Note D'Auteur:
Waaah ! 17 pages, 8435 mots sans compter la note d'auteur. Mon plus grand chapitre à ce jour. J'espère que vous aimez toujours la façon dont les choses se déroulent. J'essaie d'être le plus réaliste possible et je lutte pour ne pas laisser mon côté romantique prendre le dessus trop vite, quoi que…
J'espère que vous aimez toujours ma Joy et mon Sirius. C'est affreux, j'ai peur de faire de l'OOC avec Joy alors que c'est moi qui l'aie crée. Bref, j'espère que ça vous plait toujours.
Vos reviews me sont allées droit au cœur ! J'arrive presque à 30, je suis dans un état, vous pouvez pas imaginer ! Merci, merci, merci !
La chanson est d'Anna Nalick. Je vous la conseille comme tout le reste des titres de mes chapitres qui sont des chansons.
Bonne lecture !
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Ashes Of Dreams You Let Die
Chapitre 4 : Wreck Of The Day
- Sirius -
J'ai une fille dans mon lit. C'est une Serdaigle, mais je ne sais plus comment elle s'appelle. Par contre, elle, semble très bien se souvenir du mien si je prends pour témoin le nombre de fois où elle l'a crié. Pas pour me vanter… On vient de finir et franchement j'aurais bien aimé apprécier quelques minutes de silence, mais non… Je n'ai pas été aussi chanceux ! Mon escorte de Serdaigle n'arrête pas de bavasser, de bavasser ! Je pensais que je l'aurais un peu plus fatiguée que ça ou à défaut, fatigué ses cordes vocales ! Même pas, apparemment… Le pire, c'est qu'elle ne me parle que de la seule personne à laquelle je n'ai pas vraiment envie de penser. Joy.
Elle n'arrête pas de me poser des questions de sa voix couinante. Je ne recoucherais pas avec elle de si tôt. Elle veut tout savoir : pourquoi je suis ami avec elle, si son dos est aussi moche qu'on le dit, si c'est vrai qu'elle est tatouée de partout, si on a couché ensemble, si oui, si elle est meilleure qu'elle. Seigneur, je crois que je vais me suicider ! Je n'ai jamais eu envie de me suicider après une partie de jambes en l'air. C'est une première !
Elle n'arrête pas de parler de Joy avec le même champ lexical. Je l'ai remarqué il y a à peu près un quart d'heure. Ce n'est pas comme si j'avais mieux à faire que de l'analyse littéraire avec ce qu'elle me raconte. Elle utilise tout ce qui a rapport au froid. Tout y est passé : princesse congelée, frigide, calotte glacière, reine des glaces, sale Sang-Pure réfrigérée, pétasse arrogante surgelée. Je lui aurais bien dit de la fermer mais j'étais trop occupé à sourire avec moi-même.
Je ne m'en étais jamais rendu compte mais tout ces adjectifs de froid qu'on attribue à Joy, ça me donne l'impression qu'elle est de la crème glacée. Et ça me fait sourire. Parce que, même si elle froide, elle est douce et sucrée une fois dans la bouche. Ca donne mal à la tête et ça la fait tourner quand c'est vraiment trop froid, mais on s'habitue au bout d'un moment. Ca devient agréable même. Même addictif si on ne fait pas attention. Ca me fait sourire.
Je n'ai rien dit de plus, je me suis levé, je suis parti me doucher et elle a sûrement compris le message parce que quand je suis revenu, elle n'était plus là.
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Je l'ai embrassée. Joy Hayden. Je sais ce que vous vous dites. Rien de quoi en faire tout un plat. Et d'ailleurs, même moi, je devrais dire pareil. Des filles, j'en ai embrassé plus que je ne pourrais compter.
Mais Joy Hayden. Que j'appelle tout simplement Joy maintenant. Joy, c'est une autre histoire. Elle est spéciale. Je m'y prends tellement mal avec elle. On est tellement pareil mais tellement différent à la fois. Tout les deux avec notre arrogance et notre orgueil. Je ne sais pas pourquoi j'ai voulu la compter parmi mes amis. Une part de moi a pitié d'elle, c'est sûr, et ça je ne lui avouerais jamais mais, comment ne pas le faire ? Elle a vraiment tout qui lui tombe dessus en même temps.
J'ai fini par la convaincre, non sans l'aide de Remus, j'en suis sûr. Lui aussi l'aime bien. James aussi. Le seul qui a du mal c'est Peter mais je pense qu'il est un peu jaloux. Joy ne fait pas partie de notre groupe d'ami et si on ne va pas vers elle, elle ne viendra certainement pas nous voir.
Ah oui, ai-je oublié de vous le dire, Joy m'a vu nu il y a une semaine de cela. C'était assez marrant, elle a rougit comme une petite fille de six ans. Ca m'a fait rire. On est presque à égalité maintenant mais je ne suis pas sûr qu'elle veuille retenter l'expérience. J'ai bien vu son regard… C'est normal, après tout, je ne me suis pas privé non plus et il faut avouer que je suis quand même beau gosse.
Quand on parle, elle ne cède rien, pas tant qu'on n'a pas cédé un petit quelque chose avant. J'ai remarqué ça. Je crois qu'elle n'est pas comme ça avec Remus, juste avec moi. Je ne sais pas pourquoi. Peut être qu'elle essaie de me remettre à ma place. Elle est toujours sur la défensive, elle attaque avant même qu'on puisse en placer une. Et j'adore ça à propos d'elle. Je ne peux pas le cacher, j'adore nos « discussions », elle met du piquant. Mais en même temps, je le sens bien, je le vois dans ses yeux quand son regard se perds. Elle est vide. On dirait qu'elle a vécu une autre vie. Son regard est parfois plein de tristesse, comme si elle se rappelait de quelque chose de particulièrement douloureux. Je ne peux pas lui en vouloir, après tout ce qui lui tombe dessus.
Ce que j'aime particulièrement, c'est sa faculté à toujours tout savoir. Elle sait toujours tout, sur tout le monde. Ca va des simples potins aux anniversaires de presque la moitié des Gryffondors en passant par des détails triviaux comme le livre préféré de Lily Evans ou le chocolat préféré de Remus. Je ne sais pas comment elle fait pour emmagasiner tout ça, mais il y a toujours quelque chose à savoir, à demander. Elle sait presque autant de choses sur Lily Evans que sa meilleure amie Meg, alors qu'elle ne lui parle jamais.
