Bonjour !

Je ne sais pas vous mais parfois, en arrivant à la fin d'une belle histoire, j'ai parfois un sentiment terrible de tristesse.

Donc, cette fable, je la dédie à Glasgow, auteure talentueuse, prolifique et charmante. Le sujet est grave mais pas de méprise, juste que je trouvais l'image belle, vous comprendrez à la fin.

Bonne lecture!


Mortel

La mort est affreuse !

Elle prend, elle enlève, elle kidnappe en un instant, pas de demande de rançon à part celle des larmes et des sanglots. Elle laisse aux vivants un goût amer de cendre et de néant. Comme cette tombe vide, sépulture d'un fantôme évaporé et jamais retrouvé. Toutes ces fleurs n'auront pas à cacher l'odeur du pourrissement.

La mort est pernicieuse !

Un mot, un nom, un objet, une fragrance et ce sont les souvenirs qui s'affolent et qui s'enchaînent sur des bouts de rien, des parts de tout. Et Holmes est partout, dans cette pipe, dans ce violon, dans cette peau de tigre... partout au 221B Baker Street où il ne sera plus jamais. Sa veste romanichelle, un coup de vent et on dirait qu'elle bouge, qu'il est dedans. Mirage.

Watson allume le tabac brun, en tire une bouffée, cette odeur, c'est comme s'il était toujours là, derrière les volutes de fumées bleues qui s'envolent et tourbillonnent.

La mort est charmeuse !

Elle attire entre ses bras vaporeux un ami qui ne sait plus gérer sa peine, faire taire sa haine de ce monde si violemment dépeuplé. Il est assis, aucune larme, il en a bien trop versées. Il déglutit, voyage de pomme d'Adam en ascenseur, yeux océans déshydratés et brûlants. Et dans sa main, son 455 Webley entre ses doigts serrés. Il caresse le revolver comme il le ferait de la main d'une amante, doucement, affectueusement.

L'acier n'est pas plus froid que sa chair ni plus dur que son cœur fermé à clé, coffre-fort blindé.

La mort est enjôleuse !

Il colle le canon dans sa bouche, le métal entrechoque ses dents, alerte les papilles de sa langue, saveur limaille. Il ne veut plus souffrir autant, il ne peut plus, il n'en peut plus. Personne n'existe en cet instant, personne pour le retenir, juste sa perte et sa peine qui lui broient la cage thoracique. Il veut juste oublier combien il a mal et combien c'est insupportable, abominable, insurmontable. Le doigt sur la gâchette, une hésitation, une détermination, il va appuyer, il le sait.

Mais il est interrompu par la bouille baveuse d'un chien, son chien, leur chien, qui lui griffe le genou pour un peu d'attention.

La mort est mauvaise joueuse !

Gladstone.

Combien de fois est mort ce chien? Incalculable et pourtant, il est toujours là. Aucune logique dans tout ça, Holmes serait le premier à se moquer de lui, il l'entend presque ironiser. Mais Watson s'en fout, éperdument, proprement, foutrement!

Car là, il pose le pistolet car peut-être... peut-être que tout n'est pas vain... Il ne peut s'en persuader mais s'en accommoder, certainement. Il caresse la tête poilue qui vient lécher les larmes qui débordent, deux yeux océan version Tsunami, torrents gonflés par la salive du canidé.

Et Bulldog devient unique compagnon, sorties sous la grisaille, pâtées de marmiton. La vie retrouve son chemin sur les pavés londoniens.

La mort est trompeuse !

Ce jour-là et les jours d'avant, elle n'a emmené personne. Le toubib ne le sait pas, le limier est en chemin, il mettra du temps à le retrouver mais...

Quelques jours, quelques mois, quelques années, courage Docteur, vous ne le savez pas, mais vous le retrouverez, le prendrez de toutes les manières qu'il soit, dans vos bras, dans vos draps et vous vivrez ensemble cette fois, la petite mort...

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''Notre plus grande gloire n'est point de tomber, mais de savoir nous relever chaque fois que nous tombons.'' - Confucius

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Donc l'image de la fic qui finit, qui nous rend triste... sauf qu'on sait qu'il y en aura une derrière. (Non, je ne suis pas bizarre). Et je pense que nous sommes nombreux à apprécier ton talent Miss Glasgow et tous les bons mots que tu offres. - clap, clap, clap -

Et comme j'aime ce site pour cet échange entre auteurs, il me semblait naturel d'offrir ces quelques mots, comme je le fais si souvent avec mes copinettes qui me le rendent bien.

A tantôt (et si vous avez une commande, n'hésitez pas, je verrai ce que je peux faire...)