Mille mercis à Skiria pour la correction de ce chapitre ! Je crois qu'elle sera la marraine la bonne fée de cette fic ;)


Pour une lecture plus vivante, je conseil le visionnage d'un clip Youtube lorsque le symbole (*) apparaîtra dans le récit. Voici le nom de la vidéo :

Eivør - True Love (Official Music Video)


Partie 3 - La plume -


C'est un chasseur ailé à l'immense envergure,
Qui tournoie en planant dans le creux des vallées.
Son regard est perçant ; il est cruel et dur,
Qui cherche sans ciller une proie condamnée

Et sans aucun espoir de pouvoir s'échapper
Quand, éclair emplumé, il va fondre des cieux.
C'est un oiseau géant aux serres acérées
Comme griffes d'acier. C'est le héraut des dieux.

Dans son nid tout tressé de branchages cornus,
Un aiglon blanc l'attend ; et son corps presque nu
Attend avidement une chair douce et tendre...

Harry se réveilla en sursaut, se prenant instinctivement la tête dans les mains pour faire passer sa migraine.

"Bon sang !" Jura intérieurement le sorcier. "Me voilà digne du professeur Trelawney..."

Faire des prédictions en rêve était certainement l'aspect le plus contraignant de sa fonction de chaman. C'était toutefois le seul moyen de rentrer en contact avec son animal totem : l'aigle.

Il lui faudrait certainement plus d'une semaine pour déchiffrer le message. Il pensa un moment à demander de l'aide à Firenze. Peut-être le centaure aurait-il une vague idée du sens de cette prophétie ?

Son réveil indiquait qu'il allait encore être en retard en cours. Après la soirée qu'il avait passé à chasser des vampires, son seul désire était de retourner s'enterrer dans ses couvertures.

A deux mètres de son lit, Jacob ronflait comme une locomotive. Harry n'avait pas honte de dire qu'il était jaloux. Le métamorphe n'était pas très assidue à l'école. Le sorcier ne serait pas surpris si à son retour, Jacob n'avait pas bougé d'un pouce.

Tandis qu'il se brossait les dents, une idée vint alors à l'esprit du fils de James Potter. Il dégaina son tube de dentifrice et étala la pâte mentholée sur le front de l'adolescent.

Certes, c'était très immature de la part d'un homme de 25 ans. Mais que voulez-vous ? Harry n'avait pas eu une enfance assez épanouissante pour jouer les troubles paix.

Rassurez-vous, le sorcier s'était pas mal rattrapé depuis qu'il avait aménagé chez les Blacks.

Jetant un dernier sortilège pour faire son lit, il s'examina quelques instants dans la glace. Des cernes lui tombaient sous les yeux mais dans l'ensemble, il était assez présentable pour une nouvelle journée de cours.

Il transplana comme à son habitude dans le placard à balais de l'école. Sans commentaire...

La journée se passa comme au ralentit. A vrai dire, il appréhendait quelques peu sa rencontre officielle avec les Cullens. Carlisle lui avait fait bonne impression. Et même si Jasper l'avait assuré que sa famille était tout à fait respectable, il avait quelques doutes sur la réaction des vampires lorsqu'ils apprendraient l'existence des sorciers, en particulier celle d'Edward Cullen. Le garçon ne lui avait pour ainsi dire plus jamais adressé la parole après leur première interaction. Harry n'avait pas besoin d'être voyant pour prédire la moyenne catastrophique qu'il allait se taper en musique.

Un week-end sur deux pourtant, Jasper, Julia et Joseph lui enseignait à jouer de la guitare. Harry espérait qu'à la fin de l'année, ils pourraient tous les quatre créer un groupe.

Comme tous les lundi, Harry se dirigea avec l'entrain de condamné vers la classe de musique. Il s'était déjà psychologiquement mis en mode "zombie" pour subir la compagnie mortelle de son binôme lorsque l'inimaginable se produit :

- Bonjour Black. Le salua Edward, ses yeux onyx le transperçant comme pour tenter d'obtenir les réponses qu'il désirait.

"Ah...Oui..." Se dit le sorcier. "Il veut probablement avoir des infos en exclusivité sur ce que je vais raconter à sa famille ce soir...".

Harry sentit ses dents grincer, ne parvenant pas à contenir sa colère.

- Tiens ? Ricana le brun. Ça ne te dérange plus de saluer les pédales maintenant ? Tu n'as plus peur de te faire arracher ton âme en étant polie ?

- Écoute Black je...Commença Edward.

- Épargne moi tes excuses hypocrites Cullen ! Le coupa soudainement Harry d'un ton acide. Je sais que ta courtoisie n'est due qu'à ta curiosité pour les événements d'hier. Je vais toutefois te décevoir, tu devras attendre ce soir car je n'ai aucunement envie de répéter deux fois les mêmes informations en une journée. Suis-je bien clair ?

