur la main du patient, lui communiquant sa chaleur. Cela sembla fonctionner, car après un moment, le petit brun ouvrit des yeux voilés et rougis par les larmes. Son regard désespéré croisa celui de l'enseignant qui n'avait pas cessé de parler d'un ton qu'Harry ne lui avait jamais entendu.

_ Pr...professeur..., bafouilla-t-il.

_ Je suis là, Mr Potter. Tout va bien.

_ Je croyais...j'ai crû être revenu chez Oncle Vernon..., murmura Harry sans pouvoir s'en empêcher.

Il se mordis la lèvre immédiatement pour ne pas en dévoiler plus. Snape n'était pas la meilleure personne avec qui en parler, et en réalité aucune autre ne l'était. Il se fichait de lui, le détestait depuis des années. Sa vie n'intéressait personne et il ne voulait pas que l'homme lui reproche quoique se soit. Il avait mal, il avait soif, il avait peur...mais il n'avait pas à le dire. Il n'était qu'une petite chose insignifiante qui ne méritait rien d'autre que l'indifférence ou la haine.

_ Potter !, claqua la voix glaciale du maître des potions. Restez avec moi.

_ P-pardon...Je ne voulais pas crier...je...

_ Bien sûr que vous ne le vouliez pas, acquiesça Snape avec raideur. Vous n'avez pas à vous justifier. Mais j'aimerais que vous me disiez ce qui a déclenché cette crise d'angoisse, Mr Potter. Vous avez effrayé le professeur Dumbeldore.

_ Je suis désolé...

_ Vous n'êtes plus chez vos tuteurs et vous n'y retournerez pas alors inutile de vous excuser à tout bout de champs.

Harry baissa la tête. Le professeur était agacé. C'était à cause de lui.

_ Alors, Mr Potter ? J''attends toujours une réponse. Pourquoi étiez-vous si angoissé ?

_ Je...je ne veux pas être un fardeau, monsieur. Et ces gens seront beaucoup mieux sans moi.

_ Qu'est-ce qui vous fait croire cela ?, demanda Severus, le visage toujours impénétrable.

_ Je suis l'ennemi numéro un du plus grand mage noir de tous les temps. Si je vais vivre avec eux, ils seront en danger. Et ils finiront par mourir...comme les autres.

L'homme transperça de ses yeux noirs d'encre le jeune homme face à lui, qui n'osait d'ailleurs pas le regarder. Soumission. Humiliation. Solitude. Culpabilité. Les Dursley avaient fait du beau travail.

_ J'ignore comment votre famille vous a fait gobé tout cela. Sûrement de la même façon que mon père l'a fait avec moi. Mais ce que je sais- et vous le comprendrez vous aussi avec le temps- c'est que vous n'êtes en rien la cause des victimes de Vous-savez-qui. Ce sont eux qui ont scellé leur destin. Ils ont choisis de se battre pour le bien. Avec toutes les conséquences que cela engendrent. Vos parents et Black le savait parfaitement. Pour Diggory, en revanche...Il était là au mauvais endroit, au mauvais moment. C'est tout. Rien de plus, rien de moins. Vous êtes un jeune homme sur qui reposent tous les espoirs. En tuant le Seigneur des Ténèbres, vous sauverez tout un monde. Qu'importe les autres. Ceux-là ne pourront pas revenir. Ceux-là ne pourront pas empêcher le Mal de venir frapper à nos portes. Vous seul le pouvez. Alors ne vous sentez pas coupable de choses pour lesquelles vous ne pouvez plus rien. Songez au présent. Songez à l'avenir. Car ce sont eux qui sont les plus menacés. Et puis...tout le monde meurt un jour où l'autre.

_ Comment pourrais-je tous les sauver...alors que je n'ai même pas pu me défendre des Dursley ?, s'enquit Harry avec une amertume et une douleur profonde.

_ Ce n'est pas la même chose. On vous a appris à craindre votre famille. On vous a appris à leur obéir et à les subir. On vous a appris à garder le silence. Les Dursley vous ont dressé depuis votre plus jeune âge. Vous y êtes habitué, tout comme vous êtes habitué à garder un masque de joie et de sérénité lorsque vous êtes dans le monde magique. Parce que vous avez pensé que c'était le mieux pour les autres.

_ Je n'ai plus assez de courage...

_ Pourquoi ?

_ Pour porter mon masque. J'en ai assez de mentir, de faire semblant. Parfois, comme aujourd'hui, j'ai juste envie de laisser la peur et la souffrance me submerger...pour qu'enfin quelqu'un me remarque tel que je suis.

_ Dans ce cas, abandonnez votre masque. Allez vivre avec les Bentley pendant quelques mois. Ne leur cachez rien. Ils vous aideront et vous donneront tout ce que vous avez toujours voulut.