Je le sais mais James ne le sait pas. Encore heureux, sinon il passerait son temps à la harceler. J'aime bien garder Joy pour moi. C'est comme si elle était un trésor que j'avais découvert et que je défends avidement. Je pense qu'on est amis. Mais de son point de vue, je ne pense pas que ce soit encore le cas. Elle ne sait pas ce qu'est un ami, j'ai l'impression qu'elle n'est pas très au courant des pratiques sociales, du comment ça marche. Joy, c'est la seule amie fille que j'ai. Mais James m'a dit que c'était pas normal que j'ai envie de l'embrasser si c'est mon amie. Je ne vois pas en quoi ça dérange. C'est normal que je la trouve jolie mais je n'agirai pas en conséquence. Ca gâcherait tout. J'ai demandé à Remus si l'idée de coucher avec Joy lui avait traversé l'esprit et il m'a répondu que non, qu'ils étaient seulement amis. Le problème c'est que moi, je ne vois pas vraiment le rapport entre les deux. Je suis ami avec Joy et pourtant l'idée de coucher avec elle m'a traversé l'esprit. C'est normal, non ? Elle est assez attirante et je ne suis qu'un homme…
Ce que je préfère, ce sont ses yeux. Ils sont bleus. D'un joli bleu bizarre. A chaque fois que je dis ça devant Remus, il me lance un petit sourire en coin, je ne sais pas pourquoi. J'ai l'impression qu'il a une espèce de petite blague interne avec ça. Ce qui échauffe mes sens et mon imagination, j'ai honte de l'avouer, c'est son tatouage… Il est dans un endroit si intime. Le fait de savoir que je ne l'aurais sûrement jamais vu sans la déshabiller d'abord… Je trouve ça vraiment très sensuel. Quand elle ne s'en pas compte, j'essaie de regarder si elle n'en a pas ailleurs. Il y a peu de chance que je le vois, elle est toujours couverte de la tête aux pieds. Je n'ose pas lui demander, le dernier qui a osé s'est reçu un sort de furoncle très très douloureux.
Je sais qu'elle est fragile. Elle se cache derrière des façades, des répliques acides, des regards glacials, mais en fait, je crois qu'elle ne sait juste pas trop s'y prendre avec les autres alors elle se débrouille comme elle peut. Elle me fascine vraiment Joy.
En ce moment précis, je la regarde. On est assis sur le sol de la salle commune de Gryffondor et elle est en train de manger un caramel. J'ai l'impression que c'est sa sucrerie préférée, elle avait déjà choisi ça la dernière fois que je lui ai proposé. Elle a un livre de Transfiguration ouvert devant elle. Je l'ai déjà fait l'année dernière et je vois bien qu'elle a un peu de mal. Je lui ai proposé de l'aide. Elle a refusé en bloc. Elle aime bien faire les choses par elle-même. Elle n'aime pas trop qu'on l'aide. Et moi, je la fixe, je la trouve fascinante. Je sais, je me répète, mais il n'y a vraiment pas d'autres mots.
- Arrête de me fixer, Sirius ! Sa voix me sort de mes pensées et je vois qu'elle a levé les yeux de son bouquin et qu'ils sont sur moi.
Je lui lance un sourire amusé et me met un sucre d'orge dans la bouche pour reprendre ma contenance d'avoir été pris en flagrant délit.
- Qu'est ce que tu veux ? Je vois bien que tu me fixes… On dirait que tu attends que je me transforme en monstre. Sa voix est maintenant froide et distante.
Sujet sensible. Sujet très sensible. Joy pensera toujours le pire si vous ne lui dites pas le contraire. Et elle n'arrive pas à imaginer que si on la fixe, c'est peut être aussi parce qu'elle est jolie et pas seulement à cause de son dos. Elle fait vraiment une fixette là-dessus. Une fixette mêlée à de la parano. Je ne peux pas lui en vouloir, parfois, les gens dans les couloirs la fixe vraiment à cause de son dos, se demandant si elle n'a pas une autre difformité ailleurs. Ca ne me dérangerait pas de revoir son dos, je me suis même surpris à imaginer le toucher, je suis sûr que c'est plutôt doux… Bizarre c'est sûr, mais doux…
Elle me fixe encore de son regard. Elle me trouble avec son regard et elle ne le sait même pas. Je décide de jouer la carte du franc jeu.
- Je me demandais juste…si tu avais d'autres tatouages, Joy, répondis-je avec autant de simplicité que possible.
Je la vis me regarder avec ses grands yeux bleus, la surprise sur son visage. Et puis, je la vois enlever ses chaussures, puis décroiser les jambes. Ses mains remontent le long de sa jambe droite et ma salive se coince dans ma gorge. Ses mains passent sous sa jupe et j'ai l'impression que tout marche au ralenti. Je la vois qui baisse un de ses bas en laine, je suis presque sûr qu'elle le fait à vitesse normale mais je vois tout au ralenti. Elle est vraiment très sexy en cet instant. Elle finit par enlever totalement son bas droit et me colle sa jambe droite sur mes cuisses.
J'eu envie de passer ma main sur sa jambe, pour caresser sa peau. Mais mon regard fut attiré par une bande de couleur autour de sa cheville. J'ai pris sa cheville entre mes doigts et l'ai levée un peu vers mes yeux. Un « humphf » s'échappa d'elle alors que je me rendis compte qu'elle avait basculé en arrière quand j'ai tiré sa cheville vers moi. Elle se rapprocha de moi pour que je puisse observer plus à mon aise.
C'est une couronne de lierre, dans un vert très foncé, qui serpente et s'enroule autour de sa cheville droite. Au dessus et en dessous, il y a deux mots dans une belle calligraphie : « Broken » et « Shattered ». Je me rendis compte de la signification profonde qu'ont ces tatouages pour elle, ce n'était pas juste une question esthétique, c'était une question symbolique, le fait de l'avoir sous la peau. Je lui rendis sa cheville et la regardait. Elle avait l'air un peu gênée.
- Ca fait mal ? demandais-je alors.
- C'est supportable, me répondit-elle avec un sourire. C'est pour ça que je le fais faire par un Moldu, c'est moins symbolique si je n'ai pas souffert pour avoir ça sous ma peau.
Sa réponse ne me surprend qu'à moitié. Je suis quand même touché par ce qu'elle vient de faire. Elle m'a dévoilé une partie d'elle. Une partie d'elle qui a eu besoin qu'elle se déshabille. Un sourire se glissa sur mes lèvres à cette pensée.
