Disclaimer : personnages à Kazuya Minekura et univers d'Hubert Selby Jr.
Je tiens à préciser que je n'ai rien contre le système médical ni contre les médecins ce n'est pas un stéréotype que je décris dans ce chapitre, juste un personnage issu d'un monde chaotique totalement fictif !
Et puis aussi que ce n'est pas un viol qui est conté dedans, mais un peu de S.M. et WARNING langage pas très catholique et violence physique, drogue, sexe….. Manquerait plus que le rock n' roll !!! Lol mais non, pas de rock.
Voilà, je n'ai pas oublié cette fic même si il aurait pu paraître ! Bon, sur la demande de Bloody's Soul, il y a un lemon. Je la remercie d'ailleurs, car c'est elle qui m'a redonné envie de me remettre pour de bon à cette fic !
Je remercie aussi tous ceux qui ont lu ma fic et qui m'ont laissé des review, ça me fait très plaisir, je suis désolée d'avoir mis autant de temps pour publier un nouveau chapitre !
J'espère qu'il ne vous décevra pas !
désolée, mais vraiment, la ponctuation pour les dialogues, c'est trop dur pour moi
Un trip d'enfer
Chapitre 4
-C'est une araignée qui monte qui monte qui monte… elle monte dans ta nuque, elle arrive à la base de ton cou et elle te chatouille, c'est agréable, tu aime bien, c'est sensuel, comme la caresse d'un amant, comme…. Enfin tu vois, alors tu te retourne pour la voir et tului chuchote que tu aime bien, et l'araignée est toute contente et elle reprend le ballet sur ta peau, ça t'arrache des petits frissons. Et là tu lui dis que si tout aurait été différent, tu serait resté avec elle, toujours…. et l'araignée continue de danser sur ta peau, mais elle est triste et essaie d'arrêter les larmes menacent de franchir ses paupières…. Alors elle s'en va car finalement, rien ne changera, te laissant une désagréable sensation de froid, mais l'araignée est déjà loin, alors tu la cherche un peu, puis tu te renfonce dans ce que ta vie a toujours été, et rien jamais ne viendra plus t'en sortir, par ce que les choses sont ce qu'elles sont et que l'araignée avait raison, rien ne changera plus.
Sanzo leva le goulot de sa bouteille à ses lèvres et but une gorgée en regardant l'adolescent. Goku avait le regard vague, flou, triste. Il venait de finir son histoire et maintenant il se sentait mal. Assit dans l'appartement de Sanzo, le jour déclinant, la drogue circulant déjà moins dans ses veines, mais l'alcool était là pour diminuer un peu cette impression.
-Et?
Goku cligna des yeux, releva la tête, hébété, et focalisa sa vision sur Sanzo…. Qu'est-ce qu'il était beau avec la lumière dorée déclinante qui le baignait. Au fait, que voulait-il? ah oui, et….et quoi? et bien, l'araignée, ton araignée à toi, c'est quoi, c'est qui? mon araignée….. Goku fronça les sourcils, je ne sais pas… je crois…. Il faut que j'y réfléchisse.
Sanzo hocha la tête. Goku l'inquiétait, il avait de plus en plus d'absences ces derniers temps. Il leva de nouveau la bouteille à sa bouche.
Hakkaï leva des yeux à moitié ouverts sur la rue. Deux silhouettes noires s'enfuyaient en courant. Il les entendit rire alors qu'elles tournaient au coin de la rue, disparaissant de son champ de vision. Le brun baissa les yeux par terre. Il était allongé sur le sol, un bras replié contre son visage. Tout son corps lui faisait mal. Du sang coulait de son nez, chaque respiration lui faisait l'effet d'avaler une boule de fil barbelés, il sentait une grande entaille sur sa cuisse droite et un hématome près de son œil gauche commençait à lui obscurcir la vue. Il avait l'impression de n'être qu'une gigantesque plaie saignante.
Il essaya de bouger, il ne voulait pas rester là dans cette rue sordide. Il n'essaya même pas d'appeler à l'aide, personne ne l'entendrait, et même si on l'entendait, les gens ne feront rien pour l'aider. C'est comme ça que ça marche ici, tout le monde accepte ces règles et personne n'y déroge. Sûrement le seule chose dans cette putain de ville que les gens respectent! chacun pour soi, point final. T'as des emmerdes, débrouille-toi. Les gens ne veulent pas venir fourrer leur nez dans des histoires qui ne les concernent pas, c'est trop dangereux.
Hakkaï plia le bras pour prendre appuie dessus. Quand il tenta de soulever son corps il eu l'impression qu'on venait de lui enfoncer des millier de petites aiguilles chauffées à blanc dans le bras et la poitrine. Il grimaça et gémit. Mais même ça, ça lui faisait mal. Il aurait voulu prendre une grande inspiration, mais ne pouvait que respirer par saccades, il devait sûrement avoir des côtes de cassées ou au moins fêlées!
