La réaction du plus âgé fut un copié-collé de celle des News. Même air figé, même yeux écarquillés, même bouche entrouverte sur un "oh !" silencieux". Il y eut un court silence... puis l'explosion.

- TU TE FOUS DE MA GUEULE, NISHIKIDO ?! YA ECRIT DEBILE SUR MON FRONT ?!

- Non non, je te jure que c'est vrai ! fit-il en levant les mains en signe de paix.

- Tu m'as persécuté toute ces années POUR CA ?!

- Mais comment je pouvais savoir que c'était pas bizarre ? J'étais seul dans mon cas, après avoir été attiré que par des femmes... et toi, tu te pointes, et ça me bousille tout... Mais je ne dis pas ça pour dire que tu ressembles à une femme, ce n'est pas vrai. T'es un mec, et c'est ta putain de virilité qui m'a chamboulé...

- Cette fois, je sais que tu te fous de moi ! Et cet insupportable "hime", il sort d'où si tu pense vraiment ça ?!

- Comme je te l'ai dis, c'était pour me protéger. Je l'ai sorti parce que les fans disent que tu as quelque chose de féminin...

- Elles ont bon dos, les fans ! Bordel, Nishikido, après tout ce temps, comment tu veux que je te crois ne serait-ce qu'une minute ?!

- Demande-moi de te le prouver.

Le plus âgé s'approcha et son regard chocolat s'encra dans celui de son cadet, suspicieux.

- Qu'est ce que tu mijote de pas net encore ?

- Rien. Vraiment. Je ne sais pas ce que je dois faire pour te prouver que je suis sérieux. Demande-moi ce que tu veux.

- Non. Démerde-toi.

- Bon... fit-il en se laissant tomber à genoux sur le sol avant de s'incliner. D'abord, je tiens à m'excuser pour tout ça. Tu n'as pas mérité tout ce que j'ai pu te faire.

Stupéfait car il s'attendait à tout sauf à ça, Tatsuya le suivit du regard.

- C'est un début... fit-il, conscient que les personnes ayant vu Nishikido Ryo s'agenouiller devant elles devaient être très rares, voire inexistantes.

Mais les choses ne pouvaient pas se régler comme ça. Il pinça les lèvres.

- Ensuite... continua Ryo en se redressant lentement, sans toutefois se lever, je vais faire des efforts à ton sujet. Je vais arrêter de te chercher des noises tout le temps, et te respecter comme tu le mérites.

- Ca fait cinq ans, Nishikido. Il serait plus que temps.

- Je suis vraiment désolé... et je vais tout faire pour que tu me croies sur la raison de mon comportement avec toi. Par contre, je ne sais vraiment plus où j'en suis avec mes sentiments...

Ne sachant quoi répondre, Ueda s'approcha encore et s'accroupit pour se mettre à sa hauteur, puisque son interlocuteur visiblement décidé à faire amende honorable, ne s'était pas redressé, le fixant en face comme s'il cherchait à évaluer quel risque il prenait en le croyant. Le cadet plongea alors en lui un regard qu'il n'avait jamais vu dans ces yeux. Là, Ryo était respectueux, et profondément désolé pour tout ce qu'il lui avait fait. Et, au fond, au plus profond de ses yeux noirs, une mince lueur d'amour brillait encore, inconnue de son possesseur. Il allait encore se faire avoir, il en était certain. Nishikido le menait en bateau, c'était une évidence pour son esprit. Il le regretterait encore sévèrement quand il se rendrait compte que tout ça n'était qu'une habile comédie servie par un acteur de talent. Et pourtant, au fond de lui, il avait envie de croire, il voulait que tout ça finisse. Il voulait que cette peur continuelle qui lui fouillait les entrailles chaque matin en allant à la Jimusho s'évanouisse enfin. Il voulait vivre en paix.

- Admettons... fit-il doucement.

- Sûr ? demanda prudemment le cadet. Je comprendrai que tu ne veuilles pas me croire mais...

- On va dire que vu les circonstances, je te laisse le bénéfice du doute... Je ne devrais probablement pas... Mais aussi surprenant que ça paraisse venant d'un type aussi arrogant, froid, orgeuilleux et imbu de lui-même, tu semble sincère, dit Ueda en insistant sur le verbe "sembler".

- Merci, Tat-chan...

- Je t'ai pas autorisé à te montrer si familier, Nishikido, le coupa Tatusya, d'un ton à congeler un ours polaire. Te laisser le bénéfice du doute veut pas dire te pardonner.

- D'accord. J'en resterai à Ueda alors.

- Bien. Si tu n'as rien d'autre à ajouter...

- Si, juste une dernière chose... Sors avec Keii-chan.

- Pardon ?!

- Il est amoureux de toi, ça se voit comme le nez au milieu du visage.

- Et en quoi ça te concerne ? demanda Tatsuya, acide.

- Parce que c'est mon ami, qu'il t'aime et que je voudrais pas qu'il passe à côté du bonheur parce que je sais pas moi-même où j'en suis.

