POV BELLA
Le lundi matin, je me dépêchai d'arriver jusqu'à mon bureau. Je n'avais pas envie de croiser Newton et encore moins Edward. La soirée à quatre avait été un fiasco, enfin pas pour Alice. Elle m'avait téléphoné ce matin en me vantant les mérites de son Jasper. Alice ne faisait pas dans la demi-mesure : ça lui plaisait ou ça ne lui plaisait pas, voilà comment ça marchait mais quand quelque chose ou quelqu'un lui plaît, elle y va à fond. J'étais contente pour elle. Jasper avait l'air d'être un gentil garçon, calme et réfléchi.
Je ne voulais pas croiser Edward mais pas exactement à cause de ce qu'il avait dit. D'accord, il avait été méchant et cruel mais ses excuses étaient sincères. A sa façon de les prononcer, j'avais compris que ce n'était pas quelque chose qu'il faisait souvent. Il fallait aussi reconnaître que je l'avais provoqué. Bref, je ne lui en voulais presque plus. Ce qui me dérangeait, c'était ma réaction. Pourquoi j'avais été lui parler du jour de la secrétaire et de mon absence totale de vie sexuelle ? C'est tout juste si je ne lui avais pas dit que j'étais frigide. Mais le plus curieux, c'était la raison pour laquelle j'étais partie m'enfermer dans les toilettes. C'est vrai, Rosalie m'avait déjà dit toutes ces choses, peut-être pas de manière aussi directe mais tout de même or je n'étais pas partie en chialant comme une gamine de 4 ans. Alors pourquoi l'entendre dans la bouche d'Edward Cullen m'avait fait autant de peine ? Pourquoi je me souciais de son avis sur ma vie privée ? Normalement, vous vous en fichez de l'avis de votre pire ennemi. Je n'arrivais pas à mettre le doigt sur ce qui avait foiré. Je n'aime pas Edward et je me fiche de ce qu'il pense depuis qu'on travaille au journal. Alors quoi, il suffit que je me déguise en fille pour que je me transforme en guimauve ? Tout ça, c'était de la faute de cette fichue robe et de ce fichu bouquin !
En parlant de ça, il était temps que je découvre le chapitre suivant.
Chapitre trois
Pour optimiser les chances de rencontrer l'âme sœur, fréquentez les lieux où les gens se retrouvent, où il y a de l'animation, une bonne ambiance. Avec un peu d'audace, de la musique et un ou deux verres, les langues se délient, les liens se créent. Consigne du jour : passez la soirée dans un bar sympa et branché !
Un rire nerveux m'échappa. J'allais devoir danser. Danser. Et merde ! Boire un ou deux verres, je savais faire, discuter aussi je supposai que je pouvais faire ça aussi mais danser, j'en étais incapable. Je n'ai pas le sens du rythme et j'ai l'impression d'être l'hippopotame de Fantasia dès que j'essaye.
Il fallait que je vois Edward pour mettre ça sur pied. Génial. Prenant mon courage à deux mains, je me rendis dans son bureau au département des sports. La population de ce département est, grande surprise, à 100% masculine. La secrétaire de Newton se plaignait tout le temps que lorsqu'elle y allait, tous les journalistes la draguaient ouvertement. Comme si elle allait s'en plaindre ! Il y avait dans sa voix une espèce de fierté à montrer qu'elle, on la draguait. Moi quand j'y allais, ils ne me draguaient pas, ce qui me convenait tout à fait.
Tyler, un des journalistes, lança à la cantonade lorsque je fis mon entrée dans leur service :
« Tiens mais c'est notre pote Bella ! Comment tu vas ? »
Pour la première fois, je sentis mon cœur se serrer au mot 'pote'. Voilà, j'étais leur pote Bella. Je le savais alors pourquoi je me sentais mal tout à coup ?
