Auteur: Yumiko-no-Tamashi
La grande salle était en effervescence et tout le monde fixait la nouvelle directrice avec différentes lueurs dans le regard, allant de la désespérée à la jubilatoire. En effet, pendant les grandes vacances le changement avait été annoncé aux élèves et au grand public qu'Albus Dumbledore avait disparu et que l'ancienne professeur de Défense contre les Forces du Mal, Andromeda Tonk, prenait sa place à la tête de la prestigieuse école de magie qu'était Poudlard. Autant dire que ces nouvelles avaient secoué le monde magique jusqu'à ses fondations et que beaucoup étaient effarés de cette annonce des plus importantes.
- Bonsoir à tous et à toutes. Je sais que vous êtes tous touchés d'une manière ou d'une autre par les récents événements, mais reprenez votre calme !
La voix de la nouvelle directrice se fit entendre au milieu de l'immense brouhaha et permit aux élèves les plus sages de se reprendre. Ceux qui voyaient leurs amis et camarades de maison s'apaiser en faisaient de même sans vraiment s'en rendre compte. Finalement, un calme relatif prit place sur l'immense salle à manger du château et Andromeda sourit avec douceur à tous les adolescents qui la regardaient avec une lueur remplie d'espoir et à la recherche de réponses.
- Je sais que la nouvelle de la disparition de ce cher Dumbledore vous afflige et vous rend nerveux, mais vous êtes en sécurité et ne risquez rien à Poudlard. Nous devons tous nous concentrer sur cette année à venir et ne pas nous affoler plus que de raison, commença-t-elle avec calme, mais avec suffisamment de tonus dans la voix pour se faire entendre de tous. Nous allons accueillir les nouveaux élèves de cette année maintenant. Mais avant cela, je tiens à vous signaler qu'un des nouveaux sera un peu particulier car il entrera directement en cinquième année, annonça-t-elle ensuite sur le même ton. Réservez-leur un bon accueil ! finit-elle avant d'ouvrir les bras dans le vide.
Au même instant, les portes s'ouvrirent en grand et permirent aux petits premières d'entrer dans la Grande Salle qu'ils découvrirent avec des grand yeux remplis de fascination et joie de la découverte. Mais seule une personne retint vraiment l'attention de tous les élèves déjà attablés, un jeune homme d'une quinzaine d'année se tenait au milieu du groupe des nouveaux venus. Il avait les cheveux auburn, une silhouette assez fine et pourtant musclée. Son visage était fin, possédait un nez aquilin, un menton légèrement pointu et deux yeux bleus. Deux yeux bleus qui se posèrent sur un jeune homme aux cheveux noirs ébouriffés et au regard émeraude qui s'écarquillèrent d'étonnement quand il vit les étincelles de malice et le pétillement de ses yeux. Le noiraud n'avait jamais vu qu'une paire d'yeux avec cette lueur là, mais leur propriétaire était porté disparu.
La répartition commença et tout le monde sembla se redresser quand le nom de l'élève mystérieux fut appelé par la directrice de Gryffondor.
- Wulfric Perceval !
Harry Potter, le jeune homme qui avait croisé le regard de l'inconnu se sentit particulièrement nerveux en voyant l'auburn s'avancer vers l'estrade et s'asseoir sous le Choixpeau. Il ne savait pas pourquoi il se sentait aussi concerné par le nouveau venu, mais il sentait qu'il allait venir à Gryffondor, qu'ils allaient s'entendre. Il ne savait pas d'où lui venait cette sensation, mais son instinct ne l'avait que rarement trompé depuis qu'il était entré dans le monde magique. De plus, il sentait que quelque chose n'allait pas avec celui qui se trouvait actuellement sous l'artéfact qui envoyait les élèves dans les différentes maisons, comme s'il n'était pas à sa place, comme s'il ne devrait pas se trouver à Poudlard.
- Gryffondor !