- Et tes parents, ils en pensent quoi ? questionnais-je.
- Ils ne m'examinent pas d'assez près pour les voir.
- Mais… quand tu vas chez le médicomage ou le médecin Moldu, ils doivent bien les voir ?
- Mes parents ne m'accompagnent plus chez le docteur depuis longtemps.
J'allais lui répondre quelque chose mais nous fûmes interrompus par Lily qui entrait en furie dans la salle commune. Je l'entendis monter les marches de son dortoir, le pas furieux et bruyant. Je ne fus pas surpris de voir James arriver à sa suite, la tête baissée, l'air un peu triste mais en colère lui aussi. Il alla rejoindre Remus et Peter qui jouaient aux cartes un peu plus loin.
- Je ne suis pas sûre qu'il s'y prend de la bonne façon, déclara alors Joy qui était restée vraiment très proche de moi.
Mon regard se posa sur elle et avec elle si proche de moi, je me rendis qu'elle sentait vraiment très bon. Ses cheveux en particulier. Elle devait les avoir lavé ce matin parce qu'ils sentaient assez fort. Une senteur florale. Une odeur de fille. C'était très agréable et je dû me retenir de nicher mon visage dans ses cheveux d'une incroyable longueur et d'inspirer longuement.
Cependant sa remarque sur la parade de séduction de James m'amusait trop pour que je ne réponde rien.
- Ah bon ? Et pourquoi ça ? Depuis quand tu es la grande spécialiste des relations amoureuses ?
Ma remarque sembla la blesser un peu et j'allais m'en excuser mais elle répondit avant.
- Il ne faut pas être une spécialiste pour voir ce qui ne va pas. Bien sûr, tu ne comprends rien, tu te contentes juste de coucher avec les filles, toi !
- Et pour ça, il faut une séduction assidue, crois moi ! l'informais-je avec un sourire enjôleur
- Tu me fais marcher ? Tu n'as même plus besoin de dire un mot, elles viennent vers toi toute seule. Ca me dégoûte ! Elles n'ont aucune dignité !
- Jalouse ? interrogeais-je avec un grand sourire. Bizarrement l'idée qu'elle soit jalouse me plaisait assez.
- S'il te plait, ne m'insulte pas, répondit-elle avec un sourire en coin. Tes charmes ne marchent pas sur moi.
Je décidai de ne pas retenir ce qu'elle venait de dire. Au moins elle reconnaissait que j'avais des charmes. Ca me rassurait étrangement.
- Pour en revenir à James et Lily, à ton avis, c'est quoi le problème ?
- Il est trop demandeur. Il est toujours derrière elle. Ca flatte trop son ego. Elle est dans la position de force. C'est elle qui refuse ou accepte. Il doit changer la donne s'il veut arriver à ses fins.
Aussi bizarre que ça puisse paraître, l'explication tenait parfaitement la route. Je la trouvais même assez logique. Dans ma situation, c'était moi qui choisissais la fille. James se contentait d'attendre que Lily lui dise enfin oui.
- Tu conseilles quoi ? questionnais-je très intéressé de cette petite introspection dans la psychologie féminine.
- Le mieux serait qu'il l'ignore, répondit-elle le plus sérieusement du monde, pas totalement mais juste assez pour que ça l'énerve.
- Tu crois vraiment qu'Evans sortira un jour avec lui ?
- James est très beau, très attirant, plutôt gentil et drôle. Un peu trop arrogant peut être pour les goûts de Lily, mais bon… Et il est fou d'elle depuis des années. Ca compte. Il n'y a pas de raison qu'elle dise non.
Je la regardais sous le choc. Comment se faisait-il qu'elle était si peu douée dans sa relation avec les autres mais qu'elle puisse décrypter à ce point les relations des autres. J'essayai de ne pas faire attention aux sauts de mon cœur quand elle avait déclaré qu'elle trouvait mon meilleur ami très beau et très attirant.
- Et toi, c'est quoi tes goûts exactement ? La question m'avait échappée avant que je ne la retienne et je ne pouvais m'empêcher d'être curieux.
Je la vis baisser la tête et elle ramena sa jambe vers elle, l'enlevant de mes cuisses. La sensation de vide était froide. Son corps si près du mien m'avait tenu chaud. Elle ne répondit rien et je la vis se refermer sur elle-même. Une pensée folle m'assaillit : elle ne pouvait quand même pas ne jamais être sortie avec un mec. Elle avait 15 ans… Finalement, toute chose considérée, peut être pas si fou que ça… Avec son caractère…
Je décidai de ne pas la laisser filer si facilement. Je lui repris les jambes, les deux cette fois, et les ramena sur mes cuisses. Elle était presque assise sur moi maintenant mais c'était une sensation très agréable. La pensée de l'embrasser surgit dans mon esprit à ce moment. Je secouai la tête comme si ça allait l'enlever et posai mes yeux sur elle.
- Je ne sais pas, Sirius, me répondit-elle simplement, la tête toujours baissée.
Je décidai de changer de sujet de conversation. Elle n'avait vraiment pas l'air à l'aise.
- Toi aussi tu as été invitée chez les Malefoy pendant les vacances de novembre ? demandais-je sans transition.
La question me trottait déjà dans la tête depuis un moment. Je savais qu'elle avait probablement été invitée. L'occasion de cette soirée était les fiançailles de ma cousine Narcissa avec Lucius Malefoy. Ma cousine avait cinq ans de plus que moi et allait se marier avec l'homme le plus détestable au monde. Mais il était de Sang-Pur et apparemment c'était la seule chose qui comptait.
- Oui, les fiançailles. Je suppose que tu es obligé d'y aller, c'est ta cousine après tout, me dit-elle.
- Oui, d'ailleurs je me demandais, si tu voulais y aller… avec moi, demandais-je enfin.
Cette question également me trottait dans la tête. Joy et moi, les deux Gryffondors dans une famille de Serpentard. Mes parents seraient ravis de voir m'associer avec une aussi bonne famille que les Haydens et j'étais sûr de passer une bonne soirée avec Joy à mes côtés. C'était tout bénéf.
- Je t'ai déjà dit, j'y vais déjà, me dit-elle, l'incompréhension teintant ses yeux.
Elle n'avait vraiment pas l'habitude. Elle n'avait pas compris ce que je lui demandais pourtant très clairement. Un sourire se dessina sur mes lèvres. Elle était très touchante.