« Salut Tyler. Tu vas bien ? »
« Ouais. Qu'est-ce qui t'amène chez nous ? »
« Je …j'ai un truc à demander à Edward. »
« Depuis quand Edward bosse sur la rubrique des chiens écrasés ? Il n'a rien de mieux à faire ? » s'étonna-t-il.
J'encaissai sans broncher. Mon travail n'avait jamais été reconnu et ce n'était pas prêt de changer. Décidément, aujourd'hui, tout allait de travers. Je devais sûrement couver quelque chose. Jamais je ne m'étais sentie aussi mal.
« Depuis quand tu t'intéresses à mon emploi du temps Tyler ? » demanda froidement Edward dans mon dos.
Tyler eut la délicatesse de rougir.
« Je faisais juste la conversation à Bella. »
« Si je suis ton seul sujet de conversation avec les filles, Tyler, ta vie doit être vraiment chiante. » répondit Edward.
Je n'avais pas l'habitude de voir Edward aussi glacial avec les autres. Il faisait presque peur. Son comportement eut néanmoins de l'effet sur Tyler puisqu'il nous planta là en prétextant aller refaire du café. En me retournant, je m'attendais à être face à un Edward fermé et glacial. Au lieu de ça, il m'accueillit avec un sourire aimable.
« Bonjour, Bella. »
« Salut… »
J'étais incapable de le fixer dans les yeux. Mais qu'est-ce qui se passait ? Edward vint à mon secours.
« Je peux faire quelque chose pour t'aider ? » demanda-t-il gentiment.
Oui, tu peux arrêter d'être gentil, ça me perturbe, faillis-je dire. Depuis quand Edward Cullen était gentil ? mais j'ai changé de dimension cette nuit ou quoi ?
« Je…j'ai lu le chap…la suite – j'avais oublié qu'on devait garder le secret - et je voulais savoir comment on s'organisait. »
« Ah oui. On va aller dans mon bureau. » proposa-t-il.
Il passa devant moi et me tint la porte. J'entrai prudemment, m'attendant à la recevoir en pleine tête à tout moment mais ça n'arriva pas. Il entra à ma suite et referma la porte.
« Assieds-toi » dit-il en me désignant un fauteuil.
Apparemment, le département des sports était plus riche que le mien. Moi j'étais dans un placard à balai et lui avait un fauteuil dans son bureau. L'égalité ici, ils ne connaissaient pas.
« Tu vas bien ? » lança-t-il pour entamer la conversation.
« oui, et toi ? » répondis-je d'un ton prudent.
Mais qu'est-ce qu'il fichait là ?
« Ca va. Donc, on va passer une soirée dans un bar ? »
« Apparemment. Au moins, j'aurais de l'alcool sous la main cette fois-ci. » dis-je sans réfléchir.
Il allait me prendre pour une alcoolique. J'avais répondu ça sans réfléchir. Edward éclata de rire.
« C'est ce que je me suis dit aussi ».
Je souris malgré moi et il me sourit en retour. Son sourire et ses yeux légèrement étirés me réchauffèrent. Wow, wow, depuis quand son sourire et ses yeux te réchauffent ma vieille ? d'ailleurs depuis quand tu regardes ses yeux ?
« Donc » dis-je en me reprenant, « on va où ? »
« Je connais un bar sympa. Il appartient à un de mes amis. Enfin si tu es d'accord. »
« Ca me va. »
« Vendredi soir ? A moins que tu n'aies déjà quelque chose de prévu. »
« Non, non, c'est bon. »
Hors de question de lui dire que je passais mes vendredis soir en tête à tête avec un pot de glace et ma télé.
« Alors on fait comme ça. »
J'étais gênée sans savoir pourquoi. Après tout, c'était Edward, je le connaissais depuis plusieurs années, je le détestais depuis plusieurs années alors quoi ? Est-ce que les cheveux d'Edward avaient toujours eu ces reflets roux ? Et cette fossette au menton ? Non, je m'en serais souvenue quand même…
« Bella ? » fit Edward d'une voix amusée.