- Drôle de discours venant de quelqu'un qui prétend "avoir eu le coup de foudre" pour moi, fit observer l'aîné.

Du reste il était certain que cette partie de l'histoire au moins était fausse. Il n'y avait pas la moindre raison pour que ça se soit produit.

- Il n'attend que ça, c'est évident. Donc autant que ceux qui savent ce qu'ils ressentent en profitent. Et je sais que Keii est toujours gentil avec les personnes qu'il aime.

Le plus âgé tourna alors la tête vers Koyama, resté silencieux et à qui il n'avait plus adressé un mot depuis le début de son échange avec Nishikido.

- Tu... veux de moi, Keii ? demanda-t-il du ton doux qu'il n'utilisait qu'avec lui.

- Toujours.

Un petit sourire étira les lèvres pleines de l'aîné.

- Alors... garde-moi...

Keiichiro s'avança vers lui et l'entoura de ses bras pour le serrer contre lui.

- Avec plaisir.

Cette sensation de chaleur réconfortante, de sécurité apaisante que seul Keiichiro savait lui apporter, il s'y blottissait avec bonheur. S'il n'aimait pas encore Koyama, grâce à sa douceur, sa gentillesse, sa compréhension et son amour, il en prenait certainement le chemin, étant donné la façon dont les papillons s'étaient remis à voltiger dans son ventre.

- Je t'aimerai toujours, Tatsu, lui murmura-t-il à l'oreille.

- Redis-le encore, demanda Ueda. C'est si bon de l'entendre, que je ne m'en lasserais jamais...

- Je t'aime, je t'aime, je t'aime, je t'aime...

Un sourire tendre naquit sur les lèvres du plus âgé qui, oubliant totalement la présence de son (ancien ?) ennemi, passa les bras autour de la taille de son cadet, le serrant contre lui. En réponse, Keiichiro glissa son nez dans son cou, le coeur battant rien que de le sentir contre lui, et résistant à ne pas l'embrasser en présence de Ryo. S'attendant à un baiser dont, malgré tout, il était en manque et ne le sentant pas venir, regarda son désormais petit ami, interrogateur.

- Ah, désolé... je pensais que tu ne voudrais pas que je t'embrasse en sa présence...

- Je m'en fiche de lui... répondit Tatsuya sans se douter du mal qu'il faisait au fameux « lui ».

Koyama lui sourit alors, avant de se pencher vers lui pour poser ses lèvres sur les siennes, délicatement, tout en passant une main derrière sa nuque. Ayant manqué de ce contact aussi doux qu'agréable, le coeur de Tatsuya se mit à battre la chamade comme il appuyait davantage ses lèvres sur celles de son cadet, qui les pinça doucement, tendrement, entre les siennes, avant de passer sa pointe de sa langue sur elles, emporté dans son amour et son envie de l'embrasser. C'était la première fois que le plus jeune faisait ça et, Tatsuya frissonna, mais ne le repoussa pas. Son coeur meurtri aspirait à la tendresse que Keiichiro ne demandait qu'à lui témoigner. Encouragé par le manque de refus, celui-ci glissa alors sa chair entre les deux cloisons de l'aîné, toujours tendrement, et, avec douceur, la pressa contre la sienne. Le contact inattendu fit vaguement sursauter le KAT-TUN et il faillit reculer tant la sensation était étrange, puis il se laissa faire et, finalement, une sorte de décharge électrique le parcourit. Keiichiro caressa alors doucement sa langue de la sienne, sur toute sa longueur, en définit les limites, avant de s'enrouler autour d'elle. Totalement inexpérimenté, Tatsuya ne sut pas quoi faire devant cette recrudescence de contacts et le laissa faire passivement, cherchant à comprendre le sens de ce ballet bucal. Sans se défaire de lui, sa deuxième main se posant sur sa joue, le plus grand continua son doux manège, essaiyant de lui faire découvrir des sensations différentes en mordillant légèrement sa lèvre de temps en temps. Comprenant qu'il était sencé réagir, le KAT-TUN tenta maladroitement de répondre au baiser, effleurant sa langue de la sienne à plusieurs reprises. Après plusieurs longues minutes, Keiichiro se détacha finalement de lui et posa son front contre le sien, lui caressant toujours la joue d'une main, en souriant.

- Je t'aime...

Un sourire ponctua cette nouvelle déclaration.

- Je ne suis pas très doué en baiser, souffla-t-il si bas que seul Keiichiro put l'entendre.

- Ce n'est pas grave. Je suis heureux d'avoir tout à t'apprendre.

- Merci, Keii...

- Je t'ai déjà dit de ne pas me remercier.

- Gomen...

- Ne t'excuse pas non plus. Ce que je veux, tu sais ce que c'est. Mais j'attendrai.

- Go...

Il s'interrompit alors qu'il allait s'excuser une nouvelle fois, faisant rire Koyama.

- Allez viens, les autres nous attendent.

Le KAT-TUN hocha la tête et ils remontèrent jusqu'à la loge devenue commune.

