*roulement de tambour* TA-DAA ! Voici le vainqueur, élu avec 62,5% des votes, le chapitre 4 ! Je ne m'attarde pas trop ici parce que j'ai de nombreuses reviews auxquelles je dois répondre *^*. Donc je vous souhaite une bonne lecture à tous, et je vous retrouve juste après !


Tenshi678 : Oui, c'est ça. Je te comprends pour le choix du couple, mais tu verras que dans cette fic, ce n'est pas aussi simple que ça ^^
Oui, je l'ai sentie aussi que ça allait vite. Mais je voulais que tous les doutes d'Hinata soient augmentés à cause de Sasuke et de ses potentiels taquineries, je voulais que tout arrive comme une vague violente qui détruit tous les jolis châteaux de sable sur la plage XP Et sinon, pour le point de vue, tout sera du point de vue d'Hinata, sur toutes la longueur du chapitre, comme un roman autobiographique, désolée ^^'
Et non, malheureusement, je ne peux pas faire disparaître Sakura, elle pourrait même avoir un grand rôle dans le futur XD

Guest : Hihihi ! J'ai adoré ta phrase, "il lui fait carrément du rentre dedans, super le pote de Naruto". On peut voir ça comme ça ^^. Sasuhina ? Tu es bien une de mes lectrices ^^

itahinasas ou tm : Mais tu sais, j'avais vraiment l'impression qu'il était moins bon, et encore maintenant, je préfère les deux premiers à celui-là ^^' MAIS je suis tellement heureuse de voir que ce chapitre a autant plu, c'est un délice de lire ta review (et les autres) ! Ah et pardon pour les mois qui sont passés depuis, mais la voilà la suite ! Après, pour Sasuke, je ne peux pas trop répondre puisque de une, ce serait te spoiler sur la suite, et de deux, tu lis le point de vue d'Hinata ^^Je suis contente que tu es remarqué ce "côté psychologique" parce que je m'y attarde vraiment puisque j'essaye de faire en sorte que ces textes soient comme une sorte d'autobiographie qui permette à Hinata de réfléchir sur elle-même. Et je me suis aperçue que j'adorais écrire ainsi ^^ Bonne lecture !

Guest (n°2) : C'est vrai qu'on pourrai dire ça ^^ Et peut-être qu'il est attiré, qui sait ? Et c'est vrai que la timiditié n'a pas beaucoup de représentante dans la sphère des kunoichis...mis à part Hinata, chez qui la timidité a été exagéré dans le manga je trouve, je ne vois personne d'autre.
Je t'assure que je ne suis pas sadique, même si Hinata souffre (et souffrira encore) ^^'
Bon, je pense que tu l'as remarqué, mais le chapitre a tardé -.-" Donc je m'excuse, et je te souhaite une bonne lecture malgré tout !

Fan : Tout ça, c'est à cause de la philo et de Freud XD ! Non sérieusement, j'ai trouvé qu'utiliser ces thématiques était vachement intéressant avec un personnage comme Hinata, qui est plutôt innocente et naïve, et qui à cause de ses pulsions, l'est de moins en moins ^^ Après, pour Sasuke, je l'ai toujours imaginé franc, même trop franc d'ailleurs, d'où toutes ces questions qu'ils posent sans même broncher. Mais je lui trouve un petit côté espiègle aussi ^^ Donc je ne te dirai pas si elle lui a touché le cœur ou non ^^
Merci à toi d'avoir partagé ton avis si plaisant à lire ^^J'espère que la suite te plaira (et toutes mes excuses pour l'attente)

Cicidy : Hey ! Je pense que tu as bien remarqué ^^. Puisqu'elle est en période de nombreux doutes, son amour pour Naruto est forcément attaqué ^^ Eh Eh, je te comprends assez. Mais ça aurait été trop simple si c'était Naruto ou Sakura qui faisait le faux-pas. Et dans ce cas, HInata n'aurait plus été tenaillée, et au final, ma fic n'aurait plus eu de raisons pour s'appeler Entre Orage et Tourbillon. J'aime écrire sur la complexité en fait XP MAis j'avoue que tu as raison, elle a toutes les raisons pour se faire porter malade. Merci ! Toi aussi tu as compris le principe de la vague qui ravage tout et détruit les château de sable, ne laissant derrière elle que des débris, mais aussi de somptueux coquillages (cette attirance est tombée sur Hinata sans la prévenir, elle va peut-être la détruire, mais va aussi lui révéler de belles chose ^^). Pour ton impression, je te laisse sans rien te dire. Tu verras si tu as raison ou non en lisant les prochains chapitres ^^
En tout cas, merci pour ta review adorablement plaisante ! J'espère que la suite va te plaire !

moi : Merci ^^ Désolée pour l'attente, mais le voici enfin ce quatrième chapitre !

Home kity : Merci ! C'est la première fois qu'un lecteur étranger me laisse une review, c'est un véritable le plaisir de savoir que la fic te plaît et j'espère qu'elle continuera à te satisfaire ! Et je m'excuse pour la longue attente entre le troisième et le quatrième chapitre. Je t'ai répondu en français puis que tu as lu du français jusqu'ici, mais si tu veux que je te répondes en anglais, dis-le moi et je le ferai (désolée, mais je ne parle pas du tout portugais et heureusement que google traduction était là ^^')

Hikari : Coucou ! À toi aussi, je te promets que je ne suis pas sadique, malgré tout ce que subit et va encore subir Hinata ^^
Merci pour ta review ! Et toi aussi tu m'as compris, moi et mon principe de la vague qui
ravage tout et détruit les château de sable, ne laissant derrière elle que des débris, mais aussi de somptueux coquillages (cette attirance est tombée sur Hinata sans la prévenir, elle va peut-être la détruire, mais va aussi lui révéler de belles chose ^^)
Quant à Sasuke, c'est normal que tu as du mal à le cerner puisque la fic est écrit du point de vue d'Hinata, et que tout ce que tu lis vient de sa tête, et non de celle de Sasuke.
Je m'excuse pour l'attente et j'espère que la suite te plaira !

himepi : Oh la la, trop d'émotions pour ses réponses. Tu es la deuxième personne étrangère à me laisser une review et ça me touche tellement ! Merci beaucoup ! Savoir que le bouche-à-oreille fonctionne aussi pour cette fic est géniale ^^
Je m'excuse pour l'attente et j'espère que la suite te plaira autant que les précédents. (et si tu veux que je te répondes en anglais la prochaine fois, je le ferai ^^)

mina50 : Merci de ta review ! J'espère que la suite va te plaire ^^

rosi hime : Et bien, tu auras après la réponse après ces quelques lignes ^^. Dragueur ? Peut-être,mais il est aussi possible que ce ne soit que les interprétations d'Hinata qui le rende ainsi aux yeux des lecteurs (puisque la fic est du point de vue d'Hinata).


