Reconstruction chapitre 4

Mont Paozu, mois de décembre.

Il s'était écoulé plusieurs mois depuis la mort de Son Goku, et tout le monde semblait avoir repris une vie normale.

Poussant un soir d'exaspération Gohan referma son livre de biologie. Il avait suffisamment travaillé comme ça : une lecture des trois derniers chapitres, les exercices sur les équations du premier degré, le résumé de lecture. La pause était la bienvenue, certes il aimait travailler apprendre des choses mais parfois les cours frisaient l'overdose. Il lui semblait que l'été était passé à une vitesse folle et qu'il n'en avait pas suffisamment profité.

L'atmosphère de la maison lui était parfois pesante, il se sentait seul incapable de se faire des amis de son âge et de lier contact avec eux. Pendant un bon moment il avait discuté fermement avec sa mère et finalement celle-ci avait acquièsé à l'idée qu'à la prochaine rentrée il continue ses études dans un collège privé. Vivement le mois d'Avril pour découvrir un nouvel établissement ! *

Descendant les escaliers, il jeta un coup d'œil furtif à sa mère en train de préparer le repas du soir puis se dirigea vers le salon.

Visiblement son petit frère semblait très affairé par l'assortiment d'anneaux en plastique ; quant à Seiji il observait avec attention les divers jouets répandus un peu partout avant de tenter d'attraper une girafe en caoutchouc et de la porter à sa bouche.

Chichi ne s'était absolument pas trompée dans ses prévisions : les deux enfants s'entendaient merveilleusement bien malgré leurs caractères différents.

L'un était particulièrement extraverti, curieux et prêt à explorer tous les recoins de la maison alors que l'autre préférait observer du mieux qu'il pouvait les diverses situations, rester calme et était capable de passer du rire aux larmes de manière surprenante. Malgré tout, dès qu'ils étaient ensemble Goten et Seiji semblaient indifférents à tout ce qui les entourait et babillaient ensemble à leur manière.

-Alors on dirait que vous vous amusez bien vous deux, commenta Gohan en s'asseyant sur une chaise.

Son petit frère et Seiji lui adressèrent un bref regard avant de retourner à leurs occupations comme si de rien n'était.

-Non mais vous êtes bien ingrats tous les deux ! je passe je ne sais combien de temps à coté de vous et je n'ai pas le droit à un petit quelque chose, s'indigna il faussement.

Euh non, Seiji donne moi ça, ça ne se met pas à la bouche s'exclama il en voyant le bébé avec un crayon à la main.

S'occuper tous les jours d'un enfant n'était pas vraiment évident mais deux ensemble, c'était un sacré défi, comment diable s'y prenait sa mère ?

Priant pour que son ami revienne rapidement de la tour du très haut, il continua de surveiller les enfants. Goten semblait avoir décidé de regrouper tous les jouets et accessoires traînant sur le tapis de jeux et ria en voyant son compagnon faire de même.

-Vous êtes bien comme vos pères tous les deux s'amusa il en voyant la mine agacée de Seiji qui tentait de s'accaparer le restant des cubes et peluches avant son ami.

Maman viens vite voir, ça vaut le coup d'œil !

-J'arrive ! Ah oui en effet, mon dieu ce qu'ils sont adorables, où est mon appareil photo ? J'étais sure de l'avoir rangé quelque part par là…

-Franchement tu ne trouves pas qu'on dirait Papa et Piccolo avec quelques année de moins ? Si jeunes et déjà avec l'envie d'être meilleur que l'autre.

-Hé oui, ah la la ton père, soupira elle. Quel dommage qu'il ne soit plus là, parfois j'aimerais pouvoir refaire des promenades près de la rivière ou aller pique niquer.

Heureusement que je t'ai toi, mon petit Gohan chan !

-Oui Maman, dis moi tu as besoin d'aide ?

-Non tout va bien je te remercie, continue donc de les surveiller veux tu ? Ce sera prêt dans une demi heure.