Pendant les semaines qui suivirent, les deux nouveaux tourtereaux profitèrent de la moindre minute de repos pour se retrouver, parler et rire ensemble. Sans cesse, le News avait de touchantes attentions pour son compagnon, lui apportant à boire, une serviette pour s'essuyer après l'effort, lui demandant comment il se sentait, s'assurant qu'il était bien couvert quand il sortait… Pour Tatsuya, si longtemps privé de la moindre parcelle d'intérêt, ces quelques gestes, ces quelques mots, avaient une signification très forte et profonde et il s'y laissait couler comme dans un bain bienfaisant. C'est cet ensemble de choses, qui finit par le faire sincèrement tomber amoureux de son cadet. Le jour où il prit son courage à deux mains pour le lui avouer, resta gravé dans leur mémoire à tous les deux, comme le jour le plus heureux et le plus embarrassant de leur vie en même temps. Pourtant, malgré ce bonheur, malgré ces jours paisibles qui n'étaient plus perturbés par ses disputes avec Nishikido, ce qui avait réussi à rendre réciproques les sentiments de Keiichiro, fut aussi ce qui causa la fin prématurée du couple tout neuf.

Cette nuit-là, Tatsuya n'avait pas fermé l'œil, car ce problème l'en avait empêché. Il avait tourné et retourné la situation dans tous les sens en cherchant comment éviter de tout briser, mais la solution miracle ne s'était pas présentée, aussi, quand il arriva à l'agence, il n'était pas des plus joyeux. Préoccupé, il se contenta de saluer distraitement les membres de son groupe, puis déclara qu'il avait quelque chose à faire et ressortit tout de suite après avoir posé ses affaires dans son casier. Il se dirigea ensuite vers la loge des News, à la porte de laquelle il frappa, avant d'entrer.

- Salut, le salua Pi, avant d'ajouter en riant : C'est un peu tôt pour les effusions amoureuses nan ?

- Je… Keii, je peux te parler ?

Etonné de cette entrée en matière et de l'air embarrassé de son petit ami, l'aîné des News sortit dans le couloir avec lui, puis sourit et se pencha pour l'embrasser comme il en avait désormais l'habitude. Mais Tatsuya le repoussa doucement, ce qui l'alarma.

- Tatsu ? Qu'est ce qui se passe ?

- Je… J'aimerais que tu m'écoute sans m'interrompre, s'il te plait, sinon je n'y arriverais jamais.

- Heu… D'accord.

Ueda hocha la tête, puis se lança :

- Keii, je… Tu sais que je t'aime. Tu m'as apporté ce que personne avant toi ne m'avait apporté et que je n'aurais jamais imaginé recevoir. Mais, je… c'est trop.

- Comment ç… Pardon, je me taits.

- C'est trop. Trop d'attentions, trop de gentillesse, trop d'amour, trop de… tout. Ca… Ca m'étouffe. Je me sens prisonnier de ton amour au lieu d'en profiter et je… je ne le supporte plus.

- Mais Tatsu…

- Je… Je t'aime, mais il vaut mieux… qu'on en reste là.

- Non, Tatsu, je ne veux pas te laisser. Je peux changer, je peux arrêter, je peux…

- Non, Keii, tu ne pourras pas. C'est trop profondément encré en toi. Tu arrêteras peut-être quelques jours, quelques semaines, et puis tout recommencera et… je ne veux pas. Je suis désolé. Je sais que je te fais souffrir et je me déteste pour ça, mais… je ne peux pas. Je ne peux plus. Pardon.

Sur ces mots, incapable de faire face à la douleur qui avait certainement élu domicile dans les yeux de son désormais ex petit ami, Ueda s'enfuit en courant. Il ne repassa même pas à la loge, il courrut hors de l'agence, se moquant de la pluie qui tombait à seaux et le trempait et s'engouffra dans la salle de sports où il pratiquait la boxe. Là, il se mit à frapper à mains nues dans un sac de sable pour évacuer son horreur de lui-même et sa tristesse.

De son côté, Koyama abandonné, avait fini par retourner avec son groupe, auquel il résuma ce qui venait de se passer. Le souvenir d'une rupture aussi brutale qu'elle était totalement imprévisible et qu'il n'avait pas eu la moindre chance d'arranger les choses, le fit craquer et des larmes se mirent à rouler sur ses joues. Voir dans cet état leur « mère-poule » retourna ses amis, qui s'empressèrent de l'entourer pour le consoler.

Ce ne fut que deux heures plus tard, que Ueda revint à la salle. Son air défait, ainsi que les traces de larmes encore visibles sur ses joues pâles, empêchèrent Kame de lui hurler dessus pour son absence soudaine. Inquiets, tous cinq l'entourèrent pour essayer d'apprendre ce qui avait bien pu mettre leur Tat-chan dans cet état. L'explication les désola. Maru tenta de plaider la cause de Koyama comme l'interessé avait tenté de le faire, mais peine perdue, leur aîné était butté. Surtout que le concerné se trouvait dans la même pièce, avec son groupe.

