Chapitre 4 :
Envy se laissa tomber dans son lit, désespéré. Il venait de perdre son seul et unique ami. D'ailleurs, il ne s'en rendait compte qu'au moment même, mais il ressentait plus que de l'amitié à son égard… il secoua la tête. Non, il ne pouvait pas… mais… après y avoir pensé une deuxième fois, ce n'était pas si mal que cela… si seulement Ed ne le détestait pas autant...
Mais bon, après tout, il n'était pas humain, alors personne ne pouvait le qualifier de « mâle »… ni de « femelle », d'ailleurs… non, il était sûrement hermaphrodite, comme les vers de terre… il n'en était plus si sûr que cela finalement, il ne savait plus qui il était, ce qu'il était... était il un garçon, une fille ? Peut-être un garçon.
Il enfonça sa tête un peu plus dans son oreiller.
Eh oui, il en était venu à un tel point où il se comparait avec les vers de terre… il était pathétique… il avait réussi à perdre son seul ami… mais Ed n'avait absolument rien compris… il n'était pas homonculus parce qu'il l'avait voulu ! Et puis, de toute façon, il ne voulait pas de ce corps, de cette vie… il voulait juste disparaître… et puis… personne ne ferait attention à lui si il n'existait plus… à part Lust… elle serait bien la seule à en être triste !
Et puis, ses parents ne seraient que trop heureux d'être séparés de leur « erreur »…
Ed s'assit sur son lit, le cœur battant, le ventre noué. Pourquoi avait-il la sensation d'avoir commis une erreur effroyable ? Peut-être aurait-il dû écouter ce que son ami avait à lui dire… mais il avait été tellement énervé... bien que son ami avait bien l'air de s'être douté de cette réaction, il devait surement être brisé au moment même… il se leva et vérifia l'heure. Il n'était que cinq heures. Il pourrait encore y arriver.
Il se leva de son lit en vitesse. Sans le vouloir, il fit tomber au sol la pile de feuilles qui trainait sur son bureau depuis des mois. Il jura, et s'accroupit au sol, prêt à les ranger... avant de jurer une nouvelle fois. Ses feuilles attendraient, Envy était plus important. Il sortit de sa chambre, ignora royalement son père qui voulait lui demander ce qu'il voulait manger pour le dîner, puis sortit de chez lui.
Si il ne se trompait pas, la maison d'Envy n'était pas très loin... bien qu'il n'y soit jamais allé...
Il traversait les rues étroites, haletant. Il avait été si idiot, d'avoir laissé sa colère prendre le dessus sur sa compréhension, il était si têtu...
Il soupira. De quelle façon pourrait-il s'excuser ?
Allons bon, il était déjà devant la maison d'Envy… autant entrer.
« Envy ! » cria la dure voix de la mère des homonculus, Dante.
« Hum ?
-Viens.
-… » fit Envy en la suivant docilement.
Si ses parents faisaient appel à lui, c'est qu'ils voulaient expérimenter sur son corps... mais de toute façon, quoi qu'il fasse, il ne pourrait plus rien perdre, à présent, il avait touché le fond.
Lust lui lança un regard compatissant. Elle ne pouvait rien faire contre la volonté de leurs parents.
« Entre. » lui ordonna la femme.
L'homonculus entra dans une petite pièce blanche, recouverte de dalles blanches, une pièce parfaite, sans un grain de poussière. Un lit tout aussi blanc était placé dans un des coins de la pièce, et une table de la même couleur se tenait au milieu, juste en face de la porte.
« Allonge toi. » lui ordonna son père, qui était dans la pièce depuis le début.
Envy obéit et s'allongea sur son ventre, dégageant les cheveux de sa nuque. Il savait déjà ce qu'il devrait faire ensuite.
Ses parents avaient surement trouvé un nouveau produit, bien qu'il soit trop dangereux à utiliser sur les autres… c'était pourquoi ils faisaient appel à leur « erreur »… et pour que le produit marche sur lui, il lui fallait revenir à sa vraie forme.