La table de la maison désignée applaudit avec enthousiasme le nouvel arrivant et l'accueillit à bras ouverts. Le nouveau membre des rouge et or sourit avec gratitude avant de prendre place juste en face du Survivant. Ce dernier le fixa un moment sans réaction, perturbé par les deux orbes bleues pétillant de malice, avant de tendre la main par-dessus la table et de se présenter :
- Bonsoir et bienvenu à Gryffondor. Je suis Harry Potter.
- Enchanté. Je suis Wulfric Perceval. J'espère que nous nous entendrons bien, répondit avec un sourire en coin affectueux le jeune homme en serrant la main tendue alors que les paillettes dans ses yeux s'affolaient, provoquant un léger rougissement de la part du noiraud.
Le reste de la soirée fut un repas long et fructueux pour la discussion entre les nouveaux et les anciens avant que tout le monde ne se retrouve dans les dortoirs. Les élèves à partir de la quatrième restèrent encore une bonne heure dans la salle commune et parlèrent avec le nouveau pour en connaitre plus sur lui et découvrirent qu'il était une personne particulièrement cultivée, que ce soit au niveau du monde magique ou au niveau du monde moldu. Puis, épuisés par cette journée riche en émotion, tout le monde partit se coucher sans tarder.
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Voilà deux mois que les cours avaient repris et Harry ne se sentait vraiment pas bien. Depuis les grandes vacances, il ne cessait de faire des rêves où Voldemort était le plus grand antagoniste. Les sorts de mort et de torture flashaient à profusion et ce que le jeune homme entendait lui plaisait autant que ça le répugnait. Le plus grand mage noir de tous les temps se concentrait sur la recherche de Dumbledore au mépris de ses tentatives pour lui nuire à lui, ce qui était la partie plaisante de ses cauchemars. La partie déplaisante, c'était les hurlements de souffrance, les suppliques pour un peu de répit, de pitié ou la mort, les bruits d'os brisés et de chairs déchirés. De plus, ces mauvais songes ne lui laissaient pas de répit, le faisant mal dormir et ne laissant pas le sommeil revenir après un réveil mouvementé.
- Tu as l'air épuisé, Harry. Tu es sûr que ça va ?
La voix inquiète d'Hermione tira le noiraud des sombres souvenirs liés à son dernier rêve. Il tourna la tête vers la jeune femme et, en lui adressant un sourire rassurant, souffla :
- Je vais bien, Hermione. Rien que quelques cauchemars qui m'empêchent de dormir convenablement. Ça va finir par passer, ne t'en fais pas.
Pas convaincue, mais ne voulant pas paraître trop insistante, la brune accepta cette explication avant de s'enfuir en vitesse pour aller en cours, laissant Harry et Ron seuls avec le dernier arrivant du groupe, Wulfric. Ce dernier fixait le Survivant d'un regard perçant et désapprobateur. Il ne fallait pas être génie pour comprendre que le fils de James mentait quand il disait que c'était de simples cauchemars et il n'en revenait pas qu'Hermione et Ron ne fassent que se plier et accepter cette excuse ridicule.
- Harry, il faut qu'on parle.
La gravité dans le ton de Wulfric fit se tendre l'interpellé. Ils s'étaient beaucoup rapprochés l'un de l'autre et le Potter sentait qu'il pouvait avoir une confiance aveugle en son ami, mais cette manière de savoir tout lui hérissait un peu le poil. Son ami lui rappelait tellement Dumbledore que ça l'agaçait un peu et le rendait mal à l'aise par instant, mais c'était toujours très bref et, heureusement, très rare.
- Je ne vois pas pourquoi, Wil. Ce sont vraiment que des cauchemars sans importance alors il n'y a pas de raison d'être aussi grave, tenta, vainement, le noiraud pour éviter cette conversation.
Il lança un appel à l'aide silencieux vers Ron pour découvrir que celui-ci avait disparu pendant leur échange et jura silencieusement sur cet abandon de la part de son meilleur ami. Bon, il se doutait la raison de ce comportement, vu que le rouquin s'était déjà fait réveillé une bonne vingtaine de fois par ses hurlements lorsqu'il cauchemardait. Mais il aurait tout de même pu ne pas se barrer comme un voleur !
