Une agréable lumière fit ouvrir les yeux du roux. Il mit quelques secondes avant d'émerger complètement. Etirant ses bras il se leva, ses yeux s'habituant rapidement à la clarté. Il passa ses mains dans sa chevelure alors qu'il souriait. Il était chez Severus, dans le salon de Severus.
- Est-ce que tu peux t'habiller s'il te plait ?
Ron sursauta se retournant vers la cuisine. L'aîné était là derrière les fourneaux, un bol à la main. Son regard perçant le traversait de part en part, le brûlait même.
- Bonjour.
- Habille-toi !
Un regard interrogatif de la part du plus jeune alors que les yeux le fixant se faisaient plus sombres. Les joues de Ron se mirent à rougir violemment alors qu'il se rendait compte de la situation. Il était en boxer, les cheveux en bataille, la couverture à ses pieds et au milieu du salon de son professeur. Ce dernier grogna avant de s'approcher brutalement du Gryffondor et de le prendre contre lui. Il ravagea ses lèvres avec envie tout en laissant glisser ses doigts sur la peau pâle. Ron gémit faiblement alors qu'il s'accrochait à la nuque du brun.
- T'aurais dû t'habiller.
- Tu ne m'en as pas vraiment laissé le temps.
L'ancien Serpentard rit avant de laisser la pointe de sa langue découvrir la nuque du roux. Ses lèvres passèrent sur la carotide, sentant le battement de cœur rapide, tellement rapide, sur la pomme d'Adam et Ron gémit de nouveau, pour finalement remonter sur la bouche offerte. Ron était haletant, les yeux à demi clos, les joues en feu et des mèches rousses tombant sur son visage. Désirable, si désirable.
- Tu as faim ?
- Je… que- quoi ?
- Un café ? Tartines ?
- Oh, euh ouais.
Severus retourna à sa cuisine sortant une tasse avant de la remplir d'une boisson fumante. Ron le regarda faire tout en enfilant un jean puis finit par le rejoindre s'asseyant sur un tabouret.
- Tu ne pouvais pas mettre ton t-shirt aussi ?
- Je n'aime pas m'habiller avant d'avoir pris une douche.
- Va bien falloir pour que tu retournes à ton dortoir.
- Tu n'as pas de salle de bain ici ?
- Je pense que nous ne sommes pas assez intimes pour que je te laisse utiliser ma douche.
- Ah ouais ? M'embrasser comme tu le fais, me trimbaler en boxer devant toi, tout ça ce n'est pas assez intime ?
- Non. Je te montrerai un jour ce que le mot intime signifie pour moi.
- Oh… je vois.
- Tu vois ?
- Ou-ouais.
Bégayer et rougir étaient devenu une nouvelle mode ou bien Ron avait-il un problème ? Le roux se frappa mentalement avant de plonger sa tête dans sa tasse et d'avaler une tartine. La définition des couleurs était absolument superbe et très bien choisis. Non, vraiment…
- Ron est-ce que tu as déjà- ?
L'interrogé s'étouffa avec sa gorgée de café brulante avant de déposer tout sur la tablette et d'aller retrouver ses affaires. Non mais c'était quoi cette question ?
- Je pense que nous ne sommes pas assez intimes pour que je te parle de ma vie sexuelle, ironisa-t-il.
- Ron…
- On se voit plus tard.
Après avoir enfilé son maillot et attrapé son sac, Ron traversa la réserve puis la salle de classe pour se retrouver dans le couloir. Personne en vue. Très bien, ou plutôt tant mieux. Pas qu'il ne saurait pas quoi leur dire, plutôt qu'il était beaucoup trop énervé pour aligner deux mots. Est-ce que lui il lui demandait combien d'hommes ou même de femmes il s'était fait ? Surement beaucoup mais peu importe. Quoique non. Oh seigneur ! Il avait de l'expérience et lui non... Enfin si un minimum mais pas avec la bonne personne. Lavande Brown pouvait-elle être qualifiée d'expérience ? A méditer.
- Ron ! Putain t'étais où ? Je t'ai cherché dans tous les recoins de Poudlard.
- Ouh là doucement on se calme. Bonjour Harry.
- Alors ?
- Oh je me suis levé de bonne heure et je suis allé faire un tour.
- T'étais pas dans ton lit hier soir quand je suis rentré.
- Harry…
- Tu me caches des choses, est-ce que tu vas bien?
- J'ai simplement été réviser dans la salle sur demande hier soir et je m'y suis endormi.
- Tu ne reviens pas de la salle sur demande.
- Oh Harry, lâche-moi tu veux ?
Le brun sursauta. Bien joué Ron, pour un bonjour en bonne et due forme c'était grandiose. Comment pouvait-il maintenant lui faire croire qu'il ne se passait rien dans sa vie ? Il venait de passer la nuit chez son professeur de potion qui l'avait embrassé comme personne, et ça ce n'était rien ? Non, vraiment bien joué Ron.