Le lendemain, après une nouvelle nuit sans sommeil, le U de KAT-TUN qui n'avait même plus le courage de faire semblant de sourire, s'apprêtait à entrer dans la loge temporairement commune, lorsqu'il remarqua Ryo qui semblait attendre quelque chose ou quelqu'un, appuyé au mur. En le voyant, il quitta son poste, se dirigea vers lui et son ex victime ne put réprimer un mouvement de recul instinctif, que le News feignit de ne pas remarquer.

- Yo, Ueda. Je peux te parler ?

- J'ai pas envie de parler, Nishikido, je veux juste qu'on me laisse tranquille.

- Attends, te braque pas. Je te veux pas de mal, je voulais te proposer de sortir un peu ce soir vu que t'as pas le moral.

- Pardon ?!

- Bah ça te changerait les idées, même si c'est avec moi.

S'attendant à tout sauf à ça, l'aîné des deux ne répondit tout d'abord pas, puis hocha simplement la tête.

- Cool, commenta Ryo qui ne s'attendait pas à avoir gain de cause si facilement. Alors on s'attend au paking après les répètes, OK ?

- D'accord, acquiesça simplement Tatsuya, avant de passer la porte en sa compagnie.

Pour Ryo, le reste de la journée fut interminable tant il lui tardait de voir Tatsuya seul à seul, mais, contrairement à son habitude, un sourire un peu bête avait élu domicile sur ses lèvres, et même les quelques pitreries de KoyaShige n'arrivèrent pas à l'agacer. Le soir-même, à la fin des répétitions, il descendit dans le parking et attendit près de sa voiture que son aîné arrive.

La perspective de ne pas passer la soirée seul avait empeché Tatsuya de sombrer dans ses idées noires et il s'y était accroché comme à une bouée pendant toute la journée afin de rester attenfif. Ce qui lui aurait paru risible peu de temps auparavant, dans la mesure où c'était Nishikido Ryo, son ancien ennemi, qui se retrouvait dans ce rôle de sauveteur, alors qu'il fuyait même le regard de celui qu'il aimait. Ce fut donc avec une relative impatience, que Ueda récupéra ses affaires et descendit le retrouver.

En le voyant arriver, le cadet sortit de sa voiture et lui fit signe.

- Hé, Ueda !

Ainsi interpellé, le KAT-TUN sapprocha du véhicule.

- Etant donné les circonstances, tu peux mappeller Tatsuya, fit-il d'une voix morne.

- He ? Sérieux ? D'accord, comme tu veux. Tu peux m'appeler Ryo alors.

L'aîné hocha la tête, puis ouvrit la portière du côté passager, pour se glisser souplement sur le siège.

- Je t'emmène dans un bar que je connais bien, pas trop loin d'ici, dit le cadet en démarrant.

- Très bien, ca me va, fit Ueda d'un ton las. On risque pas d'être reconnus ?

- Il y a des salles privées, donc ça ira. Mais t'as pas l'air bien enchanté... Tu veux faire autre chose ?

- Non non, ça me va. Je t'assure, fit le plus âgé dans une ombre de sourire.

- D'accord, on y va alors.

Il fit sortir la voiture du parking et les dirigea vers l'établissement.

- Je préfère te prévenir que je tiens assez mal l'alcool.

- T'es pas obligé d'en prendre. Y'a des cocktails non alcoolisés aussi.

- J'ai besoin de m'étourdir, répliqua Ueda sans le regarder.

- T'es sûr que ça va aller ?

- Hum... fit l'aîné, pensif.

Pas vraiment convaincu, Ryo profita d'un feu rouge pour déposer un bref baiser au coin des lèvres de son aîné avant de lui ébouriffer les cheveux.

Surprit, Tatsuya sursauta, vira au cramoisi et le fixa.

- Pourquoi ? murmura-t-il.

- Pour te détendre. Je sais pas à quoi tu pensais, mais ça devait pas être bien joyeux...

- A Keii... Je men veux de l'avoir abandonné...

- Il devait pas être fait pour toi, même si vous avez passé de bons moments tous les deux. Et puis, dis-toi que tout ce qui rate dans la vie est forcément au profit d'une autre chose.

- Oui, sûrement...

- Mais si. Ah tiens, je vais te raconter un truc. Avant, j'habitais à Sapporo et parmi les collèges que j'avais demandé, mon premier choix n'a pas été retenu. J'étais très déçu, mais à cause de ça, nous avons déménagé à Osaka, et c'est comme ça que j'ai été pris dans la Jimusho.

- Ah oui ? Sérieusement ? C'était un heureux concours de circonstances alors.

- Oui. Et il y en a plus souvent que tu ne le penses. Si notre groupe n'avait pas été mis en pause, Tegomass n'aurait pas débuté, Pi en solo non plus.

- Et tu n'aurais pas été autant avec les Kanjani.