- Ce ne sont pas de simples cauchemars, Harry. Tu as regardé ton reflet dans un miroir depuis qu'on est rentré à l'école. Tu ressembles à un inferi tout frais, le réprimanda Wulfric avec un air particulièrement froid qui figea son camarade sur place.
L'auburn avait toujours eu un masque avenant dans toutes les circonstances jusqu'à maintenant et Celui-Qui-A-Survécu ne comprenait pas pourquoi le fait qu'il ait une tête de déterré mettait son nouvel ami dans un tel état de colère. Ou est-ce de l'inquiétude qui se manifestait de manière agressive ? Passons. Toujours était-il que le Potter souffla :
- Oui, je vois mon reflet tous les matins dans le miroir et je sais que je n'ai pas l'air bien, mais je ne peux pas faire autrement… J'ai beau faire ce que je peux pour ne pas avoir ces cauchemars, ils reviennent constamment et me semblent si réels que ça me rends malade. En plus, ma tête est tout le temps douloureuse pour le moment, surtout au niveau de ma cicatrice, souffla Harry avec gêne, honteux de se confier ainsi à son ami le plus récent alors qu'il refusait tout simplement de révéler quoi que ce soit de son malaise à celui et celle qui était comme un frère et une sœur pour lui.
La lueur inquiète qui s'alluma dans le regard du brun roux fit comprendre au Survivant que la situation était peut-être plus grave que ce qu'il le pensait à la base. Avant qu'Harry ne puisse lui poser la question qui lui venait à l'esprit, il sentit sa main être attrapée par Wulfric et ce dernier le traina vivement à sa suite jusqu'à un couloir du septième étage il fit trois allers-retours en tractant toujours le Survivant derrière lui. Il s'engouffra ensuite dans une pièce que le Golden Boy n'avait jamais vu. L'endroit était assez petit sans que ça ne soit dérangeant avec, en son milieu, deux fauteuils et une petite table basse avec une bassine étrange trônant dessus. Une sensation de calme semblait s'échapper des murs et aucun bruit dérangeant ne se faisait entendre.
- Assieds-toi ! ordonna calmement l'auburn en montrant un des deux fauteuils en prenant place dans l'autre.
Le noiraud fit ce que son ami exigeait sans faire d'histoire.
- Que me veux-tu, Wil ? demanda le fils de James quand il eut fait ce que lui avait demandé l'autre adolescent.
Celui-ci souffla un grand coup avant de souffler :
- Voldemort peuple tes cauchemars, n'est-ce pas ? Et n'essaye pas de me mentir, ça fait un moment que je le soupçonne et Hermione aussi, même si elle ne le dit pas. Même si nous ne savons pas exactement de quoi tu rêves, nous nous doutons de ce que tu vois dans tes songes nocturnes. Nous sommes parvenus à la conclusion, plutôt inquiétante, que voici : Voldemort a un lien psychique avec toi et nous ne savons pas exactement en quoi il consiste, si ce n'est de t'envoyer des visions pour le moment. Hermione et moi sommes d'accord sur le point qu'il n'est pas encore conscient de ce lien entre vous, ce qui fait que c'est encore viable pour toi. C'est pour ça que nous avons fait de recherche pour trouver un moyen d'empêcher que ces visions te parviennent. Nous avons fini par trouver une solution : l'occlumencie. C'est une magie de l'esprit qui sert à fermer son esprit aux autres. Elle est la magie contraire de la légimencie, que Voldemort maitrise très bien.
Harry eut un moment de choc avant que quelque chose ne lui saute aux oreilles :
- Comment sais-tu que Voldemort maitrise la légimencie ?
Wulfric sembla pâlir un instant, mais cela fut tellement bref que son ami eut l'impression de l'avoir imaginé.
