Hé ! Je tiens bien la cadence pour le moment je trouve ! ^^
J'adore vos reviews, et je suis curieuse de savoir ce que vous pouvez bien penser de cette histoire. Des hypothèses pour la suite ? Je suis preneuse !
Tout en sachant que Pitouyou et AuroreBlue ne sont pas si éloignées de la vérité que ça lorsqu'elles parlent de plume de dinosaure et de T-rex (oui, l'un est l'autre et alors ?). Muahaha ! Vous le sentez venir le lynx dégénéré ?!
Merci aussi à RiseOfPhoenix. En espérant pouvoir ravir vos attentes à tous, je vous souhaite une bonne lecture.
- Ton examen s'est bien passé ? demanda Gumi dans le noir.
Avec cette journée de dingue, elle n'avait plus pensé à son amie et ses propres préoccupations. La montée en grade des aspirants pilotes était pour bientôt après tout, et Rin devait appréhender la chose.
- Je pense. Il reste à voir les résultats dans deux jours.
Elles observèrent Al en silence. Plus loin, le mécanicien portait la plume à bout de bras, visiblement déconcerté.
Gumi se pencha en avant afin de se faire entendre de sa camarade.
- A ton avis, une plume de cette taille appartient à un oiseau de quelle envergure ?
- Environ… huit à dix mètres je pense. Si cette rémige est la plus grande qu'il possède. C'est immense.
- Immense oui.
A l'écart, Al leva la tête, pointa le faisceau de sa lampe vers les plates formes supérieures. Gumi suivit le mouvement des yeux, sans rien distinguer.
- Qu'est-ce qu'il y avait là haut ?
- Des plumes. Juste des plumes blanches. Des petites, des grandes, des larges…
Elle laissait tomber une poignée de duvet immaculé de sa poche en disant ces mots.
- Pas la seule trace de couleur. Du blanc partout. Et des plumes de mue. Entières. Pas pliées, pas grignotées, rien. Quelque chose vient se reposer sur cette plate-forme.
Gumi releva le nez avant de dévisager Rin avec un sourire plein de malice.
- Tu penses à ce que je pense ?
- Tu penses à cette chère Neru ? répliqua la blonde avec le même sourire.
Neru à la surveillance. Neru qui pouvait obtenir des enregistrements provenant de quasiment toutes les caméras présentes sur la forteresse.
- Il faut aller la voir.
Elles hochèrent la tête de concert.
- Mais pas cette nuit, continua Rin.
Gumi secoua la tête cette fois.
- Non, pas cette nuit, répéta-t-elle.
- Elle nous tuerait.
- Sans remords. Ni scrupules.
- Clairement.
- Je peux savoir ce que vous cogitez ? fit la voix grave de Al au-dessus d'elles.
La longue plume dans sa main, tenue par l'extrémité, avait des airs d'épée fantastique.
Un genre de… Wing-blade peut-être, pensa Gumi.
Rin du imaginer un scénario similaire car elle se hâta de sortir son holograveur et de mémoriser cette image de Al dans la mémoire interne de la petite machine cubique. Ce dernier ne sembla d'ailleurs rien remarquer.
- Ecoutez, vous ne direz rien sur ce qu'il s'est passé ce soir, déclara-t-il. Quant à ceci…
Il fit un geste vers la plume qu'il serrait toujours.
- Je l'embarque. J'irai le montrer aux écolos des serres. Ils sauront peut-être de quoi il en retourne.
Gumi se fustigea mentalement. Voilà par quoi elle aurait pu commencer ! Les écologistes et les naturalistes des serres. C'était tellement logique. Une évidence si énorme qu'elle n'y avait pas songé une seule seconde.
- En attendant, je vous conseille d'aller dormir. Et rappelez-vous, n'en parlez à personne.
- Neruuuuu !
Gumi hurlait en cavalant dans les couloirs qui menaient aux locaux de surveillance, Rin sur ses talons.
Elle se sentait de nouveau comme une gamine, comme la petite fille qui allait rejoindre Neru après leurs cours respectifs pour que cette dernière vienne jouer avec elle et Rin.
On les rabroua à deux reprises, leur indiquant que courir dans ce secteur était tout bonnement interdit. Elles continuèrent de plus belle jusqu'à la petite salle où elles savaient pouvoir trouver Neru à ces plages horaires.