I
PROLOGUE


4. UN STATUT SPÉCIAL

• • •

Le ciel est à présent couvert, cachant derrière ses duvets le soleil pourtant si lumineux il y a quelques minutes. Il va se mettre à pleuvoir fortement, je le sens. Je me lève et quitte ce banc qui a vu mes pensées les plus profondes. Je marche tranquillement, profitant du vent amené par les sombres nuages. Je devrais peut-être courir comme tout le monde, mais je n'en ai pas envie. Si je cours, je n'aurais pas le temps de finir ce que j'ai entamé : penser. La marche est une activité propice à cette compétence. Sans difficultés, je m'absente de la réalité et plonge en moi-même.

— Hinata, t'es sûre que ça va ? m'avait demandé Naruto.

Je suis introvertie, tout le monde le sait. Et quand je plonge dans mes pensées, il peut être difficile de m'en faire émerger, comme à ce moment.

J'avais sursauté, encore. Ce n'était pas la première fois que je m'étais perdue dans mes esprits et que Naruto me ramenait avec eux.

— Oui, je vais bien, je pensais juste.

Je ne mentais pas vraiment, juste à moitié. Je pensais, mais je me sentais surtout embarrassée par cette sortie de couples. Dès que je voyais Sasuke, je repensais à mon rêve et je m'insultais pour la perverse que j'étais. Accompagnée de Naruto, mon copain, et de Sakura, sa copine, je ne cessais toujours pas de l'imaginer avec moi. Mais tout était de sa faute.

Il représentait un idéal physiquement. Mais ça, ce n'était rien. C'était son comportement qui me troublait, celui qu'il adoptait avec moi. Je ne l'avais jamais vu être aussi taquin avec quelqu'un d'autre. Et puis, il y avait ses mots. Il voulait obtenir ma confiance, et avait été vexé que je sois sur la défensive, mais pourquoi ? Que voyait-il en moi ? Qui étais-je pour lui ?

J'en revenais toujours à la même question après l'avoir regardé et puis je me perdais dans mes pensées. Je décidai d'arrêter ce manège sans fin et fut enfin présente avec eux.

Je voyais du coin de l'œil Sasuke qui me regardait. Je le regardai à mon tour, sachant que mes joues étaient rosées depuis le début. Il arqua un sourcil interrogateur. Il avait remarqué que quelque chose n'allait pas avec moi. Je souris juste et détournai vite le regard. Sakura avait aussi remarqué qu'il se passait quelque chose. Elle posa des questions à Sasuke, en chuchotant. Je ne savais pas ce qu'il lui disait mais elle se retourna vers moi et me dévisagea, méfiante. Avec un étrange sourire, elle me demanda :

— Tu avais peut-être quelque chose d'important à faire ?
— Euh, non.
— Parce que si c'est le cas, ne te dérange pas pour nous.

La méfiance sur son visage se retrouvait dans sa voix, mais j'y perçus surtout de la menace. Naruto et Sasuke aussi ? Je ne sais pas trop, mais je me souviens que Naruto avait ricané bêtement avant de me prendre par les épaules et de proposer qu'on avance un peu plus vite pour rejoindre le restaurant. J'imagine que c'était sa façon de diluer les choses.

Après cette question, je n'échangeai plus un mot avec Sakura jusqu'à ce qu'on soit au restaurant. On était allé au même que lors de notre première sortie de couples. Tout aurait pu être identique à la dernière fois, mais Sakura se mit en face de moi. J'ignorai ce fait et essayai de paraître agréable en me joignant aux conversations. Mais encore une fois, ce fut difficile. Ils étaient encore en train de raconter des choses qui m'excluaient puisque je ne faisais pas partie de l'équipe 7. Après maintes tentatives, j'abandonnai et continuai de manger mon plat.

Je ne me souviens plus de quoi il s'agissait d'ailleurs. Une goutte s'écrase lourdement sur le sommet de mon crâne, m'avertissant une dernière fois de la pluie qui s'annonce. Ne souhaitant pas tomber malade, je m'arrête dans une librairie, vide, et attends que la pluie qui vient d'exploser dans un tonnerre passe. Le libraire, un vieil homme, me laisse m'installer dans un coin tandis qu'il range ses cartons. Je l'en remercie et vais m'installer. Immédiatement, je repère le titre d'un livre, et me revoilà partie à l'examen de mes souvenirs.

Je commençais à prendre plaisir à ce que je dégustais mais on m'interrompit. Et il fallut que ce soit Sasuke.

— Qu'est-ce que tu lis en ce moment, Hinata ?

Je relevai la tête et le regardai, surprise qu'il me pose cette question. Apparemment, je n'étais pas la seule à l'être et Naruto apporta une réponse à leur réaction.

— Ah, Sasuke-chan commence à s'ennuyer de notre blabla de Team. Il décide de changer de sujet.
— La ferme. Alors, Hinata ?

À ce moment, l'explication de Naruto me parut satisfaisante. Mais aujourd'hui, en revoyant ce livre, j'ai compris que Sasuke m'avait interrogé pour une autre raison, afin de m'inclure dans la conversation.

Je pris quelques secondes pour répondre.

L'âme rêveuse, c'est ce que je lis en ce moment.
— Ça parle de quoi ?
me demanda Sakura.
— Si je devais résumer… c'est un récit qui conte l'histoire de différentes personnes, toutes plus perdues que les autres, mais qui ont tous un rêve commun. Malheureusement, afin de le réaliser, elles s'enferment dans des illusions destructrices.
— Encore une histoire bien gaie,
soupira la rose.
— Je l'ai déjà lu. La fin est sublime, dit Sasuke en ignorant ce que Sakura avait dit.

Cela me fit sourire. Savoir que l'on partageait certaines choses était, je ne sais comment le dire, rassurant ? Réconfortant ?

Il ne s'attarda pas trop dessus, ne voulant rien me dévoiler. Mais l'on commença à parler d'autres livres. Sakura se joignit à nous, elle aussi lisait beaucoup. Mais il s'avéra que je partageais bien plus de mes lectures avec Sasuke qu'avec elle. Cette conversation parvint à me rendre à l'aise et à ne plus penser à ce rêve presque démoniaque. Naruto nous interrompit cependant, geignant.

— Je sais que je ne lis pas assez, pas besoin de me le rappeler.

Ça nous fit un peu rire Sakura et moi avant que l'on change de sujet. Et pour une fois, personne n'était mis de côté. L'ambiance était enfin bonne, mais les desserts tardaient à venir. Naruto décida d'aller voir et se leva en hélant fortement le personnel. Sakura soupira et se leva à son tour pour rejoindre Naruto qui risquait, selon elle, d'en faire toute une histoire. Je souris en les voyant partir, mais mes lèvres revinrent bien vite à leur position initiale quand je m'aperçus que j'étais seule avec Sasuke.

Immédiatement, toutes mes pensées malsaines revinrent au galop. Sasuke le sentit à coup sûr. Il fronça les sourcils et me demanda :

— Tu es encore sur la défensive. Qu'est-ce qui ne va pas Hinata ?