Quand ces types lui étaient tombés dessus il n'avait rien vu venir. C'est le risque quand on s'improvise dealer et qu'on transporte un grande quantité de «marchandise». C'était leur derniers flacons demorphine. Jusqu'à maintenant ça avait plutôt été fructueux ce petit commerce. Mais là il venait d'essuyer le grand final! Gojyo lui avait proposé de l'accompagner. Il avait refusé. Ça n'aurait pas été crédible, de se pointer à deux pour vendre de la drogue. Les autres auraient pût penser qu'ils avaient peur. Et ça n'était pas faux. Du moins, Gojyo avait peur pour lui. Hakkaï serra les dents, pas tant à cause de la douleur que par la pensée de son amant qui verrait ses craintes vérifiées.
Il se secoua mentalement la tête, le faire réellement était trop douloureux. Il prit appuie sur ses bras et ramena ses jambes sous lui. La douleur était immense, diffuse, elle irradiait dans tout son corps. Mais Hakkaï continua. S'il ne se relevait pas il allait sûrement crever ici, seul.
Alors il tenta autant que possible d'ignorer la souffrance. D'ignorer le sang coulant le long de son corps. Il se releva, tituba et atterrit contre un mur. Il resta là un moment, le temps de se calmer, d'arrêter les tremblements compulsifs qui secouaient son corps, le temps de reprendre sa respiration autant qu'il le pouvait. Il n'était pas loin de l'appartement de Gojyo. Il n'avait que quelques mètres à parcourir. Seulement.
Hakkaï étouffa un sanglot et, la vue brouillée par les larmes, il progressa péniblement le long du mur.
Gojyo était assit par terre dans sa cuisine, le dos appuyé contre le mur. A ses côtés le cendrier était presque plein. Ce n'était pas du cannabis qu'il fumait, non, rien pour lui ne serait aussi bon que de la bonne nicotine bien pure allant droit aux poumons. Enfin, pure, façon de parler. Il essaya de s'imaginer mentalement le trajet de la nicotine, ses différents états, ses changements… De la plante, elle devient cigarette, côtoyant au passage quelques agents de saveur et un peu de goudron, mais ça vaut mieux ne pas trop y penser, puis elle est brûlée, son odeur alors si particulière embaumant nos palais pour ensuite poursuivre sa route jusqu'à nos poumons déjà bien encrassés, passe dans le sang se répartissant alors équitablement dans tous nos organes. Gojyo se secoua la tête, les lèvres recourbées dans un rire jaune et silencieux, avait-il le cerveau si ramollit qu'il en venait à avoir des pensées aussi connes ? Merde, encore heureux qu'il avait pas touché à cette putain de morphine… Ça pour être une pute, c'en était une belle ! Il était persuadé que le singe en avait prit. Bien entendu il le niait totalement, mais regardons les choses en face, si lui avait l'âge de Goku et n'en avait jamais prit, qu'aurait-il fait ? Face à tout ce connard de stock de doses ? Il en aurait prit, oh oui, il en aurait prit ! Et il aurait adoré, et il aurait continué ! S'il n'avait pas continué lorsque son copain maintenant mort d'O.D. lui en avait amené, c'est par ce qu'il y'en avait qu'un flacon. Qu'ils s'étaient partagé à deux en plus ! Enfin, jusqu'à maintenant, ça leur avait rapporté beaucoup de pognon, ils avaient tout écoulé… Gojyo tapotait nerveusement le sol. Si ils avaient eu autant de fric, où était-il à présent, hein ? Ça collait pas cette histoire… Son regard se posa sur la cuillère brûlée par en dessous et sur le verre d'eau contenant une seringue usagée. Voilà la réponse. Au lieu de garder le fric pour se tirer de cette sombre histoire, ils avaient tous racheté encore plus de défonce.
Hakkaï se traînait dans le hall de l'immeuble. Pas d'ascenseur que des stupides escaliers de merde. Il se laissa tomber par terre à bout de force. L'escalier tournait devant lui, il brillait, s'effaçait…
Il est rare de rencontrer des gens charitables ici-bas, mais Gojyo habitait un immeuble, donc ses habitants, ou du moins la moitié de ses habitants à quelques choses près devaient avoir un salaire, donc étaient des travailleurs. Ne poussons pas jusqu'à utiliser le qualificatif honnête quand même. Mais cette fois Hakkaï eu la chance de sa misérable vie. Toutes les statistiques le donnaient partant pour une lente agonie suivie du dernier soupir dans ce hall crasseux empestant la pisse.