- Aussi, oui. Donc désespère pas. Et pour Keii-chan, je le connais. Ça va lui miner le moral pendant quelques temps et après il ira mieux.

- J'espère que tu as raison. Mais tu le connais mieux que moi.

- Shige est là de toute façon, il le soutiendra.

- Alors ca va. Je m'inquiétais pour lui.

- C'est normal, tu l'aimes.

- Oui, je l'aime. Cest pour ca que j'ai si mal.

Il y eut un silence, puis la voix de Ryo s'éleva de nouveau, incertaine cette fois.

- Tu penses que je pourrais... le remplacer un jour ?

- He ? fit l'aîné, abasourdi.

- Je sais, c'est nul de demander ça... Y'a aucune chance pour que tu m'aimes...

- C'est... pas ca... Mais je t'ai jamais vu de cette façon et... on s'est séparés qu'hier, donc j'aime toujours Keii.

- Je sais. Mais j'aime pas te voir malheureux... Enfin bon, c'est toi qui vois...

- Merci... fit l'aîné, touché malgré lui bien qu'il n'arrive toujours pas à savoir dans quelle mesure il pouvait le croire.

Ryo lui répondit par un petit sourire puis se concentra sur la route. Au bout d'un moment, il gara la voiture sur le côté, retira la clef et se détacha.

- On est arrivés.

.

Sans rien dire, Ueda quitta le véhicule et suivit son cadet, pensif. La question de Nishikido lui trottait dans la tete. Ryo pourrait-il remplacer Keiichiro, tout en lui donnant ce qu'il cherchait ? Il n'avait aucune réponse pour le moment et aucune envie d'y penser.

Le cadet alla jusqu'au comptoir, où il se présenta, et un serveur les guida vers une salle à l'écart avant de prendre leurs commandes.

- Hum... Comme d'habitude pour moi. Tatsuya ?

- N'importe quoi de fort.

- Ano... Tu as l'intention de te bourrer la gueule ?

- Ca te pose un problème ?

- Ben... Dans la mesure où t'es avec moi, un peu. Qu'est-ce que je vais faire de toi si t'es bourré ?

- Bah je dormirais à l'hôtel. Commence pas à faire comme Keii.

- Bon bon, comme tu veux. Si t'as la gueule de bois demain, faudra pas te plaindre.

- Je ne me plains jamais et j'ai pas besoin d'un donneur de lecons, Ryo, rétorqua Tatsuya en l'appelant par son prénom pour la première fois.

- Hé calme, temporisa le News en levant les mains en signe de paix. Fais ce que tu veux, ne ?

Il avait réagi comme si Ryo l'avait agressé. Comme avant. Finalement, il n'avait pas autant dépassé ca qu'il le pensait.

- Désolé.

- C'est bon, je peux comprendre que tu sois agacé d'être toujours traité comme ça. C'est juste que je le pensais pas.

- Je sais. Désolé, s'excusa-t-il pour la seconde fois en une minute.

- T'excuse pas, vas, lui sourit-il en ébouriffant ses cheveux.

- Oi, laisse mes cheveux, Ryo ! protesta l'aîné de la facon exacte dont ce dernier avait réagi plus tôt quand Yamapi avait fait de même.

- Mais c'est un geste affectueux... sourit-il en enlevant sa main. Tu sais, faut pas croire que je suis tout le temps en train de te martyriser ou je ne sais quoi.

- J'ai pas dis ça. Je sais que tu le fais plus, fit Ueda, avant d'avaler d'un trait le contenu de son verre.

- Bon, tant mieux alors.

Et le cadet avala la moitié de son verre avant de le reposer et de regarder tendrement son aîné. Aîné qui commanda un second verre.

- T'aurais peut-être préféré passer la soirée avec Yamashita...

- Non, ça va. On avait rien prévu. D'habitude, on sort le samedi soir, donc c'est bon. Et puis, je suis ravi que tu aie accepté de sortir, finit-il en souriant.

- Je voudrais pas te donner de faux espoirs... dit encore Tatsuya en liquidant son deuxième verre.

- On verra bien avec le temps. Tu me supporteras, peut-être pas, rétorqua Ryo avant de terminer sa boisson.

Une heure et demi plus tard et quelques verres de plus, ce fut un Tatsuya ivre et déshinibé, qui se mit à lui faire des avances grosses comme une maison. Mal à l'aise, le News, qui n'avait bu que deux verres justement pour le surveiller, tentait de gérer la situation, ce qui n'était pas facile.

- Allez, assieds-toi, tu vas tomber... Tatsuya, qu'est-ce que tu fais ? Oi !

Mais le plus agé, qui n'était plus maître de ses actes, avait passé les mains sous le t-shirt de son cadet et cherchait ses lèvres à tâtons.

- Mais arrête ! Je te veux pas bourré, moi ! protesta "l'agressé" en essayant de le repousser.

- Bouh, tu m'aime paaaas... geignit Ueda. J'croyais que j'te plaisaiiiiiis...

- Ben oui mais pas bourré... Parce que là, tu sais pas ce que tu fais ni ce que tu dis.