Que lui répondre ? J'étais incapable de trouver une excuse valable. Le simple fait de vouloir cacher ce rêve ne faisait qu'amplifier mon malaise. Je mis mes mains sous la table, souhaitant cacher le fait que je les gesticulais dans tous les sens. Il ne me lâchait pas des yeux et j'avais l'impression de me ratatiner devant son regard sombre.

— Hinata, tu ne veux rien dire ?
— Ce n'est pas ça,
dis-je en finalement, regrettant aussitôt.
— Alors c'est quoi ?
— C'est, trop personnel.

Il ne devait pas insister, normalement. C'est ce que les gens faisaient dans ce cas. Mais je ne devais pas compter là-dessus puisque « normal » n'était pas Sasuke.

— Si personnel que ne tu ne peux me le dire, moi qui connais ton plus grand secret ?

Il souriait en me demandant cela et malgré ma gêne, son sourire fut communicatif. Il avait raison d'un certain côté. Il était devenu une sorte de confident, mais le problème était que mes soucis que je pouvais confier le concernaient. Il était donc impossible qu'il soit mon confident cette fois.

— C'est typiquement féminin.

J'avais trouvé la parade puisqu'il ne répondit rien à cela, reculant juste la tête. Était-il un peu misogyne ? Ça ne m'aurait pas étonnée avec ce comportement. Mais alors qu'habituellement, la misogynie m'énervait, dans cette situation, elle m'amusa, et surtout, me sauva. Je ne sais pas si j'aurais pu contenir mes rougeurs et mon nouveau secret s'il avait continué de me fixer ainsi.

Me sentant reconnaissante, je voulus combler le silence qui s'était installé et lui posait des questions de lecture. En plus, cela me permettait de penser à autre chose. Jamais je n'aurais pu imaginer qu'il était le genre à lire, et qu'en plus l'on ait les mêmes goûts. Mais c'était le cas. Je ne sais pas pourquoi, mais j'eus le sentiment que s'il lisait autant, c'était pour échapper à la réalité. Et avec tout ce qu'il avait vécu dans le passé, c'était totalement possible. Alors que nos avis divergeaient sur une lecture, Sakura revint, la colère sur le visage.

— Sasuke, on y va.
— Sakura ?
— S'il te plaît. Je te dirai tout une fois dehors.

Il se leva puis se mit dans ses pas, m'accordant un dernier signe de main. Naruto arriva juste dans la foulée. Je lui demandai ce qu'il se passait, lui aussi semblait contrarié. Il me demanda de me lever afin de quitter ce restaurant, et il ne me répondit pas. Je me levai mais persistai jusqu'à ce qu'il me dise :

— Le chef a changé et un membre du personnel a reconnu Sasuke. Ils ne voulaient plus nous servir après ça.

C'était comme si la réalité m'avait giflée. Tout se passait tellement bien avec Sasuke que j'avais oublié la rancune qu'une partie de la population avait envers lui. Pourtant j'aurais dû le remarquer puisqu'elle se répandait de plus en plus tandis que le visage de Sasuke était de plus en plus connu.

Très rarement les gens osaient marcher sur le même côté de chemin que lui, quand il entrait dans une boutique, des clients se pressaient de partir et il faisait souvent ses courses accompagné de Naruto ou Sakura. Puis, quand aucun des deux n'était là, il était constamment seul. Étais-je aveugle à ce point ? Encore aujourd'hui, cette haine envers lui continue d'exister, elle s'est même répandue. Je me sentis atrocement coupable et demandai, à la surprise de Naruto, si je pouvais faire quelque chose pour changer ça.

— On ne peut pas faire grand chose, juste boycotter ceux qui ont ce comportement.

Sans le clamer à haute voix, je me décidai de faire ainsi. Je ne pourrai accepter tant de haine en temps de paix. Et aujourd'hui, malgré tout, je continue toujours.

Sur cette triste fin de soirée, Naruto et moi rentrâmes. Il me raccompagna jusque mon clan puis après de brefs au-revoir, je franchis les portes tandis qu'il prit la route de son appartement. La colère que j'éprouvais me fit oublier tous mes autres soucis pour la nuit.

J'entends un bruit de fracas qui me sort de mes pensées. Je me précipite vers la source du bruit et découvre toute une pile de cartons renversés sur le sol, de nombreux livres en sortant. Sans hésiter, je propose mon aide au libraire qui accepte volontiers.

— Vous êtes Hinata ?
— Oui, c'est cela. Et vous ?
— Oh, je ne suis qu'un humble libraire dans ce quartier d'illettrés. Je m'appelle Saizo Nakamura, mais appelez-moi Ojisan, comme tout le monde.

Je lui confirme en l'appelant ainsi et je vois que ça lui fait plaisir. Il ne me parle pas trop tandis que l'on range les livres dans les étagères. Puis soudain, sa voix qui était énergique jusqu'à présent me paraît bien plus affaiblie.

« Votre famille a de la chance de vous avoir, Hinata.

Je ne sais que lui répondre et le remercie donc. Son regard se perd alors dans le vide, et il me confie :

— Je vous ai déjà vue une fois, mais il me semble que vous étiez tellement recueillie que vous ne m'avez pas remarqué. Je me répète, mais, votre famille est chanceuse de vous avoir.

Je le regarde, ne comprenant pas où il veut en venir et il m'explique finalement.

— Plusieurs semaines après le Hanami, vous disposiez des fleurs sur une tombe. Vous aviez l'air si recueillie que j'avais l'impression que le fantôme de votre proche vous rejoindrait.

Il parle du lendemain de la sortie de couples.

— Si mes enfants pouvaient aussi bien prendre soin de ma tombe que vous, je serais un bien heureux macchabée. Allez, je vous remercie de votre aide. Si vous me cherchez, je suis en haut.

Et il me laissa au milieu des étagères. Il m'a donc vu ce jour-là, alors que j'étais venue me confier à Neji.

Dès l'aurore, je me préparai pour le rejoindre. J'avais apporté des fleurs fraiches afin de changer les anciennes. Je priai puis je m'assis, fixant le prénom de mon défunt cousin. J'avais l'impression qu'il était présent quand je lui parlais ce jour-là, je n'hésitai donc pas à me confier.

À voix basse, dans des murmures emportés par le vent, je lui racontai mes tourments, qui tournaient dernièrement autour d'une seule personne. Le matin, je m'étais réveillée avec son regard d'onyx dans mon esprit. Il ne voulait pas quitter ma tête et je demandais à Neji ce que je pouvais faire pour ne plus être ainsi obsédée par lui. Car c'était ainsi que je me définissais ; obsédée par sa personne si inconnue de celle que je connaissais déjà.

Bien sur, aucune réponse ne vint à mes oreilles, mais dans mon cœur, une lumière s'alluma. Peu importait que ce soit Neji, la quiétude dans laquelle reposaient les défunts ou simplement ma réflexion qui trouva la réponse, je l'avais enfin en tête.