- Je voulais dire en tant que ma cavalière, Joy, lui expliquais-je, mon sourire toujours en place. En tant qu'amis, bien sûr, ajoutais-je à son intention.
Je savais que cette dernière phrase allait la convaincre plus qu'autre chose. Ca allait la rassurer.
- Je ne sais pas trop… Ca consiste en quoi ? demanda-t-elle le plus naïvement du monde et mon cœur fit un bond dans ma poitrine.
- On se retrouve là bas et après, tu n'as juste qu'à passer la soirée à mes côtés. Je te fais danser, je fais attention à ce que tu ne boives pas trop, on passe un bon moment. Enfin, en tout cas, on essaie… Ce sera déjà plus supportable avec toi, je suis sûr.
Elle sembla réfléchir pendant un moment et un sourire passa sur ses lèvres.
- C'est d'accord, dit-elle, mais à condition que tu réussisses à convaincre ton frère d'inviter ma sœur Callidora.
Le choc dû se lire sur mon visage parce qu'elle m'envoya un petit sourire. Je ne l'avais pas du tout venu venir celle la. Je ne pensais pas qu'elle était si proche de ses sœurs… Mais si ce n'était que ça. Callidora Hayden était une très jolie fille, aussi blonde que Joy était brune. Mon frère ne serait pas très dur à convaincre. Ce qui allait être le plus insupportable était le fait en lui-même de lui parler.
- Pas de problème, me contentais-je de répondre. Choisis toi une jolie robe et des belles chaussures à talons aiguilles.
Le visage de Joy sembla s'assombrirent à la mention d'une robe et je ne compris pas trop pourquoi. De toute façon, elle aurait pu venir en jean, elle aurait quand même été jolie. Je ne sais pas trop d'où ces pensées me venaient. Il y a à peine trois semaines, je ne trouvais même pas Joy jolie et maintenant, il me semblait que je ne faisais que penser à elle.
Mon regard se posa à nouveau sur elle et elle leva sa tête et me regarda à son tour. Ses mouvements me surprirent. Elle se rapprocha de moi et noua ses bras autour de mon cou, nichant sa tête dans le creux à la base de ma gorge.
- Serre-moi, Sirius, murmura-t-elle d'une voix douce.
Je n'avais pas bien compris ce qu'avait occasionné ce soudain changement d'attitude mais je n'allais certainement pas m'en plaindre. Je répondis à sa demande et la serrai contre moi, mes mains enlaçant sa taille.
- Plus fort, me demanda-t-elle dans un nouveau murmure.
Et une nouvelle fois, je fis ce qu'elle me demandait. Je la serrai très fort contre moi. Je vis les regards amusés de James et Remus par-dessus l'épaule de Joy.
Décidément, Joy me fascinait vraiment. Elle et ses changements d'humeur si soudains. Finalement, son prénom, je l'aime bien…
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Joy a parlé à James pendant au moins une demi-heure ce matin. Je ne sais pas de quoi ils ont parlé et ça me rends littéralement fou. Je n'arrive même pas à me concentrer sur mon devoir d'Histoire de la Magie. C'est pourquoi, quand James, qui est pourtant mon meilleur ami, s'écroule sur le canapé à côté de moi, je ne suis pas de la meilleure humeur. Lui, par contre, a l'air radieux, ce qui m'énerve encore plus, pour je ne sais quelle raison.
- Tu sais, j'ai eu une conversation très intéressante avec Joy ce matin, me dit-il le plus simplement du monde.
Au moins, faut voir le bon côté, il n'y va pas quatre chemins et je n'ai même pas eu à demander. Il n'empêche… Je bouillonne à l'intérieur. Joy est à moi. Enfin, elle n'est pas une possession, mais je n'ai pas envie de trop la partager avec mes amis. Je devrais pourtant être content qu'elle s'entende aussi bien avec eux…
- Ah bon ? demandais-je avec un ton que j'espérais être le plus détaché possible.
- Oui, elle m'a…conseillé à propos d'Evans. Elle a d'ailleurs suggéré que je commence à l'appeler Lily, me dit-il avec un grand sourire.
Autant dire que la tension s'est immédiatement relâchée. Tant qu'ils parlaient d'Evans. Je ne sais pas pourquoi je m'inquiète… Ce n'était pas comme si James allait sortir avec elle. Et puis même si c'était le cas, je ne vois pas pourquoi ça devrait me gêner…
Oui, je sais… Même moi, je n'y crois pas…
- Tu sais, j'ai entendu un truc totalement fou, continua James, avec cette fois, un sourire encore plus grand sur le visage.
- Ne me dit pas qu'Ariel t'a encore harcelé pour que tu me supplies de sortir avec elle à sa place, dis-je, exaspéré.
- Rien à voir avec Ariel même si je suis sûr que quand elle l'apprendra, tu vas vivre des jours difficiles.
- Quoi alors ?
- Figure-toi qu'on m'a demandé si c'était vrai que tu emmenais Joy à la soirée de fiançailles de ta cousine.
Je reste silencieux mais James voit bien que je lui lance un regard assez embarrassé alors que je me passe une main dans les cheveux.
- Alors, bien sûr, tu sais, moi, continua James sur sa lancée, je leur réponds : « non, bien sûr que non » parce que tu penses bien que si mon meilleur pote emmenait une nana et pas n'importe quelle nana, Joy, aux fiançailles de sa cousine, et bien, il l'aurait au moins mentionné au détour d'une conversation.
Je lui envoie encore une fois un regard embarrassé. Je comptais lui dire. Un jour. Pour être tout à fait honnête, j'avais un peu la trouille qu'il se foute de moi. Remus et James adorent me regarder avec cet air sur leur visage, comme s'ils savaient quelque chose que j'ignore. Ca a le don de m'insupporter. Sans parler qu'ils n'arrêtent pas de me charrier à propos de Joy. Ils pensent que j'ai le béguin pour elle. Non, mais sérieusement… Je sais pas où ils voient ça…
- Quelque chose à dire pour ta défense ? demanda alors James, un sourire faisant à nouveau surface sur son visage.
- Non, j'emmène Joy aux fiançailles de ma cousine. Rien de plus à ajouter. On est amis, c'est tout, dis-je avec désinvolture.
- Amis ? me demanda James, toujours son satané sourire sur les lèvres. Ce que tu me dis c'est que tu n'as pas envie de l'embrasser, alors ?
- Ni de la toucher, ajouta Remus que je n'avais même pas vu arriver.
