Joyeux anniversaire ma Titiiii, cette petite suite alternative est ton cadeau d'anniversaire et merci pour tes reviews! Du coup je décide d'en faire profiter tout le monde.
Merci également à tous les lecteurs, je sais qu'il y en a malgré tout et je vous suis reconnaissante ;)
Attention, le chapitre précédent est bien la fin de cette histoire Lydia/Theo, ce chapitre n'est qu'un cadeau que, dans le fond, j'avais vraiment très envie d'écrire... Bon, en fait, choisissez la fin qui vous plaît même si je veux m'arrêter sur une note triste! J'insiste! Mais... J'ai été inspirée par ma propre expérience et celle d'une proche (forcément quand on en vient à l'amour... je vous rassure, je ne me balade pas avec une bande de chimères aha) donc ça me tient un peu cœur et j'espère que vous aimerez ce chapitre et surtout toi ma Titi!
La chanson est en gras, et celle-ci, j'y tiens énormément, alors pas question de la louper!
Bonne lecture et n'hésitez pas à donner votre avis!
Déjà deux semaines depuis que Theo et Lydia s'étaient éloignés à la bibliothèque durant la nuit de la Super Lune, que la chimère avait créé sa meute qui faisait des ravages au lycée et que Liam et Scott avaient manqué de s'entre-tuer. Pour la plupart des gens, deux semaines dans une année, ce n'était qu'un grain de sable dans le désert, surtout au lycée où le temps était censé passer vite avec les études et les sorties entre amis, mais la plupart des gens n'étaient pas des créatures surnaturelles qui étaient forcés de se séparer car étant ennemis.
Lydia n'était plus que l'ombre d'elle-même, traînant les pieds dans les couloirs bondés du lycée, et distribuant de larges sourires hypocrites à ses connaissances, enfilant une jolie robe et se pomponnant avec soin parce que c'était ce que l'on attendait d'elle. Faire semblant, c'était son rôle de prédilection par la force des choses.
On aurait pu croire qu'elle avait de l'entraînement avec le départ de Jackson, son premier amour, et la mort d'Aidan, le jumeau diabolique pour qui elle avait fini par craquer, mais ce n'était jamais aisé d'oublier. Surtout quand l'objet de sa passion, celui qu'elle imaginait encore allongé dans son lit, évoluait dans le même environnement, respirait le même air sans jamais lui adresser le moindre regard. Après tout, il avait sa pâle imitation d'amis à présent, et c'était pour cela qu'il l'avait chassée, pourquoi lui prêterait-il donc attention?
Alors elle se contentait de faire ce qu'il lui avait demandé en espérant que le temps guérirait sa blessure, chaque jour pourtant un peu plus grande, n'osant pas croire un seul instant que c'était pour la protéger, motivé par l'affection. Cela ne ressemblait pas du tout au personnage. Certes, dans l'intimité, il avait été adorable avec elle, pour finalement se révéler être un monstre qui était venu diviser pour mieux régner. Pour autant qu'elle sache, la séduire n'était qu'une partie du plan. Il ne lui avait jamais dit le contraire, même si certaines de ses paroles tendaient à prouver le contraire.
Liam souffrait autant qu'elle à cause de la mort d'Hayden qu'il lui sembla perdre une seconde fois lorsqu'elle revint aux côtés de Theo, métamorphosée, maintenant vindicative et aguicheuse. Alors lui et Lydia s'épaulaient dans cette épreuve et c'était bien l'unique chose qu'ils pouvaient supporter. Les autres étaient trop préoccupés par leurs propres luttes internes et à trouver un plan, encore, mais chacun de son côté. La meute n'était plus. Theo avait exécuté son plan à la perfection, il pouvait être fier de lui.
Mais il ne l'était pas.
Oh bien sûr, son sentiment de puissance sur ces pauvres chimères était grisant et il était enfin entouré, mais ce n'était qu'une partie du Graal qu'il cherchait avec tant d'avidité. Le vide était toujours là, encore plus grand qu'avant, comme une bête le dévorant de l'intérieur et qu'il essayait de nourrir par le sang. Ce vide était démesuré car il avait perdu la seule personne qui voyait l'homme en lui et non pas un chef cruel et tout puissant. Rien ne pourrait jamais combler cela. Rien ni personne.
