Info' du chapitre :
- Rating : T.
- Correction : Moi-même. N'ayant pas de nouvelles de ma correctrice (et je ne lui en veux pas ^^), je m'en suis occupée. J'espère que les fautes (car il en reste sûrement) ne seront pas trop dérangeantes pour votre lecture. Veuillez m'excuser pour cela !
Note de l'auteur (car j'aime ça) : Voici, rien que pour vous, le prochain chapitre qui débarque !
Vous ne rêvez pas... Il est là, et sa longueur est impressionnante. Je m'excuse pour l'absence (beaucoup de changements ont perturbé mon quotidien) et j'ai eu de gros doutes pour la suite. j'ai fini par m'écouter et prolonger l'aventure. Cette fic devait, initialement, faire quatre chapitres... eh bien on les dépasse !
Je me suis laissée emportée par mon entrain... Et j'ai pris le temps d'être très précise avec toute notre joyeuse bande !
J'espère que vous apprécierez me lire et que vous vous laisserez porter, comme je l'ai fait en l'écrivant !
On termine avec, pas des moindres... Les remerciements !
Merci infiniment à tous ceux qui lisent et me laissent des reviews sur cette histoire. Merci à tous ceux qui m'ajoutent à leurs favoris. Merci à ceux qui ont mis des alertes pour me suivre. Et, merci à ces anonymes qui me lisent (je vois les stat') !
J'ai pris goût à l'écriture et j'aime vous proposer mes écrits ! Je ne m'en lasse pas !
Mais j'avoue que, votre soutien est un gros plus. Alors, MERCI ! Vous êtes merveilleux ! :D
Sur ce,
Bonne Lecture à vous ! ;)
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Chapitre 4 :
Désillusions
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Dimanche 2 Septembre,
Londres, dans un appartement, 12h27
Le dimanche était un jour béni pour toute la population sorcière et moldue, toute confondue. C'était le seul jour où l'on pouvait se permettre de traînasser au fond de son lit, sans obligation professionnelle.
En avisant d'un œil l'heure sur son réveil, Ron sut que la journée était déjà entamée. Il grogna tel un animal et enfouit son visage dans son coussin. Malgré le soleil bien haut qu'il devinait à travers ses rideaux, il n'arrivait pas à amorcer un mouvement pour sortir de ses draps. Il se sentait mal. Nauséeux. Vide.
On aurait pu croire qu'il subissait les effets pervers d'une bonne cuite. Il aurait préféré. Au lieu de ça, son corps portait les contre-coups d'une soirée au final cauchemardesque.
Blaise. Le restaurant. Les sourires. Leurs mains liées. Le bonheur. L'amour.
Et...
L'apparition du journal. La désillusion. La trahison. La colère. La tristesse.
Tout lui revenait par vagues. Des larmes tentaient de s'échapper de ses yeux. D'un geste rageur, il les essuya. Blaise l'avait trahis et s'était joué de lui. Il ne méritait pas qu'il pleure pour lui.
Rapidement, il rejeta les draps, se moquant de défaire tout son lit au passage, et se dirigea dans le salon pour prendre le téléphone, posé à côté du canapé. Il composa le numéro d'Hermione, adepte elle-aussi de cet appareil ultra-rapide. Deux sonneries retentirent avant qu'une voix masculine lui réponde.
- Allô !
- Salut Viktor ! C'est Ron ! Est-ce qu'Hermione est là ?
- Bien sûrrrr ! Elle est dans la cuisine. Je vais te la cherrrrcher !
Il entendit des pas, quelques murmures et bientôt la voix enjouée de son amie lui parvint.
- Salut Ron ! Comment vas-tu ? Laisse-moi deviner, tu seras en retard pour le déjeuner. On a eu du mal à sortir de son lit petite marmotte... lui dit-elle, un brin moqueuse.
- Pas tout à fait. Je suis effectivement levé depuis peu. Mais je ne viendrais pas manger Hermione... Je ne suis pas dans mon assiette.
- Oh ! Que t'arrive-t-il ? Malade ? demanda son amie.
Ron grimaça. Il ne voulait pas lui mentir, mais d'un autre côté, il savait qu'elle ne se contenterait pas d'une réponse trop vague et le questionnerait encore et encore, jusqu'à ce qu'il craque.
- Hier soir, ma soirée s'est très mal finie... Je préfère donc rester seul. Je ne vous serai pas d'une très bonne compagnie.
Hermione laissa quelques secondes passer, espérant que son meilleur ami en dirait plus. Elle était au courant que la veille, Blaise avait invité Ron à dîner. Il le lui en avait parlé plus tôt dans la semaine, avec ce magnifique sourire plaqué sur le visage. Apparemment, il y avait eu un problème mais elle ne comprenait pas lequel. Tout se passait si bien entre eux. Enfin, elle l'avait supposé. Elle finit par répondre lentement :
- Je reste convaincue qu'être entouré serait une meilleure idée, plutôt que de broyer du noir dans ton appartement.
- Je te remercie, mais je ne veux pas. Tu t'excuseras auprès des autres. Je suis désolé ! Je t'embrasse Hermi' !
Il ne lui laissa pas le temps d'ajouter quelque chose et raccrocha. Il alla se doucher, pour se remettre les idées en place. Quand il en sortit, il avait toujours l'impression d'être dans le brouillard. Pour s'occuper l'esprit, il s'occupa de différentes tâches ménagères, sa chambre, la salle de bain, la cuisine... Toutes les pièces y passèrent. Il s'attaqua même à ses placards, pour faire du tri dans ses vêtements. À la fin, un tas au sol assez important encombrait sa chambre. Il les mit de côté dans des cartons, en attendant de les déposer dans une des boutiques du Chemin de Traverse qui récupérait les textiles dont on ne voulait plus. Inévitablement arriva le moment où tout fût terminé. Il retourna prendre une douche, tous ses efforts l'avaient fait transpiré. Il troqua ses vêtements contre d'autres, plus décontractés, un pantalon noir un peu ample et un tee shirt de la même couleur.
Il se laissa tomber dans son canapé, les yeux fixés au plafond. Il aurait dû se préparer un bon repas car il n'avait rien mangé de la journée, mais n'en avait plus la force. Il n'était même pas sûr que son estomac accepterait quoi que ce soit.
Il songea à son journal qu'il avait envoyé avec rage sur son bureau la veille, il avait volontairement évité de s'en approcher. Il aurait voulu sortir tout ce qu'il contenait au fond de lui, les écrire, maintenant qu'il l'avait de nouveau retrouvé. Il n'en fit rien. Ce journal n'était plus sien.
Quelqu'un avait découvert son havre de paix. On avait lu ses pensées, ses moindres peurs, ses envies, ses rêves, son amour secret. Pire que tout, c'était l'homme dont il était amoureux qui lui avait fait ça. Ron se sentait souillé de l'intérieur. Blaise s'était joué de lui depuis toutes ces semaines. Il l'avait fait rêvé avec ces nombreuses attentions, lui donnant de l'importance, le faisant se sentir unique. Il lui avait même avoué des sentiments.
Il prit un coussin et hurla dedans. Ce n'était qu'un jeu pour l'ancien serpentard. Tout était faux, et il fallait qu'il reprenne pied avec la dure réalité.
Pour s'épuiser, il alluma la télé qui faisait face au canapé. Encore un objet moldu qu'Harry et Hermione lui avait fait découvrir, et devant lequel il appréciait se retrouver quand il n'avait rien à faire. Il tomba sur un match de basket-ball qui venait de démarrer. Il le regarda sans grand intérêt, espérant que le sommeil l'accueillerait très rapidement.
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Même jour,
Aux alentours de Londres, dans une maison 12h39
Ron venait de couper court à la conversation téléphonique avec Hermione, et cette dernière était inquiète. Son ami allait mal. Elle l'avait senti à travers les quelques phrases dont il avait bien voulu lui faire part. L'essentiel était là. Il ne lui en fallait pas plus pour se faire du souci.
S'étant volontairement isolée dans la chambre à l'étage pour discuter, elle n'avait pas vu ses convives arriver. Viktor et elle avaient convenu d'inviter toute leur joyeuse petite bande ce dimanche pour un déjeuner. Quand elle descendit au salon, elle eut droit à quatre paires d'yeux braqués sur elle. Harry, Drago et Pansy vinrent la saluer et s'installèrent dans le canapé. Viktor avait terminé de disposer les amuse-bouches et les verres pour l'apéro. Elle commença à faire le service pendant que Drago et Pansy questionnaient joyeusement Viktor pour les matches prévus. Ce repas était le dernier avant qu'il ne parte s'entraîner avec son équipe en vue des qualifications pour la Coupe du Monde, qui se jouerait en Italie l'année prochaine.
Harry observait son amie, et voyait que quelque chose clochait. Quand elle lui tendit son verre, il en profita pour le lui demander :
- Ça va Hermione ? On dirait que ce n'est pas la forme...
Elle continua de servir les autres, et répondit :
- J'ai reçu un appel de Ron avant que vous n'arriviez et il ne viendra pas.
- Quoi ?
- Comment ça ?
Pansy et Drago s'étaient écriés en même temps. Harry les arrêta d'un geste, avant qu'ils ne recommencent, pour permettre à Hermione de s'expliquer.
- Il... il m'a dit qu'il ne se sentait pas bien et qu'il ne voulait pas imposer sa présence dans ces circonstances.
- C'est-à-dire ? demanda Drago, ses yeux gris la transperçant.
Hermione détestait quand il faisait ça. Personne n'arrivait à tenir face à ce regard. Elle soupira, ne sachant pas jusqu'où elle pouvait aller dans ses paroles.
Comme si Harry l'avait senti, il vint à son secours.
- Tu peux parler, Pansy est au courant de tout. Elle a fini par avoir très rapidement des doutes sur Ron et ce qu'il dégageait en présence de Blaise. Elle a soudoyé Drago pour qu'il parle.
La brunette lui envoya un coup de coude.
- Je n'ai soudoyé personne. Je suis très attentive à ce qu'il se passe autour de moi. Tout le monde ne peut pas se vanter d'avoir de telles qualités, surtout quand on a la vue d'une taupe... railla-t-elle.
Harry allait répliquer quand Drago intervint.
- Ça suffit tous les deux ! Que se passe-t-il avec Ron ?
- Il ne m'a rien dit de très précis, si ce n'est que la soirée d'hier s'était mal passée.
- Blaise fait chier ! Quel emmerdeur ! lâcha Pansy.
En leur fort intérieur, ils pensaient tous la même chose mais n'avait pas le franc parler de la serpentarde pour le dire. Drago avait discuté avec Harry et Pansy du journal, qui se trouvait en possession de leur ami, et du souhait de ce dernier de le rendre à son propriétaire. Mais il prit conscience qu'aucun d'eux n'en avaient touché un mot à Hermione et Viktor, qui les regardaient sans comprendre.
- Que vient fairrre Blaise là-dedans ? demanda très justement le bulgare. Il n'est pas forrrcément fautif dans leurrr rrrendez-vous.
- Malheureusement, il y a de fortes chances pour que oui, répondit Drago.
Il prit donc les devants pour mettre au courant le jeune couple des éléments manquants, à savoir que c'était Blaise qui était entré en possession du journal, qu'il l'avait lu, qu'il savait tout et s'était rendu compte de sentiments pour Ron, qu'il ne pouvait pas concevoir de lui mentir et en viendrait à lui rendre son bien.
Quelques instants de silence prirent place dans le salon, chacun réfléchissant dans son coin.
Hermione fût la première à se reprendre.
- Tant que ne n'en saurons pas plus sur leur soirée, on ne pourra pas y voir plus clair. On ne peut se baser que sur des présomptions... à savoir que Blaise aurait parlé du journal à Ron hier soir...
- Je suis certaine qu'il n'a pas pu tenir sa langue... ragea Pansy.
- On le saura quand il arrivera, dit Harry.
- Parce que tu crois qu'il va venir ? Comment fais-tu pour vivre dans un monde aussi bisounours ? Tu es sûr d'avoir tué un mage noir toi ? Tu vois le bon côté partout... ironisa la brune. S'il a parlé, il ne viendra pas, il aurait trop peur qu'on soit au courant et ou que Ron soit là.
Après plus de quarante minutes à attendre Blaise, ils se rangèrent à l'avis de Pansy. Il n'avait pas prévenu, ce qui pouvait se comprendre mais qui agaçait profondément Drago. Hermione finit par les inviter à s'installer à table. Le repas se passa calmement, l'ambiance n'étant pas propice aux grandes effusions, leurs pensées allant tout droit à deux hommes. Ils se mirent d'accord de tirer cette histoire au clair au plus vite. Il était hors de questions que de nouvelles blessures viennent s'ajouter à celles déjà existantes.
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Lundi 3 Septembre,
Londres, Ministère de la Magie, 07h28
Il était tôt quand Blaise arriva sur son lieu de travail. Ce n'était pas faute d'avoir tenté de dormir, mais le sommeil avait décidé de le fuir. Son seul répit avait été dans l'après-midi où il avait réussi à somnoler deux petites heures. Et ensuite, plus rien ou presque, si l'on prenait tout de même en compte l'heure qu'il avait eu cette nuit et les innombrables images qui l'avait assailli.
Depuis sa soirée qui avait tourné au fiasco, il ne trouvait plus la quiétude, qui était essentielle pour permettre un bon repos. Il n'était que l'ombre de lui-même. Il n'aspirait à rien. Tout ce qu'il voulait, c'était remonter le temps pour profiter encore de Ron et des quelques têtes à têtes qu'ils avaient partagé.
À partir du moment où il avait sorti le journal, tout n'était plus qu'images d'horreurs dans sa tête. Il avait essayé de se préparer à cet instant où Ron comprendrait, mais il n'avait pas assez anticipé ses réactions. Il avait pensé qu'il aurait l'occasion de lui expliquer comment tout s'était passé. Mais le gryffondor n'avait rien voulu entendre. Pas même la véracité de ses sentiments.
Et pourtant, ils étaient incroyablement sincères. Il aurait voulu lui dire que le journal n'avait été que le déclencheur qui lui avait permis de prendre conscience de ce qui les liaient, qu'une certaine alchimie les avaient toujours habité, qu'ils étaient faits pour être ensembles.
Il le voulait tellement.
Blaise continua d'être dans ses pensées jusqu'à arriver à son bureau. Habituellement il adressait des bonjours enthousiastes, quelques mots, voire des tapes amicales à ses collègues qu'ils croisaient. Or, aujourd'hui, toute la traversée des couloirs s'était faite dans sa bulle. Tout le monde avait remarqué mais personne n'avait pipé mot.
La matinée se partagea entre dossiers et discussions avec d'autre collègues. Il se contentait de vaquer à ses obligations du mieux qu'il pouvait. Il attendait avec impatience l'heure du déjeuner où il espérait croiser Ron. Il ne se faisait pas d'illusions après le fiasco de samedi soir, le rouquin ne lui proposerait pas de se joindre à lui.
Quand arriva l'heure de la pause, il se hâta rapidement en direction du grand hall. Quelques collègues lui proposèrent d'aller manger avec eux, ce qu'il refusa poliment. Après un temps qu'il jugea interminable, il le repéra. Il remontait le grand hall, accompagnés de Kinglsey et Harry. Prenant son courage, il avança vers eux.
Kingsley fût le premier à l'accueillir, avec sa bonne humeur habituelle :
- Alors Blaise, tu as décidé de sortir un peu de ton bureau.