Quand on frappa à sa porte, Gojyo s'apprêtait déjà à envoyer chier les gamins du deuxième étage qui ne cessent de harceler tout l'immeuble. Hé mec, c'est ton copain ça non ? Gojyo se précipita vers son voisin, prit Hakkaï par les bras, j'le connais oui, maintenant tu peux dégager j'm'en occupe. Le type lâcha le brun, te force pas à dire merci. Tu l'as récupérer où ? Dans le hall, il a trop pris de came c'type. Ouais c'est ça, merci. Gojyo referma la porte et porta en vitesse Hakkaï sur le canapé. Il s'agenouilla vers son amant, lui prit le visage par le menton pour le tourner vers lui. Son œil gauche disparaissait presque complètement sous une poche violacée et tout son visage était maculé de sang. Son jean était imbibé du liquide rouge et la partie visible de ses bras se teintait d'un bleu rougeâtre désagréable. Gojyo ravala ses larmes.
-Putain, c'est quoi encore cette merde….
Goku regardait nerveusement de droite à gauche. Il était dans l'hôpital, à côté de la porte de la chambre d'Hakkaï. Des voix lui parvenaient de l'intérieur de la pièce, mais il restait dans le couloir. Le blanc immaculé éclairé par le soleil lui faisait affreusement mal aux yeux et à la tête. Il descendit un peu son bonnet sur ses yeux caves et franchit enfin la porte. Salut les mecs !
Gojyo était assit sur le rebord de la fenêtre et Sanzo sur une chaise. Il fronça les sourcils quand Goku entra.
-Ben dis donc, t'as vraiment l'air d'un macchabée.
-C'est pas plutôt lui le macchabée ?
Il désigna Hakkaï du menton. Le brun était très mal en point. Son visage était très pâle et gardait la trace d'ecchymoses même si la poche de sang avait été drainée. Il ne pouvait pas marcher sans risquer d'arracher la bonne vingtaine de points de suture qui couraient le long de sa cuisse. Mais même bouger lui était guère possible avec deux côtes de fêlées et une cassée. C'est Sanzo qui avait trouvé Goku pour lui annoncer que leur camarade était à l'hôpital. Il avait mentionné à mi-mot la réaction de Gojyo qui avait de toute façon la réputation d'être très protecteur avec son amant. Mais ce qui avait effrayé Goku en apprenant cette nouvelle, ce n'était pas l'état de santé manifestement très précaire de son ami, ni même les remords que pouvait éprouver un autre de ses amis. C'était l'hôpital. Car qui disait hôpital disait test sanguin. Et chacun de leur bande avait dans le sang certaines substances à un niveau qui aurait de quoi beaucoup intéresser la brigade des stup. Il sentait les yeux rouges du métis peser sur lui.
-Ils….. Ils ont fais des tests.
-Oui…
-Ah !….. Et, ça a donné quoi ?
Gojyo se leva et s'approcha du lit de son amant et de Goku. Ça a donné quoi ? Hein Goku, ça a donné quoi ? Tu veux savoir ça pour quoi, par ce que tu t'inquiète Hakkaï, ou pour autre chose, mm ? Laisse tomber Gojyo, on est tous préoccupé par l'état de santé de Hakkaï, mais n'essaie pas de me faire croire que ça ne t'inquiète pas de savoir ce qu'ils vont ou ce qu'ils ont trouvé dans son sang. Goku regarda Sanzo, trop heureux que se soit lui qui ait parlé pour ajouter quoi que se soit. Mais merde Sanzo, c'est moi qui l'ai amené ici, je savais très bien ce que ça voulait dire, mais je ne pouvait pas le laisser crever chez moi quand même ! Fait chier, tant pis pour le reste… Hakkaï eu un sourire, il s'était gardé d'intervenir dans la conversation.
-Ils n'ont encore rien dit les gars, mais vous feriez mieux de pas trop traîner dans le coin, quand ils verront toute la came que j'ai dans le sang.
Gojyo se retourna vivement vers lui. Quand son voisin lui avait ramené Hakkaï il n'avait pas su quoi faire au départ. L'hôpital leur faisait peur à tous, il est synonyme de prison pour les gens de leur milieu. Mais là, la personne qui compte le plus pour lui était en train d'agoniser sur son sofa. Il n'avait pas d'autre choix. Personne ne pouvait l'aider, l'hôpital était la seule solution. Personne ne pouvait l'aider.
Sanzo se carra sur son siège, pour sur, le brun n'avait aucune idée de ce que ses dernières paroles signifiaient pour le métis. Il devait être encore bien sonné pour ne pas se rendre compte de ce qu'il venait dire, vraiment foutu oui ! Goku lui lança un regard interrogateur et le blond lui fit signe de ne rien ajouter.
-Putain Hakkaï… t'es devenu fou ou quoi ?
-Je choisirais plutôt «ou quoi.