Après tout, Theo était un être humain comme un autre malgré son passé et ses croyances: il était capable d'amour et en avait besoin en retour. Jamais il n'aurait imaginé que cela lui arrive un jour, façonné et endurci par les aléas de la vie qui ne lui avait pas fait de cadeaux. Peut être venait-il tout simplement de comprendre ce dont il avait vraiment besoin pour oublier son passé nébuleux.
Il appréciait sa meute qu'il formait à son image et semer la terreur à Beacon Hills sans trop avoir les docteurs sur le dos, sincèrement, mais il lui manquait sa banshee pour s'épanouir.
Il ne posait jamais le regard sur elle, faisait comme si plus rien n'importait, mais il l'écoutait attentivement au lycée et profitait du parfum qu'elle laissait dans sillage. Il était toujours à la recherche du battement de son cœur et sa voix, peu importe qu'il soit en cours ou en train de dresser ses chimères un peu trop indisciplinées. Malheureusement, il n'entendait plus son rire cristallin, bien trop souvent remplacé par des murmures étranglés échangés avec Liam et des sanglots discrets. Mais la plupart du temps, tout ce qu'il récoltait, c'était le silence. Parce que malgré toute l'agitation autour de lui et la présence d'Hayden, Tracy, Corey et Tobias, il était seul.
La chimère avait beau passer son temps avec eux, à les éduquer, rouler des muscles, faire la fête et répondre aux flirts de Tracy sans grand enthousiasme, être entouré au lycée, il se sentait terriblement seul et le pire, c'était le soir. Parce qu'il n'avait rien pour se distraire et court-circuiter ses pensées, il ne parvenait pas à trouver le sommeil, se retournant sous ses draps, hanté par l'image de la banshee qui, il y a encore quelques jours, se réfugiait dans ses bras pour un peu de réconfort, dormait pressée tout contre lui, était en quête de sa chaleur ou lui souriait, tout simplement. Même si elle n'avait jamais mis les pieds chez lui, il la voyait sans mal enfiler une petite robe à toute vitesse en bavassant, rentrer dans la pièce et lui offrir une étreinte chaleureuse, ou allonger à ses côtés à le dévisager avec un sourire mutin. Il pouvait presque sentir son souffle chaud dans sa nuque, sa chevelure chatouiller son torse, son parfum sur son oreiller, ses petites mains pressées dans son dos, sa peau frotter délicieusement contre la sienne et la douceur de ses baisers ardents. Il entendait même les battements de son cœur qui peuplaient le silence et cela le rendait fou.
Mais ce n'était que de douloureux souvenirs devenus son châtiment.
Parfois, il se demandait même si il n'avait pas commis une erreur et si il n'allait pas tout envoyer balader. Parc qu'à quoi bon jouer l'homme heureux avec ce qu'il avait et qu'il pensait suffisant alors que ce qu'il convoitait vraiment était à porter de main?
Ce matin-là, le ciel était morose, empli de nuages lourds de pluie, à l'image de l'humeur de Lydia et Theo. Ce dernier décida qu'il était grand temps d'apaiser sa peine et donc de l'aborder, la piégeant au détour d'un couloir noir de monde pour éviter qu'elle ne s'échappe, paré d'un grand sourire qui ne lui fit aucun effet. La rouquine sursauta en entendant sa voix tinter à ses oreilles, n'imaginant plus l'entendre en dehors de son esprit, et ses yeux s'écarquillèrent comme si un fantôme lui parlait puis ses traits se durcirent, se contentant de lui souffler un''Dégage'' acide en le contournant.
Pas question de lui montrer l'étendue de son chagrin.
Jamais elle n'avait montré son ressenti et cela n'allait sûrement pas changer pour ses beaux yeux surtout puisqu'il en était à l'origine. C'était sa faiblesse et elle comptait bien la garder précieusement.
Elle ne prit pas le temps de voir sa réaction et s'éloigna au pas de charge pour se réfugier dans les toilettes des femmes et claquer la porte de la cabine dans son dos, le souffle coupé, mais elle tint bon et ne pleura pas. Et bien sûr, Theo entendit tout, immobile dans le couloir, la tête baissée, se faisant bousculer par des adolescents pressés qu'il ne prenait même pas en considération. Il entendit surtout son cœur affolé cogner contre sa poitrine qui la trahissait, le ramenant à ses longues nuits d'insomnie où il perdait la tête.
