Chapitre 4 :

Le lendemain matin, en se réveillant, Allen ressentit une sensation étrange…C'était comme si sa vie et celle de ses amis ne tenait qu'à un fil et qu'il s'en rendait compte à peine maintenant. Un sentiment de peur l'envahit soudain. Une peur qu'il n'avait jamais ressentie jusqu'à maintenant. C'était simple et pourtant si étrange. Une énorme boule de stress commença à naitre au creux de son ventre. Tortueuse, lui donnant presque envie de vomir. Et pourtant, sa peine n'aller pas s'arrêter là : en jetant un coup d'œil dans le miroir il ne vit qu'une ombre au sourire machiavélique et malsain, la quatorzième, celui qui lui avait donné tant de doute lorsque devant le piano blanc de l'arche, il avait entendu sa voix, jouait la mélodie interdite et sauvait ses amis d'une mort certaine par la même occasion. C'est alors que la panique remplaça la simple peur et que dans un mouvement brutal il détruisit la glace devant lui de son poing devenu sanguinolent.

La peur, la détresse, la panique. Les trois sentiments qui entourèrent Allen Walker ce matin là et qui ne le lâcherait pas de sitôt.

Bien sur, tout ce vacarme alarma ses voisins, dont Lenalee qui se précipita vers sa chambre et qui, en toquant à la porte, demanda d'une voix inquiète :

« Allen ? Tout va bien ? Est-ce que je peux rentrer ? »

Le dit Allen, se précipita à l'entrée et balbutia :

« Euh…. Oui ne t'inquiète pas pour moi, j'ai…. Euh…. Comme un idiot j'ai glissé par terre et en voulant me rattraper je me suis cogné contre le miroir de ma chambre. Mais il n'y a rien de grave je t'assure. »

Malgré les explications de son ami, Lenalee ne fut pas convaincu et insista pour rentrer dans la chambre. Allen ne put lui refuser et quelques secondes après elle fut se tenait devant le concerné. Ce qu'elle vit la déconcerta : devant elle se tenait un jeune homme au sourire gêné, pâle comme un linge avec d'énormes cernes noires comme de l'encre sous ses yeux charmeurs et plein de volonté et, pour compléter le tout, un bras ensanglanté, parsemé d'éclats de verres. Elle ne put se retenir de se précipiter vers lui. Elle lui prit précautionneusement le bras pour ensuite lui dire à mi-voix :

« Mais que t'est-il arrivé ? »

Il n'osa pas répondre, surpris par le regard inquiet et triste de son amie. Délicatement elle posa sa main sur la joue du blessé, lentement comme pour ne pas l'effrayer, car elle aussi avait peur. Peur de le perdre à tout jamais comme elle avait cru le perdre, quelques mois auparavant. Peur de le voir disparaître. Peur qu'une partie de son monde s'effondre et la laisse à tout jamais dans le noir de la fatalité. Alors elle posa sa main sur sa joue et caressa lentement la douce surface de sa peau, comme pour se convaincre elle-même qu'il était bien là, réel et qu'elle ne le laisserait pas partir.

Leurs regards se croisèrent, comme le soir d'avant, et elle se surprit à découvrir dans ses yeux une peur immense, le besoin d'être épaulé.

Puis se rendant enfin compte de la situation gênante dans laquelle ils étaient, elle baissa brutalement le regard en rougissant et dit, d'un ton qu'elle voulu autoritaire :

« Regarde dans l'état où tu ais ! Assieds toi sur ton lit je vais essayer de te soigner ton bras, aujourd'hui l'infirmière et de congé. »

Mais sa voix était douce, presque maternelle.

Allen, lui fit un sourire rassurant, qui l'a fit de nouveau rougir. La présence de Lenalee avait apaisé la boule de stress qui lui torturait le ventre. Elle avait été remplacée par une douce chaleur, même si la menace persistait encore dans son esprit.