« Quoi ? »
« Tu veux autre chose ? »
Sa question était on ne peut plus simple mais je n'étais pas fichue d'y répondre.
« Non, je…vais…salut. » dis-je en me levant et avant de sortir précipitamment de son bureau pour rejoindre le mien.
Les jours qui suivirent furent insupportables. Pas qu'Edward ait été méchant ou moqueur mais parce qu'au contraire, il avait été aimable et gentil. C'était bizarre, enfin pas aussi bizarre que moi remarquant que les yeux d'Edward brillaient quand il souriait, que moi remarquant qu'Edward portait des jeans bien ajustés et que moi remarquant qu'Edward se passe la main dans les cheveux quand il s'ennuie en réunion. Ouais, moi remarquant tous ces foutus détails qui ne servent à rien sur Edward. C'était hormonal, voilà tout. Ou je m'étais cognée la tête et que je ne m'en étais pas souvenue. J'étais sensée détester ce gars, pas l'épier comme une psychopathe ! Je n'avais pas osé en parler à Alice ou à Rosalie pour ne pas avoir à supporter leurs conversations de fille. Entendre Alice chanter les louanges de son Jasper me rendait déjà bien assez folle comme ça. Selon Alice, même Brad Pitt pouvait aller se rhabiller. Et je n'entre pas dans les détails dont je me serais bien passée.
Et puis je me sentais mal quand elle m'en parlait. Déjà, le sujet garçon n'était pas un de mes sujets de prédilection mais surtout j'avais honte parce que j'étais jalouse. Pas à propos de Jasper mais à propos de leur relation. Même avec l'autre, ça n'avait pas été aussi parfait et puis maintenant, bah il n'y avait que moi et certaines fois, j'avais juste envie de la faire taire. Donc je ne disais rien, laissant à Rosalie le soin de faire la conversation. Jamais je n'avais éprouvé de la jalousie pour mes amies qui pourtant avaient eu des petits copains après ma rupture avec l'autre mais cette fois-ci, quelque chose avait changé, un truc que je n'arrivais pas à trouver.
Vendredi soir, à 20h précise, mon interphone sonna.
« Oui ? »
« C'est Edward. »
Mon cœur s'accéléra. Me voilà cardiaque maintenant. Qu'est-ce qui ne tournait pas rond chez moi ?
« Monte, je suis presque prête ! »
Je me regardai des pieds à la tête. Non, je n'étais pas prête du tout vu que j'étais encore en peignoir. J'avais deux minutes pour trouver ma tenue de ce soir. Je saisis les premiers vêtements qui venaient. Alice m'aurait tuée si elle m'avait vue comme ça pour sortir. Oui mais ce qu'Alice ignore ne peut pas lui faire de mal.
Edward frappa à la porte. C'était le début de ma soirée.
POV EDWARD
Je frappai à la porte de Bella« C'est ouvert ! » hurla-t-elle à travers le battant.
Sans trop comprendre pourquoi, j'étais à la fois réjoui et ennuyé par cette soirée. En réalité, j'étais content de passer la soirée avec Bella et ça me sciait parce que j'étais sensé la détester, pas être heureux de partir en virée avec elle.
J'ouvris la porte et éclatai de rire devant le spectacle que Bella offrait. Elle se tenait au milieu de la pièce, sur une jambe, en essayant d'enfiler une botte sur l'autre jambe
« Bordel ! » jura-t-elle.
Elle portait un t-shirt ample noir et un jean slim qu'elle essayait de rentrer dans des bottes sans y parvenir visiblement.
« Ne ris pas, Cullen ! C'est entre ces foutues bottes et moi ! » dit-elle avec humour.
« Je vois ça. »
« Mais pourquoi j'ai cédé à Rosalie ? Je savais que ces bottes étaient nulles mais non, je les ai prises quand même ! Ah voilà ! » dit-elle plus pour elle-même que pour moi.