- Embrasse-moi, Ryo...

- He ? Mais…

- T'en meurs d'envie, nan ?

- Oui mais...

- Alors embrasse-moi, pria encore le KAT-TUN en lui tendant ses lèvres.

Bien incapable de lui resister plus longtemps, le cadet fondit sur sa bouche pour l'embrasser voracement, ses bras l'entourant pour le serrer contre lui. Sentant la passion du plus jeune dans ce baiser, Ueda y répondit avec autant de fougue malgré son manque d'expérience. Redoublant d'ardeur dans son baiser, le cadet se mit à dévorer la bouche de Tatsuya avec tout l'amour qui brûlait en lui à cet instant, leurs torses se touchant.

Comme avec Keiichiro, l'ardeur du baiser finit par tirer au plus âgé un léger gémissement. Son qui n'échappa pas à Ryo, qui sépara leurs lèvres, non sans mal. Un grognement de frustration échappa alors à Tatsuya.

- Arrête... Je veux pas qu'on couche ensemble alors que tu m'aimes pas.

- Hum... fit Tatsuya, trop ivre pour protester.

- Et puis je suis sûr que tu te souviendras pas même pas de ce baiser alors autre chose...

- Pourquoiiiiii ? fit plaintivement le KAT-TUN.

- Parce que t'es bourré ! J'ai pris assez de cuites pour le savoir.

Mais le KAT-TUN ne répondit pas, car il s'était profondément endormi en quelques secondes.

- Bon... Qu'est-ce que je vais faire de toi maintenant ? souffla Ryo en le prenant contre lui quand il l'eut remarqué. Tu me facilite pas la tâche, tu sais, baka…

Après quelques minutes, il se leva, laissa le prix des consommations sur la table, puis le pris dans ses bras pour le porter jusqu'à sa voiture. Là, il démarra et partit vers son appartement où il coucha Tatsuya dans son lit, avant de s'y glisser, faute de chambre d'amis.

Se sentant allongé a côté d'une présence, Tatsuya se retourna et, dans son sommeil, enlaca son hôte forcé en se serrant contre lui.

- Keii... murmura-t-il.

Ryo eut un sourire triste en le regardant et se contenta de caresser ses cheveux avant de se laisser porter par le sommeil en le serrant contre lui.

Lorsque Tatsuya ouvrit les yeux le lendemain matin, ce fut avec un épouvantable mal de tête qui le fit grimacer. Il voulut se redresser avec précaution, mais en fut incapable, car un bras le serrait contre un corps chaud. Un bras ? Un corps chaud ? Keii ? Il tourna alors la tête et, découvrit avec stupeur le visage endormi de Nishikido. Il se redressa brusquement, perturbé. Le mouvement tira le cadet du sommeil, et il se redressa en se frottant les yeux.

- Il est quelle heure? marmonna-t-il.

- J'en sais rien, fit Ueda dune voix blanche. Qu'est ce qu'on fait dans le meme lit ?

- Hier soir, t'étais trop bourré pour aller à l'hôtel. J'allais pas te laisser comme ça et j'ai pas de chambre d'ami. Heureusement que j'avais un lit double, ne ?

- Est ce qu'on a... ? s'inquiéta Tatsuya.

- Tu m'as fais des avances, embrassé, mais non, on a pas couché ensemble. La preuve, t'es encore habillé.

- J'ai fais quoi ? Oh la honte... fit-il, affreusement gené. Je suis désolé. Ne men veux pas, d'accord ?

- Je t'en veux pas, j'aurais dû être plus ferme aussi... Enfin bref, tu veux de l'aspirine peut-être? Vu ce que t'as bu hier, tu dois avoir mal au crâne.

- Oui, merci. J'avais dis que je ne me plaindrais pas, mais ça cogne.

- Ah ouais, ça je peux comprendre, sourit le propriétaire des lieux en se dirigeant, en boxer, vers l'armoire à pharmacie. T'aurais dû te voir hier, sérieux. Je pensais pas que tu boirais autant.

- Je bois jamais autant d'habitude. Même quand je sors avec les autres. J'ai pas du te donner une bonne image de moi.

- Pas terrible, c'est clair, rigola le Kanjani en revenant avec un cachet et un verre d'eau. Tiens.

- Vraiment désolé, fit l'aîné en prenant l'un et l'autre en le remerciant d'un signe de tête. Me conduire comme ça est pas dans mes habitudes.

- Je me doute, fit Ryo en s'asseyant en tailleur sur le lit face à lui. Ah, tu peux utiliser la douche si tu veux.

- Très bonne idée. Tu es gentil, merci, sourit Ueda, avant de l'embrasser sur la joue, puis de se lever. Où est la salle de bain ?

- Ano... La première porte à droite... souffla le News, cramoisi.

- T'es mignon tout gêné, dit encore Ueda en souriant, tout en lui ébouriffant les cheveux.

Il se leva ensuite et s'enferma dans la pièce indiquée, où il se déshabilla et entra dans la douche.