- Oui, désolé de ne pas avoir été très disponible ce matin. Beaucoup de dossiers en attente, sans parler de petits problèmes à régler avec quelques-uns de mes agents.
Il ne voyait pas quoi dire d'autres. C'était en partie vrai. Même si l'envie de rester seul avait été sa réelle raison.
- Je comprends, on connaît tous ça... il y a toujours quelques caractères qui n'en font qu'à leur tête et qu'il faut recadrer, dit-il moqueur en dirigeant son regard sur Harry.
Le sauveur se contenta de lever les yeux en l'air mais se retint de tout commentaire. En fait, mis à part Kinglsey et Blaise, aucun des deux autres ne parlaient, se contentant d'attendre le départ. Blaise remarquait bien qu'Harry n'osait pas agir, il l'observait, ne sachant quelle attitude avoir. Quant à Ron, il faisait comme s'il n'était pas là. Il s'obstinait à fixer un point au loin derrière lui. Blaise avait envie de lui hurler dessus, de lui ordonner de le regarder. Il ne supportait pas cette indifférence.
Il prit conscience que le chef des F.I.S. lui avait parlé.
- Pardon ? Tu disais ? demanda Blaise.
- J'allais te proposer de te joindre à nous pour le déjeuner, si tu n'as rien de prévu.
Dès que les mots eurent franchis sa bouche, il y eut un méchant courant d'air qui traversa le groupe. Harry se raidit légèrement, et Ron réagit sur-le-champs.
- Je suis désolé mais je ne préfère pas. Je ne partagerai pas ce moment agréable avec quelqu'un comme lui, cracha-t-il.
Blaise tressaillit sous les mots. Harry attrapa le bras de son ami.
- Calme-toi, Ron ! Ce n'est pas...
- Non, soit vous tenez compte de mon avis... ou alors, vous vous passerez de moi... je préfère de loin manger seul.
Sans un mot, il les planta au milieu du hall et se dirigea d'un pas rapide vers la sortie. Mais c'était sans compter Blaise qui s'élança après lui. Il le rattrapa à l'extérieur, dans la ruelle, et lui saisit le bras pour avoir son attention.
- Ne me touche pas Zabini ! siffla Ron, en se retirant.
Le ton agressif et l'entente de son nom de famille, lui porta un coup à son cœur. Il se sentit basculer à l'époque de Poudlard, où les joutes verbales étaient récurrentes entre leurs groupes. Un passé tellement lointain, qu'il se refusait d'y revenir.
- Essaie de te calmer un peu, il n'est pas nécessaire d'en arriver là. Tu peux t'exprimer sans être méchant, tenta-t-il de l'apaiser.
Ron fulminait. De quel droit se permettait-il de lui donner des leçons de conduite ? Sa colère était légitime après ce qu'il lui avait fait. Ne se rendait-il pas compte de la douleur qu'il lui causait ? Rien que sa vue le faisait souffrir.
- Je me calmerai que tu seras parti.
- Je m'en irai quand tu m'auras écouté à propos de...
- Je n'en ai pas envie, trancha-t-il. Comment oses-tu encore te présenter face à moi après ce que tu m'as fait ? Mais peut-être que, ça te plaît de voir les conséquences de tes actes...
- Non, je ne voulais pas ce qui est arrivé... enfin... ce qu'il s'est passé avec le journal... mais avant, pour rien au monde je ne regretterai de t'avoir dit mes sentim...
- Tais-toi ! coupa Ron d'une voix sourde.
Il refusait d'entendre la suite. Il allait encore lui servir des mots qu'il ne pensait pas. Lui mentir une première fois avait suffit. Il fallait qu'il mette un terme à cette confrontation, avant de commettre l'irréparable. Tout son corps était attiré par le serpentard. Il l'appelait de toute ses forces. Le bref aperçu qu'il avait connu samedi était si présent. Il voulait tendre sa main pour toucher cette peau qu'il savait douce et délicate. Mais sa raison tenait. Elle lui rappelait les raisons pour lesquelles ces envies n'étaient pas bonnes. Alors il décida de pousser les mots encore plus loin, outre cette limite raisonnable, et de frapper fort, une bonne fois pour toute.
- Tais-toi ! Tu veux savoir ce que je pense de toi ? Alors écoute bien, et prends note. Ta seule vision m'horripile. Je ne supporte plus de t'entendre. Ta voix est un vrai supplice pour mes oreilles. Tu me dégoûtes. Et pour samedi ? Tu veux réellement savoir ? J'ai eu le temps d'y réfléchir. Tu m'as déçu. Je ne pensais pas que tu t'amuserais à mes dépends comme tu l'as fait. Je t'estimais beaucoup. Je t'admirais. Et je t'aimais. Tu le sais pour l'avoir lu, et pour la première fois je te le dis. Quand j'ai vu le journal, j'ai essayé de me dire que tu ne m'avais pas fait une chose pareille. Que toi, tu n'avais pas pu faire ça. Je me suis fourvoyé sur ta personne. Tu n'as rien d'exceptionnel et à ta place, je me terrerai dans mon appartement de honte après un truc pareil. Mais la différence est là, je ne suis pas toi. Et t'as un sacré cran d'oser te montrer. Alors je vais me répéter, oublie-moi, ne me regarde plus, ne me parle plus, fais comme si je n'existais pas. Pour ma part, tu es mort.
Il se détourna et reprit son chemin au pas de course. Il voulait mettre le plus de distance entre Blaise et lui. Ses larmes menaçaient de s'échapper et il voulait être seul pour pleurer face à cet amour détruit. Ses propres mots avaient sonné si dur, même pour ses propres oreilles. Tout était fini. Il venait de dire stop. Son cœur souffrait terriblement.
Blaise avait les yeux fixés sur le dos de Ron. Il n'était plus en mesure de faire le moindre mouvement. Stupéfixié sur place, sans besoin d'un sort pour le mettre dans cet état. Les mots résonnaient dans sa tête. Il n'arrivait pas à croire que son si gentil et précieux gryffondor lui avait envoyé de telles paroles. Ce n'était pas possible. Il n'arrivait pas y croire.
« Tout est perdu, c'est terminé... »
Cette constatation lui fit l'effet d'un coup de poignard. Pour la première fois depuis très longtemps, il se laissa aller à sa peine. Silencieusement, des larmes coulèrent sans qu'il ne veille les retenir. Au milieu de cette allée. À la vue de tous.
Il perçut des pas qui se rapprochaient de lui, mais n'en avait rien à faire. Il restait là. Immobile. Sonné. Une main se posa doucement sur son épaule, le faisant se retourner. C'était Harry, suivi de Kingsley. Il les avait complètement oublié.
- Blaise...
- Rien ne t'oblige à être gentil avec moi, coupa-t-il. Va retrouver Ron...
- Je ne m'oblige à rien. Je suis désolé de ce qu'il se passe... coupa Harry, peiné de voir son ami aussi mal.
Blaise s'essuya le visage. Maigre geste pour masquer sa tristesse.
- Ne le sois pas, rien n'est de ta faute. C'est moi. Tout vient de moi.
- C'est faux, tu te tortures beaucoup trop. Les choses vont s'arranger. Il faut simplement que Ron se calme, et ensuite, ça ira mieux, lui sourit gentiment le compagnon de Drago.
- C'est ça... Du temps, répondit Blaise, n'y croyant pas.
Kingsley ne comprenait rien de ce qu'il se passait. Du moins, il avait conscience qu'une grande mésentente s'était produite entre Ron et Blaise et qu'elle affectait énormément ce dernier. Jamais il ne l'avait vu ainsi.
- Écoute, rentre chez toi pour le reste de la journée, déclara Kinglsey. Tu ne parviendras à rien dans cet état. Je me chargerai de prévenir de ton absence. Repose-toi. Tu as vraiment besoin de sommeil.
Il lui offrit un petit sourire en lui serrant l'épaule et Blaise ne put que se ranger à l'avis de son collègue. Depuis le début de la journée, il avait tenté de sauver les apparences mais il avait eu un mal fou à se concentrer sur son travail. À présent, ce n'était même pas la peine d'essayer. Il les salua et transplana plus loin, directement à son appartement.
Il allait prendre une potion de sommeil. Il en avait toujours au cas où, et aujourd'hui, il en avait besoin. Elle permettrait à son corps de se reposer et d'oublier. D'oublier la douleur qui siégeait dans tout son être.
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Jeudi 6 Septembre,
Salle de réunion, Ministère de la Magie. 08H05.
Ce matin-là était convié les agents choisis des services des Aurors, des Langues-de-plombs et des Forces Internationales Spéciales pour la dernière réunion, concernant l'arrestation des Lestrange et de Greyback. Ils devaient revoir leur stratégie avec leurs directeurs pour les appréhender et éviter toute fuite, pour une parfaite cohésion.
Hermione et Pansy arrivèrent ensembles et s'installèrent dans le fond, aux côtés de Théodore Nott qui les avait salué. Quelques minutes plus tard, elles furent rejoint par Harry. Il n'avait pas eu l'occasion de revoir les filles depuis le week-end, et avait besoin de discuter avec elles. Il espérait bien profiter avant que la réunion ne démarre, et au pire, pourrait le faire après. Elles n'étaient pas au courant de la dernière altercation entre Blaise et Ron. Il avait juste eu l'occasion d'en discuter avec Drago. Ce dernier avait essayé de voir Blaise, mais sans succès. La porte de son appartement lui était restée obstinément fermée.
Il se hâta de leur relater les faits, ou du moins, les choses qu'il avait entendu et vu. Ron avait refusé de lui dire de quoi avait été faite sa confrontation avec le serpentard, et s'était montré assez énervé. Ses amies étaient peinées de voir cette situation.
- Ron a vraiment dû y aller fort pour que Blaise soit dans cet état... déclara Hermione.
- Mon pauvre Blaise... Je n'ose imaginer ce qu'ils ont pu se dire, enchaîna Pansy, totalement défaite. J'essaierai de lui parler.
- Je ne sais pas si tu arriveras à grand chose. Drago a essayé. Il a passé près d'une heure coincé derrière sa porte d'entrée. À la fin, il s'est fait jeté par la voisine qui ne supportait plus d'entendre les cris et les coups à la porte, expliqua le brun.
- Ouh... il devait être sacrément en pétard quand il est rentré. J'imagine assez bien la scène. Cette pauvre femme a eu de la chance de s'en tirer sans séquelles, rigola la brune.
- Eh bien pas moi... grogna Harry. J'ai dû supporter ses humeurs. Il était hors de lui contre Blaise qui avait fait comme s'il n'était pas là. Sans parler de la voisine qui en a rajouté une couche en essayant de lui rappeler les règles de bienséances en société.
Les filles se mirent à pouffer. Elles imaginaient la tête que ce cher Drago avait dû faire face à ces réprimandes. Ce devait être exquis.
- J'aurais adoré voir cette scène, s'extasia Pansy. Drago se faisant remettre en place pour une ligne de conduite, alors qu'il est le premier à râler contre ces comportements de sauvages. Je ne doute pas un instant que tu as su venir à bout de la furie Malefoy. Un bon gros câlin a dû le calmer.
Elle lui envoya un petit sourire en coin, ce qui fit rougir le gryffondor. Signe irréfutable qu'elle avait raison.
Ils allaient continuer quand leurs supérieurs entrèrent dans la salle. Le silence se fit de lui-même. Il fût encore plus lourd de sens pour les trois amis qui n'avaient pas loupé l'essentiel. L'absence de l'un d'eux.
- Mais où est-il ? questionna Pansy, dans un murmure à peine audible.
Comme pour répondre à sa demande, Kinglsey s'adressa à tous les agents :
- Je vous remercie à tous d'être présent aujourd'hui pour cette dernière mise au point, avant le grand saut prévu demain. Le chef Weasley et moi-même rappelleront la procédure à suivre et répondront à toutes vos demandes. Nous nous partageons également la supervision du service des Langues-de-plombs, étant donné que votre directeur n'est pas en mesure de se joindre à nous pour des raisons de santé. Rien de grave, mais qui ne lui permet pas de prendre la tête des opérations sur le terrain. Bien, maintenant...
Il se lança dans les opérations et les manœuvres à suivre, tout en rappelant les équipes formées. Mais très vite, Harry, Pansy et Hermione décrochèrent. Leurs pensées étaient dirigées vers Blaise, grand absent. Il n'avait jamais loupé une journée de travail, même malade, ce qui renforçait ce sentiment de peur au fond d'eux. Ne pouvant se parler, ils se contentaient de s'observer.
La fin de la réunion arriva, et ils furent libérés de leurs obligations pour la journée. Dès que la dernière personne eut franchi la porte de la salle, Pansy se tourna vers les deux gryffondors.
- Je vais aller voir Blaise cet après-midi, dit-elle sans préambule, comme si leur discussion n'avait jamais cessé.
- Je ne suis pas sûre que ça soit une bonne idée, dit lentement Hermione. S'il brille par son absence, c'est qu'il va mal et qu'il ne souhaite voir personne pour le moment.
- Je m'en balance comme du mucus à veracrasse ! Et ne commence pas à me parler des vertus de cet ingrédient en potions, menaça Pansy d'un doigt vers son amie.
- Je n'en avais pas l'intention, contra la gryffondor, qui aurait quand même jugé utile de lui rappeler son utilité. Blaise est aussi notre ami et nous sommes inquiets pour lui.
- Raison de plus pour que j'y aille !
- Ce qu'Hermione essaie de te faire comprendre, c'est qu'il est trop tôt pour faire quoi que ce soit, intervint Harry.
Pansy était frustrée. Elle ne voulait pas rester les bras croisés quand son meilleur ami était au plus mal.
- Ce n'est pas parce que vous n'avez rien obtenu de Ron, que je dois en faire de même. Je vous pensais plus têtus que ça, s'énerva-t-elle.
- Que crois-tu ? J'ai essayé de lui parler, s'écria l'auror. Ron s'est fermé dès l'instant où j'ai évoqué Blaise. Il a fini par me menacer de sa baguette. Tu n'étais pas présente pour le voir.
- Pourtant, son état n'était pas flagrant aujourd'hui. Si calme et indifférent quand Kingsley a évoqué Blaise. À se demander s'il l'aime réellement, ironisa Pansy.
- Ce n'est qu'une façade, affirma Harry.
Un petit silence prit place. Ils étaient perdus et ne savaient pas quoi faire de Ron et Blaise. Hermione était la plus sensée du groupe, et fit part de son idée.
- Écoutez, laissons-les pour le moment. Nous ferions mieux d'aller nous reposer en prévision de notre mission, pour être prêt demain. Ça relâchera la pression de leurs côtés, à savoir que nous ne sommes pas sur leurs dos. Et quand nous reviendrions, nous irons les voir.
Pansy n'était pas d'accord, mais elle céda sous le regard implacable du sauveur.
Ils finirent par se séparer, chacun de leur côté. Aucun d'eux ne pouvait occulter leurs deux amis blessés. Dans l'immédiat, ils n'avaient pas le temps de s'y plonger. Hermione avait raison. Leur absence permettrait d'assainir leurs émotions trop fortes. Et bientôt, ils pourraient s'expliquer.
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Mardi 18 septembre,
Appartement de Blaise, 20h08
Pansy et Hermione se tenaient devant la porte de l'appartement de leur ami, Blaise, depuis quelques minutes maintenant. Elles prenaient le temps de se recomposer un visage serein et avenant avant d'affronter le serpentard. Elles ignoraient comment il allait, et ce, depuis presque deux semaines.