Ca ne manqua pas. La jeune femme se tenait assise devant un mur d'écrans sur lesquels Gumi reconnut plusieurs lieux du Spica. Quelques cadets nettoyaient la cafétéria en discutant, un duo de pilotes rejoignait la salle d'entraînement, les serres visibles d'un point de vue éloigné, rayonnaient de calme et de verdure. Le plus dérangeant restait tout de même le silence de ces petites scènes de vie à bord de la forteresse volante.
Les images grouillantes étaient silencieuses, et les lèvres des cadets en pleine corvée n'émettaient aucun son. Vraiment déconcertant.
- J'ai pas le temps les filles. Plus tard.
Neru ne s'était même pas retournée sur sa chaise pour les regarder.
- Mais plus tard il fera trop sombre.
Il y eut un soupir fatigué.
- De quoi vous avez besoin ?
- D'un piège photo, lança Rin.
- Les naturalistes pourront vous en donner un.
Gumi n'écoutait la conversation que d'une oreille distraite, absorbée par les images sur les écrans de surveillance. Elle voyait son dortoir, pourtant situé deux étages en dessous et à près de deux cents mètres. Elle se demanderait toujours comment l'emplacement des caméras était déterminé. Pourquoi choisir de surveiller sa chambre ici, dans ce secteur-ci, et pas ailleurs ?
Rin la tira soudainement par le bras, l'entraînant dans son sillage avec un dynamisme effarant. Gumi remercia Neru par habitude avant que cette dernière ne disparaisse de son champ de vision, toujours sans s'être retournée.
Gumi n'aimait pas les serres. Ces espaces aménagés au centre du Spica, à ciel ouvert, comme une pyramide creuse, lui donnaient l'impression d'être perdue. Elle était beaucoup plus à l'aise dans le dédale des couloirs aux formes alvéolaires, ou bien en train de ramper entre quelque tuyauterie usée.
Plusieurs groupes de personnes s'affairaient autour d'elles. La plupart était occupée à épandre compost et engrais au pied des arbres et entre des rangées de légumes. Les déchets organiques étaient systématiquement réutilisés. Et les autres étaient soi recyclés, soi totalement absents.
Le statut d'auto-suffisance des forteresses se basait d'abord sur une indépendance énergétique calculée au carton près. Les ressources étaient savamment partagées, utilisées et réutilisées en suivant.
Fruits et légumes ne posaient que peu de problèmes. Gumi elle-même avait réussi à faire pousser plusieurs plants de laitue durant ses premières années de scolarité, celles où tous les jeunes habitants du Spica se devaient de participer à toutes les tâches collectives du vaisseau.
La viande en revanche, bénéficiait d'un autre traitement. Tous les steaks des cafétérias provenaient en réalité d'un morceau de plusieurs mètres cubes baignant dans une cuve remplie de liquide nutritif. La magie des cellules-souches permettait la repousse du bloc de protéines dans lequel les cuisiniers découpaient les morceaux finissant dans les assiettes de chacun.
Une femme aux cheveux blancs vint à leur rencontre. Etrange pour quelqu'un de son âge. Elle ne devait avoir que cinq ou six ans de plus que Rin et Gumi.
- Vous cherchez quelque chose ?
Gumi fit un pas en arrière, se mettant en retrait par rapport à Rin, bien plus diplomate dans ce genre de situation. Gumi trépignait trop d'impatience pour réussir à garder son calme. Et si jamais cette femme refusait leur requête, elle s'emporterait trop vite.
- Un piège photo ? Mais qu'est-ce que deux filles comme vous vont bien pouvoir en faire ?
Elle détaillait leurs uniformes caractéristiques. La combinaison près du corps de Rin, et le pantalon treillis couvert de poches et de tâches en tous genres de Gumi. Une aspirante pilote et une apprentie mécanicienne qui demandaient de l'équipement naturaliste ne devait pas être une chose courante après tout.
- Nous avons une bête sur les plates-formes extérieures de décollage. On aimerait bien savoir laquelle. Mais les accès sont très réglementés.
Gumi n'aurait jamais pensé à une histoire pareille. D'autant plus solide que les pièges photographiques étaient réellement utilisés de manière ponctuelle dans ce genre de situation.
Leur interlocutrice sembla réfléchir à la question une seconde, avant de s'adresser à Gumi.