- Très clair...Grinça le vampire à son côté.

Ce fut certainement le cours de musique le plus suffoquant de l'année. Même les élèves pouvaient sentir la tension électrique entre des deux garçons. Lorsque la cloche sonna finalement, Harry était le premier dehors.

Son humeur ne s'améliora pas l'après-midi. Harry avait cours d'handball et on l'avait mis en équipe avec nul autre que cette godiche de Bella Swan.

Alors qu'il se prenait une neuvième balle en pleine poire, le garçon craqua littéralement son slip.

- Non mais c'est pas vrai Swan ! S'écria-t-il contre la jeune fille. Vise quand tu lances ! Ta mère a dû t'apprendre à comment mettre une souaffle dans un anneau non ?

A ces mots, Bella, à l'effigie d'une princesse Disney, s'enfuit en pleurant du gymnase.

Une fois dans les vestiaires, le sorcier paya amèrement d'avoir haussé le ton sur la fille du chérif. Bella Swan avait en effet un large panel d'admirateurs qu'il n'était pas conseillé de contrarier.

Conclusion : il y a des jours où on ne devrait jamais se lever.


Hagard, Harry marchait le long de la route sans même adresser un regard aux voitures qui lui klaxonnaient furieusement, manquant souvent de le renverser.

La brume était épaisse à cette heure de l'après-midi. Et bien que le sorcier soit trempé de la tête au pied, il continuait son chemin, sans que la pluie ne l'importune.

Il aurait évidemment pu passer par la forêt pour rejoindre plus rapidement la réserve, ou tout simplement transplanner, mais il éprouvait un besoin viscérale de marcher sur une route droite, toute tracée.

Toute son existence, il avait en effet dû traverser des sentiers battus, jonchés d'obstacles et d'épreuves. La mort de ses parents, les Dursleys, Sirius, la guerre... C'était comme si métaphoriquement, il essayait de se jouer du destin pour enfin avoir une vie normale.

Sa lèvre inférieure fendue et son épaule froissée le faisait souffrir, mais cette douleur n'était rien en comparaison de son état d'esprit. Il se sentait vide. Malgré tout l'amour de sa meute, malgré tous les gens qui l'avaient traité en véritable ami et soutenu, il était seul.

Même s'il avait jusqu'alors tenté de se voiler la face, il le savait:

Le soir où il s'était donné en sacrifice à Voldemort, on lui avait volé quelque chose de primordial. Et cette chose, si précieuse à ses yeux, c'était le droit de mourir.

N'est-ce d'ailleurs pas le principe d'un sacrifice ? Donner ce qu'on a de plus cher afin que notre souhait puisse être accompli ?

La pierre de résurrection lui avait montrer une dernière fois des âmes chers à son cœur qu'il ne pourrait plus jamais revoir. La baguette lui avait donné un pouvoir de vie et de mort sur l'ensemble des créatures terrestres. Et enfin, la cape était là pour lui rappeler que tout ce qui est éternel est invisible pour les yeux.

- Tu as finalement compris le cadeau qui t'a été fait ? Demanda l'ombre qui marchait tout ce temps à ses côtés.

Il fut étrange pour Harry de voir un vieil homme regard étincelant lui sourire. Contrairement à la dernière fois qu'ils s'étaient rencontrer, Albus portait une faux à la main.

- Tu te décides finalement à me rendre une petite visite ? Après tout ce temps ? Fit remarquer Harry d'un ton plein de reproches.

- Tu te débrouillais parfaitement bien tout seul jusqu'à présent. Répondit simplement la Mort, une moue presque sournoise sur les lèvres.

- Et qu'est-ce qui t'as finalement amené à apparaître ? Grinça le sorcier.

- Eh bien, lorsqu'on marche sur une route par temps de pluies, ne joue-t-on pas avec la mort ? Ironisa la faucheuse, ne se départissant jamais de son sourire.

L'humour noir du vieil homme déclencha soudain une colère sans fond dans le cœur du sorcier. C'était la goutte d'eau qui faisait déborder l'océan ! Il fit face à la mort, comme il l'avait déjà fait plusieurs fois durant sa courte existence.

- Pourquoi prendre cette apparence pour me parler ? As-tu tellement honte de me montrer ton vrai visage ! Explosa le jeune homme.

- A vrai dire...Murmura la Mort. C'est le seul visage que je n'ai jamais possédé. Je suis désolé Harry, mais le Albus Dumbledore que tu as connu et moi ne formons qu'une seule et même personne.

A cette révélation, Harry sentit sa gorge se serrer. Les secrets de cet homme ne cesseraient-ils donc jamais ?

- Comment ? Parvint à articuler Harry d'une voix dangereuse.

- C'est une longue histoire...

- Ce n'est pas comme si le temps était un problème. Contrat le sorcier.

