Bonjour, voici le chapitre 4.
Merci à vous, vraiment, de lire, de reviewer.
Merci à Shukrat et Lizzyie pour la relecture, les corrections, les annotations...
Bonne lecture et à très vite !
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Chapitre 4
Hermione était restée prisonnière de la glace une bonne heure avant de se souvenir qu'elle était une sorcière et qu'elle avait sa baguette sur elle. Elle avait tellement froid, ses mains tremblaient tellement qu'elle dut se reprendre cinq fois avant d'arriver à tout faire fondre afin de s'extirper de sa prison gelée.
Une fois libérée, la Gryffondor frigorifiée s'engouffra dans le château, se réfugier dans ses appartements pour y prendre un bain chaud, mettre son vieux pyjama violet et se vautrer dans son canapé devant la cheminée pour y boire un chocolat chaud en lisant un bon bouquin.
Le lendemain, la rouge et or avait attrapé froid.
Alors, Hermione se jura de laisser son plan de côté jusqu'à leurs vacances estivales dans le sud de la France. Provoquer Severus en hiver s'avérait dangereux pour sa santé.
Elle dut cependant assurer ses cours en éternuant toutes les trente secondes et interpeller ses élèves de cette façon :
« Barguerides, vous devez zimblebent agiter vodre baguette au dezu de la plube deux fois en brodonzant la forbule bagique »
Ce rhume risquait de mettre à mal son autorité. Heureusement pour elle, l'infirmerie débordait de pimentine et cette crève se termina aux bout de vingt-quatre heures par un sifflement de ses oreilles.
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Severus, lui, était rentré à Poudlard trois heures après, tout guilleret suite à sa visite chez la mère Félicia où il avait donné de son argent pour passer un moment avec Blanche. Une gentille prostituée d'une quarantaine d'années, qui n'avait de toute évidence pas inventé le fil à couper le beurre mais qui remplissait parfaitement sa fonction.
Lorsqu'il franchit les grilles du château, Snape ne se souvenait même plus qu'Hermione était supposée être prisonnière de la glace selon sa volonté. Il était de trop bonne humeur pour se laisser distraire par ce genre d'idioties. Son immense intellect n'avait pas besoin d'être pollué par Granger après ce charmant moment en compagnie de Blanche. C'est donc en chantonnant dans sa tête qu'il rentra dans ses appartements, le portefeuille et le corps plus légers.
Ce ne fut que le lendemain durant le petit déjeuner, après un énième éternuement d'Hermione au dessus du porridge du serpentard que ce souvenir glacial lui revint.
Cependant la Gryffondor ayant décidé de faire profil bas - pour le moment - s'excusa platement, prit même la peine de rougir de gêne et l'ignora.
Severus s'auto-congratula pour son autorité naturelle mais ne résista pas à enfoncer le couteau de sa victoire dans la plaie béante de l'humiliation de sa jeune collègue.
« Vous m'avez désobéi Hermione, vous deviez rester sagement à l'extérieur à réfléchir à vos actions, jusqu'à ce que JE décide de lever le sort de gelée perpétuelle. Vous seriez encore élève Miss, je vous punirais comme vous le méritez. » Le serpentard n'avait de toute évidence aucune idée du double sens de ses mots. C'est avec un large sourire qu'Hermione se pencha vers Snape, plantant son regard dans le sien pour lui répondre, sûre d'elle :
« Si j'étais encore votre élève, Sir, le directeur vous renverrait sur le champ si vous me punissiez comme je le mérite. » Hermione n'attendit pas de réaction de la part de son collègue. Elle se leva et sorti de la grande salle en laissant derrière elle un pauvre Severus qui était resté bloqué dans la même position, la même expression d'incrédulité fixé sur son visage. Il mit du temps à comprendre ce que la lionne avait voulu insinuer.
Lorsque la lumière se fit il s'en trouva profondément choqué. Comment osait-elle lui tenir ce genre de discours aguicheur ? Depuis quand Hermione était passée de la gamine aux joues rondelettes, aux dents proéminentes à cette gourgandine qui se jouait de lui en le provoquant ?! Foi de Severus Snape il ne se laisserait pas faire !
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Pendant ce temps, Minerva n'avait rien manqué de l'échange entre ses deux collègues. C'est toute outrée qu'elle se planta devant la gargouille directoriale, cracha le mot de passe « Fizwibiz », monta les marches et entra sans frapper.
