Heeey !

Je poste directement le chapitre 3, parce que voilà ! ^^ J'espère qu'il vous plaira !

Vlad : je vois tout à fait ce que tu veux dire au sujet de Mina et je dois t'avouer que j'ai pas mal hésité à lui mettre cette "image" de meilleure amie survoltée. ^^ Mais je ne la voyais pas vraiment autrement alors bon ahah j'espère que tu ne la détesteras pas trop ! Bonne lecture pour la suite ! :)

Laissez-moi des petites revieeeews ! Ce n'est pas grand chose, pas long à écrire, et ça me permet d'avoir des avis sur ma ff et de m'améliorer pour pondre des chapitres plus corrects !


Chapitre 3 : Draco dormiens nunquam titillandus

Septembre 1976

Courant aussi vite que mes jambes me le permettaient, je bousculai quelques premiers et deuxièmes années dont les camarades s'écrasèrent aussitôt contre les murs du château, me faisant par la même occasion une haie d'honneur. Criant des excuses avec le peu d'air encore dans mes poumons, je bifurquai au fond du couloir et grimpai rapidement les quatre étages me séparant de ma destination, à savoir la bibliothèque. J'y passais environ les trois quarts de mon temps libre depuis les quatre semaines qui me séparaient de la rentrée. La bibliothèque, c'était mon lieu de prédilection, en quelque sorte. Une ambiance calme et sereine y régnait en permanence, et l'odeur des livres qui embaumait l'immense pièce me gonflait toujours le cœur d'une certaine joie lorsque j'y mettais les pieds.

Une fois arrivée, je saluai la bibliothécaire d'un bref signe de la tête, ignorant son air aigri de vieille chouette, et me dirigeai aussitôt vers le fin de la bibliothèque, à la recherche de Mina. Je ne mis que quelques minutes à la trouver, assise au bout d'une table où se trouvaient également deux Serpentard. Plusieurs livres épais étaient ouverts devant elle, et la plongeaient manifestement dans une profonde perplexité.

Je m'assis à ses côtés, déposant Frères de Sang : ma Vie chez les Vampires sur la pile déjà conséquente des bouquins ouverts sur la table. Elle me jeta un coup d'œil interrogateur.

-T'as acheté ce truc quand ?

-Cet été, pourquoi ?, répliquais-je, étonnée par la question.

Elle leva les yeux au ciel et entreprit de refermer tous les ouvrages.

-Bon, maintenant que t'es là, on va pouvoir s'y mettre. J'ai trouvé quelques renseignements sur Carmilla Sanguina, très sanglants et sympas. Tu savais qu'elle se baignait dans le sang de ses victimes pour garder sa beauté ?

-C'est original, grimaçais-je, imaginant parfaitement la scène dans mon esprit.

Je n'étais pas trouillarde au point d'avoir une sainte horreur du sang, mais le fait que certaines personnes en torturent d'autres et se servent de leur sang à des fins personnelles et peu recommandées me répugnait. Je ne comprenais pas cette adoration que certains portaient au sang, et ce, dans tous les sens du terme.

-Je pense que nous pourrions parler du Comte Vlad Dracula, non ?, ajoutais-je. Il est né en 1390 et est manifestement toujours en vie. C'est plutôt remarquable pour une… créature comme lui, qu'il ne se soit pas fait tuer. En plus, on pourrait embrayer sur son fils Vlad l'Empaleur et ainsi parler de la reproduction chez les vampires…

-Vous devriez également parler d'Herbert Varney. Il était particulièrement… sanglant.

Je tournai vivement la tête, de même que Mina, en direction de celui qui venait de parler, et mes yeux rencontrèrent deux perles grises et glacées.

-Greengrass, salua-t-il alors d'un ton courtois, avec un sourire placide qui disparut aussi rapidement qu'il était apparu.

-Yaxley, répliquais-je, tentant vainement de prendre le même ton.

Mais moi, je n'étais pas douée pour prendre une certaine hauteur par rapport aux autres, leur témoigner de la froideur, et ne le serai sans doute jamais.

Je connaissais Yaxley depuis quelques années déjà, l'ayant croisé à plusieurs reprises lors des mondanités Sang-Pur auxquelles ma mère me trainait toujours. Je ne le détestais pas, mais je ne l'appréciais pas non plus. Il vivait sa vie et je vivais la mienne et le tout s'arrêtait à quelques rares salutations lorsque cela se révélait inévitable. Il faisait partie du décor de ma vie auquel je ne prêtais aucune attention, et j'occupais sans le moindre doute la même place dans son existence. Mais nous appartenions au même monde et cela, malgré moi, tissait un certain lien entre nous, comme avec tous les autres.