Et à sa grande surprise, le vieil homme soupira. Son visage portait soudain toutes les rides du temps.

- Elle était magnifique...Murmura Albus, le regard tourné vers de mélancoliques souvenirs.

- Qui ça, elle ? Demanda Harry, plus qu'attentif aux révélations de son ancien mentor.

- Ariana...

Le nom qu'il venait de prononcer sembla avoir sur les lèvres du vieil homme comme la douceur d'un fruit défendu.

- Votre sœur ?

- Elle a tellement souffert Harry...Si tu savais comme elle a souffert lorsque ces moldus s'en sont pris à elle...Puis ce jour funeste où elle a tué sa mère...

En même temps qu'Albus racontait son histoire, Harry vit se jouer devant ses yeux une toute autre version du drame qu'avait vécu le plus grand sorcier du monde.

(*)

- J'étais là pour emporter sa mère vers sa dernière demeure...Et c'est alors que nos chemins se sont croisés... Elle m'a vu...Jamais encore quiconque n'avait pu déceler ma présence. Et ses yeux...Ses yeux reflétaient mon image comme aucun miroir au monde ne le pouvait. Je suis retourné la voir plusieurs fois après ce jour. Elle était spéciale, unique. Mais la mort n'est pas faite pour aimer. Elle est impalpable... Ariana a fini par comprendre que jamais nous ne pourrions vivre ensemble. Elle s'est finalement rendue à l'évidence et m'a laissé accomplir mon sinistre travail... Mais elle n'a jamais quitté mes pensées. Elle s'était ancrée en moi comme une promesse, un espoir. C'est pourquoi je n'ai pas hésité un seul instant quand l'occasion s'est présentée. Cette chance de la revoir, elle est apparue sous les traits d'un jeune homme ambitieux et avide de puissance. Cet homme, c'était le frère d'Ariana, et il désirait plus que tout devenir Maître de la mort. Pauvre fou que j'étais, j'ai échangé ma cape contre sa peau. Après avoir conclu ce marché, je me suis précipité vers ma douce aimé, m'imaginant déjà pouvoir la serrer dans mes bras. Mais il était déjà trop tard...Et j'ai alors comprit. Ce n'était pas un hasard qu'elle ait pu me voir...Elle n'était en rien différente de ses semblables. Elle était juste déjà à moi, déjà morte à l'intérieur...Ariana s'est suicidée le 21 mai 1900. C'était un beau lundi de printemps. Ce même jour, moi, la mort, ai commencé à vivre. Mais comment vivre sans son âme sœur ? Je me refusais catégoriquement à reprendre mon rôle de faucheuse. Je voulais partir la rejoindre, là où les âmes vont une fois qu'elles ont accompli leur mission sur terre. Je suis parti en quête d'une personne, d'un être qui serait en mesure de prendre ma place. Une âme droite et juste qui serait plus grande que moi. Et c'est bien ce que tu es, Harry.

-M...Moi ? Bégaya Harry, confus.

- Je voulais que mon successeur suscite autre chose que l'effroi chez les vivants. Je voulais trouver un être qui inspire l'amour plutôt que la peur. Que Thanos et Eros ne forme qu'une seule et même entité à travers ta personne. C'était mon cadeau fait à la vie avant de définitivement la quitter...

- Je n'appellerais pas cela un cadeau...Murmura le jeune homme en tentant d'essuyer l'eau sur les verres de ses lunettes. Ou peut-être était-ce ses larmes, il n'en été plus vraiment sûr.

- Mon maître serait-il insatisfait de mes services ? S'enquit la Mort, le regard chagriné par l'aveu du sorcier. Puis-je t'offrir un dernier souhait avant de quitter ce monde ?

Harry laissa échapper un souffle saccadé pour retenir ses larmes.

- En réunissant tes reliques, je suis devenu quelque chose qui t'est supérieur Mort. Mais ce pouvoir n'est en rien une bénédiction. Je n'ai jamais voulu l'immortalité !

- Amour, ne soit pas malheureux par ta distinction. Le Supplia la faucheuse. Demande-moi n'importe quoi qui pourrait te satisfaire, et je te l'offrirais. Même de reprendre mon rôle si la tâche est trop lourde pour toi...

Harry s'arrêta soudain de respirer, conscient qu'en restant là, au milieu de la chaussée glissante, il était susceptible de se faire faucher à tout moment. On lui donnait là la possibilité de redevenir mortel, mais à quel prix ?

Albus et Ariana ne seraient jamais réuni s'il n'assumait pas ses nouvelles responsabilités. Deux âmes sœurs seraient à jamais séparés l'une de l'autre...Alors que la sienne ne trouverait jamais sa moitié...

- Comment puis-je obtenir ce que mon cœur désir alors que je suis moi-même cette chose ? Demanda finalement le garçon, les larmes coulant librement de ses yeux fatigués.