- Je vais au dortoir, besoin d'une douche. Et puis j'ai ma valise à préparer.
Sa valise… Il avait presque oublié que c'était les vacances de Noël et que ce soir il quittait Poudlard pour rentrer au Terrier accompagné de Charlie, Ginny, Hermione et Harry. Des vacances qui s'annonçaient familiales mais surtout déprimantes. Il voyait déjà ses parents et George le regard triste autour du sapin. Et tous ces couples qui lui donneraient envi de vomir. Neville serait sûrement présent, et à tous les coups Draco passerait. Lui serait seul, absolument tout seul, telle une âme en peine. Est-ce qu'il devait vraiment rentrer? Parce que là, il n'en avait pas réellement envie.
Et Severus là-dedans ?
C'était quoi putain ? Un baiser par-ci, un autre par-là. Une caresse ou deux. Ce désir, cette envie, et ce besoin. Il aimait discuter de tout et n'importe quoi avec lui, et puis cette façon qu'il avait de se sentir différent à ses côtés. Et puis ce naturel chez l'ainé, tout ça était tellement différent de ses relations amicales même fraternelles avec toute sa bande de Gryffondor ou bien même Hermione et Harry. Merde il avait à nouveau envie de ses lèvres.
Ron soupira avant de sortir de sa douche. Sa main passa dans ses cheveux trempés avant qu'il ne choisisse des affaires propres pour ensuite commencer sa valise. Ses vêtements, les mains de Severus. Ses chaussures, les yeux de Severus. Sa trousse de toilette, les cheveux de Severus. Ses livres et parchemins, le rire de Severus. Sa baguette, les lèvres de Severus. Il gémit de dépit avant de refermer son sac et de se laisser tomber sur son matelas. Il était dans une merde inimaginable.
Finalement il attrapa sa valise avant de descendre. Harry et Hermione étaient là, à le regarder arriver, le premier avec le regard un peu triste, et la seconde beaucoup plus énervé.
- Vous êtes prêts ?
- Tu comptes t'en sortir comme ça ?
- Pardon ?
- J'ai vu votre altercation de ce matin.
- C'est bon Hermione tu ne vas pas t'y mettre aussi. J'ai simplement bossé cette nuit, j'ai mal dormi et voilà.
- Ron…
- Je suis désolé Harry ça te va ?
- Mais ce n'est pas-
- Est-ce qu'on peut y aller ?
Harry baissa les yeux avant de se lever et d'attraper son sac, Hermione derrière secouait la tête, dépitée, avant de les suivre à travers le couloir. Au bout de plusieurs secondes, le roux soupira avant d'attraper la main de son meilleur ami et de le prendre contre lui.
- Je suis désolé. J'étais simplement énervé. Ne prend pas ça pour toi.
- Ron…
- Tu m'as pas dis ta soirée hier ?
- Oh bien, c'était vraiment très bien.
- Ça avance ?
- Je crois… oui.
- Monsieur Weasley ?
Ron sursauta alors que Snape apparaissait devant eux. Les deux autres Gryffondors haussèrent les sourcils d'interrogation avant de saluer leur professeur. Le roux eut un bref sourire avant que le début de matinée ne se rappelle à lui.
- Je peux vous parler un instant ? Cela concerne votre examen blanc.
- Je vous rejoins à la sortie.
Le brun et la brune acquiescèrent avant de reprendre leur chemin et de disparaître au prochain couloir. Plusieurs secondes passèrent où l'aîné et le plus jeune se toisèrent avant que Severus n'attrape le poignet de Ron pour le plaquer contre le mur d'un couloir sombre et d'apposer ses lèvres sur les siennes. Le roux gémit, y prenant part d'avantage alors que ses mains s'accrochaient à la robe de sorcier à sa portée.
- Severus arrête…
- Pour ce matin-
- Je dois y aller.
- Laisse-moi parler s'il te plaît.
- Ok.
- C'est juste qu'à un moment mon désir sera tellement grand que je ne pourrais pas te laisser dormir sur le canapé.
- Je-
- C'est pour ça que je voulais savoir.
- … Non jamais.
- Pardon ?
- Jamais avec un homme tout du moins.
- Oh…
Deux joues prirent feu à nouveau avant qu'un regard se baisse. Severus sourit avant qu'il ne penche la tête et n'aille taquiner son cou de sa bouche.
- Tu- tu fais quoi pour les va- vacances ?
- Noël avec Draco et ses parents.
- Oh, tu ne seras pas tout seul.
- J'ai une vie sociale rappelle-toi.