Il lança un regard dédaigneux sur Mina avant de reprendre :

-Comme je le disais, vous devriez parler de Varney. Il possède un tableau de chasse très long et intéressant…

Le ton sur lequel il avait prononcé les derniers mots me fit frissonner et ce, malgré l'épais pull aux couleurs de ma maison que j'avais revêtu.

-C'est répugnant, rétorqua Mina, le front plissé en une mine de dégoût profond. Comment est-ce qu…

Un long « chut » glacial retentit derrière nous, et chacun se préoccupa soudain de ses affaires, le temps que la bibliothécaire ne fasse demi-tour.

-Tu disais ?, demanda poliment Yaxley à Mina, le visage plus froid et hautain que jamais.

-Je me demandais comment certaines personnes peuvent aduler le sang au point de commettre des meurtres, chuchota-t-elle avec force, avec un regard peu amène pour le Serpentard.

Le, ou plutôt les Serpentard. Celui qui siégeait aux côtés de Yaxley ne me disait rien. Il possédait des cheveux bruns parfaitement coiffés et des yeux noirs impassibles qui se posaient tour à tour sur ceux qui prenaient la parole. Sa peau pâle lui donnait presque un air de ressemblance avec Binns, si ce n'est que lui avait un cœur qui bat. Il se tenait droit, avec une certaine majesté, et faisait tournoyer sa plume entre ses longs doigts avec une lenteur qui semblait parfaitement calculée.

-… problème avec ça ?

Ramenant mon attention sur Mina et Yaxley, je vis ce dernier observer ma meilleure amie avec une curiosité non feinte et un certain air perplexe qu'il tentait, manifestement, tant bien que mal de cacher.

Mina haussa les épaules.

-C'est absolument barbare.

-Mais, intervins-je et trois paires d'yeux se posèrent brusquement sur ma personne me faisant rougir malgré moi. Les vampires n'adulent pas vraiment le sang. Ils le font couler parce qu'ils en ont besoin pour vivre…

-Le fait qu'ils aient besoin de sang pour vivre ne justifie pas le fait qu'ils se servent de ce besoin pour commettre des atrocités, me coupa Mina.

Et elle n'avait pas vraiment tort. Rien ne justifier vraiment le mal que certains infligeaient à d'autres.

-Oui, mais, si le mal est injustifiable, qu'est-ce qui justifie le bien ?, répliqua Yaxley en se penchant vers nous, un sourire cruel sur les lèvres.

Inconsciemment, il venait de dire tout haut ce que je n'étais pas fière de penser tout bas.

-Le bien est naturel, répondit cependant Mina sans se laisser démonter, alors que le mal non.

Alors que Yaxley s'apprêtait à parler, la bouche à moitié ouverte, deux mains s'abattirent brusquement sur la table, claquant avec force, et me faisant violement sursauter. La main sur la poitrine, à travers laquelle je sentais mon cœur battre la chamade, je pivotai vers la bibliothécaire manifestement énervée.

-Vous quatre !, hurla Mrs Pince avec rage, les yeux écarquillés. DEHORS ! C'est une BIBLIOTHÈQUE ici, pas un salon de thé ! DEHORS ! MAINTENANT !

Me confondant en excuses auprès de la bibliothécaire qui se contenta de me lancer un regard meurtrier, je rassemblai rapidement mes affaires, les mélangeant avec celle de Mina et froissant au passage quelques parchemins. Quiconque irrite Mrs Pince à intérêt à fuir rapidement. Quelques minutes plus tard, je me retrouvais avec ma meilleure amie et les deux Serpentard à l'entrée de la bibliothèque, dans le couloir froid et vide du quatrième étage. Ma meilleure amie à mes côtés, je partais en direction de notre salle commune, quand Yaxley me rappela, me forçant à revenir sur mes pas pour lui faire face.

-Il faut qu'on parle, Greengrass, lâcha-t-il avec un air étrangement sérieux.

J'haussai un sourcil, ne voyant pas où il voulait en venir, et il soupira, reprenant son air hautain.

-Ne prend pas cette air ahuri, Greengrass, ça ne te va pas. Ecoute, je ne suis pas contre le fait que nous soyons vu ensemble, à discuter de je-ne-sais-quoi, mais nous ne nous afficherons pas ensemble à Poudlard, d'accord ? Attendons d'avoir quitté l'école pour faire cela.

-Hein ?