Il s'était redressé sur son lit, avec une grimace de douleur, certes, mais tout à fait conscient et éveillé. Ça veut dire quoi cette merde ? Simplement que je veux pas que vous vous fassiez pincer en même temps que moi. Ha ouais, vraiment…. Et tu crois que je vais te laisser ici avec ces salauds sans rien faire ? Et tu veux faire quoi ? Rester avec toi putain ! Ça va t'avancer à quoi bon sang ! Tu crois qu'ils nous laisseront faire cellule commune en prison ? Tu pense peut-être que j'aurais dû te laisser crever sur mon canapé ! Nan, mais maintenant mon sort et en d'autres mains ! Ouais d'accord, t'as raison, on est tous foutu, autant crever seul, aller bye.
Le métis sortit de la chambre d'hôpital, bousculant Goku au passage. L'adolescent se retourna vers son aîné. T'inquiète Goku, on pensait tous à ça de toute façon. Il se leva et ouvrit la fenêtre pour pouvoir fumer. En bas Gojyo sortait de l'hôpital d'un pas vif sans se retourner. Ça sentait pas bon pour les deux-là. Dis voir Hakkaï, il s'est passé quoi exactement. Le brun avait le visage fermé et répondit d'un ton plutôt froid, tu sais bien, ce qu'on redoutait tous un peu, la détermination des gens drogués et fauchés. Mm… ils t'ont pas loupé. Vous feriez mieux de partir. Tu crois ? Ch'ais pas si t'en as vraiment envie.
Goku s'était assit sur la chaise vacante de Sanzo. Il regardait autours de lui, semblant seulement réaliser qu'il était dans un hôpital. Il avait entendu des histoires horribles sur les hôpitaux, un type de son quartier avait développé une gangrène à force de se piquer et on avait dû l'amputer. Il était ressortit de l'hôpital les pieds en avant….. Le soleil faisait ressortir la pâleur moite de son visage et les cernes rouges qu'il avait sous les yeux. Dis Goku, t'as pas dormi depuis combien d'temps ? Rire pâle, tu sais bien, j'dors chez toi nan ? Nan, tu t'allonge chez moi, mais tu dors pas. Ah…. La porte s'ouvrit, laissant le passage à un médecin. Goku se recroquevilla sur sa chaise et tourna la tête de l'autre côté, il se doutait bien que Sanzo avait raison et ne voulait pas que le médecin ait le moindre soupçon. Le type était plutôt grand et plutôt jeune, les cheveux bruns aux oreilles. Il se retourna et ferma la porte. Son regard se posa sur les différentes personnes présentes dans la pièce pour s'arrêter sur Sanzo.
-Dis voir, tu sais que c'est interdit de fumer dans un hôpital ?
Sanzo se retourna vers lui, il n'aimait pas cette façon de parler trop familière pour un médecin, c'était quoi l'embrouille ? Nan, nan, continuez, ça me dérange pas ! il partit d'un grand éclat de rire et feuilleta le dossier qu'il avait amené, toujours le sourire aux lèvres. Ben dis donc ! Vous avez des analyses surprenantes ! Hakkaï déglutit, pourquoi est-ce que Sanzo et Goku étaient restés ? Le médecin prit la deuxième chaise et s'assit dessus.
-Vous savez les gars, vous êtes vraiment dans la merde !
Gojyo marchait toujours sous le soleil de plomb. Oui il l'avait amené à l'hôpital, oui c'était risqué voir suicidaire mais c'était ça ou Hakkaï rendait son dernier soupir dans ses bras ! Il s'en fichait pas mal de Goku et Sanzo, tout ce qu'il voulait c'était rester avec le brun. Il l'avait amené là-bas, il resterait avec lui. Mais la réaction de Hakkaï l'avait fichu dans une colère noire ! il comprenait vraiment rien à rien ? Le métis lâcha son mégot par terre. Il tourna à droite et se retrouva dans une ruelle dont les bâtiments étaient si proches l'un de l'autre qu'aucun rayon de soleil ne parvenait à filtrer. Il savait où il allait, c'était le coin de prédilection des dealers. Hé ! T'as quoi à me proposer ?
-Oui, dans la merde !
Il éclata de rire. Les trois amis s'étaient figés dans l'attente du pire. Les sourcils de Sanzo se rejoignaient presque au dessus de son nez. Le médecin se calma un peu et poursuivit, bon ok, parlons sérieusement, vous avez une putain de chance d'être tombé sur moi. Sanzo le dévisagea c'était quoi cette façon de parler comme un mec de la rue ? Et pourquoi doc' ? par ce que je ne vais pas vous dénoncer. En quel honneur ? Par ce que… il éclata encore de rire, par ce que vous allez pouvoir m'amener un peu de cocaïne les gars, je suis de votre côté, mais franchement, je déteste les dealers ! Il s'essuya les yeux avec un pan de sa blouse blanche. Bon, ok, on va faire comme ça, je soigne votre ami et je la ferme, je pourrais même aller jusqu'à falsifier des documents, mais en revanche, vous m'amenez trois grammes de coca par semaine le temps que ce cher monsieur devra rester ici. Sanzo écrasa sa cigarette, ça marche doc. Le médecin se tourna vers Hakkaï.