- Ouais je… merde Severus…
Ron passa sa main dans les cheveux en bataille avant de s'emparer brutalement des lèvres offertes. Une minute, deux ou peut-être même trois. Puis les doigts de l'ancien Serpentard glissèrent doucement sur la joue pâle avant qu'il ne relâche le corps brûlant.
- On se voit après les vacances ?
- Hm, je serais toujours professeur ici, oui.
- Et moi toujours ton élève.
Severus rit avant de laisser Ron se recoiffer. Ses cheveux en place n'effaceraient rien de son état d'excitation et le roux le savait, mais il devait au moins cacher un minimum ce qu'il se passait à ses deux meilleurs amis. Et puis que pouvait-il leur dire ? Qu'il embrassait assez régulièrement et de façon poussée leur professeur de potion qu'ils aimaient surnommer de n'importe quelle manière péjorative à l'époque de la guerre ? Oui, mais non. De toute façon qu'est ce que c'était réellement ? Il ne le savait même pas. Il souhaita finalement de bonnes vacances au brun avant de se mettre à courir en direction de la sortie. Merlin, les questions résonnaient déjà dans sa tête.
- Alors qu'est ce qu'il t'a dit ?
- Tu connais ton résultat ?
- Merde t'as raté c'est ça ?
- De quoi ? se perdit Ron.
- L'examen blanc… Ron ça va ?
- Oh euh oui, il- eh bien-
- Il t'a bien parlé de ton exam ?
- Ouais, ouais. Juste qu'il fallait que je continue comme ça.
- C'est tout ?
- Hm, rien de plus.
- T'as mis un temps fou pour si peu.
- J'avais oublié un t-shirt au dortoir alors je suis remonté rapidement. On y va ?
Harry et Hermione se regardèrent sans comprendre avant de suivre le pas. Ron un peu plus loin, la valise à la main, inspira fortement tout en fermant les yeux. Il avait eu chaud. Lui qui n'était pas bon menteur, se surpassait. De toute façon il n'allait pas leur dire qu'ils n'avaient même pas abordé le sujet examen et qu'il s'était simplement fait plaquer contre un mur avant de se faire embrasser comme si leur vie en dépendait. Oh sûrement pas ça.
La fenêtre était ouverte dans la chambre la plus haute. A l'extérieur le ciel sombre contrastait avec la nuit calme. L'air était glacial mais Ron n'en avait que faire, il n'avait pas la force de détourner les yeux des magnifiques étoiles qui scintillaient. C'était la vieille de Noël et malgré tous les problèmes qui régnaient dans le monde sorcier, l'atmosphère était apaisante. Comme si tout allait bien.
- Ron tu descends ? On t'attend pour manger le dessert et ouvrir les cadeaux.
- J'arrive.
Fred s'accouda à la porte alors qu'il attendait son plus jeune frère dont les yeux ne cessaient de briller.
- Hey, ça ne va pas ?…
- J'aimerais pourvoir rester ici pour l'éternité. Me dire que dehors tout va bien.
- Mais tout va bien Ron.
- Non Fred, rien ne va bien. La guerre approche, tout le monde le sait, tout le monde le sent.
- Nous sommes plus forts que lui.
- Tu crois réellement que nous sommes immortels ?
- Je-
- Et si un jour je me retrouvais ici à regarder les étoiles à espérer voir l'un des nôtres y briller ? Hein ! Et si ça arrivait ?
- Si ça doit arriver, ça arrivera. Ron, que ce soit les parents, les gars, Ginny ou même moi, on sait dans quoi on s'engage. On ne se terrera pas en attendant que ça passe. Et si je venais à mourir-
- Ne dit pas ça, je t'interdis de dire ça !
- Si ça arrivait Ron, eh bien je brillerais pour George, pour tous les autres et pour toi.
Le plus jeune ferma les yeux, alors que son cœur était au bord de l'implosion. Il était mort de peur. Demain l'effrayait. La mort l'effrayait. Perdre quelqu'un l'effrayait.
- Ron tout ira bien.
- C'est ce qu'Harry me répète.
- Il a raison. Crois-le. C'est ton meilleur ami. Tu peux avoir confiance non ? Tout ira bien.
- Toi, tu es mon frère. Tu es celui avec qui- celui… Alors je veux avoir confiance en toi.
- Tu peux Ron.
- Promets-le moi Fred. Jure-le moi que tout ira bien, que lorsque je regarderais les étoiles ça sera simplement parce que je les trouve magnifiques et non pas pour une autre raison. Jure-moi qu'on ne cessera jamais de se parler, que je pourrais éternellement entendre ton rire, tes blagues minables, qu'on grandira ensemble comme ça l'a toujours été. Promets-le moi qu'il en sera de même pour toute la famille, pour toi, pour moi.
- Je te le promets.
