Bonjour à tous! Voilà le dernier chapitre de cette fanfic, Petites Fourberies chocolatées entre amis. Je sais, j'ai une semaine de retard. Pardooooooooooooooooon pour ceux qui me suivent! Mais une panne d'inspiration m'a pris de court, chaque paragraphe fut un calvaire à faire sortir. Bref. Je suis contente de l'avoir fini. _
Je vous souhaite de passer un bon moment en compagnie des fêlés du Sanctuaire et je présente mes plus plates excuses à Kurumada et Kuori pour maltraiter ainsi leurs personnages, mais c'est trop marrant. (u‿ฺu✿ฺ)
A une prochaine fic! ヾ(^ω^*)
Chapitre 4
La Vengeance est un Plat qui vous Reste sur les Hanches.
Cette interminable distribution de cadeaux achevée, Saori avait été prendre ses aises dans son temple. Son divin séant endolori et congelé par le glacial trône de marbre méritant bien d'être réchauffé par un bon bain brûlant et parfumé. Enfoncée jusqu'aux oreilles dans la mousse irisée de son bain, la déesse se satisfaisait de la réaction de ses Chevaliers à ses présents – en particulier celle de Seiya : qu'il avait été chou ! - et se réjouissait d'avance de la montagne de cadeaux qui l'attendrait au Jour Blanc, offerts avec dévotion par ses Chevaliers. Ce serait Noël avant l'heure ! Elle ne songeait pas un instant qu'ils puissent ignorer cette coutume, ni ne doutait de leur bonne volonté à la contenter.
Un peu plus bas, au Palais du Pope, Saga préparait la contre-offensive aux ambitions ridicules d'une déesse adolescente. Il avait laissé les couples se réunir quelques heures, le temps de laisser les esprits se calmer – surtout le sien - un peu avant de faire appeler tous le monde dans la grande salle du trône.
Amassés devant le trône du Pope en foule bourdonnante, ils attendaient. Les conjoints de certains s'étaient même invités. Eux aussi avaient leur mot à dire si vengeance il y avait ! Deathmask et Milo arrivèrent, la tête basse et l'air sombre. Les rires étouffés de leurs confrères à leur passage n'améliorèrent pas leur humeur. Shura murmura un juron d'étonnement en voyant leurs têtes couvertes de bosses et d'ecchymoses noirâtres lorsqu'ils vinrent se placer parmi leurs camarades dorés.
- « Mais qu'est-ce qu'il vous ait arrivé ? Vous vous êtes fait rosser par un calamar ou quoi ?
- Ou par un volcan en furie ? » Le « volcan » susnommé était à l'autre bout de la pièce, adossée à une colonne, drapée dans sa dignité.
- « Vai a farti fottere (2)! », balança Deathmask, les nerfs en pelote. Son confrère arachnide n'ayant rien de mieux en réserve n'ajouta rien et même bouda encore plus.
- Ce serait avec plaisir, mais ce ne sera pas pour tout de suite, j'ai encore beaucoup à faire à cause de vous-savez-qui! », répliqua le Gémeau sans réfléchir, choquant toute l'assemblée – au grand bonheur des commères. Voilà qui nourrirait toutes les conversations des prochains jours du Sanctuaire !
- « Saga ! », le tança Shura, mortifié par cette remarque. Kanon pouffa de rire.
- « Bravo, adelfáki (1)! », dit-il en tapotant l'épaule du Capricorne. « Rho, la ferme, Kanon ! », gronda-t-il en lui tournant le dos. Heureusement que son casque cachait la majeure partie de son visage. Il était rouge jusqu'aux oreilles. Shura s'efforça d'éviter le regard plein de sous-entendus de l'assistance en regardant ailleurs. Le parquet de marbre présentait assurément un intérêt artistique inattendu. Ah, il allait l'entendre tout à l'heure ! Les Bronzes, eux, ne comprenaient rien du tout à ce qui se passait.
- « Bien, maintenant que tout le monde est là, nous pouvons commencer », dit Saga, ignorant complètement les commentaires graveleux et les ricanements. Tout le monde se tut immédiatement.
- « Si je vous ai tous réunis, c'est pour vous parler de ce qui s'est passé ce matin. Je pense que vous vous demandez tous ce qu'était cette comédie que nous a infligé notre chère déesse ce matin» , dit-il, sarcastique. La multitude opina du chef, des murmures s'élevèrent à nouveau. Saga réclama le silence et reprit. « Comme Shura me l'a expliqué », dit-il en lui jetant un coup d'œil, ce à quoi le Capricorne, encore outré, tourna la tête, boudeur, « la Saint-Valentin au Japon exige qu'on remercie la personne qui vous a offert des chocolats en lui faisant un cadeau en retour un mois plus tard ». Concert de récriminations. « Vous saviez ? » « Pourquoi vous n'avez rien dit ? » « Pourquoi la laisser faire ? »
- « Silence ! », cria-t-il. La foule des Chevaliers et des serviteurs en colère se plia à son ordre. « Vous avez compris où elle veut en venir, je pense. C'est pour cela que j'ai laissé faire. Oui, nous allons la remercier, mais pas de la façon à laquelle elle s'attend.
- Plaît-il ? », demanda Seiya qui ne comprenait pas pourquoi tout le monde se plaignait qu'Athéna leur fasse des cadeaux. Lui était très content. Saga leva les yeux au ciel.
- « Parce que tu n'aurais pas les moyens de lui payer ce qu'elle veut, idiot ! », répliqua-t-il. L'argument financier frappa tout le monde, même Pégase. C'est vrai qu'ils étaient rudement luxueux ces chocolats, aussi bien en goût qu'en décorations. Elle attendait quoi comme cadeaux ? Une Rolex ? Des rivières de diamants ? Ce n'était pas avec ce que lui donnait la Fondation qu'il pourrait acheter ce genre de trucs.
