J'enfilais une robe blanche d'été, ma nuit avait été succulente passée tranquillement en compagnie de ma fille. Malefoy était parti rapidement après l'arrivée de mon Elicia, à mon plus grand bonheur. On frappa à la porte pour la troisième fois, je n'y fis pas attention, et demandai à ma petite de se dépêcher, elle sortit habillée d'une ravissante robe blanche que je lui avais acheté avant le début de mon enfer. Elle sourit et me demanda comment je la trouvais.

- Magnifique, mon âme, comme toujours. Viens, donc, dis-je en entendant re-frapper à la porte.

J'allais l'ouvrir, quand elle s'ouvrit toute seule, je fis un bond en arrière pour éviter de me la prendre dans le nez, ma fille dans les bras. Draco, le visage décomposé par l'impatience, me fusilla du regard en me demandant si j'avais l'intention de sortir un jour de cette chambre. Je lui adressais un sourire mesquin, et sortis pieds nus dans les couloirs, rejoindre ma salle habituelle. Ma chérie enfila ses petites ballerines blanches, en essayant de suivre mon rythme soutenu. J'arrivais à la porte, faisant cliqueter mes bracelets d'or à mes poignets. Draco garda pourtant son pas nonchalant et très peu rapide. Je voulus lui écraser la tête contre le mur, j'avais pris la mauvaise habitude à se que l'on me craigne et à ce que l'on m'obéisse, or le fils Malefoy faisait tout sauf ça. Il ouvrit la porte à l'aide de sa baguette, s'effaça de la porte, me laissant entrer la première. Je m'asseyais dans le siège et n'en bougeai plus. Ma fille avait ramené des petites poupées, avec lesquelles elle s'amusait sur mes genoux. Racontant des histoires plus abracadabrantes les unes que les autres, ma concentration se perdit dans le pays des songes. Je rêvais à dehors, cela faisait deux mois que je n'avais pas senti l'air frais sur mon visage, l'herbe sous mes pieds ou quoi que ce soit d'approchant, c'est pour cela que j'étais toujours pieds nus, pour avoir un peu de contact avec le sol. Je tapotais ma plante des pieds sur la pierre glaciale, en faisant des tous petits bruits. Cela agaça ma fille, qui appuya ses deux mains sur mes pieds en me lançant un regard sévère. Je fis claqueter mes ongles sur mon trône et elle me lança un regard exaspéré. Comme une mère sur son enfant qui ne lui obéit pas. Ce retournement de situation me sourire, ce qu'elle adorait, alors elle m'embrassa sur la joue, avant de se mettre à papoter sur des choses et d'autres. Puis Rogue arriva, accompagné d'une grimace de ma fille.

- Lady, j'aimerais vous parler du comportement insolent de votre fille. Si possible, avant que nous retournions en classe.
- Je ne peux rien faire, Rogue, dis-je acide. Je suis à l'autre bout du château par rapport à votre salle d'études. Je ne pourrais la réprimander que si j'étais sur place. Alors débrouille-toi avec le Maître, pour me faire assister à vos leçons, ou débrouille-toi avec l'insolence de ma fille.
- Tu viendrais à mes leçons, me demanda ma gamine.
- Avec plaisir, petite tête. Maintenant, évite d'être trop méchante avec ce pauvre professeur, et apprend bien tes leçons, cela te servira plus tard.
- Moui, moui.

Elle s'en alla de sa démarche sautillante à la suite d'un Rogue agacé d'être ainsi traité par une femme. Je lui adressais une moue ironique, et il s'en alla en faisant claquer sa cape et la porte par la même occasion. Je poussais un très long soupir avant de secouer la tête. Ma fille ne m'épargnerait rien. Draco s'avança vers moi, me faisant me rappeler de sa présence. Je lui jetais un regard agacé, en me souvenant que je n'étais plus seule, et que l'on venait de m'enlever les dernière traces de ma liberté. Je m'adossais plus profondément dans mon trône inconfortable avant de river mes yeux sur mon surveillant. Il garda un visage impassible, à peine surmonté d'un sourire. Mes pieds recommencèrent à taper le sol au rythme d'une vieille chanson de moldu. Je n'arrivais pas à mettre un nom sur la mélodie. Et je ne me rendais pas compte que je commencé à la murmurer. Draco ouvrit des yeux surpris en entendant ma voix.

- Michael Jackson, fit-il surpris. Smooth Criminal !
- C'est moi qui devrait être surprise. C'est de la musique moldue, comme se fait-il que tu connaisses ?
- Tu n'es pas la seule à savoir quelles sont les bonnes musiques, renifla-t-il vexé que je le prenne pour un inculte.
- Que Monsieur m'excuse, je ne voulais pas offenser sa fierté.

Il me lança un regard froid, surtout en plus du ton sarcastique que je venais d'employer. Il alla s'asseoir sur la chaise de la dernière fois, sans plus un regard et le silence retrouva sa place. Je fermais les yeux, espérant trouver le sommeil. Pourtant des idées fusaient dans ma tête. Un mal de crâne ne tarda pas à arriver et j'appelais un elfe qui m'apporta je ne sais quelle potion qui me calma tout de suite. Mon ventre se mit à gronder. J'avais l'habitude de ne pas manger le matin pourtant cette fois cela me manqua. Je regardais le fin rayon de soleil qui passait par une fente qui me servait de fenêtre, et devinait qu'il était environ 11 heure. Bref, je n'étais pas prête de me remplir le ventre. Je poussais de nouveau un long soupir.