- Je te reconnais toi. Tu es la petite protégée de Al ?
- Euh… Oui ?
La femme eut l'air de se détendre.
- Suivez-moi, fit-elle avec un geste de la main.
Elles lui emboîtèrent le pas.
Gumi connaissait mal cette partie là du Spica, habituée comme elle l'était à ramper dans les celliers humides. Les serres étaient constamment éclairées, que ce soit par lumière naturelle pour les étages les plus hauts, ou artificiellement pour ceux d'en bas. Bien que ces derniers abritaient des espèces préférant l'ombre.
La femme aux cheveux blancs, dénommée Miriam en réalité, leur tendit une paire de fruits cueillis à même l'arbre quelques secondes plus tôt. Gumi mordit à pleines dents dans la chair juteuse, heureuse d'avoir quelque chose de correct à se mettre sous la dent et de ne pas sentir son œsophage et son estomac se rebeller. Son regard vagabondait entre les rangées d'arbres fruitiers porteurs de figues, abricots, pêches, guignes ou cerises. A leur pied poussaient des fraises, courgettes, salades de diverses variétés, pommes de terre… Et tout un tas d'espèces de fruits, légumes et baies que Gumi était incapable de nommer.
Miriam les conduisit jusqu'à ce qui ressemblait à un débarras, qui s'avéra être un laboratoire de terrain pour les botanistes. Alors qu'elles étaient laissées à l'extérieur, Gumi distingua une paire de loupes binoculaires, plusieurs fioles qui devaient contenir des échantillons de végétaux, des bidons, des vieux livres à la reliure en cuir et une branche de paulownia dans un vase.
Elle entendit fouiller, des objets lourds semblaient être déplacés. Et finalement Miriam réapparut, un boîtier sombre en main qu'elle tendit à Rin.
- La batterie doit être pleine. Essayez de le fixer correctement, ce matériel est utile.
- Vous vous en servez vraiment pour regarder en bas ? demanda Gumi.
Miriam la dévisagea.
- Oui de temps en temps. Quelques pièges sont posés à terre afin de voir comment évoluent les choses en… bas.
- Et alors ? continua Rin. Comment ça évolue en bas ?
- Oh, et bien, il y a beaucoup d'oiseaux. Et quelques grands félins ont été aperçus dans ce qu'il reste des grands massifs montagneux. Nous attendons encore les données des autres forteresses. Vous voulez que je vous tienne au courant ?
Gumi s'en fichait un peu. Ce qui l'intéressait à elle, c'était la créature qui se reposait de temps en temps sur l'extérieur du Spica. Ce qu'il y avait en bas pouvait bien attendre, Rin lui raconterait toujours les histoires plus tard.
Elle tapait nerveusement du pied tandis que Rin et Miriam se mettaient d'accord sur un rendez-vous dans quelques jours.
Ca faisait près de deux heures que Rin avait installé le piège photographique et l'avait relié à l'écran 2D de son holograveur. Et toujours rien.
Gumi tournait en rond au milieu d'un des couloirs, ruminant les paroles de Miriam.
La petite protégée de Al.
Elle aurait voulu lui enfoncer ces mots au fond de la gorge. Même si dans l'absolu, cette phrase était pleine de vérité, Gumi avait horreur qu'on lui rappelle les faits. Elle ne se souvenait alors que trop bien de l'accident qui lui avait pris ses parents, de la dette de vie qu'elle devait à Al.
C'était il y a quatorze ans, elle n'était qu'une fillette, et Al, un adolescent.
Le Spica s'était retrouvé au milieu d'un orage particulièrement violent, dont le magnétisme avait affolé les appareils de vol, empêchant toute orientation précise pour sortir de là.
- Qu'est-ce qui t'arrive ? demanda Rin que le petit manège de Gumi commençait à agacer.
- On a heurté un pic de la chaîne de l'Himalaya… répondit-elle d'une voix absente, prise dans le défilement de ses souvenirs.
La blonde déglutit difficilement.
- T'es encore bloquée là-dessus ? Gumi… On avait quatre ans, on pouvait rien faire de toute façon.
- Mes parents…
- Mon père et mon frère aussi. Et tout un tas d'autres personnes. Tu as eu de la chance qu'Al te rattrape au vol et tu es vivante aujourd'hui.
