Bonjour, bonsoir !
Chapitre 4, posté un peu tard, c'est vrai, et je m'en excuse ! :o
J'aimerais encore remercier avec passion les reviewers qui me suivent, vous qui me lisez en secret et les discrets qui favorite et follow ma fic ! Vous êtes d'une grande motivation !
Désolée si par MP je suis un peu longue à répondre, j'ai un peu de mal à gérer ma vie de manière générale en ce moment... XD
Bref, pas mal de nouvelles choses dans ce chapitre, j'espère qu'il vous plaira ! Moi j'ai beaucoup aimé l'écrire !
Sur ce je vous laisse, et bonne lecture !
PS : L'histoire se passe toujours à Londres, mais j'évoque ici le système scolaire français. J'ai longtemps hésité, mais j'en suis venu à la conclusion que, pour les lecteurs (vous!), le système français serait plus apte à vous donner un sentiment plus proche de vous et plus clair pour tout le monde.
EDIT : Merci encore à Akimitsu N pour la correction !
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Le lendemain matin, Keiji se réveilla une minute avant son réveil, animé d'une folle énergie. Ce n'était pas commun, mais il s'en réjouit et sauta hors du lit. D'un pas enjoué, il partit se faire une tasse de café, et cette fois, il parvint à ingurgiter un petit-déjeuner. Le nez dans sa tasse, et le regard par la fenêtre, il reprit soudain le cours de ses pensées de la veille. L'école primaire. Les regards. Les jugements. La passion.
Le bruit passa vite de classe en classe, et bientôt toute l'école fut au courant que le petit Akaashi Keiji faisait de la danse classique. Ses copains se moquaient un peu de lui, mais la maîtresse expliquait souvent qu'il n'y avait rien de ridicule là dedans.
CP, CE1, CE2… Un jour, Akaashi sortait de la cantine. Il avait huit ans. Il s'apprêtait à rejoindre son groupe de copains, cependant, des CM2 - des grands -lui barrèrent la route.
- C'est toi Akaashi ? avait demandé le plus grand tandis que ses acolytes ricanaient dans son dos.
L'enfant avait timidement hoché la tête, tout en serrant ses poings dans les pans de son short. Il aurait bien fui, mais ils l'auraient rattrapé, et en plus on se serrait moqué de lui.
- Alors comment ça se passe la danse classique ? avait minaudé un autre.
- Ça va… avait-il répondu, peu convaincu.
Il tenta de faire un pas en arrière, mais les plus grands comprirent tout de suite sa manoeuvre.
Akaashi n'eut pas le temps de comprendre. On le poussa contre un mur derrière lui.
- Je savais pas que les garçons aussi pouvaient faire de la danse ! fit un des CM2 en le soulevant au dessus du sol.
- Qu'est-ce que tu fais ?! s'était écrié Keiji en balançant les jambes dans tous les sens. Lâchez moi, lâchez moi !
Cependant, sa menace s'était plutôt échappée comme une plainte pitoyable. On l'ignora, et bientôt, on lui ôta son short et son t-shirt. Tremblant de peur, de honte, et de rage, il tenta bien de s'échapper, de se balancer, de frapper, cogner, hurler, mais au final, tout ce qu'il parvint à faire sortir furent des larmes. On ricana autour de lui, et Keiji comprit enfin où les plus grands voulaient en venir lorsqu'ils sortirent une robe rose à volant d'un de leurs sacs.
- Comme tu seras mignonne comme ça ! s'étaient-ils esclaffés.
En moins d'une seconde, on lui enfila la robe, et Keiji ne parvenait plus à retenir un minimum ses larmes. L'humiliation découlait de lui comme un torrent. Il criait à travers ses sanglots, et n'avait même plus la force de se débattre tandis qu'on le portait jusqu'au beau milieu de la cour de récréation.
Là, les grands décampèrent, et l'instant d'une seconde, Akaashi fut soulagé. Cependant, le temps de comprendre là où il était, la honte ne fit que grandir encore plus.
Il se leva, pathétique, le visage écarlate, les genoux tremblants et les joues trempés de larmes. Les moqueries fusèrent, on le pointa du doigt, on rigola sur son passage, et Akaashi courait, courait, cherchait une maîtresse pour le sortir de cet enfer. Cependant, lorsqu'il déboula près du groupe d'enseignantes, buvant leur café tout en surveillant la cour, elles le fixèrent toutes avec stupeur, ne pouvant cacher un hoquet goguenard.
Mais, comme il pleurait toutes les larmes de son corps, elles s'abaissèrent à son niveau.