Quand Harry et elles-même étaient partis pour leur mission, ils avaient laissé à Drago de brèves indications concernant Blaise. Du moins, Harry s'était chargé de lui expliquer qu'il fallait le laisser se remettre, sans être constamment sur son dos, et surtout de veiller à ce qu'il ne fasse pas de bêtises. De nouveau, le blond s'était confronté à un mur, ou une porte plus précisément, et n'avait jamais vu la tête de se meilleur ami. De leurs côtés, sur le terrain, Ron n'avait jamais fait mention de Blaise, comme s'il n'avait jamais existé. Cela avait attristé les trois agents au plus haut point. Ce n'était pas faute d'avoir fait exprès d'évoquer le serpentard près du rouquin, mais rien n'avait attiré son attention.
À leur retour triomphal avec l'arrestation des derniers Mangemorts, ils avaient décidé d'agir. Une réunion d'urgence avait eu lieu au domicile du couple Potter – Malefoy. Ils se refusaient tous de laisser cette situation perdurer. Ils formaient un groupe soudé où ils appréciaient se retrouver pour partager des moments ensembles. Or, si Ron et Blaise ne venaient plus, les choses ne seraient plus pareilles. Comme l'avait suggéré Pansy, il était temps de prendre le taureau par les cornes et de le faire flancher. Leur plan était simple, se rendre chez les principaux concernés, en deux groupes, et les faire cracher le morceau pour débloquer la situation. Comme Drago n'avait eu aucun succès avec Blaise, il était en binôme avec Harry pour aller chez Ron. Et elles deux se retrouvaient à gérer Blaise. La douceur d'Hermione ferait peut-être la différence, et c'est ce qu'espérait Pansy.
- Il serait peut-être judicieux de faire savoir que nous sommes là, qu'en dis-tu Hermione ? chuchota la brune.
Hermione lui lança un regard légèrement courroucé. Pourquoi est-ce que c'était à elle de les annoncer ? Pansy était beaucoup plus proche de Blaise. Tout à coup, elle comprit.
- Tu as peur qu'il t'envoie sur les roses, n'est-ce pas ? Alors tu préfères que ce soit pour moi, si jamais, il le fait.
- Toujours aussi perspicace Hermione, clama-t-elle. Je n'ai pas peur... mais, étant donné ma relation avec lui, je pense qu'il serait plus enclin à nous parler si c'est toi qui amorce les choses.
Pansy avait acquis beaucoup de courage, mais pas quand ça concernait le relationnel. Elle avait détourné les mots à son avantage, tout en noyant son angoisse. Car oui, elle était très stressée et avait peur de la réaction de Blaise.
Cependant, Hermione acquiesça face à ses propos. Le raisonnement se tenait.
Quand elle frappa à la porte, elle entendit de légers bruits provenant de l'appartement. Blaise était là, à n'en pas douter.
- Blaise, c'est Hermione et Pansy, tenta-t-elle pour le faire réagir face à leurs présences.
Une minute passa. Toujours rien.
- Blaise, ouvre-nous ! On sait que tu es là ! s'écria Pansy, venant au secours de son amie.
Hermione commençait à s'impatienter, il refusait même de répondre. Elle décida de faire savoir leurs intentions.
- Écoute-moi bien Blaise Zabini, si tu crois que tu vas t'en tirer aussi facilement, tu te trompes. On ne bougera pas d'ici, même si l'on doit y passer la nuit. Ça ne nous dérange absolument pas d'attendre.
Pour appuyer ses dires, elle métamorphosa le tapis d'entrée en deux coussins moelleux et s'y installa, suivi de Pansy.
- Combien de temps crois-tu que l'on va passer là ? demanda Pansy.
- Je ne sais pas. Quelques minutes, une heure ou bien plus. Maintenant que l'on y est, une chose est certaine, j'y reste... et ce, même si je dois passer la nuit ici. Ô diable les voisins qui nous verront !
Pansy eut un sourire. Depuis qu'elle était de retour en Angleterre, si elle avait bien appris une chose concernant la gryffondor, c'était qu'elle était sacrément butée quand elle avait une idée en tête. Elle ne s'avouait jamais vaincue. Elle lui vouait une confiance infinie, même si elle ne l'avouerait pas à haute voix. Elle n'avait pas encore viré Poufsouffle.
De l'autre côté de la porte, Blaise avait adopté une attitude similaire. Dès l'instant où il avait entendu les filles, il avait cessé tout mouvement et s'était laissé glisser le long de la porte. Il avait la tête contre cette dernière, ses bras reposant sur ses genoux relevés.
Il comprenait l'inquiétude qui gagnait tous ses amis, mais il ne voulait pas de face à face. Il était mal. Au lieu de s'amoindrir, sa peine prenait encore plus de place. Il était retourné travailler depuis la semaine dernière, mais c'était parce qu'il n'avait pas eu le choix. Cela lui permettait de devoir gérer ses obligations pour éviter de ressasser toujours les mêmes pensées. Au moins, il ne tournait pas en rond dans son appartement comme un lion en cage.
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Mardi 18 septembre, 20h15.
Appartement de Ron.
À l'autre bout de la ville, un jeune couple était parvenu à son objectif : pénétrer l'appartement de Ron Weasley.
Les choses ne s'étaient pas déroulées sans problème. Il ne fallait pas rêver. Harry et Drago avaient dû ruser, crier et menacer pour venir à bout de l'indomptable lion. Ce fût donc au bout d'un bon quart d'heure, après s'être attirés des remontrances des voisins que Drago s'était empressé d'envoyer sur les roses avec paroles et gestes obscènes à l'appui, qu'ils avaient réussi à entrer chez leur adorable ami.
Ils n'en étaient pas peu fiers, même s'ils se doutaient que leurs cris dans le couloir avaient dû peser dans la balance.
Ils firent donc une entrée rapide, au cas où la porte se refermerait entre temps, devant leur ami qui avait pris une teinte bien rouge qui n'annonçait rien de bon, selon Drago. Le long silence accompagnateur était un autre indice sur le fait que leur visite n'était pas désirée. Mais alors pas du tout.
Son compagnon, courageux qu'il était, amorça un début de dialogue.
- Merci de nous avoir ouvert, j'ai bien cru que l'on allait subir les courroux de tes voisins.
Au lieu de détendre l'atmosphère, cela eut l'effet inverse. Ron se mit à crier.
- Tu te fous de ma gueule ? Avec le raffut que vous faisiez, j'ai été obligé de vous laisser entrer. Mes voisins me connaissent comme étant discret et silencieux... Et vous deux... vous débarquez avec la délicatesse d'un troupeau d'hyppogriffes et vous vous mettez à brailler comme des harpies que l'on entend à l'autre bout de la rue.
- N'exagères pas, lança Drago, offusqué d'être comparé à de simples créatures.
- Je te demande pardon ? Vous ne vous êtes pas entendus.
Harry était interdit. Le comportement de son meilleur ami était si virulent. Il n'avait jamais vu une telle colère transparaître, et ce n'était pas fini.
- D'abord, qu'est-ce que vous faites là ? continua Ron. Si ça concerne le boulot, ça pouvait attendre demain Harry.
Il allait lui répondre quand son compagnon le devança.
- On avait envie de passer te voir.
Cette réponse ne convint pas à l'intéressé, qui fût prit d'un rire moqueur. Ron ne les croyait pas. Il savait pertinemment pour quelles raisons le couple était là. Blaise. Après sa dernière altercation avec ce dernier, il avait mis en application les propres mots qu'il lui avait destiné. Il continuait son bout de chemin, en faisant fi de son existence. Cela passait par son silence quand ses amis l'évoquait, bien entendu. Cette visite avait forcément un rapport.
Il se détourna d'eux et alla dans son salon, où ils le suivirent. Il entreprit de sortir un verre et une bouteille de whisky de l'armoire. Il avait besoin de se relâcher.
- Ne me prenez pas pour un imbécile, leur dit-il après avoir bu une gorgée du liquide. Je suis peut-être naïf sur certaines choses, mais pas encore au point de ne rien comprendre à votre petit jeu.
Il s'installa dans son fauteuil, tout en les toisant.
Drago ne pût refréner son sourire narquois. Weasley avait bien appris. Tous ses gestes étaient calculés pour leur faire comprendre qu'il n'était pas disposé à céder face à eux et que leurs présences n'étaient pas les bienvenues. S'il voulait jouer à ça, il était le maître dans cet art.
Sans consulter sa moitié, il prit d'assaut le canapé et s'y laissa tomber avec toute la grâce qu'il avait. Harry finit par suivre, à contrecœur. Il n'était plus sûr de vouloir lui parler. La confrontation allait encore être rude.
- Tu peux nous fusiller du regard si tu veux, Ron, mais on ne bougera pas d'ici avant d'avoir parlé, lança Drago, son sourire toujours en place, en signe de défi. Si tu comprends si bien les choses, alors on va entre directement dans le vif du sujet...
- Je refuse de parler de Blaise ! cracha Ron.
- On ne te demande pas ton avis, répondit le blond en haussant le ton.
- Cette histoire ne vous concerne pas !
- Oh que si... Nous y sommes mêlés. Vos comportements ont une incidence sur tout le groupe. Il faut bien que nous agissions, si vous, vous ne voulez pas le faire ! continua Drago, sur le même ton.
- Nous sommes là pour t'aider Ron, lança doucement Harry. Nous voulons que cette situation s'apaise, et en parler te permettra d'y voir plus clair.
Ron fulminait. Pour qui se prenaient-ils à vouloir s'immiscer dans sa vie ? Ils ne savaient rien de l'état dans lequel il s'était retrouvé après la bombe que Blaise avait lâché.
- Et si je ne veux pas ? rétorqua le rouquin, d'un air buté. Vous ne pourrez pas me forcer.
- C'est ce que tu crois ! fît Drago en se levant, baguette à la main.
Il ne savait pas encore ce qu'il allait faire, mais ce maudit Weasley lui faisait perdre patience. Il était pire qu'un gamin en pleine crise d'affirmation.
Ayant vu le geste du serpentard, Ron s'était redressé et brandissait à son tour sa baguette, n'attendant qu'un seul mouvement pour répliquer. Il n'aimait pas la violence, surtout entre amis. Mais s'il devait en arriver là, il n hésiterait pas. Harry et Drago lui tapait sur le système en cet instant précis. Ils débarquaient chez lui comme des forcenés et voulaient aborder un sujet, que lui, ne voulait pas. S'il n'avait rien dit jusqu'à maintenant, ce n'était pas pour rien. Ne pas en parler lui permettait de moins y penser. Il ne souhaitait qu'une chose, qu'on le laisse tranquille.
Harry accrocha le bras de sa moitié, pour lui faire baisser sa baguette.
- Drago... Arrête ! tenta doucement Harry. Ce n'est pas la solution.
- Et pourquoi pas ? répliqua le blond, en fixant Ron. Après tout, mesure extrême pour cause désespérée.
Harry soupira. Avec ces deux-là, il n'était pas sorti de l'auberge. Plus que tout, il était persuadé de faire partie des dommages collatéraux de ces têtes de mules si ça venait à dégénérer, et il en était hors de questions.
- Bon, vous allez vous calmer, me donner ces baguettes et vous asseoir. Tous les deux ! insista le gryffondor, mains tendues.
Cela dura quelques secondes pendant lesquelles ils se jaugèrent, puis Ron céda le premier tout en grognant, suivi de Drago qui pestait contre son propre petit ami qui ne le soutenait pas. Harry le savait, mais plus tard, il devrait faire face avec bravoure à la énième crise de sa moitié. Encore.
Ron profita de cet instant pour finir son verre et s'en servir un autre.
- Qu'attendez-vous de moi ? Qu'on en finisse une bonne fois pour toute, lança-t-il.
- Raconte-nous ce qu'il s'est passé depuis ce fameux dîner avec Blaise, lui dit Harry. Tout allait très bien jusqu'à cette soirée. Et ensuite, j'ai eu l'impression de me trouver en compagnie d'une bombe prête à me sauter au visage dès que je prononçais son prénom.
- Et c'est un euphémisme ! rétorqua Drago, moqueur.
Deux regards le fusillèrent. Ses remarques sarcastiques n'aideraient pas, mais c'était plus fort que lui par moment. Chasser le naturel et il revenait au galop. En d'autres occasions, Ron en aurait souri mais pas ce soir, il trouvait le comportement du serpentard abusif. Il était le meilleur ami de Blaise. Par conséquent, il avait forcément eu vent de toute l'histoire. Sans oublier le journal en lui-même.
Ron avait eu le temps d'y penser. S'il avait été aussi discret, c'était aussi parce qu'il tenait responsables ses amis de ce qui s'était joué. Ils devaient être au courant, et personne n'avait jugé bon de le tenir informé. Il était tombé dans le panneau en pensant que Blaise était sincère avec lui.
C'est donc empli de colère qu'il répliqua :
- Au moins, je suis naturel et je ne joue pas dans double jeu !
- Que suis-je censé comprendre ? questionna Drago en fronçant les sourcils devant le sous-entendu.
- À ton avis ? Hum ? Peut-être que tout n'aurait pas dérapé de cette façon si, vous, mes amis, vous ne m'aviez pas caché un fait de la plus haute importance. À savoir que Blaise détenait mon journal depuis le premier jour où je l'ai perdu. Mais non, c'était tellement plus approprié de se payer ma tête ! Ce fameux soir où ça a dérapé, nous étions allés dîner. Tout se passait à merveille. Blaise...il...il avait fini par m'avouer qu'il m'aimait, j'étais sur un vrai nuage après tous ces moments passés ensembles. Et d'un coup, il a sorti le journal. J'ai compris, de manière très douloureuse qu'il s'était foutu de moi. Une magnifique claque dans la gueule que je vous dois ! éructa Ron, hors de lui.
Il n'arrivait plus à se contenir et laissait libre cours à sa rage. Sans leur laisser le temps d'ouvrir la bouche, il continua sur sa lancée :
Ce jour où je l'ai perdu... Quand je pense que je vous ai appelé pour m'aider... Vous vous êtes comportés en parfaits amis, à mes côtés. Mais au fond, c'était de la connerie. Comment ça s'est passé Drago ? Es-tu vraiment revenu bredouille de ton petit tour sur le Chemin de Traverse ? Ou peut-être que tu as trouvé mon journal et qu'en croisant Blaise, tu t'es dit que l'idée serait fabuleuse qu'il l'ait ? Histoire de mieux me torturer devant mon amour pour lui ? Et toi Harry... Depuis quand es-tu au courant ? Pas un seul instant, tu n'as songé à m'en parler. Toi. Mon meilleur ami. Vous avez tous profité de la situation. Je suis à peu près certain qu'Hermione et Pansy sont aussi dans le coup. Alors, désolée mes chers amis d'être si distant... ! La déception, vous comprenez !
Harry et Drago n'en menaient pas large. L'agacement du dernier disparut bien vite aux reproches faits. Quant au brun, il accusait le choc après la brutalité des mots dits. Ils savaient que Ron avait raison de leur en vouloir. D'un autre côté, il se trompait sur bien des points.
- Tu fais fausse route, lui dit-il lentement.
Ron ricana, amer.
- Je ne crois pas, au contraire. Comment expliquer les choses sinon ?
