Chapitre 4:
La journée avait passée rapidement entre mes cours et mes devoirs.
Et pour le moment j'avais la tête un peu ailleurs! Je ne cessais de penser à ma « rencontre » de ce matin.Rencontre ne serait peut-être pas le mot approprié pour quelqu'un que je côtoie depuis sept ans maintenant!
Mais pour ma défense, les Serdaigles et les Gryffondors ne se mélangent pas tellement...Ouais bon, mon excuse est nulle! Je l'avoue.
Je vais souvent à la bibliothèque et les Serdaigles sont reconnus pour leur assiduité au travail mais...il y a tellement de monde à Poudlard!
Encore une fois, je fais preuve de superficialité et cela m'agace. J'ai des principes et pourtant...
Si Aydan n'avait pas été aussi beau et bien foutu me serais-je intéressée à lui? Me serais-je aussi rapidement sentie à l'aise avec lui? Aurais-je simplement voulu apprendre à le connaître plus, comme c'est le cas en ce moment?
J'ai parfois l'impression que tout repose sur l'apparence physique et cela m'agace prodigieusement.
Une personne qui n'est pas forcément belle peut être tout aussi intéressante et gentille qu'une personne qui l'est. Et je sais que les gens associent souvent bonté et beauté tout comme ils associent laideur et méchanceté.
Mais je sais que tout ceci est faux est pourtant cela ne m'empêche pas de me laisser berner comme tous les autres. Et cela entraîne des questions plus pertinentes.
Est-ce que si je n'avais pas été aussi jolie (en toute modestie bien sûr), aurais-je autant d'amies et d'amis qu'aujourd'hui? Serais-je aussi populaire et appréciée?
Je ne le sais pas. Mais ce que je sais c'est que lorsqu'on croise quelqu'un de beau dans la rue, on a plus envie de l'aborder qu'une personne laide.
Le physique est important en général. Personnellement, je ne prend pas soin de mon apparence "parce qu'il le faut", mais pour moi. J'aime me sentir bien dans ma peau, me sentir féminine.
Et comme l'avait dit Simone de Beauvoir avant moi : "On ne naît pas femme : on le devient."
Je ne peux empêcher des questions de se poser dans ma tête, mais je sais qu'elles ne serviront à rien. Je n'y aurais jamais les réponses de toute façon.
Aydan m'attirait et je ne pouvais le nier.
Mais avec Sirius c'était quelque chose de beaucoup plus fort, de plus important qu'une simple attirance. Des sentiments, de l'amour.
« Laisse-lui deux mois ».
Je ne pouvais m'empêcher d'y penser. Il pouvait se passer tellement de choses en deux mois. Tout pouvait évoluer de la même manière que tout pouvait se dégrader et s'écrouler.
Je crevais de trouille. Ce n'était pas Sirius qui me faisait peur, ça non!
C'était l'amour que je ressentais pour lui qui m'effrayait. Cela pouvait sembler idiot mais...
Ce sentiment de jalousie et de peur lorsque je voyais les autres filles lui tourner autour tels des vautours se jetant sans ménagement sur leur proie me rongeait énormément.
Si je n'avais pas un tant soit peu de maîtrise de moi et de sang froid, je leur sauterais dessus sans retenue mais voilà. Je craignais qu'un jour je ne puisse modérer mes pulsions. Cela serait un massacre.
Parfois, je pensais des choses si blessantes et horribles sur les filles qui essayaient de le séduire que j'avais l'impression d'être quelqu'un d'autre. J'avais honte de moi.
Je ne me reconnaissais plus et cela me faisait peur.
Je jetais un coup d'œil à ma montre et décidais qu'il était tant d'y aller.
Le repas allait bientôt commencer et je ne voulais pas être en retard. J'avais promis à Amos que je mangerais à sa table et je comptais bien honorer ma promesse.
Mais cela resterait un simple repas, je ne voulais pas lui donner de faux espoir, surtout qu'il avait l'air d'être un garçon formidable et que je ne voulais pas le blesser.
Un coup d'œil à ma montre et je descendis du dortoir rejoindre mes amies restées à la salle commune.
Je descendis rapidement les escaliers en colimaçon et rejoignit les filles qui étaient assises avec les maraudeurs. Et qui dit Maraudeurs dit Sirius Black.
Il semblait se chamailler avec Dorcas comme d'habitude. Ils se connaissaient depuis l'enfance. Etant tous les deux membre d'une grande et « noble » famille de sang-pur, ils assistaient depuis leur enfance aux réunions familiales.
Car oui, toutes les familles de sang-pur étaient plus au moins reliées entre elles, donc il était inévitable qu'ils se connaissent. Tout comme Marlène et James.
-On descend à la Grande-Salle? Demandais-je aux autres.
-Oh oui! S'écria Peter joyeusement. Je meurs de faim!
-Comme d'habitude Pet'! Rétorqua James en riant. Ils se levèrent et c'est dans la bonne humeur que nous descendîmes ensemble à la Grande-Salle.
Nous pénétrâmes ensemble dans la vaste salle et je repérais rapidement Amos assis à la table des Poufsouffles, accompagné de quelques amis. Il semblait m'attendre.
-Bon moi j'y vais! On se voit après! Dis-je aux autres.