Il fallait que je parle de ma confusion avec le concerné, avec Sasuke. La réponse trouvée, je fis une dernière prière et partis pour la ville avec l'espoir de le trouver. Maintenant que j'y repense, je revois un vieil homme de dos en sortant du cimetière, je reconnais la silhouette du libraire.

Je viens de terminer de ranger les derniers livres en bas et la pluie s'est arrêtée. Je monte à l'étage par l'étroit escalier afin de prévenir le libraire que je m'en vais puis je me mets en route. Je sors de la librairie et continue sur la rue principale. Si je tournais à gauche, je me retrouverais dans la rue où j'ai croisé Sasuke en sortant du cimetière.

Il marchait nonchalamment, les mains dans les poches. Il m'aperçut. Je ne pouvais plus reculer maintenant qu'il m'avait vue. Je le rejoignis et sans plus de formalités, il me demanda avec une colère sourde :

— Tu es sûre de vouloir rester avec moi ? Tu n'auras peut-être plus de dessert.

Il se référait à l'événement de la veille. Je cherchai donc rapidement quelque chose à dire pour le détendre :

— On en fera, les desserts maisons sont toujours meilleurs.

Et j'avais réussi puisqu'il laissa échapper un discret sourire. On avança sur plusieurs mètres tandis que j'essayais de trouver comment aborder le sujet de mes problèmes hormonaux.

— Tu ne peux toujours pas te confier, toujours trop ''féminin'' ? argua-t-il sans pour autant me regarder.
— Non, je vais…

J'allais parvenir à tout lui avouer mais l'image fugace de sa fuite me fit rabrouer chemin.

— … te confier mes secrets de cuisinière.

Il fut interloqué et me regarda en fronçant les sourcils. Je souris le plus possible, espérant qu'il ne décèle pas que j'avais autre chose à lui dire. Le simple fait d'imaginer qu'il ne veuille plus m'adresser la parole à cause de ce fichu rêve m'attristait trop pour que je prenne le risque. Je continuai de parler pour le convaincre.

— Tu n'as pas envie de faire concurrence à tous ces restaurants ?
— Dit comme ça, ça change tout.

Je le suivis et on arriva chez lui. Je ne m'attardai pas trop avant d'aller en cuisine regarder ce que je pouvais faire des ingrédients présents, mon esprit allait être occupé.

Cet après-midi fut l'un des meilleurs des dernières semaines. Je n'avais eu aucune difficulté à parler avec lui, de tout, de rien, et comme les jours où j'avais été malade, on s'était raconté de nombreuses anecdotes, mais cette fois, elles étaient fictives, issues des livres qu'on avait lus.

Quand le fraisier fut prêt à être englouti, je fis l'avion avec ma cuillère pour essayer de rendre le sucre plus appétissant aux yeux de Sasuke. Mais d'un geste de la main, il éloigna la mienne. J'abandonnai et entamai ma part quand Sasuke me demanda :

— Tu es sûre que tu n'avais rien à me dire, Hinata ?
— Oui, certaine.
— J'imagine que personne ne pense que tu es une très bonne menteuse,
me lança-t-il avec son éternel sourire discret.

Je faillis m'étouffer et il me tapota le dos tout en ricanant. Une fois que je fus remise, il changea de sujet. Mais alors que je m'apprêtais à partir, sur le pas de sa porte, il me dit :

— Je découvre toujours ce que les gens veulent me cacher, et tu ne feras pas exception parce que tu es Hinata.

Et il ferma la porte lentement, sur cette dernière phrase. Elle me fit angoisser toute la soirée, pour plusieurs raisons.

Il allait chercher mon secret, il fallait que j'en créé un pour qu'il ne découvre pas le vrai. Puis, la façon dont il avait tourné sa phrase me torturait aussi l'esprit. Il avait précisé que je ne ferais pas exception parce que j'étais Hinata. Voulait-il dire que j'avais un statut particulier à ses yeux, et qu'il le mettrait de côté pour trouver mon secret ? Cette idée m'enthousiasmait autant qu'elle m'effrayait. Je sais que j'ai tendance à trop vouloir interpréter, mais je suis comme ça.

Mais envers et contre tout, l'idée que j'avais un statut particulier pour Sasuke Uchiwa me plaisait, car personnellement, il détenait une place spéciale pour moi. C'était une certitude même si je ne savais pas encore à quelle place il était exactement. Ce fut sur cette pensée que je m'endormis, ne pensant même pas aux préparatifs qui m'attendaient pour la mission avec mes anciens coéquipiers.

Le lendemain, je me réveillai en sursaut, me souvenant de la mission du jour. Je devais être aux portes de Konoha pour sept heures, et il était déjà six heures vingt. Je me dépêchai de faire mon sac pour la journée, vérifiant bien que shurikens, kunaïs et baumes de soin s'y trouvaient bien. Puis, je me précipitai dehors, en passant par ma fenêtre pour rejoindre les toits et m'assurer d'arriver à l'heure. Finalement, j'arrivai avec une dizaine de minutes d'avance et, Kiba, Akamaru et Shino déjà présents, on partit pour la mission d'espionnage.

Ce ne fut peut-être pas la plus difficile des missions, mais ce n'était pas non plus une balade de santé. Nous étions donc bien fatigués quand on franchit les portes de Konoha sous le quart de lune. Il devait être aux alentours de quatre heures du matin, cela faisait donc presque vingt-quatre heures que l'on n'avait pas dormi. Sans trop tarder, on se rendit au bureau de Kakashi, fit notre rapport et l'on rentra chez nous, le corps épuisé.

Je ne voulais pas aller sur les toits et encore user de mon chakra, mais je voulais rentrer le plus vite possible chez moi. Je pris donc une rue qui n'était pas très fréquentée, partant du bureau de l'Hokage et allant jusqu'à ma demeure. Je l'appelais le chemin des pupilles. Les seuls ninjas habitant cette rue étaient les membres de mon clan. Mais si l'on prenait à gauche au croisement qui se trouvait juste en face de mes portes, on arrivait près de l'ancien domaine des Uchiwa, où il ne restait plus qu'une maison neuve, fabriquée récemment : celle de Sasuke.

J'avais dépassé le deuxième croisement et arrivais près de mes portes quand je vis Sasuke sortir du carrefour. Il arrangeait quelque chose dans sa veste et semblait prêt à partir en mission. Il me vit aussi et on continua d'avancer jusqu'à ce qu'on soit assez proche pour s'entendre parler sans crier.

— Tu vas en mission ? lui demandai-je.
— Pas vraiment, mais toi, tu en reviens, dit-il sur le ton de l'affirmation.
— Oui. Hm, ce n'est pas le chemin le plus court pour sortir de Konoha, lui indiquai-je.
— Qui te dit que je vais sortir du village ? Et je prends le chemin que je veux, court, ou long.
— Oh, ce n'était qu'une supposition.