- Je le déduis de sa capacité à s'introduire dans ta tête et non le contraire, se justifia rapidement l'aubrun.
Le noiraud ne fut pas vraiment convaincu par cette explication et décida de ne pas faire de remarque sur le fait que son camarade appelait le plus grand mage noir de l'histoire par son nom et non un surnom débile ou à rallonge comme le faisait la plus grande partie du peuple. En gros, tout le monde sauf lui et Dumbledore. Cette pensée le fit se raidir et il plongea son regard dans celui du Perceval pour y voir à nouveau ces paillettes dans un océan bleu qui lui semblait tellement familier. Les mêmes yeux que son mentor, la même perspicacité à savoir quand quelque chose n'allait pas, le même calme quand le sujet Voldemort était abordé. Plus le temps passait et plus Harry voyait les similitudes entre Wulfric et son l'ancien directeur de Poudlard.
- Tu es Albus Dumbledore, n'est-ce pas ?
La question était sortie sans qu'il n'y pense vraiment et la réaction du jeune homme en face de lui donna la réponse à son interrogation. Toutes les couleurs avaient déserté le visage au nez aquilin, les yeux s'étaient écarquillés de surprise, la bouche était bêtement entrouverte et il le regardait avec un tel choc que c'était plus que clair que le Potter avait tapé dans le mille.
- Comment… Comment as-tu deviné ? demanda le cuprifère en se relevant lentement de son siège.
- Tes yeux, cette manière de tout savoir, de tout sentir à l'avance presque, le fait que tu appelles Voldemort par son nom… Je ne sais pas vraiment pourquoi je l'ai senti, mais je le sais… souffla Harry en passant une main fatigué sur son visage.
Un long silence s'abattit sur les deux adolescents et ils restèrent longtemps à simplement se regarder dans les yeux avant que le cuivré ne dise :
- En fait, je suis bien Albus Dumbledore, mais pas celui que tu connais. Mon double de cette époque-ci a trouvé un rituel qui lui permettait d'échanger sa place avec un lui d'une de ses différentes réalités, qu'elle soit dimensionnelle ou temporelle. Il a fini par porter son choix sur moi parce que je ne suis pas porté sur la magie noire comme d'autres de ces réalités tout en ayant le même âge que toi. Il m'a transmis tout son savoir sur ce monde ci, sur ses recherches, ses trouvailles et tout ce qu'i savoir pour survivre dans ce monde et pour te venir en aide. C'est pour ça que je sais autant de chose… Je sais tellement de chose pour quelque de quinze ans que cela me fait un peu peur, mais je sais que utiliser toutes ses connaissances pour t'aider est ce qu'il y a de mieux à faire pour tout le monde.
Harry sentit un tel élan de gratitude venir du plus profond de son être face à cette annonce. Son mentor avait sacrifié sa vie ici pour lui venir en aide et lui permettre de vaincre Voldemort tout en étant à ses côté sans que le mage noir se doute de quelque chose. Mieux que ça, son ennemi de toujours s'était même concentré sur la recherche du vieux sorcier pour lui permettre de se former sans que ce sale serpent ne lui mette de bâton dans les roues. Mais le noiraud prit aussi conscience que, d'une certaine manière, son mentor n'était plus. Il était vivant, mais dans un endroit inaccessible.
- Et tu pourras rentrer chez toi un jour, Wil ? demanda quand même le fils de James, même si son instinct lui disait que non.
Le regard triste, mais déterminé de l'aubrun lui fit comprendre que son inconscient ne s'était pas trompé. Pris d'un élan affectueux soudain, Harry se leva et vint serrer contre lui son ami en déclarant :
- Quoi que l'avenir nous réserve, restons ensemble.
Aucun des deux ne releva vraiment l'ambiguïté de la phrase, mais l'émotion qui les traversait pour le moment ne les fit pas réagir et se serrer plus fort l'un contre l'autre, créant un lien entre eux qu'il ne sentir pas de suite.