Les bottes bien mises, elle se tourna vers moi avec un petit sourire carrément craquant.
« On y va ? » demanda-t-elle.
« Quand tu veux. » répondis-je, ébloui.
Elle se tourna vers la table pour attraper ses clés et son sac mais son trousseau lui échappa. Elle se pencha en avant pour les ramasser. Bella me prouva ainsi qu'elle avait les fesses les plus parfaites du monde. Je restais focalisé desssus. Si seulement je pouvais les toucher… Quoi ? Mais non, on ne touche pas les fesses de son pire ennemi ! Oui, mais si l'ennemi en question a des fesses à faire damner un saint ?
Bella se redressa et me fit face.
« Ca va ? T'as une drôle de tête. »
« Non, c'est rien. T'es prête ? »
« Oui mon capitaine ! » dit-elle en me faisant un salut militaire ridicule qui me fit rire.
Bella de bonne humeur, la soirée allait être intéressante.
J'avais décidé de passer la soirée au Sundown, le bar que possédai Alec, un de mes copains rencontré à la fac. J'aimais beaucoup l'ambiance et les cocktails et puis le personnel faisait très bien son job. En entrant dans le bar, je fis un signe à Felix, le gars chargé de la sécurité, qu'il me rendit. Le bar était bondé, ce qui allait être idéal pour mettre en application les fameux conseils de Comment rencontrer son âme sœur. Spontanément, je pris Bella par le bras pour la conduire jusqu'au bar. J'eus beau essayer, je fus incapable d'ignorer les fourmillements dans la main que me procurait le contact de Bella. Nous nous installâmes sur les deux tabourets libres.
« Edward ! »
« salut Alec ! »
« Toujours en bonne compagnie ! »
Du coin de l'œil je vis Bella se préparer à répondre, aussi anticipai-je.
« Alec, je te présente mon …mon amie Bella. Bella, voici Alec. »
« Ton amie ? » s'étonna Alec.
« Ouais, on bosse ensemble au journal. »
« Je vois. écoute, j'ai encore pas mal de travail. On se voit plus tard ! » lança-t-il avant de se diriger vers d'autres clients.
Une fois seuls, Bella se tourna vers moi.
« Amis hein ? » dit-elle, hésitante.
« Bah oui, je crois…on n'est pas amis ? »
Je ne savais plus trop quoi dire.
« Si, si, c'est juste…toi et moi amis c'est … »
« Inattendu ? » suggérai-je.
« J'aurais dit surprenant mais oui, c'est l'idée. »
« Tu ne crois pas qu'on a passé l'âge des gamineries ? »
« Oh, je ne sais pas, on s'amusait bien à emmerder l'autre, reconnais-le ! » dit-elle en riant.
« Je peux toujours t'envoyer des vannes, tu sais. »
« Mais j'y compte bien parce que je ne raterai pas, amis ou pas. »
Nous éclatâmes de rire.
C'était étrange de ne plus voir Bella comme l'ennemi à abattre. Je découvrais qu'en réalité, c'était une fille très drôle et très franche, avec un bon sens de l'humour. Mais depuis ses révélations, je me rendais aussi compte qu'elle n'était pas aussi forte qu'elle ne le laissait paraître. Le truc, c'est qu'elle me faisait ressentir des choses que je ne m'expliquais pas. j'avais l'impression d'avoir de nouveau 12 ans et de ne pas savoir comment aborder une fille. Parce que Bella n'est pas juste une fille. Un seul mot ne peut pas la résumer et c'est bien tout mon problème. Je ne devrais la voir que comme une fille ordinaire sauf que ça ne marchait pas. J'avais commandé deux bières et je commençai à le regretter en observant la façon dont Bella posait ses lèvres sur le goulot de la bouteille, un peu comme si…
« Ok ! » dis-je en me levant pour masquer ma gêne. « Je propose de commencer maintenant notre mission. A plus tard ! »
« Bonne chasse ! » dit-elle en me faisant un signe de la main.