Et je me tus car je sentais l'excitation monter en moi. Avec la fatigue, mon état était aggravé, je ne pouvais m'empêcher de me dire qu'il avait pris ce chemin pour moi. Les réminiscences de mon rêve étaient toujours présentes.

— Sasuke, pourquoi tu passes par ici, c'est plus… long, Hinata ? Que fais-tu ici ?

Sakura venait de sortir du croisement, se plaignant. Et immédiatement, son regard me fit me sentir coupable, alors que je n'avais rien fait. Je dis juste que je rentrais de mission à Sakura puis Sasuke répondit à sa question, en souriant tout en me fixant, avant de tourner la tête pour regarder Sakura qui venait vers nous.

— J'ai senti une présence, j'ai juste voulu voir…

Sakura fut à son niveau, elle me regarda les sourcils froncés, apparemment mécontente de me voir. Lui, Sasuke plissa un peu les yeux qu'il posa à nouveau sur moi et termina sa phrase.

— … et vérifier que je n'avais pas tort.
— On y va ?

Il hocha la tête et suivit Sakura, qui passa proche de mon épaule sans le moindre salut, au contraire de Sasuke qui abaissa sa tête simplement. Je me remis rapidement en marche, et en passant les portes du domaine, je me rendis compte que je souriais bêtement. J'avais raison, Sasuke était passé ici spécialement pour moi. Ma nuit fut paisible et reposante, enfin.

Je ne sais plus trop où je suis. Je regarde autour de moi afin de trouver des indices qui m'indiqueraient où je me trouve. Je reconnais ce bâtiment, avec Kiba et Shino, on partait toujours de son toit pour nos courses. Sans m'en rendre compte, à force de penser, je me suis éloignée de chez moi. Maintenant, il me faut au moins trente minutes avant d'arriver à ma chambre. Je me remets alors en route, avec la nostalgie des courses que l'on faisait avant. Mais ce n'est plus le cas aujourd'hui et je m'aperçois que tout s'est enchaîné, au fur et à mesure. J'ai commencé à prendre des distances avec Kiba et Shino la journée juste après notre retour.

On avait prévu d'aller manger ensemble puisque ça faisait longtemps. Cette fois-ci, c'était à Kiba de choisir le restaurant. Malheureusement, il choisit celui qui, quelques jours auparavant, avait refusé de nous servir à cause de la présence de Sasuke. J'en parlai à mes coéquipiers et leur expliquai que je ne voulais pas y manger. Kiba se mit alors à soupirer fortement, à lever les yeux aux ciel puis me déclara :

— Tu n'en as pas marre de te soucier de Sasuke, Hinata ?
— Ce n'est pas la question. Je veux juste ne pas contribuer à ce comportement.
— Mais qu'est-ce que t'en as à faire ?!
me dit Kiba en haussant le ton.

J'arrêtai de marcher, choquée qu'il me demande cela, avec ce ton-là. Sans hésiter, je lui répondis :

— C'est injuste, Kiba. Et je n'aime pas l'injustice.
— Parce que maintenant Sasuke mérite ta délicate attention ? C'est ton précieux ami ?
— Je suis comme ça avec tout le monde, Kiba,
lui rappelai-je.
— Ah oui, tu vas passer des après-midi chez les gens quand bon te semble maintenant ?

Je ne sus que répondre tout de suite. Kiba m'avait vu aller chez Sasuke.

— Tu m'espionnes ?
— Non,
intervint enfin Shino, on venait de passer chez toi pour te chercher mais tu n'étais pas là, et on t'a vue rentrer chez lui.

Même Shino avait le ton du reproche dans sa voix. J'avais du mal à croire ce que j'entendais. Mes deux meilleurs amis me reprochaient le fait que je côtoyais Sasuke.

— Sasuke est mon ami. Je ne vois pas où est le problème, déclarais-je en gardant mon calme, croisant néanmoins mes bras.
— Comment tu peux être amie, avec lui ?

Ce fut à ce moment que je me rendis vraiment compte de la gravité de la situation. Il y avait comme du dégoût sur le visage de Kiba. Il ne cherchait pas à être indulgent, il s'était laissé contaminer par la haine qui se propageait partout dans la ville comme une sale maladie. Incrédule, je tournai mon regard vers Shino, attendant qu'il dise quelque chose, qu'il contredise Kiba, qu'il le ramène sur le bon chemin que j'étais certaine d'emprunter. Mais non. À la place, il me sortit une phrase que j'espérais ne plus jamais entendre de la bouche de mes amis, celle qui me faisait toujours me sentir faible.

— Hinata, on veut seulement te protéger.

Les mots m'échappaient. Je pris cela comme une trahison pure. Que Kiba pense ainsi, j'y étais malheureusement plus habituée, mais Shino, celui qui avait toujours le mot juste ?

— Vous deux, vous souhaiteriez que je cesse d'être amie avec Sasuke ?
— Oui,
répondirent-ils à l'unisson, le sourire revenant sur les lèvres de Kiba.
— Que je cesse de m'inquiéter des injustices qu'il subit ?
— C'est ça.

Je soufflai de dédain par le nez discrètement. C'était douloureux. Mais ma décision fut immédiate. Je les regardai une dernière fois, avec le sourire et les yeux brillants.

— Dans ce cas, je pense qu'il vaut mieux qu'on se sépare pour l'instant.

Puis je partis, me pressant de rejoindre l'avenue principale, ne sachant trop où j'allais. Je laissai derrière moi mes deux meilleurs amis qui m'appelèrent, mais ne me suivirent pas pour autant. Pouvais-je encore les appeler mes meilleurs amis après ce qu'ils m'avaient fait ? Je ne pensai pas. Ils m'avaient profondément blessée. Leur façon de penser me dégoûtait. Pourquoi ne pouvaient-ils pas être comme Naruto ? Comme moi ? Avais-je pris la bonne décision ? Avais-je décidé ainsi à cause de cette petite attirance que je refoulais ? Je me sentis coupable et courut jusqu'aux murs où régnaient les différents visages des Hokages. Aujourd'hui seulement, je sais que j'avais pris la bonne décision. Cette attirance n'avait rien à voir, depuis toujours, j'avais détesté l'injustice, c'était d'ailleurs comme ça que j'avais commencé à m'intéresser à Naruto.

Arrivée devant ces gigantesques portraits, je stoppai ma course et longeai la carrière. Je continuais de m'interroger. Avais-je vraiment laissé mes amis pour Sasuke. L'injustice était-elle un prétexte ?

— Hinata ?

Je relevai la tête. Sasuke venait de sortir du bâtiment de l'Hokage. En le regardant, je continuai de me poser les mêmes questions, oubliant que le monde continuait de tourner autour de moi.

— Tu rentres chez toi ?
— Je ne sais pas.