- C'est les CM2, expliqua-t-il en panique. C'est eux, c'est pas moi, je sortais de la cantine, et puis ils ont pris mes habits et…!
Sa maîtresse de CE2 le prit par la main et, sans un mot, le traîna jusqu'à la salle des maîtres.
- Je veux pas rester comme ça ! sanglotait-il. Je veux pas retourner dans la classe.
La maîtresse lui donna des habits de rechanges, tâchés, trop grands.
- Va te rhabiller correctement pour commencer, dit-elle. On en discutera après.
Il s'exécuta, et en revenant, il se sentait un peu moins pitoyable.
La maîtresse lui posa des questions, il expliqua comment les autres enfants s'était moqué de lui.
- Et pourquoi il se sont moqués de toi ? avait-elle demandé d'une voix faussement concernée.
Akaashi tomba des nues.
- Bah… Parce que j'étais en robe.
- Et alors ?
- Et alors les robes c'est pour les filles !
- Alors c'est honteux d'être comme une fille ? Pourquoi ? avait-elle demandé, d'une voix plus agressive.
Akaashi se sentit rougir sans réellement comprendre pourquoi.
- Je sais pas moi… C'est pas ça…
Il n'avait pas osé continuer, et plus tard, il entendit, en passant devant un groupe de maîtresses, celle là même qui s'était occupée de déclarer :
- C'est à cause des gamins comme lui que les femmes comme nous on se retrouve oppressées. Tu vois, huit ans à peine et il pense déjà qu'il faut avoir honte d'être une fille ! Moi je te dis, y'a rien à faire contre ça, la misogynie c'est encrée dans leur tête dès leur naissance. Les hommes, y'a rien à faire pour eux, tout ce qu'on peut faire entre femmes, c'est s'allier pour les combattre. Ils trouveront toujours que les femmes sont des connes !
Pourtant, Akaashi ne trouvait pas les filles plus bêtes que les garçons. Il pensait juste que tous les enfants de son école étaient méchants et stupides.
L'école primaire continua telle qu'elle avait commencé, mais au fond, quelque chose avait changé dans le coeur d'Akaashi. À partir de ce jour il décida de ne plus faire confiance à personne, et surtout, de ne plus jamais parler de danse classique à l'école. Il devait se faire discret.
À côté de cela, il vouait toujours une passion débordante et grandissante à la danse. Chaque mercredi après-midi, il enfilait avec joie ses collants et ses demi-pointes. Il tournoyait sur la musique, la comprenait et ajustait chacun de ses pas aux émotions renvoyées. Là, enfin, il se sentait vivant, là, il se sentait enfin lui-même. Bientôt, il devint le meilleur de sa classe, mais on le connaissait non pas pour son talent, mais pour être l'unique garçon.
Il haussait les épaules. Quelle importance ? Tout ce qui comptait c'était sa passion, sa bouée de survie autant que son fléau.
Akaashi soupira. Il avait toujours un pincement au coeur en se remémorant ces souvenirs. Malgré tout, il aimait vraiment la danse. Il baissa les yeux, il avait oublié son café. Il était froid maintenant.
Mais soudain, la porte fut violemment ouverte, et Lev déboula, tout sourire, dans l'appartement.
- Hey, Keiji ! s'exclama-t-il.
L'intéressé fut surpris de remarquer qu'il ne portait pas, comme à l'accoutumé, son pyjama et un gilet quelconque. Non, il avait revêtu un pantalon Cargo aux imprimés army, un débardeur noir et un bomber noir luisant. Il portait sa paire d'Air Max blanches à la main et tenait la bretelle de son sac à dos de l'autre.
- Où tu vas comme ça ? l'interrogea Akaashi en déversant son café dans l'évier.
- Justement ! s'exclama-t-il. Je viens pour te prévenir que je serais pas là pendant un moment !
Keiji haussa les sourcils, circonspect. Il ne s'attendait pas à ça.
- Quoi ? Tu vas où ?
Lev afficha un grand sourire, heureux d'avoir attiré l'attention de son cher voisin. Il sauta sur le canapé et s'installa les jambes croisées. Akaashi vint s'asseoir à côté de lui.
- Je me suis trouvé un boulot figure-toi ! s'esclaffa-t-il.
Son accent russe ressortait quand il était enjoué. Akaashi hocha la tête.
- Un chantier entier ; ils veulent construire tout un complexe industriel en dehors de la ville. Les travaux ont déjà commencé, et ils nous proposent de nous loger pour trois fois rien. J'ai fait des calculs, ça me reviendrait plus cher de rentrer tous les soirs, et ce serait cent fois plus chiant, alors je vais loger là-bas pour un petit moment !