Le souffle de Ron qui était devenu erratique se calma brutalement. Il referma la fenêtre avant de s'approcher de son frère. Une promesse, il n'avait besoin que de ça pour continuer la lutte dans laquelle il s'était engagé aux côtés de ses deux meilleurs amis, de toute sa famille, et toute la communauté de l'Ordre. Que ça. Et Fred avait su lui donner. Fred en lequel il pouvait toujours croire, avoir confiance. Alors tout irait bien, il en était désormais certain. Son frère attrapa sa main avant de le prendre quelques secondes contre lui. Ron avait besoin d'être rassuré, c'était comme ça et ça l'avait toujours été. Et chaque fois Fred avait été là, le seul à connaitre ses faiblesses. Une petite chose fragile derrière une carapace de jeune adulte. Les doigts de l'ainé effleurèrent le gallion en or que Ron avait mis en collier avant de frictionner ses cheveux.
- Tu viens ?
- Oui.
Ron sourit avant de suivre son frère dans les escaliers et de rire face aux exclamations de sa famille. Il s'arrêta un instant en bas des marches observant l'image. Toutes ces têtes rousses. Et le sourire d'Harry parmi tout ce petit monde. Il adorait cette maison mais il adorait surtout ces moments.
Les yeux de Ron se fermèrent. Il ne voulait pas les rouvrir sur cette image, il ne voulait pas voir le sapin briller de guirlandes magiques, de boules scintillantes où des photos animées de la famille étaient visibles. Il ne voulait pas regarder les visages de ceux présents autour de la table et de remarquer qu'une place restait désespérément et éternellement vide. Il n'avait pas faim, il ne voulait pas les entendre rire voir même parler, il ne voulait pas ouvrir ses cadeaux, il ne voulait pas voir ses parents et même George faire semblant. Il voulait simplement s'enfermer dans sa chambre, dans le noir et arrêter de penser.
- Ron je te sers de la tarte aux fraises ?
Il n'eut à peine le temps de répondre que la part était déjà dans son assiette. Mange et tais-toi. Harry riait aux blagues de Charlie à côtés de lui. Il adorait le regarder rire. Il adorait voir la vie, le bonheur, la joie chez son meilleur ami alors que tant de choses l'avaient détruit. Ses doigts glissèrent sur la cuisse à sa portée pour trouver la main du brun. Harry sursauta avant de resserrer la prise et de lui sourire.
L'ouverture des cadeaux suivit quelques minutes plus tard avant que vers deux heures du matin chacun n'aille retrouver sa chambre. Le roux s'écroula sur le lit tout juste suivi d'Harry qui vint se loger contre lui.
- T'avais l'air ailleurs pendant tout le repas.
- Je me demandais si ton blondinet aurait le courage de mettre les pieds ici, chez les Weasley.
- Tu penses qu'il aimerait venir ?
- Je suis sûr qu'il en meurt d'envie, et puis toi aussi.
- Je ne sais pas. Je ne veux pas que Molly et Arthur se sentent obligés de l'accueillir, j'ai un peu peur de leur réaction.
- Tu sais à quel point mes parents t'apprécient, tu fais partis de la famille. Et ils n'en veulent pas à Draco.
- Tu crois ?
- On en a parlé.
- Oh… d'accord.
Ron glissa sa main dans les mèches brunes avant de rabattre les couvertures sur lui.
- Bonne nuit Ron.
- Bonne nuit Harry.
Le brun logea sa tête dans le cou de son meilleur ami avant de doucement se laisser emporter par le sommeil. Ron garda ses yeux rivés sur le plafond. Il ne dormirait pas cette nuit, mais peu importait, au moins il n'avait pas la vision de toutes ces foutues étoiles qu'il détestait tant aujourd'hui.
- Envoie le ballon, Bill !
- Tu crois réellement qu'il va passer ?
Charlie riait alors qu'il courait après George qui avait récupéré le ballon. Harry avait insisté pour leur faire essayer un sport moldu. Football. Apparemment très célèbre en Angleterre et dans le monde entier. Plutôt drôle mais rien ne valait le Quidditch. Les équipes avaient été faites avec les deux meilleurs amis ensemble, accompagnés de Charlie contre Bill, George et Percy.
- Je suis mort. On échange frangin, je prends les buts et tu cours après le ballon.
- Je suis gardien de Quidditch, ça a pas l'air si dur au foot alors je peux bien y rester, et puis toi t'es habitué à courir après tes dragons.
- Ron, on est mené 2-0 alors tu bouges de là.