- De la déshabiller, de caresser sa peau, continua James, le sourire était devenu diabolique maintenant.
- De sentir son parfum et ses cheveux sous tes doigts, continua lui aussi Remus.
Ils s'étaient enfin arrêtés et me regardaient, démoniaques. Ils avaient tous les deux des grands sourires. En ce qui me concernait, j'avais plutôt du mal à enlever les images qu'ils m'avaient mis dans la tête. Des images très sensuelles. Ce qui était assez étrange. Quand je fantasmais sur les filles en général, c'était assez graphique en général… Là, pour le coup, c'était vraiment très sensuel, tout en lenteur, en douceur… Oh Seigneur, rien que l'idée de déshabiller lentement Joy me mettait dans tous mes états ! Et apparemment, James et Remus l'avaient remarqué !
- Avoue le toi, Sirius, reprit alors Remus, tu es totalement fou de cette fille.
- Ecoutez, ce n'est pas parce qu'on est un peu attiré par une fille qu'on est amoureux d'elle, leur répondis-je. Joy et moi, on est amis, et j'aimerais bien que vous ne lui mettiez pas des fausses idées en tête !
- Ca, ne t'inquiète pas, me répondit James, elle est sûrement aussi têtue que toi.
- Ne fais pas le con, Sirius, me dit alors Remus d'une voix qui sonnait un peu comme un avertissement.
- Au fait, changeais-je de sujet, tu vas les suivre, les conseils de Joy ? demandais-je en m'adressant à James.
- Je pense oui, me répondit-il très sérieux. Au point où j'en suis, je peux bien tester…
Remus proposa une partie de poker et les sujets Joy et Lily furent clos. Du moins pour la soirée.
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J'ai passé la semaine à convaincre mon abruti de frère d'accepter d'inviter la sœur de Joy. Je ne pensais pas que ça allait être si difficile. Callidora est une très jolie fille et en toute honnêteté, mon frère n'a pas non plus toutes les filles à ses pieds. On se ressemble assez mais inutile de vous dire lequel des deux est le plus beau, ni lequel des deux se fait le plus de filles !
En échange, j'ai dû lui promettre de le laisser annoncer aux parents que j'allais aux fiançailles de Cissy avec Joy Hayden. Autant dire qu'il y a peu de chance que j'y survive. Ma chambre est décorée Gryffondor, il y a des Moldues en maillots de bain très minimalistes sur mes murs, je suis passionné par les motos et la mécanique. Autant dire que les choses Sang-Pures à la maison, y'en a pas des tonnes. Mes parents me détestent, je suis le fils indigne mais bon, ils me supportent parce que c'est ce qui convient de faire et aussi peut être un peu parce qu'ils espèrent que je vais changer. Ils peuvent toujours rêver ! Je les hais ! Eux et leurs croyances dégueulasses !
Mes parents vont être extatiques. Toute ma joie d'y aller avec Joy est quasiment retombée. Joy est le genre de fille que je pourrais ramener à la maison que j'avais quelque chose à foutre ce que ma famille pense.
Joy ne m'a pas lâché du regard toute la journée. Je ne sais pas trop pourquoi. Elle m'a même fait un sourire quand je l'ai croisée dans les couloirs. Un sourire. Je sais pas si vous vous en rendez bien compte ! Je l'ai sûrement vue plus de fois pleurer qu'avoir un sourire sur son visage. Elle m'a fait passer un mot par Remus qu'elle a croisé à la bibliothèque, apparemment, elle est très contente que j'aie réussi à convaincre mon frère. Elle me dit, ou plutôt m'a écrit qu'elle n'avait jamais vu sa sœur aussi heureuse depuis les soldes chez « Glamourous Fashion », le magasin très chic pour sorcières.
Il est inutile de vous dire à quel point j'avais hâte de rentrer dans la salle commune de Gryffondor ce soir avant manger pour voir et parler à Joy. Malheureusement, quand je suis entré, ce n'est pas vraiment le spectacle qui m'a accueillit.
Il y avait Joy, debout, placide et froide à son habitude, même si ça faisait un petit moment que je ne l'avais pas vu aussi glaciale. Elle émanait la chaleur d'une calotte glaciaire. Et en face d'elle se trouvait Ariel Snow. Aussi grande que Joy est petite, aussi blonde qu'elle était brune. A cet instant, je me demandais bien ce que j'avais trouvé d'attirant chez Ariel, à part bien sûr, ce qui sautait aux yeux… littéralement !
Ariel avait ses doigts serrés au maximum sur sa baguette qu'elle pointait sur Joy. Je m'approchai pour mieux entendre ce qu'elle disait. Les gens regardaient et faisaient autre chose en même temps. Ils n'avaient pas vraiment l'air intéressé mais ils sentaient que ça allait exploser dans pas longtemps.
- Tu crois vraiment que mon Sirius est intéressé par un monstre comme toi ? vociféra Ariel d'une voix mauvaise.
Joy resta de marbre devant Ariel. Elle se contentait de la toiser, elle n'avait même pas pris la peine de sortir sa baguette.
- C'était moi qu'il aurait dû emmener à cette soirée ! continua Ariel d'une voix toujours aussi hargneuse. Tu te prends pour qui ? Tu crois qu'en l'apitoyant, il va sortir avec toi ? Alors, écoute-moi bien, Sirius est à moi ! Tu ne t'approches pas de lui !
- Je ne vois pas pourquoi tu es si violente ! Si Sirius ne sera jamais intéressé par moi, selon toi, il n'y a aucune raison de t'énerver, non ? dit Joy d'une voix calme et posée.
Je souris quand la voix de Joy me parvint aux oreilles. C'était typique. Et j'étais persuadé que cette attitude n'allait faire qu'énerver encore plus Ariel.
- Tu es une anormalité, cracha Ariel, je ne sais même pas pourquoi Sirius perd son temps avec toi. Mais j'imagine que tu dois être toute contente de l'attention ! Tu essaies de le séduire, je le vois bien ! Je te conseille de t'écarter de mon chemin ou tu vas en payer le prix ! Très cher !
- Je te plains sincèrement, Ariel, répondit Joy toujours de sa voix calme. Sirius n'a fait que t'utiliser, comme il le fait avec toutes les autres ! La seule chose qui l'intéressait c'était de te sauter et il a réussi ! Et franchement, tu n'as vraiment aucun autre intérêt ! Alors il est passé à une autre sur la liste !