- C'est bien, déclara Akaashi.
Il était sincère, mais eut du mal à le faire transparaître dans ses paroles. Après tout, Lev cherchait un travail depuis si longtemps ! Oh, il bossait de temps en temps, des petits boulots parfois au noir, par-ci par-là. Lev n'en parlait pas en détails, et Akaashi ne posait pas de questions de toutes façons. En fait, il avait cru que Lev mentait quand il se plaignait de chercher mais de ne pas trouver où travailler. Il faut dire qu'il le savait d'une fainéantise affligeante parfois, et d'une passion récurrente pour se plaindre. Apparemment Akaashi avait eu tort, et s'en voulait un peu.
- Ça durera combien de temps tu crois ? demanda-t-il pour montrer un minimum d'intérêt.
- Oh, tu sais… Je suis embauché maintenant, mais ils ne me connaissent pas encore. Faut que je prouve qu'ils ont besoin de moi sur le terrain. Ils peuvent me garder deux semaines comme ils peuvent me garder plusieurs mois ! Je te tiens au courant de toutes façons !
Il brandit son vieux téléphone à clapet devant lui. Akaashi acquiesça en baissant les yeux sur son Iphone posé sur la table.
- Tu pars quand ?
- A priori… Aujourd'hui ? Désolé de pas t'en avoir parlé avant, tu étais occupé avec ton nouveau boulot, et puis ça s'est concrétisé à la dernière minute !
Pour la énième fois, Akaashi hocha la tête, puis lança un regard vers l'horloge. Il n'était plus le moment de traîner ou il devrait encore courir.
- C'est cool, Lev, vraiment. Je suis content pour toi, déclara-t-il en espérant que sa sincérité était évidente.
On lui avait souvent reproché d'être froid et peu démonstratif. C'était simplement dans sa nature. Étrangement, il repensa à Bokuto, à la veille. Là il n'avait eut aucun mal à exprimer sa reconnaissance.
- Merci, Keiji, répliqua Lev d'un air satisfait.
Bizarrement, malgré leurs personnalités opposées, Lev pardonnait à son voisin son attitude parfois peu chaleureuse. Akaashi quant à lui, bien que la tendance à s'incruster du russe ait le don de l'agacer, ne lui fermait que rarement la porte.
Lev prit ainsi Akaashi dans une étreinte masculine rapide, et, après lui avoir affiché un sourire sincère, disparut en promettant de lui envoyer de ses nouvelles.
Ainsi Akaashi termina de se préparer. Le quotidien serait plus calme pendant un moment, si Lev n'était pas là. Cela serait sûrement bénéfique. Il aimait la solitude, vraiment. Il aimait passer des soirées sans parler à personne, à rêvasser sur sa passion ou se perdre dans ses pensées. Peu de gens comprenaient.
C'est à huit heures trente tapantes qu'il referma la porte de chez lui, et s'élança dans la rue. Il avait hâte de se mettre au travail avec la troupe.
Ce matin là encore, un parfum mélangeant café et pain chaud embaumait les rues. Il faisait un peu frais, mais le soleil réchauffait l'atmosphère. Le ciel était bleu, les rues s'emplissaient déjà des travailleurs matinaux. En passant sur River Street, la rue où s'étaient installés Bokuto et ses amis, Akaashi se surprit à chercher le fameux groupe du regard. Il ne lui fallut pas longtemps pour les retrouver, tous agglutinés dans leur coin habituel, entre un grand H&M et une ruelle mystérieuse. Le petit blond aux racines brunes - Kenma, s'il se rappelait bien - avait le regard rivé sur ce qui s'apparentait à une ampli, les sourcils froncés, l'air agacé, tandis que le grand brun - le rappeur, Kuroo - et Bokuto, semblaient en pleine discussion. À force de les fixer, Akaashi dû attirer leur attention, car Bokuto croisa son regard et lui fit un grand sourire, avant de lui faire un geste de salutation enjoué. Son ami se retourna, un sourcil haussé, et s'empressa d'analyser le danseur classique de la tête aux pieds. Mal à l'aise, Akaashi rendit son geste de la main à Bokuto. Malgré tout, il était soudain terriblement conscient de sa façon de marcher, et son corps semblait d'ailleurs avoir oublié comment faire. Se sentant un peu ridicule, il s'empressa de baisser la tête, pour passer le plus vite possible. Non seulement à cause du regard perçant du grand brun, mais aussi parce qu'il n'avait pas encore écouté le CD de Bokuto, aussi craignait-il qu'il lui en demande des nouvelles. Cependant, en passant ainsi, l'oreille tendue, il entendit clairement l'ami de Bokuto s'exclamer :
- C'est lui ? Wesh réponds moi, c'est lui ?