- « Quelque chose dans ce goût-là, oui », dit le Pope, confirmant les murmures qui s'élevaient. Nouvelles protestations. Non mais pour qui se prenait-elle, tout déesse qu'elle soit ? Aiolos, qui sentait qu'on allait encore lui faire des reproches, se faisait très très petit. Il aurait aimé avoir le pouvoir de se fondre dans le décor comme sa jeune camarade du Caméléon à côté de lui.
Ce point éclairci, ils se mirent à réfléchir au « cadeau » idéal pour leur rusée déesse. Les idées fusaient de tous côtés, parfois complètement farfelues, ce qui faisait bien rire tout le monde. Mais au bout d'un moment, à force d'entendre des noms de plats peu ragoûtants, l'idée d'un dîner émergea. Un peu spécial bien sûr et préparé avec « dévotion », la déesse serait obligée de manger tout ce qu'ils auraient cuisiné pour elle.
Mais tout d'abord, ils devaient en apprendre plus sur ses goûts alimentaires. Saga chargea June de cette mission. Elle ferait la relève de Elda au service de Saori et serait aux premières loges pour découvrir toutes les petites manies de la divinité. Et ça pourrait toujours resservir.
Puis « pour faire bonne mesure » Kanon avait suggéré l'idée d'un invité surprise. Elle voulait fêter la Saint-Valentin, il lui fallait un Valentin ! Idée qu'il regretta tout de suite lorsque, se demandant qui conviendrait dans ce rôle – Seiya sautillait dans son coin, plein d'espoir d'être l'Élu – le nom de Julian Solo émergea. Ça allait être pour sa pomme évidemment. Cela plut à tout le monde, sauf à Seiya qui en fut très déçu.
- « S'il te plaît, mon frère. C'est pour la bonne cause », dit Saga à son jumeau. Kanon soupira profondément. Non mais, s'il lui faisait CETTE tête-là comment pouvait-il refuser, hein ? C'était de la fourberie pure et simple.
- « Bon d'accord, mais c'est bien parce que c'est toi », dit-il en croisant les bras.
- « Je savais que je pouvais compter sur toi, mon frère. Emmène qui tu veux pour t'aider », répondit Saga, tout sourire. « Bon, puisque tout est décidé, vous pouvez rentrer chez vous. Je vous ferai rappeler pour établir le menu dès que j'aurais les renseignements nécessaires. Ah oui ! Vous quatre! », dit-il en montrant de la main Seiya et sa bande, tandis que les autres quittaient peu à peu la salle du trône.
- « Kewa ? », demanda le Cygne d'un air bête.
- « Je vous retire du service d'Athéna jusqu'à nouvel ordre.
- KEWA ? PLAÎT-IL ? », s'écrièrent en même temps Seiya et Hyôga.
- Mais pour quelle raison ? », demanda Shiryû. Leur expression dénuée d'intelligence eut le don d'énerver l'ex-Gémeau.
- « Pour éviter que vous ne rapportiez nos projets par « inadvertance » à Athéna. Croyez bien que si jamais il devait y avoir la moindre fuite à ce sujet, j'enverrai les coupables faire un tour dans une autre dimension et cette fois même Athéna ne vous aidera pas à en revenir », dit-il, les fixant d'un œil si noir que les Bronzes en frémirent et eurent du mal à avaler leur salive. « Maintenant que vous avez compris, déguerpissez! », dit-il en leur montrant les portes.
- « Attention grand frère, tu fais une crise de " gris " », dit Kanon, narquois. Les Bronzes se raidirent un peu plus, ce qui l'amusa grandement.
- « Ça, ça ne risque plus d'arriver. C'est juste la vieillerie qui le rend grincheux », rétorqua Shura, toujours furieux d'avoir vu leur intimité dévoilée sur la place publique. Kanon était plié en deux.
- « Oh, toi ! », dit le Pope en se levant du trône. Shura le suivit du regard, reniflant avec hauteur, même pas impressionné. Ils se toisèrent un moment avant que d'un mouvement vif comme l'éclair Saga attrape le Capricorne et le soulève pour le jeter sur son épaule.
- « Je vais t'apprendre à parler comme ça au Grand Pope, moi, espèce de Cabri insolent ! » Shura protesta énergiquement contre une claque sur sa fesse et se débattit comme un diable. Les jurons et les menaces qu'il lâchait dans un espagnol fleuri, faisait passer l'incartade de Deathmask pour des mots doux. Saga, qui s'éloignait avec son « chargement », se contentait de répondre d'un « Sí, sí amor... » blasé.
- « Kanon, fait quelque chose ! Dis-lui de me lâcher ! », cria Shura sans espoir d'échapper à la prise de son amant.
- « Ce sont vos histoires, débrouillez-vous ! », dit-il en levant les mains, les larmes aux yeux tant il riait, refusant toute implication.
- « FAUX FRÈRE ! JE TE HAIS ! », hurla Shura à son beau-frère tandis que Saga l'emmenait, jeté sur son épaule, vers ses appartements. Kanon n'en pouvait plus, il avait des crampes à force de rire.
Complètement paumés face à ce dont ils étaient témoins, les Bronzes quittèrent les lieux. C'était trop compliqué ces histoires d'adultes. Les mains dans les poches, la tête basse, Seiya fit mine de taper du pied dans quelque chose et se prit dans le tapis, s'étalant de tout son long. Kanon ne s'arrêtait plus de rire. Pégase poussa un soupir d'accablement. C'était trop injuste. C'était toujours d'eux qu'on se moquait.