Entendre ces mots de la bouche de Joy me fit descendre l'estomac dans les chaussettes. Je savais que c'était vrai. Mais savoir que Joy le pensait me rendait un peu…triste. Sans savoir vraiment pourquoi.
- Comment oses-tu parler de Sirius comme tu le fais ! Tu n'es rien ! Tu ne seras jamais que ça ! Je te le répète, reste loin de Sirius !
Je vis que Joy allait répondre quelque chose, mais je sentais qu'il fallait que je fasse quelque chose. Quand je vis Ariel lever sa baguette vers Joy alors que celle-ci venait de remarquer ma présence, je m'interposai entre les deux, une main bloquant le poignet d'Ariel.
- Ca suffit maintenant Ariel, déclarais-je en haussant un peu la voix. Tu te calmes. Je ne t'appartiens pas. Toi et moi, on n'est pas ensemble. On a juste couché ensemble. Remet-toi en ! Joy et moi, on est amis ! Alors, tu la laisses tranquille, d'accord ! Si tu t'approches d'elle, je t'assure que c'est toi qui va le payer cher !
Je vis les yeux d'Ariel se noircir de colère. Elle se dégagea violemment de mon étreinte et monta dans son dortoir, le pas lourd, prenant soin de faire entendre chaque pas qu'elle montait comme une enfant capricieuse. Joy était toujours là, son masque glacial en place. Je m'approchai d'elle pour poser ma main sur son épaule mais elle l'évita avant que je ne la touche.
- Je n'ai pas besoin de toi pour me défendre, Sirius ! déclara-t-elle, apparemment irritée. Je peux très bien le faire toute seule ! Je le fais depuis cinq ans, ce n'est pas maintenant que je vais avoir besoin de toi !
Et sans plus, elle aussi, monta dans son dortoir, le pas certes moins lourds que celui d'Ariel mais manifestement tout aussi énervée !
Mais qu'est ce que j'avais fait ?! J'essaye d'aider, d'être gentil, de prendre sa défense et ça explose dans ma figure ! Les filles, je vous jure ! Jamais contentes ! Une partie de moi voulait la suivre dans son dortoir mais l'autre était énervée de la voir s'emballer comme ça pour rien. Moi qui pensais qu'on avait fait des progrès !
Apparemment, ça a dû se lire sur mon visage parce que Lily est venue s'asseoir en face de moi quelques minutes après que je me sois moi-même assis.
- Elle est indépendante, Sirius, me dit-elle simplement alors que je ne lui avais absolument rien demandé. Elle n'est pas comme tes autres bimbos qui se pâment et s'évanouissent dès que tu fais quelque chose de chevaleresque. Arrête d'essayer de jouer au sauveur.
- On peut savoir de quoi tu te mêles, Evans, répliquais-je, courroucés qu'on me fasse la leçon comme si j'avais cinq ans.
- J'essayais juste d'aider ! déclara-t-elle, énervée elle aussi.
Elle monta dans son dortoir, fulminant contre moi. Décidément, ce n'est vraiment pas ma soirée ! Putains de nanas !
J'en étais là dans mes pensées quand Remus vint s'asseoir à côté de moi.
- Laisse là se calmer un peu. Je suis sûr que Joy ne te fait pas la tête, me dit-il en m'offrant une Bièraubeurre.
- Toi aussi tu as décidé de me donner des conseils dont je ne veux pas ? demandais-je, toujours aussi irrité.
- Ne t'énerve pas, Sirius, j'essaie juste de t'expliquer, continua-t-il. Depuis que ça se sait que tu emmènes Joy à cette soirée, les autres filles ne sont pas très…agréables avec elle. Je crois que c'est la troisième fois de la journée qu'elle doit rendre des comptes à ton petit fan club.
Je me contentai de hocher la tête. Je ne pensais pas que ma décision de me rapprocher de Joy allait créer un tel remue-ménage ! Comme s'il n'y avait rien de plus grave à penser ! Comme si personne n'avait autre chose de quoi discuter !
- Je ne peux pas être ami avec une fille maintenant ? fis-je à Remus, consterné.
- Je ne veux pas être méchant, Sirius, mais tu n'es jamais ami avec une fille, tu te contentes de…
- Coucher avec elle, oui je sais ! finis-je à sa place.
Il y eut un petit moment de silence. Remus me regarda et eut un petit sourire.
- Pour immobiliser les escaliers du dortoir des filles, me dit Remus sur le ton de la confidence et en se rapprochant de moi, tu dis Immobilum et pour le mouvement de baguette, tu fais faire un tour complet à ton poignet.
- Pourquoi tu me dis ça ? Pourquoi ne pas l'avoir dit à James quand il te l'a demandé ?
Je n'étais plus vraiment énervé. Ou en tout cas, je ne me défoulais plus sur Remus. C'était sympa de sa part de me dire ça. Il savait très bien que je pouvais en faire mauvais usage pour aller voir mes conquêtes.
- Parce que tu en as plus besoin que James. Lily a été furieuse toute la journée. James ne lui a pas adressé un regard, me dit Remus avec un sourire, la théorie de Joy semble marcher.
- Merci, Remus, vraiment. Je te promets, je ne l'utiliserais que pour aller voir Joy. Aucune autre fille.
Remus me renvoya un sourire bienveillant et quitta la salle commune. C'était l'heure du dîner et la salle de Gryffondor s'était peu à peu vidée en direction de la Grande Salle pour aller remplir les estomacs. Je me dirigeai donc vers les escaliers du dortoir des filles et fis comme Remus m'avait indiqué. Je mis un pied sur la première marche et vis qu'elle restait parfaitement solide.
Je montai les escaliers le plus discrètement possible. Je toquais à la porte de son dortoir, plus par politesse qu'autre chose mais personne ne répondit. J'ouvris la porte et vis que le dortoir était totalement vide et la seule chose qu'on entendait était l'eau qui fouettait rythmiquement le sol carrelé de la douche.
Je savais qu'elle était dedans. Je savais qu'elle prenait sa douche. Je savais qu'elle allait être nue. Je savais qu'il ne fallait pas que j'entre. Je savais tout ça. Mais c'était beaucoup trop tentant. Je me suis approché de la porte de la salle de bain, sans prendre la peine de toquer cette fois et je l'ai ouverte.
La buée m'a aussitôt assaillie. L'eau de sa douche devait être brûlante, la vapeur moite faisait comme un fin voile dans la petite pièce. Je tournai mon regard vers la cabine. Elle était là, derrière le verre opaque. Opaque mais pas assez pour ne pas distinguer les contours de sa silhouette.