Mort lui sourit avec chaleur. Elle posa sa main fripée sur son épaule, et se rapprocha pour souffler à l'oreille du garçon des mots que jamais ce dernier n'oublierait.

- Ton souhait est exaucé Harry. Je te le donne. Il est à toi. Et pour toujours...

Comme si Albus n'avait été qu'un mirage, ce dernier disparu dans les phares d'une voiture. Harry entendit les freins de l'engin crisser fort sur la route humide avant de s'arrêter en catastrophe sur le bas-côtés.

- Tu es suicidaire ou quoi Black ? Hurla une voix grave et profonde qu'Harry aurait reconnu entre milles.

Edward Cullen était sorti de sa voiture, l'air furibond.


Toute la journée, Edward n'avait eu qu'un sujet en tête. Curieusement, il ne s'agissait en rien de Bella Swan qui jusqu'alors, avait occupé toutes ses pensées.

Non, depuis sa rencontre avec le chaman des quileutes, Edward avait impatiemment attendu l'heure du thé.

Même après avoir croisé le jeune homme en classe de musique aujourd'hui, il avait été difficile de reconnaître le chaman sous ses lunettes rondes et sa frange couvrant en partit de ses étranges yeux verts.

Harry ne lui avait pas vraiment fait de cadeau en classe... Edward savait cependant qu'il avait grandement mérité la vélocité du jeune homme à son égard.

Après tout, jusqu'à présent, Edward l'avait traité avec une scrupuleuse indifférence et même impolitesse à certain moment...

Dès le premier jour de cours, il avait en effet vu en Harry une menace. D'une part, le garçon n'avait pas une odeurs seine. Black dégageait d'étranges phéromones à la fois de sexe et de mort mêlés dans une chimie qu'un esprit macabre aurait pu qualifier de subtile.

Edward avait alors mis cette odeur sur le compte de l'homosexualité du jeune homme. Il s'était d'ailleurs promis de ne jamais l'approcher de trop près. Seul lui fut cependant indisposé par le nouveau venu.

Il ne put qu'en éprouver un profond dégoût lorsque Jasper, à l'étonnement de toute la famille, s'était familiarisé avec le garçon. Depuis lors, son frère portait toujours sur lui l'odeur infâme du brun.

Edward avait bien essayé de dissuader Jasper de s'approcher de Harry, mais en vain. L'ancien soldat semblait fasciné par son nouvel ami. Il n'était d'ailleurs pas rare que Jasper parle du garçon pendant les réunions de famille. Esmée et Carlisle avaient même encouragé cette amitié, la compagnie de Harry semblant avoir des effets positifs sur le plus jeune membre du coven.

Soudain, une ombre de dessina dans la brume et ce n'est que grâce à ses réflexe surhumain que Edward parvint à faire freiner sa voiture. Il s'en fallut de justesse pour que le vampire ne percute pas la petite silhouette au milieu de la route. Ses phares révèlent alors l'auteur de cet incident.

Harry ressemblait à un naufragé. Qu'est-ce que pouvait bien faire le chaman en plein milieu de la route !

Prit d'une rage folle, Edward sortie tel une furie de sa voiture :

- Tu es suicidaire ou quoi Black ! S'écria-t-il à pleins poumons. Te rends-tu compte que j'aurais pu te percuter ?

Le garçon se contenta de l'observer, tremblant de tous ses membres.

Edward eut soudain un pincement de culpabilité. Il se rapprocha lentement, comme si Harry était un animal sauvage.

- Hey ! Dit le vampire d'une voix plus douce. Harry...Tu vas bien ? Tu n'es pas blessé ?

Ce n'est que lorsque Harry leva finalement ses yeux vers lui qu'Edward pu lire toute la détresse du garçon.

- Ce n'est rien...Répondit le garçon d'une voix rauque. J'avais juste besoin de prendre l'air...

Le vent et la pluie semblait ne plus vouloir se tarir autour d'eux et Edward ne put s'empêcher d'argué une moue réprobatrice sur son visage.

- Que dis-tu de plutôt monter en voiture ? Proposa-t-il d'un ton engageant. Après tout, tu es censé venir prendre le thé dans moins d'une demi-heure. Je peux directement te conduire chez moi si tu veux ?

Harry lui lança un regard incertain, comme si on lui offrait là une sorte de pomme empoisonné.

- Pourquoi es-tu si conciliant Cullen ? Je croyais que tu ne voulais rien avoir à faire avec moi ?

« Nous y voilà » se dis Edward. « Il ne me fais pas confiance et je suis loin d'avoir mérité son estime après toutes les horreurs que je lui ai dites. »

- Écoute black, je sais que j'ai été un vrai connard avec toi. Mais je ne peux décemment pas te laisser là ! S'il te plait, monte dans cette voiture !