- Tu as sauté à tes propres conclusions, lança Drago sur un ton calme -car il fallait l'être. Si tu nous laissais la parole, on pourrait peut-être t'apporter d'autres réponses.
- Ou des mensonges de plus... ajouta Ron, le regard dur.
"Ok, manifestement, la méthode douce ne fonctionnera pas plus ! Je vais me griller ce foutu Weasley !'' pensa Drago.
Il se leva d'un bond, prenant de court Harry et Ron, pour se planter juste en face de ce dernier. Il laissa libre court à son agacement à grand renfort de gestes accusateurs.
- Maintenant, ça suffit Ronald Weasley ! Tu la fermes et tu m'écoutes ! Ce sera la dernière fois que je prendrais le temps de te faire rentrer quelque chose dans ta foutue tête !
Il narra donc le lendemain de la perte du journal, quand Blaise avait débarqué à son appartement. Il ne lui épargna rien des doutes et des reproches que son meilleur ami lui fît, de la promesse qu'il avait obtenu de ne rien dire. Il lui révéla les sentiments que le journal avait réveillé en lui. Drago lui expliqua que toutes les tentatives de rapprochements de Blaise n'avaient eu lieu qu'en bonne conscience, et en phase avec ses sentiments nouveaux, et qu'à aucun moment le serpentard n'avait voulu le blesser. Tout était réel. Pour le journal, Drago insista sur le fait que Blaise avait été conscient dès le départ qu'il devrait lui dire, et avait essayé de trouver une solution.
- Maintenant Ron, reprit le serpentard, je suis navré pour toi que tu ais dû l'apprendre de façon aussi inattendue, mais Blaise a essayé de le faire. Plusieurs fois. Il redoutait ta réaction, ce qui est légitime quand on voit l'état actuel des choses.
Le rouquin allait de nouveau parler, mais Drago y coupa net d'un doigt enfoncé dans sa poitrine.
- Je ne t'ai pas dit de parler ! Je vais conclure sur ceci... crois-moi ou non, mais de mon côté, je suis serein d'avoir fait mon maximum dans cette affaire. Si tout capote, tu ne peux que te blâmer toi-même. Et dorénavant, quand nous organiserons des sorties, tu viendras... Ne fais pas cette tête... tu viendras partager un moment avec tes amis, et tu te comporteras normalement. Même face à Blaise. Aucune tension, aucun mot plus haut que l'autre concernant vos états d'âmes... Vous réglerez ça d'un moment à l'autre en privé... Sinon je te jure que je fais disparaître ta langue et je m'arrange pour que tu ne la retrouves pas ! Attends-toi à recevoir une invitation prochainement ! Bonne soirée !
Sans lui accorder l'ombre d'un regard, il se détourna et se dirigea sur la porte d'entrée. Avant de la passer, il se retourna pour interpeller sa moitié :
- Ne tarde pas trop Harry, je t'attends à la maison. Nous avons assez donné dans cette histoire, il est temps que ton meilleur ami agisse en adulte responsable.
- Je n'en ai pas pour longtemps Drago, je te rejoins bientôt.
Le blond acquiesça et disparut rapidement derrière la porte. Les minutes s'écoulèrent sans que l'un des deux ne les rompent. Harry avouerait sans problème qu'il ne savait pas quoi dire de plus que ce que Drago avait lâché. Ce n'était pas pour lui donner raison, mais pour le coup, c'était le cas. Ron les avait mal traité alors qu'ils avaient fait au mieux. Harry pouvait encaisser beaucoup, mais pas des fausses accusations. Certaines étaient justifiées, d'autres pas. Cependant, il ne voulait pas s'énerver, alors il prit sur lui pour s'exprimer posément.
- Tu sais Ron, on a sûrement commis des erreurs de jugement par rapport à Blaise et toi, mais on a essayé d'être de bons amis. On a jamais pensé à mal. Bien au contraire. À toi de prendre en considération ce que Drago t'a dit, ou non. Si nous sommes tes amis, seule notre parole doit compter. À présent, fais comme bon te semble. Mais sois présent la prochaine fois que l'on se réunit.
Il se leva dans le but de s'en aller, mais s'arrêta près de son meilleur ami, toujours silencieux, pour lui presser gentiment l'épaule. En passant près de la cuisine, il déposa la baguette de Ron sur la table.
À peine eut-il refermé la porte qu'il entendit un cri de rage, suivi d'un bruit de verre brisé. Ron laissait exploser sa colère. Au lieu de revenir auprès de son ami dans ce dur moment, il se contenta d'apposer un sort de silence, pour ne pas ameuter les voisins, et laissa son ami à son besoin d'extérioriser.
Pour rentrer, il préféra marcher un peu avant de finalement, prendre la direction de son appartement en transplanant.
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Mardi 18 septembre, 22h07.
Couloir, devant l'appartement de Blaise.
- Bon sang, je commence à avoir mal partout !
Hermione soupira une énième fois. Elle avait eu la bonne idée de s'équiper de livres avant de venir chez Blaise et s'était donc lancée dans son roman dès que le silence avait pris place entre elle et Pansy. Cette dernière était restée tête posée contre la porte et yeux fermés pendant une dizaine de minutes. C'était le seul moment calme qu'il y avait eu. Pansy n'était pas une personne très patiente, et il y avait eu de très nombreuses gesticulations à l'appui. Blaise ne leur avait toujours pas ouvert, alors elles en étaient toujours au moment point. Attendre un signe de leur ami.
- Il faudrait que tu m'expliques comment tu peux faire le même métier que moi, et ne pas avoir acquit un minimum de patience. Tout ne va pas vite, certaines choses peuvent prendre du temps, lui dit Hermione, la tête dans son livre.
- Je suis une femme d'action ! Cette aptitude ne fait pas partie des miennes ! bougonna Pansy.
- Eh bien, prends sur toi ! Nous n'avons pas le choix !
- C'est ce qu'on va voir... rétorqua la brune en frappant la porte d'entrée. Blaise ! Pour ton information, nous sommes toujours là !
Hermione secoua la tête. C'était la cinquième tentative de Pansy de faire réagir leur ami, et toujours aucun succès.
Cependant, au bout de quelques minutes alors qu'elle s'apprêtait à faire une remarque à la Serpentarde sur son action, la porte se déverrouilla. Elles étaient déjà sur pieds levées quand Blaise apparut.
Le constat était désolant. Il avait une mine effroyable. Son visage, si parfait, était marqué par des traits tirés et il paraissait avoir maigri. Ses yeux habituellement si rieurs, n'en avait plus aucune trace. Ils étaient brillants, gonflés d'avoir trop pleuré. Les filles en eurent mal au cœur, elles ne s'étaient pas préparées à le trouver dans un tel état.
Seul un léger pas de Blaise sur le côté leur firent comprendre qu'elles étaient autorisées à entrer.
Elles se contentèrent de le suivre en silence dans le petit hall d'entrée jusqu'aux pièces de vie. Contrairement à leur ami, les filles constatèrent que l'appartement était impeccable. C'était un léger signe encourageant qu'il ne s'était pas arrêté de vivre complètement.
Quand ils furent dans le salon, Blaise leur fit signe de s'installer. Hermione et Pansy se jetèrent un regard et prirent place sur le canapé qui faisait face à celui de leur ami. Elles ne savaient que dire, Blaise était si silencieux que c'en était perturbant.
Il finit par troubler lui-même le silence dans la pièce. C'est d'une voix rauque et très fragile qu'il s'exprima.
- Vous êtes sans aucun doute possible, les deux personnes les plus têtues qu'il m'ait été donné de rencontrer. En dehors de Drago bien sûr.
Il leur offrit un sourire, qui n'atteignait pas le reste de son visage.
- Nous sommes bien pire que Drago... La preuve, nous sommes parvenues à entrer, lui dit Pansy de son ton le plus mielleux.
- Pas faux ! Vous êtes redoutables !
Une fois de plus, cela étira les lèvres de Blaise, mais ce n'était qu'une façade. Il voulait faire mieux, mais ne parvenait pas à faire sortir de bonnes choses. Il opta pour des obligations d'hôtes en leur proposant à boire et partit dans la cuisine fermée pour leur préparer leurs thés.
Hermione le suivit du regard jusqu'à ce qu'il ait disparu dans l'autre pièce.
- C'est encore pire que ce que j'imaginais... murmura-t-elle.
- Oui, je m'attendais à le trouver abattu, mais... pas comme ça. Il fait peur à voir... mon pauvre Blaise... souffla Pansy.
Hermione lui serra la main.
- Ne t'inquiètes pas, on va tout faire pour qu'il aille mieux !
- Merci Hermione ! lui sourit la brune.
Blaise finit par revenir et déposa les tasses sur la table basse. Elles le remercièrent dans un sourire.
Blaise garda le silence, il ne savait pas quoi leur dire et surtout qu'y avait-il à dire ? Cette question seule avait fini par l'isoler, il ne voulait pas de confrontation avec ses amis. Il faudrait parler, expliquer et il ne s'en sentait pas la force. Devoir revivre tout les événements depuis ce moment où le journal était apparu. C'était trop dur.
Malgré tout ce que Ron avait pu lui dire, Blaise ne lui en tenait pas rigueur. Il comprenait. Si les rôles avaient été inversé, comment aurait-il réagi ? Il ne pouvait affirmer avec exactitude sa réaction. Pourtant, il regrettait les excès du rouquin. Certains propos avaient été durs et son cœur en souffrait. Parce que, quoi qu''il en dise, Blaise l'aimait profondément.
Toute à son observation, Hermione devinait partiellement la tempête qui faisait rage dans la tête de son ami.
- Tu sais, Blaise, nous ne sommes pas obligés de parler de ce qu'il s'est passé, tenta-t-elle de le rassurer. Nous sommes venues car nous nous inquiétions beaucoup pour toi.
- Après tout ce temps, on en pouvait plus d'être mis à l'écart, continua Pansy d'une petite voix, encore troublée de l'état de son ami. Tout ce que l'on veut, c'est être à tes côtés dans ces moments très durs, que tu prennes conscience que tu n'es pas seul, et que si tu en ressens le besoin, nous sommes là pour toi.
Elle riva ses yeux aux siens, et finit par trouver le courage d'aller au fond de ses pensées. Blaise avait besoin d'entendre des choses positives.
- Depuis le jour où l'on s'est rencontré, j'ai su que tu ferais partie intégrante de ma vie. Tu es bourré de qualités que tu déploies pour ceux qui comptent à tes yeux... Gentil, doux, toujours prêt à aider, mais aussi incroyablement protecteur, courageux et fort. Tu es l'homme le plus merveilleux qu'il m'ait été donné d'avoir à mes côtés. Tu es bien plus qu'un ami... Je te considère comme le frère que je n'ai jamais eu et... tu es la seule famille qu'il me reste, alors ne te laisse pas sombrer ! Je t'aime tellement !
Blaise n'en revenait pas des paroles de Pansy. Elle n'était pas du genre à déverser autant de sentiments, au contraire, et cela lui faisait extrêmement plaisir d'entendre tout ce qu'il représentait à ses yeux.
Il ne put que se lever et l'attirer dans une forte étreinte. De nouveau, il fut pris de sanglots, bien moins douloureux que ceux qui l'habitaient depuis des semaines et prit conscience que son amie pleurait aussi. Il raffermit sa prise autour d'elle, dans un geste de grande tendresse et ne cessait de lui dire merci. Hermione, en les regardant, en eut les larmes aux yeux et se mit à sourire doucement devant cette scène.
Au bout d'un moment, ils finirent par se séparer et se rassirent. Blaise ne cacha pas ses larmes, mais Pansy tenta de les effacer rapidement de sa main.
- Si tu en parles à qui que ce soit, je te fais la promesse que je me vengerai, lui dit-elle en regardant Hermione.
- Message reçu, même s'il n'y a aucune honte à avoir à montrer ses sentiments, s'exclama doucement la gryffondor.
- Elle a raison...
Ces quelques mots furent prononcés par Blaise, si doucement, qu'elles crurent ne pas les avoir entendu. Elles l'observaient, dans l'attente, qu'il s'exprime de nouveau. Même si elles avaient affirmé l'exact opposé, elles espéraient qu'il parlerait de lui-même, pour extérioriser. Hermione était convaincue que c'était un pas décisif pour aller de l'avant.
- Trop longtemps, je les ai gardé au fond de moi, quel qu'ils soient... Envers la famille, les amis et même en amour... Pourtant, j'ai compris qu'il est essentiel de le dire. Ça me permet d'être plus libre avec ceux qui me sont proches et je me sens réellement moi-même... Et vous le savez, vous le voyez...
Blaise ne savait pas comment, ni pourquoi, alors qu'il s'était promis de se taire, mais les mots venaient facilement. Il avait le visage baissé sur ses mains jointes. De cette façon, c'était comme se parler à soi-même.
Sa voix n'était qu'un murmure dans le silence de l'appartement, mais il savait que les filles écoutaient. Elles lui laissaient le temps de mettre en forme ce qu'il avait dans la tête, alors il continua lentement, toujours sur le même ton.
- Jusqu'à ce que je découvre le journal intime de Ron, j'imaginais savoir ce qu'était l'amour... J'en ai mesuré toute l'ampleur depuis... À croire qu'il a suffit que mon cœur sache que quelqu'un m'aimait, pour qu'il batte à son tour. Je suis tombé amoureux de Ron en très peu de temps. Du moins, je pense que mes sentiments ont explosé quand j'ai su... Ce fameux soir où nous sommes sortis, j'ai fini par me déclarer et son visage fût la plus merveilleuse preuve de bonheur... avant que tout ne tourne au cauchemar quand il a vu le journal...
Il eut un arrêt en revivant la soirée dans la tête. Tout était si clair, alors qu'il aurait voulu balayer ces images désastreuses pour ne garder que les meilleures. Ça faisait toujours aussi mal.
Hermione sentit son désarroi.
- Blaise, tu n'es pas obligé...
Il la coupa d'un geste de la main.
- Non, Hermione... Laisse-moi... aller au bout s'il te plaît... Je veux continuer...
- D'accord, répondit gentiment la gryffondor.
Elle ne se sentit pas la force de l'arrêter maintenant qu'il était lancé. Pourtant, elle voyait que chaque mot le faisait replonger. Un dernier regard vers Pansy qui lui intimait le silence et elle se recentra sur Blaise.
- J'ai pu apercevoir un court instant ce que cela ferait d'aimer et d'être aimé... mais le journal a tout fait basculé. Ron... Son regard a parlé pour lui. J'y ai vu de la tristesse, de la colère et de la trahison... Et les mots qu'il m'a dit... ils m'ont blessé à un point tel que je ne l'aurais pas cru. Je me pensais plus fort... J'ai essayé de lui parler, mais il n'a rien voulu entendre. J'ai essayé. Je voulais me battre pour lui... Aujourd'hui, tout ça n'a plus d'importance. Il m'a balayé de sa vie, je n'existe plus à ses yeux... Et je dois vivre avec...
La résignation. Blaise en était arrivé à ça. Il lui avait fallu ces dernières semaines pour comprendre qu'il n'y avait plus rien à faire. Cette constatation laissa Hermione défaite. Pansy était perdue entre deux sentiments, la douleur de voir son ami ainsi et la colère dirigée contre Ron. Elle avait fini par apprécier le rouquin. Énormément. Or, c'était à cause de lui que Blaise en était là.