Bien sûr, il comprenait sa réaction, c'est lui qui lui avait demandé de partir même si il n'avait pas eu grand besoin de la forcer tant elle était dégoûtée par son double-jeu, en venant à le haïr. Non, vraiment, il la comprenait et c'était difficile à supporter.
Il savait parfaitement que, malgré tout cela, ses sentiments étaient toujours là et une nouvelle idée commença à germer dans son esprit en ébullition.
Le ciel s'était obscurci dès leur sortie du lycée, formant comme un couvercle de plomb à cette ville déjà fort peu engageant, avançant la nuit de quelques heures et obligeant les gens à se mettre à l'abri chez eux. Tous, sauf Theo garé devant l'établissement qui avait lâché un peu de leste à son intenable meute, pesant le pour et le contre de ce qu'il s'apprêtait à faire.
C'était complètement absurde: il s'était mis tout le monde à dos pour prendre sa revanche tant attendue, dépassant les limites sans s'attacher à personne, mais il s'apprêtait à aller à l'encontre de ses principes. Il s'était toujours promis de ne jamais s'attacher à quiconque afin que cela ne devienne pas un obstacle à son plan, mais cela lui était tombé dessus par hasard. Et c'était bien pour cela que cela s'appelait le coup de foudre. Alors il s'était débarrassé de son fameux obstacle... A grand regret. Maintenant, il comptait bien la récupérer.
La pluie commença à tomber drue dès qu'il mit le contact comme pour l'empêcher d'atteindre la maison de la banshee, mais il tint bon, se moquant de la prudence en conduisant à toute allure afin de la retrouver au plus vite. Il s'en voulait tellement de s'être privé de sa présence alors qu'elle l'aimait en dépit de ses agissements et, par dessus tout, de lui avoir fait du mal. Les autres membres étaient séparés les uns des autres, abattus, mais Lydia, elle, n'était plus qu'un zombie. Et à cela, il y pouvait y remédier. Il le voulait.
Que les autres se soient déchirés et se renferment, tant mieux, cela ne lui posait pas le moindre problème, mais il ne laisserait pas la jeune femme dépérir au fond du gouffre où il l'avait jeté à cause de l'égoïsme du monstre en lui.
La chimère courut sous la pluie, les gouttes coulant sur le cuir de sa veste, se moquant bien de quoi il avait l'air et frappa à l'imposante porte d'entrée blanche du domicile des Martin. Lydia lui ouvrit quasiment aussitôt, serrant un gilet rose pelucheux par-dessus sa courte et ample robe noire à fleurs qui ne la protégeait guère du froid qui s'engouffra avec violence dans sa demeure. Il la trouva absolument radieuse et cela le conforta dans son idée.
La lycéenne se paralysa en le voyant sur le pas de sa porte, magnifique bien que trempé jusqu'aux os car à présent il pleuvait à torrent et son image ternie par ses actions, et, l'espace d'un claquement de doigt, elle flancha face à cette vision. Elle se ressaisit alors et s'apprêta à refermer la porte avec un froncement de sourcils, mais Theo l'empêcha à l'aide d'une main seulement, bien déterminé à s'imposer. Encore une fois. Elle le rendait bien assez fou sans avoir à essuyer un nouveau rejet de sa part.
- Qu'est-c'que tu me veux?! Siffla la rouquine qui abdiquait, ne pouvant pas lutter contre sa force, les bras sévèrement croisés sur la poitrine et le toisant avec amertume bien qu'il soit très difficile de le regarder droit dans les yeux.
Au moins en était-elle capable, et cela était une sacrée victoire bien que fort déstabilisant. Elle ne l'avait pas regardé directement depuis la scène de la bibliothèque et cela chamboulait toute sa volonté de fer.
- Lydia, j'ai besoin de te voir et te parler, admit Theo du tac au tac, préférant jouer carte sur table dans l'espoir qu'elle comprenne ce qu'il ressentait, elle qui ne pouvait ni entendre ni sentir à sa façon. Il retira sa main de la porte et recula d'un pas afin de paraître moins menaçant.
- Et pourquoi ça? Ta petite famille de dégénérés te suffit pas finalement? Piqua la rousse avec une acidité qu'il intercepta avec un petit rictus, outrée qu'il lui dise une chose pareille après son discours. En tout cas, elle avait appuyé là où cela faisait mal. Maligne la banshee. T'as pas assez de monde dans ta cour donc tu veux la compléter avec la gentille petite Lydia?
