MAIS QUI A FAIT ÇA ?

A leur réveil, les acteurs du monde du saut à ski n'en crurent pas leurs oreilles. Gregor Schlierenzauer, le favori pour le titre mondial, était décédé la nuit dernière dans d'étranges circonstances. Les rumeurs les plus folles circulaient déjà. Les journalistes se pressaient dans le hall d'entrée de l'hôtel où logeait l'équipe autrichienne. La police avait bouclé le site de compétition. Personne n'entrait ni ne sortait excepter les policiers. Il y avait de fortes probabilités pour que le coupable soit toujours sur les lieus. Dans la rue, de nombreux agents de police cherchaient des indices pendant que d'autres interrogeaient des témoins ou suspects potentiels. Et il n'en manquait pas! Sur le site, il y avait au moins cinq cents personnes: les athlètes, entraîneurs, autres membres des équipes, membres du comité, bénévoles, hôteliers, restaurateurs, agents de sécurité, etc. Les policiers demandèrent des renforts pour pouvoir interroger tous le monde. Mais la plupart des suspects potentiels n'aimaient pas devoir se justifier alors qu'il n'avait rien à voir avec l'incident. Certains râlaient, d'autres restaient muets, certains donnaient leur avis et essayaient de trouver un coupable ou d'autres encore était étonné d'être interrogés. La police avait peur de passer à côté du suspect. Elle avait l'impression que le travail était bâclé. La presse internationale mettait une pression énorme sur les policiers ainsi que les entraîneurs qui avaient peur pour la sécurité de leurs sauteurs. C'était la première fois qu'un athlète de ce sport était assassiné. La fédération internationale du ski décida d'annuler la compétition pour respecter la mémoire de l'Autrichien mais aussi pour permettre à la police d'interroger tous les athlètes.

En fin d'après-midi, la fédération décida que la compétition sur le petit tremplin allait avoir lieu le lendemain. La nouvelle surprit. Mais il fallait dire que la pression des sponsors qui avaient payé plusieurs milliers d'euros voulaient que leurs noms apparaissent sur tous les écrans du monde ou presque, était forte. Les télévisions mettaient aussi la pression car elles devaient jongler avec les horaires. Thomas Morgenstern proposa que l'équipe ne participe pas pour honorer Gregor. Mais l'entraîneur refusa pour des raisons financières. Le sauteur fut déçu de constater que l'argent avait plus de valeur qu'une vie humaine.