Durant les deux semaines où June s'était trouvée dans le somptueux manoir des Kido, elle avait appris beaucoup de choses sur les goûts et les manies de Saori, mais rien sur ses préférences culinaires. Comme ses domestiques savaient ce qu'elle n'aimait pas, ils s'abstenaient de lui présenter. June réfléchissait à un moyen de les interroger sans que ça paraisse suspect, espionner leurs conversations n'ayant rien donné. Ce qu'elle avait découvert sur sa déesse en revanche la laissait consternée. Comment les Bronzes, Shun surtout, pouvaient-ils à ce point se faire embobiner par ÇA ? Cela tenait presque du lavage de cerveau. Heureusement que le reste des troupes était plus lucide à son sujet.
Mais un jour, en farfouillant dans le bureau de Saori à la recherche d'un journal intime ou quelque chose du même acabit, June se fit pincer par Mii. Flûte ! La honte quoi !
- « Je savais que tu mijotais quelque chose », dit l'Anglaise, s'adossant à la porte en la refermant. June se tendit un peu, se demandant quelle action serait la plus appropriée. « Dis-moi ce que tu cherches, je peux peut-être t'aider », ajouta-t-elle, narquoise. La suite l'avait étonnée. À sa grande surprise, Mii n'approuvait pas du tout ce qu'avait fait Saori et était toute disposée à participer à sa « leçon ». Elle lui fournit sans rechigner les informations dont elle avait besoin, puis la laissa s'en aller.
Peu après, June faisait parvenir au Sanctuaire la bonne nouvelle. Quelques heures plus tard, quelqu'un venait la relever et elle s'en alla avec soulagement. Elle gardait néanmoins une pointe de méfiance envers Mii. Elle espérait que cette blondinette aux airs de poupée de porcelaine ne lui avait pas menti.
June revenue, Saga réunit à nouveau les Valentins. Il ne restait plus beaucoup de temps. Le menu du « dîner spécial » fut rapidement décidé à l'hilarité générale, puis on confia à chacun à une tâche particulière. Camus se porta volontaire pour aller chercher les ingrédients en Italie et France et il emmènerait les Bronzes avec lui pour servir de boys. Autant aller chercher sur place et il en profiterait pour essayer de mettre un peu de plomb dans la cervelle de moineau de son disciple.
Kanon partit avec Katya pour le domaine de la famille Solo. Cela ne le réjouissait pas spécialement de revoir Sorrento et le jeune homme dont il s'était servi, mais une sortie aux frais de la princesse en compagnie de sa dulcinée ne se refusait pas.
Il débarqua donc à la demeure ancestrale des Solo et comme il s'y attendait, il fut accueilli par Sorrento, les bras croisés et l'air dédaigneux.
- « Qu'est-ce que tu fiches ici, toi ? Comment oses-tu te présenter à nous ici après tout ce que tu as fait? », dit la Sirène, méprisant.
- « Toujours aussi rancunier, hein. Rassure-toi, je ne suis pas là pour tes beaux yeux. Je ne me serais pas fatigué à venir ici si je n'avais des ordres », dit Kanon, un sourire goguenard sur les lèvres. « Je viens voir Julian.
- Monsieur Solo pour toi, siffla Sorrento, les yeux étincelants de colère.
- Si ça te fait plaisir. Ordre du Sanctuaire », ajouta—t-il en lui montrant la lettre frappée du sceau d'Athéna. La Sirène observa attentivement le sceau, ouvertement méfiante. « Pourquoi le Sanctuaire voudrait voir Monsieur Solo? », demanda -t-il.
- Cela ne concerne que ton patron. Laisse-nous passer ». Sorrento et Kanon se fixèrent hargneusement. La tension était palpable entre les deux hommes. Katya se demandait comment calmer le jeu lorsque Julian se montra, inquiet de ne pas voir Sorrento revenir.
- « Que fais-tu Sorrento ? » Il regarda alternativement Sorrento, Kanon et Katya. « Que se passe-t-il ici ? », continua-t-il un peu inquiet.
- Nous représentons la Fondation Graad de Mlle Kido et nous voulions vous voir, Monsieur Solo », dit Katya pour détourner l'attention de Julian des deux ex-compagnons d'armes qui se fusillaient toujours du regard.
- Oh, vous travaillez pour elle ? », dit-il d'un ton chaleureux, se détendant immédiatement au nom de Saori. « Qu'est-ce qui vous amène ?
- Nous voudrions vous faire part d'un projet concernant Mlle Kido. Pouvons-nous entrer et en discuter ?
- Oui, bien sûr. Venez !
- Merci », répondit-elle en s'inclinant. Elle prit doucement le poignet de Kanon et lui fit signe d'avancer. Le Gémeau se calma un peu et la suivit, ignorant de son mieux Sorrento lorsqu'il passa devant lui. « Bien joué », murmura-t-il en faisant un clin d'œil à Katya.
Son humeur s'améliora ostensiblement lorsque Julian leur demanda de lui expliquer la raison de leur venue. Avec son baratin habituel et le soutien de Katya, il n'eut aucun mal à convaincre le richissime héritier d'accepter d'être l'invité surprise du dîner qu'ils préparaient en l'honneur de Saori. Il en était même plus que ravi, ce qui n'arrangea pas l'humeur de Sorrento qui fulminait dans son coin.
