- Vous comptez monter ou attendre que l'on se fasse tous tuer.

Je n'étais peut-être pas mort tout compte fait.

Bella.

Je n'avais pas rêvé, c'était bien sa voix que j'avais entendue.

Nous nous engouffrâmes aussi vite que possible dans la voiture de sport. Voiture anglaise, volant à droite. Que diable pensait Félix ? Mettre en danger la vie de cette jeune femme ! Bella redémarra sur les chapeaux de roue, esquivant sans problèmes les obstacles qui se dressaient devant sa voiture. Bon dieu, c'est qu'elle pilotait la gamine ! Mais qu'est-ce qu'elle foutait là ?

Nous fûmes aussitôt pris en chasse par trois BMW grises. L'une des trois ne résista pas à la conduite sportive de Bella et alla s'emplafonner contre un mur. Plus que deux. Je tentais désespérément de crever leurs pneus mais sans succès. Il faut dire que ce n'était pas évident à moitié assis sur les genoux d'Emmett, ballotté dans tous les sens. J'hurlais sur mon frère dessus et lui me répondait de la même manière quand Bella nous tira de notre panique.

- Mais où est-ce que tu as appris à tirer ? On n'est pas à la fête foraine là. Donne-moi ton arme. Edward, fais ce que je dis.

A mon grand étonnement, je lui tendis mon Magnum. Elle ouvrit sa fenêtre et dans une manœuvre digne de celle d'Angelina Jolie dans Mr & Mrs Smith*, elle se débarrassa de la deuxième voiture avec les trois balles qui restaient dans le chargeur. Putain, mais c'était qui cette fille ? Malheureusement, il restait une voiture, nous n'avions plus d'arme, ni de pare brise arrière, ni de rétroviseurs. Deux motos vinrent rejoindre la troisième BMW. C'était de pire en pire.

Bella utilisait sa boîte de vitesse avec dextérité et efficacité, ne perdant aucune seconde précieuse. Elle s'engouffra sur la rampe menant à l'autoroute qui traversait la ville. Elle put enfin lâcher la puissance du V12 qui rugit de plaisir. Nous distançâmes nos poursuivants. Malheureusement ce fut de courte durée. La circulation dans ce pays était tout bonnement impossible, même la nuit. Profitant d'une zone où la barrière de sécurité avait été remplacée par des plots orange et argent, elle traversa la voie et nous nous retrouvâmes à contre-sens.

Maniant avec assurance son véhicule, Bella slalomait entre les voitures qui pilaient net en nous voyant arriver. Elle passa entre deux camions qui finirent d'achever les rétroviseurs. Une camionnette racla tout son côté. La dernière BMW emboutit une autre voiture et disparut enfin de notre vue, mais les deux motos suivaient toujours. Les deux passagers sortirent des pistolets-mitraillettes et commencèrent à nous canarder. Emmett et moi continuions à nous engueuler comme si ça pouvait changer quelque chose.

Nous parvenions bientôt au pont qui surplombait le fleuve. Je sentis la voiture échapper au contrôle de sa conductrice. De nouveau nous traversâmes la zone de séparation, les plots blancs ne résistèrent pas. Dieu bénisse la DDE locale qui n'avait pas remplacé les barrières métalliques. Emmett hurlait.

- OÙ TU VAS ?? ON VA FINIR PAR AVOIR UN ACCIDENT…

- JE NE SAIS PAS, JE PENSE QU'UN DES PNEUS EST TOUCHE MAIS AVEC LE BOUCAN QUE VOUS FAITES JE N'AI RIEN ENTENDU !!! Alors si vous pouviez arrêter de piailler comme des bonnes femmes dont le coiffeur a raté la coupe, je pourrais peut-être conduire !

Elle réussit à reprendre le contrôle de l'Aston. Et moi qui me croyais bon conducteur.

Soudain, une douleur fulgurante traversa mon épaule. Putain, ça brûlait.

- EDWARD !! Merde Bella, Edward est touché.

- Que veux-tu que j'y fasse ? Je ne vais pas m'arrêter maintenant pour appeler une ambulance. Appuie sur la plaie pour limiter l'hémorragie.

Je hurlai quand Emmett mit ses doigts sur la plaie. Heureusement la balle n'avait pas traversé et sa chaleur au moment de l'impact avait cautérisé les chairs le long de son chemin. Il relâcha sa prise et s'agrippa à nouveau au siège.