Séparé de Bella, les filles commencèrent à m'accoster. Voilà un domaine dans lequel j'excellais : les filles. C'était un des meilleurs moments de ma soirée : quand on se cherche. Les filles que je draguais se dévoilaient toujours à ce moment-là, le moment où vous décidez si oui ou non ça vaut le coup d'emmener la fille chez vous et la blonde qui me collait aux basques, objectivement, valait carrément le détour. Si j'avais voulu, je l'aurais eu en un claquement de doigts. Mais ce soir, rien à faire je n'y arrivais pas.
Pourquoi ? Bella Swan. Fréquemment, mes yeux dérivaient vers le tabouret de bar où elle était toujours, entourée de plusieurs garçons. On était là pour ça, après tout, qu'est-ce que ça faisait que plusieurs mecs lui rôdent autour ?
Ça faisait que j'avais envie de les frapper. Pour la première fois de ma vie, je me sentais possessif alors que je n'avais aucun droit de l'être. Bella avait l'air de bien s'amuser et étonnamment assez à l'aise et ça me tuait.
J'avais tenu deux heures. Deux heures à la regarder flirter avec des abrutis qui ne pensaient qu'à la mettre dans leur lit. Deux heures à supporter des filles toutes plus bêtes les unes que les autres et à danser avec elles avant d'aller retrouver Bella. Mes émotions étaient plus fortes que mon mental et c'était un gros problème, jamais ça n'était arrivé.
J'arrivai auprès de Bella au moment où un de ces crétins l'invita à danser. Voilà, elle allait dire oui et m'échapper…
« Ca aurait été avec plaisir mais ma religion m'interdit de danser. » répliqua Bella d'une voix très sérieuse.
Le gars la fixa, incrédule, avant de s'éloigner. Bella soupira et reprit une gorgée de bière.
« Ta religion t'interdit de danser ? » lançai-je en m'accoudant près d'elle.
« Absolument. » répondit-elle.
« Tu fais une bien piètre menteuse, Bella. » dis-je en riant.
« On s'en fout, le plus important c'est que ce crétin a tout gobé ! »
« Crétin ? »
« Oh la la, c'était le gars le plus stupide et le plus lourd que j'ai jamais rencontré ! Et il devrait savoir qu'accoster une fille sans avoir vérifier son haleine est une très mauvaise idée ! »
Aussitôt, je ressentis un élan de satisfaction.
« Et les autres ? » voulus-je savoir.
« Est-ce que tu les vois encore ? »
« Non. »
« Donc tu as ta réponse. Et toi, tu es rentré bredouille de la chasse à la dinde ? » s'enquit-elle avec humour.
« Apparemment, je ne suis pas en veine ce soir. » dis-je d'une voix amusée.
« Pauvre chéri ! » dit-elle en se moquant de moi. « Tu devras dormir avec une couverture cette nuit pour ne pas avoir froid. Remarque, je suis presque sûre qu'une couverture aurait plus de conversation qu'elles ! »
Sa réponse m'amusa beaucoup.
« Je crois bien oui. Je peux ? » demandai-je en désignant la place libre près de Bella.
Elle hocha la tête. Je commandai deux bières.
Bella regardait devant elle, ce qui me laissait le loisir de la regarder. Lorsqu'elle ne se cachait pas derrière des vêtements trop grands et des commentaires acerbes, Bella était vraiment très jolie, même très belle. J'en avais rencontrées des filles mais aucune d'entre elles ne m'avaient fait autant d'effet que Bella. J'étais dans de sales draps. La musique changea. Après une chanson énergique, le DJ mit un slow, ce qui causa ma perte. Je sautai à bas de mon tabouret.
« Bella ? »
Elle se tourna vers moi.
« Mmnh ? »
« Danse avec moi. »
« Quoi ? » demanda-t-elle d'une voix étonnée.