Elle était…belle. Elle n'était pas d'une minceur extrême mais on ne pouvait pas dire qu'elle avait des formes très prononcées non plus. Elle était au milieu. Mais c'était un très beau milieu. Ses cheveux retombaient dans son dos, jusqu'à ses fesses. Je pouvais imaginer l'eau qui devait ruisseler le long de son corps. Il fallait que je me calme. Sérieusement… Il fallait vraiment que je me calme. Je ne devais pas être aussi attiré et fasciné par Joy. Je voyais de profil la courbe de ses seins et ils avaient l'air très jolis aussi… J'avais une forte envie de les prendre en coupe dans mes mains et de passer mon pouce sur les… Seigneur… Il fallait que j'arrête !
J'allais appeler son prénom pour lui faire remarquer sa présence mais elle se tourna et poussa un cri aigu avant de me reconnaître. Je la vis passer une main pour attraper une serviette et s'en enrouler autour, encore à l'intérieur de la cabine avant de finalement sortir.
- Sirius ! me dit-elle d'une voix tremblante de ce que je pressentais être de la colère.
- Je m'excuse, dis-je un peu nerveusement.
C'est sûr que maintenant l'idée d'aller l'espionner sous la douche était beaucoup moins bonne !
- Je voulais juste te parler, continuais-je.
- Tu pouvais pas attendre derrière la porte ? dit-elle, ne croyant pas mon baratin, un sourcil haussé. D'ailleurs, continua-t-elle, comment tu as fais pour monter ?
- Remus me l'a dit.
- Ca te gêne de sortir le temps que je m'habille ? me dit-elle d'un ton qui suggérait que ce n'était pas vraiment une question.
J'ouvris la bouche mais je ne fis que bégayer. Je décidai donc de me taire et d'hocher la tête. Je sortis de la salle de bain et alla m'asseoir sur ce que je supposais être son lit. C'était le seul dont les rideaux étaient fermés. C'était forcément le sien. Je m'allongeai sur son lit et je remarquai que son odeur était partout autour de moi. L'odeur de son après-shampoing plutôt. Une odeur florale que je n'avais pas oubliée de la fois où je l'avais serrée dans mes bras.
Je l'entendis s'affairer et jurer un peu. Quand elle ressortit, elle avait ses cheveux attachés dans un chignon lâche et le léger pull zippé à capuche qu'elle avait mis au dessus de son jean était mouillé aux endroits où elle n'avait pas dû assez se sécher. C'était la première fois que je la voyais hors de son uniforme. C'était très bizarre à dire mais j'avais vu Joy soit nue, soit en culotte soit en uniforme. Elle s'assit sur le lit à côté de moi.
- Ce sont tes vêtements ? interrogeais-je, un peu surpris qu'elle ait des habits Moldus.
- Oui, tu crois qu'ils sont à qui ? A mes colocs ? On est pas assez amie pour s'échanger nos fringues, me répondit-elle avec sarcasme. C'est pour ça que tu as décidé de venir m'espionner ? Encore, dois-je préciser ! Pour voir que quoi j'aurais l'air habillée en dehors de l'uniforme ?
- Non, bien sûr que non. C'est juste que, je suis surpris. Je pensais que tu n'aimais pas trop les choses Moldues.
- On voit que tu me connais très bien Sirius, me dit-elle encore sarcastique.
- Qu'est ce qui t'as pris ? T'à l'heure ? Tu me rembarres alors que j'essayais juste de t'aider ! dis-je, de plus en plus courroucé.
- Tu as vraiment le complexe du sauveur, Sirius ! Je n'ai pas tout le temps besoin de ton aide ! Je suis une grande fille, je peux prendre soin de moi-même, je sais me défendre et ce n'est certainement pas une petite conne comme Ariel Snow qui me fait peur.
- Tu aurais fait comment si je n'avais pas été là ? Tu te serais décrochée toi-même de la tapisserie ? Tu étais trop occupée à pleurer !
Les mots m'étaient sortis de la bouche sans que je ne les contrôle et je les regrettais aussitôt. Je vis sur son visage un mélange de colère et de tristesse.
- Va-t-en Sirius ! déclara-t-elle en se levant et m'indiquant la porte.
- Non, attends, Joy ! S'il te plait ! Je suis désolé ! Parfois les mots sortent avant qu'ils aient eu le temps de passer par la case cerveau !
- Tu es très souvent désolé avec moi, Sirius ! répliqua-t-elle. Tu ne peux pas être tout gentil avec moi un moment et me sortir des choses comme ça le moment d'après !
- Je sais bien… dis je, confus. Ecoute, si je suis comme ça, c'est parce que je m'inquiète pour toi. Je veux juste que tu te rendes compte que tu n'es pas seule.
- Sirius… J'ai vraiment apprécié. Mais je pense que tu aimes trop me voir comme la fille fragile que tu as détachée de la tapisserie. Elle est là, oui, mais le plus souvent, je suis l'autre Joy, la Joy qui n'a pas besoin qu'on bataille à sa place.
- Non, c'est toi qui ne comprends pas Joy. La Joy fragile que j'ai secourue et la Joy fougueuse et têtue, c'est la même. Tu n'as pas à changer de masques tout le temps.
Son regard se fixa dans le mien et soudain je remarquais quelque chose que je n'avais jamais remarqué avant. Le bleu bizarre de ses yeux que j'appréciais tellement, ce n'était pas du bleu…
- Tu as les yeux violets, Joy, dis-je avec de l'émerveillement dans la voix.
- Oui, me répondit-elle, un sourire sur les lèvres, ne comprenant pas très bien que j'ai changé de sujet aussi abruptement.
- Je n'avais jamais remarqué, dis-je encore, me sentant un peu bête de ne pas l'avoir fait.
- Personne ne le remarque. Il n'y a que Remus… et toi maintenant.
Mon estomac se serra lorsque je me rendis compte que Remus avait remarqué quelque chose d'aussi intime, quelque chose que personne ne remarquait jamais, sur ma Joy. Elle avait des yeux vraiment beaux. Plus beaux que je ne l'aurais pensé à première vue. Ils étaient hypnotisants.
- Sirius, on peut savoir pourquoi tu étais dans la salle de bain pendant que j'étais sous la douche ? demanda-t-elle avec un petit sourire amusé aux lèvres, mais je sentais bien qu'elle était aussi assez embarrassée.