-Votre état de santé s'améliore, je vous ai mis sous morphine pour que vous ne sentiez pas la douleur… Goku tressaillit le médecin lui fit un clin d'œil, le nec plus ultra hein ? Au moins avec ça il n'aura plus besoin de se piquer pendant un moment ! Il se retourna vers Hakkaï, demain nous allons essayer de diminuer les doses mais pas de fausses blagues hein ? Bon les gars, si vous tenez à votre copain, amenez moi la coca demain, j'ai une soirée avec ma copine alors assurez sinon il se pourrait bien que ce cher monsieur Cho Hakkaï se retrouve derrière des barreaux pas dorés du tout !
Goku et Sanzo marchaient dans la rue. Ils avaient pris congé de leur ami. Tous étaient rassurés, trois grammes de cocaïne par semaine, c'était un jeu d'enfant à trouver ! Goku semblait très excité.
-Hé Sanzo, ce médecin t'as entendu c'qu'il a dit ?
-Par rapport à quoi ?
-La morphine ! Tu sais bien, on en n'a plus, et dans un hôpital il nous a carrément dit qu'il y en avait !
-Ça t'surprend vraiment ? C'est un peu normal qu'ils aient de la morphine dans un hôpital.
Le blond ne rajouta rien. Goku avait espéré que se soit lui qui amène la question dans la conversation, il ne se sentait pas d'attaque pour exposer de grandes pensées, mais il tenta tout de même. Ben, tu sais, ça peut encore nous rapporter, ça avait bien marché la première fois, et pis c'medecin voudra sûrement bien nous aider ! Sanzo ricana en prenant une cigarette dans son paquet. Tu t'fout d'moi ou quoi ? Lui c'est qu'un amateur le singe, trois gramme de cocaïne pour planer un soir avec sa copine ! Tu parle, il joue le gros dur mais il était bien content de tomber sur des camés comme nous pour lui faciliter la vie ! Et il a de la chance pensa-t-il. Il alluma sa cigarette, mais l'adolescent semblait bien décidé à ne pas lâcher le morceau. Bon, ben c'est pas grave, on peut toujours s'en procurer nous-même nan ? Sanzo le plaqua au mur. T'as pas bientôt fini avec tes saloperies d'idées à la con ??? Braquer une pharmacie une fois ok, mais voler un hôpital, t'es pas bien dans ta tête ? Goku avait les yeux écarquillés, quand Sanzo finit de parler il se mit à sangloter. Nan, tu sais bien… nan…. Sanzo regretta aussitôt son geste, il prit l'adolescent dans ses bras. C'est bon, calme-toi. Il regardait du coin de l'œil les types qui passaient dans la rue en leur adressant des regards furtifs, voir des clins d'œil. Les mâchoires du blond se crispèrent, il décolla Goku du sol et l'obligea à avancer en le tirant par la manche. Il arracha de la fumer à sa cigarette. T'en a pris beaucoup. De… de quoi ? Fais pas l'innocent, de la morphine ! Je….. Pas… pas beaucoup…. Ah ouais ? Il l'entraîna dans une ruelle, prit Goku par les bras et le regarda droit dans les yeux.
-Pourquoi ?
-Pourquoi quoi ?
-Pourquoi tu veux continuer ? Tu veux quoi ? Le fric ? Il reste plus rien, on a tout dépensé en drogue, tu veux te défoncer à la morphine, mm ? La horse te suffit plus ? Tu te rappelle d'où on vient, t'as vu ce qui est arrivé à Hakkaï, il aurait pu crever ou aller en prison, ça te suffit pas !
Sanzo tourna le dos à Goku et s'en alla laissant l'adolescent sur place. Goku se laissa glisser le long du mur à côté des poubelles. Il se tenait les bras, recroquevillé, des larmes coulant sur ses joues. Oui, il voulait continuer, oui il voulais se défoncer à la morphine et il ne voulait pas être seul comme là, il ne voulait plus se sentir aussi mal, plus jamais…
Sanzo se rendit directement à l'usine que squattait Hakkaï. Il éprouvait un peu de remords pour avoir laissé Goku comme ça, mais il fallait qu'il comprenne que ce n'était pas un jeu. Il ouvrit la porte et comme il s'y attendait, Gojyo était là, seul. En train de se fixer, la seringue encore dans le bras. Il leva les yeux et regarda Sanzo à travers le rideau rouge de ses cheveux. Tiens, tiens, qui voilà…. Pourquoi t'es partit de l'hôpital comme ça tout à l'heure ? Gojyo se renversa sur le canapé.