- Bah oui c'est lui t'es con ou quoi ? Je lui aurais pas fait coucou comme ça sinon ! répliqua Bokuto avec engouement.
Un silence s'en suivit, durant lequel Akaashi devina avec un certain malaise qu'ils l'observaient de loin.
- Franchement ; pas mal, pas mal, reprit alors le grand brun, et Akaashi se sentit encore se raidir.
Il aurait voulu disparaître, n'avoir jamais entendu ça, qu'on arrête de le juger ainsi. Il fallait dire qu'il était malgré tout curieux de savoir ce qu'il allait entendre par la suite. Comment des gens qui ne le connaissaient pas le percevaient-ils ? Comment des gens qui ne le voyaient pas comme le petit pédé dingue de danse classique l'imaginaient-ils ?
- Pfff, ta gueule, répliqua Bokuto.
Mais Akaashi entendit le sourire dans sa voix.
- Pas mon genre, mais mignon quand même, répliqua alors Kuroo après une courte pose.
Akaashi déglutit alors avec difficulté, le visage virant au rouge vif. S'il s'attendait à ça ! Il serra fort son poing autour de la hanse de son sac, et continua son chemin, les jambes raides, le regard cloué au sol. La foule finit par l'engloutir, mais éventuellement, il entendit dans son dos la voix de Bokuto répondre, hilare :
- De toutes façons, il serait beaucoup trop bien pour toi !
Il arriva au théâtre un peu retourné.
Il ne savait pas trop quoi penser de ce qu'il venait de se passer. Bokuto avait été très aimable avec lui la veille, mais son ami… Il ne lui inspirait pas confiance. Encore moins maintenant qu'il l'avait vu et entendu le juger de la tête aux pieds avant de le qualifier de "mignon mais pas son genre." Qui étaient donc ces gens ? Un frisson le parcourut alors qu'il réalisait à quel point les humains étaient différents les uns des autres, à quel point cette différence pouvait être choquante parfois. À quel point il se sentait distant de ces garçons qui pour gagner quelques sous dansaient et chantaient en vain dans les rues bruyantes et insensibles de Londres. À quel point pourtant, il avait trouvé Bokuto attachant la veille, et comment son ami lui semblait incompréhensible. Ils devaient pourtant être très proches. Sûrement vivaient-ils tous deux à Noveapolis. Et qui se ressemble s'assemblent, non ? Akaashi soupira. Il n'avait pas envie de se casser la tête avec ce genre d'histoire.
Ces gens n'étaient personne pour lui de toutes façons. Pas même Bokuto, malgré sa gentillesse.
Et pourtant. Toute la journée, des pensées intrusives l'assaillirent. Oh, il était concentré sur son travail, mais une seconde de répit laissait place à ces réflexions. Il avait beau le nier, au fond de lui même, ces gens l'intriguait. Ce Bokuto l'intriguait. Et le pire était qu'il ne savait même pas pourquoi. Il était curieux tout simplement, il aurait voulu en savoir plus sur lui.
À midi, il remboursa comme prévu son déjeuner de la veille à Yachi. Elle répéta mille et une fois que ce n'était pas nécessaire, mais il insista.
Pendant le repas, il remarqua les regards admirateurs que lançaient Yamaguchi, l'assistant du metteur en scène, à la petite blonde, et il ne put s'empêcher de hausser un sourcil. Yachi, quant à elle, n'y voyait que du feu. Pour être honnête, elle était trop occupée à boire les paroles de Shimizu. Cette dernière souriait gentiment à son admiratrice number one d'un air poli et posé. C'était le genre de fille magnifique mais complètement insondable. Intouchable, inatteignable. Aussi Akaashi trouvait Yachi plus attachante, bien qu'il la trouve quelque peu ridicule parfois.
Hinata et Kageyama, quant à eux, se chamaillaient encore dans un coin. Akaashi songea combien certaines personnes ne savaient exprimer leur affection qu'à travers ce genres de gamineries. Car ces deux là s'adoraient, c'était sûr et certain.
Plus loin, Daichi et Sugawara discutaient posément, les yeux dans les yeux. Beaucoup aimaient alimenter des rumeurs sur eux, les voyant follement amoureux. Akaashi ne savait pas. Cela ne l'intéressait pas. Il aimait leur talent, et admirait Sugawara pour qui il était, mais fantasmer sur les liens qui le nouaient à Daichi ne l'amusait pas.