-Ok! Et pense à ce que je t'ai dit! Répondit Dorcas avec un clin d'œil.
Je me dirigeais vers la table des Poufsouffles mais j'entendis tout de même Sirius s'exclamer:
-Mais...Elle va où? C'est pas par là la table des Gryffondors!
-Sans blague! Non mais quelle logique Siri! Je pense qu'au bout de sept ans elle s'en est rendue compte! Se moqua Dorcas.
-Oh ça va hein! Tu vas pas recommencer non plus! Bougonna-t-il.
-Bouh ouh! J'ai vexé le petit Sirinouchet! Fit-elle en jubilant!
-Oh ça va vous deux! Vous voulez pas arrêter de vous comporter comme des gamins de temps en temps?dit Remus.
Je souris. C'était du Remus tout craché ça! Toujours aussi sage. Je le verrais bien en professeur plus tard. Pourquoi pas en professeur de défense contre les forces du mal?
Il excellait en cette matière et était quelqu'un de calme, posé et patient. Sans compter qu'il savait expliquer les choses! Professeur R.J Lupin! Sa sonnait bien non? Il faudrait que je lui en touche un mot à ce sujet...
Je me dirigeai vers Amos, un léger sourire flottant sur mes lèvres.
En me voyant arriver, il se leva rapidement et dans sa précipitation, faillit tomber à terre en se prenant le banc dans les jambes.
Je retins un début de fou rire et arrivée à sa hauteur il me salua maladroitement.
Il me prit la main dans la sienne, hésita quelques instants avant de la porter à ses lèvres stoppa son geste à deux centimètres de sa bouche pour enfin me la lâcher et me prendre maladroitement dans ses bras.
Je ne pus davantage me retenir de rire, et lui claquait une bise sur les deux joues tandis qu'il rougissait. Il était aussi rouge que les cheveux d'Arthur Weasley, ce qui voulait tout dire…
-Nerveux ? lui demandais-je.
-Un peu. M'avoua-t-il, penaud.
Il faisait peine à voir et je ne pus m'empêcher de lui sourire gentiment.
Il ressemblait à un petit garçon prit en faute, qui avait besoin d'être rassuré, voire materné. Amos semblait si innocent que cela m'adoucissait.
Il m'invita à prendre place à côté de lui, tandis que lui-même se rasseyait à sa place initiale. Il me présenta à ses amis, des Poufsouffles que je connaissais plus ou moins de vue, et nous nous mîmes à discuter tous ensemble d'un ton joyeux.
Je découvris que les amis d'Amos et lui-même étaient de gais lurons et qu'ils étaient très drôles.
Un peu naïfs sur les bords, mais hilarant.
Ils me racontaient quelques anecdotes, histoires qui leur étaient arrivés à Poudlard, au renfort de grands gestes pour illustrer leur propos.
Je crus mourir de rire ! Finalement, il n'y avait pas que les Maraudeurs qui faisaient des farces. Les amis d'Amos aussi aimaient plaisanter, faire des farces (au détriment de Miss Teigne et Rusard d'ailleurs), rire et profiter de la vie au jour le jour.
« Après tout, on ne vit qu'une fois et la vie est courte», avait affirmé un ami d'Amos.
Et pour cela je ne pouvais que l'approuver. Ils aimaient oublier l'atmosphère tendue qui régnait à Poudlard comme partout en Angleterre, depuis la montée en puissance de Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom alias Lord Voldemort.
Je ne pus que penser qu'ils étaient bien insouciants d'agir comme cela, car un jour, la réalité leur arriverait en plein visage.
Nous ne serions pas à Poudlard pour toujours et Dumbledore ne serait pas toujours là pour nous protéger. Mais j'enviais néanmoins leur manière de « s'évader » de toutes ses tensions.
Le repas se passa relativement bien si j'éliminais les regards assassins que m'adressait la plupart de la gent féminine de Poufsouffle, sans compter les regards outrés de certains Gryffondors (l'auteure : mais non Sirius, tu n'es pas visé voyons…) qui ne voyait pas la raison « qu'une des leurs », mange ailleurs qu'à leur table.
(Avoue que c'est plutôt le fait qu'elle mange avec Amos qui te dérange…rooo c'est bon….je me tais…)
En voyant ces regards, j'eus l'envie soudaine de leur crier au visage « et le rapprochement des maisons vous connaissez ? », mais contins ma rage.
Les élèves de septième année étaient vraiment immatures pour la plupart et il était grand temps qu'ils grandissent un peu. Songeais-je, amère.
Comment feraient-ils une fois hors de l'enceinte et des murs protecteurs de Poudlard ?
Il faudrait bien qu'ils collaborent ensemble un jour. Et le fait qu'ils soient pour la plupart à Serdaigle, Poufsouffle, Gryffondors ou Serpentards, n'en faisait pas moins des hommes et des femmes.
Ils étaient tous égaux et ce n'était pas la maison qui faisait d'eux ce qu'ils étaient vraiment et qui déterminait leur caractère.
Tous les Serpentards n'étaient pas mauvais, comme il se trouvait à Gryffondors des peureux (hum hum, où se cache encore Pettigrow ?), à Serdaigle des paresseux, et à Poufsouffle des élèves loyaux et travailleurs.