La réponse de Mina, qui se tenait dans mon dos, résumait parfaitement tout ce qui pouvait me passer par la tête. De quoi parlait-il, par Merlin ?

-Qu'est-ce que tu baratines, Yaxley ?, lâcha-t-elle d'un ton mauvais.

Il ne lui accorda pas un regard.

-Ce que je veux dire, c'est que ce n'est pas une raison pour t'afficher avec quelqu'un d'autre, c'est clair ?

Manifestement, il savait parfaitement de quoi il parlait et penser sans doute que moi aussi. Ce qui n'était absolument pas le cas.

-De quoi tu parles ?, m'enquis-je enfin, en accord avec mes pensées.

Il prit un air surprit qui aurait presque pu paraître faux tant il se jouait de ce qu'il montrait en permanence. A sa droite, son camarade de Serpentard ne bougeait pas le moins du monde, observant la scène avec un regard froid et imperturbable.

-Ne me dis pas que tu es sérieuse, Greengrass ?

Le claquement de pied courroucé de Mina contre les dalles du sol froid se fit entendre.

-Ta mère ne t'as donc rien dit ?, demanda-t-il avec un étonnement non feint, prenant le bruit de mon amie pour réponse.

-Je pense que tu as déjà pu observer ma mère, Yaxley, répliquais-je avec toute la patience dont j'étais capable et qui définissait si bien ma maison. Elle est aussi bavarde qu'une pierre tombale.

-Tout de même, tu es la première concernée…

-Accouche, tu veux ?

Il lança un regard à son ami qui haussa les épaules avec une désinvolture qui commençait à me taper sur les nerfs. Ne pouvait-il pas cesser d'être aussi impassible qu'un mur ?

-Tu ne lis même pas La Gazette ?

Je fronçais les sourcils, de plus en plus intriguée. Qu'est-ce qui pouvait donc me concerner, concerner Yaxley, et être suffisamment important pour passer dans le quotidien des sorciers de Grande-Bretagne ? Je n'étais qu'une pauvre Poufsouffle effacée, après tout, je ne recevais aucune grande intention et n'en voulais même pas.

-Et le Poudlardien ?

-Mais…

Il soupira, de ce soupire si caractéristique de ceux qui le font dans l'unique but de vous couper la parole pour en placer une et rajouter une touche de drame à ce qu'ils s'apprêtent à dire. Et l'effet était réussi puisqu'il avait à présent toute mon attention ainsi que celle de Mina, qui avait même cessé de taper du pied.

-Nos parents nous ont fiancés, Greengrass.

Quoi ?

Non.

Impossible.

Ma mère ne pouvait pas avoir fait ça, c'était impossible. Sans m'en parler ? Elle n'était certes guère expansive et bavarde, mais elle m'aurait tout de même envoyé une lettre, écrit quelque chose, pour me prévenir. Je ne m'attendais pas à ce qu'elle demande mon avis, mais elle aurait forcément fait en sorte que je sois au courant. J'étais la première concernée après tout !

Et pourtant, le visage de Yaxley était terriblement sérieux, et sa voix sonnait horriblement vrai. C'était le monde qui s'écroulait. Je savais depuis toujours que cela me pendait au nez depuis ma naissance, mais jamais je n'aurais pu penser que cela arriverait si tôt.

-Vous êtes cousins à quel degré ?, railla Mina qui se tenait à présent juste à côté de moi.

-La ferme, North !, répliqua Yaxley d'une voix sourde, oubliant soudain la tenue qu'il s'obligeait à conserver en permanence.

Le problème, ce n'était pas la consanguinité. Enfin, pas que. Le problème, avec les mariages arrangés, c'était le manque total d'amour dans ces unions, la domination de l'homme qui croyait avec force de conviction que tout lui appartenait, sa femme comprise. Le problème, c'était que les fiancés étaient toujours considérés comme des objets, dont l'unique utilité était d'assouvir les besoins matériels de leurs géniteurs. Le « cercle Sang-Pur », c'était une usine d'or où chacun faisait ses affaires, ni plus, ni moins. Il n'y avait pas de place pour les sentiments.

-Évite donc de te laisser aller à des déboires de toutes sortes, hum. Tu ternirais l'image de ta mère et la mienne par la même occasion. Sans oublier la tienne.

-Merci de penser à moi, répliquais-je d'une voix acide que je ne me connaissais pas.

-Et toi, tu peux t'envoyer en l'air avec tout Poudlard, c'est ça ?, ricana Mina.

Il ne répondit pas, se contentant de me lancer un bref regard d'avertissement avant de tourner les talons, son camarade à ses côtés. Le silence accueillit leur départ.