Elle préféra occulter Ron de son esprit, pour se concentrer sur l'essentiel du moment.
- Il faut que tu reprennes le dessus Blaise. Tu n'as pas à t'infliger tous ces tourments. Est-ce que tu as pris le temps de te regarder dans un miroir ? Tu fais peur à voir...
Sa remarque était légitime. Blaise avait toujours pris soin de son apparence. Peut-être que cela aurait un impact. Il ne pouvait pas continuer à se laisser aller. D'accord, elle n'avait jamais connu le grand amour, mais ce n'était pas une raison. Il avait assez végété.
Il eut un sourire sans joie.
- Toujours aussi directe ma douce Pansy...
- Tu sais que j'ai raison, tu es un vrai fantôme ! enchérit-elle. Je ne prends pas de gants pour dire mon opinion, même si elle n'est pas agréable à entendre. S'il faut que je te secoue pour que tu retrouves la raison, je le ferai !
- J'avoue être de son avis, lança Hermione. Je me joindrais volontiers à elle si, à la clé, nous faisons revenir l'homme que nous avons toujours connu.
Pansy en reste muette. La Gryffondor se rangeait de son côté. Elle l'imaginait plutôt la contrer, en lui affirmant que la douceur et la délicatesse serait de mise dans cette situation.
- Dans ce cas, tout est dans mon intérêt d'aller mieux, répondit le brun.
Elles acquiescèrent vivement. Lui n'était pas aussi certain.
- Tu peux compter sur nous pour t'y aider, lança Hermione dans un grand sourire.
Leur soutien serait appréciable, il n'allait pas les rabrouer après ce qu'elles avaient fait ce soir. Il était touché de la force qu'elle mettait dans cette mission impossible.
Une question restait cependant sans réponse.
- Et sinon, j'aurais aimé savoir... comment va Ron ? Est-ce que vous avez de ses nouvelles ? demanda-t-il lentement.
Il avait besoin de savoir. C'était plus fort que lui. Hermione et Pansy se jetèrent un nouveau regard. Que lui dire ? Elles ne savaient pas comment les choses se passaient actuellement avec les garçons. Elles ne pouvaient pas lui annoncer que Ron ne l'avait jamais mentionné, même avec leurs innombrables tentatives jusqu'à présent.
Hermione décida de répondre, avant qu'il n'ait des doutes.
- Eh bien... Je ne te cache pas qu'il est très silencieux par rapport à toi. Il ne laisse rien filtrer. Il garde tout pour lui.
- Nous n'avons pas eu l'occasion de le voir en dehors du boulot... ajouta Pansy.
Elle tentait de maîtriser au mieux sa voix pour cacher la colère qui grondait. Blaise poussait la torture trop loin. Ne souffrait-il donc pas assez ? Ron ne méritait pas d'être dans ses pensées.
Les réponses n'étaient pas ce que Blaise attendait. Il aurait apprécié en savoir plus.
- Est-ce la vérité ? Ou est-ce que vous tentez de me préserver un minimum ?
- Pas du tout Blaise, répondit Hermione que la question n'étonna guère. Outre le travail, il se fait aussi discret que toi. Il refuse de nous voir.
Il n'était pas rassuré pour autant de savoir que Ron s'isolait aussi du groupe. Le serpentard prenait conscience que tout le monde était impacté par leur histoire. Il s'en voulut de leur faire subir ces tracas.
- Je suis désolé pour tout, s'excusa-t-il. Je ne voulais pas vous causer tant d'ennuis...
- Arrête ça de suite, coupa Pansy. Tu n'as rien à te reprocher ! Ce n'est pas ta faute si Ron a réagi comme un con ! Désolée Hermione ! ajouta-t-elle à l'intention de la gryffondor, qui balaya d'un geste son excuse.
Elle-même était conscience de l'imbécillité de son meilleur ami dans certaines circonstances. Il méritait ce nom d'oiseau. Blaise n'était pas de cet avis.
- Non, vous ne comprenez pas ! Si je n'avais pas lu son journal, rien de tout ça ne se serait produit ! J'ai trop attendu ! J'aurais dû le lui rendre dès l'avoir trouvé... Je...
- Quoi ? Qu'est-ce que tu aurais fait ? s'écria Pansy, rouge de colère. Tu ne peux pas changer le cours des événements ! Tu te tortures trop ! Ça suffit maintenant !
- Selon toi, il serait plus juste que je reprenne ma vie comme si rien ne s'était passé ? siffla le serpentard. Ça ne fonctionne pas ainsi Pansy ! J'ai trahis sa confiance et pire encore, ses sentiments pour moi !
- Et lui alors ? Il ne les a pas piétiné ? Est-ce qu'il a pensé à tes sentiments quand il t'a balancé toutes ces paroles ? Je n'en connais pas le contenu et cela vaut mieux ainsi, mais ton état d'épave parle pour toi !
- Ne parle pas de choses dont tu ne sais rien ! L'amour n'a jamais été ton fort !
La discussion tournait mal. Hermione tentait d'intervenir, mais les mots volaient sans qu'elle ne puisse les contrer. Elle décida d'employer les grands remèdes et envoya un sort de silence sur les deux serpentards. Direct et efficace.
- Vous ne m'avez pas laissé le choix ! Se justifia-t-elle.
Pansy la gratifia d'un regard noir et Blaise légèrement irrité, même si un léger soulagement était perceptible.
- La dernière chose que Drago, Harry et moi, ayons besoin est une énième dispute. Il y a assez de problèmes entre deux d'entre vous... Alors, j'aimerai que le calme revienne, d'accord ?
Ils hochèrent la tête en signe d'accord et Hermione les libéra. Dès qu'ils eurent retrouver leurs voix, ils s'excusèrent dans la foulée. Les mots avaient dépassé leurs pensées à tous les deux. Pansy était en colère qu'il s'approprie tous les tords et Blaise n'avait pas supporté les propos sur Ron.
Il se tourna vers Pansy pour lui expliquer davantage.
- Je sais que Ron s'est montré très dur envers moi, je ne lui excuse pas tout...
- Encore heureux ! cracha la brune.
Hermione la rappela à l'ordre d'un coup de coude, ce qui permit à Blaise de reprendre.
- Pour autant, je comprends sa réaction. On ne va pas revenir dessus... Simplement, j'espère pouvoir arranger la situation. Je me sens coincé car je ne sais pas comment m'y prendre.
- Laisse faire le temps... éluda la gryffondor.
Blaise ricana, amer. L'attente. Il en avait marre. Pansy partageait son sentiment de raz-le-bol, alors elle allait lui remonter le moral.
- Ron n'aura bientôt plus d'échappatoire. Nous avons décidé de recommencer nos soirées. Tous ensembles. Ça nous manque. Vous nous manquez ! lui dit-elle en souriant.
Une vague d'excitation parcourut Blaise à cette annonce. Il allait le revoir. C'était inespéré. Sa fébrilité dût se voir, car Hermione avait les yeux rivés sur lui.
- Je préfère te prévenir, loin de moi l'idée de t'ôter tout espoir, les débuts risquent de ne pas être simples. Connaissant Ron, il fera tout pour éviter la discussion, alors... Je te suggère d'être avenant, mais pas trop, et de voir s'il y a des signaux favorables.
- Je vais garder tes conseils à l'esprit, répondit posément Blaise.
Pourtant, dans sa tête, c'en était tout autre. Cette annonce lui avait fait monter l'adrénaline. Il récupérait un peu d'espoir, après avoir tout vu en noir depuis des semaines.
Après cette annonce, les filles décidèrent de s'en aller. La soirée n'avait pas été de tout repos, mais elles étaient satisfaites de l'issue.
Avant de se quitter, elles le prirent dans une accolade et Blaise les remercia encore de leur soutien.
- Ne t'inquiètes pas mon Blaisou, je ne vais pas te lâcher ! On va s'y atteler dès demain ! Il est temps de reprendre du poil de la bête ! s'exclama Pansy, tout sourire.
Un rire sincère échappa au susnommé. Il ne doutait pas le moins du monde des propos de son amie. Elle allait envahir tout son espace pour l'occuper le plus possible.
Elles marchèrent un peu dans les rues de Londres en sortant de l'appartement de Blaise tout en faisant le tour de la soirée. Après l'appréhension et la tristesse, le sentiment qui dominait était le soulagement. Blaise avait l'air d'aller un peu mieux qu'à leurs arrivées. Ça n'avait pas de prix. Un immense poids s'enlevait de leurs épaules. Tout n'était pas parfait. Il allait falloir le soutenir mais aidé de leurs présences, tout était possible.
En avisant l'heure, elles décidèrent de ne pas se rendre chez Harry et Drago. Elles auraient voulu savoir comment ça s'était passé de leurs côtés mais cela pouvait attendre un peu. Hermione promit à Pansy de leur envoyer un hibou pour les prévenir, dès qu'elle serait rentrée. Elles se quittèrent un peu plus loin, à l'abri des moldus pour transplaner.
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Mercredi 19 septembre, 07h24
Appartement de Drago & Harry.
- Harry James Potter, lève-toi !
Tous les matins, c'était le même rituel. Drago aurait pu trouver cette routine barbante et bien en dessous de ses valeurs. Qui aurait cru qu'il aurait la mission de faire le réveil attitré du survivant ? Pas lui, mais il mentirait s'il affirmait ne pas aimer ça. Il se levait donc une bonne heure avant lui pour se préparer, s'installait pour son thé ou son café et ensuite, il venait lever sa moitié. Il usait toujours de la même technique. Il lui caressait le dos et passait sa main dans ses cheveux, tout en lui parlant d'une voix douce. Suite à ça, il avait toujours un grognement qui lui répondait. Très romantique.
Ce matin-là n'y échappa pas. Harry n'était absolument pas du matin, et encore moins avec la soirée d'hier. Un sourire tendre se dessina sur les lèvres de Drago.
- Allez, il faut vraiment que tu sortes du lit ! Tu vas finir par être en retard !
La voix d'Harry traversa le coussin sous lequel il était enfoui.
- Et si je ne veux pas... Je suis fatigué !
- Tu n'as pas le choix ! répliqua le blond en rigolant.
Il lui arracha le coussin et l'envoya valser au bout du lit, s'ensuivit une exclamation réprobatrice. C'était violent, mais au moins, cela eut le mérite de réveiller complètement le brun. Assis dans le lit, les cheveux dans tous les sens et une adorable moue boudeuse.
- Ça... C'est vraiment petit ce que tu viens de faire ! Sale serpentard !
- Oh oui, je suis un vil serpent qui empêche le survivant de dormir ! Va porter plainte pour ça !
Il se moquait de lui, mais il adorait ça. On ne changeait pas de vieilles habitudes qui datait de l'école.
Pour se venger, Harry attrapa Drago et le fit basculer sous lui.
- Harry ! Tu crois que c'est le moment ! s'exclama Drago, qui essayait de se soustraire à l'emprise de son petit ami.
- Oui, parfaitement. Je veux mon câlin ! répondit le gryffondor en l'embrassant et le serrant contre lui.
Drago tenta de le repousser mais Harry avait plus de force que lui. Foutus entraînements qui l'avait bien développé. En général, il aimait le corps musclé et puissant de sa moitié. C'était si agréable de le reluquer et le toucher partout. Mis à part dans ces moments où le survivant usait de sa puissance contre lui, et de ses lèvres. Il ne parvenait pas à résister.
Quand le baiser prit fin, Drago posa ses mains sur son torse pour l'obliger à se lever.
- Allez, on se lève maintenant Harry !
- Non, j'ai pas eu ma dose !
Pour appuyer ses dires, il fit voyager ses mains sur le corps du blond et recommença à l'embrasser partout sur le visage. Drago adorait ses baisers aériens.
- Harry !
Sa voix, qui se voulait autoritaire, perdait en intensité et pour cause, il aimait trop ce que lui faisait son petit ami. Ce dernier était descendu vers son cou pour le lui ravager. Drago ne put retenir un léger gémissement. S'il continuait, il allait lui faire perdre ses moyens et n'aurait d'autre choix que de lui faire l'amour. C'était si tentant, puis se souvenant de l'heure tardive, il tenta de reprendre pied avec la réalité.
- Stop ! On arrête tout ! tenta-t-il encore une fois.
Il mit plus de forces dans ses bras pour lui faire lâcher prise sur son cou. Harry finit par se redresser, tout sourire.
- Et pourquoi ? demanda-t-il, séducteur. D'après ce que je sens contre ma jambe, tu n'as pas l'air contre...
Comme pour prouver ses dires, il donna un coup de bassin contre le blond. Drago laissa échapper un nouveau gémissement. Bon sang. C'était trop bon. Heureux de sa réaction, Harry recommença à se mouvoir contre son corps. Le serpentard perdait le sens de la réalité. Son petit ami avait cette faculté dingue de le déconnecter de tout, mais pas ce matin, ils n'avaient pas le temps.
- Harry... S'il te plaît... essaya-t-il, d'une voix hachée. On... on va être...
- Je m'en moque ! T'es tellement sexy que je veux te faire l'amour !
Clair et précis. Drago finit par sortir de sa transe aux derniers mots d'Harry. Il l'aurait par la ruse. Il dégagea l'une de ses jambes pour la passer autour de la taille du brun. Le gryffondor, pensant avoir convaincu son blondinet, relâcha ses appuis et accrocha sa main sur le haut de sa cuisse pour mieux coller leurs corps et avant qu'il ne s'en rende compte, Drago l'avait fait basculé, inversant leurs positions. Le serpentard était à califourchon sur lui, ses mains à plat sur son torse.
- Potter ! Quand je dis stop, c'est stop !
Drago avait les joues rouges de leur étreinte, mais son regard était sévère.
- Tu arrêtes de m'aguicher, c'est non. Je dois aller travailler et toi aussi. De plus, tu m'as froissé mes vêtements et je suis bon à changer de chemise. On se rejoint dans la cuisine.
Il sauta en bas du lit, se dépêcha de prendre une nouvelle chemise dans l'armoire et sortit de la chambre sans laisser le temps à son petit ami de répliquer. Harry soupira en laissant retomber sa tête sur le coussin. Il aura essayé, c'était déjà ça. N'ayant plus le choix, il partit dans la salle de bain se doucher.
Dix minutes plus tard, il entrait dans la cuisine, enfin prêt. Il sourit en voyant son café sur la table, accompagné de deux toasts à la confiture. Drago était un amour. Il l'embrassa pour le remercier.
- Je sais, je suis trop gentil avec toi ! lança le blond, en enfilant sa veste de costume. Il faut que je change ces habitudes poufsouffles !
Harry rigola. Drago le lui disait tout le temps, mais pour autant, rien ne changeait. C'était rassurant. Par ses attentions, il savait que Drago l'aimait et qu'il ne se lassait pas de lui.
Le serpentard l'embrassa une dernière fois avant de partir. Au moment de franchir la porte, il se souvint de la lettre reçue la veille.
- J'allais oublié de te dire... Hermione nous a écrit hier soir, mais comme tu dormais, je n'ai pas voulu te réveiller. Elle nous donne des nouvelles de Blaise et voulait savoir si vous pourriez vous retrouver entre midi pour parler. J'ai posé la lettre près de la machine à café. À ce soir ! Sois prudent et pas de bêtises !
Harry leva les yeux au ciel sous la recommandation. Tous les jours, Drago la lui faisait quand il allait travailler. C'était sa façon de lui dire ''Je t'aime et ne prends pas de risques inconsidérés sur le terrain''.