Après les avoir remercié pour cette charmante idée, l'ancienne incarnation divine les fit raccompagner par la Sirène vers la sortie. « Toujours aussi manipulateur, hein ? », dit-il une fois hors de portée des oreilles de Julian. « Dis ce que tu veux, j'ai d'autres chats à fouetter que de me disputer avec toi, Sorrento. Au plaisir de ne pas te revoir ! », dit-il en le saluant vaguement de la main. Puis il continua son chemin, prenant Katya par la main. Il avait hâte de rentrer au Sanctuaire, auprès de son frère. Chez lui. Mais avant cela une petite ballade avec sa douce lui ferait du bien.
Le retour triomphant de Kanon et Katya sonna le début des préparatifs. La semaine passa à toute allure, au rythme des décorations préparées au Sanctuaire avant d'être convoyées au petit temple d'Athéna qui se trouvait au Cap Sounion (3). Mû et Aldébaran avaient eu l'idée de faire remettre en état le bâtiment qui, dissimulé à la vue des mortels par une barrière, serait idéal comme « cadre romantique » pour ce dîner. Et ils auraient assez de place pour espionner toute la scène.
À J-3, Saori et Julian reçurent chacun leurs invitations. Saori fut plongée dans une intense extase en lisant le carton d'invitation rédigé à l'encre dorée sur un vélin luxueux, imaginant la montagne de cadeaux qui l'attendaient. Mii sourit de sa naïveté.
Camus rentra juste à temps avec les Bronzes pour que les cuisiniers improvisés qu'étaient les « Valentins » se mettent à l'ouvrage. En fin d'après-midi, les Chevaliers poussèrent un soupir de soulagement et de satisfaction devant leur dur la-beur enfin achevé. Il ne leur restait plus qu'à s'habiller et espérer que le dîner se passe bien. Ou mal tout dépendait du point de vue.
La nuit, fraîche, tombait doucement, colorant le ciel de douces nuances de rose, d'orange et de mauve et étinceler plus encore la mer paisible lorsque la voiture de Saori la déposa non loin du temple. Quelques volontaires allèrent en vitesse allumer les torches et les flambeaux à l'extérieur. Les feux étaient placés de telle façon que l'éclairage fasse encore davantage scintiller le bâtiment tout neuf.
Arrivé de l'autre côté de la baie à bord de son yatch, Julian fut ébloui par la vue dans les derniers feux du couchant. Il n'était pas au bout de ses surprises.
Attendant patiemment et habillés sur leur 31, les Chevaliers se tenaient bien droits, en haie d'honneur devant le temple restauré. Saori était déjà conquise en voyant ses protecteurs s'incliner devant elle. « Oh, c'est vraiment magnifique ! Saga, tout ça pour moi ! Et vous êtes tous si élégants !
- Merci, déesse. Et ce n'est que le début. Laissez-moi vous conduire à l'intérieur ! », dit-il, dégoulinant de serviabilité, en lui prenant la main qu'elle lui tendait. Puis il la conduisit dans le temple. Une fois leur déesse disparue dans le bâtiment, les Chevaliers ricanèrent. Le piège se refermait subtilement.
Pendant que Saga aidait à s'installer à la table dressée au cœur du temple, Misty alla accueillir et accompagner Julian. Le jeune héritier entra, immanquablement suivi de Sorrento qui s'inquiétait des manigances des Chevaliers et Julian fut encore plus ébahit en voyant les fresques et les marbres colorés, les statues majestueuses et plus encore par cette immense trirème aux grands yeux bleus posée sur un piédestal tout aussi massif. On aurait dit que l'Argo avait ressuscité des poussières du temps.
Misty fit attendre un peu Julian derrière la porte. « Pour ménager l'effet de surprise, vous comprenez? », dit le Lézard avec un sourire charmeur. Julian comprit tout à fait et approuva même.
Confortablement installée, Saori attendait avec impatience que la soirée commence, savourant d'avance d'avoir ses gardiens aux petits soins pour elle.
- « Nous avons mis tous nos efforts en commun pour vous préparer cette soirée, cuisiné nous-même chaque plat qui sera servi. J'espère que cela vous plaira. Mais avant de servir l'entrée j'aimerais vous offrir un premier cadeau.
- Oh, quelle merveilleuse idée ! Qu'est-ce que c'est ? Qu'est-ce que c'est ? Apporte-le ! », battit des mains la demoiselle.
- Bien », dit Saga, faussement docile. Il s'éloigna un instant pour donner le signal et l'on fit venir Julian. Le visage de Saori se décomposait à mesure que le jeune homme s'avançait vers elle. Elle refusait de croire ce qu'elle voyait. C'était une blague, hein ? « C'est un réel plaisir de pouvoir passer cette soirée en votre compagnie, mademoiselle Saori », dit-il, enjôleur, esquissant un baisemain. La divinité en frémit de dégoût. Ça, un cadeau ? Une malédiction, plutôt ! Ce n'était pas possible. Qui avait bien pu penser une seconde que ça lui ferait plaisir ? Elle refusait de croire que ses Chevaliers avaient sciemment choisi ce type pour partager sa table. Tout le monde savait qu'elle le détestait, que tout chez lui la révulsait. On les avait forcément mal conseillés.
Mais en fille de bonne famille bien éduquée qu'elle était, elle se fit un masque de composition et remercia Saga de « cette merveilleuse idée ». Mais le Pope savait cependant très bien qu'elle n'en pensait pas un seul mot. Son rire était si forcé qu'il en était presque hystérique. Les oreilles collés aux portes et les yeux rivés aux trous de serrure ou à des œilletons dissimulés, les Chevaliers pouffèrent de rire à la réaction de leur déesse. Elle n'avait encore rien vu.
- « Je vous remercie d'être venu me rendre visite et de m'avoir convié à cette soirée », dit Julian. Il croyait s'adresser à Kanon, mais Saga le détrompa. « C'est mon frère jumeau que vous avez rencontré.