-Ta mère, c'est vraiment la pire des garces !, lâcha ma meilleure amie avec un sifflement de dégoût, brisant le silence qui avait suivi le départ des deux Serpentard.

Je lui lançai un regard noir et elle haussa les épaules. Le chemin jusque notre salle commune se fit dans un silence de mort, uniquement rompu par les caquètements de Peeves qui apparaissait parfois au détour d'un couloir. Mais je n'y prêtais pas d'attention. J'étais focalisée sur ce qu'il venait de ce passer et aurait été incapable de réagir face au moindre de danger. Ces fiançailles, c'étaient la dernière et l'ultime barrière que ma mère dressait entre nous. Elle n'aurait pas pu faire pire. Si elle voulait que je déteste ce monde auquel j'appartenais malgré moi, elle avait réussi, et avec brio. L'aspect parfait et lisse des Sang-Pur m'avait toujours fait rêver lorsque j'étais petite, mais, plus j'avais grandi et plus j'avais pris conscience de tous les faux raccords et des coquilles qui constituaient cet univers en apparence si irréprochable et admirable, et pourtant constitué uniquement de faux semblants et d'aspect trompeurs.

-Qu'est-ce que tu comptes faire ?, lâcha Mina du bout des lèvres alors que nous arrivions devant notre salle commune.

J'haussai les épaules, impuissante.

-Que veux-tu que je fasse ?, marmonnais-je pour toute réponse.

-Je sais pas, moi !, s'exclama-t-elle en faisant de grands gestes vers le plafond. Tu pourrais te rebeller, donner ton avis ! Barre-toi de chez toi ! Fais quelque chose ! Tu ne vas tout de même pas laisser ta mère décider de toute ta vie !

-Et quoi ?, répliquais-je d'une voix aigüe. Je suis supposée faire quoi ? Me barrer comme Black ? Je ne suis pas une Gryffondor, moi ! Désolée de ne pas être courageuse !

Non, définitivement, je n'étais pas une Gryffondor. Je préférais sans aucun doute que l'on décide de toute ma vie entière plutôt que de me soulever contre ma mère. C'était lâche, terriblement lâche, mais au fond je ne voulais juste pas me dire que, si tout s'émiettait et que ma vie m'échappait, c'était uniquement de ma faute. Je n'avais jamais voulu prendre de grandes décisions dans ma vie, ou faire quoi que ce soit, pour la simple – et bonne ? – raison que je ne voulais pas être responsable de ce qui pouvait en découler. Je préférais mille fois remettre mon existence entre les mains de ma mère que la garder entre les miennes, et regretter ce que je pourrai en faire.

-Tu pourrais venir chez moi ! Black est bien parti chez Potter, lui. En plus, maman t'adore ! Elle serait ravie de t'avoir à la maison !

-Je ne peux pas, Mina, OK ? Je… je peux juste pas partir comme ça ! C'est peut-être la pire des garces mais… si je m'en vais, elle n'aura plus personne…

Elle secoua la tête de gauche à droite, ne comprenant manifestement pas où je voulais en venir. Elle me poussa par les épaules à l'intérieur du passage que venaient de libérer les tonneaux et, abattue, je me laissai faire. La salle commune était presque vide, la plupart des élèves étant au parc afin de profiter du dernier week-end de septembre à l'extérieur. Je déposai mes affaires sur la petite table de bois, devant l'immense cheminée surplombée par le portrait d'Helga Poufsouffle, et m'affalai sur le canapé, Mina à mes côtés.

-On terminera demain, lança-t-elle en désignant l'épais livre sur les vampires qu'elle n'avait pas réussi à ranger dans son sac.

J'acquiesçai et ramenai mes jambes contre ma poitrine tout en posant ma tête lourde sur l'épaule de Mina.

-C'est moche, ajouta-t-elle.

Elle ne parlait pas de notre devoir de Défense Contre les Forces du Mal sur les vampires à travers les siècles.

-Ouais.

Elle s'agita quelques secondes et un bruit de papiers froissés se fit entendre. Une minute plus tard, elle agitait le Poudlardien devant mon nez. Sur la première page, en gros plan, une photo de Potter et Black bougeait, surplombant le titre « Les nouveaux héros de Poudlard ? ». Surprise, je relevai la tête vers Mina.

-Ils ont encore fait une crasse à Rusard, soupira-t-elle. Mais pas ça ; ça.