_ Vous les connaissez ?

_ En effet. Ce sont des gens biens.

_ Pourquoi Mr Malfoy était ici ?

Severus sembla un instant surpris par la question mais compris vite que le jeune homme ne cherchait qu'à changer de sujet.

_ Lucius est un très vieil ami. Il a accepté de rejoindre l'Ordre afin de protéger sa famille. Il l'aurait fait plutôt si seulement on lui en avait laissé la possibilité.

_ Je vois, murmura Harry. Mais il a pourtant...

_ Essayé de vous tuer ? Il était déjà espion à cette époque. Il vous a menacé simplement pour ne pas griller sa couverture. Tout comme moi je le fais lorsque je suis votre professeur.

_ J'accepte l'idée que Mr Malfoy est joué un rôle...mais je ne vous crois pas lorsque vous dites que vous portez un masque lors des cours. Votre haine envers moi est réelle.

_ Elle n'était pas dirigée contre vous, avoua Severus en s'émerveillant intérieurement de la maturité du jeune Potter. Vous savez que votre père...n'a pas été tendre envers moi. J'aurais pu lui pardonner...si seulement il n'avait pas agit avant de réfléchir.

_ Que voulez-vous dire par là ?, interrogea avec curiosité Harry, avide d'en savoir plus sur ce père qu'il n'avait jamais connu.

Severus regarda longuement les grands yeux verts avant de se décider à parler. Admettre un passé qu'il avait tout fait pour oublier était très difficile. Le révéler à un gamin meurtri l'était encore plus.

_ Mon père était un homme dur, Potter. Très dur. Il détestait les sorciers et adorait l'alcool. Je n'étais désiré que par ma mère et je l'ai senti dès que j'ai poussé mon premier cri. Mon enfance fut à l'image de mon paternel. Froide, morne, douloureuse. Jusqu'à ce que je rencontre Lily, votre mère. Elle a été une amie merveilleuse pour moi, vous savez. Je suis même tombé amoureux d'elle. Oh bien sûr c'était un amour d'enfant. Mais sa fraîcheur, son innocence et sa joie de vivre étaient si nouvelles et si fascinantes pour moi ! Elles me faisait tout oublier.

Harry eut un sourire tendre en entendant sa mère décrite ainsi.

_ Comme j'aurais aimé la connaître...

_ Vous n'avez aucun besoin de la connaître. Vous êtes exactement comme elle. Au début je ne voyais que votre physique que vous avez hérité de James. Mais...je dois bien admettre que si Lily aurait été à votre place, elle aurait agit exactement comme vous.

_ Parlez-moi de mon père.

_J'ai bien peur que tout ce que j'ai connu de lui n'est pas très flatteur. Lorsque je suis arrivé à Poudlard, j'étais timide mais déterminé. Déterminé à sortir des griffes de mon père. C'est pour cette unique raison que j'ai été admis à Serpentard. Dès le premier jour, James a été jaloux de l'attention que me portait Lily. J'avais un physique peu avantageux, j'étais en mauvaise santé et mes vêtements étaient des loques. Votre père et Black avaient toutes les raisons de me rejeter. Vers la fin de ma première année , je me suis rapproché de Lucius d'une manière complètement inattendu. Il était le leader des Serpentards. Il était le plus âgé et le plus noble. Un jour où j'étais seul avec lui dans la salle commune, il a remarqué mes bleus sur mes bras. Il a tout de suite deviné.

_ Attendez, l'arrêta Harry. Vous essayez de me dire que...que votre père...

_ Oui. Depuis toujours, mon père me violentait. Il me faisait peur. J'étais seul, personne ne savait. Jusqu'à Lucius. Dès lors, il a prit soin de moi comme un frère. Il me soignait, me réconfortait. Mais sa dernière année à Poudlard vint à s'achever. Il devint mangemort, tout en restant proche de Dumbeldore, car c'était le choix de son père et il ne connaissait aucune alternative. Il épousa Narcissa. J'étais amer, seul, mal dans ma peau. Avant de s'en aller, Lucius avait tout raconté à Albus qui me prit à son tour sous son aile. Mais il avait d'autres obligations et j'étais révolté contre lui. Pourquoi m'aider maintenant alors qu'il m'a avait ignoré pendant cinq ans ? Mon père était de plus en plus violent. Et ce qui devait arriver, arriva. Un soir où il était plus ivre que d'habitude, il tua ma mère en la rouant de coups. J'étais dévasté. Et terriblement en colère . Je voulais lui faire payer. Mais il me fallait de la puissance et des alliés. Voldemort est intervenu à ce moment là. Il m'aiderait à tuer mon père, à condition que je devienne un de ses sbires. Ma haine était si grande que j'ai accepté sans réfléchir. J'ai tué mon père d'un Avada sans aucun remords. Quand j'ai pris conscience de ce que j'avais fait, il était déjà trop tard. La Marque était sur mon bras. Pour protéger ta mère, j'ai préféré m'éloigner. Je l'ai délibérément insulté de Sang-de-Bourbe et je n'ai plus eut aucun contact avec elle par la suite. Je la surveillais dans l'ombre car le Seigneur des Ténèbres nous avait fait part de ses projets. Le plus important était d'éliminer l'enfant de la Prophétie. Toi. J'ai prévenu Albus et lui ai juré allégeance. Mais ça n'a pas suffit. J'ai été prévenu trop tard de l'attaque. Quand je suis arrivé à Godric's Hollow, la maison était en ruines, James était mort dans les escaliers, Lily gisait au milieu des débris de la chambre et toi...tu pleurais dans ton berceau en regardant le corps de ta mère, comme si tu avais compris tout ce que cela impliquait.