- Je t'aime aussi Drago ! répondit-il avant que la porte d'entrée ne se ferme sur un ''moi aussi'' lancé par sa moitié.
Harry, un toast en bouche, sauta littéralement sur l'endroit précédemment indiqué pour se saisir du courrier de son amie. Rien qu'à l'écriture soignée, il savait d'avance que c'était elle.
''Bonsoir les garçons,
J'aurais dû passer vous voir, mais vu l'heure tardive à laquelle nous sommes reparties de chez Blaise, j'ai préféré vous écrire.
Pansy et moi avons eu du mal à entrer chez lui, les choses n'étaient pas gagnées d'avance... Nous avons patienté presque deux bonnes heures sur le palier de son appartement. Réellement.
Harry, tu me connais, je n'ai pas lâché prise...
Harry sourit à ses mots. Plus têtue que son amie, c'était dur de trouver donc oui, il ne doutait pas un instant de ses propos.
'' et aidée de Pansy, qui usait de sa voix assez régulièrement, Blaise a fini par nous laisser entrer.
Il n'était pas beau à voir... vous serez surpris en le revoyant alors, soyez tout de même prêt à ça. Je ne doute pas un instant que Pansy va s'en charger, mais ça prendra du temps.
Physiquement, il nous a paru très amaigri, je ne suis pas sûre qu'il se nourrisse plus d'un repas par jour, et encore...
Son visage est marqué par la tristesse et ses yeux n'ont plus rien de cette étincelle joviale et joueuse.
Psychologiquement... il est anéanti.
Son amour pour Ron n'a rien d'une blague, même si je n'en ai jamais douté. Il se tient pour seul responsable de la situation et lui trouve des excuses pour ce qui en découle.
J'espère que de votre côté, tout s'est bien passé chez Ron.
J'aimerai pouvoir en discuter, alors Harry, je te propose que l'on déjeune ensemble demain midi.
Je vous embrasse,
À très vite,
Hermione''
Sans perdre une minute de plus, il avala son café et emporta le reste de son petit déjeuner pour partir au Ministère.
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Même jour, 12h11.
Chemin de Traverse.
En arrivant le matin, Harry n'avait pas pu voir Hermione alors il avait trouvé le temps de lui envoyer une note interne pour lui confirmer leur rendez-vous pour le déjeuner, entre deux rapports à faire. Dans ce métier, c'est ce qu'il détestait le plus. La paperasse. En intégrant les F.I.S., il avait sottement cru qu'il n'aurait pas cet aspect du boulot à faire, mais personne n'était épargné. Toujours donner des comptes rendus. Leurs missions devaient être transparentes.
Pour une fois, ces tâches de bureau n'avaient pas rendu le temps trop long. Sans doute parce qu'il était fixé sur la rencontre avec son amie, qu'il attendait avec impatience.
Il avait donc retrouvé Hermione dans le hall d'entrée, puis s'étaient dirigés d'un commun accord vers le Chemin de Traverse pour déjeuner. Ils s'installèrent en terrasse d'une petite brasserie pour profiter de la douce chaleur d'été qui résistait.
Hermione ne perdit pas de temps. Elle commanda pour eux le menu du jour auprès du serveur et entra, sans préambule, dans le vif du sujet.
- Maintenant, je t'écoute Harry. Comment ça s'est passé hier soir, chez Ron ?
À la grimace qu'il fît, elle se douta de la réponse avant qu'elle ne vienne.
- Pour tout te dire, très mal.
Il ne savait pas trop par où commencer, alors il opta pour un exposé simple et précis.
- Nous avons rencontré le même problème que vous. Ron ne voulait pas nous voir, alors on s'est montré très dissipé dans le couloir. Ça n'était pas notre plus grande idée. Il était en colère contre nous et elle n'est pas redescendue. À partir du moment où l'on a évoqué Blaise, c'était foutu. Il ne voulait pas en parler. Drago l'y a obligé. Résultat des courses, on a essuyé de vraies remontrances. Il nous tient tous pour responsable de ce qui lui arrive. Ça n'a pas plu à Drago qui a fini par lui faire la morale. C'était explosif. À un moment, j'ai dû intervenir sinon ils se seraient lancés dans un duel.
Hermione aurait été stupide de dire qu'elle ne s'y attendait pas.
- Je vois... Une vraie tête à claque en somme !
La douce insulte fît sourire Harry. Malgré son caractère bien trempé, jamais elle ne se laissait déborder par sa manière de parler.
- J'ose espérer que Blaise l'a beaucoup moins été, répondit Harry. Apparemment, de ce que j'ai cru comprendre, il n'est pas dans le même état d'esprit.
- Pas du tout, même si, j'ai dû moi-même jouer les arbitres entre Blaise et Pansy.
- Sérieux ? Pourquoi ? demanda le brun, il était réellement surpris d'une telle chose.
- Comme je t'ai dit dans la lettre, Blaise est très abattu, mais pas que. Il se sent coupable de la situation. Au point qu'il accepte sans broncher tout ce que lui a dit Ron. Pansy n'a pas apprécié et ils ont commencé à se disputer. J'ai dû les faire taire avec un sort de silence pour éviter d'autres mots qui font mal.
- Heureusement que je n'en suis pas venu à ça, Drago m'en voudrait pour une bonne semaine...
Sa remarque arracha un léger sourire à la brune. Repensant à des propos que Drago avait dit à Ron, il en parla.
- Au passage, hier soir, Drago a fini par dire à Ron que nos sorties allaient reprendre et qu'il était dans l'obligation d'y être. Ça ne l'a pas enchanté, mais il a réussi à le faire abdiquer. Bon... le terme exact serait ''menacé'' mais c'est le résultat qui compte ?!
Hermione secoua la tête. Les garçons ne savaient pas comment gérer une situation explosive.
- On va dire que oui, soupira-t-elle. C'est un début.
- Tu penses que Blaise sera des nôtres aussi ?
- Je le pense. Pansy s'est mise en tête de le remettre sur pieds. Son plan consiste à se coller à lui. Très simple. Donc si on sort, il viendra.
- Parfait, s'exclama Harry dans un grand sourire.
Rien n'était encore fait, mais il avait bon espoir que le fait de se revoir donne envie à Ron de revenir à ses précédentes relations avec Blaise. Certes, pas dans l'immédiat, mais petit à petit.
Tout en déjeunant, ils parlèrent un peu plus de la soirée de la veille, n'omettant aucun détail. Ils ne voulaient faire aucune gaffe, que ce soit avec l'un ou l'autre. Néanmoins, ils se mirent d'accord de ne pas en parler aux principaux concernés si, ceux-ci ne demandaient rien. C'était plus sûr et ils éviteraient de se faire prendre à parti. Drago n'apprécierait pas non plus, sachant qu'il avait dit à Ron qu'il resterait en dehors de ses histoires. Et lui, qui était-il pour laisser son meilleur ami au plus bas ?
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Samedi 6 octobre.
Deux bonnes semaines avaient filé, laissant derrière elles, les confrontations de notre groupe de Gryffondors et de Serpentards. Drago, Harry, Hermione et Pansy avait jugé bon de ne rien faire de plus. Selon Drago, ils avaient assez œuvré, c'était à Ron et Blaise de faire le reste. Ils se contentaient donc d'être présents, s'ils le souhaitaient.
Blaise avait accepté cette main tendue. Il voulait sortir de cet état apathique, mais seul, il savait que ce serait compliqué. Il n'avait pas eu besoin de demander que, dès le lendemain de la visite des filles, Pansy avait débarqué chez lui après le travail, armé d'un sac de voyage.
Elle avait élu domicile chez Blaise, sans qu'il n'ait pu y dire quoi que ce soit. Au début, il n'avait pas vu cette colocation d'un bon œil, mais avait vite compris la démarche. Moins il serait seul, moins il se morfondrait, et mieux il pourrait se relever.
À sa grande stupéfaction, une routine très agréable s'était mise en place entre eux. Vivre avec Pansy n'était pas si terrible qu'il se l'était imaginé. C'était très facile. L'organisation du quotidien s'était faite d'un commun accord où chacun trouvait sa place. Blaise se sentait en meilleure forme avec son amie à ses côtés.
Par contre, ça ne l'empêchait pas d'être fatigué. La Serpentarde ne relâchait jamais son attention sur lui. Elle était à l'affût du moindre changement négatif, et cette constante observation le mettait parfois mal à l'aise. Plus que tout, il redoutait le moment où elle se mettrait en quête de le faire sortir en soirées. Il n'en avait pas envie. Parfois, il arrivait qu'elle propose des petites excursions en ville ou au parc, mais elles se faisaient toujours en journées, ce qui lui convenait. Ils y rejoignaient de temps à autre Harry, Hermione ou Drago. Blaise était heureux de les revoir, ils lui avaient manqué et cela lui faisait le plus grand bien.
Quant à Ron, après le passage du couple Potter-Malefoy, il avait fait une véritable crise de colère. Prenant conscience qu'il ne pouvait pas continuer ainsi, il avait fait une petite remise en question sur lui-même. Il essayait donc de ne plus exploser pour un rien. Il prenait sur lui et partait courir pour extérioriser. Cette activité lui faisait du bien, il se sentait plus calme. Il était capable de revoir et parler avec ses amis, du moment qu'il ne croisait pas Blaise. Il ne se sentait pas encore prêt et pour le moment, aucune invitation ne l'obligeait à le voir. Il avait toujours à l'esprit la menace de Drago et il préférait éviter de déchaîner le serpentard. Il le savait capable de passer à l'action. Et merde, il tenait à sa langue.
Pour changer un peu son quotidien ''boulot-maison'', il avait décidé de s'octroyer un moment agréable en ce week-end, seul. Le changement d'air et d'ambiance ne pourrait qu'être bénéfique.
Il n'était pas le seul à avoir eu cette idée.
La douce Pansy avait établi le programme de leur samedi. Elle traîna donc Blaise sur le Chemin de Traverse dès le début de la matinée pour fouiner tranquillement dans leurs boutiques préférées. Ils firent une pause salvatrice -pour le brun- entre midi, pour aller déjeuner et reprendre des forces. Dès l'addition réglée, Pansy embraya sur leur après-midi à Pré-Au-Lard. De nouvelles boutiques de mode avaient vu le jour et elle désirait ardemment y faire un tour. Ils furent donc repartis dans leur folle journée. Blaise fatiguait, mais l'entrain qu'y mettait son amie ne méritait pas qu'il gâche ce moment. Il s'amusait, discutait joyeusement avec son amie, avait fait des achats intéressants, alors, pourquoi s'arrêter ?
Dès la première boutique, Pansy réussit à le faire passer aux essayages. Elle était très adorable et ne pensait pas qu'à elle. Blaise se devait être magnifique -selon ses mots- et mettait du cœur à l'ouvrage pour lui trouver de jolies tenues. Il était donc reparti avec un jean anthracite coupé près du corps et une chemise émeraude.
Ils en étaient à leur troisième boutique quand la serpentarde aborda leurs projets pour la soirée. Blaise se tenait devant le grand miroir dans l'espace essayage, et s'observait dans le costume intégral que Pansy avait voulu lui faire essayer.
- Tu es vraiment splendide Blaise, s'exclama-t-elle joyeusement.
- Merci, mais je ne vois pas l'intérêt de ce costume Pansy... Sans vouloir t'offenser...
Il gesticulait, mal à l'aise dans son ensemble. C'était trop. Il aimait la mode et les vêtements et possédait quelques costumes très beaux dans son armoire, mais rien d'aussi... clinquant. Le pantalon ainsi que la veste étaient bleu klein, où les doublures de cette dernière se mouvait dans un joli jaune bouton d'or. Sur le gilet se mélangeait les deux coloris -le bleu sur l'avant et le jaune à l'arrière. En dessous, une chemise blanche posait le ton, rehaussé d'un nœud papillon à motifs floraux légers. Magnifique, mais trop voyant pour Blaise.
- Arrête de dire n'importe quoi ! contra son amie, d'un geste. Est-ce que tu t'es vu, au moins ?
Elle le remit face à son double dans le miroir. Blaise fit la grimace.
- Oh oui, je ne vois que moi ! Ne put-il que confirmer.
- C'est exactement l'effet recherché mon cher ami... minauda Pansy, un sourire espiègle accroché au visage. Tu vas tous les faire tomber à la renverse.
Il allait répliquer qu'il ne voulait l'attention de personne quand l'une des hôtesses de la boutique entra dans leur espace, poussant une exclamation admirative sur lui. Elle s'extasia sur la tenue dans son ensemble, du choix parfait des couleurs sur sa couleur de peau. En moins de deux minutes, il fût considéré comme œuvre d'art. Pansy était aux anges. Alors, quand il déclara son scepticisme sur le costume, l'hôtesse s'empressa de sortir sa baguette pour l'ajuster parfaitement à sa morphologie.
Vingt minutes plus tard, il sortait de la boutique avec un sac supplémentaire, des gallions en moins dans le portefeuille, des compliments à n'en plus savoir où les mettre et une Pansy rayonnante de bonheur.
Elle avait gagné.
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Même jour, 22h27.
Dans les rues de Londres.
- Où m'amènes-tu Pansy ?
Question légitime pour Blaise, qui se faisait littéralement tiré le bras par sa meilleure amie vers une destination connue d'elle seule. S'il avait su, il ne le lui aurait pas proposé d'accrocher sa main à son bras. Dès lors, elle ne l'avait plus lâché et il regrettait d'avoir cédé pour sortir.
En rentrant de leur journée shopping, Blaise avait espéré une soirée au calme. Or, Pansy n'avait pas été de son avis. Elle souhaitait prolonger la joyeuse ambiance par une sortie. Blaise avec refusé net, n'étant pas encore prêt. Pansy avait contré que ce serait un pas de plus pour aller mieux. De nouveau, Blaise avait répondu par la négative. Pansy s'était alors mise à pleurer, renversant le cœur déjà bien amoché de Blaise.
Pour la deuxième fois en quelques heures, elle avait gagné.
Il sentit la prise sur son bras se resserrer, et revint à la réalité en détectant le premier signe d'un transplanage. Il se tourna immédiatement vers la serpentarde, qui afficha sa plus belle tête d'innocente. Il allait la sermonner sur ses manières quand il reconnut l'endroit.
Il cligna des yeux. La Coqueluche.
- J'ai pensé que te conduire, serait mieux que de t'expliquer où nous allions, déclara Pansy qui lui emprisonnait toujours l'un de ses membres.
Elle s'assurait qu'il ne fuit pas. Ou tout du moins, pas sans elle.
- Parmi tous les bars que nous connaissons, il fallait que ce soit ici...
Sa voix diminuait au fur et à mesure qu'ils approchaient. Peut-être à cause de la musique trop forte ou de la boule qui lui nouait sa gorge. Blaise ne se sentait pas bien d'entrer là. Cet endroit amenait des souvenirs directs liés à Ron.
Pansy lui fit face et captura son visage entre ses mains.
- Regarde-moi et écoute ! Tu vas inspirer et relâcher un grand coup ! Tu es plus fort que ces dernières semaines Blaise, alors il est temps de franchir les dernières étapes... Ou sinon, comment feras-tu, lors de notre prochaine réunion, si vous devez vous revoir ? Cet endroit n'est, ni plus, ni moins qu'un bar génial, qui prépare des cocktails somptueux !