Mais tout ceci ne semblait pas décidé à rentré dans leur caboche à la vue de leur réaction.
Le repas toucha à sa fin, et après avoir salué les amis d'Amos, j'entraînai ce dernier par le bras. Je désirais lui parler seule à seul.
Je sortis de la Grande-Salle, et croisais Dorcas, Marlène et Alice qui en sortait également, avant de leur articuler un « plus tard » silencieux et de m'éloigner avec Amos.
Je l'amenai à l'écart, dans une salle vide et apparemment inutilisée depuis un certain temps au vu de la poussière et du désordre qui y régnait.
Certaines tables étaient cassées ainsi que de nombreuses chaises qui ne possédaient que trois voire deux pieds au lieu des quatre réglementaires. Les fenêtres étaient sales et crasseuses et empêchaient légèrement la lumière de pénétrer correctement dans la pièce.
Je n'en tins pas compte, et à l'aide d'un « Récurvite », la poussière qui s'était amoncelée sur le pupitre professoral, s'évapora rapidement.
Je m'assis dessus et l'invitais à faire de même. Intrigué, il prit place à mes côtés en silence. Je soupirais discrètement.
Je n'aimais pas dire et faire ce genre de choses mais je n'avais pas le choix. Je tournais la tête vers lui et je vis qu'il m'observait avec une lueur qui ne me plaisait pas beaucoup.
C'était pour ça que je devais lui parler, pour qu'il ne se fasse pas de fausses illusions.
J'avais compris en partageant ce repas et en discutant avec lui que même s'il n'y avait pas eu Sirius, rien n'aurait jamais été possible entre lui et moi. Je le voyais mieux dans le rôle d'un ami plutôt que d'un petit ami.
-Ce que j'ai à te dire n'est pas vraiment facile alors j'aimerais que tu ne m'interrompes pas s'il te plaît. Commençais-je.
Il acquiesça silencieusement et je poursuivis :
-Voilà. Amos tu es quelqu'un de réellement extraordinaire, gentil, vivant et attachant. Et je t'apprécie énormément. C'est pour ça que je vais te dire cela maintenant. Parce que je tiens à toi…
Je m'arrêtais quelques secondes hésitante mais je poursuivis finalement :
-Je ne pense pas qu'il puisse y avoir un jour entre nous deux, plus que de l'amitié.
Je n'arrive pas à te voir autrement que comme un ami. Et je préfère que tu le saches maintenant car je ne veux pas que tu sois trop déçu par la suite, J'espère que cela ne nous empêchera pas de rester bon ami. Voilà.
Je levais les yeux vers lui et je remarquai tout de suite sa mine peinée et grave. Je savais que je lui avais fait du mal mais je préférais mettre les choses à plat avant que ce ne soit trop tard.
Autant pour moi les choses n'avaient pas été faciles à dire, autant je savais qu'elles n'avaient pas été faciles à entendre. Et je me sentais mal de lui faire de la peine.
-Tu sais Lily, je voudrais te remercier. Me dit-il enfin après quelques minutes de silence.
-Me remercier ? fit-je vraiment surprise par cette déclaration.
-Oui. Parce que je sais que peu de personnes auraient eu le cran de m'avouer ça. Et je voudrais t'en remercier. Au moins les choses sont claires à présent et je respecte ton choix même si je suis un peu déçu. Je ne pourrais jamais nier que j'aurais aimé « qu'il se passe quelque chose » mais je ne pourrais jamais te forcer à quoi que ce soit.
Il me regardait dans les yeux et je voyais bien qu'il ne pouvait être plus sincère. Et j'étais soulagée qu'il le prenne aussi bien.
-Alors amis ? Proposais-je en lui tendant ma main.
-Amis ! Confirma-t-il en la capturant dans la sienne.
Il relâcha alors ma main et nous restâmes assis sur ce pupitre miteux quelques minutes avant qu'il ne brise le silence :
-Je suppose que mes amis doivent se demander où je suis passé alors…je ferais mieux d'y aller. Me dit-il en se levant.
J'acquiesçai et le suivi jusqu'à la porte de la salle. Je lui fis un sourire gêné et lui dit :
-Bon alors…au revoir Amos. A bientôt j'espère.
-A bientôt. Me répondit-il simplement avant de tourner les talons et de s'éloigner prenant la direction opposée de celle que je devais prendre.
Je le regardais partir avant de me décider moi-même à rentrer dans ma salle commune.
J'y retrouvais les filles assises sur un grand canapé rouge au coin de la cheminée en compagnie des Maraudeurs. Ils semblaient discuter avec animation et je m'approchais d'eux. Mon arrivée fut suivie par un grand silence que personne ne semblait vouloir briser.
Dorcas prit finalement la parole :
-Alors ? Ça s'est bien passé ? Me demanda-t-elle compatissante.
-Ouais, ça a pas trop mal été. Affirmais-je.
-Tu n'es pas restée avec « Amos » le grand, le beau, le magnifique attrapeur et capitaine de l'équipe de Poufsouffle ? demanda Sirius hargneusement.