Le roux grogna avant de laisser la place à son frère et d'aller au centre du terrain retrouver Harry qui avait le ballon aux pieds, hésitant à y aller tout seul ou à faire une passe. George en profita pour récupérer le ballon courant en direction des buts adverses. Sur la gauche du terrain, Fleur et Hermione riaient, tout en discutant et en les regardant jouer. Ron récupéra la balle à temps avant de foncer de l'autre côté du terrain. Un petit contrôle du pied et il tira pour mettre la balle au fond du filet. L'hurlement de Charlie et d'Harry fit sursauter Ginny qui arrivait, un plateau à la main rempli de boissons alors que les trois jeunes hommes se sautaient dessus tout heureux.
- N'en faites pas trop, on mène toujours d'un point.
- Hey Percy, ne rêve pas. On est parti tu peux plus nous arrêter, se vanta l'aîné.
Ron frappa sa main, avant d'enlever son t-shirt. Il reprit place au centre pour l'engagement avant que le match ne reprenne.
Lorsqu'un pop se fit entendre, le match était quasiment terminé, l'équipe de Poudlard menant maintenant 3-2 alors que les trois autres commençaient à peiner. Tous se retournèrent vers le bruit et découvrirent deux silhouettes un peu plus loin. Une qui représentait clairement Draco une valise à la main, alors que la seconde de profil laissait une interrogation planer.
A la vue du petit groupe les deux arrivants s'approchèrent et Draco rejoignit rapidement Harry pour le saluer, avant d'aller serrer la main de tous les Weasley et de faire la bise aux filles. Ron passa une main dans ses cheveux alors qu'il se dirigeait vers sa sœur pour prendre une bouteille d'eau dont il bu une grande partie, et arrosa son torse brulant de sueur, de l'autre.
- Oh Sev' comment vas-tu ?
- Bonjour Bill, très bien, merci et toi ?
- Ecoute tout roule comme tu vois.
- Fleur n'est pas ici avec toi ?
- Si je suis là ! Bonjour Severus.
L'ancien espion alla embrasser la blonde avant de sourire face à son ventre rond.
- Depuis quand on ne s'est pas vu ?
- La fois où tu es venu diner à la maison pour nous dire que tu avais arrêté d'enseigner.
- Exact. J'ai repris tu sais.
- Oui, Harry et Ron m'ont dit ça. Tant mieux.
Severus se retourna vers le reste de la bande, découvrant Harry et Hermione plutôt interloqués de le voir aussi familier avec Bill et Fleur et vêtu d'autre chose que sa robe de sorcier noir : un jean bleu foncé et un pull à col roulé gris, ses cheveux remontés en chignon. Il salua l'assemblée, précisant l'objet de sa présence en expliquant qu'il amenait Draco au Terrier avec l'accord de Molly pour qu'il finisse les derniers jours de vacances ici.
- Molly et Arthur ?
- A l'intérieur indiqua George.
- Merci.
Il prit l'initiative de récupérer la valise de Draco pour le débarrasser et se détourna pour rejoindre la maison du Terrier. Pas un seul regard du roux, comme s'il n'avait même pas été là. Le petit con. Le voyant s'éloigner Ron soupira. Merlin que faisait-il ici ? Depuis quand côtoyait-il aussi intimement son frère ? Et merde pourquoi était-il aussi sexy au naturel ?
- Tu nous avais pas dis que tu côtoyais un autre héros qu'Harry, lança Charlie.
- Ah bon ?
- Ouais.
- Eh bien maintenant vous le savez.
- Depuis quand ?
- Wow ! c'est interdit ?
- Bien sûr que non, simplement que c'est étrange de voir Severus être aussi sociable avec quelqu'un.
- Mon parrain est sociable, répliqua le blond.
- Je n'en doute pas Draco, mais nous ne sommes pas habitués de le voir ainsi contrairement à toi.
- Depuis…, reprit Bill. Je ne sais plus ça fait un moment déjà.
- Et en vrai il est comment ?
- Percy… Il est comme nous, tout à fait normal.
Ron sourit intérieurement à la remarque. Bien sur qu'il était normal. Putain de normal et il adorait le voir ainsi. Il alla chercher le ballon et le remit en jeu au milieu du terrain.
- Hey les joueurs de foot du dimanche vous continuez à débattre sur Snape ou vous vous amenez ?
- Tu crois que tu vas gagner, sérieusement ?
- George, on gagne déjà, lui rappela Charlie.
Draco s'installa aux côtés d'Hermione avant que la partie ne reprenne. Quelques secondes plus tard, un hurlement se fit entendre, Harry venait de marquer un quatrième but.
- Les enfants vous venez manger ?
- Ouais on arrive.
Ginny et Percy furent les premiers à se lever pour rejoindre leur mère. Les autres restèrent encore quelques minutes, allongés dans l'herbe, profitant de la belle journée en ce plein hiver. Il faisait froid mais le soleil était là, toujours là. Charlie et Hermione furent les seconds, puis Bill et Fleur, suivis d'Harry et Draco qui continuaient de discuter. Ron ferma les yeux un instant avant de les rouvrir sur les yeux de George qui lui tendait la main pour l'aider à se relever.