« J'ai dit danse avec moi. »
« Mais… »
Je ne lui laissai pas le temps de protester. Je lui attrapai la main et la tirai vers la piste de danse.
« Edward, je ne sais pas danser… » murmura-t-elle contre mon torse sans me regarder.
Voilà l'explication de tout à l'heure.
« Mais moi je sais danser. Laisse toi faire. »
Je pris ses mains et les plaçai autour de mon cou. Mes bras s'enroulèrent autour de sa taille. Je commençai à nous entrainer dans un mouvement lent au rythme de la musique. Je sentais que Bella était crispée. Elle posa son front contre ma poitrine.
« Détend-toi. » soufflai-je à son oreille.
Au fur et à mesure, Bella se décrispa. Un second slow fut lancé immédiatement après la fin du premier, si bien que Bella n'eut pas le temps de s'en aller.
(Falling – The Civils Wars )
Elle sentait très bon. Pas un de ces parfums entêtants qui coûtent les yeux de la tête, non quelque chose de plus simple, de plus doux mais tout aussi enivrant.
« Edward ? » demanda doucement Bella.
« Oui ? »
« Est-ce que tu touches souvent les fesses de tes amis ? »
Je me rendis compte qu'effectivement, mes mains étaient posées un peu plus bas qu'elles ne devraient l'être. Mon subconscient avait été plus fort. Je les remontais au bas de son dos.
« Désolé. Vieux réflexe. » m'excusai-je.
Vieux réflexe ? Pitié, ne me dites pas que je l'avais dit tout haut !
Bella pouffa de rire.
« Tes excuses sont aussi nulles que les miennes ! »
« N'empêche que tu danses. » répliquai-je.
« On dirait bien. »
A ma plus grande surprise, je sentis Bella se coller un peu plus à moi.
Qu'est-ce qu'elle me faisait là ? Des années à me hurler dessus et à me traiter de tous les noms d'oiseaux possibles et là, bam, elle se colle à moi ? Je ne comprenais plus rien à rien mais j'étais bien décidé à profiter des quelques minutes de répit que Bella m'offrait, aussi fis-je taire la petite voix dans ma tête qui me disait que je faisais une grosse bêtise.
POV BELLA
J'avais senti les mains d'Edward bien avant que je le lui fasse remarquer mais je n'avais pas pu le lui reprocher sans en profiter avant. Je n'avais pas été aussi proche d'un homme depuis le jour de la secrétaire, même avec le gars avec qui j'avais couché une fois. Dans les bras d'Edward, je me sentais en sécurité, comme si rien ne pouvait m'arriver. Je ne savais pas danser et les rares fois où c'était arrivé, ça avait mal tourné pour moi ou pour le cavalier. Je n'ai aucun sens de la coordination et de l'équilibre pourtant avec Edward, je n'avais pas le sentiment d'une catastrophe imminente. Et même avec l'autre, je ne m'étais jamais sentie aussi en confiance. Ironique, pas vrai ? Se sentir en sécurité dans les bras du gars qui prend un malin plaisir à vous mettre en boîte dès qu'il le peut, c'était l'univers qui se foutait de moi. Sauf que c'était réel ce que je ressentais, c'était bien ça le problème. Pour couper court à toutes ces réflexions, j'ai fait comprendre à Edward que ses mains ne devaient pas être aussi au sud. Ses excuses étaient complètement bidon et je crois que c'est pour ça que je ne m'étais pas sentie gênée plus que ça et que j'ai pris son excuse à la rigolade. Tellement à l'aise que je me suis rapprochée encore un peu plus de lui. Mon subconscient et moi allions devoir avoir une sérieuse discussion à propos d'Edward.
Son corps se balançait tout doucement, entraînant le mien. Je découvrais pour la première fois que danser pouvait être plus qu'agréable, pourvu que vous ayez le bon cavalier.