Nous nous engagions sur le pont quand un énorme bruit nous fit sursauter. S'il restait trois pneus à cette voiture, cela ne devait plus être le cas. L'Aston dérivait irrésistiblement vers la droite. Bella écrasait désespéramment les pédales mais sans succès. Elle braqua pour éviter une vieille Peugeot. Notre voiture partit dans un tête-à-queue incontrôlable, cognant ça et là d'autres véhicules, envoyant nos poursuivants au sol, avant de percuter la barrière du pont et de basculer par-dessus le parapet.

L'eau arrivait à toute allure et l'Aston s'écrasa dans le Nil dix mètres plus bas. Emmett et moi hurlions tandis que Bella restait silencieuse, rendue muette sans doute par l'horreur qui nous attendait.

Le choc fut violent. Et tout devint noir.

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Je me réveillai dans une pièce sombre, allongé sur un lit.

La douleur dans mon épaule et mes courbatures me prouvèrent que ce n'était pas mon imagination qui m'avait joué des tours mais que nous avions bien fait un tour dans le Nil après une visite plus qu'express de la ville.

Emmett était installé dans un fauteuil non loin de moi. Il eut l'air soulagé quand il vit que j'avais ouvert les yeux.

- Tu m'as fait une sacrée frayeur, petit branleur. T'as dormi toute la journée.

- Où… Où…

- Nous sommes chez Bella ou chez un de ses amis. Bella est partie chercher de quoi refaire ton pansement.

Je regardai mon épaule. Celle-ci était bandée mais une tâche de sang commençait à apparaître.

- Elle a retiré la balle, fait cinq points de suture. D'après elle, il n'y aura pas de dégâts mais il faudrait passer une radio, une IRM et une échographie pour en être sûr et elle ne cache pas ça chez elle. Du moins c'est ce qu'elle m'a dit. Tiens avale ça.

Il me tendit un verre d'eau et deux comprimés que j'avalais sans me poser de questions.

Les bras de Morphée m'accueillirent de nouveau.

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Lorsque j'émergeai à nouveau de mon sommeil, quelqu'un était penché vers moi et touchait mon épaule. Surpris, j'attrapai la personne et la renversai de l'autre côté du lit, envoyant la couverture valser. M'asseyant à califourchon sur elle, j'utilisai ma main valide pour appuyer sur sa gorge. Une voix étouffée sortit à grand peine de sa bouche.

- Edward… c'est… moi… Bella…

Merde Bella. La lumière qui passait faiblement les rideaux fermés me permit de reconnaître son visage. Ses grands yeux attirèrent les miens et j'y plongeai le regard. Elle remua faiblement sous moi.

J'étais toujours à califourchon sur elle et ces mouvements n'eurent pas l'effet escompté puisqu'une forte chaleur embrasa mon bas-ventre. Mes yeux s'éloignèrent des siens et je tombai sur ses lèvres. Pleines. Chaudes. Attirantes.

Lorsqu'elle mordit sa lèvre inférieure, reflexe que j'avais remarqué chez elle, cela me fit l'effet d'une bombe et je perdis le contrôle.

Ma bouche s'écrasa sur la sienne.

Surprise, elle ne réagit pas. Je pensais me prendre la plus belle claque de ma vie mais ses lèvres étaient si douces, si agréables que je ne pouvais m'arrêter. De toute façon, je n'avais aucune envie de m'arrêter. Son corps sous le mien me rendait euphorique. Ma main valide lui évitait de sentir tout mon poids sur elle.

Elle finit par sortir de son immobilité. Mais ce ne fut pas pour m'arrêter.

Bella remonta ses mains le long de mes bras sur mon cou et m'attira encore plus près, répondant à mon baiser. Je passai la langue sur ses lèvres déjà gonflées. Elle les entrouvrit légèrement, laissant ainsi le passage pour que j'aille plus loin. Nos langues entamèrent un ballet endiablé. Son goût sucré me rendait fou et les petits grognements qu'elle poussait n'amélioraient pas mon état.

Je libérai ma main gauche de l'écharpe dans laquelle elle était placée. Je la glissai alors sous le tee-shirt de Bella où je commençai à caresser son ventre. Elle se cambra, frottant ainsi son bassin contre le mien. Je montai la main et attrapai son sein à pleine paume par-dessus son soutien gorge. La friction entre nos bas-ventres s'accentua. Je brisai le baiser et descendit le long de sa mâchoire pour enfouir ma tête dans son cou.

Ses mains descendirent le long de mon dos pour se poser sur mes fesses qu'elle tira vers elle rapprochant encore si c'était possible nos deux corps. Ma virilité tendue frottait contre le haut de ses cuisses.

Je me rendis alors compte de mes vêtements ou plutôt de mon manque de vêtements. Je ne portais qu'un boxer. Elle était encore toute habillée.