A sa grande surprise, le garçon soupira de résignation et monta à la place passager.

Durant le trajet, Edward lança plusieurs regards furtifs en direction du bruns, inquiet de son silence.

- Il y a une serviette sur le siège arrière...Indiqua Edward d'un mouvement de tête.

- Pas besoin...Répondit d'un ton morne Harry en sortant une étrange brindille de sa poche.

- « Siccare ! » déclara le garçon d'une voix plus assuré.

Edward sentit un souffle chaud autour de lui. Une sensation peu familière pour un vampire.

Il se rendit alors compte que le cuir de son siège n'était plus trempé. Tout comme ses vêtements d'ailleurs !

Se retournant vers Harry, il put constater le même phénomène. Les cheveux du garçon étaient à présent complètement secs.

-Qu'est-ce que...Bafouilla le vampire, désorienté.

- Je suis un sorcier. Répondit simplement Harry en continuant d'observer la route.

Un long silence suivi cette déclaration avant qu'Edward ne retrouve l'usage de la parole.

- Car...Carlisle m'a parlé des chasses aux sorciers auxquels il a participé alors qu'il était encore humain...Ils...La sorcellerie existe donc belle et bien ?

- N'as-tu pas déjà eu l'occasion de rencontrer Ephraïm, l'ancien chaman des quileutes ? N'était-il pas bien réel ? Contra Harry.

- Tu veux dire que le chamanisme et la sorcellerie ne sont qu'une seule et même chose ?

- Les chamanes sont en fait les ancêtres des sorciers. Expliqua d'une voix lointaine le garçon.

- C'est pour parler de tout ça que tu as voulu rencontrer les membres de mon coven ?

- Entre autres...Répondit évasivement le brun.

- Ne me dis pas que tu vas toi aussi essayé de m'éloigner de Bella ! S'énerva soudain le vampire d'un ton venimeux.

Les yeux de Harry se tournèrent vers lui pour le fusiller du regard. Edward en eut un vertige. Les yeux du jeune homme semblaient héberger toutes les nuances de vert existantes en ce monde.

- Je pense que tu es assez mature pour prendre la bonne décision par toi-même Cullen ! Cracha le brun. Ce n'est pas à moi de te dire ce que tu devrais faire au sujet de Swan. De plus, elle sait parfaitement dans quoi elle s'embarque.

- Que veux-tu dire ?

Edward avait l'affreuse sensation que Harry savait quelque chose à propos de Bella qu'il ignorait.

- Elle ne te l'a pas dit ? Demanda le sorcier en arquant un sourcil.

- Me dire quoi ? S'énerva à nouveau le vampire.

Harry secoua finalement la tête, comme pour se débarrasser d'un parasite.

- Ce n'est pas à moi de te dire ça. Grogna le brun. Tu n'auras qu'à lui demander lorsque tu la verras !

- C'est à toi que je demande ! S'écria Edward d'un ton menaçant. Qu'est-ce que je devrais savoir à son propos ?

L'air lasse, Harry expira un long moment avant de finalement céder à la demande du vampire.

- C'est une cracmolle. Révélât-t-il dans un souffle.

- Une quoi ?

Plus la conversation avançait, plus Edward avait l'impression de poursuivre un lapin blanc.

- Une Cracmolle. Répéta Harry. C'est l'appellation qu'on donne aux enfants de sorciers qui ne possèdent pas de pouvoirs magiques. La mère de Bella est une sorcière.

Edward observa un moment Harry avec des yeux ronds comme des soucoupes.

- P...Pourquoi ne m'a-t-elle rien dit ? Trembla le vampire, un sentiment de trahison s'épanouissant déjà dans sa poitrine.

Harry haussa les épaules, l'air agacé.

- Être une cracmolle n'est certainement pas quelque chose dont on peut se vanter lorsqu'on naît dans une famille de sorciers. L'éclaira Harry. N'as-tu pas remarqué qu'elle n'avait pas de très bonne relation avec son père ? C'est parce que les gènes de Charlie étaient trop humains pour qu'elle puisse hériter des pouvoirs de sa mère.

- Comment peux-tu savoir autant de choses sur elle ? S'énerva le vampire. L'as-tu espionné ?

- En quelques sorte. Lui avoua facilement Harry. J'ai regardé tous les registres de naissance sorcières à Forks avant d'aménager en ville. Il se trouve que mis à part Bella, aucune sorcière n'est naît dans la région ces 20 dernières années. Et puis, sa mère est une personnalité assez célèbre parmi ma communauté.

- Tu veux dire qu'il existe des papiers officiels attestant de la présence de sorciers sur le territoire ? Comment peut-on y avoir accès ?

- On va dire que ma communauté dispose d'une organisation moins chaotique que celle des volturies. Résuma le sorcier. Et pour répondre à ta deuxième question, je dispose d'un accès illimité à toute les informations liées aux phénomènes surnaturels qui touchent la région. Je suis, après tout, le chaman des quileutes.

