Voilà le quatrième chapitre ^^



4. La vengeance est un plat qui se mange froid

Mes yeux se fermaient tout seuls. Depuis combien de temps étais-je assise dans ce cachot glacial, à surveiller Potter et Black tandis qu'ils nettoyaient (à la main, bien sûr) une immense pile de chaudron ? Surement deux heures. Même plus, j'en suis sûre.

Je jeta un regard à la pendule et me mordit la lèvre.

Quoi ? Seulement une heure ?

C'est impossible.

Je jetai un regard soupçonneux aux deux premières année. Est-ce que ces scorpions auraient eu l'audace d'ensorceler les aiguilles de l'horloge pour qu'elles tournent au ralenti ?

Après réflexion, je conclus que non, ils n'auraient pas fait ça. Déjà, je leur avais confisqué leur baguette pour les obliger à récurer les chaudrons de Slughorn à la main. De plus, où était l'intérêt pour eux de faire durer leur retenue ? Et puis, je voulais bien admettre qu'ils étaient doués, mais ils n'auraient jamais pu maîtriser un tel sort en seulement deux semaines.

Fière de ma petite déduction interne, je reporta mon attention sur eux et m'aperçus qu'ils papotaient.

_ Potter, Black ! Taisez-vous !

_ Oui, M'dame, répondirent-ils en chœur avec un air rieur.

Je les hais.

Je passai une main sur mon visage fatigué. Il était prés de vingt-trois heures et mon lit confortable m'appelait à grands cris.

Mes paupières s'abaissèrent toute seules et je me laissa aller contre le dossier de ma chaise.

Allez, après tout, je pouvais bien me reposer quelques minutes. Je n'allais pas m'endormir, et puis de toute façon, les deux démons ne pouvaient pas sortir dans les couloirs la nuit sans moi sous peine d'une retenue.

Je laissa mes pensées dériver vers Lauren, Nathan, Colin, Charlie...

Avec un sourire aux lèvres, je revis la scène de cet après-midi, sur les gradins du stade. Charlie était encore plus mignon en rêve.

OoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoO

Je fut tirée de mon sommeil par une main sur mes épaules, qui me secouait violemment.

_ M'dame ! Hé, James, elle se réveille pas !

_ Tu crois qu'elle est morte ?

Je poussa un grognement et ouvrit lentement les yeux. Deux visages me scrutaient d'un air inquiet, un air qui disparu pour laisser place à un même sourire quand ils virent mes yeux s'ouvrirent.

_ Hum... Quoi ?

_ C'est bon, Sir', elle est vivante !

Je me redressa, étirant mon dos endolori tandis que j'essayais de rassembler mes esprits. Ah, oui ! J'étais dans les cachots, et je surveillais la retenue de Potter et Black... Tout s'explique. Mon regard se posa sur la pendule et mes yeux s'écarquillèrent.

QUOI ?

Je me tourna vers les deux gamins, furieuse.

_ Vous m'avez laissé dormir UNE HEURE ?

Potter et Black échangèrent un regard rieur. Je vis à ce moment là que derrière eux, la pile de chaudrons sales avait laissé place au vide. Je tourna mon regard vers les étagères où étaient soigneusement rangé tout ce qu'ils avaient lavé. Je ne put m'empêcher de trouver que les chaudrons semblaient trop propres pour avoir été nettoyés à la main. Évidemment, leurs baguettes n'étaient plus sur mon bureau. Je leur lança un regard soupçonneux, alors qu'ils me faisaient un sourire innocent.

Monstres. Vous me croyez débiles ou quoi ?

Je décida de passer l'éponge pour cette fois-ci -il était vraiment tard- et les saisit par le bras pour les entraîner vers le couloir.

_ Fin de la retenue. On rentre à la salle commune, dépêchez-vous.

Je vis bien qu'ils évitaient de se regarder pour s'empêcher de rire. Un doute affreux m'envahit et je me tâta le nez pour voir s'ils ne l'avaient pas fait gonfler durant mon sommeil. Heureusement, il était de forme normale. Mes cheveux avaient conservés leur couleur noire habituelle et je n'était pas affublée d'un costume de clown. Tout allait bien.

Je me détendis et les fusilla du regard tandis que nous traversions les couloirs sombres du château. Le couvre-feu était passé depuis longtemps mais j'étais Préfète, alors...