[Bastille ft. Gabrielle Aplin - Dreams]
Theo garda le silence en soutenant son regard, impassible, mais recevant chacun de ses mots comme un coup de poing dans le ventre, attendant qu'elle vide son sac et en profitant pour rassembler tout son courage. Il se sentait prêt à lui admettre combien il souffrait lui aussi, la pluie semblant avoir emporté avec elle ses faux-semblants et sa cruauté.
- Tu vas m'rire au nez vu notre dernière discussion, mais... Cette victoire n'a aucune saveur sans toi. C'était eux ou toi vu que je pouvais pas te garder après ce que j'ai fais à ta meute, et j'ai choisi les chimères. J'pensais que créer ma meute que je pouvais modeler comme je voulais m'apporterait tout ce que j'attendais, comblerait le vide, mais en fait pas du tout et maintenant j'me sens vide et seul même si ils sont là et que j'ai plus de pouvoir.
- On peut pas tout avoir dans la vie! T'as préféré prendre le pouvoir, donc t'as perdu l'amour, c'est bien fait pour toi! Gronda la jeune femme alors que le tonnerre éclatait à proximité, véritable reflet de la tension entre eux, puis l'éclair zébra le ciel de plomb, les déconcentrant quelques secondes. Elle était certes furieuse qu'il se présente la fleur au fusil à sa porte alors que c'était lui qui l'avait rejetée, mais elle ne pouvait s'empêcher de craquer sous son regard de braise et ses paroles. T'as fait le mauvais choix, qu'est-ce que tu veux que j'te dise à part qu'il fallait réfléchir. Apparemment, c'est pas dans tes cordes... et maintenant te revoilà parce que t'as perdu ce qu'il te fallait réellement, quel dommage!
- T'as raison, j'ai fais le mauvais choix et quand je vois comment tu souffres, je regrette encore plus, admit la chimère en levant légèrement les mains dans un geste démuni, la revoyant si pâle dans les couloirs du lycée et il constata qu'elle se sentait prise la main dans le sac. Elle écarquilla les yeux et esquissa un geste de recul, mais ne referma pourtant pas la porte, le tonnerre se déchaînant et la pluie inondant la chaussée. Je ne suis pas venu juste pour te dire que je m'étais planté et que je voulais te récupérer sans te demander ton avis. T'as le droit de savoir que je regrette de t'avoir laissé partir, pas juste parce que je suis pas satisfait avec ma meute.
- Attends, attends! Petite rectification: tu m'as laissé partir certes, mais je n'accepterai jamais de rester après ce que t'as fais à Scott, Stiles, Liam et Malia. T'en as peut être rien à faire, mais eux aussi, ils souffrent à cause de toi! Défendit la banshee en agitant la main comme si ils se trouvaient à leurs côtés, trouvant un moyen pour ne pas céder.
- Oui, j'm'en fous. Tout ce qui m'importe, c'est toi. Ça fait que deux semaines que je te vois déprimée, si différente de la fille que tu es d'habitude, pétillante et souriante, avec des cernes et qui ne parle à personne. Je t'entends parfois pleurer quand tu te crois à l'abri dans une salle. Ça fait deux semaines que j'arrive pas à dormir parce que j'arrive pas à te sortir de ma tête. Je peux te voir à côté de moi ou en train de te maquiller avec un petit sourire. Je peux même t'entendre me parler et les battements de ton cœur et tout ça, ça me rend complètement dingue. Tu me manques, Lydia.
Et la jeune femme ne pouvait pas prétendre que ce n'était pas réciproque. Elle ne pouvait même pas mentir pour se défendre puisqu'il entendait tout et savait combien cette séparation lui causait du chagrin. D'ailleurs, ce n'était pas très juste. Elle qui gérait d'habitude des voix et autres bruits étouffés dans son esprit et des cadavres avec brio, se retrouvait bien incapable de contrôler ce qui lui arrivait, une simple histoire d'amour. Ses sentiments étaient bien trop forts pour cela et il était bien connu qu'ils poussaient à faire des bêtises.
Ce que Lydia fit, trop heureuse de pouvoir mettre fin à son calvaire et celui de Theo à la fois. Même si elle le détestait, elle haïssait tout autant le voir dans cet état.