Il finit par hocher de la tête, peu sûr de maîtriser sa voix. Puis, se tournant vers l'entrée du bar, il respira lentement comme le lui avait conseillé Pansy, pour calmer son anxiété.
Ils entrèrent et prirent la direction des alcôves, entourées de rideaux de part et d'autres, qui garantissait un peu de tranquillité. Blaise s'installa dos à la piste, au bar et à l'entrée, Pansy en face de lui. Une serveuse vint prendre leurs commandes sous l'œil appréciateur du brun. Le service était de très bonne qualité. Enfin, quand le personnel ne draguait pas tout ce qui était possible. La serveuse apporta leurs boissons en leur souhaitant une bonne soirée.
Au grand étonnement de Blaise, elle fût bonne. Il était parvenu à se détendre et appréciait l'instant en compagnie de sa meilleure amie. La musique, pourtant forte, ne l'empêchait pas de savourer chaque seconde. De son œil aguerri, Pansy l'avait remarqué et en était heureuse. Elle mettait beaucoup d'entrain dans leur conversation, en lui contant des anecdotes de boulot, quand son regard fût attiré par une touche de couleur.
Ron.
Ses cheveux juraient fortement dans le bar, et malgré l'éclairage tamisé à certains endroits, elle l'avait repéré à l'entrée.
Elle ne laissa rien paraître et se concentra sur Blaise. Il ne fallait pas qu'il le voie. Pas alors qu'elle avait tout fait pour le rassurer. Son cerveau tournait à plein régime pour trouver une solution quand elle vint d'elle-même. Ron s'installa au bar, dos à eux, ce qui le cachait à leur vue. Elle souffla légèrement.
- Ça va Pansy ? Un problème ?
Blaise la regardait. Il avait dû sentir son stress du moment. Elle afficha un large sourire.
- Tout va très bien Blaisou ! J'ai... juste un peu chaud !
La réponse dût convaincre, car il rigola.
- Sûrement l'un des effets de ton cocktail. Ces choses-là sont très sucrées. Ça monte vite à la tête, attention Pansy !
Elle joua l'offusquée.
- Serais-tu en train d'insinuer que je ne tiens pas l'alcool ? Si mes souvenirs sont bons, Drago et toi étiez souvent ceux que je devais aider à aller se coucher.
- Peut-être bien, mais si ça continue, c'est moi qui aura ce rôle ce soir ! taquina Blaise, d'un sourire en coin.
- Ça tombe bien, on vit ensemble ! Tu éviteras un détour ! rajouta-t-elle, clin d'œil à l'appui.
Néanmoins, écoutant son conseil, elle décida de ralentir la cadence sur son cocktail. Il n'était pas envisageable qu'elle commence à se sentir mal à cause de l'alcool, car il faudrait rentrer et passer devant Ron. D'ailleurs, elle se demandait bien ce qu'il faisait là.
De son côté, Ron était totalement ignorant de ce qu'il se passait plus loin et de l'attention qu'on le lui portait. Ce soir, il s'était décidé à sortir pour se libérer l'esprit, mais pas que. Il est vrai qu'il aurait pu aller n'importe où ailleurs et c'est ce qu'il avait envisagé un instant de faire. Seamus et Dean avaient l'habitude de se retrouver dans un autre bar -typiquement irlandais, au nord de Londres, et son ancien camarade l'avait gentiment invité à se joindre à eux. Tout était parti de là et Ron avait signalé qu'il passerait peut-être. Au final, il avait ressenti le besoin de se fondre dans la masse et profiter de sa soirée seul. Tout du moins, au départ.
Malgré toutes les raisons pour lesquelles il en voulait à Blaise, ses sentiments n'avaient pas disparu et ne s'étaient pas même amoindris. Or, il refusait d'y céder en revenant vers lui. Il lui avait fait trop de mal. Alors, il avait décidé de passer à autre chose, trouver quelqu'un d'autre. Peut-être que cette personne lui permettrait d'oublier cet amour impossible et déchirant. D'un autre côté, il ne voulait pas subir les déconvenues des débuts, le jeu de drague pour se rapprocher et la déception en apprenant des choses qui ne lui plairait pas. L'idéal était donc d'aller en terrain connu. En suivant sa logique, il avait rencontré un homme qui pourrait lui convenir. Ici même.
Il s'arrêta au bar et attendit que l'on s'occupe de lui. Quelques minutes après, le barman arriva près de lui. La trentaine, aussi grand que lui, une musculature très développée que son débardeur sans manches ne cachait pas, crâne rasé, boucles d'oreilles et piercing à l'arcade. La voix, rauque et tout ce qu'il avait de plus viril. Et tiens, un joli sourire avec ça.
- Bonsoir, qu'est-ce que je vous sers ?
- Une pression, s'il vous plaît.
Un instant plus tard, le barman déposait la bière devant lui. Il le remercia et régla la note. Il en profita pour lui poser la question qui l'amenait ici.
- Par hasard, est-ce que Liam travaille ce soir ?
- Oui, il est dans la réserve en train de réapprovisionner les stocks pour la soirée, lui répondit l'homme. Il termine son service à vingt-trois heures.
Ron regarda sa montre. Il avait encore du temps devant lui.
- D'accord, merci ! répondit le gryffondor.
- Est-ce que vous voulez que je lui signale votre présence ? Quand il est pressé, il passe par la porte de service à l'arrière pour s'en aller, vous risquez de le louper.
- Ce serait super, dites-lui que Ron l'attend.
Le barman acquiesça, appela une serveuse, sûrement pour le reprendre, et disparut à la porte derrière le bar. Il en revint quelques instants plus tard et lui confirma d'un signe de tête que le message était passé. Ron le remercia d'un geste.
Il se laissa gagner par l'ambiance générale et fût même pris dans une discussion animée avec ses voisins. Les trois hommes parlaient quidditch, et ça, c'était le domaine de Ron. Quand l'un d'eux l'avait interpellé sur son équipe favorite, le gryffondor n'avait pas pu résister à l'occasion. Ils débattirent sur le championnat en cours, les joueurs, et même les chances de l'équipe nationale pour les qualifications de la prochaine coupe du monde. Il passait une excellente soirée et ne regrettait pas de s'être lancé à l'aveugle. Tout à son euphorie du moment, il faillit ne pas remarquer l'homme qui l'attendait à l'autre bout du bar. Il s'excusa auprès de ses comparses de la soirée et les remercia pour le moment partagé.
Liam avait eu le temps de se changer et portait une chemise noire près du corps, manches retroussées et col ouvert de quelques boutons sur un jean foncé. Tout en décontraction, ce que n'était pas Ron, maintenant qu'il l'avait en face de lui.
Liam l'accueillit avec un grand sourire. Apparemment, il ne l'avait pas oublié.
- Bonsoir ! lui dit-il en lui tendant la main.
Ron y répondit, légèrement stressé. En lui serrant la main, Ron sentit une légère caresse du pouce sur la sienne. Le ton était donné.
- Je n'imaginais pas te revoir un jour. Ça fait quoi, un bon mois depuis notre rencontre ? interrogea le serveur, un petit sourire séducteur accroché aux lèvres.
- Oui, à peu près. Je n'ai pas vraiment compté, désolé ! s'excusa Ron, sincère.
Il n'allait pas lui avouer que tant de choses s'étaient produites qu'il en avait perdu le fil du temps. Liam ne lui en tint pas rigueur, effaçant ses excuses d'un geste de la main.
- Ce n'est pas grave. Le plus important est que tu sois revenu, même si j'en suis très surpris. Quand Mark -le barman- est venu me trouver dans la réserve pour m'annoncer qu'un certain Ron demandait à me voir après mon service... Je n'ai pu qu'accepter et pourtant, sur le coup, j'étais incroyablement étonné !
- Et moi aussi ! Je... Ça m'est venu comme ça. J'avais besoin de prendre l'air, de voir d'autres têtes... Alors, j'ai pensé à cet endroit, et à toi, avoua maladroitement le gryffondor.
La drague n'était pas son fort. Il n'en usait jamais, mais cela plut au brun.
- J'en suis très honoré ! dit-il en lui faisant une révérence.
Ron explosa de rire, conquis par l'humour de l'homme qui lui faisait face. C'était rafraîchissant.
- Que veux-tu faire ? Rester ici ou changer d'endroit ? demanda le brun.
- Ce qui te convient. Cet endroit est ton lieu de travail, je comprendrai que tu veuilles aller ailleurs.
- J'aime ce bar, alors on peut rester si tu veux.
Ron accepta et se laissa guider, d'une main dans le dos par le serveur, vers les espaces canapés disposés à l'autre bout du mur qui longeait le bar. Il avait choisi le plus éloigné, entouré de rideaux qui tombaient ci et là. Ron nota l'intimité de l'espace. Il prit place sans s'interroger et se concentra sur la discussion.
- Pour tout t'avouer, je ne connais pas trop le coin, je ne suis pas ici depuis très longtemps, lui avoua Liam, qui s'était calé dos contre l'accoudoir du canapé, une jambe repliée sous lui, bras reposant sur le haut.
- Ah bon ? D'où viens-tu ? questionna Ron, réellement curieux d'en savoir plus.
- Je suis originaire de Carlisle, enfin un petit village à côté, mais j'ai énormément voyagé.
Ron allait demander des précisions quand Liam anticipa.
- Je te propose d'aller nous chercher à boire et je répondrais à toutes tes questions, même les plus personnelles, ajouta-t-il, clin d'œil à l'appui.
Il s'éclipsa vers le bar, sous le regard de Ron. Or, il n'était pas le seul à observer.
De par son métier, Pansy avait toujours été douée dans ce domaine, et elle menait à bien cette mission sans que Blaise ne s'en rende compte. À partir du moment où elle avait vu cet homme brun, elle n'avait pas décroché. Elle s'était souvenue de la soirée qu'ils avaient passé tous ensembles et de ce serveur qui en avait après Ron. Elle n'en revenait pas que le gryffondor soit là pour cet homme.
Inconscient d'être l'objet de tant d'attention, Ron profitait de ce rendez-vous. Liam lui apprit qu'il avait vécu sa jeunesse entre la Finlande, l'Islande et la Norvège à cause du métier de son père, qu'il était allé à Durmstrang en même temps que Viktor Krum, et que, contrairement à ce que l'on entendait, cette école ne sortait pas que des mauvais sorciers. Le jeune homme était revenu à Carlisle avec sa famille après la mort de Voldemort et s'était lancé dans des études de droits. Il avait connu des conflits avec son père, atteignant leur apogée à la découverte de son homosexualité et avait décidé de prendre le large pour Londres, il y a de ça sept mois.
- C'était préférable de partir, mon paternel ne supportait pas de me voir m'afficher avec d'autres hommes. Un peu trop conservateur ! se moqua Liam.
- Courageux de ta part d'avoir tout plaqué ! déclara Ron.
- Je ne regrette pas cette décision si ça peut me permettre de vivre ma vie comme je le veux et avec qui je le veux.
Ils se fixèrent du regard un instant, avant que Ron ne le détourne, peu sûr de vouloir comprendre le réel sens de ses paroles. Il ne pouvait pas affirmer ce qu'il cherchait dans l'immédiat. C'était tôt, et souhaitait les choses se faire seules.
Liam finit par le sortir de ses pensées quelque peu tourmentées.
- Et toi ? Que fais-tu dans la vie ? Ta famille a-t-elle bien pris tes choix personnels ?
- Je travaille au Ministère de la Magie, je suis le directeur du bureau des Aurors.
Il eut droit à un sifflement admiratif.
- Wah ! C'est... impressionnant. Je n'imaginais pas ça, je ne dis pas que tu n'es pas compétent hein ! Tu es plutôt... jeune pour un tel poste à responsabilité. C'est inhabituel.
- C'est vrai, admit Ron dans un sourire. J'ai un parcours... atypique. Je t'en parlerai plus tard, si ça ne te pose pas de problème.
- Des secrets inavouables au premier rendez-vous ? taquina le brun.
- Disons que, mon ascension est due à certaines prises de positions et actions de mon passé.
- Très vague.. Mais du moment que tu n'as pas tué quelqu'un pour y arriver ou coucher pour avoir ton poste, ça me va !
Ron rigola.
- Non, rien de tout ça. Je déteste les gens qui passent sous le bureau pour obtenir un poste. Tellement avilissant !
- C'est vrai, et ceux qui collectionnent les conquêtes sexuelles aussi ! ajouta Liam, soudain très sérieux. Tu n'as pas l'air d'être de cette catégorie, mais...sait-on jamais.
Le gryffondor tiqua à ses derniers propos.
- Je suis même l'inverse, tenta-t-il de le rassurer. Je ne dis pas être exemplaire, mais je n'ai jamais été un séducteur et jouer aux dépends des autres... ça fait trop mal.
Il était bien placé pour le savoir. Son plus grand amour l'avait déçu.
- Tu parles en connaissance de cause ? demanda doucement Liam.
Il avait senti de légers trémolos dans la voix du rouquin, preuve que ça ne devait pas être si vieux. Quelque soit la situation qu'il ait dû vivre.
La réponse tarda à venir mais Ron finit par hocher la tête. Un petit silence s'attarda entre eux. Liam aurait voulu qu'il en dise plus, mais de toute évidence, il devrait attendre de mieux le connaître s'il voulait avoir des confidences. Et s'il était intéressé autant que lui, l'était. Soit, c'était un bon moyen de diversion.
- Par contre, tu ne m'as toujours pas affiché la couleur... enchaîna-t-il avec entrain, montrant par là même qu'il passait à autre chose. Que dois-je comprendre de ce... tête-a-tête ? En est-ce un ? Ou dois-je pleurer les larmes de mon corps par mon manque de clairvoyance, en pensant que tu n'es pas gay ?
De nouveau, il avait ce splendide sourire séducteur collé au visage. Sans faire exprès, Ron s'attarda sur ses lèvres, brillantes. Elles étaient tentantes. Il se voyait bien les goûter, délicatement d'abord et les mordiller ensuite, pour enfin être certain qu'elles ne paraissaient pas seulement désirables.
Liam eut peur d'être allé trop loin dans ses questions, de s'être mépris sur ses intentions et de l'avoir brusqué. L'auror qu'il avait en face de lui n'avait peut-être pas fait son coming-out. Puis, il perçut le regard bleu de Ron, fixé sur lui, ou plutôt sur ses lèvres.
- Ron... tu m'entends...
L'interpellé finit par sortir de sa transe. Il se mit à rougir aux pensées qu'il avait eu. Il déraillait. Comment pouvait-il fantasmer sur un homme qu'il venait à peine de rencontrer ? Et pire encore... Comment avait-il pu laisser Blaise hors de tout ça ? Il se morigéna, il était là ce soir pour cette raison, passer outre Blaise.
Il se reprit et se souvint des derniers mots de Liam. D'une voix mal assurée, il déclara :
- Désolé, je... je m'étais un peu perdu en réflexion.
- J'ai cru le remarquer... laissa planer le serveur.
Il affichait un sourire en coin, signe qu'il avait plus ou moins deviné ses réflexions. Ron se mit à rougir encore plus, si c'était humainement possible.
- Je... Non... bégaya-t-il. Tu te trompes ! Enfin, non ! Ce n'est pas ce que je voulais dire !
Il était pathétique. Il souffla un bon coup et reprit, plus posé.
- D'accord, je fixais tes lèvres. Je l'avoue... Et oui, je suis gay... ou plutôt bi, même si je n'ai pas eu de petites amies depuis très longtemps.