À vrai dire, à voir tout ces gens qui s'attirent, s'intriguent, s'apprécient, parfois sont déçus ou agréablement surpris, il songea à quel point tout le monde était obsédé par les relations humaines. Oui, pour lui, l'amour était overrated.
Qu'en penserait Bokuto et ses amis ? Sans doute ne se posaient-ils pas ce genre de question. Une petite voix murmura à Akaashi d'un air supérieur : "Ah oui ? Et pourquoi pas ?"
C'est là que déboula Tsukishima. En rentrant, pendant une seconde à peine, Akaashi remarqua le regard sévère qu'il lança à Yachi. Mais l'heure de reprendre le travail était venue.
La journée se termina sur une ambiance satisfaite. Chacun avait fait de son mieux ce jour-là. En sortant, Tanaka s'étira, et lança à l'intention de tout le monde :
- Je mangerais bien un petit truc avant de rentrer. Qui ça intéresse ?
Tout le monde ou presque accepta. Tsukishima balaya l'idée du revers de la main, prétextant avoir des choses à faire, mais lorsque Yamaguchi posa la main sur son épaule et lui demanda de venir, son regard s'adoucit quelques peu et il céda.
Akaashi suivit le mouvement. Il aimait bien ces gens. Et mieux valait danser avec des amis qu'on connaissait et appréciait plutôt que des inconnus.
C'est vers huit heures du soir qu'il rentra chez lui. En passant sur la River Street, il remarqua que Bokuto et ses amis n'étaient déjà plus là. Encore un détail insignifiant qu'il fut satisfait d'apprendre. Ces gens là rentraient plus tôt qu'il ne le croyait.
En posant son sac sur la table basse, Akaashi remarqua le fameux CD posé juste ici. Il hésita une seconde. Il avait un peu peur d'être déçu, il ne savait pas à quoi s'attendre. Mais il s'en saisit et le fit avaler par son ordinateur. Pourquoi était-ce si important, que cela lui plaise ou non de toutes façons ?
Il avait le droit de ne pas aimer après tout.
Mais le problème ne venait pas de là.
Dès la première seconde, un rythme électro se mit en route. Divers sons étranges s'assemblèrent, et formèrent bientôt un semblant de mélodie répétitive, tandis qu'une voix, celle de Kuroo, de l'ami insolent de Bokuto, se mit à réciter des paroles à un rythme effréné. Akaashi en intercepta quelques mots, il y avait beaucoup d'informations à capter. Il parlait d'argent, de difficultés, de mort, de peur. Ce n'était pas un morceau rassurant, on aurait même pu dire qu'il s'en dégageait une aura malsaine. Akaashi se mit à imaginer comment Bokuto aurait dansé là-dessus, mais il était difficile d'inventer des chorégraphies d'une danse dont on ignore tout. Alors il dériva et rejoua le film de ce matin là, lorsque leurs regards s'étaient croisés.
Éventuellement, le morceau se termina, et un second se mit un route, puis un troisième, puis Akaashi écouta tout l'album. Certaines musiques étaient plus enjouées que la première bien sûr. Elles abordaient des sujets variés. La rébellion, la colère, la liberté, l'envie de tout oublier, de s'en aller, de partir loin d'ici (une idée qui revenait assez souvent), la peur, l'angoisse, les longues nuits d'insomnies, et l'amour parfois.
Quand le CD cessa de tourner dans le lecteur, il faisait nuit, et Akaashi s'était un peu endormi. Il n'aurait pas su dire à quel point il avait vraiment apprécier cet album. Le genre musical ne lui plaisait pas, et les paroles, bien qu'elles fassent écho en lui quelques fois, lui faisaient peur autant qu'elles le fascinaient. Au moins eux ne s'éternisaient pas sur des histoires d'amour répétitives. Mais il s'agissait là tout d'un monde dont il ne connaissait rien, et à vrai dire, il se sentait un peu comme un imposteur en l'écoutant, comme s'il n'en avait pas le droit, comme s'il n'était pas à sa place, comme s'il ne pourrait jamais comprendre les états d'âme de ces gens.
Et bizarrement, tout cela ne lui donna qu'encore plus envie de connaître Bokuto. Une curiosité inouïe s'installa dans son esprit, et en le réalisant, il comprit qu'il ne s'en débarrasserait pas si facilement.
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Alors ? Qu'en avez vous pensé ?
Il abuse Kuroo au début du chapitre ? Petit Akaashi vous attendrit ? Il va vous manquer Lev ?
Bref, j'espère que ça vous aura plu, et sur ce je vous dis à la semaine prochaine et bonne nuit à tous ! *coeurs coeurs coeurs*