- Des jumeaux ? C'est extraordinaire ! Quelle ressemblance incroyable ! Vous êtes parfaitement identiques ! », dit-il, extasié. Saga se frappa mentalement. Non, mais quel crétin ! Comment son frère avait pu le supporter, c'était là un grand mystère. Cela ne faisait que quelques minutes et il ne l'encadrait déjà plus. Il allait lui montrer à quel point ils étaient identiques si il continuait. Même Saori soupira de lassitude devant tant de niaiserie.
Le ton étant donné, Saga demanda à ce qu'on commence à servir les mets. Saori se prit à espérer que au moins le repas soit bon, ce qui l'aurait consolé de cette médiocre compagnie. Mais hélas ! L'entrée que l'on lui servit lui brûlait la langue à chaque bouchée. Plusieurs fois, elle demanda de l'eau. Elle détestait le wasabi1 ! Pourquoi fallait-il qu'il y en ait ? Les Chevaliers, impitoyables, s'étouffaient de rire dans leur cachette.
Les deux plats suivants ne furent pas mieux. Déjà l'odeur de l'ail ne flattait guère son nez délicat, mais les escargots n'étaient pas assez cuits. Leur consistance était celle d'un vieux bout de caoutchouc. Si elle avait été grossière, elle aurait tout recrachée dans une serviette, mais elle tâchait de faire bonne figure. Après tout, c'était ses Chevaliers qui lui avaient préparé ce repas pour lui faire plaisir. Cela n'aurait pas été charitable de ne pas faire un effort, non ?
Néanmoins, lorsqu'on lui apporta le plat de viande, elle interrogea Xiaoling du regard. Celle-ci murmura à l'oreille divine : « de la langue de bœuf et sa sauce madère ». Elle ne pouvait que la croire étant donnée que la viande nageant dans sa sauce ressemblait à vue d'œil davantage à des bouts de plastique. Au goût, c'était comme un vieux chewing-gum sans plus aucune saveur. Elle avait l'impression de manger sa propre langue, elle en avait des haut-le-cœur.
La jeune déesse se demanda si il n'y avait quand même pas une intention maligne derrière tout ça. Depuis le début on ne lui avait servi que des choses qu'elle détestait. Ses propres serviteurs ne lui servaient jamais ces choses, sachant bien qu'elle ne les aimait pas. Ils s'évitaient des plaintes et du gaspillage. Mais là... Pouvait-elle leur accorder le bénéfice du doute ? Peut-être ses protecteurs avaient-ils juste décidé d'un menu sans songer à se renseigner, ni pensant à mal, juste pour la surprendre ? Ce devait être un concours de circonstances. Sûrement, ce n'était que cela : un très affreux concours de circonstances.
Voir leur déesse pleine de doutes et de suspicion ravissait les Chevaliers. Pour une fois, elle se servait de son cerveau. Et pendant qu'elle mangeait du bout des lèvres les plats qu'ils lui avaient cuisinés, eux faisaient bombance dans les cuisines avec des plats qui auraient fait saliver la divinité et torturaient l'estomac des Bronzes, collés à faire la plonge ou le service en salle. Seiya et sa fine équipe devaient se contenter des restes des deux illustres invités et cela les satisfaisaient à peine.
Saori fut un peu soulagée de voir le plat de résistance arriver. Cela au moins ça avait l'air bon, malgré les fruits de mer et elle aurait une excuse pour ne plus ouvrir un moment la bouche pour parler avec Julian. Sa conversation insipide l'ennuyait à mourir. Ne savait-il donc que se vanter de ses ancêtres, de ses bateaux et autres inepties dont elle se fichait éperdument ? Poséidon savait bien choisir ses avatars ! Aussi prétentieux que lui ! Dire qu'elle n'avait même pas le droit à un tout petit minuscule verre d'alcool ! Elle avait plus de dix mille ans, nom de Zeus ! C'était plus une gamine malgré les apparences, zut à la fin !
Quand elle pensait que cela ne pourrait être pire on apporta le fromage. L'odeur en était si forte qu'elle en avait la nausée. Remarquez, avec ça et l'ail des escargots elle était sûre d'échapper à toute tentative de bécotage de la part de Julian, même si elle était persuadée que ses Chevaliers ne laisseraient pas laisser passer un tel outrage. Du moins, elle osait l'espérer. Parce que désormais elle était sûre que tout ceci avait été orchestré volontairement. Le sourire aimable de Saga lui paraissait à présent tout à fait hypocrite et même moqueur. Il y avait une intention, un message derrière tout ça, mais elle ne voyait pas encore lequel. C'était vraiment énervant, pensa-t-elle en croquant dans sa tartine de camembert. Elle fit une grimace en mâchant avec lenteur. Le goût était vraiment fort, presque pire que l'odeur, la groseille faisait à peine passer cette atrocité.
Goguenards, à l'abri de leur cachette, les Chevaliers s'amusaient comme des petits fous aux dépens de leur déesse. Tous autant qu'ils étaient, ils se réjouissaient de voir la mine de la jeune divinité se déconfire à mesure que la soirée avançait. Ils allaient lui apprendre à pourrir leur Saint-Valentin avec ses idioties ! Que la revanche avait bon goût ! Un goût délicat de moelleux bien coulant au chocolat blanc sur lesquels les Bronzes bavaient copieusement.