-T'en as vraiment aucune idée ?
-Il te reprochait pas de l'avoir amené là-bas, et sa requête était sensée.
Le métis rigola doucement et se passa une main sur les yeux. Ouais, sensée, sansas même. Tu devrais pas réagir comme ça, tu pense pas à ce qu'il peut éprouver ? Putain, bien sur que si. La lumière déclinait dans l'usine désaffectée. Sanzo sortit un sachet de la poche de sa chemise et renifla une partie du contenu, renversant la tête en arrière en s'essuyant le nez. Le médecin va rien dire. Gojyo reporta son attention sur le blond. Ah ouais ? Nan, mais en échange il veut de la cocaïne, trois grammes par semaine. Mm… il faut lui donner quand ? Demain. Ok… j'm'en occupe. Vraiment ? Ouais bien sur mec. Sanzo ne rajouta rien. Il comprenait ce que le métis voulais dire. Fais pas d'connerie. Gojyo rigola encore, nan, t'inquiète pas. Le blond se leva, il était clair que Gojyo planait vers d'autres cieux maintenant. Il sortit de l'usine sans un mot.
Arrivé près de son appart Sanzo n'avait aucune envie de rentrer maintenant. Il ne se sentait pas du tout fatigué mais plutôt nerveux. Il bifurqua dans une rue transversale, fumant la dernière cigarette de son paquet, il fumait de plus en plus maintenant, les nerfs.
Il marchait sans tenir compte des personnes qui passaient autours de lui, plongé dans ses pensées.
-Hep ! Toi, hé le blondinet !
Sanzo se retourna, le visage pas sympathique du tout. Un mec un peu plus grand que lui, squelettique s'avançait. Dis voir, tu fais quoi ce soir ? Sanzo serra les dents. Il jeta son mégot par terre, mais quand il voulu l'écraser de sa semelle, le pied du mec s'était déjà posé dessus. Il le toisait, le regard torve. Putain, qu'est-ce que tu cherche ? Oh, je tente simplement ma chance ! T'as pas peur des emmerdes toi ? Le type hocha négativement de la tête. Le blond pensa un moment à son flingue, mais il avait déjà buté un type, il fallait pas recommencer quand bon lui semblait, c'était pas très civilisé. Et puis…
Il tira le type par la manche de ses vêtements crasseux, l'emmenant dans un petite rue noire, jusqu'à un coin désert derrière les immeubles. Entre les quatre façades il y avait guère de place. Sanzo plaqua le mec contre le mur, se tenant dans son dos. C'est pas vraiment ce qu'il voulait faire au départ, pas vraiment ce qu'il avait l'habitude de faire. Il était aussi tendu qu'un ressort comprimé au maximum. Tout, n'importe quoi qui pourrait le soulager était bon pour lui. Sans un mot il prit violement le pantalon du type par la ceinture et le fit glisser le long de ses cuisses. Il était vraiment maigre, et pas propre du tout, mais c'était le cadet de ses soucis. Le mec respirait bruyamment et sans doute la violence de Sanzo le dissuadait d'ajouter quoi que se soit. Le blond se colla contre le corps de l'autre, passant ses mains sur son ventre, y sentant son membre en érection. Sans plus de préambule il défit sa ceinture, sortant son propre sexe. Il cracha dans ses mains, enduit son membre de salive et le dirigea vers le mec. Il le pénétra sans plus de considération pour lui, petit à petit, de coups de rein violents à d'autres coups de rein violents. Il le tint par les hanches, s'activant en silence, les mâchoires crispées. L'autre haletait, faisant apparemment des efforts pour étouffer ses gémissements. C'était bien, c'était ce que Sanzo voulait, qu'on le laisse se satisfaire sans qu'on vienne l'emmerder. Il sentait l'orgasme monter. Sans se préoccuper du rythme du mec il accéléra ses coups de rein. C'était un plaisir solitaire, égoïste dans lequel l'autre n'était qu'un prétexte. Ce n'était même pas vraiment bon. Mais il continua dans ce lieu sale et si peu approprié pour ce genre de chose, avec un mec qui le dégoûtait plus qu'autre chose. Il eu à peine un petit grognement lorsqu'il se déchargea en lui. Il se retira et le lâcha. Alors qu'il remettait en place son pantalon l'autre s'était à moitié affalé par terre, un sourire aux lèvres. Sur le mur Sanzo eu la déception de voir que l'autre aussi avait jouit. Le sperme coulait lentement le long du ciment. Il tourna le dos à l'autre, se passa une main dans la nuque quand le mec l'interpella.
-Hé ben, c'est bien ça que j'appelle se faire défoncer le cul !