« C'EST UN SCANDALE ! » hurla-t'elle.
« Plaît-il ? » lui répondit un Dumbledore vêtu d'une robe vert anis, des fleurs plein la barbe.
« Ne faites pas comme si vous ignoriez ce qui se trame dans ce château Albus. Il y a de la fornication dans l'air et je n'aime pas ça !
-Mais enfin, de quoi ou de qui parlez-vous Minerva ?
-Rooooh vous m'énervez quand vous faites l'autruche ! Je parle de Severus et Hermione. Et le pire dans tout ça, c'est que je crois bien que c'est ELLE qui lui fait des avances. Il faut stopper ça immédiatement, C'EST UN SCANDALE !
-Severus et Hermione ? Vous en êtes sûre ? Hihihihihi » Ricana le barbu en se frottant les mains.
« Ah non Albus vous allez arrêter de ricaner comme ça. L'heure est grave.
-Pourquoi grave ? Qu'est-ce qui vous chagrine dans cette histoire Minerva ?
-Imaginez que des élèves les surprennent en train de …
-De quoi ?
-Vous le savez bien Albus, en train de… de frotter le lard ensemble* » répondit l'écossaise rougissante.
« Hihihihihi » ria bêtement Dumbledore.
« Vous êtes exaspérant Albus » souffla Minerva.
En effet, depuis sa chute de la tour d'astronomie des années auparavant, le directeur n'était plus exactement le même homme. Oh il restait certes un grand sorcier, puissant et intimidant, mais il voyait dorénavant les choses différemment et ses priorités avaient fondamentalement changé. Impossible de savoir si ce fut la fin de la guerre ou sa chute mais Albus ne s'alarmait plus de rien. Des élèves fugueurs récupérés à Pré-au-Lard en train de boire du whiskey pur feu chez Abelforth ? « Pffff pas grave, on va trinquer avec eux et après on leur dira que l'alcool doit être consommé avec modération ». Le genre de choses qui avait le don de scandaliser Minerva et lui faisait faire le gros dos.
Reprenant son sérieux, Dumbledore fixa son adjointe par-dessus ses lunettes en demi-lune – qui avaient également résisté à la chute, encore un mystère- et lui dit très sérieusement :
« Voyons mon amie, je ne vois pas où est le mal. Ce sont deux personnes majeures, consentantes, et qui ont bien besoin de s'amuser. Cependant, si ça peut vous rassurer, je doute fort qu'Hermione ait vraiment l'intention de s'adonner aux plaisirs de la chair avec Severus. Je penche plutôt pour un jeu. Mais s'il s'avérait que ces deux personnes décidaient de faire la bête à deux dos, je le répète, je ne vois pas où est le mal et ça ne vous concerne pas. Vous connaissez suffisamment les deux pour savoir qu'ils sauront être discrets et ne s'accoupleront pas à la vue de tous. Autre chose ma chère ? Prenez donc un sorbet citron »
Minerva bouillait, si elle avait été sous sa forme d'animagus elle aurait les poils tout hérissés et cracherait sa colère sur le pauvre homme.
« Vous ne réalisez pas l'impact que peut avoir ce genre d'histoire entre collègues. Imaginez que ça se sache ? Imaginez que l'une brise le cœur de l'autre ? Imaginez que l'autre ne s'en remette pas ? Imaginez l'impact sur les élèves. Sur le château. »
Albus soupira, et s'affala dans son siège directorial sans quitter McGonagall des yeux. Il prit un bonbon au citron qu'il mâchouilla lentement avant de répondre :
« Voilà le problème ma chère. Je pense que vous êtes jalouse.
-Jalouse ? Et de quoi je vous prie ?
-Mais d'eux.
-D'eux ? Mais pas du tout vous savez très bien que j'aime beaucoup Hermione et je suis heureuse de la compter parmi mes amies. Quant à Severus, il n'est pas un homme commun mais je le respecte infiniment en tant que collègue et en tant qu'être humain.
-Certes mon petit, certes. Mais vous êtes quand même jalouse.
-Vous racontez n'importe quoi mon cher.
-Allons, allons mon petit, nous savons très bien vous et moi ce que je veux dire. Mmmm ? Dois-je vous rafraîchir la mémoire avec une pensine ?