La banshee sortit enfin sur le porche et l'embrassa fougueusement, jetant ses bras autour de son cou, se pressant contre son torse puissant et se moquant bien d'être aussi trempée que lui. Elle voulait juste le sentir contre elle, son pilier, le savoir si loin d'elle bien que si proche avait été une torture. Le tonnerre gronda tout autour, faisant trembler le sol sous leurs pieds, à moins que ce ne soit que l'effet de leur baiser électrique et de leurs retrouvailles. Oui, cela leur faisait le même effet que l'orage: tumultueux, fascinant, mais magique.
Que pouvait-elle faire d'autre de toute manière?
Gelée et souhaitant profiter entièrement de lui à l'abri des regards indiscrets ainsi que dans un cadre plus confortable, elle rompit le baiser et entremêla ses doigts afin de l'entraîner dans le hall d'entrée sans jamais le quitter du regard, éblouie.
Elle eut à peine le temps de claquer la porte derrière lui qu'il captura de nouveau ses lèvres avec avidité, tenant fermement sa petite main dans la sienne et l'autre tenant fermement sa taille. C'était sa façon de lui prouvait combien il tenait à elle. Ils échangèrent quelques longs baisers avant de s'interrompre et qu'il ne l'interroge du regard. La situation était en train de dégénérer – pour son plus grand bonheur – et il n'avait pas envie que se soit pour être séparés dès le lendemain matin et qu'elle se rende compte que ce n'était qu'une erreur. Encore une.
- Je t'aime plus que je ne te hais, avoua Lydia en guise de réponse, un peu gênée d l'admettre car sachant combien c'était injuste pour ses amis. Et puis son regard ardent braqué sur elle et le respect dont il faisait preuve la troublaient.
Quant à Theo, son explication le combla plus qu'il ne l'admettait et il lui sembla enfin que sa vie s'animait et reprenait des couleurs.
La banshee se débarrassa de son gilet d'un mouvement d'épaules, le faisant tomber sur le tapis moelleux puis retira lentement sa robe avec des gestes élégants tandis qu'il la dévorait du regard, ne parvenant pas à croire à quel point elle était belle et qu'il la retrouvait en dépit des horreurs qu'il avait perpétrés contre ses proches. Tout autour le monde chavirait, seule restait la pluie battant les vitres, formant comme une musique à cette scène.
Une fois en sous-vêtements de satin bordeaux ornementés de dentelle noire, elle le rejoignit, ses pieds nus s'enfonçant dans le tapis, et lui enleva sa veste trempée avant de l'embrasser avec une douceur qui le fit fondre. Il ne s'était jamais senti à la fois si faible et si puissant qu'avec elle. C'était la sensation qu'il avait toujours cherché.
Theo la souleva de terre comme une princesse et avança à l'aveuglette car trop occupé à la couvrir d'une pluie de baisers, n'épargnant ni ses lèvres, sa mâchoire, ses tempes et son cou tout en caressant la peau exposée comme une offrande. Ses soupirs de satisfaction à son oreille, biens réels cette fois, étaient la plus douce des mélodies, même pour le monstre en lui et sa cruauté fondait comme neige au soleil.
Il l'assit sur la table de la salle à manger et recula un peu pour la contempler, véritable reine à la crinière lumineuse trônant avec allure et raffinement malgré sa petite tenue. Lydia pencha la tête sur le côté en le dévisageant, se demandant comme un tel scélérat pouvait être capable de regarder quelqu'un avec autant d'ébahissement et d'amour. C'était absurde, mais très flatteur car elle était la seule qui en profitait.
Ses lèvres s'ourlèrent d'un sourire rêveur qui firent naître des papillons dans le ventre de la jeune femme, oubliant tout ce qu'il avait pu faire auparavant bien qu'elle y penserait demain à coup sûr, puis il fit un pas dans sa direction, venant se placer entre ses cuisses. Elle enroula aussitôt ses jambes autour de sa taille et le regarda retirer son t-shirt en se mordillant la lèvre inférieure puis elle s'empressa de couvrir son torse nu de baisers brûlants.
Son désir impétueux et réprimé depuis tout ce temps prit le dessus et il allongea la banshee sur la table avec un grognement. Auparavant, cela lui aurait fait peur , mais cette fois, cela ne faisait que l'enflammer encore plus, ses ongles plantés dans son dos alors qu'il dégrafait son soutien-gorge.