Saga, tout comme Saori, était impatient que cela se termine et c'est avec soulagement qu'il vit le dessert arriver. Enfin on arrivait au clou du spectacle ! Shôko revient, accompagnée de Shun, poussant un guéridon sur lequel était posé un magnifique gâteau. Saori et Julian eurent une exclamation d'admiration en voyant le chef d'œuvre pâtissier : il était couvert de crème, artistement disposée pour ressembler à des roses, mais sa couleur blanche ne laissait pas présager de son goût. Saori était un peu sur ses gardes après toutes les horreurs qu'on lui avait servies. Elle espérait qu'il ne cache pas quelque mélange gustatif bizarre ou qu'on ait remplacé le sucre par du sel.
- « Quel en est le goût ? », demanda Saori avec une pointe de méfiance.
- « Comme nous sommes le Jour Blanc nous vous avons préparé un gâteau au chocolat blanc. Nous avons choisi la recette et les meilleurs ingrédients pour ce jour », répondit Saga avec un grand sourire. D'autant plus grand que Saori s'était crispée sur sa chaise, torturant de ses doigts fins l'innocente serviette. Le chocolat blanc c'était bien trop sucré pour son palais délicat.
Avec appréhension, elle vit l'assiette être posée devant elle. Elle fixa un moment le gâteau qui semblait la narguer ses yeux tourbillonnants et crémeux. Cela dut être long car elle s'aperçut que Saga et Julian la dévisageait.
- « Cela ne va pas, mademoiselle ? Le dessert ne vous convient pas? », demanda l'ex-Gémeau. Saori était mal à l'aise. « J'en suis désolé, nous pensions bien faire. Tant pis, nous allons le faire ramener en cuisine », dit Saga d'un ton navré. Saori se mordit la lèvre, ne sachant que faire. Si il jouait la comédie il était rudement doué, mais en même temps … il avait l'air sincèrement déçu. Qu'en seraient-ils des autres Chevaliers lorsqu'ils verraient le gâteau revenir ?
- « Nous nous étions donnés tant de mal tous ensemble pour le faire le meilleur possible », ajouta-t-il dans un soupir triste. Saori se sentait honteuse. Peut-être avait-elle eut tort de douter de l'honnêteté de ses Chevaliers. Peut-être avaient-ils vraiment eu l'intention de lui faire plaisir, auquel cas elle se devait de faire un effort pour les remercier n'est-ce pas ? Au moins une part.
- « Attends ! », dit-elle alors qu'on enlevait l'assiette. Saga la regarda, étonné. « Laisse ! Je vais le manger! C'est pas que je n'en veuille pas, c'est juste que ...»
- Quoi ?
- Eh bien, c'est juste qu'il est si joli ! J'hésitais à toucher à un si beau gâteau ! », mentit-elle, un sourire crispé sur les lèvres. Le Pope n'en revenait pas ! Si en plus elle se « sacrifiait » - ce qui ne la changeait guère de ses habitudes – c'était parfait !
- « Je comprends, mademoiselle, mais il serait dommage de le laisser moisir aussi.
- Oui. Eh bien, bon appétit ! », dit-elle en plongeant la cuillère dans l'épais et moelleux gâteau. Elle avait une bouchée pleine de crème onctueuse et réprima une exclamation d'écœurement, puis en prit une autre et une autre jusqu'à ce que l'assiette soit vide. Julian avait dévoré deux parts déjà. Saga était ravi de voir qu'elle s'était forcée jusqu'à ce qu'il ne reste rien et aurait peut-être pu s'en satisfaire, mais il décida de pousser le vice un peu plus loin. « Vous laisserez-vous tenter par une autre part, mademoiselle ? », demanda-t-il un brin malicieux. Saori pâlit.
- Euh... Je
- Vous devriez ma chère ! Il est vraiment succulent ! », dit Julian avec gourmandise. « Vos employés sont d'habiles cuisiniers ! Vous devriez les honorez d'une seconde part ! » Saori rageait en elle-même. Non mais il ne pouvait pas se taire et se mêler de ce qu'il le regardait celui-là ? Elle n'avait sollicité son avis à cette amibe sur pattes !
Saga remerciait les dieux. Il n'aurait pu espéré meilleur « soutien » que cet idiot. Avec de la chance, piquée au vif, elle en prendrait une de plus. Et il ne se trompa pas. Saori était tellement exaspérée par Julian elle dévora une seconde et en ré-clama même une troisième. C'était au-delà des espérances du Pope.
Tout à coup Saori passa du livide au verdâtre et eut un haut-le-cœur. Elle se sentait mal. Très mal. Julian fut en un instant à ses côtés. Sa main sur son épaule la dégoûta encore plus. « Mademoiselle Saori ! Vous ne vous sentez pas bien ? », dit-il plein de sollicitude. D'après toi, imbécile ? J'en ai l'air ?,mourrait d'envie de lui balancer la déesse agacée. « Amenez de l'eau », ajouta-t-il en s'adressant à un Shun inquiet qui s'éclipsa pour aller chercher un verre d'eau.
- « Nous devrions peut-être vous reconduire chez vous, mademoiselle, si vous ne sentez pas bien », dit Saga en se plaçant près d'elle.
- Je vais bien. J'ai juste mangé trop vite », tenta-t-elle pour qu'il la lâche enfin.
- Mais vous êtes toute pâle ! Il vaut mieux rentrer chez vous.
- Nous allons rappeler la voiture », dit Saga en se tournant vers la paire de Bronzes qui observait anxieusement la situation.
- Cela ira plus vite avec mon bateau », le coupa Julian, ce qui ne manqua pas de faire sourciller le maître du Sanctuaire.
- Non. Je vous assure... », commença Saori avant de réprimer un nouveau haut-le-cœur. Elle était à deux doigts d'offrir une nouvelle teinture au costume immaculé de Julian. Seule sa fierté la retenait de se laisser aller.
- Allons, ne soyez pas gênée. Voyez dans quel état vous êtes ! », la gronda gentiment l'héritier Solo en l'aidant à se relever avec douceur.