Il s'assit sur son lit pendant que Lenalee cherchait des bandages. Elle revint quelques secondes après et se plaça accroupie devant lui. Avec des gestes timides et hésitants, elle entreprit à enlever les morceaux de verres incrustés dans sa peau, à désinfecter son bras meurtri, puis à l'entourer de bandages du mieux qu'elle pouvait.

« Voila, c'est fait. Maintenant il manque plus qu'à nettoyer les dégâts dans la salle de … »

Elle ne put terminer sa phrase que deux bras forts l'entouraient. Elle se senti soudain extrêmement bien. Au creux de la chaleur du corps d'Allen, un sentiment de bien être éclaira son cœur. Elle se laissa aller dans cette courte étreinte.

« Merci »

C'est tout ce qu'il dit avant de la relâcher, tout doucement, avec tendresse, et même si, gêné, il ne lui adressa aucun regard en partant d'un pas rapide vers la salle de bain, elle put distinguer quelques rougeurs au niveau de ses joues.

Le reste de la matinée servit à nettoyer de fond en comble, le désordre de la salle de bain. Après avoir fait des pieds et des mains pour enlever un à un les bout de verres, puis nettoyer le sang sur le sol, Allen raccompagna la jeune fille dans le couloir.

« On voit pour le déjeuner, dit-il timidement. »

« Oui à toute à l'heure, répondit-elle. »

En se retournant et en marchant à pas rapide dans le couloir, elle sentit derrière elle, le regard brulant du jeune exorciste qui réchauffa tout son être. Elle rougit une énième fois et décida de sortir dehors, prendre un peu l'air. Equipé d'une grande écharpe rose pâle et d'un bon blouson, elle sortit hors de sa chambre. Elle croisa en chemin Miranda qui lui proposa de l'accompagner dans le froid hivernal du 15 décembre. Lenalee, heureuse de ne pas se retrouver seule, accepta l'offre avec un grand sourire. Elles partirent donc toutes les deux en direction de la ville. Mais le silence s'installa rapidement entre les deux amies. Lenalee était plongé dans ses pensées et ne se rendit pas compte de son mutisme.

« Euh….. Lenalee-chan ? demanda timidement Miranda. »

Lenalee sursauta.

« Oui ? Qui y a-t-il ? »

« J'ai l'impression que quelque chose te tracasse ? Enfin, je ne voudrais pas être indiscrète, si tu ne veux pas me le dire tu n'es pas obligé et puis je ne devrais même pas te poser ce genre de question ! S'affola la jeune exorciste. »

« Ne t'inquiète….. »

« Oh mon dieu, la coupa Miranda, Je suis impardonnable ! »

Lenalee décida de prendre les choses en mains, avant que dans un excès de non-confiance en soi, Miranda ne fasse, comme d'habitude, une grosse bêtise.

« Je voudrais me confier à toi sur un sujet très important. »

Dés ce moment là, Miranda arrêta soudain son monologue et redevint la femme attendrissante que Lenalee apprécier tant.

« Dis moi tout, je t'écoute. »

Elles s'assirent sur un banc. Autour d'elles les flocons commencèrent à tomber. C'est là que Lenalee raconta tous ses doutes.

« Je…….. C'est tellement difficile à exprimer. Ce sentiment, qui tout au fond de moi, grandit, m'enveloppe, me rend heureuse. C'est tellement simple et tellement irréel. »

Elle marqua une pause, incertaine de vouloir tout révéler à Miranda. Puis en croisant son regard, elle sut qu'elle pouvait lui faire totalement confiance.

« Quand Allen est arrivé à la congrégation, je n'ai jamais pensé que je pourrais ressentir ça. Cette tendresse, ce bonheur. Et quand il a failli mourir, je me suis rendu compte de la place qu'il avait pris dans ma vie. Pourtant je ne comprends pas ce sentiment, cette peur intense de le perdre à nouveau, qui m'empêche même de dormir. Ce désir de rester avec lui pour l'éternité. Qu'est ce que c'est que ce sentiment ? »

Miranda la regarda alors d'une façon attendrissant et lui répondit d'une fois très douce :

« Mais c'est de l'amour Lenalee. »

Alors le cœur de Lenalee s'emballa, et le rose lui monta au joue. Elle comprit, elle était, incontestablement et irrévocablement amoureuse de Allen. Cette pensée la remplit de bonheur. Elle avait envie de le crier sur les toits. Mais l'instant d'après son cœur fut remplit de doute. Y avait-il de la place pour l'amour dans cette guerre ? Et plus important encore, est ce que lui aussi l'aimait ?