Un long silence s'installa. Harry semblait réfléchir à toutes ces paroles, tandis que Severus avait le regard hanté par tous ses souvenirs.

Le garçon n'aurait jamais pensé que Snape avait été comme lui. Mal aimé, détesté, battu...C'était une chose qu'il ne souhaitait à personne mais il se rendit compte qu'il n'était, malheureusement, pas le seul à vivre tout cela. Il sut alors que trois choix s'imposaient à lui : mourir, haïr toutes ces personnes qui lui avaient fait tant de mal...ou vivre et tout recommencer depuis le début en n'oubliant pas cependant son passé et ses douloureuses cicatrices. Et vivre voulait dire aider son monde.

_ Hum...Professeur ?, dit Harry.

_ Oui, Mr Potter ?, répondit celui-ci en ayant l'air de revenir de très loin.

_ Si j'arrive à tuer Vous-savez-qui...qu'est-ce que vous allez faire par la suite ?

_ Eh bien...je pense que je resterais à Poudlard. Pourquoi cette question ?

_ Je...je n'ai jamais réfléchit à mon avenir...j'ai toujours été certain que je mourrais après mon combat avec le Seigneur des Ténèbres.

_ Vous êtes jeune, vous avez toute la vie devant vous. Et il y a vos proches. Ils auront besoin de vous, je suppose.

_ Oui...Très bien. J'accepte de me rendre chez les Bentley.

_ Vous faites le bon choix, Mr Potter.

_ Je n'aurais jamais pensé vous entendre me dire cela un jour, rit légèrement Harry.

_ Les temps changent, sourit le sombre maître des potions.

Celui-ci fit entrer Albus, Eammon, Georgina, Lucius et Madame Pomfresh qui s'empressa d'aller voir son patient.

_ Alors ça c'est la meilleure, marmonna-t-elle en remettant les attelles d'Harry en place. Me mettre à la porte de ma propre infirmerie...C'est un scandale..

_ Cessez vos jérémiades, femme, gronda Severus. Dites-nous plutôt comment va Mr Potter.

_ Il va bien. C'est un miracle d'ailleurs qu'il soit encore en vie après avoir discuté avec vous aussi longtemps, répliqua Pompom.

Severus grommela quelque chose que personne ne compris et Harry ne put s'empêcher d'éclater de rire. Cette note légère ne dura pourtant guère longtemps car l'adolescent se mit à tousser avec violence, dérangeant une fois de plus ses membres immobilisés. Madame Pomfresh s'empressa de lui faire boire un peu d'eau avant d'arranger ses bandages.

_ Mr Potter, cette fois je ne veux plus que vous bougiez d'un pouce ! Comment voulez-vous guérir correctement si je dois toujours remettre vos os en place ?

_ Pardon, Madame Pomfresh. Je ne bougerais plus.

_ Je l'espères bien ! Il faut que j'aille dans mon bureau, à présent. Albus, je compte sur vous pour ne pas le déranger trop longtemps, il a besoin de beaucoup de repos.

_ Ne t'en fais pas, Poppy. Je ferais attention.

Severus et Lucius se placèrent debout, bien droits, au pied du lit tandis que le couple Bentley s'installait sur le lit d'à côté. Dumbeldore préféra reprendre sa place sur un bout de matelas de son élève tandis qu'il posait à nouveau une main sur sa chevelure indomptable d'un noir d'encre.

_ Alors, mon enfant, as-tu décidé de ce que tu voulais ?, demanda-t-il avec gentillesse.

_ Oui. J'accepte d'aller vivre quelques temps avec Mr et Mrs Bentley...s'ils sont d'accord, bien entendu, ajouta-t-il avec timidité.