Certains, des amis lointains, des connaissances, des personnes qui ne les voyaient jamais, auraient pu avoir un doute : Fred, George ? En y réfléchissant ça pouvait très bien être l'un ou l'autre. Ron aurait aimé pouvoir se réveiller, rouvrir les yeux en espérant, en pouvant croire qu'en face de lui se trouvait Fred. Juste un instant, juste quelques secondes. Mais toujours, à chaque fois, la seule chose qu'il voyait c'était ce foutu grain de beauté sur le côté gauche du cou de George. Pas son regard triste, pas ce faux sourire, pas le semblant de vie, juste son grain de beauté. La seule chose qui le différenciait physiquement de Fred, la seule putain de chose. Ce n'était pas la faute de George, ce n'était pas à lui qu'il en voulait. Alors il lui sourit, il lui sourit toujours parce qu'il l'aime et que c'est son frère. Il aurait simplement voulu que deux mains se tendent, pas une, mais deux. Maintenant il n'y en a plus qu'une et c'est sa préférée qu'il a perdue. Ça fait mal hein ? C'est injuste de dire ça ? Mais c'était Fred, ça n'a jamais été George qui venait le réconforter quand le soir il faisait des cauchemars étant petit. C'était Fred, ça n'a jamais été George qui lui a tout appris sur Poudlard pour ne pas se perdre, ne pas avoir peur pour ses premiers jours. C'était Fred, ça n'a jamais été George qui savait voir ses faiblesses, qui savait lui remonter le moral ou même lui dire que tout irait bien. C'était Fred et ça n'a jamais été George qui lui faisait des promesses. Mais ce fut Fred et non George qui a fait une promesse et qui ne l'a pas tenue.
- T'as faim j'espère, parce que maman a encore fait à manger pour un régiment.
- Je meurs de faim tu veux dire.
L'aîné rit et Ron soupira. Ça lui faisait du bien. Parce qu'ils avaient le même rire. Et entendre le son de celui de son frère lui donnait juste l'impression de marcher aux côtés de Fred.
- Ah les garçons, vous voilà.
- On se met où ?
- Par terre.
- Toujours autant d'humour Billy.
- Il reste une place là et l'autre à côté de Severus, il reste manger avec nous.
Ron acquiesça avant de s'asseoir en face de son professeur. Son regard sombre le toisa pendant plusieurs secondes avant qu'il ne détourne les yeux pour répondre à une question de son père. Ron attrapa une assiette et se servit avant de picorer dedans tout en discutant avec Hermione, Harry et Draco et jetant de temps à autre des coups d'œil en face de lui. Ses lèvres bougeaient, et il avait tellement envie de se pencher au dessus de la table pour pouvoir les toucher. Il ne voulait que ça, là. Que le monde entier s'efface et qu'il oublie à nouveau tout, accroché à sa bouche. Merde ça faisait 10 jours. Long, trop long.
- Qui veut du dessert ?
- Ah non maman là je ne peux plus rien avaler !
- Bill fait un effort, Fleur un petit peu ?
La jeune fille enceinte jusqu'aux yeux, se servit par deux fois alors qu'au fur et à mesure tous les autres refusaient la ration, rassasiés comme il le fallait et désireux d'aller se coucher, épuisés.
- Bien, comme vous voulez. Vous vous arrangez pour les chambres. Severus tu vas dormir ici ?
- Oh non, non. Je vais rentrer.
- Mais si tu restes, on pourra discuter demain. Et puis j'aimerais que tu me parles de Ron un peu. Ce que tu penses de lui ? Tout ça tu vois.
Ron s'étouffa avec son verre d'eau alors que ses joues prenaient feux.
- Maman…
- Quoi je veux savoir comment tu te débrouilles à l'école. Tu as toujours eu du mal en potions. Je n'aimerais pas que tu rates tes examens à cause d'une seule matière.
- Mais-
- Severus si tu veux lui donner des heures supplémentaires pour le faire travailler n'hésite pas.
Harry et Draco riaient, alors que le roux enfonçait un peu plus sa tête dans ses mains. Percy et George avaient quitté la table pour monter dans la chambre qu'ils partageaient à présent. Bill et Fleur avaient suivis, puis Charlie et Hermione. Ginny était monté quelques minutes plus tard, heureuse de pouvoir échapper au partage de sa demeure. Les trois derniers garçons se débrouilleraient.
- Ne vous en faites pas Molly. Bizarrement il s'en sort. Ça sert de lui rentrer dedans de temps à autre.