Elle se leva d'un bon et courut vers la congrégation, sa maison, animé d'une volonté étrange. Elle voulait le voir, elle voulait lui sourire, elle voulait l'aimer.

Miranda, étonnée de cette soudaine réaction voulut la poursuivre, mais sa fidèle malchance la hantait : elle tomba sur le sol enneigé. Qu'arrivait-il donc à son amie ?

Allen ne pouvait plus reculer. Il allait d'un pas décidé vers le bureau du superviseur, Komui Lee. Il fallait qu'il lui révèle cette apparition qui le poursuivait. Il fallait qu'il lui dise, pour la sécurité de son entourage.

C'est ainsi quand arrivant devant le « bureau » du fameux superviseur, qu'il se confronta à la fatalité. Il était l'hôte de cette ombre menaçante. Il était lui-même une menace.

Il raconta en détail les événements auxquels il avait été confronté à Komui, qui l'écoutait, d'une oreille inquiète. Puis à la fin de son récit il fallut prendre une décision.

« Je vais en parler à Cross. En attendant, tu vas être placé en quarantaine dans le département des recherches scientifiques. Je ferai tout pour régler ton problème Allen, fait moi confiance. »

« En quarantaine ? »

« Oui…, si, enfin tu comprends, si tu ne pouvais pas contrôler cette chose… »

« Je comprends, merci. Je vais prendre quelques affaires dans ma chambre et j'irai me mettre à la disposition des scientifiques. »

Il rentra dans sa chambre avec un gout amer dans la bouche. La sensation de perdre espoir. Il espéra qu'on réglerait vite son problème et qu'il pourrait retrouver tout le monde.

Une évidence lui vint à l'esprit : Lenalee lui manquerait, elle lui manquerait affreusement. Parce qu'il l'aimait. Depuis le tout début, depuis qu'elle lui avait sourit pour la première fois.

En préparant de maigre affaire il ne sentit pas les larmes coulés sur ses joues. Cette ombre, c'était le quatorzième et il allait dévorer son âme. Il allait le détruire puis s'attaquer à ses amis.

C'est à ce moment là que Lenalee entra dans sa chambre, essoufflée, apeurée. En le voyant, elle courut se réfugier dans ses bras. La timidité c'était envolé sous un masque de souffrance. Elle murmura :

« Ne pars pas… »

Les larmes commencèrent à couler le long de ses joues. Il les essuya.

« Ne pleure pas, ne t'inquiète pas. Ce n'est rien tu sais. Ils vont régler se problème et je reviendrai dans quelques jours. »

Il lui fit un sourire qu'il voulait convainquant.

« Menteur, lui répondit-elle. Komui m'a tout dit… Pourquoi ne m'en as-tu pas parler ? Tu n'as pas confiance en moi ? »

Ses larmes coulèrent de plus belle. Il posa ses mains sur ses joues, déclenchant des frissons dans le corps de la jeune fille. Une à une, les larmes s'arrêtèrent sur les doigts fins d'Allen. Ils se regardèrent droit dans les yeux, se rapprochant irrévocablement.

« Je te promets, que je reviendrai, dit il tendrement. »

Elle ne put s'empêcher de croire en ces paroles. Alors dans un souffle elle lui répondit :

« Je t'aime »

Ils fermèrent les yeux, leurs souffles se mêlèrent.

Un instant, juste un instant de bonheur avant le gouffre noir. Un instant, juste un instant où leurs lèvres se frôlèrent pour la première fois et surement pour la dernière.

Et me voici de retour après une longue absence (DESOLE !!!!) Avec un petit chapitre quatre. Dites moi se que vous en pensez et ne m'en voulais pas trop… J'espère qu'il vous a plu !