Cette pique jeta un froid dans le groupe. Je dévisageais Sirius, m'efforçant de garder une expression neutre. Je ne voulais pas lui montrer ma déception et ma colère. Il fallait que je reste maître de moi-même. Mais…
-Qu'est-ce que ça peut bien te faire ? Répliquai-je d'un ton acide. Je n'ai aucun compte à te rendre.
- C'est qu'elle défendrait son nouveau petit ami ? Comme c'est mignon! Se moqua Sirius, méchamment.
-Ce n'est pas mon petit ami ! protestai-je. Tu me déçois Sirius ! Tu n'es vraiment qu'un crétin !
-Un crétin, moi ? dit-il en élevant la voix. S'attirant ainsi les regards des quelques élèves présents dans la salle commune. Eh bien, sache que ce n'est pas moi qui fricote avec l'ennemi !
-Avec l'ennemi ? m'écriai-je furieuse. Et puis quoi encore ? Depuis quand les Poufsouffles sont nos ennemis, Black ?
-Depuis qu'ils sont trop lâches pour prendre des décisions tous seuls et qu'ils se laissent enrôler par les Mangemorts ! s'écria-t-il furieux et choqué qu'elle l'appelle par son nom de famille.
-Calmez-vous, maintenant, s'exclamèrent en même temps Dorcas et Remus.
Lily tout comme Sirius ignora leur intervention.
-Les Poufsouffles étaient aussi tes ennemis quand tu allais chercher dans leur maison des filles à mettre dans ton lit ? m'écriai-je hors de moi.
Sirius fut totalement dérouté par la réplique de Lily et ne trouva quoi lui répondre. J'enchaînai :
-Les Poufsouffles ne sont pas tous aussi naïfs que tu le crois Black ! Tout comme les Serpentards ne sont pas tous mauvais !
-Des Serpentards pas mauvais ? Laisse-moi rire ! Ce sont tous des futurs Mangemorts ! cria-t-il.
Il n'y avait plus un seul bruit dans la salle commune mis à part les cris de Sirius et Lily, tous étant trop captivés par la dispute se déroulant sous leurs yeux.
-Tu ne devrais pas généraliser ainsi Black !
-Je ne généralise pas, c'est la vérité ! Ils n'ont qu'une seule ambition, c'est de se mettre à la botte de Voldemort.
A ce nom, la plupart des élèves frémirent et tressaillirent. Comme si le seul fait que Sirius ait prononcé son nom, allait le faire apparaître dans la salle commune !
-Tu généralises trop Black et c'est là ton plus gros défaut ! Car si tu suis ton propre raisonnement, ceux de Serpentards sont tous de futurs Mangemorts, et ils viennent tous de grandes familles de Sang-pur ! Continua plus calmement Lily. Hors tu es un Black et tu devrais toi aussi être à Serpentard.
-Comment oses-tu ? Me traiter de Mangemort ! hurla Sirius hors de lui.
-Je ne fais que généraliser ! Comme toi Black ! Je ne fais que te montrer tes erreurs. Car oui tu es un Black, mais tu n'as pas été pour autant envoyé à Serpentard comme toute ta famille avant toi ! Tu as été envoyé à Gryffondor !
Cela parut calmer Sirius, un temps soit peu.
-Tout ça pour te montrer Black, que tu devrais te montrer moins terre à terre et être plus ouvert.
Nous sommes tous différents, et ce sont nos choix qui déterminent ceux que nous sommes. Rien de plus rien de moins.
Ce sont tes choix qui t'ont différencié de ta famille et qui t'ont porté à Gryffondor. Tes choix encore qui t'ont poussé à t'enfuir de « là-bas ». Tes choix qui font que tu es celui que tu es aujourd'hui.
Elle le regarda, peinée et déçue que celui qu'elle aimait soit si aveugle, si différent de celui qu'elle avait l'habitude de voir et d'idéaliser la plupart du temps.
Mais après tout cela ne faisait que démontrer l'expression du « personne n'est parfait ». Mais tout de même ! Il avait été un peu loin. Tous les Serpentards n'étaient pas condamné à être des Mangemorts et ça Lily le savait fort bien.
Rageuse, elle tourna les talons et monta rapidement dans son dortoir avant de s'écrouler sur son lit. Elle martela son oreiller de coup de point avant de d'y enfouir son visage et de crier sa frustration !
Bon Dieu, qu'est-ce que ça pouvait faire du bien !
Elle entendit la porte du dortoir s'ouvrir et Dorcas apparut. Elle s'approcha du lit de Lily et s'assit à ses côtés.
-Tu t'es calmée ? lui demanda-t-elle.
-Me calmer ? Me calmer ? Pourquoi devrais-je me calmer ? C'est à lui qu'il faut aller demander ça ! C'est lui qui m'a littéralement « agressée ». Tu as vu comment il m'a parlée ! Même Potter était plus respectueux que lui !
-Tu l'as quand même traité de Mangemort ! lui glissa Dorcas.
-JE NE L'AI PAS TRAIT… DE MANGEMORT ! explosa-t-elle.
-Ne crie pas s'il te plait ! lui intima Dorcas.
-Je n'ai fais qu'illustrer mes exemples en lui montrant toute l'étendue de sa bêtise !