Ron gémit de honte. Le sous-entendu était absurde mais c'était surtout le fait que lui seul avait compris. Il se leva rapidement, souhaita une bonne nuit au restant et monta se coucher. Harry partagerait la dernière chambre avec Draco et Severus dormirait sur le canapé. Ça allait le faire comme ça. Alors il s'enferma dans sa chambre, s'allongeant sur son lit. Sa main attrapa sa baguette pour lancer un sort d'intimité, il ne désirait pas entendre le moindre bruit pouvant s'échapper par mégarde d'une des chambres occupée par un couple.
La nuit était bien avancée quand le roux se releva. Ses nuits au Terrier étaient de plus en plus difficiles et courtes. Il attrapa le lecteur chose qu'Harry lui avait offert pour Noël, rempli il ne savait comment de toutes les musiques qu'il adorait, avant de le mettre dans ses oreilles et de sortir de sa chambre, direction la salle de bain. Son corps se défit de son pull, son t-shirt et son jean qu'il n'avait pas retiré avant d'enfiler un jogging. Il but un peu d'eau et s'aspergea le visage avant de retourner d'où il venait, la musique du nouveau groupe sorcier résonnant dans ses oreilles. Il ferma la porte derrière lui d'un coup de baguette, avançant dans la pièce pour se diriger vers son lit. L'apparition de « batterie faible » sur son écran le fit grogner et c'est sans grande attention qu'il jeta le lecteur sur sa table de nuit.
- Pourquoi faut-il toujours que tu te balades sans maillot ?
Ron sursauta violemment, alors que Severus apparaissait dans un coin de sa chambre.
- Putain tu m'as fait peur. Qu'est ce que tu-
- Je t'ai entendu te lever. Il est deux heures du matin, comment se fait-il que tu ne dormes pas ?
- Insomnie, mais je te retourne ta question.
- Trop de choses en tête.
- De quel genre ?
Severus se mordit la lèvre en s'approchant du plus jeune, avant de glisser un doigt sur son torse imberbe finement musclé, sans trop l'être.
- Des images d'un roux en simple jean, courant après un ballon.
- Ah ouais ? Vraiment ?
- Hm… Désolé pour tout à l'heure.
- Ton sous-entendu était grossier.
- Tu as été le seul à le comprendre.
- Encore heureux.
Le roux recula et s'asseye sur son matelas, alors qu'il se mettait à détailler son professeur qui le surplombait de quelques centimètres.
- Quoi ?
- Tu t'es rhabillé avant de t'incruster dans ma chambre ?
- Tu pensais que j'allais traverser ta demeure, à moitié nu ?
Et de nouveau le rouge aux joues, Merlin il ne s'en sortirait pas. Il passa une main dans ses cheveux, cherchant à cacher sa gêne alors que le brun avançait vers lui jusqu'à se pencher vers ses lèvres qu'il obtint sans réelle demande. Leurs mains se lièrent alors que Snape s'installait complètement sur le lit, juste au dessus du corps pâle de Ron.
- Et si quelqu'un-
- J'ai verrouillé la porte.
Il grogna, laissant la langue de son vis-à-vis lui parcourir le cou tout en passant ses bras autour de son corps pour le rapprocher un peu plus de lui. Ce foutu désir qui prenait à nouveau possession de son cerveau, et de nouveau il ne contrôlait plus rien. Ses jambes qui se relevaient pour laisser son bassin rencontrer celui de Severus, leurs lèvres qui s'emprisonnaient toujours un peu plus passionnément et les doigts du brun qui glissaient sur sa peau dénudée.
- Tes cheveux…
- Qu-quoi ?
- Est-ce que tu peux les détacher ?
Severus rit avant d'enlever son nœud et de laisser tomber toutes ses mèches noires autour de son visage. Des doigts y glissèrent rapidement, touchant, caressant. Puis de nouveau leurs bouches se retrouvèrent, avides. Les mains de Ron finirent par glisser sous le t-shirt de l'ainé, cherchant un contact charnel qu'il trouva rapidement.
- Ron…
- Enlève-le.
- Je te veux, mais pas ici, pas maintenant alors que chaque pièce de ta maison est occupée.
- S'il te plait Sev', juste ton t-shirt.
Finalement le maillot vola à travers la pièce avant que les deux corps ne se retrouvent. Les yeux bleus s'attardèrent quelques secondes sur le torse blanc, si beau, si tentant, si masculin. Il laissa ses doigts le redessiner doucement, faisant y naitre des frissons alors que le souffle de l'ainé se faisait un peu moins régulier et que ses lèvres appuyaient un peu plus sur la peau offerte.
- Stop, Ron arrête.
- Mais-
- Tu n'es pas prêt, et je ne veux pas qu'on fasse n'importe quoi, n'importe où et n'importe comment.
- Je-
- Ce n'est pas important, d'accord ? Plus tard. Maintenant dors. Sinon il te faudra une explication pour les cernes que tu auras sous tes yeux.