Gumi eut un hoquet. Elle se sentait en colère. Furieuse contre ce qu'il s'était déroulé ce jour-là, contre sa propre faiblesse, son incapacité à tourner la page de ce tout premier souvenir de sa vie. Et à côté de ça, Rin avait l'air si décontractée…
Gumi ne l'était pas. La simple évocation de ce souvenir lui rappelait le vide sous ses jambes alors que la forteresse se braquait en diagonale par rapport à son axe de vol. Elle avait longuement glissé, se brisant les ongles en tentant de se raccrocher à n'importe quoi, et l'angoisse d'une chute interminable lui avait saisi les tripes. Et puis il y avait eu le choc imprimé à son épaule, manquant de la déboîter. C'était Al qui l'avait rattrapée, tenu par un harnais dont la corde de sécurité se trouvait entre les mains d'Akaito quelques mètres plus loin et à l'abri.
Aujourd'hui encore, la simple idée de s'élever de quelques mètres la paralysait sur place.
Rin la sortit de sa torpeur étrange.
- Viens voir. Il y a quelque chose.
Gumi se dépêcha de s'installer près de son amie, le regard rivé à l'écran de l'holograveur sur lequel la blonde faisait défiler des photos.
- C'est complètement dingue, marmonna Rin.
La forme n'était pas nette. Peut-être à cause des mouvements de la créature, de ceux du Spica, de la charge de la batterie… Trop d'éléments étaient à prendre en compte.
C'était assez grand pour que la photo ne cadre pas la silhouette complète, ne laissant apparaître que des esquisses floues d'ailes et de plumes.
- Il n'y a pas une caméra et un micro là-dessus ? demanda Gumi, curieuse de voir la chose en direct.
- Si. Mais la batterie se déchargerait quasiment d'un coup.
- Essaie toujours. On ira la recharger plus tard.
Rin effectua quelques réglages via différents menus sur son écran avant que n'apparaisse une image sombre à la qualité moyenne.
- On dirait une patte. Presque… une jambe nue, ou un bras.
Gumi n'écoutait qu'à moitié ce que venait de dire sa camarade. Elle était focalisée sur ce qui sortait des enceintes de l'holograveur.
- Monte le son un peu.
La blonde s'exécuta en prêtant l'oreille à son tour.
- Ca chante, déclara Gumi.
- On dirait même que ça parle…
Il y eut une inspiration de la chose sur la vidéo puis un mouvement qui fit sursauter les deux filles.
Sur l'écran, posée près de plumes d'un blanc qui apparaissait presque lumineux, il y avait une main bien humaine dont les doigts se fermaient et s'ouvraient régulièrement. Une flexion du coude indiquait que la créature se penchait en avant. Sa tête allait apparaître quand l'image disparut subitement.
- La batterie ! cria Rin.
Gumi se redressa à toute vitesse en tirant la blonde derrière elle.
- On va voir là-bas !
Rien. Il n'y avait plus rien excepté le boîtier du piège photographique.
Pas même une plume, un duvet ou toute autre trace du passage de la… chose.
Elles n'avaient que l'enregistrement sur l'holograveur de Rin, et elles le repassaient en boucle dans un couloir peu fréquenté alors que le piège se rechargeait dans un coin.
- C'est juste pas possible, commentait Gumi tandis que Rin restait silencieuse face aux images.
La blonde n'avait pas dit grand-chose depuis sa dernière escalade. Elle se contentait d'observer l'enregistrement d'un œil perçant.
Un bruit de bottes força Gumi à relever la tête. Dans le même mouvement, Rin se redressa en vitesse et se campa dans un garde-à-vous parfaitement exécuté. Gumi se contenta de se lever. Ne faisant pas partie du corps des pilotes, elle n'était pas obligée d'effectuer leur salut en face d'Akaito. Elle se devait cependant de démontrer le respect dû à un aîné, encore plus lorsque ce dernier était un des trois amiraux du Spica. Alors elle s'inclina gauchement.
L'amiral aux cheveux rouges leur accorda le repos d'un simple geste de la tête.
Gumi se surprit à le dévisager de haut en bas. Il avait l'air trop droit, trop comme il faut dans son uniforme rouge et noir. Sa figure fière semblait taillée dans une roche noble et Gumi lui trouva des airs d'oiseaux de proie.