- Discutons un peu, proposais-je d'un coup. Si je ne parle pas, ou si je ne m'occupe pas l'esprit je vais mourir de faim. Donc, qu'as-tu fait après Poudlard ?
- J'ai fait des études pour avoir un poste au Ministère, que j'aurais du continuer si je ne m'étais pas fait choper en tant que espion. Là-bas, je suis devenu pote avec Potter, qui est pas trop chiant, il m'aurait bien plus, s'il était de mon côté, de notre côté. Weasley par contre, je le déteste toujours autant. J'ai fait la connaissance de Rémus Lupin, pas un si mauvais bougre, mais bon un peu trop amoureux de la cause de Dumbledore.
- Et niveau fille, tu t'es pas trop ennuyé ?
- Weasley est un bon coup, dit-il en haussant les épaules. Et puis, j'ai continué de sortir, donc non, c'était plutôt tranquille. Pas de gros manque. Mais parlons de toi, intervint-il.
- Niveau garçon, je suis mariée, déclarais-je ironique.
- - Oui mais avant ton mariage, après tout il y a Elicia... Et tu as fait quoi comme études ?
- Je n'ai pas à te répondre. (Mon ventre gronda de faim) Mais bon... Pendant deux ans je suivis des études pour devenir Médicomage, j'allais être acceptée comme stagiaire à Ste Mangouste, mais après une nuit un peu trop arrosée, je me suis trouvée enceinte d'un quelconque moldu qui n'avait comme atout que sa belle face. Quand Elicia arriva, j'avais mis assez d'argent de côté pour que l'on vive jusqu'à ce qu'elle commence l'école moldue. Jusqu'à ses deux ans on ne se sépara pas, je lui appris à lire, et un peu à écrire. Puis, mes parents qui m'avait fichue dehors, m'annoncèrent que j'étais une Sang-Pur, et qu'ils voulaient intégré l'Ordre. J'eus beau protesté, je dus quand même revenir dans le monde actif des sorciers, mais Dumbledore refusa de les faire membre permanent. Mes parents partirent chercher du côté opposé, où on commença par refuser leur offre, puis le Maître l'accepta à condition que je devienne sa femme, et une mère porteuse. Me voici donc ici, à couler les jours heureux de la jeunesse, déclarai-je riant jaune.

Malefoy resta silencieux, se rendant compte que sa vie n'était pas si terrible que ça. Inconsciemment il frotta son bras droit où se trouvait tout récemment la Marque. Je lui demandais de poser son bras près de ma main droite, suspicieux il avança lentement. Je poussais un long soupir.

- Je ne mords pas Malefoy.

Pas tout à fait rassuré, il posa tout de même son bras. Je fis apparaître une bulle bleue que je posais à la place du Signe. On m'avait appris à soigner sans baguette durant mes deux ans d'études, et je pouvais ainsi soigner les blessures qui étaient sur la peau, et en calmer la douleur. Malefoy ne tarda pas à pousser un soupir soulagé, et me remercia du bout des lèvres. Je fis un signe de la tête qui signifiait que ce n'était rien. Il alla se rasseoir sur sa chaise quand un elfe apparut avec nos deux re pas, il posa le mien sur mes genoux et je regardai Malefoy qui commençait à manger.

- Le Maître ne t'a pas dit qu'il fallait que tu me touches pour que je puisse manger, soupirai-je.
- Si, mais je ne sais pas pourquoi.
- Fais ce qu'on te dit Malefoy, m'exaspérai-je. Le monde s'en portera mieux. (Mon ventre gronda de faim) S'il te plait...

Il ouvrit de grands yeux surpris, en entendant ma prière, et s'exécuta sans autre question. Je pus enfin entamer mon repas. Quelques dizaines de minutes après ma gamine arriva en s'exclamant qu'elle avait bien mangé ce midi. Un elfe alla chercher les restes du mon repas et disparut aussi vite. Ma fille sauta sur mes genoux, ouvrit un livre sur les siens et commença sa lecture. J'entendais avec plaisir les mots coulant de sa bouche, elle avait les sourcils froncés ce qui me faisait toujours sourire, ses yeux ne quittaient pas les lignes. Je ne saurais dire de quoi parlé l'histoire, tellement concentrée sur la physionomie de mon Elicia. Je la félicitais dès qu'elle eut fini, même Draco lui dit bravo d'un air étonné d'une telle aisance dans la lecture, elle avait un sourire fier, qui me rappela celui de Malefoy. Elle égaya la salle jusqu'à ce que sonne 14 heure et qu'elle dut repartir à son cour avec son professeur tant détesté.
Et le silence refit surface comme un vieil ami, personne ne le dérangea.

- Si tu es une Sang-Pur tu dois avoir beaucoup de fierté, demanda Malefoy.
- J'en ai.
- Alors, pourquoi ne préfère-tu pas mourir fièrement que subir l'humiliation de toutes les nuits avec un homme que tu détestes ?
- N'est-ce pas de la fierté que d'être la femme de Lord Voldemort ? Tu ne me crois pas, je le vois bien. Je ne veux pas m'avouer vaincue aussi facilement, et laisser ma fille orpheline dans un monde si peu accueillant.
- Alors laisse ta place à quelqu'un d'autre.
- Où serait ma fierté ? Je ne veux pas porter l'enfant d'un tel... Homme ? Serpent ? Bref, mais je ne peux pas me permettre d'être remplacée par une autre. Ce serait être réduit à néant. Je sais qu'il a des maîtresses, c'est tellement évident vu la piètre opinion qu'il a de nous, et je peux te dire que mon orgueil en est blessé.
- Tu détestes qu'il te touche, mais tu ne supporterais pas qu'il le fasse à quelqu'un d'autre. C'est contradictoire et bien compliqué ce que tu me dis là.
- La vérité est souvent ainsi, Malefoy.

Il haussa les épaules, ne voulant pas se lancer dans une discussion philosophique.
Et le silence reprit ses droits.