Saori rendit les armes juste pour qu'il lui fiche la paix plus vite. Saga fit appeler les Bronzes ainsi que Shôko et Xiaoling pour l'accompagner et veiller sur elle, ce qui réjouit surtout Seiya, ravi de ne plus avoir à se farcir les corvées. C'est qu'il avait les mains toutes sèches et pleines de crevasses ! Ça faisait un mal de chien !
Installée confortablement dans un lit d'une des cabines du yacht de Julian et entourée de Shôko et Xiaoling, Saori gémissait. Tangage et roulis n'aidaient pas non plus à soulager ses symptômes. Et ce médicament qui prenait son temps pour agir ! Elle allait rendre l'âme si cela continuait !
- « Mademoiselle, vous ne vous sentez pas mieux ? », s'inquiéta Xiaoling.
- « Non. Quand est-ce que nous partons ?
- Je ne sais pas, je vais aller demander au commandant. Je reviens ! », dit-elle en se levant vivement.
- Oui, fais vite », dit Saori en geignant, plaçant sa main devant sa bouche.
- Oui, mademoiselle ! » et Xiaoling partit à toute vitesse vers le pont.
La regardant partir, écoutant à peine les babillages de Seiya et Shiryû qui la plaignaient avec force Saori se dit que la prochaine fois elle se contenterait de nectar et d'ambroisie5 et refuserait tout net toute invitation à dîner. Surtout de la part de ses Chevaliers.
Elle avait beau y réfléchir, elle ne comprenait pas pourquoi ses fidèles Chevaliers lui avaient joués une farce si cruelle. N'avait-elle pas toujours été bonne et généreuse envers eux ? Encore récemment elle leur avait fait des chocolats. De ses propres mains ! Dire qu'elle était déçue était encore trop peu. Elle s'était attendu à autre chose de leur part. Elle ne savait plus qu'en penser.
C'est alors que des bruits de pas dans la coursive la tira de ses réflexions. Était-ce Xiaoling qui revenait ? Le pas semblait plus lourd. La poignée de la porte s'enclencha.
- « Xiaoling ? C'est toi ? », demanda Saori d'une voix souffrante.
- « Non, c'est moi, déesse Athéna », dit Saga, apparaissant dans l'encadrement, un sourire mystérieux aux lèvres. « Je viens voir comment vous vous sentez avant que le bateau n'appareille ».
- « Cela ne s'améliore guère », dit la déesse plaintivement.
- « Je suis navré de l'apprendre, déesse. Y a-t-il quoique ce soit que je puisse faire ? » Saori le fixa d'un œil soupçonneux. Il n'avait pas du tout l'air navré, quelque chose sonnait faux dans son apparente serviabilité. Son sourire semblait affreusement cauteleux. Jamais il ne lui avait paru si bien mériter son armure.
Elle n'en pouvait plus de se poser des questions. Il fallait qu'elle crève l'abcès et qu'elle sache enfin.
- « Vous l'avez fait exprès, n'est-ce pas ? », lâche-elle brusquement.
« Pardon ? », s'exclama Saga, feignant la surprise. Saori l'observa attentivement. Il était bien difficile à déchiffrer.
- « Toute cette soirée. Ce dîner composé de plats que je déteste. M'imposer la compagnie d'une personne que je n'apprécie pas du tout. Tout ceci a été préparé sciemment, n'est-ce pas, Saga ? », insista-t-elle en essayant de se relever. Elle dut renoncer à cette ambition lorsqu'elle eut un nouveau haut-le-cœur.
- « Je ne comprend pas vos accusations, déesse ! Nous avons fait tout cela pour vous faire plaisir et nous sommes sincères dans cette intention ! Comment pouvez-vous penser une seconde que nous ayons fait exprès ! », s'écria Saga, offusqué. « Nous y avons mis tout notre cœur pour vous remercier de vos présents, mais si cela vous a déplu alors nous en sommes vraiment désolés car telle n'était pas notre volonté! », dit-il, la voix chargée de déception. Saga s'impressionnait lui-même tellement il était convaincant. La culpabilité et l'embarras qui se peignaient sur le visage de la jeune fille était jubilatoire !
Saori se mordit la lèvre. Se serait-elle trompée en définitive ? Aurait-elle été trop paranoïaque ? Son Pope semblait vraiment blessé par ses propos. Elle s'était montrée trop dure et exigeante. Maintenant, elle regrettait amèrement ses accusations.
- « Je … », commença-t-elle, voulant s'excuser, mais elle ne put finir sa phrase car les Bronzes arrivèrent, riant bruyamment dans la coursive. Après avoir frappé à la porte pour la forme, ils entrèrent dans la chambre sans attendre la permission de Saori, les bras chargés de fleurs. Ah ! Ils tombaient à pic ceux-là !, se réjouit Saga.
- « Qu'est-ce que ceci, Seiya ? », demanda Saori, toute étonnée.
- « Ben c'est Aphrodite qui est venu pendant qu'on était dehors et il nous a de-mandé de vous donner ça.
- Il a dit qu'il les avait créées spécialement pour vous », continua Shun, l'air ému.
- Pour moi ? » Sa méfiance repointa presque malgré elle le bout de son nez tandis qu'elle contemplait les bouquets de roses couleur lavande.
- « Oui », reprit Saga. « C'est moi qui lui ai demandé de créer une variété spéciale pour ce soir. C'était le dernier cadeau que nous avions prévu ». La tristesse qui imprégnait le ton de sa voix et son air malheureux comme un chiot abandonné sous la pluie achevèrent Saori. C'est bon ! N'en jetez plus ! Elle était convaincue ! Elle avait eu tort ! Oui, elle ! La Déesse de la Sagesse et de la Guerre avait eu tort de douter de la bonne foi de ses Chevaliers.
