Ditzy par Ipostatmidnight

(Ship proposé par Mathilde sur Twitter. Je sais que c'est assez vague mais bon... C'est une creepypasta après tout XD)


«-Bon, c'est officiel, lança le Patron, On est dans un film d'horreur.

-De quoi gros?, demanda le Hippie d'une voix fatigué.

-Regarde autour de nous. Il fait nuit, ma caisse vient de tomber en panne au milieu d'une petite route de forêt bien lugubre et l'orage gronde. Y'a même une vieille maison glauque et abandonnée qui attend juste qu'on vienne frapper à la porte. Flippant, hein?»

Le beatnik l'ignora, préférant regarder dehors à travers le pare-brise recouvert d'eau.

«Pourquoi les gens font ça?, marmonna-t-il, Je me suis toujours demandé…»

Le Patron soupira. Il essayait de s'amuser, mais le Hippie n'arrêtait pas d'être distrait par la moindre petite chose…

«-Font quoi?, grommela-t-il.

-Là-haut, pendues aux lignes téléphoniques.

-… Les chaussures?

-Ouais gros… Pourquoi les gens balancent leurs chaussures là-haut? A quoi ça sert?

-J'en sais rien gamin, répondit le Patron en haussant les épaules, Peut-être qu'ils s'emmerdent. Ce qui m'inquiète plus c'est qu'on doit se barrer de ce film d'horreur.

-Alors on devrait pas.

-Devrait pas quoi?

-Aller frapper à la porte de la maison glauque et abandonnée. Si on est dans un film d'horreur, ce serait se jeter dans la gueule du loup gros.»

Le Patron eut un sourire en coin.

«T'es pas si con qu'ça pour un beatnik défoncé. Mais dans ce cas, si on passe la nuit dans la voiture, va falloir qu'on se réchauffe…»

Il arqua un sourcil et glissa une main le long de la cuisse du Hippie- avant que le pacifiste ne la gifle pour l'enlever.

«-Mais si on est dans un film d'horreur, on est foutus quoi qu'on fasse. Si on part, on tombera sur des monstres en chemin. Si on reste, c'est eux qui nous tomberont dessus. Faut bien qu'ils mettent l'horreur quelque part gros…

-M'ouais, marmonna le Patron, Faut qu'on trouve un plan alors. Peut-être dans un endroit plus confortable. Comme la banquette arrière.»

Le vent souffla plus fort, secouant la voiture alors que le Hippie fit non de la tête.

«Nan gros, faut pas déconner quand on est dans un-»

Un bruit sourd retentit et ils sursautèrent tout les deux. Après quelques instants de silence, le Hippie se pencha en avant.

«-Les chaussures. Elles sont tombées sur le capot.

-Putain, siffla le Patron, ça m'a fait flipper cette connerie!»

Le Hippie plissa les yeux, fixant toujours la paire de baskets.

«On dirait qu'il y quelque chose dans-»

Il fut interrompu une nouvelle fois, cette fois par la voiture elle-même lorsque le véhicule s'affaissa brutalement avant de rebondir. Quelque chose de lourd venait d'atterir sur le coffre.

«-Bordel, t'es pas sérieux?!, gronda le Patron, Y'a un connard qui vient de sauter sur ma voiture!

-Gros attends! Y'a quelque chose dans les-»

Mais l'homme en noir était déjà sortit du véhicule en claquant furieusement la porte, grognant quelque chose à propos de rayures sur sa carrosserie et de l'assurance. Il se dirigea vers le coffre lorsque le Hippie entendit un hurlement de pure terreur; vite interrompu par un craquement immonde.

L'ombre noire et gigantesque rugit triomphalement.

Le Hippie se leva. Tout en se glissant dans le siège conducteur il tourna la clé, et le moteur démarra immédiatement. Il savait que ce serait le cas, parce qu'il savait que le Patron avait fait semblant de tomber en panne. Il était doué pour remarquer ce genre de petits détails.

Comme les chaussures. Et ce qu'il y avait dans les chaussures.

Peut-être que les gens qui s'ennuyaient balançaient effectivement leurs godasses sur les lignes téléphoniques, mais le beatnik était persuadé qu'en général, ils ne laissaient pas leurs pieds à l'intérieur…