Malgré la tête bizarre qu'il tira, j'étais sincère. Je marchais juste quand il m'avait trouvée, réfléchissant à son propos.

— Tu ne sais pas ?

Son visage voulait aussi me demander si j'allais bien. Je me mis alors à sourire. J'étais peut-être la seule à discerner l'inquiétude sur son visage, mais ça suffisait à me rassurer, j'avais fait la bonne décision.

— Oui, je marche juste, ça ne t'arrive jamais ?

Je me rapprochai alors de lui et l'on se mit à marcher côte à côte, empruntant le chemin des pupilles. On se raconta notre journée, ou plutôt, je me plaignis du climat qui régnait dans le village, sans pour autant évoquer Kiba et Shino.

— Toi, tu as des problèmes avec des amis.
— Comment tu…

Il me sourit et continua de regarder droit devant lui. À ce rythme-là, il pourrait bientôt lire en moi comme dans un livre ouvert. Je ne fis pas de remarques et laissai passer, préférant lui poser des questions pour qu'il me raconte sa journée à son tour. Mais il n'était jamais bavard quand il s'agissait de parler de lui. Je réussis difficilement à obtenir des réponses.

Il avait accompagné Sakura chez l'Hokage avant qu'elle ne parte en mission puis il était resté discuter avec Kakashi de choses qu'il jugea bon de ne pas évoquer. Je voulais savoir et commençais à le harceler de questions. Il s'arrêta alors brusquement, se tourna vers moi, je fis de même pour lui faire face. Puis il pencha sa tête vers la mienne, me regarda dans les yeux avant de me dire :

— Je ne te pensais pas aussi curieuse, Hyûga.

Puis il me fit une pichenette sur le front avant de reprendre la route. J'étouffai un petit cri de douleur et posa ma main sur mon front. Il m'avait fait mal avec son majeur. Je me remis vite à ses côtés et vis qu'il regardait sa main avec un sourire nostalgique. À quoi il pensait, je ne le savais pas, mais quand il sentit ma présence, il arrêta immédiatement et se mit à courir jusqu'à la fin du chemin. Sans me poser de question, je fis de même et l'on se retrouva dans les arbres qui bordaient les derniers murs de Konoha. Je m'assis sur une branche tandis que lui restait debout, regardant la forêt extérieure. Il murmura dans le vent printanier :

— Que penses-tu de t'éloigner du climat de Konoha ?

Sans attendre ma réponse, il sauta et passa le mur pour rejoindre les branches de la forêt. Avait-il pensé aux gardes qui surveillaient les frontières ? Je n'en avais aucune idée mais je ne tardai pas à le rejoindre. On sautait de branches en branches, ne parlant pas, appréciant juste l'air agréable de la forêt. Je restais derrière lui, attendant avec impatience de découvrir l'endroit où il me menait. Je détectai cependant dans notre dos deux personnes qui nous suivaient, certainement des gardes du village. J'avertis Sasuke qui me répondit de ne pas m'inquiéter, qu'ils allaient bientôt comprendre qu'on était parti pour une simple balade. Je lui fis confiance puis rejoignis à sa suite le sol. Je découvris alors un arbre sublime. Il était immense et disposait d'une ramure merveilleusement symétrique et riche. Ses feuilles étaient verdoyantes et ses branches atteignaient les sommets de la forêt.

— Il est magnifique, dis-je en me rapprochant du tronc pour le caresser. C'est le roi de cette forêt.

Son écorce était rugueuse, et l'on sentait que cet arbre avait beaucoup vécu. Le contempler me vidait l'esprit. Me reculer ne m'empêchait pas de devoir me tordre le cou pour observer ses hautes branches. Je me tournai vers Sasuke au bout d'un moment. Il s'était appuyé contre le tronc d'un autre arbre et semblait patienter, les bras croisés.

— Merci Sasuke.

Il me fit juste un petit sourire et ferma les yeux. Je me mis alors à grimper sur ce magnifique chêne, faisant attention à ne briser aucune de ses branches. Je voulais aller le plus haut possible, mais je voyais bien que ça allait être long. Il était vraiment immense. Je regardai en bas et vis Sasuke qui s'était aussi mis à grimper. Il me demanda de continuer jusqu'à une certaine branche puis il me rejoignit. Il regarda dans une certaine direction en bas puis il me la désigna du doigt.

— Laisse-toi tomber depuis ici.
— Pardon ?

J'étais interloquée. Il voulait que je me suicide ? Il se mit alors à rire, ce son qui m'emplissait toujours de joie.

— Il ne t'arrivera rien mis à part un bon grand bol d'air frais.
— Tu es sûr que tu vas bien Sasuke ? Je n'ai pas envie de me jeter dans la mort.
— Hinata, fais-moi confiance.

Son ton était subitement bien plus sérieux. J'avais l'impression qu'il me mettait à l'épreuve. Le souvenir de ce retour de mission me revint en tête et je me rappelai comme il s'était montré vexé de mon manque de confiance en lui. Alors, je ne me fiai plus à la partie raisonnable de mon esprit qui me criait d'arrêter et m'avançai jusqu'à lui sur cette branche. Je lui faisais confiance et je ne lui infligerai pas une autre blessure, il était assez mutilé comme ça. Je me mis dos au vide, le regardai et lui demandai :

— Je me laisse tomber depuis ici ?
— Oui, regarde et fais comme moi. »

Et il se laissa tomber, dos dans le vent. Je criai son prénom puis essayai de ne pas paniquer, de ne pas imaginer le retrouver écrasé et inspirai un grand coup, puis me laissai tomber en arrière.

Les premiers instants de la chute, je criai et allais utiliser mes capacités de ninja pour me raccrocher à une branche. Puis je m'aperçus que les feuilles me caressaient le dos au fur et à mesure que je les passais. C'était une sensation incroyable. Je compris enfin ce qui allait se passer et c'est ce qui arriva. Ma chute se ralentissait petit à petit avec les brindilles et je fus recueillie par une large branche qui se divisait en de multiples plus petites, garnies de feuilles, de mousse. Je passais à travers ses dernières brindilles et tombai dans une eau fraîche.

Quand j'en sortis, je secouai mes cheveux, tout en me tenant le ventre. Un fou rire m'avait pris. Je rejoignis Sasuke qui attendait sur la rive en souriant. J'étais certaine que mon rire était communicatif, mais il se retint, me laissant presque mourir de suffocation. Je me retrouvai dans l'herbe grasse, allongée sur le dos en me tenant le ventre. Puis je parvins enfin à me calmer après une grande inspiration. Ma vue essayait de percer le feuillage de ce chêne pour voir le ciel, sans succès.

— Alors ?
— Sasuke, c'était,
dis-je en reprenant mon souffle, fou. Fantastique. Je ne me suis jamais amusée avec la peur comme ça.