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Le quatuor se tenait debout autour d'une table dans la salle commune et débattait vivement, sous une bulle de silence, de ce qu'il devait faire. Avec tout ce que Dumbledore leur avait fait parvenir comme information via Wulfric, ils avaient pu tirer des conclusions, découvrir de nouvelles informations et surtout dénicher quelque chose d'important sur la nature réelle du lien entre Harry et le Seigneur des Ténèbres.
- Cette magie est vraiment barbare et répugnante, gémit Hermione en relisant une nouvelle fois le résumé qu'ils avaient tous mis au point sur leurs trouvailles.
- Dire que ce n'était qu'une hypothèse à peine effleurée par Dumbledore… soupira Ron en prenant une liste de points qu'ils avaient établie pour ne pas devoir redemander confirmation à la version plus jeune de l'ancien directeur.
- D'une certaine manière, je ne suis pas surpris que ce sale serpent ait fait quelque chose d'aussi immonde, renifla avec un certain mépris le Survivant avant d'ajouter avec une certaine inquiétude :
- Mais si Dumbledore a raison et que Voldemort en a fait plusieurs, on est dans la merde noire parce que nous n'avons aucune piste sur les objets qu'il aurait pu utiliser pour faire ces trucs. Par contre, on a la bonne nouvelle que j'en aurais peut-être détruit un. De plus, il semblerait que j'en soi un aussi…
- Ce qui explique le lien entre toi et ce foutu mage noir à la con et pourquoi l'occlumencie n'est qu'à moitié efficace vu que l'ennemi est déjà dans la place et non à l'extérieur, grogna Wulfric en abattant son poing sur la surface en bois, faisant violemment sursauter les trois autres.
Le cuprifère restait calme la majorité du temps, comme son homologue plus âgé, mais il arrivait qu'il s'énerve et perde le contrôle de lui-même. C'était arrivé deux fois depuis le début de l'année et seul Harry parvenait à le calmer et à supporter la pression que la magie du jeune homme faisait peser autour de lui. Celui-Qui-A-Survécu ne réfléchit pas et posa une de ses mains sur l'épaule de son ami qui, après avoir longuement expiré, se calma totalement et souffla :
- J'ai l'impression d'être impuissant par rapport à tout ce qu'il se passe et cela me rend complètement dingue…
Les trois autres ne dirent rien car ils ressentaient exactement la même chose et que parler pour ne rien dire n'était pas à l'heure du jour.
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- FUYEZ !
Le cri d'Harry déclencha une véritable course-poursuite dans les rue de Pré-au-Lard. Les sorts fusaient dans tous les sens et les quatre amis couraient le plus vite que leurs jambes leur permettaient tout en couvrant leurs arrières. Poudlard venait d'entrer dans leur champ de vision quand Wulfric fut touché par un sort de découpe à la cuisse et tomba lourdement au sol. Aussitôt, le Survivant se retourna et vint se placer devant son ami pour faire face à l'homme en face de lui qui le fixait avec convoitise.
- Voilà deux ans que nous ne nous sommes plus vu, Potter. Tu pourrais avoir l'air un peu plus ravi que nous retrouvions aujourd'hui, ricana le Seigneur des Ténèbres.
- Comme si j'allais être heureux de te voir, sale serpent répugnant ! siffla en retour le Survivant avant de lancer un informulé.
Voldemort évita le sort d'un pas sur le côté en posant un regard encore plus avide. Qui aurait cru que le fils de Potter deviendrait aussi puissant en deux ans alors que son mentor avait disparu et que, malgré le temps plus qu'important qu'il perdait en recherche pour retrouver le vieux directeur de l'école de magie, Riddle prenait de plus en plus le pouvoir sur le monde sorcier. Cela faisait deux ans que plus personne n'avait entendu parler d'Albus Dumbledore et cela inquiétait énormément le mage noir car il ne savait pas ce que faisait le vieil homme.
- Harry, laisse-moi ici et fuis !