De toute façon, il ne pourrait rien faire pour se révolter, et même si il le faisait, ses parents le maintiendraient de force et feraient sortir son véritable corps, avec des moyens plus que douloureux… et il haïssait la douleur plus que tout, ce qui était normal : le moment de sa mort, juste avant de devenir ce qu'il était actuellement, n'avait pas été spécialement agréable... et puis, qui aimait la douleur ?!
« Tu sais ce qui te reste à faire, n'est-ce pas ? »
Envy ferma les yeux. Il profita un moment de ce calme, où aucune voix ne pourrait l'atteindre. Quelques douces notes de piano lui revinrent en mémoire, faisant monter des petites larmes à ses yeux. Et si… et si son ami le pardonnait ? Si… était-ce possible ? Trouverait-il le moyen de lui expliquer ? Ou bien était-ce trop tard ? Après tout, il ne savait pas si il parviendrait à sortir de cette salle vivant...
« Envy. »
La dure voix de celle qui ne l'avait jamais aimé le ramena à la dure réalité. Que son ami puisse le pardonner ou pas, il était bien obligé de se plier aux ordres de ses parents. Peut-être qu'après… peut-être pourrait-il s'expliquer plus tard… oui… si il survivait.
Cette pensée le fit grimacer, mais il ne pouvait plus reculer, à présent, il ne pouvait plus que compter sur la chance, qui l'avait pourtant abandonnée quelques heures plus tôt...
Il se concentra, et visualisa son corps. Là, en dessous de la nuque, se trouvait ce qu'il était vraiment. Un petit lézard sans défense, envieux de tous ceux qui pouvaient être libres. Il se déplaça dans ce petit corps, et ressortit dans le monde extérieur.
Son père le ramassa par la queue, non sans avoir enfilé un gant au préalable, et intima à sa femme de lui préparer le produit. Ensuite, il posa son fils sans défense dans une assiette creuse en plastique.
L'homonculus ne broncha pas. De toute façon, il ne pouvait rien faire.
Ce ne fut que lorsque sa mère eut préparé la seringue qu'il ne fit attention aux bruits de l'extérieur. Quelqu'un… quelqu'un frappait la porte d'entrée…
Ed rouait de coups la porte depuis quelques minutes déjà, mais personne ne lui répondait… il s'apprêtait à frapper la planche de bois encore plus fort, lorsqu'une jeune femme ouvrit la porte.
Elle portait une longue robe d'un noir profond, de la même couleur que ses longs cheveux qui lui descendaient plus bas qu'aux reins, et ses yeux mauves fendus d'une pupille verticale étaient les mêmes que ceux de son ami, avec cependant une légère différence de couleur... ceux de son ami étaient plus clairs.
« Oui ? Qu'y a t-il ? » demanda la femme d'une voix mélodieuse.
Le garçon blond s'empressa de répondre :
« Je… je… euh… je suis l'ami d'Envy… et en fait… il m'a tout dit… et… je voulais m'excuser… et… »
La jeune femme le fixa un instant. Ce jeune blond clamait être l'ami de son frère ? Bizarre, celui-ci ne l'avait jamais mentionné… et ce garçon disait aussi tout savoir… surement sur leur identité... il pourrait peut-être aider son petit frère… après tout, si ses parents la menaçaient, elle et le reste de sa famille, ils ne feraient certainement rien à cet étrange garçon devant elle…
Elle le regarda dans les yeux, et aperçut cette lueur dans ses yeux d'or. Elle lui indiqua du doigt la porte de la pièce où se trouvaient ses parents.
« Père et Mère sont en train d'expérimenter sur Envy. Il n'est peut-être pas trop tard pour y aller.
-Et vous… euh…
-Appelle-moi Lust. Je ne peux pas y entrer. Mes parents nous ont inséré un produit en plus de la pierre philosophale qui leur permet de nous contrôler à distance, et si nécessaire, de nous tuer. Je ne peux donc pas y entrer… mais toi… tu es différent… tu pourrais peut-être… sauver mon petit frère… » murmura Lust avec espoir.
Ed ne se fit pas dire deux fois. Il fonça et ouvrit la porte blanche de toutes ses forces.
Devant lui se tenait une jeune femme brune aux cheveux courts, accompagnée par un homme blond, tous deux portant la même blouse blanche, les mêmes masques, et les mêmes gants en latex.