- C'est pour cela que tu as eu plus d'aisance que nous à prendre en chasse les vampires nomades ?

- Oui.

Des centaines de questions trottaient dans l'esprit du vampire, mais une en particulier lui brûlait les lèvres.

- Je suis télépathe. Révéla calmement Edward, n'osant croiser le regard du sorcier.

Et pour cause, Harry semblait s'être tendu à la révélation.

- Peux-tu entendre mes pensées ? Demanda finalement le garçon, la voix beaucoup trop calme pour être naturelle.

- Non. Répondit rapidement Edward. Je ne peux ni entendre tes pensées, ni celles de Bella. Est-ce parce vous avez du sang de sorciers dans les veines ?

Harry eut l'air de se détendre.

- Peut-être... Mais si tu as de tels capacités, il se pourrait bien que tu descendes toi-même d'une famille de sorcier.

- Tu plaisantes ! S'étrangla Edward en manquant de faire glisser la voiture dans un ravin.

A partir de cet instant, la conversation entre deux garçons devint de plus en plus facile. Edward ne se rendit compte qu'ils étaient arrivés à bon port qu'en apercevant le regard émerveillé de Harry devant sa demeure.


Esmée, la mère du Coven était certainement l'alter-égo de Molly Weasley. Sa gentillesse égalait en tout point celle de sa mère de substitution.

A son arrivé, Harry avait rencontré en bel et due forme la famille de vampire. Alice, Rosalie et Emett étaient assez distants, mais Harry savait que leur froideur était avant tout due à leur méfiance à son égard.

Après tout, ils devaient déjà être à cran avec Swan dans leurs pattes. L'arrivé d'un sorcier pour compléter le tableau de la famille Adams ne devait certainement pas les ravir.

C'était Jasper qui s'était proposé de lui faire visiter la maison. Puis le vampire l'accompagna au salon pour prendre le thé. Tout le Coven l'attendait déjà avec impatience, et c'est dans une relative atmosphère d'attente que Harry du finir son thé.

- Puis-je espérer de que le traité d'Ephraïm est toujours d'actualité ? Demanda finalement Carlisle, ne se départissant jamais de son sourire polie.

- Vous n'avez pas à vous inquiéter pour la sauvegarde de vos droits Monsieur Cullen. Répondit le chaman en sirotant distraitement sa boisson. Les seuls vampires qui devraient s'inquiéter de leur sort sont ceux que la meute est en train de pourchasser.

- Pouvons-nous offrir notre aide pour cette chasse ? Proposa Jasper avec empressement.

- L'offre est généreuse, accorda Harry, mais je me vois contraint de refuser. Votre implication dans cette affaire pourrait compromettre votre statut de vampire indépendant et je doute que votre famille souhaite être surveillé par le MACUSA.

Carlisle eut un mouvement de recul à cette annonce. Son visage se contracta, signe qu'il ne saisissait pas bien les propos du chamane.

- Je vous demande pardon, mais j'ai du mal à saisir les notions de vampire indépendant et de...Macusa ?

- Allons Monsieur Cullen. N'allez pas me dire qu'après tous ces siècles passés à rencontrer des êtres surnaturels, vous pensiez que seul les volturies avaient établi une communauté secrète.

- Je reconnais ne jamais avoir arrêter de m'étonner de la diversité présentes parmi les créatures rencontrées durant ma longue existence. Avoua Carlisle. Mais en quoi cela répond-il à ma question ? Essayez-vous de me dire qu'il existe une autorité supérieure à celle des Volturies ?

- Vous avez l'esprit vif Monsieur Cullen. J'ai été envoyé par cette même autorité pour m'occuper activement de la sauvegarde environnementale de la région. Révéla Harry. J'ai pour mission d'aider à préserver la flore, la faune, et par extensions, vous protéger vous de tout ce qui pourrait nuire à la tranquillité de votre vie.

La famille de vampire l'observa comme s'il était en train de leur prouver l'existence du père Noël. Ce fut alors à Esmée de prendre la parole.

- Si cette autorité peut aider des gens comme nous de survivre, je suppose qu'il doit s'agir d'une branche politique reconnu par le gouvernement américain ?

- C'est une bonne supposition. En effet, le gouvernement est rattaché à un congrès ayant en charge tout ce qui touche à l'ordre du surnaturel. Les vampires ne représentent pas même 1% de toutes les créatures magiques dont ce congrès à la responsabilité.

Le sorcier vit du coin de l'œil Alice, Edward et Emmett perdre une seconde leur candeur naturelle pour une expression faciale ahurit.

- Si ce congrès existe réellement, pourquoi n'en avons-nous jamais entendu parler ? Demanda Edward. Même après tous ces siècles à voyager à travers les six continents, comment se fait-il que jamais nous avons croisé le chemin de...Je ne sais pas...Un Yéti par exemple ?