Nous arrivâmes devant le portrait de la Grosse Dame. Celle-ci fût de très mauvaise humeur car Sirius avait du la réveiller à grands cris. Je crois qu'elle non plus, elle n'aime pas trop Black et Potter, vu le regard glacial qu'elle leur a lancé, avant de se radoucir en voyant que j'étais avec eux.

J'essaye de me dire que ce n'est pas parce qu'ils sortent la nuit en douce...

Je suis presque arrivée à me persuader.

La salle commune des Gryffondor était presque vide. Je poussa Sirius et James vers leur dortoir.

_ Allez vous coucher. (en voyant qu'ils échangeaient de nouveau un regard rieur, j'haussa la voix) Dépêchez-vous !

Ils coururent dans les escaliers sans demander leur reste, et je les entendis pouffer de rire.

A bout, (j'étais vraiment très fatiguée) je monta moi aussi dans mon dortoir et me laissa tomber toute habillée sur le lit, avant de me rouler en boule dans ma couette. Lauren, Jill et Zoë dormaient déjà et je ne tarda pas à les imiter.

OoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoO

Le lendemain matin, ce fût un éclat de rire qui me tira de mon sommeil. J'ouvris des yeux agacés et m'aperçut que ma meilleure amie me dévisageait, hilare.

_ Quoi ? Crachai-je, fidèle à ma bonne humeur matinale.

_ Tu... Sur tes joues... Tu as du...

Je fronçai les sourcils, vaguement inquiète pour la santé mentale de Lauren -quoi que, ça fait déjà longtemps que je sais qu'elle a sombré dans la folie- et me leva. Les deux autres filles qui partageaient mon dortoir étaient déjà descendues et je rentra dans la salle de bain, voulant jeter un coup d'œil au miroir.

En apercevant mon reflet, je poussa un petit cri étranglé.

Deux grands traits noirs s'étalaient sur chacune de mes joues, en partance du nez, formant de ridicules moustaches. Le bout de mon nez était colorié, toujours en noir, et le fou rire de Lauren me sembla immédiatement justifié.

_ Mais qu'est-ce que...?

Je me mordis la lèvre, tandis qu'un éclair de compréhension me traversait l'esprit.

Non. Ils n'auraient pas osés.

Je m'étranglais de fureur et ouvrit le robinet avant de frotter énergiquement mes joues. Heureusement, les gribouillis qui me défiguraient n'étaient pas indélébiles et je réussi à les effacer sans trop de mal.

Je. Vais. Les. Tuer.

Comment ? On accuse pas sans preuves ? Ah ah, vous me faîtes rire.

Qui d'autre que Potter et son sale acolyte Black aurait l'audace et surtout l'occasion de faire ça ? Cette mauvaise farce n'était pas du tout du style de Lauren et j'excluais également Jill et Zoë.

Non, ça, ça sentait le Première Année.

Ils avaient surement dessiné sur mon visage pendant que j'étais endormie, dans les cachots, à surveiller leur retenue. Ah, tu m'étonnes qu'ils devaient bien rire, les sales scorpions, en remontant dans leurs dortoir ! Mais la vengeance de Joy Geller sera terrible, pauvres microbes.

En descendant dans la Grande Salle quelques minutes plus tard, je les aperçus en train de déjeuner, en compagnie de Remus Lupin et Peter Pettigrow. Les deux mômes me regardèrent passer avec appréhension mais je les ignora superbement en m'asseyant aux côtés de Nathan, qui me salua en m'embrassant sur la joue. Je mordis furieusement dans une tartine de pain tout en réfléchissant à une éventuelle vengeance.

L'idée me vînt en cours de Potion, le lendemain. L'illumination fût telle que je poussa un « Eurêka ! » retentissant devant un Slughorn étonné.

Bon, d'accord, du coup, mon esprit étant complètement obnubilé par l'élaboration de mon plan machiavélique, ma potion n'eut pas exactement la teinte or qu'elle était censée prendre d'après le manuel (la mienne ressemblait à du vomi verdâtre de chat) et je récoltais un D.

Mais l'idée en valait la peine !

J'attendis que Potter et Black pensent être hors de danger pour frapper.

C'est ainsi que cinq jours plus tard, des photos prises par mes soins montrant Sirius Black suçant son pouce en dormant firent le tour de Poudlard.

La vengeance est un plat qui se mange froid.

Voir même complètement congelé.


Alea jacta est.

Impressions ? :D