Les hommes que j'avais rencontrés ce soir étaient tous des crétins. En étaient-ils vraiment ou avais-je décidé qu'ils l'étaient pour mieux observer Edward ? parce que oui, si je voulais être honnête, j'avais passé la soirée à le regarder se pavaner au milieu d'un banc de morues, qui gloussaient à qui mieux mieux. J'avais été contente quand Edward avait dit qu'il n'avait rencontré personne, même soulagée. Pas normal tout ça, pas du tout. Ce fichu livre devait nous faire rencontrer des nouvelles personnes, pas me donner envie de sauter sur le gars le plus pénible de tout l'univers ! Tout était de la faute de ce livre de malheur ! Avant lui, je détestais Edward et je le rembarrais dès que possible et c'était très bien comme ça. Maintenant, je devais composer avec le fait qu'Edward Cullen était un canon, qu'il pouvait être très gentil, qu'il sentait bon, que j'avais adoré danser avec lui et qu'il me troublait beaucoup plus que n'importe qui. Bref, j'étais dans de sales draps.
La musique s'acheva et le DJ changea de registre en mettant un morceau de rock. Je profitai de l'occasion pour m'échapper des bras d'Edward. Je retournai au bar pour me donner une contenance. Il me rejoignit sans rien dire. Il fallait que je m'éloigne de lui, que je m'éloigne d'ici pour me remettre les idées en place sauf que je n'avais pas envie de le quitter. Arg !
« Ca te dit d'aller prendre l'air ? » proposa-t-il comme s'il lisait dans mes pensées.
« Oh que oui ! » répondis-je précipitamment.
Edward haussa les sourcils mais ne fit aucun commentaire. Il m'attrapa par le bras et me conduisit dehors après avoir salué Alec. Luttant contre les sensations que me procurait sa peau contre la mienne, je m'éloignai de lui dès que je le pus.
Edward nous amena jusqu'à un parc. Il écarta le grillage près des buissons pour que nous puissions passer.
« Tu joues souvent les délinquants ? » demandai-je en riant.
« Uniquement quand je veux impressionner une jolie fille. » répondit-il avant de passer devant moi pour me guider, manquant ainsi mes joues écarlates.
Edward me trouvait jolie ? C'était quoi ce bordel ?
Le mois de septembre était commencé depuis une semaine, si bien qu'il faisait encore très bon le soir. Nous arrivâmes sur un carré de pelouse. Edward s'y assit avant de s'allonger sur le dos. Je fis la même chose à côté de lui. La nuit était calme, le ciel clair et étoilé. On se serait cru dans un film romantique dégoulinant de gnangnantise et de musique mielleuse à souhait. En tournant la tête vers lui, je vis qu'Edward avait les yeux fermés et que ses lèvres s'étiraient en un mince sourire.
« Edward ? »
« Oui ? »
J'étais incapable de trouver le moindre truc à lui dire. Il y avait trente secondes à peine, je voulais lui dire quelque chose et là, je ne me souvenais plus. La honte.
« Non, rien. »
« Bella ? » fit-il.
« Oui ? »
« Non, rien. »
J'éclatai de rire. C'était nul mais ça me faisait rire. J'étais bonne à enfermer.
Nous restâmes un long moment comme ça, allongés dans l'herbe sans rien dire mais c'était parfait. Je percevais le bruit de sa respiration. De temps en temps et sans qu'il ne le voit, je l'observais. Ses cheveux complètement désordonnés, ses cils caressant ses joues, ses lèvres bien dessinées et cette fossette au menton qui me donnait envie de l'embrasser. J'ai déjà dit que j'étais dans de sales draps ?
Finalement, Edward proposa de me ramener chez moi, m'offrant ainsi l'opportunité de mettre fin à cette soirée qui bousculait tout ce que je croyais savoir sur moi et sur Edward. Il me suivit jusqu'à la porte d'entrée de mon immeuble.