Liam se laissa gagner par l'euphorie. Il avait vu juste dès leur première rencontre. Sa révélation n'avait besoin d'aucune parole de plus. Laissant son envie prendre le dessus, il posa sa main sur la nuque de Ron et se pencha vers lui pour l'embrasser. Leurs lèvres se touchèrent délicatement pour apprendre la texture de l'autre. Elles se mouvaient lentement pour apprécier le goût de ce premier baiser, puis le brun se recula, ne laissant que quelques centimètres entre eux.
Tu es vraiment le type le plus adorable qu'il m'ait été donné de rencontrer, murmura le brun, heureux de ce dénouement.
- Je suis ridicule, tu veux dire, grimaça Ron.
Ce baiser ne lui enlevait pas le malaise qui l'habitait. Son manque d'élocution dans les moments importants lui faisait toujours défaut.
- Ne dis pas de bêtises, et ne le penses surtout plus ! Tes petites imperfections font de toi une meilleure personne. Crois-moi ! certifia Liam, son regard suspendu au sien.
Une bouffée de chaleur s'immisça en Ron. Ils venaient de se rencontrer, et pourtant il se sentait bien en sa présence. Les mots qu'il venait d'entendre étaient ceux qu'il avait besoin. Après ce qu'il s'était passé avec Blaise et les autres, après la colère du moment, il avait toujours eu le sentiment d'avoir merdé et d'avoir usé des mauvaises paroles envers eux, d'être un parfait connard. La situation n'était pas la même, mais là, il se sentait valorisé. C'était agréable.
Ils n'avaient toujours pas bougé et Liam voyait beaucoup d'émotions passer à travers les orbes bleues. Il était évident que Ron était un homme tourmenté, il arrivait peut-être au mauvais moment dans sa vie. Il relâcha lentement sa nuque, comme pour revenir sur leur proximité.
- Non ! S'il te plaît !
Ron avait posé sa main sur la sienne, qui tentait de se retirer.
- Je... Je ne suis pas dans une phase très simple de ma vie, je te l'accorde... confessa le rouquin. Mais je ne veux pas en gâcher plus...
Cet aveu fût l'amorce d'un nouveau baiser par Ron. Cette fois, il prit lui-même les commandes. Passant ses mains dans la crinière brune, il l'embrassa plus franchement. il passa sa langue sur ses lèvres, quémandant l'accès à bien plus, et Liam ne put que lui accorder. Leurs langues se goûtèrent sans détour, ravageant leurs sens de sensations qu'ils avaient cru oublier. Ils n'avaient plus conscience de la réalité, se concentrant uniquement sur l'autre. Seul le manque d'air les obligea à mettre fin au baiser.
L'oxygène arrivant de nouveau à leurs cerveaux, ils prirent conscience de l'intensité de cette étreinte et de l'endroit public dans lequel ils étaient. Ils ne voulaient pas se faire mettre dehors pour comportements obscènes, surtout que Liam y travailler. Ron ne voulait pas lui causer d'ennuis.
Le gryffondor bredouilla des excuses face à son impulsivité.
- Aucun problème, je t'ai laissé faire, lui dit Liam. On peut continuer, mais plus doucement. Des petits bisous de rien du tout ne sont pas proscrits. Si tu savais ce que j'ai déjà pu voir ici !
Il se colla à lui, passant une de ses jambes en travers des siennes, un bras autour de ses épaules, massant la chevelure rousse. Ron vint accrocher, de son bras libre, la taille du brun.
Ainsi dans cette position, ils continuèrent de discuter pour mieux se connaître. Discussion coupée par quelques baisers de temps à autre. C'était nouveau, tout frais, et ils ne pouvaient pas s'en empêcher. Ils étaient dans leur petite bulle que rien ne pouvait troubler.
Pansy était choquée de la scène qu'elle avait sous les yeux. Pour peu, ils se seraient envoyés en l'air dans le bar. Elle, qui était si imperturbable, avait du mal à retrouver sa sérénité et Blaise s'en rendit compte.
- Pansy ! Que t'arrive-t-il ?
Elle secoua la tête, pour effacer les images qu'elle avait vu. Tentant un sourire, elle répondit à son meilleur ami.
- Rien, rien !
- Tu es sûre ? réitéra Blaise. J'étais en train de te parler de nos prochaines sorties, et toi, tu semblais choquée et ahurie. Je sais que j'ai le train de vie d'un petit vieux en ce moment, mais quand même, je peux en organiser.
La petite blague ne prit pas autant qu'il l'avait espéré. Il fronça les sourcils, réellement inquiet.
- Pansy, vas-tu me dire où est le problème ? insista-t-il.
- Je te dis que ça va ! répliqua la brune, à cran.
Ok, c'était clair que quelque chose clochait. Peut-être que son amie commençait à fatiguer.
- Si tu veux, on peut rentrer ? Tu as l'air déconnectée... Entre le boulot et moi, ça fait beaucoup. Tu as besoin de recharger les batteries. Même toi, tu n'es pas infaillible ma belle !
Sa réplique arracha un sourire à Pansy.
- D'accord, on rentre. Laisse-moi le temps d'aller régler la note, lui dit-elle en attrapant son sac. Avec la journée que je t'ai fait passé, tu mérites bien que je t'invite mon chéri ! minauda-t-elle.
- Hors de question ! rétorqua Blaise en se levant. Avec tout ce que tu fais pour moi, je peux bien t'inviter !
Sans lui laisser le temps d'ajouter quoi que ce soit, il se dirigea à grandes enjambées vers le bar.
- Blaise ! s'écria Pansy, sans succès.
Elle était debout, la respiration saccadée. Si Blaise tournait la tête, il risquait de voir Ron. La soirée s'était si bien déroulée, même après l'arrivée du gryffondor. Elle avait maintenu à distance le regard de Blaise de cette direction. Et maintenant, tout risquait de capoter. Elle croisa les doigts, et se mit à prier pour qu'il garde le regard bien droit sur le bar.
Blaise arriva sans encombre au comptoir pour payer. Il prit le temps de remercier le barman pour ses merveilleux cocktails ainsi que le personnel très agréable.
Pour éviter le pire, Pansy commença à se diriger vers Blaise, toujours au bar. Ce dernier, en glissant un pourboire dans la coupe réservée à cet effet, voulut se tourner pour chercher son amie quand son regard fût happé par une scène improbable. Il hallucinait.
Il croyait être en plein cauchemar.
- Oh non ! Lâcha Pansy, qui n'avait pas eu le temps d'empêcher la catastrophe.
À l'autre bout du bar, dans l'espace où était disposés les canapés, un couple était enlacé. L'un d'eux était reconnaissable rien qu'à sa chevelure flamboyante. Ron. Il aurait aimé se tromper et y voir un autre de la fratrie Weasley, mais non, c'était bien lui. Il souriait à ce type qui...
Ses yeux s'écarquillèrent en reconnaissant le serveur qu'il s'était fait un plaisir de dégager lors de leur précédente venue dans le bar. La rage explosa en lui. Il commença à s'avancer vers eux mais fut stoppé par deux éléments : l'un tirait sa main et l'autre fût le baiser qu'il vécut comme au ralenti.
Un coup de poignard en plein cœur.
Ron se laissait embrasser par ce sale type. Il le laissait poser ses mains dans ses cheveux et sur son torse. Le pire était qu'il lui répondait et le toucher en retour. Ron acceptait et donnait à un inconnu tout ce que lui, Blaise, aurait voulu avoir.
Sa tête tournait affreusement, ses oreilles bourdonnaient.
Tout en l'appelant, Pansy tirait sur le bras de Blaise, mais rien n'y faisait. Il était comme ancré dans le sol. Tétanisé.
Ron rigolait à l'anecdote que Liam venait de lui raconter, quand il sentit qu'on l'observait. Quand il tourna sa tête dans la direction pressentie, il sentit son sang se glacer.
Leurs yeux étaient rivés l'un à l'autre, sans qu'aucun ne rompe le contact. Blaise voulait tout du propriétaire de ces orbes bleues. Il voulait tout lui donner en retour. Il le suppliait presque de démentir ce qu'il voyait.
Liam avait senti Ron se tendre, sans raison apparente. Il l'interrogea, mais la réponse ne venait pas. Alors, il suivit le regard de Ron et tomba sur Blaise. Instantanément, il le reconnut.
Avant d'avoir pu dire un mot, Ron finit par lui répondre.
- Ce n'est rien d'important...
- Dans ce cas, embrasse-moi ! ordonna gentiment Liam, qui voulait être rassuré.
Il eut toutes les raisons de l'être quand Ron accéda à sa requête. Il l'embrassa de la même façon qu'un peu plus tôt, en y mettant toute son envie.
Un second coup de poignard.
Blaise manquait d'air sous les images de ce baiser. Il fallait mettre un terme à ça. Pansy décida d'employer les grands moyens en voyant son ami suffoquer. Elle le poussa violemment vers la sortie, l'assommant de sa voix pour qu'il se reconnecte à la réalité.
Une fois dehors, aidé par une petite brise fraîche, Blaise sembla revenir peu à peu à lui.
- Blaise...
Elle l'avait appelé d'une petite voix, douce, sans le brusquer plus. Il l'entendit, mais ne lui répondit rien. Il était perdu, dans un état second. Dans son esprit, il tentait de démêler le vrai du faux.
De nouveau, il perçut la voix de son amie.
- Blaise, s'il te plaît, répond-moi..
Elle paniquait. Il la comprenait, et en aurait fait autant si la situation était inversée. Encore une fois, les images l'assaillirent, lui vrillant le crâne. Il tomba sur un genou, les mains accrochées à sa tête.
- Bordel de merde ! jura Pansy, en glissant auprès de son meilleur ami.
Elle le prit dans ses bras, se moquant des regards qui se fixaient sur eux, devant le bar. Puis sans crier gare, Pansy se sentit happée par une force. Blaise avait transplané.
Elle tomba durement sur les fesses, ayant été prise par surprise. Elle eut le temps d'analyser qu'ils étaient de retour à l'appartement, avant d'entendre une porte claquer.
Blaise avait disparu dans sa chambre.
Elle se laissa tomber en arrière, bras sur le visage. Ils étaient de retour chez eux, c'était déjà bien, Blaise n'avait pas disparu à l'autre bout du pays. Néanmoins, les choses n'étaient pas meilleures. Elle était convaincue que cette fin de soirée venait d'anéantir tous les efforts qu'il avait fait, le replongeant plus que jamais dans ses heures sombres.
.
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Même jour, même moment.
Bar ''La Coqueluche''.
Quand Ron mit fin au baiser, il prit connaissance du départ de Blaise et Pansy. Il ne savait pas à quel moment ils étaient partis, mais c'était mieux ainsi.
La question première était, que faisait-il ici ce soir ? Ron pensa qu'ils l'avaient suivi, puis trouva son raisonnement idiot. Ils passaient leur temps à s'éviter, ce n'était pas logique. Enfin, il évitait Blaise, et comme Pansy était toujours avec lui, il évitait la brune aussi.
Alors, pourquoi ici, ce soir ? Il n'en savait rien et refusait de plus s'épancher sur la question. Il s'exhorta au calme, pour ne pas inquiéter Liam. Le brun avait eu des doutes quand il avait aperçu Blaise. À sa place, il en aurait été de même. Il aurait voulu des réponses à ses questions et...
- Qui est ce type pour toi ?
Et la question venait de tomber. Il ferma les yeux une seconde avant de faire face.
- Blaise, c'est un ami, répondit-il lentement, choisissant les bons mots. Nous sommes en froid.
Il ne mentait pas. C'était la vérité. Cependant, elle n'était pas complète et il manquait beaucoup d'informations, Ron en était conscient. Il ne voulait pas raconter cette histoire maintenant. C'était bien trop personnel, trop dur et Liam ne méritait pas de l'entendre dès le premier soir.
- Je suppose qu'il faudra me contenter de cette réponse pour ce soir, avança le brun.
Il pouvait quand même le mettre un peu sur la voie, histoire de voir une quelconque réaction.
- Pour le moment, oui, j'aimerai.
- D'accord, lâcha le brun, à contrecœur.
Liam était conscient qu'il ne pouvait pas obliger Ron à lui expliquer en détail. Ils venaient de se rencontrer. Lui-même ne lui avait pas parlé des choses les plus délicates et il sentait que cette histoire avec Blaise en faisait partie. Il détesta encore plus ce type pour être l'une des causes du trouble de Ron.
- Encore une question, demanda le brun, ce... Blaise... le soir où je t'ai rencontré, pour la vraie première fois... quand nous discutions et qu'il a débarqué avec ses gros sabots... il m'a clairement fait comprendre que je marchais sur sa chasse gardée.
Ron tenta d'intervenir mais fût réduit au silence par deux doigts sur sa bouche.
- Je n'ai pas fini, ajouta Liam. Ce soir là, tu as été surpris de ce rendez-vous qui était censé être prévu entre vous... Et tu as refusé le mien, en allant dans son sens. Je comprends, c'est ton ami et tu ne voulais pas le blesser dans sa fierté et son ego. Ma question est donc... Êtes-vous sortis ensembles ?
Que répondre ? Bien sûr que non, ils n'étaient pas sortis ensembles. Fort heureusement. Ron ne se serait jamais relevé d'une telle trahison s'ils en étaient arrivés là. Blaise avait eu le mérite de faire sa révélation avant.
- Non... répondit Ron. Nous n'en avons pas eu le temps. Notre… désaccord a eu lieu, lors de ce fameux rendez-vous.
Il garda le silence après sa réponse, replongeant dans les événements passés. C'était toujours aussi douloureux. À ceux-là s'ajoutaient ceux de ce soir. Il ferma les yeux, voulant oublier Blaise, son regard détruit et sa détresse si flagrante. Il était touché par cette vision, bien plus qu'il ne l'imaginait.
Liam le vit se crisper. Sa question avait sûrement remué des choses. Il était désolé de l'avoir fait, mais il voulait être certain des faits. Fréquenter un homme déjà pris ne faisait pas partie de ses principes, aussi détestable soit le petit-ami en question. Il prit son menton entre son pouce et son index.
- Excuse-moi de te torturer, je ne le ferai plus, lui affirma-t-il en posant ses lèvres sur les siennes.
Ron se laissa porter par le contact, essayant d'oblitérer tout ce qui n'était Liam.
Quand ce dernier lui proposa de quitter le bar, il accepta.
Quand Liam lui proposa de rester encore près de lui, il accepta de nouveau et proposa d'aller à son appartement.
Quand ils s'allongèrent sur le canapé en s'embrassant et que Liam voulut partir, Ron refusa...
Et lui demanda de rester la nuit.
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À suivre...
.
Après cette fin de chapitre, j'avoue avoir hésité à me manifester... Je prends le risque !
Les choses ne s'arrangent pas vraiment entre Blaise & Ron, je sais... Néanmoins, j'espère avoir, suffisamment (trop ?), approfondi mon analyse les concernant. Vous aurez noté une petite scène de Drarry. Hum... Je n'ai pas pu m'en empêcher... Mon premier amour de couple.
On va passer au classique...
Merci de m'avoir lu & n'hésitez pas à me laisser vos avis, questions, théories, envies... Insultes, menaces, tortures de mort... Je prends tout !
À bientôt, Miss Crazy Drake. Plus que jamais à votre service.