Le coeur battant la chamade, le cadet, lui, se laissa tomber sur le lit, étendu, une main sur son coeur, un petit sourire sur le visage.

L'eau fraiche faisait un bien fou à Tatsuya. Il avait l'impression que ça soulageait à la fois son mal de tête et sa culpabilité d'avoir apparement fait des avances à son collègue. Keii lui manquait et c'était uniquement sa faute. Parce qu'il avait écouté sa fichue fierté. Il ressortit une vingtaine de minutes plus tard, les cheveux mouillés.

- Je peux y aller ? demanda Ryo lorsqu'il le vit sortir.

- Oh. Oui bien sûr. Désolé d'avoir été si long.

- Y'a pas de mal, t'inquiète. J'ai sorti quelques trucs pour déjeuner si tu veux. Tout est sur la table, finit-il en se dirigeant vers la salle de bain.

- Merci.

Finalement, Ryo était un faux méchant assez gentil quand on le côtoyait un peu. Il gagnait même à être connu. L'aîné s'installa à table et grignota vaguement.

Une vingtaine de minutes plus tard, Nishikido sortit de la salle de bain, coiffé et habillé, puis s'installa face à Tatsuya pour déjeuner. Il saisit une pomme dans laquelle il mordit à pleines dents.

- T'as faim on dirait, s'amusa Tatsuya qui, assis face à lui, trouvait étrangement la situation presque naturelle.

- Un peu, oui. J'ai pas mangé hier soir. Ah, ça te va ce qu'il y a ou tu veux autre chose ? Il doit me rester de la soupe miso je crois...

- Non non, c'est bon. Je mange presque pas le matin et puis je t'ai assez dérangé comme ca.

- Ça me dérange pas, tu sais. Je fais ce qu'il faut quand j'ai des invités. Tu peux demander à Pi, il a jamais rien eu à dire.

- Je suis pas un invité. C'est mon état qui t'as forcé à m'héberger. Je suis plus un parasite qu'autre chose.

- Mais non. Ça me fait plaisir que tu sois là, ce qui serait pas le cas si tu étais un parasite. Et puis, j'aurais très bien pu te laisser à un hôtel si j'avais pas voulu de toi.

Un léger sourire étira les lèvres charnues du plus agé.

- T'es un faux méchant en fait. Cest dommage que les gens s'arrêtent à ça. Bon, je vais te laisser. Tu dois avoir des choses à faire, ajouta-t-il en se levant. Merci pour tout, Ryo.

Rougissant légèrement au compliment de son aîné, il se leva également.

- Attends... Tu veux pas rester encore un peu ?

- On est en repos aujourd'hui, mais toi t'es peut-être occupé, hésita Ueda en remettant en place une mèche humide qui avait glissé devant ses yeux.

- On est en repos aussi. Tu peux rester si tu veux.

- Si t'es sûr que ça te dérange pas...

- Certain. Au contraire, ça me ferait plaisir que tu restes.

- Bon... Dans ce cas, d'accord. Mais on va faire quoi ?

- Ce que tu veux. On peut sortir, ou rester ici.

- J'ai l'impression d'abuser de ton temps...

- Quand je suis en congé, en général, je sors avec Pi, je vais au cinéma ou je joue de la guitare. Pi est occupé aujourd'hui, donc ça me va de rester avec toi, je t'assure.

- Alors ça va. Je serais content d'avoir ta compagnie, fit Tatsuya en se rasseyant. Et j'aimerais bien t'entendre jouer de la guitare. Je ne fais que du piano.

- Oh bah oui, pourquoi pas. J'ai un synthé, je veux bien que tu me joues quelque chose aussi.

- Si tu veux, sourit Ueda. Qui commence ?

- Comme tu veux. Il faudra juste que j'accorde ma guitare avant.

- Alors je vais commencer. Ou est le synthé ?

- Suis-moi, fit-il en le prenant par la main pour le diriger vers une salle amménagée en petit studio. Voilà, il est là. C'est pour ça que j'ai pas de chambre d'ami en fait.

Troublé par ce contact inattendu, Tatsuya s'assit derrière l'instrument sans rien dire, puis l'alluma et se mit à jouer « Love in snow » en chantant de sa voix claire et douce.

Ryo le regarda attentivement, en souriant doucement, assit sur une chaise à côté de lui. Une fois le chant terminé, il applaudit.

- Bravo ! Je serais bien incapable de jouer aussi bien. J'ai déjà essayé, mais c'est dur, le piano.

- Merci mais je nai pas grand mérite. J'en fais depuis l'enfance, alors jouer est devenu aussi naturel que respirer. J'avais pas de temps libre, parce que chaque jour de la semaine était occupée par une activité. Y compris le piano. A toi maintenant. Je t'écoute.

- Hai.

Le cadet se pencha pour saisir sa guitare qu'il accorda rapidement, puis se mit à jouer et chanter « Monologue ».

A son tour, Tatsuya applaudit.