Sanzo plongea la main dans sa poche et se retourna, l'empoignant vivement par le cou et plaquant son flingue contre sa tempe. Le mec sursauta effrayé, le pantalon encore sur les chevilles. Sanzo le regarda avec dégoût. T'as quoi sur toi, t'as de la drogue, du fric, des clopes ? Le mec grimaçait, gémissait. Nan.. Si…. Je, tu veux quoi, j't'en prie me flingue pas ! J't'avais dis que c'était dangereux ce que tu fais, si tu veux te faire défoncer l'cul vaux mieux pas se le faire faire par n'importe qui, alors ? Sanzo criait maintenant. J'ai, j'ai… il fouilla dans sa chemise, se plia péniblement pour atteindre les poches de son pantalon. De ses mains tremblantes il tendit à Sanzo un paquet de cigarettes à moitié vide, deux sachets de blanche et quelques billets. Sanzo s'en empara et se releva. Il contempla le type par terre. Il avait eu si peur qu'il s'était pissé dessus. Le blond préféra s'en aller avant d'éprouver de la pitié pour ce déchet. Après tout, ils en étaient tous au même point, et puis merde, où était Goku maintenant ? Il s'alluma une cigarette, pas de ses préférées, mais c'était mieux que rien.
Goku passa la nuit dehors. Il était resté là où l'avait laissé Sanzo, serré contre les poubelles, des vieux papiers journaux en guise d'oreiller et de ouverture. Il fut réveillé par des mecs qui l'avaient repéré et qui commençaient à l'embêter. Ils lui donnaient des coups en rigolant. Goku sursauta, les regarda, le visage effrayé. Les types parlaient, mais l'adolescent n'arrivait pas à comprendre ce qu'ils disaient, il était complètement dans un autre monde. Il se releva à moitié et fila entre les types qui continuèrent à rigoler en le voyant partir. Goku n'avait qu'une seule idée en tête et ses pas le menèrent instinctivement là où il voulait aller. Le grand bâtiment à demi délabré de l'hôpital se dressait devant lui. Il ne voulait pas rendre visite à Hakkaï au départ, mais il le fit. Et puis, ça lui ferait quand même du bien de parler un peu avec le brun.
Quand il entra dans la chambre Hakkaï ne fut pas surpris de la mine affreuse qu'avait l'adolescent. Il était dans cette voie là depuis quelques temps, nan, ce qui inquiéta Hakkaï c'était le fait de voir Goku sans Sanzo.
-Salut Goku !
-S… salut Hakkaï… ça va ?
-Assied-toi, tu paraît plutôt mal en point.
Goku se renfrogna un peu, qu'est-ce qu'ils avaient tous à lui répéter ça ? Ils croyaient peut-être qu'ils avaient bonne mine eux avec toute la came qu'ils se prenaient ! Il se laissa tomber sur une chaise, les mains dans les poches, ouais, je crois qu'on me l'a déjà dit… Où est Sanzo ? Chais pas… la colère du blond hier était encore douloureuse pour Goku, il préférait éviter des questions là-dessus. Hakkaï se redressa un peu, ça allait être difficile de mettre Goku en confiance pour avoir une conversation. Ces derniers temps il était tout le temps sur la défensive, évasif, perturbé. Le brun ne put réprimer un petit gémissement de souffrance en se tenant les côtes. Goku se releva à moitié, ça va aller ? Ouais, merci… ben dis donc ils m'ont bien dérouillés ! Oui, t'as eu du pot de t'en sortir. On a tous un ange gardien quelque par, tu pense pas Goku ? L'adolescent pensa immédiatement à Sanzo, je vois pas vraiment ce que tu veux dire. Bah, c'est pas grave, ce qui est important c'est qu'on puisse compter les un sur les autres. Goku hésita, le brun avait toujours été comme une sorte de grand frère bienveillant. Ils avaient tous leur place dans le groupe, un certain équilibre s'était formé entre eux. Gojyo, c'était le mec à aller voir pour s'amuser, Sanzo le type qui n'a pas froid aux yeux, Hakkaï était réglo, quant à lui, Goku… il ne savait plus vraiment. Le p'tit jeune ? Il lui semblait plutôt que tout se désagrégeait, qu'il n'avait plus de place. Mais il avait confiance en Hakkaï, alors il commença. Tu sais, Sanzo, il m'a engueulé hier, il disait que j'en avais rien à foutre de ce qui t'était arrivé, que tout ce que je voulais, c'était me défoncer encore et encore, mais c'est faux Hakkaï, j'veux pas que vous vous fassiez buter, j'veux pas qu'il vous arrive du mal ! Hakkaï le regarda, un sourire doux aux lèvres, ne t'inquiète pas Goku, Sanzo t'aime vraiment, il est juste à cran. Il l'est à peu près toujours d'ailleurs, mais là il est sur le point d'exploser. Il faut juste qu'il se défoule un peu. Je ne dis pas qu'il a eu raison de t'engueuler comme ça, mais tu sais Goku, tu nous inquiète tous en ce moment, tu parait filer un putain de mauvais coton ! Goku se raidit un peu, ah ouais. Ben vous avez tors, regardez-vous dans une glace et vous verrez que j'ai rien à vous envier. Hakkaï soupira, tu sais t'as sûrement raison. Bon, je dois y aller. C'est gentil d'être passé me voir, bonne journée, et fais gaffe à toi ! L'adolescent lui adressa un vague signe le main en sortant.