J'avais été terrifiée dans tous les sens. Terrifiée par la mort qui se trouvait peut-être en bas et terrifiée par cette sensation de cette vitesse qui me caressait pourtant. Ça avait été violent, et doux à la fois. Ces feuilles lisses, et cette eau fraîche à l'arrivée avaient été un délice.

Je me redressai pour me mettre en tailleur. Mes cheveux, ma chemise violine et mon Jean noir étaient trempés, comme tout le reste de mon corps. Et je fus heureuse de constater que c'était aussi le cas de Sasuke. Son haut gris et son bas bleu dégoulinaient comme ses cheveux. Je me relevai et constatai que j'avais tout l'arrière du corps couvert d'herbe. En essayant de les retirer de mes mains humides, je demandai à Sasuke :

— Comment as-tu découvert ça ?
— Je t'assure que tu ne veux pas savoir,
me dit-il avec un sourire aussi triste que mystérieux.

Puis il se mit à marcher, certainement en direction de Konoha. Je voulus l'interroger et je compris. Il fallait se laisser tomber, sans la moindre volonté de se rattraper pour découvrir cette sorte d'attraction. Cela s'approchait dangereusement de la volonté de mourir. Fatalement, Sasuke avait découvert ça alors qu'il s'abandonnait à la mort. Cette découverte était atroce et je me mis à courir pour le rejoindre. Je ne savais pas quoi dire et allais attraper son bras mais il me coupa dans mon élan en me confiant :

— Ne t'inquiète pas, ce fut la dernière tentative.

Je me sentais tellement mal pour lui. Il avait été tellement désespéré qu'il avait tenté de se tuer, plusieurs fois. Mais je ne voulais pas l'importuner et lui poser trop de questions alors que je sentais bien qu'il n'en avait pas envie. Je me postai plutôt devant, marchant à reculons, lui offrai mon plus beau sourire et lui dit :

— La prochaine fois, je te ferai aussi découvrir quelque chose de fantastique.
— Ah oui ? Et ce sera quoi,
me demanda-t-il, certain que je ne pourrai le surpasser.
— C'est une surprise, il faudra être patient.

Puis je me retournai et m'élevai dans les branches, courant dans les arbres pour sentir le vent sécher l'eau qui me recouvrait. Je savais que ce que je faisais ne servait à rien, mais j'espérais qu'il ne tenterait plus jamais de se tuer, ou du moins de se blesser avant cette surprise que je lui avais promise sur un coup de tête.

Il se retrouva vite à mes côtés, mais il ne me regarda pas pour autant. On arriva là où on avait quitté Konoha et passa le mur pour revenir dans le village. J'essayai de faire rire Sasuke sur le chemin mais n'y parvins pas. Je commençais à me démotiver quand je vis qu'on se rapprochait de ma demeure, et de son croisement. On n'allait pas tarder à se quitter, et l'ambiance n'était plus aussi joyeuse que quand j'étais arrivée dans l'eau. Je voulais à tout prix que l'on se quitte sur une note joyeuse. Soudain, je remarquai mon reflet dans une fenêtre.

J'étais horrible. Mes vêtements étaient sales, pleins d'herbe, de boue et j'avais l'impression qu'ils s'étaient élargis après avoir séché ; ils n'avaient ainsi plus aucune forme. Mais le pire était mes cheveux. Ils paraissaient à la fois gras, et broussailleux comme du foin, et les quelques feuilles et brins d'herbe qui s'y trouvaient ne dénaturaient même pas. J'entendis soudain un ricanement dans mon dos. Et je reconnus tout de suite ce rire rare qui dégageait tant de chaleur de Sasuke. Je ne sais comment, mais j'y étais parvenue, il souriait.

— Hinata, tu aurais dû te voir.
— Je me suis assez vue comme ça,
dis-je en grimaçant.

Je lui fis aussi remarquer qu'il avait du souci à se faire. Ses cheveux avaient le même aspect que les miens mais ses vêtements avaient juste quelques feuilles. On se remit en route et arrivés au croisement, il me dit :

— Tu es toujours aussi hilarante, Hinata. Allez, à la prochaine.
— Passe une bonne soirée.

Il me fit un dernier signe de main de dos et continua son chemin. Je le regardai jusqu'à ce qu'il disparaisse derrière les bâtiments. Puis, je rentrai chez moi. J'ignorai les regards inquisiteurs des différents membres du clan que je rencontrais. Je pensais juste à la dernière phrase qu'il m'avait dite et qui m'avait retournée. Personne ne me disait que j'étais hilarante. Il me trouvait toujours des qualités qui, habituellement, me faisaient défaut aux yeux des autres. Je devais être différente avec lui. Et cette Hinata ne me déplaisait pas du tout.

— Hinata ? Qu'est-ce que tu as fait ?

C'était Hanabi. Elle me dévisageait de la tête aux pieds. Je lui souris et lui répondis juste que je m'étais entraînée et que j'avais besoin d'une bonne douche. Cette explication était bien plus plausible que la vérité : une balade en forêt avec Sasuke. Je continuai jusqu'à ma chambre mais elle m'arrêta une nouvelle fois, me disant :

— Et bien, tu ne rigoles pas quand tu t'entraînes. Enfin, je voulais juste te prévenir que Kiba et Shino étaient passés tout à l'heure. Ils te cherchaient. Je leur ai dit que tu ne reviendrais pas avant la fin de la soirée, ça te convient ?
— Merci, Hanabi.
— Pas de soucis. Lave-toi bien surtout !

Puis elle partit, me laissant à mes affaires. Ma petite sœur savait toujours quoi dire dans ce genre de situation, et je lui étais vraiment reconnaissante pour ça. Mon estomac gargouilla, j'avais oublié que je n'avais finalement rien mangé avec tous ces événements.

Une douce odeur de croquettes envahit mes narines. Je ferme les yeux pour déguster l'odeur et décide finalement de m'arrêter à ce petit stand. Je lui demande trois croquettes qu'il se met à préparer sous mes yeux. Il ne faut pas sous-estimer les activités intellectuelles, réfléchir avec intensité creuse l'appétit. Je vais m'accorder une pause mentale mais profite finalement ce petit en-cas pour aboutir au dernier jour de calme, avant que l'orage n'éclate.

C'était le lendemain. Alors que je m'entraînais seule dans le domaine des Hyûga, un des membres vint m'avertir qu'on me demandait à l'entrée. Je lui demandai qui c'était, m'apprêtant à lui dire de le renvoyer s'il s'agissait de Kiba ou de Shino, mais il m'annonça que Sasuke m'attendait. Je m'arrêtais donc et partis prendre une serviette pour aller le rejoindre. Il était dans l'entrée, en train de regarder l'immense tableau qui représentait une montagne. Je m'arrêtais à une dizaine de mètres de lui.

— Sasuke ?
— Hinata, j'ai besoin que tu m'aides.
— Que je t'aide ?
— Oui, tout de suite. Il faut qu'on sorte.