Quelques minutes plus tard…

-Piccolo ! Tu es enfin revenu, je commençais à croire que tu préférerais rester au palais du très haut plutôt que de revenir.

-Ne dis pas de bêtises, j'avais tout simplement beaucoup de choses à régler, soupira ce dernier en refermant la porte.

-Alors c'est donc vrai, soupira son élève en lui jetant un regard triste. Plus que six jours et c'est le jour j ?

-Bien sur que c'est vrai, répliqua le namek. Ma vie n'est pas ici, mais ça n'empêche rien et puis… Vous avez votre vie à construire. Je me sens plus serein et à l'aise au palais du très haut ; sans doute à cause de la fusion avec Kami.

-Je comprends parfaitement, mais tu vas nous manquer.

-Si un jour tu souhaites revenir dans la salle du temps et de l'esprit ou te maintenir en forme…

Piccolo comprenait parfaitement le désarroi de son ami mais il devait comprendre. Il savait que leur amitié était profonde et qu'il comptait beaucoup pour le garçon, au départ ce serait douloureux mais avec le temps tout se cicatriserait. De son côté il estimait qu'il était resté dans cette maison suffisamment longtemps, mais il redoutait un peu le moment du départ qui serait perturbant pour son fils. Mais en revenant en ce lieu il aurait vraiment le loisir de s'entraîner comme il le souhaitait et de s'occuper de son enfant. Il en était gré à la femme de Goku de lui avoir enseigné les bases mais à présent, c'était à lui de continuer.

-Au fait, ils ont été sages ? demanda il en saisissant Seiji dans ses bras et commençant à babiller avec enthousiasme.

-Oui, comme d'habitude, mais tu as raté quelque chose de drôle tu peux me croire, s'amusa Gohan en souriant.

-Tout le monde à table ! C'est prêt, les interrompit Chichi.

Le dîner se déroula dans la bonne humeur et l'échange de propos anodins, des questions sur le quotidien des autres et la vie dans le futur à présent que Trunks était revenu dans son époque.

-Je suis certain qu'il a dû rapidement faire le ménage, appuya Gohan en reposant sa fourchette. A présent et logiquement vu les progrès qu'il a fait avec nous les cyborgs ont du être détruits ainsi que Cell.

-Tout ce qui reste à espérer c'est que les hommes soient capables de tenir compte des erreurs passées ; mais ça en ont il conscience et auraient ils la volonté de voir les problèmes ?

-C'est possible mais il leur faudra du temps et de la patience, tout ne se change pas du jour au lendemain, fit remarquer Chichi. Pauvre jeune homme, il n'a pas eu du tout de chance, soupira elle.

-Au cas où ça t'aurait échappé, il y a eu beaucoup de personnes qui n'ont pas eu l'existence dont elles rêvaient, grommela Piccolo. Oh la, la deux minutes et ne me regarde pas comme ça Seiji, soupira il en voyant son fils lui jeter un regard implorant ce qui eût pour effet de faire pouffer de rire Gohan.

Il y avait eu trois semaines de ça, Chichi et lui avaient eu une discussion sur l'élaboration des menus et la nécessité de goûter à divers plats. Ce qui en avait résulté une curiosité encore plus grande et le fait de ne pas toujours pouvoir être en paix.

Attrapant une assiette de purée et une petite cuillère, il se sentit soulagé de voir son fils ne pas rechigner pour goûter. Décidément, être père était un emploi à plein temps, il n'arrivait vraiment pas à comprendre comment Goku avait fait pour être présent avec Gohan et continuer à progresser même si sa femme avait dû beaucoup l'aider.

Ce n'était pas tous les jours une partie de plaisir de s'occuper d'un bébé, surtout au moment où il avait dû apprendre à faire ses nuits mais le voir grandir chaque jour et s'épanouir un peu plus le remplissait de joie.