Harry retint un gloussement.

- Principalement car jusqu'à présent, vous étés parvenu avec une remarquable ingéniosité a échappé à notre surveillance. Votre mode de vie, plutôt original pour un vampire, vous a écarté de tout soupons.

- J'ai vécu un grand nombre d'années aux cotés des Volturies. Pourtant, jamais je n'ai eu vent de ce congrès. Fit remarquer Carlisle, l'air septique.

- Les volturies n'ont pas de compte à rendre au congrès. Tenta de leur expliquer le brun. Mais je peux vous assurer que le gouvernement a parfaitement connaissance de leur existence. Cependant, les volturies sont ce qu'on appelle des vampires « indépendants ». C'est à dire, ayant rejeté les droits et devoirs du congrès.

- Pourquoi nous offrir votre protection puisque ne sommes très clairement pas rattaché à cette autorité ? Demanda Froidement Rosalie.

- Parce que dans ce parc national, le congrès autorise, et même encourage à la diversité des modes de vie des créatures dites « magiques ». Les humains sont aujourd'hui de partout. Il n'y a pas seulement les tigres et les pandas qui sont menacés d'extinction. Beaucoup de créatures magiques, vampires comprit, ont du mal à garder une existence secrète. Vous vous trouvez actuellement dans une réserve destinée à la sauvegarde de nombreux êtres surnaturels. J'ai précisément été intégré à la tribu quileute pour à aider des gens comme vous à vivre paisiblement dans un environnement sain.

- Es-tu en train de nous dire que nous sommes une sorte d'espèce protégé ? S'étrangla Emmett.

- C'est à peu près ça. Mais ne le prenez pas mal. Les quileutes sont dans le même panier.

Harry gratifia le coven d'un sourire maladroit.

- Et toi alors ? Qu'est-ce que tu es dans tout ça ? Fini par demander Alice.

- Eh bien, il me semble que vous le savez déjà, je suis un chaman. Une sorte de médiateur entre les hommes et la nature, mais également avec la surnature, qui comprend ici le monde des esprits et tout être surnaturels.

- Comment peut-on devenir un chaman ? Le gouvernement instruit-il des personnes pour exercer cette profession ou est-ce une qualification à laquelle on est destiné dès la naissance ?

- Un peu des deux. Toutes créatures magiques disposent, dans une certaine mesure, de droits dont l'instruction fait partie. Mais concernant le métier que j'exerce, il faut avant tout être un sorcier pour se spécialiser dans les arts chamaniques.

- Un sorcier ? Répéta Carlisle, l'air fasciné.

- Oui. Il existe partout dans le monde des communautés de personnes disposant de pouvoirs magiques. Je suis moi-même naît dans une famille de sorciers. A l'âge de onze ans, j'ai eu la possibilité d'intégrer une école qui enseignait la maîtrise de la magie. Une fois mes études terminées, j'ai déménagé en Amérique pour suivre une formation spécialisée en chamanisme.

- Si cette communauté est si complexe et structurée que vous le laissait entendre, pourquoi se cache-t-elle ?

- Principalement à cause des chasses aux sorcières ayant eu lieux jusqu'au début du 19e siècle. Le Congrès magique des États-Unis a été fondé en 1693, en conséquence des procès des sorcières de Salem. Depuis, nous nous cachons des moldus, ou des personnes sans pouvoirs magiques si vous préférez. Notre principale inquiétude réside dans la protection du secret. Si jamais l'existence d'êtres surnaturels venait à être connu, beaucoup de créature seraient en danger.

- C'est pourquoi vous avez pris en chasse les vampires...Mais pourquoi ne pas accepter notre aide dans leur capture ?

- Même si j'ai du mal à l'avouer, les sorciers ont depuis quelques siècles des tendances plutôt xénophobes. Beaucoup de magicien désirant mettre fin au « Secret » ont monté des armés composés de créature dites « Sombres », afin d'asservir les hommes. Beaucoup de guerre ont vu le jour entre créatures magique à cause des contraintes que le congrès a mis en place.

- Et je suppose que les vampires étaient en tête de file dans ce genre de conflit ?

Harry hocha la tête.


La soirée se passa nettement mieux que Harry ne l'avait espéré. Lui et Carlisle débattirent un long moment des changements à apporter au traité.

Plutôt fier de lui-même, le sorcier était sur le point de prendre congé lorsque Edward insista pour le ramené chez lui.

Harry ne sut pas vraiment ce qui lui prit d'accepter.

Peut-être, qu'un peu au fond de lui, il espérait que les derniers mots de Albus n'avait pas étaient que du vent...

Pourquoi, en effet, ne pas donner l'occasion à Edward de se racheter de son comportement abject ?