-Arrêtez de m'appeler mon petit pour commencer. Je vous aurais prévenu Albus, cette histoire finira mal.
-Mais puisque je vous dis qu'il n'y a pas d'histoire. C'est fou que vous vous obstiniez à ne pas me croire lorsque je vous affirme quelque chose. »
A ce moment- là un « toc-toc » discret se fit entendre, Minerva se tourna vers la porte et Albus l'ouvrit d'un geste de la main.
Hermione était sur le palier attendant d'être invitée à entrer.
« Entrez mon enfant, entrez » lança un Dumbledore bienveillant.
« Nous étions justement en train de parler de vous » continua-t-il.
« Ah ? Est-ce pour ça que vous m'avez demandé monsieur le Directeur ? Pour que je vous parle de moi ? » Demanda Hermione sur le ton de la plaisanterie.
« Aaah presque mon enfant, presque. Voyez-vous, Minerva a surpris une conversation entre notre professeur de potion et vous-même et ça l'inquiète. Je voudrais donc que vous la rassuriez. »
Hermione - sous la surprise - écarquilla les yeux avant de les planter, interrogatifs sur une Minerva aux lèvres pincées et aux joues rougies.
«J'avoue ne pas comprendre Monsieur le Directeur » répondit la jeune professeur.
« Minerva, voulez-vous lui expliquer ou désirez-vous que je m'en charge ?
-Pauvre fou. Hum, puisque j'y suis et que si je ne me lance pas, Albus risque de me poursuivre avec ça ou alors vous raconter tout ça selon sa version… Donc, Hermione je vous ai vu tenter de flirter avec Severus, je tiens à vous mettre en garde, il y va de votre réputation, de celle de votre collègue et de toute l'école.
-Pardon ? » lança une Granger de plus en plus perdue et un peu énervée par la conversation.
« Ecoutez Minerva, j'ignore ce que vous vous êtes mis en tête mais il n'y a absolument rien entre Severus et moi, et je me permets de rajouter que si quelque chose devait se produire entre nous deux ça ne vous concernerait aucunement. Avec tout le respect que j'ai pour vous Minerva, je refuse que vous vous mêliez de ma vie privée. Ce que je peux faire en dehors de mes heures de cours et avec qui, ne vous regarde nullement. Ce que je souhaite faire de mes fesses ne regarde que mes fesses et la personne qui s'en occupera. Est-ce tout monsieur le Directeur ? Neville et Hannah m'attendent pour déjeuner.
-Bien sur Hermione. Je vous remercie de vous être déplacée afin d'éclairer la lanterne de notre directrice adjointe » répondit Dumbledore tout sourire. « Tenez pour vous mon enfant » Il décrocha une fleur de sa barbe et la tendit à la Gryffondor qui murmura un merci avant de sortir.
« Etes-vous rassurée mon petit ?
-Espèce de vieux fou, je me sens humiliée Albus. »
« Ah… peut être que je devrais annuler Severus alors.
-Quoi ? Parce que lui aussi doit venir s'expliquer ?
-Et bien oui, vous aviez l'air si sûre de vous… Vous m'avez convaincu de tirer ça au clair, j'ai donc fait convoquer Hermione dans un premier temps et Severus en second. »
Minerva soupira. Albus avait gagné, comme toujours.
« Je sais Minerva que vous ne voulez pas vous confronter à Severus, du moins en dehors de votre devoir de professeur et de directrice adjointe. Mais les années ont passées depuis… ce que vous et moi savons. Alors si vous ne voulez pas que je pense, que Severus pense ou même qu'Hermione pense que vous puissiez être jalouse de ce qui pourrait éventuellement se passer entre Severus et peu importe qui. Mettez du jus de citrouille dans votre hydromel. Croyez-moi vous ne voulez pas que cette histoire entre Severus et vous ressurgisse… »
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*Cette expression du XVIe siècle est tombée en désuétude.
Bien que désignant l'acte sexuel d'une manière peu ragoûtante, on comprend qu'elle ait pu avoir cette signification dans certaines couches basses de la société d'alors.
« (...) qu'il sera heureux celui à qui vous accorderez la grâce de prendre dans ses bras cette femme, de l'embrasser et de frotter son lard contre le sien. »
Rabelais - Pantagruel