Il me semblait pressé et je ne voyais pas ce qu'il voulait que je fasse pour lui. Je lui demandai donc d'attendre une dizaine de minutes que j'aille me changer, ce qu'il fit. Après une rapide douche, m'être attaché les cheveux et enfilé une tunique rouge et un bas noir, je le rejoignis et l'on sortit dans la rue. Sans attendre, il commença à me poser des questions qui n'avaient aucun rapport entre elles. Il m'interrogeait sur mes lectures, sur ce que je travaillais comme technique, sur mes goûts culinaires, sur le temps. Au bout d'un moment, je lui demandais, ne comprenant pas où il voulait en venir :

— En quoi puis-je t'être utile exactement ?
— Pour la discussion,
me répondit-il avec naturel.

Je fronçais les sourcils, ne comprenant toujours pas ce qu'il attendait de moi. Il tourna alors sa tête vers moi et m'expliqua :

— J'avais envie de te parler.
— C'est tout ?
lui demandai-je, incrédule.
— Oui.
— C'est pour ça que tu as demandé mon aide ?
— Il faut que tu sois là si je veux te parler.

Je soupirai en secouant la tête. Jamais on ne m'avait fait un coup pareil. Ça me fit presque rire. Je lui demandai que la prochaine fois, il me le réclame directement au lieu de tourner autour du pot. Il me surprit lors de sa réponse.

— Ce n'est pas de ma faute si tu fuis dès que je veux simplement te parler.
— Que je fuis ?
— Oui, je suis obligé de trouver un truc à faire, sinon, tu pars au bout d'un moment, ou tu ne dis plus rien, te réfugiant dans le silence.

J'allais le contredire, mais je m'arrêtai. Il avait raison. Depuis que j'avais fait ce rêve, j'évitais de rester seule avec Sasuke, sauf si on faisait quelque chose qui me permettait de vider mon esprit. J'avais cuisiné, on avait fait les écureuils dans les arbres, et là, je pensais l'aider à quelque chose. Et même avant mon rêve, j'avais commencé à lui parler pour prouver quelque chose à Naruto, puis je l'avais conseillé pour Sakura. Jamais je ne m'étais aperçue que je le voyais toujours pour quelque chose, avant que la raison première ne soit lui.

— Je suis désolée Sasuke. Je ne m'étais pas aperçue…
— Que tu ne me voyais pas pour ma personne.
— Non !

C'était faux. Peut-être qu'il y avait toujours une cause, mais c'était le plus souvent une excuse, un prétexte, comme il venait de le faire chez moi pour m'attirer dehors. Je souhaitai plus que tout le voir lui, même si je me convainquais qu'on se trouvait ensemble pour quelque chose presque à chaque fois. Il n'avait pas le droit de remettre ça en cause, pas après que j'avais réussi à l'accepter.

— C'est faux, je viens te voir pour toi, Sasuke.
— Tu peux me donner un exemple ?
—Quand… quand j'étais malade ?
— C'est moi qui suis venu Hinata.

J'avais beau chercher, je ne trouvais pas, c'était affligeant. Mais je ne me laissais pas démonter, et prenant mon courage à deux mains, j'annonçai à Sasuke :

— Et bien, aujourd'hui sera le premier jour où je te verrai, juste pour te voir. »

Il me sourit et l'on continua notre balade à travers les rues de Konoha. Et ce fut très agréable. J'étais encore celle qui parlait le plus, mais il répondait à mes questions et ne me laissait pas faire de monologues. De quoi est-ce que l'on parlait ? Je ne m'en souviens plus exactement, mais je sais juste que cette conversation me confirma qu'il ne tenterait plus jamais de se tuer, d'une façon ou d'une autre. Elle m'avait rassurée et j'avais senti que Sasuke n'était plus perdu comme il avait pu l'être dans le passé.

Je lui fis part d'une de mes réflexions après une observation de plusieurs jours :

— Ce n'est pas compliqué en fait, soit les gens t'admirent, soit ils te détestent.
— Il y a des gens qui m'admirent ?
— Oui, un certain nombre de femmes.

Il soupira et préféra ne pas s'attarder sur ce point tandis que je ricanais dans mon coin. On était sur le point de rentrer et cette fois, je n'avais vraiment aucune envie de le quitter. On prit encore le chemin des pupilles et on s'approchait de ma maison. J'étais en train de chercher un moyen de le retenir un peu plus longtemps. Je voulais encore entendre sa voix, et réussir une nouvelle fois à le faire rire. Mais je ne trouvais rien et on était devant ma porte. Je soupirai alors et lui dit, tristement :

— Merci pour cette journée, Sasuke.

Il me demanda ce qui n'allait pas du regard, en penchant sa tête sur le côté. Je tentai un sourire et le saluai de la main. Mais au lieu de partir, il se rapprocha et me dit bassement :

— C'est le troisième secret que tu me caches, Hinata.

Le troisième ? Devant ma question silencieuse, il détailla :

— Celui du restaurant, la surprise qui m'attend, et celui de ce soir.

Celui du milieu n'existait pas vraiment, le dernier était un peu gênant mais le premier était atroce et ne devait absolument pas être découvert. Automatiquement, je me mis dans l'ombre pour espérer cacher les rougeurs qui s'annonçaient. Je me défendis.

— Je comprends pour le deuxième, mais je ne vois pas pourquoi tu as inventé les deux autres.

Il leva les yeux au ciel et me dit en me tournant le dos, accompagné de son geste de salut auquel je m'habituais :

— Tu vas me rendre fou, Hinata. À plus.

Il était parti. Il était celui qui me rendrait folle, si je ne l'étais pas déjà.

Encore aujourd'hui, quand je l'ai vu, je me suis demandé si je n'avais pas été folle. Je termine ma dernière croquette, remercie une dernière fois le vendeur et me remets en route. En fait, je pense que je le suis devenue récemment. Qui passe son après-midi à penser, à réfléchir à des souvenirs et à les examiner sous tous les angles ? Une personne un peu dérangée, assurément.


Et voilà, il est posté.
Vous a-t-il plu ? Je ne sais pas pour vous, mais j'aime bien la fin, quand je parle de folie.
Avez-vous des questions ? Des réponses ?
Que pensez-vous de Sasuke ? De sa dernière phrase ? Que pensez-vous du comportement d'Hinata après ce rêve ? De la force qu'elle dont elle a fait preuve pour ne pas s'effondrer en le voyant ? Que pensez-vous de ce petit moment en forêt, du passage innocent à celui dramatique ?

Dîtes-moi tout, j'attends vos avis avec autant d'impatience que vous pouvez attendre mes chapitres.

Et pour ceux qui attendaient un chapitre de Cocktail Aphrodisiaque, il arrive vendredi ^^

Ah, et je voulais vous dire que maintenant, je me permets d'abréger aussi ici :
l'Arcane de l'Atlantide - ADA ; Cocktail Aphrodisiaque - CA ; Entre Orage et Tourbillon - EOT.

Pleins de bisous et à vendredi !