La femme tenait une seringue remplie d'un étrange liquide bleu, et l'homme avait la main posée sur la table blanche au milieu de la pièce.
Il tourna la tête vers la droite, et remarqua une silhouette familière. Envy gisait dans un lit, inconscient.
« Envy ! » cria-t-il en s'approchant du corps sans vie.
Le blond le secoua violement, sans qu'il n'obtienne de réponse. Il ne respirait plus, son cœur ne battait pas. Etait-il...?
Il tourna la tête vers l'homme, qui prit soudainement la parole.
« Hum ? Qui es tu ? Est-ce ceci que tu cherches ? » le questionna-t-il en lui tendant un petit lézard vert par la queue, lézard qui se débattait avec toutes les forces qu'il possédait, les larmes aux yeux.
Ed écarquilla les yeux. Ces yeux… ces yeux d'un bleu profond, si profond qu'il le confondait avec du violet, fendus d'une pupille verticale… c'était bien son ami que l'homme lui tendait, il n'en avait aucun doute... sans compter le regard d'intense détresse, de désespoir infini qu'il lui lançait...
« E… Envy… qu'est-ce que… qu'est-ce que vous lui avez fait ?!
-Rien. Nous étions sur le point de lui injecter ceci. » annonça t-il en prenant la seringue de sa main libre.
Il reposa l'homonculus dans la même assiette puis enfonça l'aiguille dans son dos. Envy laissa échapper un petit cri de douleur.
« A… arrêtez ! Envy ! » cria le jeune blond.
Il sentit soudain l'infime partie de la colère qui lui restait encore jusqu'à là s'écrouler. Quelle que soit la raison pour laquelle on lui injectait ce produit bleu, il ne pouvait dénier le fait que son ami souffrait, et était forcé à suivre les règles que lui imposaient ses parents, sans rien pouvoir faire, complètement impuissant.
Il se précipita donc vers l'homme, et tenta de pousser son bras, sans succès.
L'homme eut vite fait d'injecter toute l'étrange substance dans le corps de son fils.
« Tu pourras le prendre avec toi, si jamais il survit… de toute façon, il ne nous sera plus d'aucune utilité… » dit l'homme avec dédain.
Envy ne réagit d'abord pas, haletant, les yeux écarquillés, les larmes aux yeux. Puis il hurla de douleur, d'un étrange cri aigu qui frissonner Ed, tandis que l'étrange produit rencontrait sa pierre philosophale.
« Envy ! »
Le blond réussit à pousser l'homme, à l'éloigner de son ami, et retira l'aiguille de la seringue, toujours enfoncée dans son corps.
Au bout de quelques secondes, la douleur reflua et Envy arrêta de crier. Il resta immobile, des flots de larmes s'écoulant de ses yeux.
« Merveilleux ! Sublime ! » s'écria son père.
L'homonculus frissonna, et se recroquevilla. Il ferma les yeux, et laissa ses larmes couler. Il se sentait plus trahi que jamais. Ed l'avait vu sous sa vraie forme. Il n'avait pas l'air de lui en vouloir, pourtant...
« Envy… » murmura le blond.
L'homonculus leva les yeux vers l'humain devant lui, les yeux embués de larmes. Ed le prit délicatement dans ses mains, et le ramena sur son corps humain.
Envy le regarda avec un regard triste et reconnaissant à la fois, et tenta de reprendre contrôle de son corps. Il planta ses dents pointues dans la chair de sa nuque, avec l'intention de s'y infiltrer, avant de se rendre compte d'une chose : il ne le pouvait tout simplement pas.
Il était à présent bloqué sous sa vraie forme.
Et oui, je sais, vous me détestez... mais bon, je vous assure que cette histoire finit bien ^^... enfin, je pense... XP
Lizbeth : Oui, je sais, Vyvy a été très déçu sur ce coup... et pour répondre à ta question, (bien que tu aies déjà la réponse) il n'y a absolument pas eu besoin d'explications... pauvre Vyvy, il a des yeux trop reconnaissables... ^^"
cide : tu as la suite, donc de rien ^^