Theo lui avait tant manqué bien que lui ayant arraché le cœur, qu'elle ne pouvait plus penser à rien d'autre. Elle savait que c'était stupide, mais elle l'aimait, et le retrouver était tout ce qui comptait à ses yeux. Et c'était réciproque. Theo n'avait que faire de sa meute de chimères infernales, il n'avait besoin que de Lydia. Même si cette étreinte n'était qu'éphémère, il avait au moins l'agréable certitude qu'elle l'aimait encore et cela l'aiderait à tenir le coup. C'était la réalisation d'un rêve qu'il n'imaginait pourtant pas faire un jour.
Le couple était allongé dans le sofa du salon tout éclairé, protégés du froid par le plaid plié dans une armoire, une pluie diluvienne tombant toujours au dehors et le vent soufflait rudement dans la nuit noire, giflant les vitres. Ils étaient étroitement enlacés, enfin apaisés, un sourire béat jusqu'aux oreilles et n'osaient prendre la parole de peur de briser cette sérénité retrouvée.
- Je suis vraiment désolé, chuchota finalement Theo en flattant la chevelure de Lydia, sa tête reposant contre son torse nu, ne pouvant retenir un petit sourire devant sa mine épanouie. Il était trop heureux de voir ses souvenirs le hantant reprendre vie même si il n'avait rien fait pour mériter ça.
- Je le sais... T'as choisi ce que tu pensais être le mieux pour toi. Qu'est-ce que tu comptes faire maintenant? S'enquit la lycéenne dans un murmure avec appréhension en dessinant des arabesques sur ses pectoraux, redoutant sa réponse. Elle n'était pas certaine de pouvoir supporter une nouvelle séparation et devoir de nouveau abandonner cette paix. Une fois c'était déjà trop. Tu vas retourner avec Hayden, Tracy, Corey et Tobias?
Il répondit que oui d'un signe de tête en fixant le plafond, en prise avec ses réflexions et cela donna l'impression à Lydia qu'une main de glace se refermait sur son cœur. Elle posa la tête sur son épaule afin de ne pas avoir à affronter son regard, les paupières abaissées comme pour oublier.
- Je vais les rejoindre, il faut que tu rejoignes la tienne aussi, même si elle est totalement dispersée. Ils ont tous besoin de se retrouver et tu ne dois pas leur tourner le dos à cause de moi... Mais je veux que tu restes à mes côtés
Rester avec sa propre famille tout en côtoyant l'autre et le garder près de son cœur était incompatible. Lydia savait qu'il avait raison: elle devait regagner la meute de Scott et essayer de les ressouder tout en souhaitant tout près, mais elle ne voyait pas comment cela était possible, sur le long terme tout du moins. Cela valait pourtant le coup d'essayer.
- Comment tu veux faire? Tu sais très bien que j'ai cette haine envers toi et je cautionnerai jamais ce que t'as fais et compte faire de ta meute et pourtant...
- Et pourtant je te manque hein? Fit-il avec un petit rire avant de déposer quelques baisers papillons dans son cou gracile.
- T'es infernal, marmonna la jeune femme en lui envoyant un coup de coude gentillet dans les cotes avec un sourire en coin, ravie de retrouver le chenapan qui lui plaisait tant. Elle préférait largement cela au calculateur froid qu'il était au fond, même si l'un n'allait pas sans l'autre. Sois sérieux s'il te plaît.
- Je le suis toujours et je veux vraiment qu'on rejoigne chacun notre meute tout en continuant à se voir! S'exclama la chimère alors qu'elle se redressait, le bout de ses cheveux venant lui chatouiller le bout du nez. Il lui caressa l'épaule avant qu'elle ne se lève d'un bond agile et disparaisse dans l'entrée. Il attendit qu'elle revienne, ayant remis sa petite robe, et continua: Faut se rendre à l'évidence, on est trop malheureux l'un sans l'autre. Tu es ce dont j'ai vraiment besoin et je veux pas me passer de toi, surtout maintenant que je sais que c'est réciproque.
- Theo, tu sais qu'on peut pas faire ça dans le dos des autres, ils vont finir par se rendre compte parce qu'ils vont entendre des murmures interdits ou saisir un regard insistant et ça va être l'horreur..., rétorqua Lydia qui s'arrêta pour l'admirer assis dans le canapé puis elle se dirigea vers la cuisine américaine, son estomac criant famine. Elle n'osait pas admettre de vive voix qu'elle avait vraiment besoin de lui. De toute manière, il le savait très bien. Enfin plus que maintenant, je veux dire.