-J'ai trouvé ça un peu méchant ! Tu as un peu exagéré ! fit Dorcas. Enfin, moi je dis ça je dis rien…
-Alors ferme-là ! Je n'ai pas besoin de tes raisonnements à la noix.
Vexée, Dorcas sortit du dortoir en claquant la porte.
-Et voilà qu'elle s'y met aussi ! Génial ! Ils ont tous décidé de se monter contre moi aujourd'hui ou bien ? Tant pis, ils ne comprennent rien de toute façon ! Leur bêtise les perdra.
Oh et puis merde à la fin ! Je vais pas rester cloîtrée ici à broyer du noir ! Je suis Lily Evans ! s'écria-t-elle brusquement.
Elle se leva et rejoignit la salle de bain. Voyant l'état de ses cheveux, elle attrapa sa brosse à cheveux et les démêla furieusement.
Puis elle redescendit à la Salle Commune et passa devant les autres sans leur accorder un regard avant de partir. Elle monta une volée de marches, emprunta plusieurs passages que Remus lui avaient montré et se retrouva bientôt face à un mur.
Elle passa trois fois devant, se concentrant fortement. Une porte apparut et elle l'ouvrit.
La pièce était grande et claire, et sur une table était posé des piles et des piles d'assiettes et de verres, quelques vases en cristal et autres.
Elle s'empara furieusement de quelques assiettes avant de les projeter à terre.
Elle cassait tout ce qui était à portée main, et une bonne demi-heure plus tard, lorsqu'il ne restait plus rien sur la table, elle se laissa tomber à terre, n'ayant visiblement rien à fiche de se trouver sur des morceaux de verre.
Elle souffla avant de craquer. Les larmes abondaient à ses yeux et se déversaient sur ses joues sans qu'elle ne puisse rien faire.
Pourquoi avait-il été si odieux avec elle ? Pourquoi alors que tout allait bien faisait-il en sorte de tout gâcher ? Et surtout pourquoi se mettait-elle dans un état pareil ?
« Parce que tu l'aimes » lui dit une petite voix dans sa tête.
Sans réfléchir elle attrapa quelque chose et le serra de toute sa force dans son poing. Le verre brisé lui entailla profondément la main gauche, alors que sa main droite arborait déjà une coupure.
Elle laissa échapper un petit cri de douleur avant de lâcher le reste du vase et de se remettre sur pied prestement.
Elle donna un coup de pied rageur dans les débris de verre. Et contemplant l'ampleur du désordre qui régnait dans la pièce, elle eut un soupçon de fierté.
-Au moins, je suis bonne pour les scènes de ménage ! se dit-elle.
Puis, elle eut envie de quelque chose. Quelque chose auquel elle n'avait pas touché depuis des années et qui lui manquait.
A peine cette pensée, lui eut-elle effleuré l'esprit que l'objet de ses désirs apparut dans la pièce.
Un piano à queue, se trouvait là, rutilant et étincelant de tout son éclat.
Elle s'approcha prudemment, prenant garde à ne pas se casser la figure sur des débris de verre, avant de s'asseoir devant le piano.
D'abord timidement, elle joua une mélodie puis prenant plus d'assurance et reprenant confiance en ses capacités, elle joua.
Le temps passait sans qu'elle en ait conscience, rien ne comptait plus en ce moment que jouer. Les débris de verre et le désordre de la pièce ne la gênaient pas, étant pourtant une grande maniaque du rangement.
Le sang qu'elle laissait sur les touches, ni la douleur qui la lançait à la main ne comptait. Qu'était après tout la douleur physique par rapport à la douleur morale ? Rien du tout, et elle en savait quelque chose.
Alors elle continuait à jouer. Parce que ça la soulageait. Parce que ça l'emportait loin. Elle jouait leur mélodie. Celle que Nate l'avait aidée à composer il y avait quatre ans de cela pour les vingt de mariage de ses parents.
Elle ferma les yeux, pour mieux écouter la mélodie. Pour mieux ressentir. Ses doigts glissaient habilement sur le clavier. La musique était lente et saisissante. Elle la ramenait quatre ans en arrière.
I'm haunted by this photograph
And Don't know why
Everytime I look, I get shivers down my spine
You're such a beautiful face
I know those eyes
They take me back in time
Sa voix était saisissante, claire, limpide, claquante dans le silence de la pièce.
She could be you
I wouldn't even know
She could be you
But that was long ago
She could be you
Sa voix et la musique du piano emplissaient la pièce. Lui donnait vie.
I wish that I could tell you
What she don't know
I dream about that day
But it's impossible
In another world,
I'll be yours tonight
But i can't break free from this life
Sa voix. Pleine de sentiments, belle et envoûtante. Elle chantait avec son cœur, et cela se ressentait.
She could be you
I wouldn't even know
She could be you
But that was long ago
She could be you
Les larmes coulaient sur ses joues sans qu'elle ne fasse un geste pour les essuyer.
I see it all the time
I know it's true
A picture doesn't lie
Elle cessa de chanter alors que ses doigts glissaient toujours sur le clavier. La chanson était finie. Elle arrêta de jouer.
Trop d'émotions la submergeaient et elle enfouit son visage entre ses mains sanglantes. Elle était à deux doigts de craquer de nouveau et elle essayait de refouler les larmes qui lui montaient aux yeux. Sans succès. Elle sentait les larmes affluer à ses yeux.