Avant que je n'aie eu le temps d'y remédier, Bella s'en chargea. Elle me bascula sur le dos et s'assit à califourchon sur moi. Son tee-shirt ne resta pas plus de deux secondes sur son dos et son soutien gorge le rejoignit aussitôt, libérant sa poitrine généreuse. Putain, cette fille avait un corps à damner un saint. Je n'avais pas pu le remarquer la veille à cause du large sweat qu'elle portait mais là, je ne voyais que ça.

Mon érection se rappelant à mes bons souvenirs, je sortis vite de ma transe et la basculai à nouveau sous moi. Je nous débarrassai de son jean et de sa culotte dans le même temps puis fit de même avec mon boxer.

Sans plus attendre, je me plaçai entre ses jambes et la pénétrai d'un coup de rein puissant. Bella poussa un cri et mordit mon épaule encore valide.

Savourant quelques secondes d'être en elle, son sexe serré autour du mien qui la remplissait complètement, je restai immobile. Puis n'y tenant plus je me lançai dans de forts et de plus en plus rapides va-et-vient. Nos gémissements et le bruit des draps remplirent la pièce.

Ma bouche retrouva la sienne un moment avant d'aller titiller le lobe de son oreille que je mordillai. Je pris appui sur mon bras valide et ma main gauche libérée vint caresser la poitrine ferme de Bella. Je repris sa bouche et ma langue vint rencontrer la sienne. J'instillai le même mouvement à son mamelon dur et dressé pour moi avant de faire subir le même sort à son autre sein.

Bella accompagnait mes mouvements de bassin. Elle accrocha ses jambes autour de moi, changeant ainsi l'angle par lequel j'entrais et sortais d'elle. Je pus la pénétrer plus profondément encore. Nos gémissements s'étaient transformés en grognements et même cris de plaisir.

Je sentis ses parois palpiter autour de mon sexe. Je plongeai mon regard dans le sien, me perdant dans le désir puissant exprimé par ses yeux chocolat alors que l'orgasme la submergeait.

- Edward !!

Cette vision ajoutée à la sensation de son sexe se resserrant sur le mien et au son de mon nom dans sa bouche déclencha mon propre orgasme et je déversai en elle ma semence en criant son prénom. Après encore quelques allées et venues en elle, je me retirai et l'embrassai langoureusement.

Je m'endormis peu de temps après, toujours entre ses jambes, la tête posée dans le creux de sa poitrine.

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- Edward ! Mon petit Edward ! On se réveille, il est temps de partir.

J'ouvris les yeux et levai ma tête vers ce doux murmure. Je hurlai quand j'aperçus la tête de mon frère à moins de vingt centimètres de la mienne.

- Sympa petit branleur. J'essaie de te réveiller gentiment et c'est comme ça que tu me remercies…

Je me redressai. J'avais de nouveau le bras en écharpe et un pansement propre à l'épaule. Et je portais un boxer. Se pourrait-il que j'aie rêvé de cette séance torride avec Bella ? Sauf que le caleçon que je portais ne m'appartenait pas. Qu'est-ce que cela voulait dire ?

Je ne pouvais pas avoir rêvé. Je ne voulais pas avoir rêvé.

- Où est Bella ?

- Elle est partie tôt ce matin, son avion a déjà décollé. Tiens, elle m'a donné ça pour toi.

Emmett me tendit deux comprimés différents de ceux de la veille et une lettre portant mon prénom sur l'enveloppe.

- Elle ne voulait pas te réveiller et tu jouais ta belle au bois dormant alors elle t'a écrit avant de partir. Bon c'est pas le tout mais nous devons être à l'aéroport dans moins d'une heure.

Lorsque je me levai, mon corps se chargea de me rappeler tous les événements de la veille. Emmett me laissa seul. Je pris les deux comprimés et ouvrit l'enveloppe.

Edward,

Va passer des examens complémentaires pour vérifier que

ton épaule va bien. Je ne suis pas médecin !!!

Merci.

L'hésitation qui apparaissait dans son écriture avant le dernier mot me renforça dans l'idée que la nuit dernière avait bien eu lieu.

Putain j'avais couché avec une inconnue sans nous protéger. C'était la première fois. Non pas que je couchais avec une inconnue, d'autant qu'une fois n'est pas coutume, je connaissais son prénom. Bella. Mais que je n'utilisais pas de préservatif.

A l'agence, nous avions le droit à un check-up complet par mois et je savais que j'étais clean. Enfin, sauf si mes dernières conquêtes ne l'étaient pas mais nous nous étions protégés. Et je n'avais aucun doute pour Bella. Mais quand même. Et puis il n'y avait pas que le problème IST.