- « Je... Merci ! Elles sont vraiment magnifiques ! Je suis vraiment désolée de vous avoir soupçonnés ! C'était une merveilleuse soirée !
- Vraiment ? J'en suis ravi ! Et mes compagnons le seront aussi lorsqu'ils l'apprendront », dit Saga. « Maintenant je vais y aller. Je vous laisse sous la protection des Bronzes ». Les quatre jeunes Bronzes, Seiya en particulier, bombèrent le torse à ces mots. « Reposez-vous bien ! », dit le Pope en embrassant la main de la divinité. Le Poney volant ronchonna devant ce spectacle. Non mais ! Il allait lâcher la main de SON Athéna oui ?
Saga quitta la chambre et jeta un œil railleur aux Bronzes en passant près d'eux , dont l'équipe de bras cassés ne comprit pas la signification.
Ressortant sur le pont, il respira l'air marin et admira avec satisfaction le ciel parsemé d'étoiles pendant un instant, puis débarqua du yacht qui s'apprêtait à partir. Shura, faisant les cent pas, l'attendait avec impatience sur le quai. Cette soirée avait été si longue ! L'ex-Gémeau le rejoignit et ensemble ils regardèrent le bateau appareiller.
- « Alors ? Comment ça s'est passé ? », demanda Shura.
- « À la perfection ! Je n'aurais jamais pensé que cela marche aussi bien ! Il ne reste qu'un tout petit détail qui ne devrait plus tarder à s'accomplir», dit-il, éclatant de rire.
- « Formidable ! J'aimerais être une petite souris pour voir ça !
- « Oui, moi aussi. Bon, si on rentrait, amour ? », dit Saga en passant la main sur la joue du Capricorne qui la frotta contre la paume du Gémeau.
- « Oui », répondit Shura en l'enlaçant. « Nous sommes les derniers. Ça te tente, une petite balade au clair de lune ? », susurra Shura en embrassant Saga dans le cou, suscitant un ronronnement de plaisir de la part du Pope.
Ils pouvaient bien prendre leur temps pour rentrer maintenant qu'ils étaient libérés des trublions qu'étaient les Bronzes, des Saintia et de leur déesse, aussi peu charitable que cela semble. Il y avait une petite cabane nichée au creux des bois du Sanctuaire, où ils seraient tranquilles, qui les attendait. Un lieu paisible, paisible, et qui n'attendait qu'eux.
Ils disparurent en un instant, laissant derrière eux la vision du yacht qui s'éloignait dans la baie sur les flots scintillants sous la lumière de la lune.
Pendant ce temps, sur le yacht, Saori reprenait enfin une teinte normale, à la grande satisfaction des Bronzes aux petits soins de leur chère déesse. Elle se sentait un peu mieux et les dents de la culpabilité lui rongeaient l'âme. Qu'elle avait été sotte et méchante de douter de ses serviteurs alors qu'ils lui étaient si dévoués! Elle en avait eu la preuve ce soir encore, malgré leur maladresse, cela partait d'un bon sentiment.
Toute guillerette, Saori demanda à Seiya de lui apporter une rose afin qu'elle puisse l'admirer de plus près et en humer le parfum. La délicate couleur mauve des pétales évoquait celle de sa soyeuse chevelure et ils étaient doux comme du velours. Elle approcha ses divines narines de la fleur.
Soudain la déesse blêmit. Son cœur se souleva et elle rendit tout son dîner. Les Bronzes se précipitèrent, demandant ce qui lui arrivait. La seule chose qu'elle sut articuler, ce fut « fleur... » avant de vomir à nouveau. Bêtement Seiya et sa bande fourrèrent à leur tour le nez dans les roses et succombèrent un par un à l'insoutenable odeur de cadavre qui s'en dégageait.
NOTES
1) adelfáki : petit frère (à prendre ici au sens large puisqu'ils sont beaux-frères. Il y a un mot pour ça en grec, mais mon dico est trop vague sur les nuances).
2) vai a farti fottere! : va te faire foutre en italien.
3) Il y a bien un temple dédié à Athéna tout près (à quelques centaines de mètres) de celui de Poséidon au Cap Sounion. Il n'en reste que les bases des murs et des colonnes.
4) Ci-dessous vous trouverez les recettes du menu spécial pour Saori, si ça vous chante de les essayer. Je ne vous recommande pas la langue de bœuf. C'est vraiment RÉPUGNANT. Par contre les escargots c'est très bon, à trois conditions : ne pas les faire soi-même, faire bien bien cuire les escargots tout-fait, être seul pour les déguster. Vous vous épargnerez des commentaires douteux. Bon appétit ! Cette fanfiction n'est pas sponsorisée par Top Chef! xD
FFnet ne veut pas de mes liens donc vous trouverez la 1), la 3), la 4) et la 5) sur le site et le gâteau sur .dans ces intitulés exacts, donc vous devriez les retrouvez facilement (si ça vous intéresse).
Menu du dîner de Saori :
1) Salade de chou rouge à l'asiatique
www. /salade-de-chou-rouge-a-lasiatique-r94127htm
2) Escargots au beurre d'ail : regardez au rayon surgelé
3) Langue de bœuf sauce madère
4) Spaghettis à la vongole
5) Tartines de camembert à la gelée de groseilles
6) gâteau au chocolat blanc avec glaçage au chocolat blanc
recettes/recette_gateau-au-chocolat-blanc-glacage-chocolat-blanc_
5) Nourriture et boisson des dieux dans la mythologie grecque.