Une main se posa sur son épaule et elle sursauta. Se retournant d'un coup elle se retrouva face à Remus qui si au début parut compatissant sembla soudainement surpris et paniqué en voyant le clavier du piano rouge de son sang et son visage.
« Quoi ? Voulut lui demander Lily. Ma tronche est si horrible que ça, pour que tu fasses une tête pareille ? »
-Qu'est-ce que tu as ? Tu as du sang partout ! Qu'as-tu fais ? Lily répond-moi !
-Mais je n'ai rien ! Protesta-t-elle ! Ce n'est rien du tout ! Et toi que fais-tu la ?
A sa dernière question, Remus se détendit.
-Quelqu'un voulait te présenter ses excuses…
-Oh ! Et qui ça ?
-Tourne-toi et tu verras bien !
Lily se leva et se retourna. Près de la porte se trouvaient James, Franck, Alice et … Sirius.
Ils eurent un sursaut d'effroi, lorsqu'ils aperçurent les mains ensanglantées de Lily. Alice se précipita vers sa meilleure amie.
Mais avant qu'elle ne puisse dire un mot, Lily prit la parole.
-Alice, je t'expliquerais plus tard, si tu veux bien ! Et pour la deuxième fois, ce n'est pas grave !
-C'est ce que tu dis toujours ! rétorqua Alice en l'examinant sous tous les angles.
-Arrête Alice, s'il te plait. Je n'ai pas envie de me fâcher avec toi. Je pense… Elle jeta un regard prudent vers Sirius. Que j'ai eu mon compte de dispute pour aujourd'hui.
Alice s'arrêta alors.
-Je comprends. Mais je pense que tu devrais aller à l'infirmerie ! Mme Pomfresh te…
-Hors de question ! Il est hors de question que je mette un seul pied là-bas ! la coupa une Lily horrifiée. Je me soignerais toute seule.
-Alors tu me laisseras t'aider ! Et il n'y a pas de mais, ou je te fais un coup tordu et je t'emmènerai de force dans le repère du dragon !
-D'accord ! Soupira Lily. Si tu insistes !
Alice eut un sourire vainqueur et entraîna Lily vers les garçons.
-Vous venez les garçons, dit-elle aux garçons. Laissons Lily et Sirius s'expliquer !
Elle entraîna alors Remus, James et Franck vers la sortie et ils sortirent rapidement, vérifiant tout d'abord que Rusard n'était pas dans le coin grâce à la carte des Maraudeurs.
Puis avant de partir, James donna à Sirius sa cape d'invisibilité.
-On sait jamais ! Rusard rôde beaucoup plus que d'habitude en ce moment !
Et il sortit rejoindre les autres dans le couloir, laissant seuls Lily et Sirius.
Un silence gênant s'était installé dans la salle. Sirius le brisa :
-Je suis désolé, vraiment ! Je ne sais pas ce qu'il m'a prit de te parler comme ça tout à l'heure ! dit-il rapidement, sans oser regarder Lily qui stupéfaite en resta les bras ballant.
-Et ce que tu m'as dit, m'a ouvert les yeux ! Continua-t-il. Tu avais raison ! Les Poufsouffles ne sont pas nos ennemis et les Serpentards…
Il laissa sa phrase en suspend, comme si c'était trop difficile de la continuer.
-Les Serpentards…Il s'arrêta de nouveau, respira un bon coup…ne sont pas tous mauvais ! Reconnut-il. Mais il ajouta tout de suite, « Mais la majorité le sont et tu le sais aussi bien que moi ! ». Voilà, c'est tout ce que j'avais à te dire. Conclut-il mal à l'aise.
Lily avait de la peine à comprendre ce qu'il se passait. Sirius Black était-il réellement entrain de s'excuser ? Le Sirius Black ? Faire des excuses ? Reconnaître ses tords ?
Waouh, c'était… la première fois qu'elle le voyait faire et cela lui fit un choc.
Elle ne réagit pas tout de suite.
Sirius, prenant cela comme un refus, commença à s'en aller, déçu du manque de réaction de Lily.
Il avait dû prendre sur lui pour dire tout cela et ce n'avait pas été facile ! Surtout que c'était bien la première fois qu'il s'excusait de quelque chose envers quelqu'un !
Mais il fallait bien un début à tout non ?
Lily se ressaisit lorsqu'elle le vit s'éloigner d'elle.
-Attend ! cria-t-elle.
Il s'immobilisa alors, dos à elle, attendant la suite. Elle courut vers lui et se posta devant lui, encrant son regard dans le sien.
-J'accepte tes excuses, et je te présente les miennes. Je n'aurais pas dû te répondre ainsi ! Et…
Il balaya ses paroles d'un geste de la main.
-C'est oublié ! Et il fallait bien un jour que quelqu'un me remette un peu à ma place et m'ouvre les yeux !
Pour toute réponse, Lily lui sauta au cou. Il vacilla légèrement, surpris par ce geste avant de refermer ses bras sur son dos.
Il aimait la sentir contre lui, la chaleur et la douceur de sa peau contre la sienne, son parfum enivrant lui embaumant le cœur et lui faisant tourner la tête. Elle. Si vulnérable entre ces bras et en même temps si forte.