Dans le couloir Goku se faufila en rasant les murs. Il erra un moment dans les méandres de ce bâtiment, rencontrant peu de personnes, c'était surtout le service des urgence qu'était occupé dans ce coin là de la ville. Après avoir passé un long moment à rôder ainsi, il trouva enfin ce qu'il cherchait. Derrière une porte, une petite pièce, réserve de médoc et autres substances pour les opérations. Il eu du mal à focaliser sa vision pour lire toutes les étiquettes, et il y'en avait tellement ! Il paniqua se disant qu'il allait devoir passer des heures ici avant de trouver ce qu'il cherchait, qu'il allait se faire choper. Mais après quelques minutes d'investigation, il les trouva, les flacons de morphine. Un faible sourire éclaira son visage moite de sueur. Il fourra cinq flacons dans ses poches, il pourrait toujours revenir. Mais là, quelque chose n'allait pas, il se sentait mal, très mal. Il jeta un coup d'œil dans le couloir, il était désert. Alors Goku se servit, il pris un garrot qu'était là, une seringue. Pas besoin de cuillère pour cette opération. Il se piqua, savourant lentement cette sensation un peu douloureuse, et s'injecta l'analgésique. Ceci fait, il jeta la seringue dans la poubelle et guetta encore un fois si quelqu'un était dans le couloir. Il laissa passer deux infirmiers et un groupe de visiteurs, puis se rua dehors. Il fit des efforts pour ne pas se mettre à courir, ça aurait été trop suspect. Dans le hall, l'hôtesse le regarda bizarrement mais il l'ignora et poursuivit son chemin. Il vit Gojyo arriver au loin, il prit alors sur sa gauche afin de ne pas être vu par lui. Il ne voulait pas qu'on le soupçonne encore. La morphine lui montait au cerveau, c'était délicieux. Mais à ce moment là, de fortes nausées l'assaillirent. Il eu juste le temps de se retourner pour vomir dans un buisson. Une infirmière qui était sorti pour fumer se précipita vers lui.
-Hé, tu vas bien ?
Goku se redressa péniblement, étouffant encore un hoquet, il balbutia une réponse à demi formulée avant de s'en aller sous le regard de l'infirmière en se tenant le ventre. Il n'avait rien avalé depuis un moment, il n'avait rien à vomir, pourtant c'était ce qu'il venait de faire. De violentes crampes d'estomac le pliaient en deux. Il se dirigea vers son pseudo appartement. Le type avec qui il était censé habiter était un camé casanier, il se perchait dans son coin sans rien demander à personne, si Goku y allait ça le dérangerait pas….
Gojyo maudit les hôpitaux d'être non fumeur. Il finit sa clope et entra d'un pas réticent à l'intérieur. Il frappa à la porte et attendit que la voix étouffée de son amant lui réponde avant de l'ouvrir. Hakkaï sentit son cœur faire un bond quand le métis entra. Il avait eu du mal à supporter leur dispute d'hier, et surtout, il lui manquait. Voilà plusieurs mois qu'ils étaient ensemble tous les jours, être ainsi séparé de lui était une vraie torture !
-Hé !
-Hé. Salut.
Gojyo jeta un petit kepa sur la table de nuit. C'est pour quoi, c'est la coca ? Ouais, et de la bonne, pas coupée avec de la merde. J'voudrais pas qu'il claque ce toubib, il a entre ses mains quelque chose qui m'est plutôt précieux. Hakkaï leva les yeux du petit sachet et les plongea dans ceux de Gojyo. Il était en train de sourire. Je veux plus t'entendre dire quoi que se soit là-dessus, ça s'arrange, personne n'est mort, alors passons l'éponge. Le brun sourit à son tour. Tu m'as manqué. Toi aussi. Gojyo prit une chaise et l'approcha du lit. Il s'y assit en croisant un bras derrière sa tête, regardant Hakkaï du coin de l'œil, le sourire aux lèvres, il lui prit la main. Il bascula la tête en arrière, fermant les yeux et murmura presque que pour lui, ne me fais plus jamais peur comme ça, espèce de connard.
O.D. : pour les non initiés, overdose
Percher : planer, tripper, être sous l'effet de la drogue
Kepa : petit sachet de drogue destinés au commerce (je l'ai mit par ce qu'il me faisait penser à Kappa…. Désespérante moi ? Jamais !)