La voix de Wulfric était inquiète et anormalement aigüe faisant venir à son chevet le jeune noiraud. Ce dernier lança un rapide coup d'œil à son ami en déclarant :
- Il est hors de question que je te laisse ici, Wil ! Tu es mon ami, mon frère ! Tout ce que je sais, tout ce que j'ai, je te le dois !
- Putain de merde, Harry ! Il te veut toi parce qu'il a compris ce que tu es et qu'il a trouvé ce que nous avons fait pendant les deux années qui se sont écoulées, hurla le Perceval sans quitter des yeux le plus grand mage noir de l'histoire.
- Mais… commença le Survivant.
- Il n'y a pas de mais, Harry, l'interrompit en se relevant l'auburn avec difficulté avant d'ajouter avec une telle détermination dans le regard que ses yeux en pétillaient anormalement fort :
- Je vais les retenir ici. Pendant ce temps-là, fuis !
Puis avant que quiconque n'ait pu bouger et prenant tout le monde par surprise, il posa sa main sur l'épaule de son ami et transplana avec le fils de Lily. La sensation de passer dans un tuyau fut particulièrement désagréable pour les deux jeunes qui s'écroulèrent juste devant les grilles de l'école magique. Harry agit par instinct et se mit debout à toute vitesse pour trainer rapidement son frère de cœur dans le parc, ce qui les sauva de justesse de la poigne de Voldemort. Ce dernier avait directement compris ce que Wulfric avait fait et avait transplané à leur suite pour ne les rater que de quelques secondes.
- Tu es à moi, Potter, et je viendrai te chercher pour que tu restes à jamais à mes côtés, mon petit Horcruxe, siffla le Seigneur des Ténèbres avec frustration, puis il disparut immédiatement.
Après cet échange, il ne fallut pas longtemps avant que des professeurs, des aurors et même des journalistes ne débarquent en même temps que Ron et Hermione qui les engueulèrent de toute la capacité de leurs poumons pour leur avoir infligé une telle frayeur. Cependant, ils se rendirent rapidement compte que quelque chose de plus grave qu'une simple attaque était en jeu devant l'air particulièrement grave de leurs deux amis.
- Il sait… souffla Harry juste assez fort pour que personne d'autre que ses deux premiers camarades ne l'entendent.
La situation était grave, un des pires scénarii selon eux. Voldemort savait pour Harry Potter et allait désormais tout faire pour l'enfermer et que rien ne lui arrive…
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Le quatuor se battait de toutes ses forces sur le champ de bataille qu'était devenu le parc de Poudlard. Trois mois plus tôt, le ministère de la Magie était tombé aux mains de Voldemort et seul l'école écossaise lui tenait encore tête envers et contre tout. Malheureusement, les barrières magiques avaient atteint leurs limites et il n'avait pas fallu plus d'un quart d'heure pour que les corps des membres des deux camps ne commencent à joncher sur le sol et que le sang ne coule à flot.
- Il faut trouver Nagini et la tuer avant que tu ne fasses ce que tu as à faire Wulfric, annonça gravement Harry en regardant avec tristesse son ami, son frère et peut-être même plus, même s'il ne voulait pas vraiment y penser.
Les trois autres adolescents hochèrent de la tête avec le même masque grave et fermé. Ils avaient beau savoir qu'ils n'avaient pas d'autres choix, ils n'aimaient pas ce qu'il allait devoir faire pour parvenir à la fin de cette guerre. Ils recommencèrent à se frayer un chemin en direction de l'endroit où ils pensaient trouver Voldemort quand Neville les rejoignit avec plusieurs autres élèves pour demander ce qu'ils pouvaient faire pour aider. Aussitôt, Hermione leur apprit qu'il fallait absolument se débarrasser du serpent du Seigneur des Ténèbres avant de pouvoir le détruire une bonne fois pour toute.
- Très bien. Nous allons faire ce que l'on peut et on garde l'information pour nous pour être certain que Voldemort n'en ai pas vent, déclara le Londubat avant que tout son groupe ne reparte à l'attaque avec une volonté d'acier qui surprenait leurs adversaires et même certains de leurs alliés.
