Chapitre 4

Majorque, août 2000.

Elle était là, à attendre, dans ce petit appartement qu'ils avaient loué, elle et Thomas.

À attendre tout en fixant l'alliance qui, depuis un peu plus d'un an, était présente à son doigt.

Quand elle avait annoncé à ses parents qu'elle allait se marier, ils n'avaient désiré qu'une chose : qu'elle obtienne son diplôme.

Elle l'avait obtenu et ils s'étaient mariés.

Ils étaient toujours aussi heureux, pas de doute, mais elle continuait toujours à s'inquiéter pour lui à chacun de ses départs.

Car être dans les Forces Spéciales, ce n'était pas la même chose que de travailler comme fonctionnaire de police.

Les risques, oui, étaient plus élevés.

Et l'angoisse, aussi.

« Charlotte ? »

Elle sursauta et laissa tomber l'objet longiligne et blanc sur le sol.

Certes, les explications étaient en espagnol mais elle savait que le délai d'attente était dépassé.

Seulement, elle n'osait pas regarder.

Et s'il était positif ?

Thomas n'avait jamais parlé d'enfant et avec son boulot, c'était risqué.

Et elle qui avait à peine commencé à travailler...

La porte de la salle de bains s'ouvrit et Thomas fronça les sourcils :

« Tu m'as pas entendu, Cha' ? »

« Si. Je suis désolée, j'étais... »

Elle se pétrifia comme il s'accroupissait, se saisissant du test de grossesse.

Il releva la tête, surpris.

« T'es enceinte, Cha' ? »

« Je... je sais pas. »

« Y'a deux barres roses. »

Elle haussa les épaules.

« Je le suis. »

« Et... tu le sais... depuis quand ? »

« Il y a une semaine. »

« Je vois. »

« Je voulais pas te mettre en colère, Tom. »

« Mais je suis pas en colère. »

« Ah non ? »

Il sourit :

« Non. »

« Mais on n'a jamais... »

« Cha'... »

« Quoi ? »

« Tu pouvais pas me faire un plus beau cadeau. »

Il posa ses mains sur ses genoux et elle sourit à son tour.

« Alors on... on va le garder ? »

« Bien sûr. »

« D'accord. »

« T'es pas contente ? »

« Si, si. C'est juste... »

« Étonnant ? »

« Non. Plutôt inattendu. »


Bonus chapitre 5 :

# Elle rit devant son air désemparé même si elle sentait les larmes lui monter aux yeux.

Stupides hormones, oui.

# II soupira, posant ses doigts calleux sur la peau si douce et si fine de Charlotte.

Elle le regarda droit dans les yeux, ses prunelles grises troubles de larmes mais déterminées.

Quoi qu'il choisisse, elle le suivrait, il le savait.

Mais justement, que choisirait-il ?