Mon pote Garrett avait eu le même problème avec sa copine Kate. Neuf mois plus tard naissait Tanya. Ça avait bien fini pour eux mais là, je ne connaissais même pas son nom de famille.

Mon cerveau tournait à deux cent à l'heure.

Bon sang Edward, mais t'es malade de penser à cela ? Ça ne tourne pas rond dans ta petite tête ?

- Edward ! Ramène ton postérieur, petit branleur. On va rater l'avion.

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Lorsque nous fûmes confortablement installés dans un des jets de l'agence, je demandai à Emmett des explications.

Lorsque nous avions frappé l'eau, le pare brise avait résisté avant d'exploser. Emmett avait alors lui-même perdu connaissance. Quand il s'était réveillé, nous étions tous les trois sur la rive d'en face, loin des projecteurs et autres lampes torche qui balayaient la rive. C'était Bella qui nous avait trainé jusque là. D'après elle, l'adrénaline faisait des miracles. Mon frère m'avait alors chargé sur son dos et avait suivi Bella jusqu'à l'appartement où elle m'avait soigné. Emmett refusant d'aller à l'hôpital avant d'avoir appelé Carlisle pour savoir s'il connaissait quelqu'un pouvant prendre soin de moi sans poser de questions.

Bella était apparemment très gênée par la vue et l'odeur du sang mais m'avait soigné. Comment et pourquoi avait-elle du fil pour suturer dans sa pharmacie, Emmett n'en savait rien et il n'avait pas posé la question.

Au fond de moi, j'avais envie qu'il me parle de Bella et de savoir s'il savait comment nous pourrions la retrouver mais je m'abstins de lui demander. Visiblement il ne savait pas ce qui s'était passé cette nuit, sinon j'en aurais entendu parler tout le trajet.

Après tout, c'était une fille avec laquelle j'avais passé la nuit. Comme tant d'autres avant elle, et tant d'autres après elle. Du moins c'était ce que je me persuadais de croire.

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La vie normale avait repris son cours.

Enfin normale pour moi. J'avais pu reprendre des missions calmes trois semaines après ma blessure par balle. Carlisle avait été impressionné de la suture faite par Bella et cela cicatrisait très bien. D'après mon père, on n'y verrait plus rien dans peu de temps. Il s'était moqué de la marque faite par Bella – enfin ça il ne le savait pas – sur mon autre épaule.

J'avais repris mes conquêtes d'un soir mais à chaque fois, je revoyais ces grands yeux chocolat remplis de plaisir et de désir. J'avais même hurlé une ou deux fois son nom lorsque la jouissance me prenait, m'attirant les foudres de la fille qui partageait son lit avec moi pour un soir.

En fait, plus d'une dizaine de fois. J'éliminai alors systématiquement de mon choix les femmes aux cheveux bruns, puis les femmes aux yeux marron bien que je ne retrouvai jamais cette nuance chocolat.

Mais alors que je baisais sauvagement une rousse aux yeux bleus à l'arrière de sa voiture, ce fut une fois de plus Bella que je vis lors de ma délivrance. Je criai.

- NON, NON, NON.

Putain d'images.

La rousse prit cela comme un encouragement ou je ne sais quoi.

- Si, mon chéri. SI. OH OUI !

En colère contre moi, contre la rousse, contre la terre entière, je me dégageai brusquement, me rhabillai et quittai la voiture sans un mot, jetant le préservatif dans une poubelle qui traînait là. J'étais surtout en colère contre moi.

En rentrant chez moi, je fus pris de quelques remords. Je n'étais pas comme ça. Je collectionnais les filles d'un soir, d'accord. Mais je ne me comportais pas comme un beau salaud à l'instar de ce que j'avais fait ce soir.

Et même ce plaisir, celui de chasser de la viande fraiche tous les soirs, disparut.

Pitoyable, je ne m'adonnais plus qu'à des plaisirs solitaires en repensant à celle qui occupait pratiquement tout le temps mes pensées.

Il fallait que cela cesse. Et que je me reprenne. Bon sang, elle avait emmené mes couilles avec elle ou quoi !!!

1er Septembre. Un nouveau mois. Deux mois sans nouvelles. Comment aurions-nous pu échanger des nouvelles, je ne connaissais pas son nom et elle ne connaissait pas le mien. Elle m'avait sans doute oublié. A moi de faire de même.

Mais elle m'avait marqué. Bien que la trace de sa morsure sur mon épaule s'était effacée depuis longtemps, on aurait dit qu'elle avait été faite d'un acier en feu magique, me rappelant sans cesse le souvenir de son auteur et du moment où elle avait été faite.

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* Cette scène faisait partie du trip à l'origine de la fiction…