Le combat reprit de plus belle pour le groupe du Survivant, mais le fait que ses adversaires tentent de le capturer et non de le tuer rendait le combat plus facile pour eux quatre qui n'avaient absolument aucune hésitation à éliminer leurs opposants d'une manière un peu plus définitive pour ne pas avoir des attaques à revers. Ils durent tenir ce qui leur sembla être une infinité avant qu'un hurlement de rage ne retentisse dans tout le champ de bataille.
- Nagini est morte ! annonça en souriant le noiraud du quatuor en se tenant le front.
Puis il se tourna vers Wulfric et déclara avec un air particulièrement triste :
- Il est temps, Wil…
L'auburn le regarda avec douleur et le serra rapidement contre lui en murmurant :
- Je t'aime, Harry. Je ne sais pas de quel amour je t'aime. Amical, fraternel ou amoureux ou encore un mélange de tous. Mais n'oublie pas que je t'aime quand tu seras de l'autre côté.
Les deux émeraudes du fils de James s'humidifièrent et il répondit à cette déclaration en rendant son étreinte au cuprifère de toutes ses forces. Il n'arrivait pas à prononcer les mots pour lui répondre, mais le Perceval n'eut pas besoin d'entendre à voix haute ce que le noiraud pensait pour comprendre que c'était réciproque quand il croisa les deux yeux vert avada de son ami. Il prit ensuite une profonde inspiration et enfonça profondément le crochet de basilique qu'ils avaient récupéré deux semaines plus tôt dans la poitrine du dernier Potter vivant. Ce dernier ferma les yeux en sentant la douleur se répandre dans son corps avant que les ténèbres ne l'engloutissent purement et simplement.
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Harry regardait autour de lui et vit rapidement une personne qu'il pensait ne plus jamais revoir. Il alla rapidement auprès de cette personne en s'écriant :
- Professeur Dumbledore !
- Bonjour, Harry. Je suis content de te revoir, mais triste que ce soit en de telles circonstance, le salua le vieil homme alors que ses yeux se mettaient à pétiller d'une manière qui fit saigner le cœur du plus jeune.
La peine qui passa dans son regard fit froncer légèrement les sourcils au vieux directeur, mais ce dernier ne fit aucun commentaire et préféra donner des explications sur leur situation actuelle d'une voix calme et apaisante :
- Je vois que vous avez trouvé comment défaire Voldemort et j'aurais préféré ne pas avoir raison sur ton cas, Harry. Nous sommes dans l'antichambre de la mort et j'ai été chargé de te mettre au courant de ton cas plus que particulier. Comme tu as eu un horcruxe en toi, tu as le choix entre prendre un des trains dans mon dos. Un te ramèneras sur le champ de bataille en tant que Harry Potter et tu devras défaire Voldemort une bonne fois pour toute. Tu peux aussi aller tes parents et ne plus jamais revenir dans notre monde.
Celui-Qui-A-Survécu fixa un moment le vieil homme avant de répondre avec un sourire immense et sans une minute d'hésitation :
-Wil, Hermione et Ron m'attendent !
Dumbledore sourit avec fierté avant de lui souffler :
- Tes parents et Sirius m'ont chargé de te dire qu'ils t'aiment et qu'ils sont fiers de toi et qu'ils n'auraient pas voulu un autre enfant ou filleul que toi. Je suis fier aussi d'avoir été ton mentor, même si j'aurais aimé faire beaucoup plus pour toi. Maintenant, va !
Et Harry se rua vers le train que lui indiquait le sorcier. Il bondit dedans et cria avec force en se tournant vers son ancien mentor :
- Je vais gagner, professeur ! Je vais permettre aux générations futures de ne plus vivre la guerre que nous avons vécue ! Je vous le promets !
Puis le train démarra et le Survivant disparut du champ de vision de l'ancien directeur de Poudlard.