« Bonne nuit, Bella. » chuchota-t-il avant de déposer un baiser sur ma joue. Son souffle passa sur mes lèvres pendant qu'il se reculait avant de se diriger vers sa voiture. J'entrai dans l'immeuble. J'entendis sa voiture démarrer puis s'éloigner. Je rentrai dans mon appartement et me dirigeai vers le miroir de ma chambre. J'inspectai ma joue mais je ne voyais rien qui pouvait expliquer pourquoi ma joue me brûlait si ce n'est Edward Cullen.
Le week end passa lentement. Alice et Rosalie me traînèrent dans les magasins mais je suivis sans protester. Tout était bon pour m'empêcher de penser à Edward.
Le lundi matin, j'ouvris la porte pour prendre mon courrier. Nous étions le 13 septembre, jour de mon anniversaire. Sur mon répondeur, j'avais eu un message d'Alice et Rosalie complètement farfelu et stupide mais ça m'avait mis de très bonne humeur alors que je détestais mon anniversaire. Je recevais un exemplaire du journal tous les matins de bonne heure, comme tous les autres habitants de Seattle. Je cherchai la page où nos articles étaient publiés.
Lui :
Passer la soirée dans un bar peut effectivement être une bonne occasion pour rencontrer des nouvelles personnes. L'ambiance est détendue et la musique assez chouette. Pour autant, je n'ai remarqué aucune fille dans ces nouvelles personnes capables de retenir mon attention. Peut-être ai-je des critères trop ciblés, peut-être n'ai-je pas été dans le bon bar. Cependant, ma soirée a été assez intéressante, suffisamment en tout cas pour ne pas avoir envie de rejeter le troisième chapitre de Comment rencontrer l'âme sœur.
Elle :
C'est peut-être le moyen pour les plus timides de rencontrer des nouvelles têtes. Cherchez un bar où l'ambiance est bonne et où vous vous sentez à l'aise. Commandez une bière, détendez-vous. Les filles, faites attention passé 22 heures, certains n'ont pas compris que l'haleine avinée n'est pas un piège à filles. Personnellement, aucune nouvelles têtes ne m'a fait rêver même si la soirée était très agréable. C'est sûrement le conseil le plus intelligent jusqu'à présent que nous donne Comment rencontré l'âme sœur. La suite au prochain chapitre…
Je passai en revue le reste de mon courrier. Facture, facture, publicité… Mon attention fut attirée par une enveloppe blanche. Je la décachetai. J'en sortis une carte. Toutes les enveloppes m'échappèrent des mains quand je lus la carte. J'étais incapable d'en détacher les yeux. Je ramassai bien vite tout le courrier et retournai à l'intérieur. Dans un état second, je téléphonai à Jessica pour qu'elle prévienne Newton que j'étais malade. Me souvenant que je devais voir Edward, je laissai un message sur son répondeur pour l'informer que je ne pouvais pas le voir parce que je ne me sentais pas bien.
Je m'assis dans le canapé et mes yeux se posèrent sur la carte. Je sentis les larmes couler sur mes joues sans que je ne puisse y faire quoi que ce soit.
« Bon anniversaire Bella ! » m'écriai-je avant de filer dans ma chambre pour y pleurer autant que je le pouvais.
Hello ! Bon ça finit mal héhé mais la suite sera plus intéressante comme ça, promis !
J'espère que ça vous plaira. Merci beaucoup pour toutes les reviews c'est super gentil^^
Cette semaine, je vous recommande 24 filles en 7 jours d'Alex Bradley, j'ai trouvé ça assez fun. J'ai aussi lu Malédiction du sang de Celia Rees et je me suis ennuyée comme pas possible à croire que la fille a fait une overdose de Buffy contre les vampires et de Dracula ! J'entame les confidences de Calypso 2 en attendant la forêt des damnés. Que c'est bon de faire des stages en bibliothèques XD
Voilà, la suite au prochain épisode !