Le retour fut très semblable à l'allée. Edward avait une farandole de questions à poser au sorcier.

- Tu disais tout à l'heure que la mère de Bella était célèbre chez les sorciers. Qu'a-t-elle fait précisément pour avoir tant de notoriété parmi ta communauté ?

- Elle faisait partit de l'équipe nationale de Quidditch des États-Unis. Lui répondit Harry avec un entrain retrouvé dans la voix.

- Le...Le quiquoi ? Bégaya le vampire.

- Le « Quidditche » Répéta patiemment Harry, comme s'il parlait à un attardé mental. C'est un sport sorcier qu'on pratique sur des balais.

Edward ne put qu'exploser de rire à l'information.

-Ne me dis pas que même ce mythe de la sorcière sur son balai est vrai ! Ricana Edward en essayant une larme imaginaire sous l'œil. Et quoi d'autre encore ? Chapeau pointu, robe noir et baguette magique ?

- Et des chaudrons avec pour principal ingrédient des langues de vampire ! Répliqua le sorcier avec une moue sournoise aux lèvres.

Edward n'osa plus jamais se moquer des sorciers après cette menace déguisée.

- Ah...Euh...Donc la mère de Bella est célèbre pour jouer à ce jeu ? Demanda maladroitement le vampire.

-Mmm...Réfléchi Harry. Je crois aussi avoir lu qu'elle s'était fiancée à un Yéti...Un autre joueur de quidditche d'une équipe adverse, Phil Dwye. Ça a fait la une des journaux sorciers tout l'été aux USA.

- Yéti...C'est le nom de l'équipe dans laquelle ce fameux Phil joue ?

Un rire cristallin résonna un instant dans la voiture. Edward en oublia de respirer tant le son le surpris.

- Non...Parvint à articuler Harry en se serrant les côtes, pleurant de rire. Phil est un vrai Yéti Ed !

Le visage du vampire devait être drôle à voir car les rires de Harry redoublèrent.

- Tu ne peux pas être sérieux...Grimaça Edward, se figurant déjà la mère sorcière de Bella se baladant au bras de l'abominable homme des neiges. Tout compte fait, peut-être que Bella avait hérité de quelques particularités de sa mère...Comme par exemple ses goûts originaux en matière de compagnon de vie...

Edward ne put s'empêcher d'accompagner Harry dans son fou rire. L'image était juste trop drôle !

Puis, après quelques secondes, le vampire se rendit compte qu'il ne devrait sans doute pas rire au dépend de sa petite-amie.

- Et toi ? Tu joues au... Quidditche ?

Les rires du jeune homme cessèrent à l'instant, un regard nostalgique remplaçant le doux sourire du garçon.

- Autrefois...Répondit Harry d'une petite voix. Mais plus maintenant...

- Pourquoi pas ? Voulu savoir Edward.

Le sorcier soupira. Le sujet avait l'air tendu et Edward se demanda s'il ne ferait pas mieux de parler d'autre chose. Harry répondit toutefois à sa question avant que le vampire ne puisse ajouter quoi que ce soit.

- En devenant chaman, un sorcier accepte de se plier à certaine tradition. Le balai est une invention récente et les quileutes réprouve son utilisation.

- Tu as l'air d'aimer voler. Constata le vampire avec sourire compatissant.

- J'aime surtout la vitesse. Sourit Harry, le regard rêveur.

Sentant qu'il avait peut-être un peu plombé l'atmosphère, Edward eut soudain une idée.

- Qu'est ce qui peut être plus rapide qu'une Volvo C 30 ? Demanda finalement Edward en appuyant son pied sur l'accélérateur.

Lorsqu'ils arrivèrent à la frontière quileute, les rires des deux garçons se répercutaient dans toute la forêt.

Edward se demandait distraitement comment sa relation avec le chaman était passé de « hostile » à « amicale" en l'espace d'un après-midi.

A vrai dire, c'était bien la première fois qu'il était en voiture en compagnie d'un humain qui appréciait la vitesse. Pas une seule fois le garçon n'avait ciller pendant leur course folle jusqu'à la réserve.

- Merci de m'avoir raccompagné jusqu'ici. Lui sourit Harry en détachant sa ceinture.

- Tu ne vas pas avoir de souci pour retrouver ton chemin dans la nuit ? S'inquiéta Edward.

Le sorcier lui sourit alors mystérieusement et dans un « Pop », il disparut sans crier garde.

Le vampire faillit en avoir une crise cardiaque...

A la place du sorcier, sur le siège passager, Edward retrouva une plume d'aigle.

Il était déjà impatient d'être à demain.


Si cette histoire vous plait, je publierais régulièrement. Mais comme j'ai deux autres fics en attentes, je ne peux hélas rien promettre.

Pour ceux qui me suivent, il y aura probablement un nouveau chapitre de Catharsis cette semaine.

Des bisous,

LDDW