De son coté, Chichi usait de toutes les stratégies pour faire finir à son fils cadet ayant récemment appris à dire maman à sa manière son plat et ce dernier ne semblait pas d'accord, laissant les trois quarts du contenu sur le bavoir plutôt que dans la bouche.

-Regardez, il y a de la neige qui tombe, s'exclama Gohan un large sourire aux lèvres. J'espère qu'elle tiendra demain !

-Du moment qu'on pourra sortir, ca ira, soupira sa mère en troquant l'assiette pour un yaourt. Bon je crois qu'il va être l'heure du bain et ensuite du coucher.

Splash !

-Vous avez l'intention de vider la baignoire à vous deux ? Soupira Piccolo en essuyant l'eau qui lui dégoulinait sur le visage.

Seiji et Goten étaient souvent intenables dans l'eau quoique ils arrivaient à rester un peu plus calmes parfois et à jouer tranquillement avec des bouchons de liège. Mais il semblait bien que pour ce soir les âneries soient de mise et les éclaboussures reprirent avec un peu moins d'ardeur.

-Je vous préviens, si vous continuez comme ça vous ne profitez plus de la baignoire et vous irez tout de suite au lit, tenta il d'une voix ferme dans l'espoir de les calmer un petit peu. Dieu merci, sa phrase eût l'effet escompté. On frappa à la porte trois minutes plus tard c'était Chichi.

-Bon je crois qu'il est temps qu'elle sortent du bains ces deux grenouilles commenta elle en souriant.

Dans la chambre à proximité du berceau, peu avant d'éteindre la lumière et de laisser une veilleuse allumée, Piccolo s'assit sur le lit avec son fils dans les bras niché dans le haut du gî comme à son habitude. Seiji l'observait d'un air plus concentré que d'habitude en continuant de gazouiller ce qui n'avait absolument pas échappé à son père.

-Mais qu'est ce que tu as l'intention de me raconter encore ? Décidément tu n'es jamais à cours d'inspiration, s'amusa il en se permettant un petit sourire.

Seiji regardait toujours dans la même direction continuant à se concentrer ; sans qu'il sache pourquoi, ce mot venait en lui, un mot si joli… Posant ses petites mains sur un des bras de son père il arriva à dire le début mais pas l'intégralité, quel malchance !

« Ppp.. pp.. » encore un effort, il sentait qu'il pouvait réussir à le dire, il allait y arriver ! Piccolo aussi avait remarqué l'état de l'enfant et était attentif à ce qui allait se passer.

Ca y' est, ça venait enfin en intégralité ! « pa.. pa » finit il par articuler doucement, amusé, il répéta à nouveau ce mot.

-Mon fils ! Tu arrive à le dire ? Mon dieu mais c'est… C'est merveilleux !

La répétition du mot était une affirmation plus que suffisante à ses yeux ; profondément ému, il souleva avec d'infinies précautions Seiji au niveau de ses épaules. Personne ne l'avait jamais appelé comme ça et jamais au grand jamais un si petit mot n'avait contenu autant d'amour de tendresse ; ses yeux commençaient à le brûler un peu, mais non c'était juste la lumière qui était aveuglante…

Seiji avait posé ses mains sur les épaules en s'accrochant fermement ne semblant absolument pas décidé à changer de place.

Une fois de plus le namek sentit son cœur chavirer et ne parvenait toujours pas à s'expliquer par quel prodige il avait donné naissance à une créature aussi merveilleuse. Peu importe ce que serait le futur, il apparaissait comme étant radieux pour eux deux.

Se levant doucement du lit et observant les yeux fins se fermer délicatement, la petite poigne s'estomper, il déposa le bébé avec précaution dans le berceau le regardant doucement s'endormir profondément. Restant encore quelques minutes dans la chambre, il retourna dans le salon en essuyant rapidement une larme qui perlait pour discuter avec son élève ou profiter du reste de la soirée, dans peu de temps ce ne serait plus possible.

A suivre