_ Nous en sommes ravis, Harry, se réjouit Georgina en serrant la main de son époux. Ne t'en fais pas, tout ira bien, j'en suis certaine.

_ Tu vas adoré le manoir, Harry !, s'enthousiasma Eammon. Bien sûr, il va falloir aménager ta chambre car cela fait longtemps que nous n'avons pas eut d'invités mais je suis sûr que tu vas te plaire chez nous.

_ Nous habitons au milieu des bois, continua Georgina. C'est très calme et remplis de verdure et d'animaux. Lorsque tu seras bien rétablit, nous irons faire une ballade à cheval et nous te montrerons des endroits magnifiques ! Tu verras, ce sera merveilleux !

_ J'en suis sûr, sourit Harry, toutes ses craintes envolées.

_ Parfait, gloussa Albus en gobant un de ses fameux bonbons au citron. Occupons nous des détails à présent. Poppy m'a dit que tu ne pourrais pas bouger avant trois jours. Cela nous laisse assez de temps pour tout organiser. Nous allons te chouchouter, mon garçon ! Tout d'abord, il te faut de nouvelles affaires. Mais je laisse le soin à Georgina et Narcissa de s'en occuper. Ensuite, il ne faudra pas négliger tes études pour autant donc je vais organiser une réunion avec les professeurs afin que nous aménagions un emploi du temps. Il faudra également prendre en charge ta rééducation mais Eammon est un expert dans ce domaine. Les protections du manoir Bentley sont puissantes mais il ne faut rien négliger. Severus, je te laisse faire. Quant à moi, je vais mettre au courant tes amis afin qu'il ne s'inquiètent pas trop. Tu auras bien sûr le droit de les voir le week-end et pendant les vacances. Mais suis-je bête, tu dois être épuisé ! Mes amis, allons dans mon bureau pour discuter de tout cela. Harry, je compte sur toi pour guérir le plus vite possible.

_ Je vous le promet, professeur. Oh ! Professeur ? J'ai une faveur à vous demander...

_ Je t'écoute, mon garçon.

_ Pourriez-vous m'amener Hedwige ? Elle m'a été d'un grand réconfort et j'ai beaucoup de mal à me passer d'elle, à présent.

_ Je pense que cela est possible, sourit le directeur. Je te l'envoie immédiatement.

_ Merci.

Une fois seul, le sourire d'Harry se fana subitement pour laisser place à une mine sombre. Si autrefois il avait choisit de mentir pour préserver ses proches, aujourd'hui il portait un masque pour se préserver lui-même. Il aurait voulut dénouer ce noeud de souvenirs et de sentiments qui lui emprisonnait le cœur mais il en était incapable. Comment raconter les viols ? Comment formuler cet aspect ténébreux de sa vie dont il avait toujours essayé de s'éloigner ? Il ne pouvait pas le dire, tout simplement parce que ce n'était pas des choses que l'on pouvait dire avec une indifférence détachée et sans craindre les conséquences. Harry avait le cœur et l'âme brisés. Et il ne comptait pas rester ainsi toute sa vie, dans ce brouillard perpétuel et rempli de noirceur. En secret, il garda l'espoir et la résolution de ne pas survivre à son combat contre Voldemort.

Tout simplement parce qu'il n'en pouvait plus. Il était fatigué, épuisé, vidé. Il ne savait même pas comment le professeur Snape avait réussit à continuer. Lui, il en était incapable. Tout lui paraissait si fade...si dénué de sens et d'intérêt...

Ses lugubres pensées furent interrompues par l'arrivée d'Hedwige. Celle-ci se posa près de sa tête avec doux hululement et joua, comme elle en avait prit l'habitude, avec ses cheveux d'ébène. Harry enfouit sa tête dans les plumes duveteuses de son ventre et une larme silencieuse roula sur sa joue pâle.

_ Toi, ma Hedwige... Tu es la seule qui me comprenne et qui ne me juges pas...Tu sais que je vais partir...et pourtant tu es toujours là...comme la fidèle amie que tu es...

L'animal eut un sinistre petit cri et continua ses caresses dans ses cheveux jusqu'à ce que le jeune homme, éreinté, ne s'endorme, blottit contre sa chouette qui était le seul témoin de sa détresse.

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Et oui, c'est encore triste...Que voulez-vous on se refait pas;D ! Au fait, je voulais écrire un one-shot pour Noël ( sur Harry Potter, bien sûr ^^) et je me demandais si vous vouliez une histoire, un moment ou un couple particulier ? Pas que je suis en manque d'idées ( loin de là j'en ai trop XD) mais comme c'est pour vous faire plaisir, autant vous demander:). Dites-moi tout dans les commentaires, s'il vous plaît !