Le roux acquiesça avant de relâcher son emprise et de s'installer plus confortablement sur le corps à présent à côté du sien. Une caresse sur son bras, une autre sur sa poitrine, puis sur ses cheveux avant qu'il ne ressente plus rien, simplement l'apaisement du sommeil qui l'emportait.
C'est seul au milieu de son lit que le roux ouvrit les yeux. La nuit passée lui sembla un instant un rêve mais la marque rouge sur le bas de son torse lui indiqua le contraire. Il soupira, se mordant la lèvre avant de se lever. Comment allait-il pouvoir rester stoïque devant son professeur alors que quelques heures plus tôt ils étaient à la limite du non-retour. Remettant sa chevelure rousse un minimum en ordre, il sortit de sa chambre pour découvrir le sourire d'Harry juste derrière la porte.
- Je t'attendais.
- Bien dormi ? enfin si vous avez dormi…
- Très drôle Ron, on a dormi. Tu m'en veux de t'avoir-
- Oh Harry arrête avec ça, bien sûr que non je ne t'en veux pas. On ne va pas dormir ensemble éternellement, non ? Et puis tu préfères surement tomber sur une chevelure blonde à ton réveil plutôt que sur la mienne.
- J'aime tes cheveux roux.
- Là n'est pas la question.
- Mais tu as raison.
Ils rirent avant de descendre les escaliers jusqu'à faire irruption dans la cuisine. Une partie de la famille était encore couchée, seuls Molly, Arthur, Draco, George, Percy et Severus étaient assis autour de la table et commençaient tout juste à déjeuner. Harry salua l'assemblée avant de s'installer alors qu'ils sortaient deux bols du placard, et Ron sentit le regard brûlant de son professeur dans son dos. Il aurait du se vêtir d'un t-shirt, mauvaise habitude.
- Bien dormi les garçons ?
Harry répondit pour les deux, alors que Severus se levait.
- Je vais vous laisser.
- Reste donc manger avec nous ce midi.
- Non, non. C'est déjà trop de m'avoir permis de dormir ici. Et puis j'ai des cours à préparer.
- Bien comme tu voudras. N'hésite pas à repasser, tu sais que tu es le bienvenu à la maison.
- Merci Molly. Vous saluerez Bill et Fleur de ma part, ainsi que Charlie. Arthur…
- A bientôt Severus.
- Je peux emprunter votre cheminée ?
- Bien sur, Ron tu l'accompagnes pour lui donner la poudre de cheminette.
- Ou-Ouais.
L'aîné se leva suivi du plus jeune pour rejoindre le salon, qui alla chercher le petit pot. Ron se gratta le derrière du crâne, il était mal à l'aise, là, devant son professeur, sans savoir quelle attitude adopter alors que n'importe qui pouvait faire irruption dans la pièce.
- Tu… hm- tu es parti à quelle heure ce matin ?
- Lorsque j'ai entendu tes parents se lever, j'ai transplané dans la salle de bain.
- Oh, d'accord.
- Je te vois à la rentrée.
- Oui… Sev', pour cette nuit-
L'appelé sourit et s'approcha du roux pour lui prendre la poudre des mains. Dans le même temps ses doigts glissèrent sur la peau dénudée, tout en regardant autour de lui. Aucune trace d'un Weasley ou autre. Alors leurs lèvres se trouvèrent rapidement et il passa ses doigts dans la chevelure rousse.
- Si tu arrives à t'éclipser le soir de la rentrée...
Ron n'était plus capable de dire un mot, il se contenta d'hocher de la tête, ses mains tremblaient d'envie de toucher le corps à sa portée, ses lèvres en demandaient encore, mais l'entente d'une porte qui grinça le fit reculer brutalement. Il croisa une dernière fois le regard sombre, intense et plein d'envie de Severus puis il disparut.
- Ron déjà debout ? Tu m'impressionnes.
- J'ai personne à réchauffer le matin moi.
- Tu nous fais une petite déprime ? T'inquiètes tu vas la trouver ta chérie.
Ron grimaça, merde comment pouvait-il lui dire que depuis quelques temps même –presque deux ans- il n'était plus attiré par les filles, il avait seulement une irrésistible envie de l'homme aux yeux sombres et aux cheveux couleurs corbeau. Oui il le voulait. Ce que ça signifiait, il ne savait pas mais pour l'instant son corps ne répondait qu'à Severus. Qui sait, peut-être que demain il rencontrerait quelqu'un. Le cœur qui s'emballe, le feu d'artifice dans le ventre, les étincelles dans les yeux. Ouais possible pourquoi pas, mais ce genre de choses il n'y croyait pas spécialement.
Tadam.
A la prochaine.
Merci pour tous vos commentaires.