- Je… Je n'ai pas résisté à l'envie d'entrer, me décidais-je pour la franchise. La vérité Joy, c'est que… il y a une part de moi qui est très attirée par toi et quand j'ai entendu la douche couler, je n'ai pas pu m'empêcher d'entrer pour te voir…
Je la vis rougir et baisser la tête. Elle avait l'air vraiment gênée et très mal à l'aise. Elle avait resserré ses bras autour de son ventre comme pour se protéger.
- Sirius, commença Joy, la tête toujours fixée sur le sol.
Je ne sais pas ce qui m'a pris. Vraiment pas. Mais j'ai pris son visage dans mes mains et j'ai refermé mes lèvres sur les siennes. J'ai senti mon cœur battre frénétiquement. Elle a poussé un halètement de surprise qui a ouvert ses lèvres contre les miennes et j'en ai profité pour tracer ses lèvres avec ma langue. Sans réfléchir, j'ai passé mes mains derrière elle et j'ai défait son chignon. Ses cheveux longs ont cascadé dans son dos en une masse encore mouillée qui sentait le plus divin parfum de fleur. J'ai fait glisser mes mains dans ses cheveux, la rapprochant de moi, la pressant plus fort contre mes lèvres.
La première fois, elle n'avait pas répondu au baiser. Je sentais son cœur s'affoler et soudain ses mains s'agrippèrent à ma chemise et elle me colla encore plus près d'elle. Je sentais sa poitrine contre mon torse et je me rendis compte qu'elle n'avait pas de soutien gorge. Une boule se forma dans ma gorge et je sentis le sang affluer vers le sud de mon anatomie. Je caressais encore sa chevelure de mes mains alors que je faisais glisser ma langue dans sa bouche. Elle se laissa aller dans mon étreinte et répondit avec entrain au baiser. Elle caressait ma langue de la sienne et je sentis ses mains passer sous ma chemise, me caressant le ventre. La peau se contracta sous la caresse et en un mouvement, je l'allongeai sur le lit et moi au-dessus d'elle.
Je sentais son cœur et mon cœur qui battaient la chamade à l'unisson alors que ses mains étaient remontées vers mon cou où elles s'étaient nouées. Nos langues dansaient encore l'une contre l'autre avec sensualité, lentement et doucement. Avec langueur, elles prenaient le temps de se connaître, de se caresser. Je n'avais jamais ressenti autant de sensations dans un seul baiser.
Nos bouches bougeaient encore avidement l'une contre l'autre et ses légers gémissements résonnaient en moi et rendaient de plus en plus difficile l'idée de me contrôler un tant soit peu. Ma main se glissa entre nous et je fis rapidement descendre le zipper de son pull à capuche. Je l'entendis soupirer un peu plus fort alors que j'écartais les pans de son pull. Nos lèvres se séparèrent et je l'entendis reprendre son souffle bruyamment mais ma bouche descendit directement vers son cou que je picorais de ma langue et de mes lèvres. Je descendais encore et encore et j'entendis son cœur s'affoler contre ma joue. Elle soupirait plus fort et ma main prit en coupe un de ses seins. J'ai cru que j'allais avoir un orgasme dans mon caleçon tellement la sensation était intense. Il pulsait au rythme frénétique de son cœur. La peau était douce et souple. Je malaxai tendrement son sein dans ma main, prenant soin de passer mes doigts sur les mamelons durcis. Seigneur, je n'avais fait que les imaginer mais c'était encore mieux.
J'entendis son souffle se bloquer dans sa gorge à chaque caresse sur son sein. Je posai ma bouche sur l'autre alors que ma main continuait à caresser l'autre un peu plus maladroitement.
Je suçai et happai la pointe durcie entre mes lèvres et aspirai et massai avec ma langue. Ses mains passèrent dans mes cheveux alors qu'elle soupirait « Sirius » d'une voix chaude et un peu rauque, accentuant sur les voyelles de mon prénom.
J'arrêtai mes caresses et remontai mon visage au niveau du sien. Mes mains prirent son visage en coupe et le caressait doucement. Mon regard était fixé dans le sien et mes lèvres descendirent encore une fois sur les siennes. Mes mains passèrent autour de sa taille et je les fis remonter doucement dans son dos. Mes mains n'étaient même pas arrivées à la naissance de ses fesses qu'elle s'écarta vivement de moi et faillit me faire tomber du lit tant elle avait été brutale. Ses mains, je remarquai, tremblaient et se précipitèrent pour re-zipper son pull et ses yeux, ses magnifiques yeux violets, prirent une lueur de panique.
Elle avait les joues écarlates et la respiration pantelante. Et elle était absolument ravissante. Elle me regarda, paniquée et embarrassée. Je ne savais pas trop quoi dire. J'avais encore la tête ivre de nos baisers.
- Sirius, on ne peut pas, déclara-t-elle enfin, le souffle encore haletant et ses bras à nouveau enlacés autour d'elle-même.
- Joy… Tu es vraiment très jolie, réussis-je enfin à articuler.
- Ne me dis pas ça… murmura-t-elle, je sais que ce n'est pas vrai. Sirius, je ne veux pas être une des filles sur ton tableau de chasse et je…
Sa voix se coupa dans sa gorge et je vis comme un éclair de réalisation sur son visage. Ses traits se déformèrent de fureur et elle me poussa du lit avec violence et me fit sortir du dortoir avant même que je m'en rende compte.
- J'espère que tu t'es bien amusé, Black, hurla-t-elle une fois la porte fermée. Je t'interdis de t'approcher de moi ! continua-t-elle à hurler. Je n'aurais jamais cru que…
Sa voix s'étouffa à nouveau et je compris qu'elle devait être en train de pleurer derrière la porte. Je n'eu pas d'autre choix que de partir et je me rendis directement dans mon dortoir et sur mon lit. Je n'ai même pas pensé que j'avais loupé le dîner.
Je n'avais compris. Que venait-il de se passer ? Joy avait été dans mes bras et puis d'un coup, elle m'avait chassé et hurler dessus. Etait-ce à cause du baiser ? Est-ce que je venais vraiment de gâcher presque un mois d'amitié à cause de mes conneries ? A cause de ma putain d'attirance pour Joy ?
J'espérais vraiment que le sommeil m'apporterait des réponses, car une chose était sûre, je ne pouvais certainement pas parler de ça avec mes amis…
A Suivre…