De l'index, elle tapota le haut du journal où une écriture en lettres capitales indiquaient : « FIANÇAILLES DE C. YAXLEY ET A. GREENGRASS : COUP DE BLUF OU COUP DE FOUDRE ? Toutes les infos page 3 ».

-Tu veux que je te fasse la lecture ?, ricana Mina.

-C'est bon, grognais-je en lui arrachant le journal des mains.

Je le roulai en boule et l'envoyai dans les flammes hautes de la cheminée. Nous observâmes durant de longues minutes le feu consumer totalement le journal, en silence.

-Graham est venu me parler tout à l'heure, marmonnais-je alors.

Je sentis Mina se raidir contre moi mais elle garda le silence, ce qui, la connaissant, devait lui coûter.

-Il m'a dit qu'il ne sacrifierait pas son bonheur pour notre amitié.

-Mais il est prêt à sacrifier notre amitié pour son bonheur ?, railla mon amie, désabusée.

Je secouai la tête, fatiguée. Depuis l'incident de la salle commune où nous avions découvert Graham embrassait à pleine bouche la sœur de Rhéa, Mina ne le supportait plus. Elle refusait catégoriquement de lui adressait la parole et acceptait de manger avec lui que s'ils ne parlaient pas. Ce qui, de mon point de vue, était totalement ridicule.

-Pourquoi tu es aussi… susceptible, cette année ?, répliquais-je, ne m'attendant pas vraiment à une réponse.

Cette fois-ci, je la sentis prendre une grande inspiration, mais uniquement le silence me répondit. Pendant quelques minutes, seul le crépitement des flammes parvint jusqu'à mes oreilles, me berçant d'une douce mélodie.

-Je ne sais pas, finit-elle par lâcher du bout des lèvres, d'une voix sérieuse que je ne lui connaissais guère. Mais cette année… tout est différent. Tout est devenu beaucoup plus sombre. N'importe qui pourrait appartenir aux tarés qui servent Tu-Sais-Qui.

-Tu ne fais pas confiance à Graham ? C'est notre meilleur ami, Mina. Lui et All sont nos meilleurs amis. Tu ne peux pas leur tourner le dos de la sorte sous prétexte que Tu-Sais-Qui est de plus en plus puissant. Ça n'a rien à voir.

Elle sembla réfléchir quelques instants.

-Est-ce que tu pourrais les trahir ? Nous trahir, tous les trois ?, finit-elle par demander.

-Non, assurais-je immédiatement d'une voix forte. Jamais.

Elle hocha la tête et passa un bras derrière mes épaules.

-Tant mieux, moi non plus.

Évidement que je ne pouvais pas les trahir. C'était mes amis, mes meilleurs amis. J'aurais préféré mourir que de les trahir. Je les considérais même comme ma famille. Nous ne nous connaissions certes pas depuis notre naissance, mais depuis notre arrivée à Poudlard, mais ça n'avait aucune importance. Les liens que nous avions liés étaient si forts qu'ils semblaient exister depuis toujours. Seulement, et ça n'aurait pas dû, l'hésitation de Mina me faisait douter. Ressentaient-ils la même chose à notre égard ? Je ne m'étais jamais posé la question, persuadée que je n'avais pas à le faire. Après tout, pourquoi l'aurais-je fait ? Ils étaient mes meilleurs amis, je leur faisais confiance, point, à la ligne.

Plusieurs Poufsouffle se levèrent, ou bien sortirent de leur dortoirs, indiquant qu'il était l'heure du dîner.

-On devrait y aller, marmonna Mina en se redressant légèrement. J'ai faim.

-Tu as toujours faim, ris-je doucement en faisant de même. On retrouvera les garçons dans la Grande Salle.

Elle grimaça mais ne fit aucun commentaire.

Je ne savais pas d'où lui venait cette étrange suspicion envers tout le monde, elle qui, habituellement, était toujours gentille et adorait tout le monde. Cette méfiance qui grandissait en elle ne valait rien de bon, pour qui que ce soit.

-Au fait, lançais-je pour lui changer les idées. Je me demandais, c'était qui le Serpentard avec Yaxley, à la bibliothèque ? Je veux dire, tu sais qui c'est ?

Elle me lança un regard surpris en enjambant le passage secret qui masquait notre salle commune.

-C'est un Sang-Pur, répondit-elle comme une évidence. Très mignon, d'ailleurs. Tu devrais le connaitre, non ? Enfin, de nom, au moins…

Je secouai négativement la tête, attendant une explication. Si son visage ne m'avait rien dit, je ne connaissais certainement pas son identité.

-C'est Rosier. Evan Rosier.