Elle s'écarta de lui, à regrets.
-Il faudrait peut-être rentrer. Les autres vont s'inquiéter ou s'imaginer des choses…
Il lui sourit.
-Tu as raison, rentrons.
Il se rapprocha d'elle et déploya la cape de James sur leurs têtes.
-Désolé, mais il va falloir qu'on se serre. La cape est devenue petite ! Enfin, on a plutôt grandi donc…
« Tu es désolé ? Moi je suis plus que ravie de me serrer tout contre toi, Sirius ! Si tu me le proposais j'accepterais bien un collé-serré sur du zouk…» Mourrait-elle d'envie de dire ! Mais elle se contenta d'un simple :
-Pas de problème.
Et elle se glissa tout contre lui, tandis qu'il s'occupait de réajuster la cape sur eux pour qu'aucune partie de leur corps ne soit visible.
Ils sortirent de la Salle sur Demande et marchaient depuis quelques minutes déjà lorsque Miss Teigne surgit devant eux alors qu'ils étaient à l'angle d'un couloir.
Aussitôt, Sirius la plaqua contre le mur et posa un doigt sur ses lèvres, l'empêchant de poser une question. Rusard déboula devant eux, une lanterne à la main. Examinant chaque parcelle du couloir à la lueur de la lanterne.
Aussitôt Sirius se serra tout contre elle, pour que Rusard qui passait à quelques centimètres d'eux, ne le touche pas.
Lily se sentit toute chose, lorsque Sirius se colla à elle. Il faisait chaud tout à coup, nan ?
Elle sentait son torse puissant contre sa poitrine, se soulevant à un rythme irrégulier, ses mains posées sur ses hanches, son souffle sur ses lèvres.
« Nom de Dieu ! Waouh ! Il est si...Waouh! J'en perds tous mes moyens, et mon vocabulaire se fait la malle !» Ses yeux se posèrent comme par automatisme sur ses lèvres. Des lèvres qui semblaient si douce si appétissantes, si…ARGH !
« Lily non ! Ne pense pas à ça ! N'y pense même pas ! » Se sermonna-t-elle, intérieurement.
Et ses yeux ! D'un bleu unique ! Magnifiques. Elle rêvait de se noyer dans son regard. Ses yeux. Si malicieux, si rieurs, si…
« Putain ! Je perds les pédales !! Problème de connexion, problèmes de connexion ! Mayday Mayday ! … Cerveau déconnecté ! »
Sirius était troublé par le peu de proximité entre lui et Lily. C'était la première fois qu'une fille produisait autant d'effet sur lui. Il semblait comme hypnotiser par elle, par sa grâce, sa beauté. Et la sentir si près de lui… il crut défaillir, tant le plaisir était intense. Elle était si sexy en ce moment. Il se retenait difficilement…
Elle mourrait d'envie de dévorer son cou si délicieux de petit baisers, de lui mordiller tendrement le lobe de son oreille, de couvrir de caresses son torse musclé, de glisser une main dans ses cheveux, de l'embrasser. Elle voulait…elle voulait…Le dévorer. Le dévorer tout entier. Le désir la submergeait tout entière.
Ses yeux de biche de couleur unique. Brillants telles des émeraudes. Son souffle sur ses lèvres, ses courbes gracieuses, sa poitrine contre son torse, ses jambes si près des siennes, son visage fin si près du sien, ses lèvres rosées à l'aspect si gourmandes…
Il la voulait. Maintenant. L'embrasser dans le cou, caresser ses seins, couvrir son ventre de baiser, se noyer dans ses yeux, la posséder. Le désir irradiait son corps. Ses membres, son tout.
Il rapprocha de quelques millimètres encore ses lèvres des siennes. C'était à elle de décider, si elle voulait parcourir la distance restante.
Lorsqu'elle le vit se rapprocher davantage, elle crut défaillir d'impatience. Allait-il la rendre folle d'impatience ? Qu'attendait-il pour la prendre? Elle était prête à se donner à lui.
Et puis elle comprit. Elle parcourut la distance qui restait et effleura ses lèvres des siennes avant de les capturer dans un baiser intense, fiévreux et passionné.
Elle glissa ses mains derrière sa nuque et ferma les yeux, n'appréciant que plus encore l'ardeur et la fougue de leur baiser. Son esprit était comme déconnecté de son corps. Elle ne contrôlait plus rien. Elle se laissait aller.
Elle avait l'impression de prendre feu. L'excitation la gagnait tout entière.
-Cherche Mimi, cherche bien ! Ils ne sont pas loin ces saligauds ! Une fois que je leur aurais mis la main dessus, je leur donnerais deux trois bons coups de fouets avant de les amener à Dumbledore.
Rusard éclata d'un rire sinistre et méchant, tandis que Lily et Sirius qui semblèrent se réveiller de leur transe et se souvenir de l'endroit où ils étaient se séparèrent brusquement, manquant de faire tomber la cape d'invisibilité à terre.
Heureusement, Rusard était déjà reparti, fouillant les alentours.
La première chose que vit Lily en ouvrant brusquement les yeux, fut les yeux de Sirius obscurcis par le désir? La colère? Elle n'aurait pu le déterminer. Elle baissa les yeux, tremblante de la tête aux pieds et gênée.