- C'est une chanson que tu fais avec les Kanjani, pas vrai ? Mais j'avais jamais remarqué que ta voix chantée était rauque et légèrement cassée. Cest sexy.

- Eh ? Tu trouves ? Ano... On m'avait jamais dit que c'était sexy...

- Ben c'est que mon avis, ne. Mais je pense que tes fans doivent être du même.

- Si tu le dis. Oh, faudrait trouver une chanson qu'on connait tous les deux.

- Anooo... Je connais « Code », avoua le plus âgé.

- Ah bon? Oh, je m'y attendais pas. On peut essayer si tu veux.

- On risque de pas m'entendre. J'ai pas la même tessiture que toi, mais je veux bien essayer.

- Ok, allons-y.

Il gratta les premiers accords de la chanson et commença à chanter en même temps que lui.

- C'était pas si mal finalement, constata le KAT-TUN lorsque la chanson prit fin.

- T'as vraiment une belle voix, tu sais. J'aime bien.

- Un peu trop douce, mais malheureusement, comme pour le reste, j'y peux rien.

- Oh, mais elle est très bien ta voix. Et le reste aussi. Je t'assure.

- Tu dis ca parce que tu... as des sentiments pour moi...

- Ca suffit pas? Sûrement que non, tu me diras, mais bon...

- Ben...

- Allez, c'est pas grave, fit Ryo avec un ton un peu déçu.

- Je suis désolé, Ryo.

- Ca va.

Poussant un petit soupir, le cadet reposa sa guitare et se leva, se dirigea vers une étagère sur laquelle il rangeait ses partitions, et fit semblant de chercher l'une d'entre elles.

- Ryo, je suis désolé. Vraiment. Laisse-moi du temps s'il te plait... fit-il en sapprochant.

Le cadet hocha la tête, avant de reprendre.

- C'est juste que... savoir que je n'ai aucun pouvoir pour que tu t'acceptes... ça fait un peu mal...

- Même Keii a pas réussi, tu sais... M'en veux pas, ne, dit-il encore en posant son nez sur le dos de son cadet.

- J'essaierai quand même... Je veux pas abandonner alors que ça te pourrit la vie.

- C'est gentil, Ryo...

- Et je le pense vraiment. Je veux vraiment que tu sois heureux.

- Je peux être heureux sans m'accepter.

- T'es sûr que c'est possible ? lui demanda le cadet en se tournant vers lui. T'es sûr que tu peux être heureux comme ça ?

- Je sais pas, mais je pense.

- Si tu es heureux, tout me va. Mais l'important, c'est que tu le sois.

- C'est si important que ca pour toi ?

- Bien sûr, puisque je t'aime.

- Tu dis ça de facon si naturelle... Comme si c'était évident...

- Ça l'est. Quand on aime quelqu'un, on veut le voir heureux, non ?

- C'est vrai. Mais c'est pareil pour ses amis. On veut les voir heureux. J'aimerais que tu sois heureux, Ryo.

- C'est gentil, merci, sourit-il avant de l'embrasser sur le front. Je pensais pas que tu me considérais comme un ami.

- Ben ce quon fait depuis hier, c'est pas ce que font les amis ?

- Ah si, vu comme ça, rit-il. A croire que je ne suis pas encore habitué à ce qu'on s'entende bien.

- On dirait bien oui, rit Tatsuya.

- J'ai vraiment été con... Comment j'ai pu te faire ça alors que je t'aimais ?

- Chut, fit le plus agé en posant sa main sur sa bouche. Arrête, ca sert à rien de ressasser le passé.

- H-hai... fit-il, perturbé par le contact, rougissant petit à petit.

Ryo était si près de lui. Tellement près qu'il sentait son souffle brûlant sur son visage et voyait au fond de ses yeux. Alors, sans savoir pourquoi, Ueda ôta sa main et, cette fois bien conscient, posa ses lèvres sur les siennes.

Le cadet devint immédiatement cramoisi tant il ne s'attendait pas à un tel geste et en fut tellement perturbé, qu'il ne répondit pas au baiser.

Ne le sentant pas réagir, Tatsuya sécarta.

- Désolé...

- Non... C'est juste que je ne m'y attendais pas... souffla-t-il en revenant vers lui.

- C'est pas grave. Oublie.

- Attends... Je veux juste comprendre...

- J'ai juste eu envie de le faire...

- Donc ça ne représentait rien pour toi ?

- Je ne sais pas... Je pense que si, mais dans quelle mesure, je ne sais pas.

- Je vois... Et si j'avais répondu, tu aurais fait quoi ?

- Je ne sais pas...

- Tu ne sais pas grand chose, sourit Ryo pour détendre l'atmosphère entre eux.

- J'avoue. Mais j'aurais aimé que... tu répondes...

- Recommence alors.

- Si... on essayait, tu... serais daccord ?

- Qu'est-ce que tu entends par essayer ?

Il y eut un silence, puis lainé murmura :

- Nous deux...

- Toi, tu voudrais qu'on essaie ?