- Tu te sens vraiment capable de continuer comme ça? Regarde ce que ça a donné sur deux semaines. J'ai failli perdre la tête et maintenant je sais que c'est toi qu'il me faut vraiment donc je suis prêt à supporter une relation cachée, mais seulement si tu es d'accord, expliqua Theo avec détermination bien que sachant que c'était dangereux, la suivant d'un regard admiratif bien qu'elle ne fasse rien de particulier.
Tout ce qu'elle faisait était magnifique à ses yeux.
- C'est pas une bonne idée. Entre nos meutes respectives et les docteurs, c'est vraiment hasardeux, protesta la lycéenne bien que sans grande conviction, remplissant une casserole d'eau qu'elle vint poser sur les plaques. Je ne veux pas prendre ce risque si je suis la seule à être amoureuse.
- Tu crois vraiment que je reviendrai même après avoir brisé la meute et que je me livrerai si je ne ressentais rien? Tu vas me dire que je peux jouer la comédie pour pouvoir profiter de toi, mais détrompe-toi Lydia, assura le jeune homme qui passa son t-shirt avant de la rejoindre au comptoir de la cuisine. Tu commences à me connaître maintenant, tu sais que j'arrive pas à m'exprimer, mais ça veut pas dire que je n'ai pas de sentiments pour toi. Il faudra juste que tu attendes pour entendre les mots que tu veux.
Lydia se contenta de hocher la tête alors qu'un sourire s'épanouissait sur ses lèvres pulpeuses, conquise par ses mots car sachant pertinemment qu'il disait vrai. Elle jeta un coup d'œil aux spaghettis en train de bouillir puis se laissa embrasser avec délice. Elle était prête à tenter le diable pour lui.
- On dit bien "pour vivre heureux, vivons cachés"! s'exclama la jeune femme en guise de réponse à sa proposition puis elle se retourna pour l'étreindre, voir son sourire satisfait et cette étincelle dans son regard la rassura. Cela valait le coup d'essayer quitte à être rejeter par les autres plus tard. Il l'embrassa de nouveau avec volupté, une main dans son dos, sur la mousseline de sa robe. Mais dis-moi, comment en es-tu arrivé à ce point? Il a dû t'arriver des choses atroce pour devenir... toi.
- Un jour je te raconterai comment j'ai laissé ma sœur mourir parce que les Docteurs ne m'ont pas laissé le choix et comment ils ont tué mes parents pour m'isoler complètement. Promis. Pour l'instant, je veux juste profiter de ce moment avec toi, d'accord? chuchota-t-il en la recoiffant, le regard voilé par ses pénibles souvenirs, mais son sourire le ramena à la lumière. C'était bien pour cela qu'il avait besoin d'elle et il aurait souhaité la rencontrer plus tôt. Avec elle, il n'aurait certainement pas dérivé si loin. Je peux rester dîner?
- Tu peux même rester dormir si tu veux, ma mère ne rentre pas. T'auras des spaghettis à la sauce tomate, je sais que t'aime ça aussi, commenta la lycéenne avec un petit rire, faisant écho à leur premier moment d'intimité à l'hôpital et elle manqua de ronronner lorsqu'il déposa un baiser sur sa tempe puis dans son cou avant de repartir pour finir de s'habiller. J'espère que je vais pas le regretter...
Theo l'entendit bien sûr, mais ne commenta pas, sachant combien c'était difficile à assumer pour elle tant elle aimait chaque membre de la meute et que cela représentait une énorme trahison. Cela lui prouvait combien elle l'aimait et ne put que gonfler son cœur alors qu'il la regardait sortir distraitement la vaisselle d'un placard en hauteur, se croyant dans une comédie romantique tant c'était incroyable au point d'en devenir presque ridicule. Mais il s'en fichait. Il était heureux.
Lydia, pour sa part, leva les yeux au ciel comme pour demander à Dieu de lui venir en aide dans ce nouveau chapitre de sa vie, sans pourtant s'en vouloir. Elle était amoureuse et elle ne voulait que profiter, incapable de penser à autre chose et excitée à l'idée de cacher cela. Il était toujours grisant de briser les interdits. Le retour à la réalité serait donc rude, mais il ne lui effleurait même pas l'esprit. Surtout pas alors que ce dernier venait lui prêter main forte aux fourneaux, un bras passé autour de ses épaules.
Il n'était ni l'antagoniste de la meute de lycéens, ni la première chimère des Docteurs de l'Effroi. Pour elle, il n'était que Theo Raeken.