Ce baiser l'avait bouleversé, et elle ne savait quelle attitude adopter vis-à-vis de Sirius. Comment la voyait-il après ça? La prenait-il pour une fille facile? La méprisait-il?
Elle ne savait pas. Elle était perdue.
Lorsque Sirius reprit pied à terre, la première chose qu'il vit fut le regard perdu de Lily. Il la vit baisser la tête. Comme une enfant prise en faute. Regrettait-elle? Oui, ce devait sûrement être cela. Pourquoi sinon, continuait-elle à fuir son regard?
Dégoûté et en colère, il lui dit d'un ton froid:
-Qu'est-ce que tu attends? On va pas rester planter là!On rentre.
Ils reprirent le chemin de la salle Commune en silence.
Un silence pesant.
Peu avant d'arriver devant le tableau de la Grosse Dame, ils enlevèrent la cape d'invisibilité et après avoir lui avoir donné le mot de passe, se séparèrent sans un regard l'un pour l'autre.
Oui, cette fois c'était définitif! Il la détestait! Sinon, comment expliquer le ton froid qu'il avait employé juste après "l'accident"?
Il ne voudrait sûrement plus rien avoir à faire avec elle après ça. Malgré le mépris qu'il lui avait montré elle n'arrivait pas à le détester. A le haïr.
Non, elle ne le pouvait pas. Elle l'aimait décidément trop pour cela.
Mais elle avait tout gâché, une fois de plus.
Sans un regard pour Rémus, elle traversa la salle Commune et monta au dortoir où Alice et Marlène dormaient déjà.
Dorcas, assise en nuisette bleu ciel sur son lit, semblait l'attendre.
Lily alla directement à la salle de bain, se démaquiller et se changer avant de revenir s'asseoir à côté de sa meilleure amie et de la prendre dans ses bras. Dorcas répondit à son étreinte.
Elles n'avaient pas besoin de mots. D'un regard elles se comprenaient. C'était suffisant. Parfois le silence est la meilleure façon de s'exprimer.
Elles éteignirent la lumière d'un coup de baguette, et Dorcas se coucha à côté de Lily qui lui raconta tout.
Elles s'endormirent là, toutes les deux, côte à côte, comme à chaque fois que quelque chose n'allait pas.
Dans un autre dortoir de 7ème année à Gryffondor, se tenaient quatre filles assises sur un lit qui semblaient comploter quelque chose…
-Non mais regarder moi ça! Ça fait à peine une journée qu'on est là et Evans a déjà Amos et Aydan à ses côtés! Cracha Ashley Tinsdale, une belle blonde aux yeux bleus.
-Je vous l'avais dit qu'elle était dangereuse! Fit remarquer Morgane Douglas d'un ton agacé, qui elle, avait les cheveux châtains foncé et les yeux vert gris. Mais vous n'avez pas voulu me croire. Et déjà à l'époque, elle nous avait piqué Potter!
-Je ne vois vraiment pas ce qu'ils lui trouvent tous. Elle est moche avec ses cheveux rouges. Protesta Verity Simmons, 17 ans, brunette aux yeux océan.
-Ses cheveux sont roux pas rouge, idiote! Mais, ouais! Mais sérieusement, je ne comprends pas. Ca fait 7 ans qu'on essaye d'approcher Aydan sans succès. On s'est pris des râteaux à tour de rôle. Et elle, elle débarque de nulle part, comme ça et en un jour, elle s'en fait son meilleur ami! S'exclama Ashley hargneusement.
La seule qui ne parlait pas, pour le moment du moins, était Tinsley Carmichael.
Une fille sublime à la chevelure couleur ébène et aux yeux améthyste. Elle semblait pensive.
Mais tout en elle inspirait la méfiance. Elle jouait de ses charmes pour avoir ce qu'elle voulait. Elle avait tout ce qu'elle voulait quand elle le voulait.
Manipulatrice dans l'âme, on voyait à son regard calculateur, que bien que caché derrière un masque de profonde superficialité, elle était intelligente et doté d'une ruse sans pareille.
Voyant que ses "amies" commençaient à se disputer au sujet de "Lily Evans la petite-peste-parfaite", elle soupira avant de crier d'une voix autoritaire:
-ASSEZ!
A son cri, les trois autres s'immobilisèrent sur le champ et cessèrent de parler se tournant vers elle rapidement.
- J'ai beaucoup réfléchis. Lily Evans se rapproche de plus en plus d'Amos et d'Aydan, soit.
Les trois filles voulurent protester mais un regard glacial de Tinsley les fit taire.
Les jump jump girls avaient une chef qui savait se faire obéir et respecter. Et que personne ne conteste ses ordres!
-J'ai pensé que la soudaine popularité d'Evans ne pourrait que nous être bénéfique. Il suffirait que nous l'amenions de notre côté pour que nous profitions de sa notoriété. Nous nous rapprocherions ainsi à travers elle d'Aydan, Amos ET des Maraudeurs.
Maintenant il nous faut un plan! Evans est très intelligente et ne se laissera pas approcher comme ça! Surtout avec les trois boulets qui lui servent d'amies. Il nous faut un plan INFAILLIBLE…