Elle se rendit compte qu'elle ne l'appréciait pas. S'il était une figure à suivre pour Rin qu'elle sentait tendue près d'elle, Gumi s'en moquait éperdument. D'ailleurs, Akaito donnait clairement l'impression d'ignorer l'apprentie mécanicienne.
- Aspirante Kagamine, commença-t-il d'une voix atone.
Rin eut un hochement de tête, le regard portant loin devant malgré les murs qui les entouraient tous les trois. Gumi la vit trembler légèrement. La venue d'un responsable pouvait être un présage terriblement funeste, encore plus lorsqu'il utilisait le grade et le nom de l'individu plutôt que son simple prénom.
- Je tenais à vous féliciter en personne, déclara soudainement Akaito.
Gumi donna un léger coup de pied à Rin en la voyant entrouvrir bêtement la bouche. La blonde se reprit rapidement avant de parler d'une voix relativement assurée.
- Pardonnez-moi amiral, mais à quel propos me félicitez-vous ?
Gumi eut un ricanement intérieur en se disant que sa camarade parlait décidément trop bien lorsqu'elle le désirait.
- Vos examens de la veille. Vos résultats sont bien au-dessus de la moyenne de votre promotion. Si nous voulions l'aspirant parfait, vous n'êtes pas loin de le devenir.
Un autre coup en voyant Rin commencer à rougir en baissant les yeux.
Réagis ! songea Gumi.
Elle avait bien envie de saisir son amie par les épaules et la secouer dans tous les sens afin qu'elle fasse tout, sauf rester plantée là en silence. Ce n'était pas tous les jours qu'un amiral du Spica, et donc une des personnes les plus hautement placées dans la hiérarchie de la forteresse, venait vous faire des compliments.
- Je… Je vous remercie, lâcha simplement Rin en s'inclinant en avant.
Gumi vit bien le sourire furtif qu'afficha Akaito à la vue de la nuque vulnérable de la blonde.
Décidément, elle n'aimait pas cet homme.
Une fois Rin de nouveau droite comme un bâton, Akaito continua, le visage impassible.
- Galaco et moi-même avons donc décidé de vous récompenser suite à vos efforts.
- Me récompenser ?
- Que dites-vous de m'accompagner lors du prochain vol de reconnaissance ?
Si les circonstances l'avaient permis, Rin aurait certainement sauté de joie. Elle tourna des yeux pétillants vers Gumi l'espace d'une demi-seconde à peine, suffisamment longtemps pour que la mécanicienne saisisse la plupart des émotions qui envahissaient sa camarade à cet instant précis.
Elle voulut lui envoyer tout un tas de pensées par télépathie, lui dire de tenir encore un peu avant de laisser tout ceci l'emporter dans une de ces pseudos crises d'hystérie dont seule Rin avait le secret. Elle se souvint finalement qu'une telle opération était impossible et croisa les doigts pour que la blonde sache se contrôler jusqu'au départ d' Akaito.
Celui-ci se tourna brusquement vers Gumi, lui tirant un sursaut incontrôlé.
- Quant à vous, Megumi.
Elle se demanda un instant si elle lui sautait directement à la gorge ou si elle attendait qu'il lui tourne le dos. Amiral ou non, personne n'avait le droit de l'appeler par son prénom entier sans son consentement écrit, daté et signé avec témoins !
Rin du sentir son énervement soudain car ce fut elle cette fois qui lui décocha une tape discrète du pied.
- Al m'a assuré que vous étiez apte à monter à bord d'un de ces vaisseaux et que vous pourriez en profiter pour jeter un coup d'œil à son fonctionnement global.
- Attendez, fit-elle en désignant alternativement Rin et Akaito du pouce, vous voulez dire que j'embarque avec vous à bord de la prochaine patrouille de reconnaissance ?
- Exactement. Je vous veux demain à huit heures sur la plate-forme de lancement vingt-neuf. Vous n'êtes encore jamais descendues il me semble.
- Jamais, déclarèrent-elles en chœur.
- Il faut un début à tout. Passez une bonne soirée.
Et il s'éloigna. Le bruit de ses bottes qui résonnaient dans le couloir fut rapidement couvert par les cris de joie et d'excitation hystériques de Rin et Gumi qui se sautaient dans les bras.