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Harry rouvrit les yeux en toussant avec violence faisant hurler Hermione de surprise, glapir Ron sous le choc de voir son ami revenir à la vie et pleurer de bonheur Wulfric. Celui-ci se jeta sur son ami et l'embrassa à pleine bouche sans réfléchir. Le noiraud et l'auburn restèrent de longues secondes enlacés avant de s'écarter et de se dire en cœur :
- J'ai vraiment cru ne jamais te revoir…
Un regard plus tard, ils étaient tous les quatre debout et avancèrent d'une démarche décidée en direction de l'endroit où se trouvait Voldemort. Ce dernier les regarda arriver et hurla de rage en comprenant que le Survivant n'était plus son horcruxe. Sa magie sembla sortir de son corps tel un nuage noir et vint à la rencontre du groupe en face de lui. Celles d'Harry et Wulfric réagirent et créèrent un bulle protectrice autour d'eux avant que le duel entre le Seigneur des Ténèbres et les deux jeunes hommes à la puissance magique élevée ne commence.
Le combat dura ce qui sembla des heures aux trois adversaires avant que le plus grand mage noir de tous les temps ne s'effondre mort aux pieds de ses adversaires. Un de ses sort de la mort avait ricoché sur le sort de désarmement du ressuscité et était venu le percuté en pleine poitrine. La scène, qui n'avait échappé à personne, provoqua la fuite des fidèles de celui qui fut un des sorciers les plus craint de l'histoire et redonna l'espoir et la force aux partisans de la lumière. Il ne fallut pas longtemps pour que le calme reprenne ses droits malgré les pleurs dus à la perte d'un proche, les cris de douleur les blessés, des hurlements de rage des vaincus capturés et de joie des vainqueurs.
C'est au milieu de cette agitation que deux jeunes firent leurs adieux à leurs amis et disparurent tant que personne ne les regardaient de trop près.
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Deux jeunes hommes de vingt-cinq se tenaient sur une falaise où le bruit du ressac des vagues leur permettait de parler sans que les personnes autour n'entendent ce qu'ils se disaient.
- Nous pourrions aller rendre visite à Ron et Hermione. Nous ne les avons plus vus depuis la naissance de Rose et Noël approche à grands pas, souffla le noiraud du duo.
Il avait de longs cheveux noir d'encre qui lui tombaient jusqu'au milieu dos, portait un jean noir avec une chemise vert émeraude qui mettait en valeur les deux magnifique yeux qu'il possédait de la même couleur et cachés derrière des lunettes rondes que son camarade trouvait ridicules. Un coup de vent un peu plus puissant que les autres fit voler ses longues mèches et une cicatrice légèrement rouge en forme d'éclair fut visible sur son front pendant quelques secondes.
- Je pense que c'est une bonne idée. Je n'ai pas encore envie de me faire conviée par une beuglante qui aura réussi par je ne sais quel moyen à passer outre nos sorts pour être incartables ou introuvables pour les chouettes… soupira entre lassitude et amusement l'auburn en prenant la main de son ami.
Ses cheveux étaient encore plus longs que ceux du noiraud, ils tombaient jusqu'à ses reins et frisotaient très légèrement. Il avait une petite barbe bien taillée de la même couleur que sa chevelure. Il portait un jean bordeaux et une chemise noire. Ses yeux bleus semblaient avoir leur vie propre tellement les paillettes qui se trouvaient dedans dansaient avec force.
Ils débattirent ensuite pendant quelques minutes pour se mettre d'accord sur la date et l'heure auxquelles ils iraient voir leurs amis avant de disparaitre en un clin d'œil sans que personne ne le remarque pour réapparaitre dans une maison où ils vivaient depuis la fin de la guerre du monde sorcier en Angleterre. Ils s'assirent tous les deux dans un petit salon cosi où ils parlèrent calmement jusqu'au soir où ils s'endormirent l'un contre l'autre, comme ils le faisaient depuis un peu plus de six ans. Depuis la fin de l'enfer anglais.
Fin
